Chapitre 6

« Un repos de courte durée »

Dans la maison familial, il n'y avait pas un bruit. Seul les aiguilles de la grande horloge et le chant des oiseaux pouvaient s'entendre. La fin d'après-midi était déjà bien entamé, le soleil commençait à descendre lentement dans le ciel. Dans son siège, Yûji Fujino restait stoïque, les yeux fermés. A part Shizuru, aucun de ses enfants n'était rentrés et l'heure tournait. Yuki n'était toujours pas revenue et à l'heure qu'il est, son gâteau ne devait plus avoir bonne mine. Les jumelles étaient sortis avec leur sœur Sayuri et ses deux garçons étaient partis se promener en ville de leur cotés. Bien qu'impassible à première vue, l'inquiétude commençait à gagner le père de famille. Il regarda l'horloge une énième fois, il était presque 18h30.

« Ils sont en retards. »

L'homme de la maison se leva de son siège pour regarder à la fenêtre. Aucun signe à l'horizon, il soupira.

« Détends toi mon chéri, je suis sûr qu'ils ne vont plus tarder. Viens t'asseoir, je vais te préparer une bonne tasse de thé. »

Les mains dans le dos, le brun ne bougeait plus d'un pouce. Dans le canapé, Shizuru ne disait pas un mot. Elle savourait avec bonheur sa première tasse de thé vert traditionnel, un goût inimitable qui ne pouvait être remplacé par du thé industriel. Sa mère s'était appliqué à le faire et elle n'avait aucunement perdue la main. Un savoir faire que seule Shizuru semblait partager avec sa génitrice, pour le plus grand plaisir de celle-ci. Visiblement perturbé par un tel retard, le père de famille commençait à afficher un certain malaise.

« Yuki devrait avoir son téléphone sur elle, est-ce que nous avons essayé de la joindre ? »

« Tu devrais savoir qu'elle ne réponds jamais quand elle conduit mon chéri. Elle à probablement eu un contre-temps voila tout. »

« Tu dois avoir raison .. La ponctualité est une seconde nature chez elle. »

Quelque peu rassuré par les propos de sa femme, Yûji retourna dans son siège. Soudain, le bruit d'un moteur attira l'attention de chacun. On pouvait entendre les protestations de Sayuri, même de loin. La porte de l'entrée ne mit pas longtemps à s'ouvrir, intensifiant la voix de la jeune fille. Shizuru reposa sa tasse de thé, sa sœur aîné n'avait visiblement pas beaucoup changé. Toujours aussi démonstrative, ce qui la faisait sourire.

« Puisque je te le dis ! Pourquoi est-ce que tu ne veux jamais m'écouter, Yukinee ?! »

L'aînée de la fratrie entra soudainement dans le salon, d'énorme paquet dans les mains. Suivi de prés par Sayuri, l'air boudeuse, des deux jumelles et des deux garçons. La brune se contenta de déposer ses sacs sur le canapé, bientôt ramassé par une domestique et se tourna soudainement vers sa cadette. Les mains sur les hanches, elle se pencha légèrement vers sa sœur.

« Je te signale que je ne fais que ça, Sayuri mais si tu m'avais expliqué dés le départ, je n'aurais pas eu besoin de tourner en ronds dans cette rue en plein travaux. Tu sais combien de détours j'ai du faire pour venir vous chercher toi et les jumelles ? C'est toi qui ne m'a pas écouté quand je t'ai dis que la gare du centre était en pleine rénovation. Non, comme d'habitude tu n'en a fait qu'à ta tête et résultat, j'ai été obligé d'aller vous chercher à l'autre bout de la ville. Estime toi heureuse que je me dévoue corps et âme pour mes petites sœurs chéries, alors que Tetsuya et Keiji était sur mon chemin pour rentrée. Mais à la place j'ai foncé à votre secours et tu n'a fais que me crier dessus depuis. »

La pauvre Yuki n'avait pas eu un moment de répit depuis que ses sœurs étaient montées dans sa voiture. Sayuri avait emmenée les jumelles faire quelques emplettes en ville. Pour y aller, aucun problème, les bus ne manquaient pas mais pour revenir quand on s'aventure plus loin que prévue, c'est une autre histoire. Les trois filles s'étaient visiblement arrêtées plus loin maintenant que la gare centrale était fermée. Le premier réflexe de la brune étant d'appeler sa sœur, celle-ci n'avait pas hésité à faire demi tour pour récupérer ses cadettes.

