Bonjour,
Voici le 7ème chapitre.
Je vous remercie encore et toujours de me lire et de m'envoyer des messages.
Bonne lecture,
Sydney8201
Musique du chapitre :
Collide de Howie Day
Chapitre 7 : Ennuis mécaniques
« La vie se passe toute entière à désirer ... »
Jean de la Bruyères
Castiel et Dean avaient du rester une semaine de plus que ce qu'ils avaient initialement prévu à Rapid City. La police n'avait autorisé Castiel à quitter la ville qu'une fois qu'ils avaient mis la main sur les deux hommes qui avaient agressé la jeune femme. Le jeune homme avait du faire enregistrer sa déposition, confirmer qu'il ne voulait pas porter plainte pour coups et blessures et accepter d'identifier ses deux assaillants derrière une vitre sans teint. Dean l'avait attendu au motel durant tout ce temps. Ils n'avaient plus reparlé de l'incident de Rapid City et Castiel commençait à se demander depuis combien de temps ils étaient devenus experts pour parler des heures sans jamais rien se dire.
Ils avaient visité ensemble le Mont Rushmore, le Crazy Horse Memorial et les nombreux parcs nationaux des Black Hills. Ils avaient même fait un crochet par Deadwood que Dean avait jugé « aussi artificiel et faux que Las Vegas ». Ils avaient ensuite quitté la région et le Dakota du Sud pour prendre la route qui les conduirait à Saint Louis, Memphis, Nashville, Baton Rouge puis à la Nouvelle Orléans. La route était longue et les étapes espacées mais Dean était très enthousiaste à l'idée de retourner en Louisiane où il se souvenait avoir vécu quelques semaines mémorables.
Castiel se contentait de suivre les indications et les conseils de son compagnon, heureux de le voir sourire à nouveau à l'idée de revoir un endroit qui lui rappelait de toute évidence de très bons souvenirs.
Ils étaient à la frontière entre le Nebraska et l'Iowa, proche d'Omaha, quand la voiture de Castiel commença à faire des siennes. Elle était relativement ancienne et n'avait pas été vérifié par un professionnel avant le départ précipité du jeune homme. Dean lui expliqua à maintes reprises qu'il avait eu tort d'être aussi peu vigilent et se moqua de son incapacité évidente à faire un simple contrôle du niveau d'huile. Castiel le laissa l'embêter à ce sujet en s'amusant de son amour évident de la mécanique. Dean lui raconta alors combien il avait aimé travailler avec Bobby – dont Castiel ne savait toujours rien de plus que le nom – sur les nombreuses voitures qu'il conservait sur son terrain et dont la plupart n'avait pas roulé depuis des siècles. Il expliqua comment il avait réparé certaines en partant de rien pour ensuite les revendre à des clients qui n'avaient pas de gros budgets. Il évoqua enfin la vieille Chevrolet de son père, une Impala de 67, dont Dean semblait totalement amoureux. Elle avait de toute évidence été sa maison pendant une partie de sa vie et Castiel nota cette nouvelle information sur son compagnon dans un coin de son esprit.
Ils étaient à quelques kilomètres de Kansas City quand le moteur de la voiture de Castiel cessa tout bonnement de fonctionner. Dean jura aussitôt entre ses dents en sortant de derrière le volant. Ils étaient en plein milieu de nul part, sur une route perdue du fin fond du Kansas et leurs téléphones respectifs semblaient ne pas vouloir capter de réseau.
Castiel rejoignit son compagnon devant la voiture, un peu honteux. Il n'y connaissait strictement rien en mécanique. Il n'avait jamais changé une roue ou même remis du liquide lave glace. Il était totalement impuissant dans ces circonstances et il ne pouvait compter que sur l'expérience de Dean pour les sortir de cette impasse.
