Deux mois passèrent, Hermione n'était au courant de rien des agissements de son père : elle avait eu une visite du médecin qui la jugeait parfaitement rétablie.
- Chic, je cours à l'écurie, mère …
- Hermione, voyons, vous êtes à peine sur pied ! gémit la mère
- Par pitié mère, ne me laissez pas enfermé une seconde de plus, je vais mourir d'ennui !
- Bon, allez-y mais n'allez pas en forêt, votre père serait fou de rage s'il apprenait ça ! Et de grâce soyez prudente !
Sautillant gaiement à cloche-pied sur son pied guéri, Hermione arriva aux écuries. Elle trouva Ron à la sellerie qui graissait et contrôlait les harnachements.
- Bonjour ! cria-t-elle joyeusement.
- Bonjour, sourit-il.
- Ca y est, je suis guérie !
- Hmm, oui, je vois ça !
- C'est un peu grâce à vous …
- Un peu, peut-être ! sourit-il à nouveau taquin
- Euh, je voulais vous remercier …
Ron haussa les épaules.
Hermione se sentit gênée, décidément, il n'était pas causant …
- Bon qui vais-je monter pour cette première fois ? murmura-t-elle devant les brides et selles accrochées au mur, pour se donner une contenance.
- Vous allez monter ?
- Oui, euh, tiens, Prince ! Attrapez-moi sa selle … s'il vous plaît … se reprit-elle, alors qu'elle prenait sa bride.
-Voilà. Vous avez besoin d 'aide pour le préparer ?
- Non, ça ira merci.
Tandis qu'elle s'éloignait pour le seller, Ron contempla pensif les harnachements sur le mur, et saisit la selle et la bride de Garance.
Il terminait juste de la seller quand il entendit Hermione l'appeler.
- Vous pouvez m'aider ?
Il sortit et l'aida à se mettre en selle, puis courut vers l'écurie chercher Garance. Arrivé dans la cour, il constata qu'Hermione ne l'avait pas attendu : il enfourcha prestement la jument, et la mit au trot pour rattraper Prince, ce qui ne lui prit qu'une minute.
Entendant un cheval derrière elle, Hermione se retourna.
- Mais que faites-vous ? demanda-t-elle stupéfaite.
- Eh bien, je vous accompagne, comme prévu…
- Comment ça comme prévu ?
- Les ordres de votre père, vous avez oublié ?
- Comment ça les ordres de mon père ?
- Il m'a demandé de vous suivre dans chacune de vos promenades... Il ne vous a rien dit ?
- Quoi ?! Non, il ne m'a rien dit ! Non, mais, je ne suis plus un bébé tout de même ! Qu'est-ce que ça veut dire ! Vous allez de suite retourner à l'écurie ! Je suis assez grande pour me balader toute seule, je n'ai pas besoin d'un chaperon…
- Ordre de votre père, désolé, s'il vous arrive quelque chose, je suis responsable …
- Oh ! Ça c'est un peu fort, il se joue de vous aussi, non mais ! Hermione était furieuse mais curieusement, sa fureur amusait Ron, qui la trouvait vraiment trop gâtée. Il sourit.
- Qu'est-ce qui vous fait sourire ! Je ne vois rien de drôle, non mais ça alors je n'en reviens pas ! Me traiter comme une gamine !
Et elle talonna son cheval qui partit aussitôt au trot, puis au galop.
- Eh, attendez-moi, si vous tombez encore, on dira que c'est ma faute ! cria Ron. Il talonna Garance, qui se mit aussi au galop, ils galopèrent comme ça sur un bon kilomètre avant que Hermione consentisse à s'arrêter près d'un étang, et mettre pied à terre. Elle attacha sa jument, et jeta une poignée de cailloux dans l'eau.
Ron s'arrêta et descendit à côté d'elle.
- J'essayerai d'être discret, si ça vous embête tant que ça, je pourrai rester à quelques mètres derrière vous…
- Il aurait pu m'en parler avant …
Ron sourit.
- Pourquoi vous vous moquez encore ?
- Je ne me moque pas !
- Si vous vous moquez de moi !
- Petite fille ! Vous êtes encore une petite fille ! sourit-il amusé. Puis, il s'éloigna, s'assit au bord de la rivière et s'amusa à faire un ricochet sur l'eau de l'étang en mâchonnant un brin d'herbe.
Hermione ne dit rien, mais trouvait ce garçon de plus en plus mystérieux.
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Heureusement, les jours suivants, elle constata qu'il tenait parole, il chevauchait toujours à quelques mètres à l'arrière, ne lui parlant pas et se contentant de la suivre en silence. Ce silence commença à peser à Hermione qui cessant de bouder et faisant contre mauvaise fortune bon cœur, décida de le rompre après plusieurs journées.
- Si vous voulez, vous pouvez venir à côté, ça ne me gêne pas.
- Ca m'est égal, vous savez.
- Moi, non, tant qu'à être deux, autant se tenir compagnie, non, c'est plus drôle!
Ron sourit.
- Par contre perdez cette manie de sourire à tout bout de champ, c'est vraiment exaspérant !
- Oui, Madame ! son sourire s'était encore agrandi.
- Grrr ! On fait la course, lança-t-elle en mettant son cheval au galop, le dernier qui arrive au grand chêne près de la rivière est un gros tas de bouse puante !
- Eh ! C'est de la triche ! Vous êtes partie avant !
Et se prenant au jeu, il poussa son cheval et finit par la rattraper puis la dépasser.
- Alors, qui est un gros tas de bouse puante, Mademoiselle, qui ?
- Bon, ça va, ça va ! rit-elle.
Ce jour d'été changea radicalement leur attitude à tous les deux : enfin, elle sentait que Ron était finalement un garçon comme une autre, enfin, elle pouvait rire et s'amuser avec une autre personne que sa sœur Rosemarie.
Et lui se rendit compte que ce n'était pas parce qu'Hermione était la fille du Baron qu'elle était prétentieuse et inaccessible. Elle était humaine, savait s'amuser et appréciait les mêmes choses que lui. L'atmosphère était désormais sereine et détendue...
