Hello les filles...
On est encore vendredi pour quelques minutes... Je vous laisse retrouver Edward et ses amis...
Un gigantesque MERCI à ma Beta Chrys que j'ai beaucoup bousculée ces deux dernieres semaines
DISCLAIMER : Comme toujours... les personnages de Twilight appartiennent à S. Meyer je ne fais que vous faire partager leur caprice dans ma tête.
Chapitre 28 : Émotions
Vendredi
J'avais dormi comme un bébé. J'en étais le premier étonné mais malgré mes craintes pour Bella, j'avais bien dormi. En prenant mon poste à 6h30 du matin, j'avais peur de la trouver en larmes assise devant ma loge mais non, il n'y avait personne. Je m'étais installé face à l'ascenseur, guettant les allers et retours des habitants. La petite mamie du second, Mme Uley, a sorti son truc sur pattes bien emmitouflé dans un manteau à carreaux pour le petit pipi quotidien dans le Park. La famille du premier est partie en trombe comme tous les matins, la mère traînant son môme et portant le bébé alors que le père ouvrait les portes en consultant convulsivement sa montre. Bref, rien de spécial sauf... le chaud show que m'avait offert la jolie psy du dernier étage lorsque l'ascenseur avait ouvert ses portes.
Elle avait ses jambes enroulées autour de la taille d'un grand blond que je ne reconnus pas immédiatement. Lorsqu'ils bougèrent ensuite de profil, je pus constater qu'ils avaient les lèvres soudées avec passion et que ni l'un ni l'autre n'avait perçu le bruit de l'ouverture des portes de l'ascenseur. Mais je connaissais ce type. Ils sont passés devant moi enlacés, l'un portant l'autre, ignorant le monde et il l'avait ensuite repoussé gentiment vers l'intérieur de l'immeuble après un dernier baiser enflammé. Là, j'avais rigolé.
Premièrement, le type était Jasper Hale, l'éditeur de Cullen, et il avait l'air salement accro le pauvre.
Deuxièmement, elle portait un minuscule pyjama orné de frous-frous avec un panty en dentelle rose. Je ne l'aurais pas imaginée ainsi.
Il y avait aucun doute à avoir sur l'endroit d'où ils sortaient tous les deux. La nuit avait dû être chaude au dernier étage.
La brunette me gratifia d'un regard qui se voulait dédaigneux en passant mais, je lui levai mon pouce en guise de félicitations et elle me sourit alors. Avant de s'éclipser dans l'ascenseur qui l'attendait encore, elle se frictionna les bras, elle grelottait maintenant que son Don Juan l'avait laissée seule.
Il était près d'une heure de l'après-midi et toujours pas de Bella en vue. Je ne savais pas si c'était bon ou mauvais signe.
Réouverture de l'ascenseur.
Un Cullen en costume sombre. Valise à la main et regard fermé.
Putain, je vais me le faire ! Ce coup-ci c'est lui qui plaque Bella !
Je me levai et je le rejoignis en un éclair dans le hall, lui tapant sur l'épaule pour attirer son attention.
- Cullen ?
POV Edward
Je l'avais senti avant qu'il ne me touche. Je me retournai pour lui faire face. Je savais quelle taille il mesurait et je n'eus aucune difficulté à le « fixer » droit dans les yeux.
- Black ?
- Tu fiches le camp c'est ça ? Ça ne me surprend même pas venant de toi. Tu ne la mérites pas ! Tu fous ta merde, je ramasse Bella en morceaux, tente de réparer les dégâts que tu as commis une fois de plus et tu recommences ? Tu la plaques ?
Je le laissai cracher son discours. Il semblait très remonté et commençait à m'énerver. Bella, ce n'était pas ses oignons, même s'il avait presque raison. Il s'approcha de moi et je sentis son torse toucher le mien. Conflit de territoire. Il chuchota soudain contre mon oreille.
- Tu sais, continue ainsi de la faire souffrir et elle viendra vers moi. Comme hier, et la prochaine, nous partagerons plus qu'un repas.
Mon sang ne fit qu'un tour. Je me raidis pour me contrôler. Un coup de poing dans la figure ? Un Uppercut dans la mâchoire ou même dans l'estomac me soulagerait certainement énormément mais, il ne laverait pas l'affront qu'il venait de me faire. De faire à Bella plutôt.
