Bonjour à tous les amis !
Je passais par là et je me suis dit "tiens, pourquoi j'irais pas voir mes fictions ?" Et je pense avoir bien fait .. J'ai malencontreusement omis de poster le chapitre 5 avant de poster le 6ème ! Quelle tête en l'air .. Je me disais bien qu'il manquait quelque chose ! xD
Enfin bref, encore désolé pour cette erreur de ma part.
Chapitre 5
« Le retour tant attendu »
Plusieurs jours étaient passés depuis la cérémonie des jumelles et l'incident fâcheux avec Hiroki. Assise à l'ombre d'un arbre, je contemplais l'immense étendue fleuris de notre jardin. L'endroit était parfait pour siroter une bonne tasse de thé et se détendre. Les cerisiers se tenaient là, majestueusement rose pâle, faisant de leur mieux pour que chacun apprécient leur floraison. Quelques pétales tombaient ici et là, volant au gré de la brise rafraîchissante en se début de printemps. Le spectacle était un ravissement pour les yeux, et j'étais bien contente de pouvoir l'apprécier au calme. L'été s'annonçait chaud, l'air était déjà lourd et j'imagine qu'il sera difficile de trouver de quoi se protéger de cette vague de chaleur cette année encore.
Seule au milieu de mon petit paradis fleuris, je fermais les yeux au son apaisant de cet environnement reposant. Un large étang dominait la surface, un petit îlot en son milieu avec de part et d'autre, deux petits ponts pour rejoindre la rive. A l'écart de l'immense demeure, la maison de thé se faisait discrète entre les érables, le chemin de pierre y menant était complètement recouvert d'herbe. Peut être que je devrais demander à notre jardinier de s'en occuper ? Oh et puis, après tout, pourquoi ne pas laisser la nature faire les choses ?
« Yu-chin, téléphone pour toi ! »
Au loin, l'écho d'une voix familière résonnait dans ce paradis silencieux. Quel organe ! Qui aurait cru que notre mère puisse crier aussi fort. Et qu'est-ce que c'est que ce surnom sortit droit du placard de mes 5 ans ?!
« Mademoiselle. »
Le téléphone en main, une des domestiques de la maison me le tendis et se retira. Qui pouvais bien vouloir me contacter alors que je ne donnais pas le numéro familial à n'importe qui. Intriguée, je portais tout de même le combiner à mon oreille.
« Fujino Yuki, j'écoute ? »
La voix à l'autre bout de la ligne se présenta, si je m'y attendais ! Voilà un appel, ma foi, très intéressant.
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L'âme en peine, la présidente du conseil des élèves ne semblait pas motivée pour plier bagages. L'idée même de quitter la rebelle si chère à son cœur lui donnait envie de pleurer. Après tout les événements passés, elle pensait enfin afficher son bonheur raillonnant et couler des jours heureux auprès de sa belle. Mais avant d'en arriver là, il lui fallait encore passer un obstacle de taille et pas des moindres. Shizuru le savait bien, amadouer sa famille n'est pas chose compliquée en sois, toutefois .. Le réel problème dans cette affaire n'est pas toujours celui que l'on pense être le pire. Passez outre les nombreux aînés et les parents, il y avait pire que Maman Fujino. Shizuru allait devoir user de tout son charme pour cacher son petit secret. Quand bien même, cette épreuve à endurer pour l'amour de Natsuki, la brune s'en serait bien passée.
Elle ne pouvait plus se défiler, il n'y avait plus aucune raison pour qu'elle ne rentre pas chez elle. Et puis, à trop chercher d'excuses pour retarder l'échéance, elle allait finir par inquiéter sa famille et il était hors de question qu'elle mette les pieds à Fûuka.
C'est ainsi que, valise en main, la belle Shizuru jeta un dernier regard désespéré vers la princesse des glaces. Celle-ci, ne sachant plus ou se mettre, se contenta de soupirer nerveusement. Comment rassurer son amie dans une telle situation ? La jeune fille se le demandait bien.
« Ne fait pas cette tête Shizuru, tu ne rentre que quelques jours chez toi. On se reverra à la rentrée non ? »
La moue boudeuse, la présidente finis par se résigner. Natsuki avait raison, une semaine et demi ce n'était pas la mort après tout. Rentrez de temps en temps chez sois, ce n'était pas si difficile que ça. Bien qu'elle cache habilement toutes informations la concernant, Shizuru savait bien qu'un jour ou l'autre quelqu'un s'intéresserait au mystère familial qui l'entoure. Chie avait bien essayer un jour, mais sans succès. Mais pour l'heure, seul les adieux avec sa rebelle lui importait.
