Note : Un grand, grand merci à Elberane qui a traduit la longue et brûlante scène d'amour de ce chapitre. Joyeux Noël aux gens concernés, et bonnes fêtes ou post-fêtes aux autres !


Une lumière vive perçait ça et là les nuages qui s'étalaient dans le ciel comme des aquarelles humides, donnant au jour, par ailleurs sombre, une texture étincelante. Il restait moins d'une semaine avant Noël et Teddy tenait difficilement en place : il faisait des bonds dans la neige, laissant dans son sillage tout un sentier de destruction, en direction des illuminations colorées de la fête foraine. Ses cheveux bleu électrique se soulevaient dans sa course et son écharpe flottait derrière lui comme un étendard. Chaque mouvement de son petit corps, qui néanmoins grandissait à toute allure, donnait à Harry un pincement au cœur. Hermione se pencha vers lui, faisant entrer leurs épaules en contact :

« C'est un petit garçon très heureux.

- Oui, acquiesça Harry. Il en a vraiment l'air.

- Je peux avoir une barbe à papa ? héla Teddy en se retournant vers eux, et Harry hocha la tête, le sourire aux lèvres.

- Andromeda va te tuer. Il ne va plus dormir.

Harry haussa les épaules :

- Elle s'en remettra.

Il exhuma de sa poche une poignée de pièces et les donna à Teddy, qui se précipita vers le stand en sautillant de joie, les cheveux virant au rose bonbon.

La barbe à papa fit long feu. Ils suivirent Teddy dans les allées de la fête foraine. Une fois qu'il fut installé sur le carrousel – un manège de chevaux et de dragons de métal qui renâclaient et dont les yeux bougeaient en tous sens – Hermione se tourna vers Harry avec un regard pénétrant :

- Elle vient avec Neville au Terrier pour Noël.

- Je sais, dit Harry. Elle m'écrit. On n'est pas en froid. On s'entend même bien mieux qu'avant.

- Et toi, tu viens toujours, hein ?

Harry ne répondit pas. Rentrant la tête dans les épaules, il donna un coup de pied dans un bloc de neige sale qui gisait par terre. Malgré son manteau et ses gants, de l'air glacé parvenait à se faufiler sous son col et rentrer dans ses manches. Hermione poussa un soupir impatient et lui lança un sort réchauffant.

- Non, répondit-il enfin. Je ne suis pas prêt pour ça.

- Oh, Harry…

Harry lança à Hermione un regard coupable. Elle avait l'air déconfite.

- Tu sais très bien que Molly m'en veut. Elle ne me le dira jamais en face, mais ça se voit. Je serais de trop.

- C'est ridicule. Ginny, qu'est-ce qu'elle en pense ?

- Elle dit qu'il faut que je vienne. Mais elle ne le pense pas.

- Tu fais toujours partie de la famille, Harry. Ça ne changera pas. Si tu demandais à Molly, tu sais qu'elle te dirait la même chose.

- Ouais. Ouais, je sais, mais…

Il inspira et croisa les bras :

- Ron va boire comme un trou et finira par sauter à la gorge de Neville. Ginny va vouloir se faire Ron. Molly va pleurer et hurler sur tout le monde. Et moi, je vais me retrouver au milieu de tout ça à me sentir con.

L'expression d'Hermione était tiraillée entre l'amusement et l'agacement :

- Pas forcément.

Haussant les épaules, Harry tendit les bras pour aider Teddy à descendre du manège :

- Peut-être pas. Mais je vais quand même faire l'impasse sur Noël au Terrier cette année. Je suis désolée, Hermione. Je viendrai l'année prochaine, promis. C'est juste que… c'est trop tôt.

- Moi, je vais quand même au Terrier, hein ? demanda Teddy, soudain inquiet.

- Bien sûr. Vous venez tous les deux, ta grand-mère et toi, répondit Hermione en lui passant la main dans les cheveux – cheveux qui à présent avaient pris une teinte châtain-fauve – et Teddy sourit.

Il voulut essayer les montagnes russes, la bateau à bascule et le toboggan géant.

- Un vrai petit Gryffondor, celui-là, dit Harry.

- On verra, dit Hermione. »

L'après-midi tirant à sa fin, le soleil finit par disparaître complètement.

« Il est l'heure de rentrer, Teddy, dit Hermione.

- Mais je veux refaire un tour de montagnes russes ! Allez, juste une fois ! S'il te plaîaîaît…

- Désolée Teddy, mais ta grand-mère t'attend.

Teddy éclata en sanglots.

- Trop de sucre, murmura Hermione.

- Mais non », dit Harry.

Il souleva Teddy par la taille et se mit à courir dans la neige en poussant des cris d'Hippogriffe. Les pleurs de Teddy cessèrent immédiatement, mais il était vraiment devenu trop grand pour ce genre de jeux et quelques secondes plus tard, ils se retrouvèrent tous deux étalés dans la neige, trempés, frigorifiés et recouverts de boue. Teddy éclata de rire. Hermione accourut dans leur direction. Harry se mit à rire doucement et s'essuya le visage.