Il faisait chaud à cette heure de la journée et le soleil tapait dangereusement au dessus de leurs têtes. Castiel vérifia une nouvelle fois son portable. Pas de réseau. Ils avaient empruntés cette roue sur l'insistance de Dean qui voulait admirer le paysage et ne pas être embêté par les autres automobilistes qui roulaient tous selon lui « comme des vieillards impotents ». Ca avait été agréable d'être seuls sur la route, perdus au milieu des champs et des forêts environnantes. Mais ils n'avaient pas croisé une seule voiture en plus de deux heures et Castiel commençait à voir les risques et les inconvénients du plan de son compagnon.
S'il était responsable de l'état de sa voiture, Dean était quant à lui responsable de leur isolement. Il ne comptait pas se laisser accuser de tout.
Castiel sortit deux bouteilles d'eau de la glacière dans son coffre et en offrit une à Dean avec un sourire. Le jeune homme tournait autour de la voiture sans la toucher, visiblement un peu perdu quant à ce qui pouvait avoir causé la panne.
Leur voyage avait été calme depuis leur départ de Rapid City. Ils s'étaient arrêtés ici et là pour admirer la nature ou visiter des musées dont les expositions les amusaient. Ils avaient vu celui du métier à tisser, de la cordonnerie ou des engins agricoles. Ils avaient beaucoup ri en cherchant à deviner à quoi pouvait servir chacune des machines exposées et avaient fini par devoir quitter le musée quand la personne en charge des lieux leur avait reproché de ne pas être suffisamment respectueux. Dean avait plaisanté en montant dans la voiture de la notion de respect d'un tracteur ou d'une moissonneuse batteuse et Castiel avait ri avec lui pendant plusieurs kilomètres. Ils avaient suivi la même routine que depuis le début de leur voyage. Ils dormaient dans des motels et dans des chambres séparées. Ils déjeunaient ensemble dans des restaurants de routiers ou dans des fast food sur les aires d'autoroute. Ils dînaient parfois à l'extérieur et parfois dans une de leurs chambres en regardant la télé et en se moquant des émissions diffusées. Castiel aimait tout particulièrement ces soirées qu'ils passaient assis côte à côte sur un lit à rire de la stupidité des gens qui participaient aux émissions de télé réalité. Dean n'était sorti qu'une fois seul après leur départ de Rapid City. Castiel l'avait entendu rentrer avec une femme un peu plus tard et avait passé une bonne partie de la nuit à ignorer les gémissements de son compagnon et à pester contre la faible isolation des motels en général.
Tout avait été parfait depuis l'incident de Rapid City. Mais sous le soleil de plomb du Kansas en milieu d'après midi, Castiel sentait bien que la bonne humeur de Dean s'était envolée, laissant la place à de la colère et à de la frustration.
Le jeune homme regardait la voiture d'un œil noir, visiblement en pleine réflexion. Castiel avait envie de lui demander s'il avait une idée de ce qui avait causé la panne mais il doutait que son compagnon soit d'humeur à lui répondre. Il se contenta donc de le regarder contourner une nouvelle vois la voiture avant de s'immobiliser devant le capot. Il se tourna ensuite vers Castiel, les mains sur les hanches, la sueur perlant à son front.
- Ouvre le, exigea t-il.
Castiel aurait aimé pouvoir faire ce qu'il demandait dans la seconde. Mais il était parfaitement incapable d'ouvrir son capot. Il se doutait qu'il devait y avoir une manette quelque part à l'intérieur de la voiture. Mais il ne savait même pas où chercher. Il regarda Dean pendant quelques secondes sans bouger. Son compagnon finit par comprendre qu'il n'était pas capable de faire ce qu'il demandait et se dirigea vers la portière conducteur d'un pas rapide. Il l'ouvrit puis se pencha en grognant et tâtonna sous le volant pendant un moment. Castiel le regarda faire, fasciné par la sueur qui avait coulé dans son dos et collait son tee shirt à sa peau. Ses yeux s'attardèrent également une seconde sur ses fesses, dont le dessin était parfaitement mis en valeur par le jean étroit qu'il portait.
