Chapitre 2 :
« A nous deux petite fugueuse ~ »
Au petit matin, les faibles rayons du soleil filtraient à travers mes rideaux. Le chant des oiseaux était déjà audible, cette journée promettait d'être agréable à n'en pas douter. Mon réveil était à l'heure, comme d'habitude. Son insupportable sonnerie stridente ne donnait vraiment pas envie de se lever. Ouvrant faiblement les yeux, j'essayais tans bien que mal de déchiffrer ce qu'il affichait : 7h30. Je n'avais pas vraiment le choix, il était temps de sortir du lit et me préparer à affronter une énième cérémonie de fin d'étude.
Un rapide tour dans la salle de bain pour me réveiller et me voilà déjà partie en direction de la cuisine. Dans les escaliers et les couloirs, quelques domestiques s'agitaient ici et là pour rendre la maison ordonnée avant le retour des enfants prodige partie loin de leur foyer. Franchissant la porte, j'aperçus mon père en train de prendre son petit déjeuner, un journal à la main.
« Bonjour papa, tu es bien matinal aujourd'hui. » lui dis-je en prenant place autour de la table. Celui-ci replia son quotidien et me souris.
« Je peux en dire autant pour toi ma fille. »
« Ce n'est pas comme si j'avais le choix. Si je ne me présente pas à l'heure au collège des jumelles, je n'imagine pas la scène dramatique qu'elles pourraient nous jouer en rentrant. »
En connaissance de cause, le maître de maison se frotta longuement le menton, l'air songeur et soupirant. « Je suis bien content de ne pas avoir été sollicité pour y aller .. Je compte sur toi Yuki. »
« Hai, hai .. »
Décidément, déléguée les choses à autrui était un trait prédominant dans notre famille. Surtout quand il s'agissait d'affronter la colère des jumelles. Une domestique m'apporta mon repas matinal en me saluant. Je lui souris en la remerciant, lui faisant signe qu'elle pouvait retourner à ses occupations. Maintenant que j'y pense, nous n'avions jamais eu de domestique avant. Mais cela peut s'expliquer par le fait que notre famille s'est considérablement agrandis en l'espace de quelques années seulement. Cependant, nous n'avions rien à envier aux autres familles de la haute société. Notre domaine ne comptait que cinq ou six domestiques, ni plus, ni moins et nous n'avions pas besoin de plus. Notre mère à toujours tenus la maison en ordre seule jusqu'à l'arrivée des jumelles.
« Tiens pendant que tu es là, j'ai quelque chose à te montrer Yuki. Mais surtout, n'en parle à personne pour l'instant. Pas un mot à tes frères et sœurs, et surtout pas un à ta mère. »
Intriguée, je regardais longuement l'enveloppe que mon paternel glissa discrètement à coté de mon assiette. « Qu'est-ce que c'est ? » lui demandais-je. Celui-ci jeta un coup d'œil discret aux alentours avant de bien vouloir m'expliquer. « Lis, ensuite nous en discuterons. » Ne cherchant pas plus loin pour l'instant, j'ouvris l'enveloppe mystérieuse pour en découvrir le contenue. Une simple lettre ? Étrange, pourquoi cela devait-il rester secret ? Dépliant le morceau de papier, je reconnus sans peine l'écriture.
Chère maman, cher papa,
Kannin na ! Je ne peux pas rentrer dans l'immédiat à Kyoto, il me reste tans à faire ici. Mais ne vous inquiétez pas, je vais bien. Comme je vous l'expliquais dans ma précédente lettre, quelques événements récent on légèrement perturbée notre travail ici. C'est pourquoi, je ne rentrerais pas avant une semaine au moins. J'aimerais terminer convenablement la tache qui m'incombe avant de partir. Avec un peu de chance, je serais à la maison quelques jours avant le début de la nouvelle année scolaire.
Affectueusement,
votre fille.
Un soupir habituel s'échappa d'entre mes lèvres, au fur et à mesure de ma lecture.
« Elle ne changera donc jamais .. »
« Tu comprends pourquoi je te demande de garder cette lettre secrète pour le moment. »
Repliant celle-ci, je la remis dans son enveloppe avant de la tendre à mon père.
