Bonjour,
Voici le chapitre 3 de cette nouvelle histoire.
On en apprend un peu plus sur Dean. Pauvre Castiel au passage ...
Petit avertissement pour ce chapitre : il contient une scène de sexe avec des accents légèrement SM. On assiste également au manque d'estime de Dean.
Sur ce, je vous souhaite une bonne lecture
Merci de me lire et de m'envoyer des commentaires. Continuez ! C'est aussi pour ça que j'écris.
Sydney8201
Musique du chapitre :
Liar Liar de Cris Cab
Chapitre 3 : Tentation
« Discuter avec la tentation, c'est être sur le point d'y céder »
Miguel De Unamuno
La première semaine passée sur la route se déroula sans aucun incident entre Castiel et Dean. Ils roulaient toute la journée, s'arrêtant uniquement pour manger ou observer le paysage qui s'offrait à leurs yeux. Le soir, ils s'arrêtaient dans un motel et mangeaient ensemble dans le bar le plus proche. Ils parlaient de tout et de rien mais jamais de sujets trop personnels. Castiel mourait d'envie d'en savoir plus sur son compagnon et Dean continuait de tout garder pour lui. Il portait très souvent une capuche ou une casquette quand ils étaient en public et Castiel avait fini par s'y habiter. Ca restait étrange et sensiblement déstabilisant mais il l'acceptait. Dean était libre de s'habiller comme bon lui semblait et il estimait ne pas avoir le droit de lui faire de réflexions à ce sujet.
Ils rigolaient beaucoup ensemble, s'entendaient sur la plupart des sujets et débattaient avec enthousiasme des autres. Depuis que qu'ils avaient quitté Atlanta, ils avaient roulé sans réellement réfléchir à l'endroit où ils voulaient aller. Ils étaient à présent non loin de San Antonio, au Texas, proche de la frontière mexicaine. Castiel avait évoqué l'idée de la traverser pour passer une journée au Mexique mais Dean avait refusé aussitôt. Il ne voulait pas avoir à franchir la frontière, prétextant qu'ils allaient y passer des heures et perdre leur temps. Castiel n'insista pas même si le refus de son compagnon l'avait quelque peu déstabilisé. Ils s'étaient donc entendu pour passer la soirée à quelques kilomètres de la frontière, dans un motel abordable qui était entouré de fast food et de bars glauques.
Castiel suivit sa routine habituelle en arrivant au motel. Il prit une douche, s'habilla chaudement en raison des températures froides puis sortit rejoindre Dean à l'extérieur. Le jeune homme fumait une cigarette devant sa propre chambre, comme à chaque fois, sa casquette fixée sur son crâne et la visière baissée sur ses yeux. Il portait également des lunettes de soleil malgré l'heure tardive. Castiel ne dit rien comme il en avait pris l'habitude. Il attendit que son compagnon l'ait vu puis attendit qu'il ait fini sa cigarette avant de se mettre en route en direction des restaurants qui avaient été installé le long de la route de chaque côté du motel. Dean choisissait généralement l'endroit où ils mangeaient. Il était plus expérimenté en la matière et savait quels endroits éviter pour ne pas risquer de tomber malade. Il ne semblait pas apprécier les grandes chaînes de fast food, avait une préférence pour les petits restaurants où la cuisine était familiale et les bars où il y avait le moins de monde. Castiel préférait ne pas se demander pourquoi. Il se doutait que cela avait un rapport avec la foule que Dean fuyait systématiquement. Il n'était jamais à l'aise quand il y avait trop de monde autour d'eux.
Ils s'installèrent dans un café sans prétention et dînèrent dans un silence quasi religieux. La nourriture était bonne et Castiel se sentait plutôt bien quand il eut fini son steak. Ils n'avaient pas beaucoup roulé dans la journée et avaient partagé le temps passé derrière le volant. Il n'était pas fatigué et il avait envie de sortir. Dean accepta sa proposition et ils optèrent pour un bar non loin de là. L'endroit était faiblement éclairé et quasiment vide. Il n'y avait que trois autres clients quand ils y pénétrèrent. Un couple discutait dans un coin de la pièce en se tenant la main. Un homme seul buvait une bière au bar. Dean commanda leurs boissons, whisky pour lui et soda pour Castiel, puis rejoignit le jeune homme à la table qu'il avait choisi pour eux. Il commençait à bien connaître les préférences de son compagnon et il avait opté pour la table la plus reculée du bar, suffisamment loin de la porte d'entrée et de la fenêtre afin qu'il puisse surveiller les deux.
Dean le remercia d'un signe de la tête puis s'assit sur la chaise qui était collée contre le mur. Castiel s'installa en face de lui. Il but une gorgée de son soda en silence avant de décider de rompre le silence.
- Je pensais continuer à longer la frontière jusqu'à l'océan. Si on continue sur ce rythme, on pourrait y être la semaine prochaine, avança t-il.
Il avait envie de voir l'océan Pacifique pour la première fois de sa vie en compagnie de Dean. Il espérait pouvoir ensuite remonter le long de la côte et éventuellement s'arrêter à Las Vegas pour voir de ses propres yeux ce dont il avait entendu tellement de gens parler. Il ne savait pas si Dean serait partant mais il l'espérait.
- C'est une bonne idée. Je ne serais pas contre un crochet par San Francisco. Il y a quelque chose de magique dans cette ville que tu aimeras sans doute, répliqua Dean en souriant.
Il avait retiré ses lunettes de soleil mais il portait toujours sa casquette. Et il ne regardait pas Castiel. Le jeune homme fit son maximum pour ne pas être vexé par son attitude mais c'était difficile. Il aurait aimé que son compagnon lui accorde toute son attention. Il estimait la mériter. Mais Dean regardait par dessus son épaule, quelque part à l'autre bout du bar. Castiel se tourna pour voir ce qu'il y avait de si intéressant. Ses yeux s'attardèrent une seconde sur le client qui buvait seul et qui se trouvait dans le champ de vision de son compagnon. Il les regardait lui aussi, son verre appuyé contre ses lèvres fermées. Castiel détacha ses yeux de lui et reporta son attention sur Dean.