Ça allait être un Noël bien calme pour lui – peut-être qu'il se sentirait seul. Mais il avait beaucoup de choses à mettre au clair dans sa tête et voulait prendre le temps de le faire, seul.

« Allez, mec, viens… C'est pas pareil, si t'es pas là.

- Peux pas, répondit Harry à la tête de flammes vertes de Ron. Désolé. Amusez-vous bien. Et ne va pas te bastonner avec Neville. Sérieusement.

Ron fronça les sourcils et marmonna dans sa barbe :

- Tu es taré. Qu'est-ce que tu vas faire tout seul dans ton coin ?

- Ça va aller. J'ai seulement besoin d'être un peu au calme en ce moment.

Ron soupira et finit par acquiescer :

- Attends, deux secondes.

Sa tête disparut quelques minutes ; lorsqu'il revint, il portait un plateau sur lequel se trouvait une grande assiette pleine à craquer d'oie rôtie et de pommes de terre, de carottes, de choux de Bruxelles et de Yorkshire Pudding, le tout copieusement dressé d'une sauce épaisse qui sentait délicieusement bon. L'assiette était entourée d'un côté d'une grosse bolée de pudding aux raisins avec de la crème anglaise, et de l'autre d'un mug de lait de poule fumant. Harry sentit les larmes lui monter aux yeux.

- Tiens, dit Ron. De la part de ma mère. Le shot de Pur-Feu dans l'eggnog, par contre, c'est de ma part.

Il lui adressa un clin d'œil.

- Merci…

Harry prit le plateau et se demanda s'il avait pris la bonne décision finalement.

- Si tu changes d'avis, tu es toujours le bienvenu, dit Ron avant de jeter un œil par dessus son épaule. Zut, il faut que j'y aille. Teddy a découvert la bièraubeurre et Maman nous pique une crise. À plus, Harry. Joyeux Noël. »

Et il disparut.

Écartant l'assiette de haricots sur toast qu'il avait prévu de manger, Harry s'attaqua au vrai repas de Noël. Molly était une excellente cuisinière. Ginny aussi. Et Harry n'allait certainement pas se laisser aller à déprimer, c'était hors de question.

...

Il n'allait jamais à l'Antre du Veau et de la Vipère, parce que c'était le pub que Malfoy avait tendance à fréquenter, et les rares fois où Harry s'y était risqué, cela s'était terminé en œil au beurre noir et bleus à la mâchoire pour l'un d'entre eux, voire pour les deux. Mais Malfoy avait sûrement d'autres projets pour la soirée, alors il tenta le coup ; il avait envie d'aller ailleurs qu'au Chaudron Baveur pour une fois. Il n'y aurait sans doute pas tant de monde que ça un soir de Noël.

En fait, si.

A peine eut-il passé la porte qu'il regretta amèrement son idée : l'établissement était bondé et il n'avait pas pris la peine de se cacher les cheveux ou la cicatrice. Il entendit son nom prononcé à petits cris perçants, puis une bande de gosses – à peine sortis de l'école, a priori – l'encercla avant qu'il ait l'occasion de s'enfuir.

« Vous êtes Harry Potter !

- Regardez ! Il a sa cicatrice et tout !

Quelqu'un tira sur sa robe de sorcier, quelqu'un d'autre, de visiblement éméché, lui rentra dedans.

- S'il vous plaît, implora-t-il. Je veux juste boire un verre tranquille.

- Joyeux Noël, Harry ! »

Une blonde à la poitrine opulente se jeta sur lui et lui planta un baiser en plein sur les lèvres. Il la repoussa, la faisant trébucher en arrière et presque tomber.

Harry se rendit compte qu'il fallait qu'il s'en aille immédiatement s'il voulait éviter de faire la une de la Gazette ; il s'extirpa péniblement de la foule pressante et battit en retraite. Une fois dans la rue, il resta planté là, le souffle court, complètement dégoûté.

Joyeux Noël de merde Harry, se dit-il avant de transplaner.

Il pensait, ou du moins il s'était dit, que s'il ne trouvait pas le moyen de se détendre autour d'une bonne pinte et de profiter en silence de la compagnie de ceux qui passaient réellement une bonne soirée, alors il ferait tout aussi bien d'aller travailler. Mais comment avancer dans l'enquête quand le reste du monde était en train de réveillonner, telle était la question. Le terrain du théâtre était globalement plongé dans le silence. Une rumeur de conversation lui parvenait à sa gauche, quelque part derrière l'immense tente, mais son regard fut attiré par la lumière douce qui brillait par la fenêtre de la roulotte de Malfoy.