« J'imagine que tu à raison, Natsuki. Mais savoir que tu vas rester seule aussi longtemps m'inquiète un peu. Qui sait quelle sorte de nourriture étrange vas finir dans ton estomac. »
Il est vrai que sur le point nutrition, la rebelle ne se foulait pas : toutes les cochonneries y passaient. Mais Shizuru pouvait partir l'esprit tranquille, quelqu'un d'autre veille.
« Je te remercie de t'en soucier mais Mai ne me lâche pas d'une semelle avec ça. Même si j'aimerais bien qu'elle me laisse un peu tranquille pour que je puisse manger ce que je veux. »
Sourire aux lèvres, la présidente se contenta de garder son masque éternel et impassible en guise de réponse. Que pouvait-elle bien ajouter ? Natsuki n'était plus la petite fille perdue et sauvage qu'elle avait connue autrefois, elle a grandit, s'est ouverte aux autres et Shizuru en était très heureuse mais au fonds .. Elle avait toujours espérée être la seule pour qui Natsuki sourit et elle l'espère encore et toujours mais Natsuki ne le voit pas, Natsuki ne l'as jamais vu et ne le verras sans doute jamais. Bien qu'elle lui ai avouer son amour pendant la bataille, la rebelle ne semble pas vouloir aborder le sujet. Comme si rien ne s'était passé, sa relation avec Shizuru n'a pas changée. Pour le meilleur ou pour le pire, Shizuru se sentait tout de même soulagée de l'avoir enfin avoué et jamais depuis lors, elle ne s'en était plainte. Natsuki était toujours avec elle alors même si elle espérait plus, la belle Shizuru s'en contenterait.
L'annonce pour le départ imminent du convois résonna dans la gare, il était temps de partir. Un dernier sourire en guise d'au revoir, Shizuru tourna le dos à son amie pour monter dans le train. Les larmes lui montaient aux yeux et pour rien au monde elle ne les laisseraient couler. La réalisation que Natsuki n'avait plus vraiment besoin d'elle lui frappait le cœur avec acharnement. Maintenant qu'elle avaient des amis et une vie stable, Shizuru ne lui était plus aussi indispensable qu'avant. Vraiment, plus rien ne la retenait à Fûuka. Mais alors qu'elle s'apprêtait à passer les portes, une main lui retint le bras. Surprise, la brune se retourna vers une Natsuki rougissante et affreusement attirante, qui déposa un tendre baiser sur ses lèvres. L'échange était doux bien qu'un peu timide et plein d'assurance à la fois. La pauvre Shizuru se noyait avec bonheur dans cet acte inattendu mais avant qu'elle ne puisse réellement en profiter, les lèvres de sa belle n'était déjà plus sur les siennes. Confuse et rougissante, la présidente ne savait plus que dire ni quoi faire.
« Je refuse de te quitter avec cet air si triste sur ton visage. Tu aura beau t'en cacher derrière se masque inébranlable, je te connais Shizuru. Alors fais moi plaisir et rentre chez toi avec le sourire. Je t'attendrais alors fais moi se sourire radieux que j'aime tans pour que je puisse rentrer l'esprit tranquille. »
Encore abasourdit, la brune s'exécuta avec bonheur et confusion. Les mains sur ses épaules, Natsuki lui souris à son tour avant de la pousser dans son train quand les portes se sont fermées. Le train commençait à partir et elle restait sur le quai à le regarder s'éloigner en souriant tristement, emportant avec lui son premier amour. Rassurée Shizuru n'était pas chose facile quand elle-même était incertaine du comportement à tenir. Une semaine et demi ce n'était pas grands chose avait-elle dit. Mais au fonds, la rebelle avait aussi du mal à laisser sa présidente s'en aller. Quand le train n'était plus dans son champs de vision, Natsuki soupira silencieusement avant de prendre le chemin du retour. Il fallait vite rentrer avant que Mai ne remarque son absence et lui pose des questions indiscrètes. Celle-là aussi ne manquait pas de la rendre mal à l'aise avec ses sous-entendus.
