Auteur: Maeve Fantaisie (ou Maeve tout court :) ).
Prompt: "Bourrons nos poches de souvenirs."
Couple: Destiel. :)
Disclaimer: Rien n'est à moi.
Note 1: Fic écrite pour le Marathon des Fanfictions, deuxième round de l'année. Elle. Refusait. Simplement. De. S'arrêter. :'D Attention, SPOILS TOUTES SAISONS.
Note 2: Suite et fin, en espérant que cela vous plaise toujours!
Bonne lecture. :)
Deuxième partie
.
Le souvenir d'après fut plus joyeux...
Enfin. Surtout pour Gabriel.
- Il t'a emmené dans un bordel ?
Castiel haussa une épaule d'une manière un peu rouillée, coincé.
En face de lui, Chasteté venait d'approcher; le sourire qui s'était déplié sur les lèvres de Dean quand elle s'était présentée, Castiel s'en souvenait encore.
Gabriel éclata de rire :
- Elle s'appelle CHASTETE ?
Castiel lui jeta un regard torve mais l'archange l'ignora; il frappa ses genoux, hilare.
En face d'eux, le Castiel du passé ouvrait des yeux terrifiés.
Gabriel se calma assez pour remarquer :
- Tu as l'air totalement paniqué.
- C'est parce que je l'étais.
Castiel se leva pour suivre son double et Chasteté. Derrière lui, Gabriel lui emboîta le pas en murmurant, admiratif : "Il fallait le faire, quand même. Sacré Deano, là il a fait fort."
Castiel observa toute l'intéraction avec Chasteté avec des yeux brillants.
Il attendait Dean.
Dean ne fut pas long, et bientôt, il entraînait son double vers la sortie, avant de rire aux éclats.
Gabriel arrêta Castiel d'une main sur sa manche :
- Cassie... Tu souris.
Les lèvres de Castiel s'étaient étirées d'elles-mêmes, une bouffée de joie pure au fond de sa poitrine.
xxx
xxx
Le souvenir suivant n'était pas le sien.
- ...C'est après que les Léviathans ont été libérés, pas vrai?
Gabriel vint se poster à ses côtés :
- Oui. C'est un souvenir de Dean.
En face d'eux, Dean venait de quitter un bar en marchant en zigzag, une bouteille d'alcool encore à la main.
Castiel ne songea même pas à se mettre en colère contre Gabriel pour le fait qu'il utilisait un souvenir de Dean; ce n'était pas le plus important.
Il se précipita vers le chasseur, qui était en train de dégringoler dans le caniveau, ses joues rougies et ses yeux hagards.
- Il a trop bu!
Dean s'était écroulé sur le dos, regard pointé en direction du ciel. Sa respiration était lourde et ses cheveux baignaient dans un liquide indéterminé.
Castiel s'agenouilla près de lui, l'étudiant pour vérifier s'il était blessé.
Gabriel soupira :
- Relax, Rintintin. Ton maître va bien.
Castiel, qui avait compris la référence à cause du sort de Métatron et ne voyait pas bien le rapport avec sa situation, ne releva pas.
Devant lui, Dean fixait toujours le ciel de ses paupières mi-closes, sa bouche entrouverte.
Castiel essaya de frôler ses joues; ses doigts le traversèrent.
- Dean...
Et puis, les prunelles de Dean s'écarquillèrent. D'un seul coup.
Il se redressa brusquement, traversant Castiel à son tour.
Et la syllabe qui quitta sa bouche lui fit l'effet d'un courant électrique.
- Cas...
Castiel se pétrifia.
Dean se releva. Sa bouteille oubliée, il glissa les mains dans ses poches et se remit à marcher, comme s'il n'était jamais tombé, ses yeux soudain plissés par un but.
Gabriel le suivit des yeux, la bouche entrouverte :
- C'est impossible qu'il t'ait senti, mais wow.
Les mains de Castiel frémirent. Il referma les poings.
Déterminé, il se leva à son tour et poursuivit Dean.
x
x
Dean les mena à une voiture qui n'était pas l'Impala, visiblement volée.
Il essayait d'ouvrir le coffre avec des mains tremblantes et non coordonnées, poussant des jurons. A la lumière de la lune, ses yeux paraissaient enfiévrés et le coeur de Castiel se serra.
- Où est Sam?
Gabriel jeta un regard à Castiel avant de lui répondre, d'une voix étrangement douce :
- Dans un hôtel pas loin d'ici. Il devient lentement fou à cause de Lucifer.
Ses yeux toujours fixés sur Dean, Castiel grinça des dents, ses poings se refermant d'eux-mêmes.