Il hésita. Il s'imagina entrer dans la roulotte pour y trouver Malfoy confortablement installé avec ses parents, et cette pensée seule suffit presque à le décider à laisser tomber et rentrer chez lui. Un sourire s'esquissa au coin de ses lèvres lorsqu'il songea que ce serait l'occasion parfaite pour ressortir sa cape d'invisibilité pour espionner Malfoy, comme au bon vieux temps.

Mais il renonça à l'idée, préférant y aller franchement.

A chaque pas qu'il faisait dans la neige, le rapprochant de la roulotte, la sensation de malaise qu'il avait dans le ventre grandissait. La roulotte de Malfoy était peinte couleur argent avec des bordures violettes – des couleurs vives mais néanmoins dignes. Il n'y avait pas vraiment prêté attention auparavant. Le temps qu'il atteigne le petit escalier qui menait à sa porte, son cœur battait à tout rompre dans sa poitrine. Il n'avait aucune idée de ce qu'il allait dire à Malfoy pour expliquer sa venue soudaine, mais il prit une profonde inspiration, gravit les marches et frappa à la porte.

« Entrez ! »

Harry ouvrit la porte et entra.

La roulotte était pleine de décorations de Noël : un grand sapin trônait dans un coin, couvert d'ornements étincelants, de guirlandes dorées et de lumières colorées qui sautillaient de branche en branche en clignotant ; des clochettes d'argent s'alignaient, suspendues à un fil, le long du montant de la cheminée ; la peau d'Hippogriffe avait laissé place à un tapis de velours rouge et épais, bordé de fourrure blanche, et Célestina Moldubec gazouillait des chants de Noël sur RITM.

Malfoy était vautré dans un fauteuil de cuir rembourré, un verre de Whisky Pur-Feu à moitié vide à la main, et les restes d'une bonne grosse pile de pétards de Noël jonchaient le sol autour de ses pieds. Sa robe de sorcier ouverte révélait des vêtements froissés. Il semblait être l'incarnation de la misère humaine.

« Qu'est-ce que tu fais ici ? demanda Harry.

Malfoy le dévisagea :

- Je te demande pardon ?

- Je veux dire, dit Harry avec un rire nerveux, se sentant rougir : pourquoi tu n'es pas en jsais-pas-quel-pays-qui-finit-par-nie avec tes parents ? C'est Noël.

- Potter. Je n'arriverai jamais à te suivre.

- Je pensais…

- Il n'y a rien de plus naze que Noël en Bulgarie, claqua Malfoy. La bouffe est dégueulasse, la météo est merdique et même Binns est plus causant que les gens de là-bas. Père se met une mine et nous fait chier avec la guerre, pendant que Mère passe la soirée à me demander ce que j'attends pour me marier avec une pouffe de Sang-Pur chiante comme la pluie.

Harry déglutit :

- Je pensais simplement que tu passerais Noël avec ta famille.

- Je suis avec ma famille, répliqua Malfoy d'un ton sec.

Harry fronça les sourcils, mais finit par percuter :

- Ah, tu parles du théâtre.

Malfoy se tapota l'arête du nez :

- Ce n'est pas de la famille à strictement parler, mais c'est tout comme.

Légèrement mal à l'aise, Harry tenta de déterminer si Malfoy était bourré ou non. Dans la carafe à décanter qui se trouvait sur la table à côté de lui, il ne restait plus que quelques doigts de liquide ambré.

- Je me suis isolé un moment parce que j'avais besoin de réfléchir à… quelque chose, dit Malfoy. J'avais besoin d'être un peu seul. Enfin bref, qu'est-ce que tu veux ? Pourquoi est-ce que toi tu n'es pas en famille ? Poil de carotte t'a plaqué ? Merlin, Potter, j'espère que tu n'as pas été assez con pour lui dire qu'on a…

Il agita les doigts en direction du lit. Harry sentit un picotement de colère familier lui traverser la poitrine. Qu'est-ce qui lui avait pris de venir chez Malfoy ? Il n'avait personne d'autre à aller voir ?

- Figure-toi que oui, elle m'a plaqué. Mais c'était avant…

Harry pointa le lit du pouce :

- Enfin, avant la seconde fois.

- Ah…, fit Malfoy en écarquillant les yeux et se redressant dans son fauteuil, avant d'ajouter : C'est vrai ?

- Oui, c'est vrai. Qu'est-ce que ça peut te faire, de toute façon ?

- Je suis juste un peu surpris, c'est tout. Le Grand et Merveilleux…

- Oh putain, tu vas pas commencer…

- Notre sauveur, l'élu d'entre les cons…

- Malfoy, ferme-la ou je t'en colle une.

- Celui-qui-prononçait-le-nom-de-celui-dont-on-ne…

- Oui ! C'est bon ! Elle m'a quitté ! Parce que je n'étais plus assez bon au lit et parce qu'elle en aime un autre. T'es content ?

Malfoy contempla Harry, de nouveau l'air étonné :

- Eh bien, finit-il par dire, je comprends mieux pourquoi tu m'as frappé.

- Oh va te faire foutre ! s'exclama Harry avant de tourner les talons.