- Tu as déjà été à Las Vegas ? Demanda t-il pour que son compagnon se souvienne qu'il était toujours là.
Dean fronça les sourcils en le regardant.
- Une fois oui … je n'ai pas vraiment aimé, répondit il.
- Laisse moi deviner … trop de monde ?
Castiel se doutait qu'un endroit rempli d'autant d'inconnus devait forcément déplaire à Dean. Il était plutôt du genre à apprécier les grands espaces aux villes bondées. Il aimait les grandes étendues désertiques plus que les rues surchargées. Castiel pouvait comprendre. Mais puisque son compagnon avait suggéré qu'ils s'arrêtent à San Francisco, il avait tenté sa chance.
- Ca et … c'est artificiel tu vois. Il n'y a rien de vrai dans cette ville. Tout a été construit au milieu d'un désert juste pour en faire un temple de la consommation et … c'est décadent. C'est faux. Ca n'a aucune histoire.
Castiel pouvait comprendre que Dean n'aime pas le côté surfait de Las Vegas. Il semblait être du genre à apprécier de marcher en forêt pendant de longues heures. Du genre à privilégier les endroits où il pouvait admirer les étoiles plutôt que ceux où s'alignaient les boîtes de nuit et les bars branchés. Castiel respectait ça bien sûr. Mais Las Vegas était en endroit mythique. Un endroit que tout le monde voulait voir au moins une fois dans sa vie. Castiel ne faisait pas exception. Il avait vraiment envie de découvrir cet univers et de pouvoir dire un jour qu'il l'avait fait.
- Et San Francisco ne l'est pas ? Demanda t-il un peu vexé par le refus de son compagnon.
Dean secoua la tête en regardant Castiel droit dans les yeux. Le jeune homme aurait du être satisfait d'avoir enfin toute l'attention de son compagnon. Mais il était énervé par son attitude un peu « donneur de leçon ».
- Non, pas le moins du monde. Il y a une histoire dans cette ville. On peut la lire dans l'architecture … dans les rues et sur le visage des gens qui y vivent depuis longtemps. Et puis le Golden Gate est quelque chose qu'il faut avoir vu une fois dans sa vie. C'est magique.
Castiel soupira puis se concentra sur son soda. Il entendit Dean bouger devant lui mais il ne releva pas la tête pour autant. Il était vexé et il avait envie que cela se voit. C'était sans doute une attitude un peu enfantine mais puisque Castiel avait décidé de vivre son adolescence à retardement, il estimait en avoir le droit. Il but une gorgée de son soda puis soupira longuement.
- J'aimerais juste y passer en coup de vent. Voir les lumières, les hôtels … peut être jouer aux machines à sous l'espace d'une soirée. Je ne te dis pas que je compte m'y installer définitivement.
Il attendit patiemment que Dean dise quelque chose. Qu'il refuse sa proposition ou qu'il cède en entendant le ton quelque peu suppliant du jeune homme. Mais n'obtenant rien de plus que le silence, il finit par relever la tête. Il grogna une seconde quand il constata que son compagnon ne le regardait plus. Il avait de nouveau le regard rivé de l'autre côté du bar. Castiel secoua la tête.
- Tu sais, si je t'ennuie, je peux toujours aller me coucher, lança t-il, agacé.
Castiel n'avait pas vraiment envie de partir et de laisser Dean seul. Mais il n'aimait pas non plus rester là sans avoir sa totale attention. Il savait que c'était égoïste de sa part. Il passait déjà tout son temps avec le jeune homme. Ils voyageaient ensemble depuis une semaine et mangeaient tous leurs repas tous les deux. Il ne pouvait pas exiger de son compagnon qu'il ne se concentre que sur lui continuellement. Ils n'étaient rien de plus l'un pour l'autre que deux personnes qui voyageaient ensemble. Castiel ne pensait même pas pouvoir dire qu'ils étaient amis. Même si ce n'était pas l'envie qui lui en manquait.
- Pardon, tu disais ? Demanda Dean en reportant son attention sur le jeune homme.
Castiel leva les yeux au plafond et soupira longuement.
- Je disais que je pouvais te laisser seul si je t'ennuyais autant, répéta t-il calmement.
Il avait changé depuis qu'il avait rencontré Dean. Il ne se reconnaissait pas parfois. Il n'avait jamais été du genre à exiger qu'on s'intéresse à lui. Il préférait de loin se fondre dans la masse et laisser les autres briller dans la lumière. Il avait toujours été un parmi tant d'autres. Pas forcément le plus doué ou le plus intelligent de ses frères et sœur. Pas le plus intéressant des élèves de sa classe. Juste un garçon ordinaire qu'on oubliait facilement. Il n'avait jamais eu personne qui n'était là que pour lui. Et il savait que ce n'était pas que sa compagnie qui avait motivé Dean à rester avec lui. Mais il espérait parfois que cela avait compté dans son choix. C'était probablement prétentieux de sa part. Et c'était un des nouveaux traits de sa personnalité avec lequel il avait du mal à vivre. Il secoua la tête puis reporta son attention sur Dean.
- Tu as l'air distrait et je suis fatigué. Je crois que je vais rentrer me coucher.
Dean baissa les yeux sur son verre de whisky en fronçant les sourcils.
- Tu ne m'ennuies pas tu sais … c'est juste … non laisse tomber. Tu devrais aller te coucher si tu es fatigué. On n'a de la route à faire demain.