De l'autre coté, Shizuru ne réalisait toujours pas et se touchait les lèvres du bout des doigts. Assise dans son siège, elle regardait le paysage défiler tout en se remémorant le contact doux et délicat d'un amour naissant. Trop bref à son goût, elle aurait donné n'importe quoi pour quelques secondes de plus contre les lèvres de sa belle. Quelques secondes de plus pour mémoriser avec soin son premier baiser. Car oui, Shizuru n'avait jamais accordé cette preuve d'amour à qui que ce soit. Elle n'était jamais tomber amoureuse auparavant jusqu'à rencontrer Natsuki, cette petite fille perdue dans la solitude et la haine pour qui elle avait une affection toute particulière. Une affection maternelle qu'elle trouvait tout à fait normal jusqu'à ce que sa petite Natsuki devienne peu à peu une femme. Jusqu'à ce qu'un incident survienne et change tout. Shizuru ne lui avait jamais dit mais un soir, alors qu'elle rentrait du collège pour s'occuper de sa petite protégée, elle l'avait trouvée assoupis et à moitié nue dans son salon. A cet instant précis, Shizuru l'avait trouvée tellement belle et attirante, qu'un désir incommode l'avait secouée de toute part. Il lui fallut un certain temps pour comprendre mais au bout du compte, elle voulait Natsuki plus que tout autre chose. Elle se sentait mal à l'aise de penser à elle de cette façon mais l'évidence était là et elle devrait faire avec. Elle avait bien essayer de s'en défaire mais rien n'y faisait, son amour pour Natsuki n'avait fait que croître de jour en jour jusqu'à ce qu'il devienne difficile à cacher et supporter. Elle se perdait dans ses rêveries, ne pensait plus à autre chose qu'à elle de jour comme de nuit. Rien de ce qu'elle avait pu entendre de l'amour n'était comparable à ce qu'elle vivait et elle n'avait personne à qui se confier, ce qui était d'autant plus difficile pour elle. Son image d'élève parfaite lui avait vite collé à la peau, on l'avait mise sur un piédestal dont il lui était impossible de descendre. Elle n'avait personne à qui se confier, ni d'épaule sur laquelle pleurer. Au sommet, elle était seule et même si il lui suffisait de demander pour avoir une horde de fan à ses pieds, elle ne voulait pas de cette "amitié" là. Elle avait besoin de quelqu'un qui la comprenne et qui ne la jugerait pas. Quelqu'un qui se contenterait de la consoler et de l'épauler dans les moments difficiles comme ceux qu'elle avait traversée ces dernières années. Derrière son masque, ses attitudes sereines et son impassible calme olympien, Shizuru cachait sa véritable nature. Au lycée, elle était vite devenue la candidate idéale pour le rôle de Présidente du Conseil des élèves et elle n'avait pas refusé l'offre. Il faut dire qu'avec plus de 95% des votes en sa faveur, elle n'avait pas vraiment eu le choix et cette situation lui convenait. Pour l'aider dans son nouveau rôle, Shizuru était entouré d'un vice-président de premier choix. Reito était un bon ami mais il ne lui apportait pas le soutien dont elle avait réellement besoin. Elle souffrait d'une absence que personne ne pourrait combler, pas même sa Natsuki. Cette personne dont elle avait tans besoin, l'avait abandonné pour suivre sa propre voix. Shizuru avait préférer fuir son foyer pour ne plus y penser et avait garder une certaine rancœur mais maintenant qu'elle devait rentrer, qu'en serait-il ? Pourrait-elle toujours en vouloir à cette personne, bien que ses raisons soient légitime ? Shizuru n'en avait pas la moindre idée. Assise dans le train qui la ramenait vers sa famille, elle avait la boule au ventre. Elle n'avait pas remis les pieds chez elle depuis si longtemps, qu'elle était à la fois excitée et un peu inquiète de revoir toute sa fratrie, surtout cette personne en particulier.
Le regard perdue dans l'horizon, la brune se demandait qu'elle attitude avoir. Elle allait rentrez chez elle, elle n'avait plus besoin de masque, de faire semblant. Elle pouvait être elle sans avoir à se soucier de ce qu'en pense les autres justement parce qu'elle allait être entourée des siens. Mais pourrait-elle être enfin elle-même, après avoir caché sa véritable personnalité pendant si longtemps ?