- Attends, le rappela Malfoy.

Un bruissement de tissu indiqua à Harry qu'il s'était levé de son siège.

- Je t'emmerde, Malfoy. Je ne sais même pas… et puis merde.

Il se dirigea vers la porte, mais Malfoy le rattrapa précipitamment :

- Potter, attends.

Il s'interposa entre Harry et la porte, lui barrant le passage. Harry sortit sa baguette, prêt à transplaner.

Malfoy se jeta sur lui et l'embrassa. La baguette de Harry atteignit le sol dans un bruit léger. Il glissa les doigts dans les cheveux soyeux de Malfoy, de part et d'autre de son visage, et lui rendit son baiser. Il se sentit défaillir sous la pression de ses lèvres, à la fois douce, chaude et humide.

- Reste, murmura Malfoy tout contre sa bouche. C'est bien pour ça que tu es venu, non ? Alors reste.

Ils titubèrent en direction du lit, mais en arrivant au niveau du tapis qui s'étalait devant l'âtre, Malfoy tomba à genoux, entraînant Harry avec lui. Lentement, ils se laissèrent aller, jusqu'à se retrouver allongés l'un contre l'autre, le ronronnement et les crépitements du feu se mêlant à leurs soupirs, tandis qu'en fond, la voix suave de Célestina continuait ses sérénades.

C'était différent cette fois.

Harry n'arrivait pas à déterminer exactement pourquoi. Il savait seulement qu'embrasser Malfoy – leurs bouches entremêlées, le corps de Malfoy pressé contre le sien, et les mains de Malfoy qui caressaient son dos – était délicieux, et que, de manière surprenante, cela suffisait pour le moment. La dernière fois, il avait ressenti le besoin de le déshabiller immédiatement ; tout le déroulement de leur rencontre avait été régi par le besoin qu'il avait eu de jouir sur le champ. Il n'était pas moins excité cette fois-ci. Il sentait très nettement le sexe de Malfoy se presser contre sa cuisse, et il savait que sa propre érection était, elle aussi, évidente. Mais ce baiser était tellement, tellement bon.

- Merlin, Potter, souffla Malfoy, et il les fit rouler de manière à ce que Harry se retrouve allongé sous lui.

- Mmm, répondit Harry, et il attira Malfoy à lui de nouveau. Il frôla les lèvres de Malfoy des siennes, appréciant la sensation, puis, penchant la tête, il l'embrassa, les lèvres à peine entrouvertes et ce simple contact, à peine appuyé, le fit frissonner. La langue de Malfoy glissa dans sa bouche, avec un merveilleux arrière-gout de Whisky Pur-Feu. Harry fit glisser une main dans le dos de Malfoy et lui agrippa les fesses. Malfoy poussa son corps contre lui, leur arrachant à tous deux un gémissement.

Sans se détacher l'un de l'autre, ils trouvèrent un rythme lent. Malfoy poussait ses hanches vers le bas, et Harry soulevait son corps pour venir à leur rencontre, une main plaquée sur les fesses de Malfoy, l'autre plongée dans ses cheveux. Harry prit la lèvre inférieure de Malfoy entre ses dents, puis lui suça la langue. Malfoy trembla contre lui, et prit son visage entre ses mains. Leur respiration se fit plus laborieuse, plus hachée.

Se soulevant sur ses avant-bras, Malfoy regarda Harry, le regard troublé. Il fit rouler ses hanches, bien plus fort cette fois-ci. Harry hoqueta. Malfoy recommença, et Harry leva les mains pour s'agripper aux poignets de Malfoy. Ils ne se lâchaient plus du regard. Harry leva le menton, fixant le visage de Malfoy. Malfoy roula ses hanches – encore une fois, et Harry lâcha un cri :

- Malfoy…

Il attendait le prochain mouvement – attendait d'être poussé plus fort, poussé au bord, mais Malfoy semblait s'être figé. Harry cligna des yeux, essayant de reprendre ses esprits, suffisamment pour comprendre ce qu'il se passait. Toujours penché au-dessus de lui, Malfoy se mordait la lèvre. Ses bras devaient commencer à fatiguer car ils tremblaient, il les sentait trembler.

Dans un mouvement fluide, Malfoy poussa sur ses bras et se releva. Harry resta sur le sol, terriblement excité et désorienté. Il résista à la tentation de se rouler en boule et s'assit, suivant du regard Malfoy qui se dirigeait vers la table à côté de son fauteuil pour soulever la carafe d'une main tremblante.

Il se servit un verre de Pur Feu et l'avala cul sec. Harry ne put détacher son regard de sa gorge lorsqu'il déglutit. Malfoy fit tourner le verre vide sur lui-même en le reposant, et se retourna pour faire face à Harry, les mains crispées sur la table derrière lui. Son visage était encore rougi, et ses cheveux ébouriffés.

- Potter…

- Malfoy.