Il ne touchera pas Isabella. Elle… Non… Elle ne ferait pas cela. Certes, elle ne m'avait pas dit où elle avait passé sa soirée.
Avec Black…
Mais non, ce n'était pas MA Bella. Elle ne ferait pas cela. Fermant les yeux une seconde, je fis un pas de plus, le forçant à reculer. Puis un autre, et j'assenai mes mots doucement d'une voix froide que ma colère rendait menaçante.
- Je te dispense de t'occuper de Bella. Je te dispense même de la regarder ou de parler d'elle, de penser à elle. Bella est chez moi, avec moi.
Je sentis une curieuse jubilation à ces paroles. Bella… avec moi. Je savais que j'exprimais une vérité qui allait plus loin même que ces mots.
- Et tant qu'elle choisira d'y rester. Tu l'oublies.
- Un problème petit frère ?
La voix d'Emmett derrière moi interrompit mon « discours ».
- Non, pas de problème Emmett. Nous sommes d'accord Jake ?
Il y eu un court silence.
- Pour l'instant.
Je devrai me contenter de cela. J'avais un avion à prendre. Je reculai sans lui tourner le dos dans un premier temps.
- On en reparlera.
Je refusai d'en dire plus.
- On y va Emmett ?
J'entendis presque les rouages du cerveau d'Emmett tourner. Il voulait comprendre ce qui venait de se passer entre Black et moi, il était arrivé quand la tension était au maximum entre nous, et il me connaissait bien.
Il voulut me prendre mon sac mais je le repoussai d'un coup d'épaule bourru.
- Dis-moi juste où est garée ta voiture. Je suis pas infirme à ce point.
Nous roulions en silence en direction de l'aéroport.
- Tu ne me diras rien ?
- Si. Tout dépend de ce que tu veux savoir.
Il conduisait souplement et pour une fois, je n'étais pas tendu en voiture.
- Si on commençait par Black ?
- Laisse tomber ce sujet-là. Pas envie de m'agacer. Comment va Rosalie ?
- Très bien. Et Bella ?
Il rigolait doucement.
- Bien, je pense aussi. En tout cas, quand j'ai quitté l'appart elle allait bien.
Le souvenir du baiser qu'on avait échangé sur le pas de la porte m'embrasa. J'eus envie de faire demi-tour et de retrouver ses lèvres, si chaudes et diaboliques.
- Elle n'a pas voulu t'accompagner ?
Je souris. Ça avait été une vraie bataille.
- Oh que si ! Mais c'est une bataille que je dois gagner seul. Elle a compris plus ou moins, elle s'est donc résignée à m'aider à faire ma valise.
- Elle est plus intelligente que moi alors ta copine. J'ai besoin de savoir pourquoi tu veux y aller seul ? Je pourrais t'aider…
Ma copine ? Les mots d'Emmett me rendirent rêveur.
- Hein ? Que disais-tu ?
- Pourquoi je ne peux pas t'accompagner ? Tanya est une jolie garce, elle pourrait te piéger.
Je repoussai son argument d'un haussement d'épaule. Je connaissais Tanya. Trop bien. Elle ne me manipulera plus. Elle voulait que je vienne seul ? OK, mais elle en aurait pour ses frais. J'avais un compte à régler avec elle. Je voulais tirer un trait sur cette histoire.
- Emmett, si j'ai besoin de toi, c'est surtout pour que tu veilles sur Bella pendant mon absence. Que tu passes la voir ou l'appelles de temps en temps. Je ne sais pas. Organise un dîner avec Rosalie et elle ce soir. Que sais-je ? Je ne veux pas qu'elle se sente seule.
- Je le ferai frérot. Elle me plaît la petite que tu t'es choisie. Je veillerai sur elle promis, même si je pense qu'elle se suffit à elle-même.
- Merci. Maintenant passons à notre accord.
- Sous ma veste sur la banquette arrière, il y a une petite serviette. Tu l'as ?
Je me contorsionnai et attrapai le porte-documents de cuir.
- Oui, je l'ai.