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Dans la file d'attente, je ne comptais plus les minutes qui défilaient. J'avais l'impression d'être rester plantée à ma place depuis des lustres, tout ça pour un malheureux gâteaux à aller chercher. Debout dans la file, je n'en pouvais plus d'attendre. Mes membres commençait à s'engourdir et devenir légèrement douloureux. J'avais beau bouger et changer de position, la douleur ne mettait pas longtemps à revenir. Quelle plaie, et moi qui ne voulait pas m'éterniser en ville, c'est raté. Un rapide coup d'œil sur la tête de file, il ne me restait plus longtemps à attendre. Encore deux personnes et s'en était terminée de cette course abominable. A croire que tout le monde s'était donné le mot pour venir ici au même moment que moi. Enfin bon, j'imagine que de toute façon ici ou ailleurs c'est la même chose. Avec cette chaleur, les gens ne se presse pas pour sortir, il fait bien meilleur à l'intérieur. Merci à toi, inventeur de l'air climatisé. Mais quand même, j'en avais un peu marre d'attendre debout depuis plus d'une heure. Rien à voir avec le temps où j'étais enseignante, à croire que le temps avait ramollis mes muscles, assise à ne rien faire.
« Mlle Fujino, votre commande est prête. La formule familial pour 12 personnes avec les amitiés de notre chef pâtissier. Votre père est notre meilleur client, le gérant vous offre le gâteau et lui présente ses salutations. »
Génial ! La serveuse déposa le paquet sur le comptoir, tout sourire. Pas étonnant qu'il revienne sans cesse, ces employés sont vraiment agréable.
« Eh bien, vous remercierez votre patron et le chef pâtissier pour ce geste. Je ne manquerais pas d'en informer mon paternel, merci. »
Mon paquet en main, je saluais les serveuses avant de m'en aller.
« Attendez Mlle Fujino ! »
Surprise, je me retournais vers les jeunes filles qui venaient de me servir.
« Oui ? »
« Fujino-sensei, vous ne nous reconnaissez pas ? »
Confuse, je regardais les deux employés. "Fujino-sensei", voila un nom que je n'avais plus entendus depuis que j'avais quitté mon emplois. Ce qui voudrais dire que ces demoiselles étaient mes élèves où des élèves de l'établissement dans lequel j'avais exercé autrefois. A y regarder de plus près, leur visage me disait quelque chose.
« Vous êtes .. mes anciennes élèves ? »
A cette réponse, les deux intéressées me souriaient largement. Mais oui, suis-je bête ! De toute les classes dont j'ai eu à m'occuper, il n'y avait qu'une paire d'inséparables comme elles. Souriant à mon tour, je ne savait pas quoi leur dire, embarrassée de ne pas les avoir reconnu tout de suite.
« J'imagine que vous avez eu votre diplôme toutes les deux, Watanabe-san, Fukuoka-san. Félicitation ! »
J'avais toujours regretté mon choix d'être partis l'année précédant leur diplôme. Je me suis toujours demandé si j'avais eu raison ou tord, avec l'impression désagréable d'avoir trahis mes élèves, moi qui leur avait toujours dit que je les soutiendrais jusqu'à la fin. Me voila bien bête, me retrouver ainsi devant deux d'entre eux.
« Merci Yuki-sensei, grâce à vos conseils et votre soutien, nous avons tous eu notre diplôme ! »
Les demoiselles se penchèrent devant moi, bien que je ne sois plus leur professeurs depuis longtemps. Une situation qui me mettait d'autant plus dans l'embarras, moi qui avait déjà le mal de l'enseignement.
« Je vois, tans mieux. J'avais quelques inquiétudes concernant certains de vos camarades mais me voila rassurée. Merci les filles, je reviendrais vous voir, promis. »
Un dernier signe de main, je passais les portes du magasin tandis que les deux serveuses me saluaient en me souhaitant de passer une bonne journée. Une fois dehors, la chaleur me prenait d'assaut. Quelle horreur ce changement de température, j'avais intérêt à me dépêcher si je ne voulais pas que le gâteau se sente mal lui aussi. Prenant mes clés de voiture dans ma poche, je m'approchais de celle-ci. Un léger bip en guise d'ouverture, je grimpais dans mon petit bolide pour rentrer. Et là encore, quelle chaleur ! Vite, l'air climatisé avant que je ne meurs.