Castiel n'aimait pas l'habitude que Dean avait de ne jamais finir ses phrases quand il semblait sur le point de dire quelque chose d'important. D'ordinaire, il le laissait faire, désireux de ne surtout rien faire qui pourrait les conduire à se disputer. Mais cette fois, il était agacé. Et il avait envie de dire clairement à son compagnon ce qui lui posait problème. Peut être qu'une dispute aurait du mérite en fin de compte.
- Non je ne laisse pas tomber. Dean, j'ai compris que tu ne voulais pas parler de toi et je l'ai accepté mais … s'il te plait … ne te ferme pas totalement à moi. Si tu veux me dire quelque chose, fais le.
Dean releva la tête et sembla surpris par l'insistance du jeune homme. Mais Castiel n'avait pas pour autant l'intention de laisser tomber. Il ne savait pas vraiment d'où lui venait cette colère mais il ne comptait pas l'ignorer. Il se doutait que cela devait avoir quelque chose à voir avec la façon dont Dean refusait systématiquement d'aborder les sujets importants et la frustration grandissante que ressentait Castiel à mesure qu'ils passaient du temps ensemble sans réellement parler de ce dont il voulait parler. Il avait accepter de ne pas interroger Dean sur son passé. Mais il n'acceptait pas que son compagnon lui cache également ce qu'il ressentait sur le moment. Sur ce qui les concernait tous les deux.
- Castiel, je n'ai rien à te dire. Je ne me retiens pas de te parler. Je suis juste fatigué et à court de choses à te dire. On est ensemble toute la journée … on n'est pas obligés aussi de passer toutes nos soirées ensemble. Tu pourrais peut être trouver quelqu'un … passer la nuit avec un homme et me laisser passer le temps comme bon me semble.
Pour quelqu'un qui prétendait ne rien avoir à dire, Dean semblait tout de même avoir beaucoup de reproches à lui faire. Il voulait du temps libre. Castiel hocha la tête, recevant la critique comme une accusation. Il ne s'était pas trompé. Dean en avait assez de lui ce soir. Et il n'avait aucune raison d'insister. Il risquait de braquer son compagnon et de le voir mettre un terme à leur arrangement. Le jeune homme ne voulait pas se réveiller demain et trouver la chambre de Dean vide. Il soupira longuement puis se leva de sa chaise.
- Parfait, je te laisse tranquille, lança t-il avait de s'éloigner sans attendre une seconde de plus.
En traversant le bar, il jeta un coup d'oeil au client que Dean avait semblé regarder quand il lui parlait un peu plus tôt. Il était un peu plus vieux qu'eux, probablement entre trente et trente cinq ans. Il était séduisant quoiqu'un peu trop brut de décoffrage à son goût. Il ne semblait pas grand mais il était musclé. Ses longs cheveux châtains étaient attachés en queue de cheval dans son cou. Il portait une chemise à carreaux qui faisait cliché au Texas et un vieux jean rapiécé aux genoux et aux cuisses. Il continuait de regarder Dean avec intérêt. Castiel détourna les yeux, agacé. Il sortit du bar rapidement puis prit une grande inspiration pour remplir ses poumons d'oxygène.
Il était en colère contre Dean. Et il savait qu'il n'en avait pas réellement le droit. Le jeune homme avait parfaitement le droit de vouloir un peu de temps pour lui. Ils ne s'étaient rien promis quand ils avaient décidé de voyager ensemble. Ils n'étaient pas obligés de passer tout leur temps ensemble. Mais Castiel ne savait pas quoi faire sans Dean à ses côtés. Il n'avait aucune idée de la manière dont il convenait de passer la soirée seul dans un tel endroit. Il n'aimait pas les boîtes de nuit et il refusait de rester dans sa chambre à regarder le plafond craquelé pendant des heures. Il avait besoin des conseils de son compagnon pour s'occuper. Et c'était sans nul doute la chose la plus pathétique qui lui ait été donné de ressentir. Il était totalement perdu seul. Il soupira longuement.
Il réalisait à présent à quel point son voyage serait rapidement devenu ennuyeux s'il n'avait pas pris Dean en autostop. Cela le terrifiait. Car le jeune homme finirait par se lasser de passer ses journées avec lui et il serait seul. Que ferait-il de son temps quand ce serait le cas ? Pourrait-il trouver quelque chose pour s'occuper quand il aurait cessé de rouler ?
Castiel donna un coup de pied dans une pierre devant son pied en songeant à la façon stupide dont il avait gâché la soirée. Il s'était montré immature et égoïste. Cela ne lui ressemblait définitivement pas. Il grimaça en prenant la direction du motel. Il refusait d'entrer dans un nouveau bar et n'avait pas non plus envie de traîner sans but dans les rues de la ville. Il ne lui restait plus qu'une solution. Retourner au motel et tenter de dormir. Mais c'était tôt et Castiel n'était toujours pas fatigué. Il pouvait entrer dans un magasin et acheter de l'alcool. Il n'avait jamais été ivre et il supposait que le moment était peut être bien choisi pour tenter l'expérience. Toutefois, il trouvait l'idée de boire et de prendre sa première cuite seul un peu déprimante. Non, il attendrait de le faire avec Dean. Il observa le paysage autour de lui. Ils étaient au Texas et s'éloigner de la route supposait de prendre le risque d'être confronté à des animaux sauvages. Il n'avait pas vraiment envie de se faire mordre ou attaquer. Il marcha de longues secondes en direction du motel sans réellement avoir l'intention d'y rentrer. Il se perdit rapidement dans ses pensées, repensant sans cesse à sa quasi dispute avec Dean et s'aperçut qu'il était perdu quand il fit enfin réellement attention à son environnement. Il était toujours au bord de la route mais il ne reconnaissait rien. Il s'arrêta brusquement et fronça les sourcils. Ok. Il n'avait aucune idée de l'endroit où il se trouvait. Et il n'allait certainement pas paniquer maintenant. Il avait son téléphone et il pouvait toujours appeler Dean si toutefois il ne retrouvait pas son chemin. Mais il refusait de le faire pour le moment. Il avait sa fierté après tout.