Gênée de la situation, Sayuri présenta ses excuses. Faussement blessée, Yuki en profita pour réclamer son due. Les bras croisé sur la poitrine, elle détourna le regard, l'air contrarié.

« La prochaine fois tu te débrouillera toute seule petite sœur, tu est une grande fille maintenant après tout. »

Visiblement choquée par les propos de son aînée, Sayuri ne savait plus quoi dire, les yeux grands comme des culs de bouteilles. La situation semblait tendue, ce qui étonnait beaucoup le père de famille. Celui-ci était prêt à intervenir pour calmer le jeu mais en voyant Tetsuya rester imperturbable par la situation, il hésitait. Si son fils ne bougeait pas, c'est qu'il n'y avait pas de raison de s'inquiéter. Mais de son coté, la deuxième fille de la famille ne savait comment prendre les propos de sa sœur, elle qui était rarement dans cet état.

« Mais enfin Yukinee .. »

Mais Yuki ne daignait pas regarder sa cadette, feignant presque l'indifférence. Blessée par son attitude, Sayuri ne semblait pas remarquée le sourire en coin sur le visage de sa sœur. Elle était bien trop déconcerté par la situation pour le remarquer. Contre toute attente, le sourire béat sur les lèvres, l'ex-enseignante attira la jeune fille dans ses bras.

« Je te pardonne si j'ai le droit à un bisou, d'accord ? ~ »

« Elle s'est encore faite avoir ... »

La voix des jumelles et celle des garçons était tout à fait synchronisée. Il faut dire que Sayuri se faisait avoir à chaque fois, leur sœur n'était pas très difficile à dupée. Yuki quant à elle, savait parfaitement en jouer.

La piégée semblait enfin comprendre le subterfuge et rougis d'un coup, sa sœur venait encore de la prendre pour une idiote à simuler aussi bien. Prête à en découdre et plus embarrassée que jamais, elle heurta sans ménagement le visage de sa sœur avec sa paume de main.

« Baka Yukinee ! »

Même si elle l'avait bien cherchée, l'aînée ne pouvait s'en empêcher. Taquiner ses cadettes était une activité tellement amusante qu'elle ne manquait jamais une occasion, particulièrement quand il s'agissait de sa petite sœur Sayuri. Cette fille ne savait vraiment pas gérer ses émotions.

Rassurée par la situation, le père de famille ne pouvait s'empêcher de rire. Occupée à rester pendu à la taille de sa jeune sœur qui essayait tans bien que mal de s'en défaire, Yuki n'avait pas encore remarqué la présence d'une autre petite sœur tout aussi chère à son cœur. De leur cotés, les jumelles avaient déjà sauté sur la jeune femme qui leur offrait son plus beau sourire. Les deux frères s'approchèrent également de leur petite sœur, heureux de voir qu'elle était devenue une jeune femme ravissante. Eux aussi avaient changés et elle ne manqua pas de le leur faire remarquer. Les jumelles avaient bien grandit depuis la dernière fois, rien à voir avec ses deux autres sœurs qui n'avait pas énormément changées à part quelques petits détails par ci et là. Yuki s'était laissé pousser les cheveux, bien plus sombre que dans ses souvenirs. Sa longue chevelure couleur châtaigne virait presque au brun avec les années, sans parler de ses attributs féminin qui avait encore pris du volume. Sayuri faisait quelques centimètres de plus, avait prit en formes et en charme. D'ailleurs, sa personnalité éclatante lui rappelait vaguement quelqu'un ...

Testuya posa une main affectueuse sur l'épaule de sa sœur, lui qui n'était guère démonstratif de ce genre de chose.

« Bienvenue à la maison. »

La brune se contenta de frotter affectueusement les cheveux de ses petites sœurs

« Ookini. »

Soudain, l'aînée l'air enfin sérieuse, se décolla de sa petite sœur sans prévenir. Un changement de comportement radical qui était unique dans la famille Fujino. Le pas lent et gracieux, elle s'approcha de l'ex-présidente tout en souriant largement. Une fois derrière elle, Yuki posa ses mains sur les épaules de sa jeune sœur avant de la conduire dans la grande salle à manger familial.