Le cœur de Harry battait à tout rompre.

- Tu veux t'amuser ?

- Ce n'est pas déjà ce qu'on était en train de faire ?

- Je parle de s'amuser vraiment. Un truc un peu plus fou.

Harry déglutit.

- Qu'est-ce que tu as en tête ?

- Tu vas devoir me faire confiance.

- Tu vas devoir me jeter un sort de Confusion, dans ce cas.

Malfoy eut un sourire.

- Allez, lève-toi.

Tout en se levant, Harry dit :

- Est-ce que tu te rends compte à quel point…

- Ça va être bien. Ça va te plaire. À moins que ça ne te fasse trop peur d'essayer quelque chose de nouveau ?

- Je n'ai plus quinze ans, répondit Harry en levant les yeux au ciel. Tu ne peux plus me manipuler en me lançant un défi.

- Très bien, rétorqua Malfoy. J'en déduis que tu as peur donc. Dommage.

- Va te faire voir, je n'ai pas peur, répliqua Harry. Qu'est-ce que tu as en tête ? Je peux l'entendre.

Le sourire tout à fait vicieux de Malfoy fit chanceler Harry si fort qu'il dut planter fermement les pieds dans le sol pour garder l'équilibre.

- Déshabille-toi.

Le cœur battant, sentant son sexe pulser, il commença à se déshabiller, sans quitter Malfoy des yeux un seul instant.

Celui-ci pencha la tête sur le côté, croisa les bras et se mit à taper du pied. Harry profita du contact visuel pour admirer à quel point Malfoy était séduisant, nez légèrement pointu ou non. Il était grand et toujours élégant, même lorsqu'il était affalé ; son visage était un parfait mélange de courbes et d'arêtes ; il avait une bouche généreuse et ces yeux pouvaient tour à tour vous foudroyer sur place ou vous faire fondre, selon le moment – c'était Malfoy. Objectivement parlant, bien sûr.

Harry laissa tomber sa dernière chaussette par terre, puis il se redressa et croisa les bras. Il sourit et haussa un sourcil, d'un air plein de défi.

- Ici, lui dit Malfoy, en lui renvoyant un sourire encore plus grand.

Il indiqua une poutre en bois, assez épaisse, à l'arrière de la caravane. Harry hocha la tête et marcha jusqu'à la poutre. Le bruissement de sa robe de sorcier et son souffle sur sa nuque, indiquèrent à Harry que Malfoy l'avait suivi. Une main posée sur son épaule, Malfoy pointa sa baguette vers la poutre ; le sort fit glisser quelques guirlandes de Noël sur le côté, révélant un lourd crochet en fer, planté dans le bois de la poutre.

Malfoy fit pivoter Harry sur lui-même, de manière à ce que son dos soit plaqué contre la poutre. Harry cligna des yeux, alarmé. Il ne savait pas dans quoi il s'embarquait.

- N…, commença Harry, mais il referma aussitôt la bouche en croisant l'expression moqueuse de Malfoy. Levant le menton, il leva les bras au-dessus de sa tête. Et attendit.

Malfoy avait une lueur un peu folle dans les yeux, et son bras trembla quand il leva sa baguette – cette fois-ci clairement parce qu'il était excité.

- Incarcerem !

Les bras de Harry furent sèchement tirés vers le haut, et il laissa échapper un cri étouffé lorsque des cordes se resserrèrent autour de ses poignets, les maintenant fermement en place, et, supposa-t-il, les liant à l'anneau de fer. La vague de panique le fit se cambrer. Il tira sur ses liens pour tenter de se détacher, l'adrénaline troublant ses pensées. Ses pieds glissaient sur le plancher de bois.

Et il eut beau tirer sur ses liens et se cabrer, quoi qu'il fasse, il ne pouvait pas se détacher.

Respirant profondément, Harry cessa de se débattre. Quelque chose en lui se détendit. Il ne pouvait pas bouger. Malfoy avait le contrôle de la situation. Malfoy devrait tout faire, prendre toutes les décisions. Harry ne put s'empêcher de sourire et s'abandonna à son excitation.

Malfoy rit, visiblement ravi.

- Tu aimes ça, n'est-ce pas ? Etre à ma merci ? Me laisser complètement dominer ?

- N'en fais pas trop.

Harry pensa que si cela était absolument nécessaire, il pourrait probablement brûler les cordes avec de la magie sans baguette.

Avec un petit rire moqueur, Malfoy se pencha sur lui, et les baisers extraordinaires reprirent. Les doigts de Malfoy se baladèrent, explorant le corps de Harry ; celui-ci se crispa lorsqu'ils vinrent lui chatouiller l'aisselle, et soupira lorsqu'ils se glissèrent le long de son dos nu. Malfoy descendit les mains plus bas encore et atteignit ses fesses. Il les attrapa et les serra. Harry poussa ses hanches vers l'avant, dans l'espoir de pouvoir frotter son sexe contre lui, mais Malfoy s'éloigna en riant de nouveau.