Castiel tourna plusieurs fois sur lui même et observa les magasins qui l'entouraient. Il se souvenait avoir pris à droite en sortant du bar. Mais à présent qu'il y réfléchissait, il se demandait s'il n'aurait pas du prendre à gauche. Il avait eu tort de suivre aveuglément Dean en partant du motel. A présent, il n'était même plus sûr de la direction à prendre. Il soupira longuement, agacé par sa propre stupidité puis décida de rebrousser chemin. Il était peut être passé devant le motel sans s'en rendre compte. Il marcha quelques secondes en cherchant quelque chose qui lui serait vaguement familier. Mais après de longues minutes à errer sans but, il dut se rendre à l'évidence. Il était perdu pour de bon. Il sortit son téléphone de sa poche et composa aussitôt le numéro de Dean. Peu importait que son compagnon se moque de lui. Il n'avait pas envie de passer sa soirée à marcher dans les rues d'une ville qu'il ne connaissait pas. Il n'était pas forcément du genre à avoir peur de sa propre ombre mais il connaissait les dangers d'être seul dans les rues à cette heure tardive. Il n'y avait aucun éclairage public et il pouvait facilement se faire agresser sans que personne ne le voit. Il colla son téléphone contre son oreille et observa autour de lui. Il n'y avait personne d'autre que lui et les parkings des magasins étaient entièrement vides. Il commençait à avoir peur. Quand il tomba sur le répondeur de Dean, il jura entre ses dents et hésita à raccrocher. Mais il préférait laisser un message. S'il devait ne jamais retrouver son chemin, son compagnon aurait au moins une vague idée de l'endroit où commencer à le chercher.
- Dean, c'est Castiel. Désolé de t'appeler mais je crois que je suis perdu. Non … je sais que je suis perdu. Tu vas rire mais je n'avais aucune idée du chemin à prendre pour rentrer au motel et maintenant je suis au milieu de nul part et il n'y a personne pour me renseigner. Alors … j'espère que tu auras mon message et que tu pourras venir à ma rencontre. Je suis entre un magasin de vêtements de sport et un magasin de déco dont la devanture est peinte en rose. Je te donnerais bien des noms mais il n'y en a aucun et … ok, je vais sans doute me faire agresser ou attaquer par un loup ou un ours … et voilà … il se peut que ce soit la dernière fois que tu entends ma voix. Donc si on ne se revoit pas … je voulais juste te dire que je suis désolé de m'être emporté … et … bonne continuation.
Sur ces mots, le jeune homme raccrocha son téléphone et la rangea dans sa poche. Il continua de marcher durant de longues minutes en regardant les devantures des magasins autour de lui. Il commençait à avoir mal aux pieds quand il eut la sensation d'en reconnaître enfin une. Il accéléra sensiblement le rythme et se mit à courir quand il fut sûr qu'il reconnaissait le magasin. Il était passé devant en allant au bar avec Dean. Il était sur le bon chemin. Il continua de courir, souriant en s'apercevant qu'il reconnaissait à présent tout ce qui l'entourait. Quand il aperçut enfin le panneau qui indiquait l'entrée du motel, il eut envie de crier de joie. Il courut dans cette direction rapidement et pénétra dans le parking. Il s'immobilisa immédiatement quand il aperçut la porte de sa chambre et de celle de Dean. Car son compagnon se tenait devant comme quelques heures plus tôt. Mais il n'était pas seul. L'homme du bar se tenait devant lui et le pressait contre la porte de la chambre. Sa bouche était collée contre celle de Dean, ses mains appuyées sur la porte de chaque côté de son visage. Castiel eut envie d'intervenir, de les interrompre et de leur hurler dessus car il venait de marcher pendant ce qui lui semblait être des heures et qu'il aurait pu se faire tuer sur le chemin. Mais il ne courut pas dans leur direction. A la place, il fit un pas de côté et se cacha derrière un arbre pour pouvoir continuer à les regarder. Il savait qu'il avait tort et qu'il n'avait pas le droit de jouer les voyeurs. Mais ce qu'il avait sous les yeux le fascinait complètement. Dean avait à présent les mains jointes au dessus de sa tête, serrée entre l'une de celles de son compagnon. Il ne se débattait pas et répondait de toute évidence au baiser avec enthousiasme. L'homme devant avait refermé son autre main sur sa mâchoire pour bouger sa tête comme il le souhaitait. Il y avait quelque chose de dérangeant dans leur façon de se comporter. Quelque chose qui ne semblait pas naturel à Castiel. Il ne connaissait pas forcément très bien Dean mais il savait que le jeune homme savait se défendre et qu'il était suffisamment fort physiquement pour repousser un assaillant qui était plus petit que lui. Mais il le laissait prendre le dessus dans leur baiser sans même chercher à combattre. Il semblait se complaire dans cette attitude soumise. Castiel aurait du détourner les yeux ou rejoindre sa chambre. Mais cela impliquait qu'il passe devant eux et il ne se sentait pas capable de s'approcher. Il ressentait une colère dévorante et il ne savait pas comment la maîtriser pour le moment. Il n'avait aucune idée d'où elle venait même s'il se doutait qu'elle avait un rapport avec l'attirance qu'il avait pour Dean. Il refusait toutefois de s'attarder sur le sujet pour le moment. Il s'accroupit pour s'assurer qu'il était dissimulé correctement puis ferma les yeux. Il ne pouvait pas continuer à les regarder. Il baissa la tête et tenta de penser à autre chose. Il n'en revenait pas que son compagnon soit gay. Il aurait parié qu'il était hétéro. Castiel n'était pas à l'aise avec cette nouvelle information. Il était habitué à être attiré par des hommes inaccessibles mais les choses étaient différentes si Dean était effectivement gay. Car cela rendait quelque chose entre lui et Castiel possible. Et le jeune homme allait avoir des difficultés à vivre avec cette certitude. Parce que cela rendait la déception plus difficile à supporter. Il soupira puis rouvrit les yeux. Il était fatigué et il ne parvenait pas à réfléchir correctement. Il avait besoin de se coucher et de digérer cette nouvelle information. Castiel releva la tête et fronça les sourcils en constatant que Dean et son compagnon n'étaient plus là. De toute évidence, ils étaient rentrés dans la chambre du jeune homme. C'était le bon moment pour Castiel. Il se redressa puis s'écarta de l'arbre derrière lequel il était caché. Il courut jusqu'à la porte de sa chambre. Il allait l'ouvrir quand il entendit un gémissement à sa gauche. Castiel se tourna dans cette direction. Il était prêt à parier qu'il s'agissait de la voix de Dean. Il doutait que le jeune homme soit en danger mais il ne pouvait pas prendre de risque. Il devait vérifier.