- Sur le dessus, ton billet d'avion. Une place aller et deux retours. Ensuite un dossier, corné en haut à droite. Les documents du notaire pour l'achat de l'appartement. Comme tu le sais, la procédure n'est pas achevée à cause des délais mais ces documents devraient suffire à ton ex. Le dossier suivant a deux encoches sur la partie latérale, il s'agit de l'achat de la voiture, une Porsche rouge, bien sûr, intérieur léopard comme souhaité. La discrétion même. Elle sera livrée à L.A. demain soir. Il y a en dessous, les billets pour la croisière de madame.
- Les billets ? demandai-je en levant un sourcil.
- Ouep ! Elle a demandé 2 billets, cabine double Grand luxe. Départ Mercredi.
- OK.
J'étais rassuré. Si elle avait projeté de fuir avec Bree, elle aurait demandé 2 cabines.
- Merci Emmett, tu as vraiment assuré sur cette affaire.
- De rien… Bon, en dernier, il y a le plus important. La pochette en gros grain. C'est le contrat. En triple exemplaire. Pour toi, elle et moi. Elle en a déjà eu une copie par mail, elle sait à quoi s'attendre et ne refusera pas.
Je caressai la chemise cartonnée avec une soudaine envie de vomir.
Emmett se gara alors, arrêta le moteur de la voiture. Je le sentis se tourner vers moi.
- Tu n'es pas obligé de faire cela Edward. Tu le sais. On peut gagner à l'audience.
Il savait que je souffrais. Je ne pouvais pas cacher cela à mon frère.
- On peut. Ou pas. Et elle peut remettre en cause tout cela quand elle voudra. Je n'aime pas conclure ce marché. Je me hais de le faire. Mais c'est une sécurité. Aucun tribunal ne lui donnera la garde après ça. Jamais. Bree et moi seront tranquilles.
Un coup de poing sur la portière me fit à peine sursauter. Emmett n'aimait pas plus que moi cette solution. Je lui tapotai l'épaule.
- Tout ira bien Em. Ne t'en fais pas. Je connais mon rôle par cœur, et j'ai une très bonne motivation pour réussir.
Et une très forte envie de rentrer au plus vite. Quitter Bella m'avait amputé d'une partie de moi. Mais en même temps, je me sentais plus fort. Grâce à elle. Mes pensées vadrouillaient sur notre nuit. Sur les échanges que nous avions eus, mes peurs, mes angoisses et mes questions sans réponses.
J'hésitai à parler à Emmett. Calmé, il claquait les paumes de ses mains sur ses genoux sur un air de jazz. Il attendait. Patiemment.
- Crache le morceau Eddy.
- Pourquoi ? humm, je me raclai la gorge, ma voix ayant dérapé dès le premier mot. Laisse tomber, on en parlera lorsque je reviendrai.
Je me tournai pour sortir lorsque la large main d'Emmett s'abattit sur mon épaule, me retenant alors que la mienne était déjà sur la poignée de la portière.
- Non frérot, si un truc te tracasse maintenant, on en parle maintenant.
Je repris place sur le fauteuil et appuyai ma nuque contre l'appui-tête.
- Pourquoi personne ne m'a parlé de Bree pendant que j'étais dans le coma ?
- Parler de Bree ?
- Oui.
- Tu entendais ? Tu nous entendais ? Pendant tout ce temps tu étais réellement avec nous ? Tu as tout entendu ?
Il était choqué, sidéré. Nous n'avions jamais parlé de cette période. Je refusais toujours d'évoquer cette période.
- Tout, je ne sais pas. C'est assez flou dans mes souvenirs. Mais je sais que tu es venu souvent. Que tu me parlais. Des heures entières.
Il évoquait notre enfance, la tristesse de notre mère, me disait que je devais me battre. Pour moi. Pour eux. Mon cœur se serra aux souvenirs des nombreuses heures qu'il avait passées à mon chevet. Des jours ? Des nuits entières. Sa main posée sur mon bras. Il maintenait le contact. Il riait de nos bêtises passées, des 400 coups que nous avions faits au lycée. Pleurant aussi, souvent.
Il était le meilleur des frères. Il avait été la bouée de sauvetage de ce noir sans fin, le fil qui me rattachait à la vie et me guidait vers une sortie lointaine. Et moi égoïstement, je lui reprochai de ne pas m'avoir dit « la » chose que j'attendais : Que Bree était vivante.
Le silence fut lourd dans l'habitacle. Rompu uniquement par le bruit de nos respirations et les battements assourdissants de mon cœur.