Tout en glissant les doigts entre les fesses de Harry, il enfouit le visage dans son cou. La sensation était merveilleuse. Puis un doigt trouva son anus et Harry écarquilla les yeux.

- Quand est-ce que tu vas me laisser goûter ton cul ? murmura Malfoy, le souffle chaud contre sa nuque. Le doigt flirtait autour de son trou. Le sexe de Harry palpita, et il essaya, sans y parvenir, à réprimer un grand frisson. Il s'efforça de garder la maîtrise de sa voix :

- Peut-être quand tu cesseras d'utiliser « goûter » et « cul » dans la même phrase.

Avec un petit rire, Malfoy prit le menton de Harry entre ses doigts et lui tourna le visage de manière à ce qu'ils se regardent dans les yeux. A sa grande surprise, Harry lut dans les yeux de Malfoy quelque chose qui ressemblait presque à de l'affection.

- Oh, Potter. Tu as tellement de choses à apprendre.

- Je ne veux pas que tu me baises ce soir.

Harry tenait à ce que ce soit bien clair.

- Ce n'était pas mon intention, lui répondit Malfoy.

Il donna à Harry un baiser rapide, puis il se laissa tomber à genoux.

Ginny lui avait fait beaucoup de fellations, et ça avait toujours été génial.

Mais quand Malfoy se pencha en avant, ouvrit la bouche et l'avala d'un seul coup, Harry se cambra jusqu'à se retrouver sur la pointe des pieds et cria. Prodigieusement, Malfoy avait réussi à engloutir son sexe plus profondément encore que tout ce que Harry avait connu jusqu'alors. Il sentait la gorge de Malfoy se contracter autour de son membre. Et tandis que Malfoy le suçait et le léchait, Harry poussa légèrement les hanches vers l'avant, mourant d'envie de lui attraper la tête pour pouvoir contrôler le mouvement ; il sourit en se rappelant ce qui l'empêchait de le faire.

- Oh mon Dieu ! s'écria-t-il en riant.

Malfoy se recula :

- Appelle-moi comme tu veux, dit-il avant de l'avaler de nouveau.

C'était humide, glissant, et incroyablement bon. Ses testicules et ses cuisses étaient humides de la salive de Malfoy. Il poussa de nouveau les hanches vers l'avant, pour voir jusqu'où Malfoy pouvait l'avaler, et pas une seule fois Malfoy ne se recula ou ne se plaignit.

Il se mit à lâcher prise de nouveau, se rapprochant de l'orgasme :

- Oui, souffla-t-il, en s'agitant un peu plus.

Malfoy leva une des jambes de Harry et la posa sur son épaule. Cela le surprit une seconde, mais le rythme ne faiblit pas. Harry arriva à un point où il ne trouvait plus ses mots. Il ne pouvait que gémir et grogner, se noyant dans le plaisir, en se tordant le cou pour tenter d'apercevoir la tête blonde de Malfoy qui allait d'avant en arrière.

Un des doigts de Malfoy, glissant de salive, se fraya entre ses fesses et se glissa de nouveau près de son anus. Harry se rendit compte qu'il en avait envie, qu'il voulait savoir ce que cela ferait de…

Quand le doigt de Malfoy le pénétra, Harry poussa un cri étranglé, déconcerté par le bien que ça lui faisait. Il continua de pousser les hanches vers l'avant, son anus se contractant autour du doigt de Malfoy, et puis… et puis…

- Merlin…, s'étrangla-t-il, faisant des va-et-vient de plus en plus forts, baisant la bouche de Malfoy.

- Malfoy…

Et il jouit, tremblant de tous ses membres, ses poignets le brûlant là où les cordes le retenaient, tandis que ses jambes se dérobaient sous son poids. Malfoy ne s'arrêta pas, et avala, continuant de sucer jusqu'à ce que Harry le supplie d'arrêter en gémissant.

Malfoy se recula rapidement et reposa la tête contre le ventre de Harry. Aux mouvements rapides qu'il sentait contre ses jambes Harry comprit que Malfoy se branlait. Il voulut l'arrêter, le faire lui-même, le prendre dans sa bouche – Merlin, Malfoy pouvait même le baiser s'il voulait, mais Harry voulait être celui qui le ferait jouir.

- Attends, haleta-t-il.

- Trop tard, croassa Malfoy, et il cria, sans mots, mais seulement un « Han ! », d'une voix forte, contre la peau de Harry. Un violent frémissement le parcourut et Harry sentit un liquide chaud lui éclabousser la cuisse et lui glisser le long de la jambe.

Eh bien. Ce n'était pas mal non plus.

Malfoy se leva, et se tint, vacillant devant Harry, haletant, le teint cramoisi, les cheveux en désordre et en sueur.

- Tu es délicieux, dit-il, et il embrassa Harry à pleine bouche, les mains tremblantes autour de son visage.