- C'est ma faute.
Il sentit Gabriel rouler des yeux.
- Oh ça va, hein? Cet idiot alcoolique t'a pardonné, et sa grande asperge de frère aussi. C'est du passé.
Castiel se tourna vers Gabriel avec un regard vibrant :
- Non. Moi, je ne me suis pas pardonné.
Un petit son victorieux attira leur attention : Dean venait de réussir à ouvrir le coffre.
Alors, le chasseur se figea; étrangement, ses yeux baissés vers son contenu. Inexplicablement, la gorge de Castiel s'assécha.
Dans un mouvement lent, Dean extirpa du coffre son trenchcoat.
Avec douceur, il le frôla de sa bouche; ses mains tremblaient, serrées en étoiles dans le tissu.
- Fils de pute.
Castiel n'avait plus d'air.
xxx
xxx
- Non.
Ils étaient dans les quartiers de Naomi, où celle-ci était en train d'entraîner son double à tuer un Dean.
Castiel tourna le dos à la scène, attrapant le regard de Gabriel, ses prunelles larges et éclatées :
- NON.
Le Dean hurla.
En un claquement de doigt, ils avaient disparu.
xxx
xxx
- Gabriel, je t'ai déjà dit que-
- Désolé, mon grand. Celui-là, je ne peux pas te l'épargner.
Ils étaient dans la crypte, Dean à genoux devant le Castiel du passé.
- Cas, ce n'est pas toi. Ce n'est pas toi, ce n'est pas toi...
Les coups pleuvaient, et c'était comme si on martelait la moelle épinière de Castiel, chaque impact sur Dean envoyant un signal électrique douloureux dans chacun de ses membres. Les coups pleuvaient et Castiel sentait son être se fendre.
Il bondit; prêt à se mettre entre les deux, même s'il savait que ce serait inutile.
Gabriel le retint par le bras.
- Non. Gabriel, lâche-moi!
Les coups pleuvaient...
Le coeur de Castiel était réduit en morceaux, écrasé là contre la pierre à mesure que le visage de Dean se tuméfiait, mais ce n'était rien à côté de Dean. Rien à côté de son regard qui espérait toujours et de sa main qui cherchait, rien, rien-
- LACHE-MOI !
- Non, Cas...
La foudre retentit...
Gabriel attrapa son regard perdu et le retint, penché vers lui, un sourire naissant gentiment sur ses lèvres :
- Parce que je ne suis pas aussi sadique que tu le penses.
- J'ai besoin de toi...
Le temps sembla s'arrêter. Cet instant où, quand la pluie cesse, tout se fige.
Le Castiel du passé laissa tomber sa lame.
Le Castiel du présent se laissa tomber à genoux.
- Cas...
Il se vit. Il se vit, réalisant pleinement ce qu'il avait fait après avoir touché la tablette. Il se vit essayant de réparer aussitôt, de guérir.
Il vit le recul de Dean, sa peur de lui instinctive.
Une fois guéri, le pardon était là, explosant comme une fleur dans les iris verts de Dean, et Castiel s'en sentit indigne.
La scène se glaça, tout soudain immobile. Gabriel lui adressa un regard doux, désignant Dean.
- Vas-y. J'ai arrêté le temps, tu peux le toucher.
Alors, Castiel fondit.
Il rejoignit Dean toujours sur le sol, agrippa ses cheveux derrière ses oreilles, et colla son front contre le sien. Et, seulement là, il respira; inspira fort, essayant de déloger ce qu'il soupçonnait être un sanglot dans sa poitrine, ses yeux fermés. Buvant la chaleur de Dean, frôlant sa bouche de ses mots :
- Je suis désolé... Je suis désolé, je suis désolé...
Gabriel se rapprocha de lui sans un son.
Il savait quelle question il allait poser avant même de l'entendre :
- Castiel... Qu'est-ce qui a brisé la connexion?
Castiel rouvrit les yeux.
Il tomba sur les iris verts de Dean, là où le pardon brillait déjà, là où l'inquiétude pour Castiel était un feu.
- C'est lui.
xxx
xxx
- Gabriel, je ne crois pas que je puisse supporter davantage-
- Encore un souvenir, Cas.
Gabriel posa ses mains sur ses épaules. Il l'observa lentement, et dans ses yeux olive, Castiel retrouvait un peu du regard de Sam pour Dean.
- Encore un peu.
La scène d'après n'était pas très ancienne; pour Castiel, qui était aussi âgé que la Vie, c'était comme si elle s'était produite il y avait seulement quelques secondes.
Hannah lui demandait de choisir entre son armée et Dean.