- Ça n'a pas d'importance. Tu étais là pour moi, c'est que ce qui compte.
- Bon sang Edward ! Ce que tu peux être pénible. Évidemment que c'est important.
Il se tut cherchant sûrement ses mots.
- Je… n'y ai pas pensé, je crois que j'imaginais que Maman ou les psys qui te parlaient, t'avaient donné des nouvelles d'elle. Je n'avais pas envie de prononcer le nom de Tanya et puis… je n'étais pas sûr de toutes ses conneries. Certains disaient que tu entendais nos conversations, d'autres soutenaient dur comme fer que ton activité cérébrale était quasiment plate. Le Dr Volturi a même, au bout de 2 semaines, suggéré à nos parents, de débrancher le respirateur. J'ai cru qu'Esmé et Carlisle allaient lui arracher la tête. Et j'aurais achevé le travail avec plaisir.
Je le laissais parler. Il en avait besoin lui aussi apparemment.
- T'étais dans un sale état. Vraiment ! Brisé de partout. Plâtres, pansements. Branché pour respirer, branché pour te nourrir, pour te surveiller. Je n'avais qu'une hantise, décrocher par mégarde un des tuyaux qui te raccordait à la vie. Je ne pouvais que… parler. Mais Bree ? Parler de Bree c'était… avouer mon impuissance à la garder pour toi. Peut-être qu'on ne voulait pas te dire qu'elle avait dû repartir avec sa garce de mère.
Il semblait brisé lui aussi. J'avais réussi à blesser mon frère. Je le saisis par l'épaule et dans ce coupé sportif, sur le parking de l'aéroport, je fis une accolade amicale à Emmett. Comme pour le réconforter.
- Emmett ? T'es le meilleur. Tu as fait ce qu'il fallait. Je te jure que je n'avais jamais couché avec Lauren au lycée, ça avait l'air de te tracasser là-bas à l'hôpital. Et… je comprends un peu mieux maintenant. Et tu vois, j'ai survécu. Bon, mes yeux ne sont pas au top mais je me débrouille. J'ai trouvé la plus belle fille de New York, je vais récupérer ma Princesse et j'ai même réussi à caser mon ours de frère.
Un éclat de rire le fit tressaillir.
- Je suis assez grand pour me caser tout seul, p'tit frère. Ma Rosalie, je l'aurais trouvée, même sans toi. On était destinés. Parle de tout ça avec maman à l'occasion, ajouta-t-il d'une voix soudain plus sérieuse.
- Je le ferai.
Oui, je le ferai et Bella sera là à mon côté pour m'aider.
- Bon, dans l'immédiat le pilote du vol pour L.A. ne t'attendra pas. Tu as une mégère à affronter.
Je souris et ensemble nous sortîmes de la voiture.
Quelques minutes plus tard, j'étais dans l'avion qui me menait vers Bree.
Le voyage fut long, presque 6 heures avec mes jambes recroquevillées dans un espace soi-disant confortable.
Je me trompai de direction pour rejoindre mon siège en sortant des toilettes.
La sauce des spaghettis coula sur ma chemise blanche.
Le film diffusé n'était qu'une suite de coups de feu et de hurlements.
Je m'en sortis plutôt bien, et dans le taxi qui me conduisait vers mon hôtel, vers 20h30, je pris conscience que même si je restais aveugle toute ma vie, même si je commettais des erreurs, je pouvais y arriver seul. Alors avec Bella et Bree, je me sentirai comme le roi du monde.
C'est plein de confiance que j'envoyai un texto à Tanya.
« Suis arrivé à L.A. R.V. 21h à l'Éclipse si tu as une baby-sitter pour Bree »
Ce café était juste en bas de l'hôtel (ce que je ne lui dirai pas) et pas très loin de son appartement. J'avais choisi un terrain neutre avec témoins et surtout sans Bree pour entendre les horreurs de la transaction.
Lorsqu'elle me confirma son arrivée dans moins de 10 minutes, je me levai et enfilai ma veste. Pantalon de flanelle noire, chemise sobre et blanche et cette veste de laine noire très classique. C'est Bella qui avait choisi la tenue que je devais mettre pour « revoir » Tanya. Très loin de l'écrivain bohème qu'elle avait épousé. Je portais un peu de Bella sur moi, je lui avais emprunté une des photos de sa boîte secrète. Je la glissai dans la poche intérieure gauche de ma veste comme un talisman pour descendre au café.