Castiel longea le mur du motel puis s'arrêta à l'angle. Il se pencha lentement pour voir si Dean se trouvait derrière. Il manqua de laisser échapper un cri de surprise quand il vit le jeune homme plaqué contre le mur, à l'abri des regards, son pantalon baissé sur ses chevilles. Castiel recula et colla son dos contre le mur derrière lui. Se pouvait-il qu'il ait mal interprété ce qui se passait ? Se pouvait-il que Dean ne soit pas consentent ? Castiel devait intervenir. Il se pencha à nouveau à l'angle du mur mais se stoppa net quand il vit le compagnon de Dean se mettre à genoux pour prendre l'érection du jeune homme dans sa bouche. Dean avait joint ses mains au dessus de son crâne. Il bougeait sensiblement les hanches et semblait réellement apprécier ce qu'il se passait. Castiel déglutit avec peine. Il était rassuré pour le jeune homme. Il aurait probablement du s'en aller. Mais il était totalement fasciné par ce qu'il voyait. Dean avait les yeux fermés et le visage levé vers le ciel. Il serrait sa lèvre inférieure entre ses dents. Il avait attrapé son poignet droit avec sa main gauche et même si personne ne les lui retenait, il continuait de garder ses mains pressées au dessus de sa tête contre le mur. Quand son compagnon se remit debout, il attrapa Dean par les hanches et le força à se retourner. Dean se laissa faire sans résister puis accepta de se pencher en avant quand son compagnon appuya entre ses omoplates du plat de la main. Castiel pouvait sentir son corps réagir à la scène qui se déroulait sous ses yeux. Et c'était mal. C'était dégoûtant et Castiel se détestait de ne pas réussir à bouger. Mais il était comme paralysé. Les gémissements de Dean parvenaient à ses oreilles et ils en disaient long sur le plaisir que le jeune homme semblait prendre. Derrière lui, son compagnon crachait dans sa main et sur ses doigts puis en insérait un à l'intérieur de Dean. Castiel aurait probablement du être dégoûté. Il aurait du détourner les yeux. Mais il était excité. Dean était magnifique quand il prenait du plaisir. Castiel pouvait sentir son cœur battre dans ses tempes alors que de la sueur perlait à son front. Il laissa son regard vagabonder sur les corps de Dean alors que son compagnon insérait un deuxième doigt en lui et commençait à les bouger avec violence. Le jeune homme avait un tatouage sur la cuisse droite. Il partait de sa hanche et descendait sur sa taille et jusqu'à la moitié de sa cuisse. Le dessin était complexe et abstrait. Castiel détourna les yeux et aperçut un second tatouage sur le mollet gauche de Dean. Il s'agissait de plusieurs lettres chinoises entourés d'une multitudes de traits complexes qui s'entremêlaient. Il y avait quelque chose d'hypnotique dans ces dessins. Castiel aurait aimé en savoir plus. Il laissa son regard remonter le long des jambes du jeune homme et sentit ses joues rougir quand il vit le compagnon de Dean retirer ses doigts de lui pour humidifier son sexe avec le reste de sa salive. C'était le moment de partir. Mais une nouvelle fois, Castiel ne bougea pas. Il observer l'inconnu pénétrer Dean avec brutalité, arrachant à ce dernier un cri de plaisir qui transperça le silence ambiant. L'homme n'attendit pas plus longtemps pour bouger ses hanches et imposa rapidement un rythme effréné à ses hanches.
- Tu aimes ça hein ? Tu aimes quand on se montre violent avec toi ! Lança l'inconnu entre deux gémissements.
Dean ouvrit la bouche pour répondre mais reçut aussitôt une claque sur les fesses qui l'en dissuada.
- Je ne t'ai pas dit que tu pouvais parler, cria l'inconnu en accélérant un peu plus le rythme de ses hanches.