« Très bien, maintenant que Shizuru est enfin rentré à la maison, passons à table pour fêter ça ! Et d'autre choses en passant. »

« Ah Yuki attends, et mon gâteau ? Il vas bien au moins ? »

« Hai, hai, aucun dégâts majeurs à noter j'en ai pris soins tout de même, 'to-chan ! »

Une fois le repas et les festivités terminées, chacun étaient allés dans sa propre chambre. Bientôt, la demeure familial fut plongée dans le silence. Un calme que beaucoup trouvaient appréciable, loin des bruits de la circulation et de la ville. Mais Shizuru ne dormait pas, le sommeil tans attendu par la jeune femme n'était pas encore au rendez-vous. Il s'était produit plein de choses pendant le repas, Yuki avait offert un cadeau à chacun de ses cadets pour les féliciter de leur réussite. Tous avait reçut un cadeau sauf Shizuru, ce qui avait beaucoup étonnée les autres membres de la famille. Mais l'aînée avait une raison toute particulière à cela, elle proposa simplement à sa sœur de se rendre dans sa chambre. Intriguée par cette annonce simple, tout le monde s'y était rendu et quelle surprise en découvrant la pièce pleine de paquets de toutes tailles et couleurs. Pendant presque 5 ans, Yuki avait entreposer les cadeaux destinés à sa jeune sœur partie trop tôt du domicile. Au départ, elle les avait laissé là en pensant que Shizuru reviendrais bientôt mais quand ce ne fut pas le cas, elle continua à les stocker là en espérant qu'elle revienne un jour. Alors à chaque occasion, avec l'espoir qu'un jour sa sœur les ouvrirait, Yuki déposait ses paquets les uns après les autres. A noël, aux anniversaires, à chaque fin d'année ou remise de diplôme, l'aînée laissait un cadeau dans la chambre.

Shizuru les avait tous déballés, allant de surprise en surprise. A chaque cadeau ouvert, un mot y était accompagné comme si il était destiné à être envoyé. Sa sœur avait fait preuve d'imagination car à mesure que Shizuru découvrait le contenu des paquets, plus ceux-ci était loin de ce qu'elle avait imaginé. Contrairement à ses autres frères et sœurs, l'aînée avait choisit des objets intemporels pour elle. Elle ne s'était pas risquée sur le terrain de la mode, puisque Shizuru allait grandir jusqu'à atteindre sa taille adulte. Un geste intelligent mais qui devenait difficile de poursuivre. Yuki avait fait le tour, allant de plus traditionnel au plus fantaisiste des cadeaux. Mais parmi tout ses paquets, Shizuru avait l'intuition qui l'en manquait un. Ordonnée comme elle était, Yuki avait mis une date sur chacun mais elle avait beau chercher, la belle Shizuru ne trouvait pas celui d'aujourd'hui. Peut-être que dans la hâte, sa sœur l'avait tout simplement oublié ? De toute façon, il commençait à se faire tard et même si elle n'avait pas sommeil, le chercher maintenant ne ferait que déranger ses voisines de chambres.

Prête à se mettre au lit, la brune se faufila dans son lit mais un bruit dans le couloir attira son attention. Quelqu'un n'était pas encore couché, c'était l'occasion de bavarder avec l'oiseau nocturne qui descendait les escaliers sur la pointe des pieds.

Habillée de son kimono de nuit, la jeune femme suivait l'ombre à pas de loup sans savoir sur qui elle allait tomber. Elle avançait sur la pointe des pieds, jusqu'à apercevoir une faible lumière dans le salon. Intriguée, elle pencha la tête dans l'encadrement de la porte mais se ravisa quand l'ombre mystère n'était autre que Yuki.

« Ara .. »

Que pouvait-elle bien faire là, entourée de livre, à une heure pareille ? Peu importe à vrai dire, elle se doutait bien que la brune travaillait et elle ne devait pas la déranger. Mais même absorbée dans son occupation, l'aînée avait une oreille particulièrement attentive aux bruits qui l'entoure. La jeune femme retira ses lunettes et tourna la tête vers la porte.