Je m'installai à une des tables assez éloignée de la porte. Un coin pas trop bruyant et commandai un café bien serré. Mon horloge interne accusait plus de minuit et j'avais peu dormi la nuit précédente. Je souris en y repensant. Puis un parfum capiteux et entêtant m'entoura en même temps qu'une main féminine caressait mes épaules.
Tanya en mode séduction.
Je me dégageai d'un geste.
- Bonjour Tanya.
- Bonsoir Ed. Tu es… splendide.
Je fis comme si je n'avais pas entendu et désignai de la main, la chaise de l'autre coté de la table.
- Assieds-toi en face de moi.
- Comme tu veux.
J'entendis la chaise racler sur le sol et inspirai doucement. Il y avait beaucoup de bruits autour de nous. Je me rendis compte que notre histoire avait commencé dans un tel lieu, un café bruyant où elle m'avait abordé alors que j'attendais des amis. C'était si loin. Il était symbolique qu'il se termine de la même façon.
- Bree est chez toi ? Elle va bien ?
- Elle va bien. Mieux que moi, même si tu ne le demandes pas. Alors on commence par quoi ?
- Tu m'as fait appeler en urgence. Je suis là alors ne perdons pas de temps.
Je sortis de la pochette de cuir d'Emmett la chemise au grain de papier grossier. Je la posai calmement devant moi et en extirpai un exemplaire du contrat que je fis glisser sur la table devant Tanya.
- Voici, pour commencer, le contrat que tu as accepté de signer. Tu renonces expressément à tes droits maternels. Tu ne pourras plus demander la garde de notre fille. Ni la voir. Jamais. Sauf si elle en fait la demande et encore, dans ce cas précis, cela se passerait en ma présence ou celle d'une personne de mon choix jusqu' à ses 16 ans.
Cette dernière clause était un ajout de ma part, qu'Emmett avait approuvée.
- Oui, c'était convenu ainsi. Je sais tout cela Eddy, répondit-elle agacée.
- Edward ! Je préfère Edward, tu le sais. Bien sûr que tu es au courant des clauses du contrat, mais je veux t'entendre dire que tu as compris. Tu… vends ta fille et moi j'achète sa liberté.
Vomir. Partir, oublier cette sinistre négociation. Je serrai les dents.
- Bree ne m'intéresse pas.
Elle l'avait dit. Froide. Indifférente et pressée de passer à autre chose.
- Je vais te signer tout cela dès que j'aurais vu les autres documents.
Je soupirai et sortis le reste des documents, les posant un par un devant elle, comme si je comptais les liasses qui achetaient ma fille.
- La voiture à ton nom, les billets pour ta croisière et l'acte de vente de l'appartement. Tout y est. L'acte notarié pour l'appartement ne sera enregistré que lundi ou mardi. Les délais étaient trop courts mais ce document te prouve que l'achat a été fait, à ton nom.
Les documents me furent arrachés, et j'entendis le bruit de pages tournées avec empressement.
Le contrat ne l'intéressait pas mais le reste… elle vérifiait attentivement.
Elle eut un bref soupir. Soulagement ? Regret ?
- Tout me semble correct en effet. Donne un stylo que je te signe ce contrat. Je sortis le stylo encre prévu à cet effet de la poche de ma veste, mes doigts caressant au passage la photo de Bella.
Ma plume griffa le papier, feuille après feuille. Exemplaire après exemplaire. Puis je récupérai les deux exemplaires qui m'étaient destinés et les glissait avec soin dans leur chemise. Mon avenir. L'avenir de Bree. Tout était fini. Comme cela.
- Je passe chercher Bree demain dans la matinée.
- Si tu veux. De toute façon la croisière débute dans moins d'une semaine, j'aurai mille choses à faire.
Je n'avais rien d'autre à lui dire. Quelques années de vie commune, une enfant merveilleuse, des heures et des mois de disputes et de procédures judiciaires pour que tout s'achève ainsi. J'avais le vertige.
- Tu as toujours été trop naïf Edward. Cette gamine…. Tu veux la chouchouter ? Fais-le. Cette année passée près d'elle a été très longue. Trop longue. Être mère c'est pas fait pour moi. Je m'en fiche. Je vais mener la belle vie.