Harry ferma les yeux et se perdit dans le baiser, le cœur toujours battant, frissonnant à la fois d'extase et de terreur, devant la force de ce qu'il ressentait.

Si cela avait été Ginny… Il aurait été si naturel à ce stade de dire…

C'était l'orgasme. C'était l'intensité de la chose, le sentiment nouveau d'impuissance, et Malfoy, et… cela ne voulait rien dire. Ce n'était rien que de la très bonne baise. Harry en était certain.

« Bien ! dit Malfoy, reculant de quelques pas en frappant les mains : Ça, c'est fait.

Harry soupira et rit en même temps, soulagé que Malfoy brise le silence :

- Détache-moi maintenant, sinon je te coffre pour entrave à agent…

- Mmh, tu vas me coffrer ? dit Malfoy en haussant un sourcil.

Harry savait que l'affection qu'il éprouvait pour Malfoy pouvait se lire sur son visage, tout comme elle était apparue clairement sur celui du blond un peu plus tôt, alors il détourna la tête. Les cordes se relâchèrent. Il baissa les bras et massa ses épaules et ses coudes endoloris.

Et maintenant ? songea Harry, soudain angoissé à l'idée de devoir regagner le froid et la solitude de sa maison. Il leva les yeux vers Malfoy : celui-ci était en train de se servir un autre verre tout en l'observant lui aussi.

Harry décida qu'il n'allait pas demander la permission de rester. Il allait tout simplement rester. Si Malfoy voulait qu'il s'en aille, alors il faudrait qu'il le lui dise.

- Rhabille-toi, dit Malfoy en lui envoyant son pantalon d'un coup de pied.

Harry dénicha son caleçon, l'enfila, fit de même avec son pantalon, tout en lançant des regards à Malfoy pour essayer de deviner ses pensées, sans pour autant avoir trop l'air de le faire. Une fois habillé, il se peigna les cheveux avec les doigts, sans savoir quoi faire de son corps :

- Euh… Qu'est-ce qu'il font, les autres du théâtre, en ce moment ?

- Tu devrais venir faire connaissance, proposa Malfoy, agitant sa baguette au-dessus de sa robe de sorcier pour la défroisser.

- OK. D'accord, répondit Harry.

Il se demanda si ça allait beaucoup se voir qu'ils venaient de coucher ensemble. Est-ce qu'il sentait le sexe ? Probablement. Et s'il y avait d'autres gens comme Sasha ? Et s'il était révolté et n'arrivait pas à le cacher, ou se débrouillait pour mettre les pieds dans le plat ?

- Relax, Potter. Ça va bien se passer. Ils sont tous très sympas. Sinon je ne les aurais pas embauché.

- C'est vrai que tu as toujours bien su juger les gens.

- Ouais, ouais, ta gueule. »

Malfoy conduisit Harry de l'autre côté de la tente. La neige craquait sous leurs pas et l'air glacé lui fouettait le cou, les poignets et le crâne. Une lueur orange, riche et vacillante les invitait à approcher. Harry entendit des voix, certaines qui suivaient les inflexions d'une conversation, d'autres qui se rejoignaient pour chanter. Un assortiment d'employés et d'artistes du théâtre était assis sur des troncs d'arbre arrangés en un grand cercle autour d'un feu de camp, le corps tantôt éclairé, tantôt dans l'ombre, en fonction de l'endroit où ils se situaient par rapport au feu ; leur taille et leurs formes variaient énormément. Harry se sentit bizarrement timide.

Il reconnut Borislav sous sa forme humaine et Isabella, qui trônait sur le genou de celui-ci. Et la pauvre Nancy était là aussi : droite sur son siège, elle riait à une blague que quelqu'un venait de faire les cheveux et les poils qui recouvraient son corps étaient nattés en un treillis de tresses compliqué et assez beau. Quelques troncs plus loin sur sa droite, Lavande s'appuyait sur l'épaule d'un barbu massif aux cheveux longs ; elle fit coucou à Harry et lui adressa un grand sourire.

« Où est Sasha ? demanda-t-il à Malfoy.

- Dans le York. Il a de la famille là-bas, répondit Malfoy.

Harry se représenta toute une famille d'individus à tentacules rassemblée autour d'une table pour engloutir leur repas de Noël à grands bruits de succion.

À leur approche, des salutations leurs furent adressées : « Draco ! », « Yo, chef ! Ça gaze ? », « Ça va mieux ? Vous vous êtes sorti le… »

- L'Auror Potter a décidé de nous honorer de sa présence ce soir, interrompit Draco.

- Harry, juste Harry. »

Il leva la main pour saluer tout le monde ; plusieurs sorciers et sorcières levèrent leurs bouteilles dans sa direction et d'autres le saluèrent en chœur.