Castiel n'aimait pas le ton de cet homme. Mais Dean ne se plaignait pas. Bien au contraire. Il semblait approcher de son orgasme avec rapidité. L'homme derrière lui continuait de jurer entre ses dents et d'insulter son compagnon. Et Dean continuait de gémir. Castiel n'aurait pas su dire combien de temps cela dura. Mais quand le jeune homme atteignit enfin l'orgasme, sans que son compagnon ait besoin de le toucher, il était plus excité que jamais et dégoûté de l'être. Il garda toutefois les yeux rivés sur l'inconnu qui continuait d'aller et venir en Dean. Il le frappa une nouvelle fois sur les fesses puis poussa un cri en se répandant à l'intérieur du jeune homme. Il s'immobilisa ensuite et se retira de lui aussitôt. Castiel se décida alors à bouger. Mais au moment où il s'écarta de l'angle du mur, son pied buta contre un caillou qu'il envoya percuter la rambarde devant lui. Dean se releva aussitôt et Castiel sut qu'il avait été repéré. Il ferma les yeux une seconde. Il pouvait toujours courir et s'enfermer dans sa chambre. Après tout, son compagnon n'avait pas encore vu son visage. Mais il savait qu'il avait une chance sur deux de se faire rattraper. Il choisit donc de signaler sa présence. Il n'était pas obligé de dire qu'il avait assisté à toute la scène. Il pouvait mentir et dire qu'il venait tout juste d'arriver. Il rouvrit les yeux et s'écarta de l'angle pour faire face aux deux hommes. Il vit presque aussitôt les yeux de Dean s'écarquiller alors qu'il remontait son pantalon le long de ses jambes.
- Castiel … qu'est-ce que … qu'est-ce que tu fais là ? Demanda t-il, visiblement surpris.
Castiel détourna les yeux. Il n'aimait pas la façon dont le compagnon de Dean le regardait.
- Ce que je fais là ? Toi qu'est-ce que tu fais là ? Répliqua t-il car il était toujours en colère contre le jeune homme.
Il lui en voulait de ne pas avoir répondu à son téléphone mais plus encore pour l'état d'excitation dans lequel il se trouvait. Ce qui était injuste bien sur. Mais Castiel n'en était plus à ça près.
- Ca me paraît évident ce que je fais là non ? Lança Dean en lui souriant.
Il cherchait à la jouer décontracté mais Castiel n'avait pas envie de plaisanter. Il était toujours excité et énervé. Il commençait à être vraiment fatigué et il estimait ne pas avoir à se justifier. Il secoua la tête.
- Oui et bien … ok, parfait, jeta t-il avant de tourner le dos aux deux hommes et de prendre le chemin de sa chambre.
Il sut immédiatement que Dean le suivait mais il se retourna pas. Il ne savait pas quoi dire au jeune homme. Il avait toujours les images de ce qui venait de se passer dans la tête. Il se doutait que son excitation devait se lire sur son visage. Et il craignait de dire quelque chose qu'il finirait par regretter. Il ouvrit sa chambre mais laissa la porte ouverte. Quand il entendit Dean entrer à son tour, il ne lui fit pas face et fixa obstinément le mur devant lui.
- Hé Cas … je peux savoir ce qu'il y a ? demanda le jeune homme dans son dos.
Castiel prit une grande inspiration pour tenter de retrouver un semblant de calme. Mais ce fut un échec. Il se passa une main sur le visage et choisit d'aborder le sujet de son coup de téléphone pour éviter d'avoir à aborder celui de l'homosexualité apparente de son compagnon. Car il ne voulait surtout pas dévoiler son attirance pour son compagnon et il n'était pas capable de filtrer ce qu'il disait quand il était dans cet état.
- Il y a que je t'ai appelé … et que tu ne m'as pas répondu et … j'étais perdu ! Jeta t-il en faisant face au jeune homme.
Ce dernier sembla surpris par ce qu'il entendait. Il avait les cheveux qui pointaient dans toutes les directions sur la tête, le tee-shirt froissé et le pantalon toujours ouvert. Ses joues étaient rouges et couvertes de sueur. Il était à tomber par terre.
- Perdu ? Tu veux dire … physiquement ou … émotionnellement ?
Castiel ricana une seconde en secouant la tête.
- Physiquement idiot ! Je ne savais pas où j'étais et je t'ai appelé mais … tu n'as pas répondu.
Il observa Dean une seconde et sentit sa colère redoubler d'intensité quand le jeune homme commença à sourire. Il n'avait pas le droit de se moquer de lui. Pas le droit de rire de ce qui venait de lui arriver. Pas après ce que Castiel avait vu.
- Oh, vas y moque toi … je te signale que tout est de ta faute ! J'étais énervé en sortant du bar et je n'ai pas fait attention à la route que je prenais. Je me suis retrouvé au milieu de nul part … seul et perdu et … j'aurais pu me faire attaquer par un ours !
Dean semblait avoir des difficultés à se retenir de sourire. Castiel observa ses lèvres et déglutit avec peine en réalisant qu'elles étaient sensiblement enflées par les baisers échangés avec son compagnon du soir. Elles étaient plus pulpeuses encore que d'ordinaire.
- Je doute qu'il y ait des ours au Texas Cas, avança Dean.
Castiel aurait aimé pouvoir rire de son expérience. Il aurait aimé pouvoir en plaisanter avec le jeune homme. Mais il était trop énervé pour avoir du recul sur ce qu'il venait de vivre. Et toute sa colère était dirigée contre son compagnon.
- Oui et bien par un loup alors … ou un coyote ! Ou tiens … par ce type avec une tronçonneuse qui porte un masque fait de peau humaine. Ca se passe bien au Texas ça !
Il savait qu'il se montrait déraisonnable et particulièrement excessif. Mais il n'aimait pas que Dean puisse sous estimer ce qu'il venait de vivre. Il avait besoin de l'entendre s'excuser. De l'entendre lui dire qu'il passait avant son coup d'un soir. Ce qui était égoïste et injuste. Mais Castiel était perdu.
- Massacre à la tronçonneuse ? Oui, ça se passe au Texas mais … c'est un film, répliqua Dean gentiment.
Castiel haussa les épaules.
- Oui et bien … ça ne change rien parce que … tu n'as pas répondu à ton téléphone et j'ai du marcher et … j'ai mal aux pieds … je suis fatigué et toi tu … tu es gay ?!