- Grand bien te fasse Tanya. Tu as déjà ferré un autre poisson ? C'est pour cela que tu as exigé que je vienne immédiatement sous peine de tout rompre ?
Ce n'était pas que ça me passionnait, mais j'étais curieux de comprendre l'urgence de mon déplacement.
- Peut-être ou peut-être pas. Tu sais, je n'ai jamais eu de difficultés à séduire les hommes. Et puis, j'en avais marre de traîner à L.A. coincée avec la gamine. Je te l'ai dit l'autre jour, j'ai envie de prendre l'air, de voir autre chose. Tu as refusé ma proposition de partir avec moi, tant pis pour toi. Mais…
Elle se tut une seconde comme si elle hésitait. Elle me faisait peur soudain. Elle pouvait être une seconde séductrice et une seconde nerveuse et agressive comme si elle m'en voulait. J'étais extrêmement sensible à ses changements de ton et sentis qu'elle allait attaquer comme un cobra se jetait sur sa proie.
- Je dois te l'avouer Edward.
Que manigançait-elle ?
- Bree, je ne suis pas… certaine qu'elle soit ta fille.
Un vertige me saisit. Fatigue, décalage horaire et horreur. Je fermai les yeux une seconde, voulant échapper à tout cela. Faire disparaître Tanya de ma vie. Retrouver la douceur des bras de Bella. Mais je l'entendis continuer, discernant la nuance de triomphe dans sa voix. Mon instant de faiblesse ne lui avait pas échappé. Elle pensait tenir sa revanche.
- Déjà à l'époque, tu ne me satisfaisais pas. On ne sortait pas, tu écrivais tout le temps, ou alors tu filais avec ton frère courir dans le parc, pendant que je cherchais et trouvais des divertissements. J'ai dû avoir deux ou trois … compensations.
Je me ressaisis. J'agrippai le bord de la table pour rester calme. Du moins en apparence. Elle me prenait pour qui ? La fureur me saisit de façon incontrôlable.
Je me penchai vers elle par-dessus la table, plongeant dans ce parfum entêtant, je devrais me doucher en rentrant pour en effacer la moindre trace. Je saisis la nuque de mon ex-femme pour murmurer contre son front.
- Tu oublies quelque chose Tanya.
Elle voulut se dégager. Mon ton ferme et menaçant devait la perturber, mais je tins bon, sans serrer, sans lui faire mal, mais sans lui laisser la moindre chance de m'échapper.
- Bree a les yeux de ma mère, les miens aussi.
Je laissai passer quelques secondes avant de poursuivre.
- Même sans cette preuve, Emmett a exigé il y a longtemps que je fasse un test de paternité.
Elle eut un hoquet de fureur.
- Bree avait 4 ans. Pas de chance pour toi, c'est positif à 99.8 % que ma princesse soit la mienne. Génétiquement d'une part et de cœur surtout. Elle ne serait pas MA fille, elle le serait tout de même. Je l'ai élevée et c'est le plus important. Jamais tu ne comprendras cela. Pars. Fais tes croisières. Profite de l'appartement pour inviter tes amants éphémères, et si Bree ne nous reliait pas, je te souhaiterais de rouler vite, très vite dans ton nouveau joujou jusqu'à rencontrer un mur. Il sera toujours plus chaud et aimant que toi.
Je la relâchai et me reculai sur ma chaise, rassemblant les deux exemplaires signés de notre contrat.
- À demain.
Je me levai et armé de ma canne blanche, je sortis tentant de bousculer un minimum de personnes.
Ce n'était peut-être pas une bonne idée de « contrarier » mon ex mais, ça faisait un bien fou de se libérer.
Et voila les filles, je ne sais pas trop ce que vous penserez de ce chapitre, mais ces émotions ont fait beaucoup de bien à Edward. Espérons le sans trop de conséquences.
On se retrouve dans une quinzaine de jours pour la suite. En attendant si vous ne savez pas quoi lire - minute pub -
avec Déborah et Lisa nous organisons des concorus d'OS
pen name "le twlight contest" ici (et sur la page FB du meme nom).
Le premier concours a pour thème "je suis phobique mais j'me soigne" ...à lire.
Kiss et bon WE prolongé.
Nic