« Effectivement, je peux le comprendre. Elle reste encore évasive dans ses explications. Je ne sais pas pourquoi mais quelque chose me dis qu'elle ne retarde pas l'échéance pour rien. »
Marquant une courte pause dans mes explications, je m'appuyais dans le fond de ma chaise en regardant fixement devant moi. Oui, il ne faisait aucun doute sur ce que j'avançais. J'en était persuadée mais encore fallait-il savoir quoi et surtout pourquoi. Mais mon père avait raison, nous ne devions pas inquiéter le reste de la famille qui se faisait déjà une joie de son retour. Pour le moment, je garderais mes interrogations pour moi et rassurer notre cher papa. Le pauvre, lui qui mis des jours à se remettre de son départ de la maison.
« Tu sais, je pense qu'elle essaie simplement de prendre un peu d'indépendance et puis, il faut dire qu'elle à de quoi s'occuper dans cette école avec le rôle important qu'elle y joue. Je suis sur qu'il n'y a pas de quoi s'alarmer. Elle reviendra tôt ou tard ! »
Sur ces derniers mots, le visage du père de famille se figeât. Oups, trop tard ! Les mots étaient partis trop vite de ma bouche.
« T-tu pense qu'elle pourrait .. ne pas revenir du tout à la maison ... ? »
« Enfin, ce que je veux dire c'est qu'elle vas rentré sous peu puisque son cursus au lycée s'arrête là... »
Me semblait-il .. Je me demande si cette fameuse institution possède une université .. Peut être que si j'appelais la directrice, elle pourrait me renseigner. Sans parler du fait qu'elle ne parle en rien de sa prochaine école, ce qui voudrait dire qu'il y en a une ? Je ne vois pas d'autre explication, il reste à peine 20 jours avant la prochaine rentrée scolaire. Soudain, la réalisation me frappa à grand coup.
« Il ne reste que 20 jours ?! Mais personne n'a encore été accepté dans une école ! »
La catastrophe, aucun de mes cadets n'avaient reçu de réponses positive pour leur candidature respective. Le père Fujino soupira, lui aussi n'avait visiblement pas de réponse à fournir.
« Je m'inquiète vraiment pour tes frères et sœurs, les écoles locales et celles dans les villes voisines sont complètes. Si aucune d'elles ne se manifestent, j'ai bien peur que l'année s'annonce mal. J'ai bien peur qu'un incident diplomatique au seins de notre famille ne se déclenche si ta mère apprends tout cela en même temps. »
Et il y avait de quoi. Aucune écoles pour les jumelles, ni pour les jumeaux et encore moins pour Testuya. Sans parler du fait que la fille du milieu n'éprouve plus le besoin de rentrée à la maison.
« J'aimerais que tu me rende un service ma fille. Shizuru à suivis tes traces et à toujours choisis elle-même ses écoles. Peut être même qu'elle envisage d'aller dans une université encore plus loin de chez nous. Mais tout de même, jamais encore elle ne s'était absentée aussi longtemps. Je ne veux pas la retenir prisonnière ici bien sûr mais quelques jours de visite seulement en l'espace de 3 ans... »
C'est vrai que Shizuru n'était pas revenue depuis un moment, je ne m'étais pas aperçut que cela faisait aussi longtemps. Je pouvais comprendre les sentiments de mon père, sa fille lui manquait et bien qu'il ai d'autre enfant, celle-ci était la perle à ses yeux. En vérité, elle l'était pour chacun d'entre nous et bien plus encore pour notre mère.
« Que veux-tu que je fasse, 'to-chan ? »
« Peut être que tu pourrais la convaincre de revenir plus prêt de la maison cette fois. »
Plus prêt, hein .. Je peux essayer mais que pourrais-je bien lui dire si elle en décide autrement. Rien ne la retiens ici après tout, je suis l'aînée et c'est à moi que reviendras la tâche de succéder à notre père. Terminant mon repas, je me levais de table avec mon assiette.