« Un peu d'air, enfin »
Sur le siège du passager, mon téléphone commençait à vibrer. Tiens, mon père s'inquiéterait-il pour son gâteau qui n'arrive pas ? A cette pensée, je ne pouvais que ricaner. S'il y avait bien une chose pour laquelle il ne pouvait pas résister, c'était bien celle-là. Un amour partagé par tout ses enfants évidemment. A croire que le thé ne suffisait sur la liste déjà complète de nos addictions respectives.
« Haaaai ~ »
Mais à l'autre bout de la ligne, ce n'était pas mon père mais la voix de ma mère. Celle-ci m'annonça une nouvelle que personne n'aurait pu prévoir.
« Heeeee ?! Grand-père est partie faire le tour des stations thermales du pays ?! »
A son âge, faire le tour du pays, sacré grand-père. Oh et puis, après tout, il à bien le droit de se faire plaisir maintenant qu'il est à la retraite.
« Yuki, ton père demande si tout vas bien avec cette chaleur, je pense qu'il s'inquiète pour le gâteau. »
Décidément, il avait le chic pour démontrer ses priorités. Et moi alors ? J'avais fait tout ce chemin pour un gâteau sur le point de fondre. Pour la peine, je vais prendre mon temps pour rentrer tiens !
« Tu diras à mon cher paternel que le gâteau n'est pas prêt de pointer le bout de son nez, je vais prendre soin de le livrer avec toute la lenteur possible. Maintenant je dois raccrocher, j'ai besoin de mes deux mains pour conduire. »
A l'autre bout de la ligne, je pouvais entendre les plaintes de mon père. Il l'avait bien mérité sur ce coup là. Tans pis pour lui, celui qui se dévoue pour aller chercher les courses des autres est libre de faire ce qu'il veut entre temps. Satisfaite, je reposais mon téléphone sur le siège pour démarrer le moteur.
Mes lunettes de soleil sur le nez, j'avançais paisiblement parmi la circulation. Il n'y avait pas grand monde sur la route, la plupart des piétons préféraient prendre les transports en commun pour se rendre à la plage où ailleurs. Le centre ville n'était pas très loin de chez nous, il ne me faudrait donc pas plus d'un quart d'heure pour rentrer.
En chemin, je m'arrêtais à un feu. Il n'était pas pressé de passer au vert celui-là. En regardant au coin d'une rue, mes yeux s'arrêtèrent quelques instant sur la vitrine d'une boutique. A l'intérieur de celle-ci, on pouvait y voir un magnifique kimono de couleur mauve et violet, assortis de motifs à fleurs rouges et pourpres. Une teinte familière qui me rappelait quelqu'un, Shizuru serait radieuse avec même si j'ignorais totalement ses mensurations à présent. Le feu allait bientôt passer au vert, si je voulais m'arrêter quelques minutes dans la boutique, s'était le moment ou jamais. Que faire ? Shizuru était devenue une femme, ses goûts avaient peut être changer ses 5 dernières années. Si jamais elle ne l'aimait pas, je pourrais toujours le ramener. Que faire ? Et ce feu qui clignote, que faire ? Un coup de klaxon me ramena sur terre, le feu était vert et je ne pouvais plus me ranger pour prendre le chemin vers la boutique sans causer un embouteillage. Soupirante, je passais la première pour continuer mon chemin. Tans pis ...
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Devant la maison, Shizuru ne bougeait plus. Elle était là, debout sur le pas de la porte, à fixer l'entrée. Elle était anxieuse, incertaine de savoir comment les choses allaient se passer. Allait-elle recevoir quelques reproches pour ne pas avoir donné plus de nouvelles, pour ne pas être rentré aussi souvent qu'au début de sa scolarité à Fûuka ? Ou bien alors tout le contraire ?
La brune n'en était pas tout à fait sûr mais ce dont elle était certaine, c'est qu'elle comptait beaucoup pour chacun des membres de la famille Fujino alors même si un de ses aînés se montrait un peu dur, ce serait vite pardonné et oublié.