Gabriel poussa un long, très long soupir :
- Ils ont rien compris, ceux-là.
Castiel ne pouvait s'empêcher d'acquiescer.
La scène se dissolut vite, et quand le bureau de Métatron apparut à la place de son double et de Dean, Castiel se tourna vers Gabriel en levant un sourcil.
Gabriel haussa les épaules :
- Quoi? Cette bouse a utilisé mon image, j'ai bien le droit de lui chiper un malheureux souvenir!
Castiel secoua légèrement la tête et se tourna de nouveau vers Métatron, attentif.
Métatron s'adressait à Gadreel. Il paraissait particulièrement satisfait de lui-même et Castiel sentit monter une vague en lui à sa vue, meurtrière et terrible.
- Et alors, après un discours stimulant, sa véritable faiblesse est révélée : il est amoureux... De l'Humanité.
Castiel se figea.
La scène s'immobilisa quelques instants, avant de s'éteindre comme on éteint une télévision. Gabriel émit alors un autre soupir, passant la main dans ses cheveux.
Autour d'eux, tout était blanc, floconneux, et Castiel soupçonnait qu'ils étaient en fait dans sa tête.
Gabriel poussa un juron :
- Mais qu'est-ce qu'il est stupide, ce Métatron. Je l'ai jamais aimé.
Il releva les yeux vers Castiel, ironique :
- Alors, Cassie? Tu es amoureux de "l'Humanité"?
- La ferme.
Gabriel s'immobilisa, surpris par sa véhémence :
- ...Cas?
Castiel serrait les poings. Il grinça des dents et se força à les desserrer, ses yeux larges, ses nerfs à vif.
Dean. Oh, Dean, Dean.
Castiel s'assit sur le sol, dans les limbes de son propre esprit, perdu.
Gabriel s'approcha lentement de lui :
- Tu peux dire "âme", tu sais? "Dans les limbes de ton âme".
Castiel tourna vers lui des prunelles agrandies. Gabriel rit doucement :
- Arrête, on dirait que tu es de nouveau face à Chasteté. Es-tu si surpris que ça? Il n'y en a pas deux comme toi, mon petit Cas.
Gabriel vint s'asseoir près de lui. Castiel ouvrit la bouche :
- ...Je suis amoureux de Dean.
Gabriel grimaça :
- J'ai envie de faire une réflexion sarcastique genre "Non, sans blague, Sherlock!", mais vu que c'est ce que je voulais que tu réalises, je vais me contenter de faire "Ouaiiis!" en tapant des mains, et tu vas faire comme si ma joie était véritable.
Castiel se renfrogna.
- Tu es insupportable.
Gabriel lui offrit un sourire large :
- C'est l'un de mes très nombreux talents.
Castiel renifla. Il laissa son regard courir sur l'étendue blanche.
Et puis...
- Gabriel.
Il se tourna vers son frère, yeux bleus élargis :
- Comment a pu résister Caïn durant tout ce temps?
Le sourire de Gabriel s'adoucit.
- Grâce à lui-même, et à la force de l'amour.
Quand Gabriel le libéra, Castiel se retrouva au bunker, à l'endroit exact où il était avant de "partir" : dans la bibliothèque, en face de Dean et de Sam qui effectuaient des recherches.
Ses yeux sur Dean.
Castiel sourit, gorgé d'affection. Ses muscles se contractèrent, et il reconnut l'énergie qui parcourait ses veines, reconnut l'adrénaline née de la peur et de l'excitation.
Reconnut l'envie.
Il avança. Au rythme des battements de ce muscle au centre de son thorax, il avança, un pas, deux pas, et se retrouva près de Dean.
Dean leva les yeux; aussitôt, comme sentant sa présence, et Castiel se souvint du trenchcoat. Et Castiel se souvint du pardon.
- Cas?
Castiel inspira; fort, molécules d'air pour se donner du courage.
Il se pencha en avant, et embrassa sa nuque.
Dean rougit; violemment, prunelles larges, étoiles vertes magnifiques :
- Qu-que? Cas?
Sam rit, et Castiel se tourna vers lui, croisant son regard approbateur.
Et heureux.
Castiel se tourna vers Dean, yeux bleus amoureux et sourire tendre :
- Dean?
La Marque était toujours là; Castiel ne savait pas de quoi demain était fait. Mais Caïn avait pu résister grâce à l'amour, et Dean disposait de celui de Sam et du sien.
Tous les trois, ils étaient forts.
Castiel ferma les yeux.
L'oiseau de son coeur, il le libéra pour qu'il vole haut, haut.
XXX
FIN.