« Tu ne dors pas, Shizuru ? »

Découverte, celle-ci ne pouvait plus faire demi tour. Elle s'avança dans le salon, se dévoilant dans une tenue que sa sœur ne soupçonnait pas qu'elle puisse porter. D'abord surprise mais vite amusée, Yuki proposa un siège à la jeune femme. Celle-ci ne refusa pas l'offre bien qu'un tête à tête avec l'aînée ne la mettait pas vraiment à l'aise. Il y avait beaucoup de non-dit et de secret entre elles, Shizuru savait que Yuki allait sans doute lui poser des questions mais il n'en fut rien, la jeune femme continuait de travailler tranquillement. Les minutes défilaient et aucun mot ne sortait de sa bouche, ce qui mettait sa jeune sœur dans une situation incommode. Même si elle n'était pas venue ici pour déballer ses petits secrets les plus intimes, Shizuru n'avait aucun moyens de mentir à la jeune femme. Peu importe les stratagèmes employés, Yuki savait toujours tout et quand bien même, elle ne disait rien. Une situation vraiment difficile car pour une fois, la belle Shizuru ne savait pas quel comportement adoptés. Elle était totalement déconcertée face à son modèle, son masque imperturbable n'aurait aucun effet sur elle.

Remarquant l'étrange sentiment de mal aise sur le visage de sa sœur, Yuki posa son stylo et adopta une toute autre posture. Les jambes croisés sous la table, elle s'installa confortablement dans le fond de son siège, faisant ainsi comprendre à la brune qu'elle était tout à fait disposée à discuter. Mais en voyant celle-ci complètement perdue dans ses pensées en la fixant, elle soupira affectueusement avant de se pencher vers elle et lui caresser les cheveux.

« Quelque chose ne vas pas ? »

« Non, tout vas bien. J'ai juste un peu de mal à m'endormir. »

« Je vois. Reste ici, je vais te préparer un thé à la camomille pour t'aider à trouver le sommeil. »

Se levant pour aller dans la cuisine, Yuki fut stopper par la main de Shizuru.

« Pas la peine Yukinee, j'étais juste descendus me chercher un verre d'eau. Je ne comptais pas rester pour ne pas te déranger. »

« Mais qui à dis que tu me dérangeait voyons ? Au contraire, je suis contente que tu sois là, je t'attendais. »

« Ara. »

« Tiens, il est pour toi. »

Un sac à la main, Yuki le tendis vers sa sœur avant de le poser près d'elle et de retourner à son occupation.

« Tu ne dois pas l'ouvrir tout de suite, fais le plutôt quand tu sera dans ta chambre. Entendus ? »

Difficile de ne pas résister à la tentation mais Shizuru attendrait. Celui-ci avait l'air plus gros et plat que les autres, elle était incapable de dire ce qu'il contenait.

« Alors, est-ce que je peux enfin savoir ce que tu me reproche au point de ne plus vouloir rentrer à la maison ? »

Visiblement choquée par les propos soudains de sa sœur aînée, Shizuru ne pouvait cependant pas le nier. Restait à savoir comment Yuki avait réussi à mettre le doigt sur se sentiment désagréable. Difficile d'admettre qu'elle avait encore raison.

« Ne fais pas cette tête, ne suis-je pas ta grande sœur chérie ? »

Même si Yuki semblait prendre la situation sur le ton de la plaisanterie, cette question chatouillait un point sensible chez sa sœur Une sorte de mal-être sans doute causé par l'attachement affectif que Shizuru à toujours eu pour sa sœur, plus que chez les autres membres de sa famille. Yuki l'avait laissée pour des raisons qu'elle pouvait comprendre mais qui restaient tout de même douloureuses pour une enfant d'à peine 10 ans. Ce n'était pas le moment idéal pour en parler même si elle se sentait prête à le faire, le sujet restait encore trop sensible pour elle. Sentant ses yeux devenir humide à mesure que ses joues la brûlaient, la jeune Fujino sentait qu'il était tans de mettre un terme à cet entrevue nocturne. Mais l'aînée sentait bien le mal aise de sa sœur et qu'il fallait donner des raisons à tout cela même si celle-ci était déjà prête à fuir la confrontation. Pour soulager son cœur plein de regret et dissiper le mal aise, il fallait que Shizuru entende ses raisons même si elle devrait la retenir pour ça.