Harry s'assit à côté de Malfoy sur un rondin inoccupé. Une agréable léthargie s'empara de ses muscles et la chaleur et la lumière hypnotique du feu le mirent dans un état rêveur. Quelqu'un lui fit passer une bouteille – une femme trapue au crâne rasé dont la moindre parcelle de peau visible était tatouée – et Harry prit une gorgée d'un vin rouge épais et sucré.

Il se demanda comment les choses se passaient au Terrier – si Teddy s'était plaint de son absence, comment les Weasley se faisaient à Neville, et si Ron s'était bien tenu. Malgré ce qu'il avait pu dire en sa faveur, Harry se disait que Neville méritait au moins une petite droite. Ginny était sa femme après tout, et Neville un de ses meilleurs amis. Il soupira en repensant à tous les changements qui étaient récemment survenus dans sa vie.

Il jeta un coup d'œil circulaire. L'apparence de certains des artistes était si surprenante, voire dérangeante – même pour le monde sorcier –, qu'ils ne devaient probablement pas pouvoir sortir dans la rue sans provoquer d'agitation, encore moins aller prendre un verre dans un pub tranquillement pourtant, ils avaient tous l'air heureux et détendus.

« Alors, qu'est-ce qui vous amène chez nous les monstres, Harry ? demanda un homme si grand et si maigre qu'il semblait avoir été étiré.

Harry tiqua sur le mot « monstre » :

- Euh…

- Nous, on a le droit de le dire. Pas vous, dit la femme tatouée à côté de Harry en lui adressant un clin d'œil.

Harry sourit. Il y avait quelque chose dans son visage qui lui était étrangement familier.

- Eh bien, moi, je pense que personne ne devrait le dire, intervint Isabella de sa voix minuscule. Je ne suis pas un monstre. Et si on continue à utiliser ce mot, les Insipides vont croire qu'ils ont le droit de le faire.

Un grondement de voix retentit : certaines en soutien à Isabella, d'autres en désaccord, et d'autres encore se contentaient de rire d'une manière qui sous-entendait « et c'est reparti… ».

- Je m'en fiche du terme qu'emploient les Insipides, dit un petit homme rond aux cheveux d'un jaune brillant et aux mains et au visage recouverts d'écailles vertes. Rien à cirer de ce qu'ils pensent de nous. Pour être tout à fait honnête, je les trouve d'un ennui mortel. Sans vouloir vous offenser, Auror Potter. Mais franchement, c'est ce que je ressens. Avant, je vivais dans le brouillard. Cet accident est la meilleure chose qui me soit arrivée. Ça m'a ouvert les yeux et éclairci les idées.

- Moi aussi, intervint Lavande de l'autre côté du cercle. C'est depuis que Fenrir m'a attaquée que mon don s'est pleinement manifesté.

- Eh bien, moi, j'avais un mari et deux enfants en bas âge, reprit Isabella. Herbert a fait tout ce qu'il a pu après l'accident, mais c'était trop dur pour lui. Et c'est mission impossible de s'occuper d'un bébé quand on mesure vingt centimètres. Ma vie dans le monde des Insipides était finie. Je n'y avais plus de place. Alors je suis venue ici.

- C'est juste pour gagner ma vie que je suis ici, dit l'homme à l'air carnassier qui avait un bras autour de Lavande. Un spectacle de minuit une fois par mois et ça me permet de me mettre de la bouffe la panse et de l'or autour du cou de ma Lavande.

Lavande lui adressa un sourire radieux, les joues brillant de bonheur.

Harry se mit à contempler le feu. Autour de lui, la conversation dériva vers d'autres sujets. Il repensa à la mésaventure qu'il avait vécue avant d'arriver au théâtre cette nuit-là. Il n'était pas suffisamment égocentrique pour ne serait-ce qu'imaginer comparer sa vie à celle de Sasha ou d'Isabella, néanmoins cela lui parlait, l'idée d'être à l'écart du reste du monde.

Il se rendit compte que personne ici n'avait sorti les remarques habituelles à son sujet. Peu étonnant qu'il se sente aussi à l'aise. C'était presque comme être quelqu'un de normal.

Il fit passer la bouteille de vin à Malfoy, qui avait, toutefois, bien assez bu pour la soirée, et observa son visage pendant qu'il en prenait une gorgée. Une gouttelette de rouge s'échappa du coin de ses lèvres, extrêmement sombre sur son teint pâle. Peut-être étaient-ce les restes de la brume post-coïtale, peut-être était-ce dû au passage du temps, ou peut-être que l'hostilité que Harry avait toujours éprouvé au contact de Malfoy commençait à se désintégrer, mais il trouvait Malfoy magnifique dans la lumière du feu.

Il se rendit compte que Malfoy le regardait lui aussi, du coin de l'œil ; il haussa un sourcil interrogateur et Harry se sentit rougir.

- Ne baisse pas trop ta garde, Potter, dit Malfoy. On n'en est pas encore au moment où on te fait rôtir sur une pique au-dessus du feu, mais ça va pas tarder. »

Harry éclata de rire.

Ce Noël ne se passait pas si mal, finalement.