Le clic de l'ouverture du capot fit sursauter Castiel et le tira de ses songes. Dean se redressa en s'essuyant le front du revers de la main puis retourna devant la voiture. Il souleva le capot, le bloqua pour qu'il ne lui retombe pas dessus et observa ensuite le moteur d'un œil intéressé.
Castiel aurait probablement du être inquiet que son compagnon soit incapable de faire redémarrer la voiture et qu'ils soient contraint d'attendre des heures durant que quelqu'un daigne passer sur la route. Mais il ne parvenait pas à se soucier de tout ça quand il admirait la façon dont les vêtements de Dean semblaient lui coller à la peau, mettant en lumière la perfection de son corps.
C'était une distraction qui finirait sans nul doute par lui coûter cher. Toutefois, il était incapable de détourner les yeux et il s'autorisa à contempler le jeune homme pendant qu'il se penchait au dessus du moteur. Il ne réalisa qu'il lui parlait que lorsque Dean se redressa pour le fusiller du regard.
- Tu m'écoutes ou pas ?
Castiel s'arracha à sa contemplation et sentit ses joues rougir. Il finit par secouer la tête et Dean poussa un long soupire d'agacement.
- Ok, je répète ma question. De quand date ta dernière visite dans un garage ?
Castiel aurait pouvoir aimé pouvoir lui répondre du tac au tac mais il devait fouiller dans ses souvenirs pour trouver la réponse à sa question. Il supposait que ce n'était pas une bonne chose qu'il ne parvienne pas à s'en rappeler facilement. Il n'avait jamais réellement prêté attention à la santé de sa voiture. Du moment qu'elle roulait, il était satisfait. La mécanique était un mystère pour lui. Et il ne s'y était jamais intéressé.
- Un an … peut être deux, finit il par répondre.
A la tête que fit son compagnon, il sut que ce n'était pas la réponse qu'il attendait. Il se mordilla la lèvre une seconde, un peu honteux. Dean secoua la tête.
- Pas étonnant qu'elle ait fini par claquer entre nos doigts. Cette voiture est une épave, constata t-il en reportant son attention sur le moteur.
- Tu ne peux donc rien faire pour elle ?
Dean haussa les épaules puis se pencha au dessus du moteur, ses bras croisés et appuyé contre le métal brûlant.
- Je n'ai pas dit que je ne pouvais rien faire mais … je ne fais pas de miracles non plus. Si toutefois, elle accepte de redémarrer, il faudra faire un détour par un garage digne de ce nom et la faire contrôler. Je n'en reviens pas que tu ne l'aies pas fait avant.
Castiel ne dit rien. Il savait qu'il était fautif et il ne voulait surtout pas aggraver les choses en cherchant à se défendre. Il but une gorgée de son eau puis jeta la bouteille sur le siège conducteur par la fenêtre ouverte.
- Tu as des outils au moins ? Demanda Dean après quelques secondes de silence.
Castiel hocha la tête puis retourna fouiller dans son coffre. Il en sortit une trousse à outils que l'ancien propriétaire de la voiture lui avait laissé le jour où il lui avait acheté le véhicule. Il l'apporta ensuite à Dean et regarda le jeune homme s'accroupir pour fouiller à l'intérieur. Il en sortit plusieurs outils dont Castiel ne connaissait pas l'utilité avant de se reconcentrer sur le moteur. Castiel s'arracha alors à sa contemplation et observa le paysage autour d'eux. Tout était incroyablement calme dans les environs. Il n'y avait aucun autre bruit que celui du chant des oiseaux. C'était un endroit parfait pour profiter du soleil. Ou pour se faire agresser sans témoins. Castiel déglutit avec peine. Ils étaient entourés par les champs de maïs et les arbres. Ils n'avaient croisé aucune maison depuis qu'ils avaient pris cette route et il était évident que personne ne viendrait à leur rescousse de si tôt. Dean était leur seule chance de sortir d'ici. Castiel croisait les doigts pour qu'il finisse par trouver la source de la panne.