« Je ne te laisserais pas fuir une nouvelle fois et tu le sais. »

Sans crier gare, l'aînée emprisonna Shizuru dans ses bras qui hésitait entre se débattre et laisser faire la jeune femme. Une situation bien étrange pour les deux, qui n'avait jamais eu ce genre de rapprochement auparavant.

« Ne fais pas l'enfant Shizuru, tu sais très bien que je ne pouvais pas rester à la maison éternellement. Un jour ou l'autre, je serais partie pour apprendre un métier en attendant que notre père se décide à me céder la place. Et tu sais ce que ça veux dire, n'est-ce pas ? Si je prends la direction de l'entreprise, je devrais m'y vouer sans possibilité de faire autre chose de ma vie. Peut-être que j'ai été égoïste et je le regrette mais au moins j'aurais fait quelque chose que j'aime faire. J'ai fais ce que j'avais envie de faire avant qu'il ne soit trop tard, j'ai fais ce que je croyais juste. L'aînée doit prendre la succession de l'affaire familiale, faire bonne figure et honorer le prestige de notre famille. Un sacrifice que vous ne devrez pas faire parce que c'est moi qui m'en charge à votre place, est-ce que tu comprends ? »

Le geste doux et affectueux, Yuki ne lâchait plus sa cadette et lui caressait les cheveux. Des révélations qui lui pesaient sur le cœur depuis longtemps, un sacrifice de sa personne qui pouvait être anodin mais l'aînée savait plus que n'importe qui, qu'il lui serait difficile de prendre la place de son père. Elle n'avait aucune expérience notable dans le domaine des affaires et de la gestion. A part peut-être un sens aiguë des négociations et un calme olympien qui lui avait permit de garder sous contrôle la pire classe qui soit.

« Si tu était rentré plus tôt, tu aurais vu que j'ai arrêter d'enseigner pour rester ici. Jamais je ne t'ai abandonné, ni toi, ni les autres mais j'imagine que pour une enfant tel que toi, toujours accrocher à mes moindres faits et gestes, la rupture à été difficile. Tu sais bien que dans une famille nombreuses, le premier enfants né ne peux pas faire de différences entre ses cadets. Mais j'ai beau le savoir, c'est difficile de nier le fait qu'entre tous, c'est toi ma petite sœur préférée. »

C'est vrai, Yuki n'avait jamais fait de distinction entre tout ses frères et sœur mais elle ne pouvait pas faire comme si il n'y avait rien de spécial entre elle et Shizuru. Elle les aimaient tous sans exception mais Shizuru était la seule qui la suivait partout, qui prenait ses bains avec elle et qui dormait dans son lit. Mais Shizuru n'avait jamais vu les choses sous cet angle là, dans sa mémoire d'enfant, Yuki était simplement partie de la maison pour vivre ailleurs alors qu'en y réfléchissant bien, elle-même avait fait la même chose. Elle était partie de la maison, en laissant deux petites sœurs derrière elle.

Dans les bras de son aînée, la brune ne savait pas quoi dire ou faire. Elle n'était plus une enfant et toutes les années qu'elle avait perdue à lui en vouloir pour des bêtises ne pouvaient plus être rattrapées.

« Kannin na, Yukinee »

« C'est plutôt moi qui devrais m'en excuser, si je t'avais expliquer les choses dés le début alors peut-être que tu n'aurais pas fait le choix de rester aussi loin de la maison. Surtout que tout le monde en à subis les conséquences, pas seulement moi. Vraiment, quel châtiment sévère j'ai eu là. Je paris que Kagura et Shizue n'aurait pas osées. »

Le sourire large jusqu'aux oreilles, l'aînée serra davantage le corps élancé de la belle Shizuru. Un problème de réglé, certes, mais cet incident n'était pas exclusivement la cause du non retour de la brune, même s'il en ai l'origine. Shizuru avait d'autres raisons, qu'elle se gardait bien de dévoiler.

« Et si tu allais te coucher maintenant ? »

Mais Shizuru ne l'entendait pas de la même façon, d'après le dire de sa sœur Sayuri, Yukinee aurait un fâcheux penchant pour l'ambiguïté d'une relation entre sœur La seconde aînée n'était pas un adversaire à la hauteur de la plus âgée des filles Fujino, alors que Shizuru était sûr d'avoir toutes ses chances et elle voulait le confirmer tout de suite.

« Fu~ »