Ce n'était pas ce qu'il voulait dire et c'était exactement le sujet qu'il voulait à tout prix éviter. Mais ça avait été plus fort que lui. C'était la première information personnelle qu'il obtenait de Dean. Et il était furieux d'avoir eu à l'apprendre de cette manière. Il aurait aimé que son compagnon se montre honnête avec lui. Surtout après qu'il ait lui même confessé sa propre homosexualité. Il ne pouvait pas douter qu'il réagirait bien.
- Techniquement, je suis bisexuel, précisa Dean en croisant ses bras sur son torse.
Castiel leva les yeux au plafond, agacé par l'attitude désinvolte du jeune homme.
- Tu as vu comment il te parlait ? Tu as entendu ce qu'il te disait ?
Il maudissait son cerveau de ne pas parvenir à filtrer ses paroles comme il le faisait d'habitude. Il en disait plus que ce qu'il avait prévu de dire. Il ne voulait pas avoir les détails de la vie sexuelle du jeune homme. Mais il n'était définitivement pas dans son état normal et cela avait tendance à aggraver son incapacité chronique à se taire.
- J'étais là Cas alors oui … j'ai entendu mais … c'est moi qui lui ai demandé de me parler et de me traiter comme ça. Quand je couche avec un homme, j'aime qu'il me domine … qu'il me malmène … qu'il me parle mal. J'aime avoir la sensation d'être contrôlé par mon partenaire. C'est comme ça que je prends mon pied, expliqua Dean, visiblement très à l'aise avec ce sujet de conversation.
Castiel sentit ses joues s'enflammer devant cette révélation. Il n'avait pas envie d'entendre les détails. Il allait déjà avoir du mal à se débarrasser des images qui étaient gravées dans son esprit. Il refusait d'en entendre plus. Mais cette révélation changeait complètement la façon qu'il avait de voir son compagnon. Dean aimait être dominé au lit. Castiel n'avait jamais rien connu de tel. Il n'avait pas une grande expérience en la matière et il s'en était toujours tenu aux choses basiques. De toute évidence, le jeune homme avait exploré des domaines auxquels il n'avait même jamais pensé. Et il était surpris. Extrêmement surpris. Car il voyait Dean comme quelqu'un de confiant et de fort. Quelqu'un d'indépendant. Il ne comprenait pas quel plaisir il pouvait prendre en se faisant contrôler de la sorte.
- Oh … se contenta t-il de dire bêtement. Oh …
Il n'était sans doute pas la personne la plus éloquente qui soit au monde mais même pour lui, cette intervention était réellement ridicule. Il se gifla mentalement parce qu'il était incapable de discuter de ce genre de choses comme un adulte. Puis il se souvint qu'il était en colère contre Dean et il grogna, agacé. Dean sembla sentir son énervement.
- Cas écoute … je veux bien m'excuser mais … il va falloir que tu me dises pour quoi exactement je dois le faire. Est-ce que c'est parce que je n'ai pas répondu au téléphone ou … parce que je ne t'ai pas dit que j'aimais aussi les hommes … parce que tu as eu peur, que tu es fatigué ?! Vieux, aide moi sur ce coup.
Castiel soupira longuement puis commença à faire les cent pas dans la chambre. Il ne supportait plus de tenir en place et il ne pouvait pas regarder Dean plus longtemps.
- C'est un peu pour tout ça à la fois et aussi parce que … Dean, on s'est mis d'accord pour voyager ensemble et je n'ai pas l'intention de revenir dessus parce que je suis content d'être avec toi mais … tu es imprévisible et je ne sais jamais sur quel pied danser avec toi. Je ne sais pas ce que tu ressens et ce que tu penses et c'est terriblement frustrant. Je sais qu'on s'est entendu pour ne pas parler de choses trop personnelles mais tu dois me parler … me donner quelques infos … me … tu ne peux pas me laisser dans le noir sur tout. Ce n'est pas comme ça que je veux apprendre les choses importantes ! Si tu m'avais dit que ce garçon te plaisait, je serais parti calmement du bar et … je ne me serais pas perdu.
Ils étaient revenus sur un terrain un peu moins dangereux et Castiel se félicitait d'avoir réussi à expliquer ce qu'il avait sur le cœur de manière claire et précise. La balle était dans le camp de Dean à présent. Il pouvait la saisir ou l'ignorer.
- Maintenant, tu sais que je suis bisexuel et que j'aime être dominé au lit. Je suppose que c'est le genre d'infos qui rentrent dans la catégorie des renseignements personnels non ? Déclara Dean, visiblement amusé.
Castiel s'immobilisa alors et fit face au jeune homme. Il n'avait pas bougé et n'avait toujours pas refermé le bouton de son jean. Castiel n'aurait probablement pas du le remarquer et continuer de le regarder avec insistance. Il était incorrigible.
- Je suppose oui, concéda t-il.
Il en avait appris plus ce soir sur Dean que durant la semaine où ils avaient voyagé ensemble. C'était sans nul doute une bonne chose. Mais cela n'effaçait pas pour autant sa colère. Ou le malaise qu'il ressentait en repensant à ce qu'il avait vu derrière le motel.
- Quoi Cas ? Qu'est-ce qu'il y a ? demanda Dean qui semblait avoir compris que les choses n'étaient pas encore totalement arrangées entre eux.
Castiel savait qu'on pouvait lire ses émotions sur son visage assez facilement. Il était surpris que Dean n'ait pas encore deviné qu'il était toujours excité par ce qu'il avait vu. Il déglutit avec peine alors que des images des ébats de son compagnon lui revenaient en mémoire avec force.
- C'est juste que je … j'ai l'image de toi et de ce type gravée dans mon esprit, concéda t-il à contre cœur.
- Et ça te dégoûte ? Demanda aussitôt Dean.