Debout face à la porte, Shizuru serrait fermement la poignée de sa valise avant de prendre une profonde inspiration et de franchir le pas de l'entrée. Elle avait promis silencieusement de ne pas être ou paraître triste devant le reste de sa famille avant de quitter la rebelle. Celle-ci ignorait tout de son histoire, de sa famille, du confort familial dans lequel elle avait vécue. Et jamais elle ne le lui dévoilerait, du moins pour l'instant. Parce que Natsuki n'avait ni famille, ni parent proche, Shizuru avait choisis de se taire à ce sujet. Elle qui avait déjà eu tans de mal à se rapprocher de la jeune femme, que dirait-elle si elle l'apprenait ? Que Shizuru s'était moquée d'elle, alors qu'elle avait une famille et des personnes sur qui compter en cas de coup dur ? Alors que non, la brune ne s'était pas moquée d'elle, elle avait juste eu peur de la perdre à l'époque. Elle prétendait comprendre, et essayait vraiment d'aider la rebelle. La présidente avait plus ou moins connu une sorte d'abandon, même si ce n'était pas le même que celui de Natsuki. Aucun membre de sa famille n'était mort, et elle avait choisi d'elle même de sortir du cocon familial alors qu'elle n'avait pas encore l'âge de le faire. Bien des raisons avait poussés Shizuru à faire se choix et elle ne le regrettait pas. Mais parfois, dans les moments difficiles, il lui arrivait de vouloir appeler chez elle et d'entendre une voix rassurante et familière à l'autre bout du téléphone. Bien qu'elle en ai eu très souvent envie, elle n'en faisait rien. Si Natsuki avait endurer la même chose, alors elle se devait d'en faire de même pour la comprendre. Un comportement bien étrange et douloureux les premiers temps mais nécessaire se disait-elle.
Elle était prête à tout pour garder Natsuki prêt d'elle, même si pour y parvenir elle devait se couper du reste. Elle aimait ses frères et sœurs, ses parents et son grand père mais l'amour pour Natsuki était plus fort.
Dans le couloir de l'entrée, des domestiques saluaient la nouvelle arrivante avant de prendre ses bagages. Shizuru se soumis volontiers au débarras de ses affaires avant de s'aventurer dans la maison. Sur les murs, des photos de famille étaient encadrés, certaines étaient anciennes et d'autre plus récentes. On pouvait y voir l'évolution de chacun au fil des ans mais rares étaient celles où Shizuru posait avec le reste de la fratrie. Cette réalisation lui donnait des pincements au cœur. Au fil des années, elle avait oublié à quel point il était réconfortant de revenir prés de ceux qui nous aiment et qui nous attendent. A quel point il était important et reposant d'être auprès des siens même si revoir certains d'entre eux allait être douloureux. Elle avait raté beaucoup de chose depuis qu'elle ne rentrait plus mais le sacrifice qu'elle avait fait en valait bien la peine. Natsuki semblait avoir compris sa détresse, du moins c'est ce qu'elle laissait transparaître. Ce baiser sur le quai n'était pas un jeu, Shizuru en était certaine.
Le pas lent et gracieux, la brune regardait une à une les cadres accrochés sur le mur. Arrivés devant celui d'une jeune femme tenant fièrement son diplôme, un grand sourire aux lèvres, la brune s'arrêta. De vieux souvenir lui revenaient en mémoire. Ce jour-là, sa sœur, son modèle avait décider de quitter la maison pour étudier à l'Université et réaliser son rêve à l'autre bout du pays. Devant cette photo, Shizuru sentait une boule se coincer dans sa gorge. Ses doigts parcourait le visage si familier et lointain à travers la vitre.
« Tu te souviens de cette journée là ? Tu n'arrêtais pas de coller ta sœur en lui disant de rester, quelle petite fille capricieuse tu était. Toujours agrippé à son cou, la pauvre ne pouvait pas faire un pas sans que tu ne sois derrière elle. Tu n'avait d'yeux que pour elle, tes autres frères et sœurs commençait à être un peu jaloux tu sais. Vraiment, quelle petite fille capricieuse tu était Shi-chan. »
Surprise, Shizuru se retourna rapidement. Elle ne s'attendait certainement pas à ce que ça mère se tienne là, derrière elle, à la regarder en souriant tendrement. Honteuse et gênée d'avoir été surprise de cette façon, la présidente en rougissait presque. Maman Fujino s'approcha de sa fille pour la prendre dans ses bras.
« Bienvenue à la maison, Shizuru. »
La brune se contenta de rendre l'étreinte affectueuse que lui offrait sa mère. Elle savait que beaucoup d'autre étreinte toute aussi affectueuse l'attendait mais elle n'avait pas à s'en plaindre, pour le moment les choses se passaient beaucoup mieux qu'elle ne l'avait imaginé. L'oisillon avait enfin regagné le nid, pour le plus grand plaisir de ses occupants.