« Compris, je ferais ce que je pourrais pour la convaincre. Encore faut-il que j'arrive à prendre contact avec elle même si la lettre parle d'elle-même. Si son travail à Fûuka lui prends effectivement beaucoup de temps, je ne pourrais pas faire grand-chose. A part peut-être avoir le plaisir et l'immense honneur de voir ma propre petite sœur. Je pensais d'ailleurs faire un tour dans cette fameuse école. Shizuru doit avoir laisser le dépliant quelque part dans sa chambre, avec un peu de chance j'aurais toutes les informations dont j'ai besoin. Si ce n'est pas trop loin, je pourrais même y aller ce matin et être a l'heure pour la cérémonie des jumelles. »
« Je vois que tu as déjà pensé à tout, comme à ton habitude. Soyons d'accord sur le motif de ta venue, tu n'y vas pas pour l'espionner. »
« Bien sûr que non, une simple visite de courtoisie. »
« Très bien. Tu trouveras les clés de la voiture accrochées dans le garage. Je ferais bien de me dépêcher aussi, j'ai promis à tes autres cadets de passer le prendre à la gare aujourd'hui. Nous pourrions peut-être nous retrouver à la cérémonie des jumelles ? »
« Je suis sûr qu'elles apprécieraient ! »
Derrière nous, la porte s'ouvrit. La mère de famille s'avança dans la pièce, vêtue d'un kimono couleur lavande, nous fixant de ses yeux cramoisie mon père et moi. En y réfléchissant un peu, j'avais comme une impression de déjà vu. Amusée par cette ressemble frappante entre mère et fille, je me penchais à l'oreille de mon père.
« Je crois avoir déjà vu se regard quelque part. »
Il ris doucement avant de se lever et prendre son journal sous son bras. Visiblement perturbée par tans de cachotterie entre père et fille, maman Fujino soupira en se dirigeant vers moi.
« Avant de se moquer de sa mère, on lui dis bonjour. »
Haussant les épaules, je me débarrassais de ce qui m'encombrait les mains auprès d'une domestique qui passait par là. Enfin libre, j'embrassais la femme qui me donna vie sur la joue. Celle-ci en profita pour remettre mon col de chemise en place, même s'il était déjà impeccable.
« Vous semblez pressé tout les deux, un rendez-vous de dernière minute ? »
A croire qu'elle avait des yeux et des oreilles partout dans la maison. Bah ! Avec des domestiques sous ses ordres, qui se déplaçaient à patte de velours dans toute la maison …
« Je dois prendre nos enfants à la gare. Ensuite, je pensais revenir à la maison te chercher pour aller directement à la cérémonie des jumelles. Qu'en pense-tu ma chérie ? »
« Bon, je vous laisse roucouler tout les deux ! Moi j'ai des choses à faire, a tout à l'heure ! »
Sans tarder une minute de plus dans cette pièce pleine d'amour, j'en profitais pour monter dans la chambre de Shizuru, trouver ce pourquoi j'étais venue. Visiblement, rien n'avais bouger d'un pouce depuis qu'elle était partie. A part aérer la pièce, notre mère n'avais toucher à rien. Regardant un peu partout, je fouillais ici et là mais rien de ce que j'espérais trouver n'était ici. J'étais pourtant sûr qu'elle avait laisser ce fichu dépliant quelque part ..
Mon regard se posa alors sur le bureau de ma cadette. Aaah, peut-être ici ? Ouvrant un tiroir, puis deux, je finis par tomber sur ce que je cherchais.
« Trouvé ! »
Remettant un peu d'ordre, je vérifiais une dernière fois que tout était à sa place avant de quitter la pièce. En arrivant prés de la porte du garage, je me regardais au passage, dans une glace posée là : j'étais plutôt présentable. Un pantalon noir aux coupes banales, une chemise blanche à manche courte sous un léger pull à damier, sans manche et le col en V. Les cheveux attachés en demi-queue, des chaussures de ville passe partout. Oui, je pense que ça ira très bien. N'oublions pas les lunettes de soleil, il tape fort de si bon matin. M'inspectant une dernière fois, j'entrais dans le garage et pris les clés de ma voiture. J'aurais aimer prendre le bus jusqu'à la gare pour profiter de ce beau temps mais j'étais plus ou moins pressée. J'ouvris la portière et m'installa à mon aise avant de la refermée. La ceinture bouclé, les rétroviseurs bien en place, je démarrais le moteur qui se mis à ronronner joyeusement. A nous deux Mlle Fujino numéro 3 !