Castiel baissa alors les yeux et se remit à marcher. Il ne pouvait pas avouer qu'il avait été excité par ce qu'il avait vu. Mais il ne voulait pas non plus laisser croire à son compagnon qu'il était choqué par ses préférences. Il ne voulait pas voir Dean se renfermer sur lui même. Pas maintenant qu'il avait accepté de s'ouvrir un minimum.
- Je n'ai jamais dit ça ! Protesta t-il finalement.
Il aurait du laisser tomber le sujet ou en changer pour revenir sur un terrain moins glissant. Mais il était fatigué et toujours déstabilisé par toutes les émotions contradictoires qu'il ressentait.
- Non, tu ne l'as pas dit … tu ne l'as pas dit parce que ça t'excite hein ? Lança Dean, le faisant s'arrêter à nouveau.
Castiel aurait du nier aussitôt. Mais il savait qu'il ne parviendrait jamais à se montrer convaincant. Il refusa toutefois de regarder Dean.
- Alors quoi ? Tu aurais aimé être à sa place ? Tu veux tenter cette nouvelle expérience ? Et ben vas-y ! Attache moi ! Plaque moi au mur ! Force moi à écarter les cuisses pour toi Cas ! Tu veux me baiser ? Je suis à ta disposition !
Castiel fut totalement déstabilisé par ce qu'il entendait. Dean ne semblait avoir aucune estime de lui même. Cela ne collait pas au personnage. Castiel s'était de toute évidence totalement trompé sur lui. Il avait une bien être image de lui même. C'était totalement déroutant. Comment était ce possible alors que le jeune homme semblait si fort et si confiant ?
- Tu entends ce que tu dis ? Tu es dégoutant ! Jeta Castiel, furieux.
Il l'était parce qu'il n'aimait pas ce qu'il entendait mais aussi parce que son compagnon avait vu juste. Il n'aurait pas dit non à une telle expérience avec Dean. Il était attiré par lui. Mais c'était inconcevable à présent pour lui de céder à ses avances. Car ce serait exploiter sa vulnérabilité et renforcer son manque d'estime. Castiel refusait d'être cet homme.
- Mais tu en as envie ! Insista Dean.
Castiel secoua alors la tête et reporta son attention sur le jeune homme.
- Non Dean … je veux devenir ton ami mais … les amis se parlent … ils se confient ce genre de choses et surtout ils … ils répondent au téléphone !
Dean baissa finalement la tête et observa ses pieds une seconde. Il sembla réaliser alors qu'il n'avait pas refermé son jean et il s'empressa de le faire. Quand il releva la tête, il avait retrouvé un semblant de calme.
- Ok, je m'excuse … la prochaine fois que tu seras sur le point de te faire attaquer par un ours, je te jure que je répondrais à mon téléphone, offrit t-il.
C'était dit sur le ton de la plaisanterie mais Castiel savait exactement ce que Dean voulait lui faire comprendre avec ses propos. Il lui proposait de faire la paix. De tirer un trait sur ce qui venait de se passer. Castiel ne demandait rien de plus. Il ne voulait surtout pas reparler de ce à quoi il avait assisté. Il finit par hocher la tête.
- Ne te moque pas de moi … parce que j'ai à présent suffisamment de matériel pour me moquer de toi moi aussi ! Plaisanta t-il à son tour.
Dean haussa les épaules.
- Je suis parfaitement à l'aise avec mes choix et mes préférences. Je n'ai jamais autant pris mon pied que le jour où j'ai laissé un homme me donner la fessée. J'ai joui sans qu'il ait besoin de faire quoi que ce soit d'autre et …
- Ok, ok trop d'informations, le coupa Castiel en agitant sa main devant lui.
Devant lui, Dean éclata de rire.
- Tu vois, je peux te mettre mal à l'aise même si tu sais tout ça sur moi.
- Tu as gagné, concéda Castiel en détournant les yeux.
Dean hocha la tête puis enfonça ses mains dans ses poches de jean. Ils s'étaient tout dit et il était temps pour eux de se séparer pour la nuit. Castiel était heureux qu'ils aient réussi à mettre certaines choses au clair même s'il était toujours perturbé par ce qu'il avait vu derrière le motel.
- Je devrais prendre une douche, suggéra Dean.
Castiel acquiesça.
- Tu as son odeur sur toi et … son parfum est horrible, admit il en souriant à nouveau.
Dean semblait partager son avis. Il réajusta son tee-shirt puis tourna les talons. Quand il fut arrivé à la porte, il fit de nouveau face à Castiel, une main posée sur la poignée.
- Tout va bien entre nous hein ? Demanda t-il, visiblement inquiet.
Castiel hocha aussitôt la tête. Il savait qu'il allait avoir du mal à oublier ce qu'il avait vu ce soir. Mais il ne pouvait s'en prendre qu'à lui même. Il n'aurait pas du rester et les regarder. Il aurait du partir quand il le pouvait. Il était responsable de son état. Et il ne voulait plus se disputer avec Dean. Il voulait que les choses se passent bien entre eux.
- Bien sur que tout va bien.
Dean lui adressa alors un large sourire puis ouvrit la porte et sortit après avoir souhaité bonne nuit à son compagnon. Castiel le regarda partir sans bouger, son cœur battant à tout rompre dans sa poitrine. Il resta immobile de longues secondes avant de prendre la direction de la salle de bains. Il avait besoin d'une bonne douche. Et il avait également besoin de dormir et de chasser les images de Dean et de cet homme de son esprit. Il était toujours excité et il se détestait pour ça. Mais il était sûr que les choses seraient plus claires quand il aurait eu une bonne nuit de sommeil. En attendant, il refusait de céder à ses pulsions et de se masturber sous la douche. Il préférait de loin nier tout ce qui lui posait problème. Il ne se laisserait pas déstabiliser. Il avait encore des tas de choses à découvrir et il avait envie de le faire en compagnie de Dean. Le reste n'avait aucune importance.