- Tu as travaillé dans un garage c'est ça ? Demanda t-il pour briser le silence autour d'eux.
Dean semblait occupé à dévisser quelque chose et il ne répondit pas immédiatement. Castiel s'appuya contre la portière conducteur et posa son regard devant lui, quelque part dans le champ de maïs.
- Bobby n'avait pas à proprement parlé un garage … plus une sorte de casse. Mais il m'est arrivé de travailler sur certaines de ses voitures. C'est incroyablement excitant de partir de zéro et de réussir à reconstruire une voiture à partir de rien. Et il m'est également arrivé de travailler à droite et à gauche dans des garages depuis que je suis parti … je ne suis pas un professionnel mais je me débrouille.
Castiel hocha la tête, soulagé de savoir que son compagnon était plus utile que lui dans une telle situation. S'il avait été seul quand sa voiture avait lâché, il aurait probablement été coincé ici durant des heures.
- Je ne me suis jamais réellement intéressé à tout ça … la mécanique c'est … c'est quelque chose que je ne comprends pas, avoua t-il en s'essuyant le front.
Il faisait incroyablement chaud et il n'y avait aucun nuage à l'horizon. C'était une belle journée.
- Tu te destinais à être médecin. Ce n'est pas vraiment différent. Le corps humain est une machine comme les autres non ? Lança Dean en continuant ce qu'il faisait dans le moteur.
Castiel acquiesça. La comparaison était effectivement adéquate. Le corps humain fonctionnait plus ou moins comme un moteur de voiture. Un mécanicien et un médecin avaient finalement des métiers similaires. Ils n'avaient simplement pas les mêmes outils ou les mêmes choses à réparer.
- Peut être mais je n'ai jamais réellement commencé mes études de médecine. Je me suis arrêté avant d'entrer à l'école. Je connais deux trois choses mais c'est uniquement théorique.
- Mieux vaut pour moi alors que je ne fasse pas de crise cardiaque quand je suis seul avec toi.
- Ce serait préférable, commenta Castiel en souriant.
Il avait appris les gestes de premiers secours et il était capable de pratiquer le massage cardiaque et le bouche à bouche. Mais il doutait de pouvoir sauver quiconque dans une telle situation. Il se tourna à nouveau vers Dean et laissa à nouveau son regard vagabonder sur le dos puis sur les fesses du jeune homme. Il était incorrigible. Un cas désespéré.
- Qui t'a appris tout ça ? Demanda t-il finalement.
Dean se redressa et essuya ses mains sur ses cuisses. Il se pencha ensuite pour prendre un nouvel outil avant de regarder Castiel.
- Bobby essentiellement … mon père un peu aussi. Il était mécanicien avant.
« Avant ». Castiel aurait aimé savoir avant quoi. Mais il ne posa pas la question. Dean aurait probablement refusé de répondre.
- Tu n'as jamais envisagé d'en faire ton métier ?
Dean haussa les épaules puis attrapa le rebord de son tee shirt pour s'essuyer le visage. Castiel eut le temps d'apercevoir son ventre plat et musclé quelques secondes avant que le tissu ne le couvre à nouveau. Il se passa aussitôt la langue sur les lèvres et il sut au regard que lui jeta Dean qu'il avait été repéré.
- Il aurait fallu pour ça que je fasse des études … que j'obtienne un diplôme et je n'ai même pas fini le lycée. Non … je suis un autodidacte.
Castiel sourit puis laissa Dean retourner à ce qu'il faisait sous le capot. Ils restèrent ainsi en silence durant de longues minutes avant que le jeune homme ne se décide à prendre la bouteille d'eau qu'il avait jeté sur le siège conducteur pour l'apporter à Dean. Il ne savait pas ce que son compagnon avait fait de la sienne mais il avait besoin de boire. Il risquait l'insolation s'il ne s'hydratait pas correctement.
- Merci, lui jeta Dean en prenant la bouteille dans sa main.
Il en but une longue gorgée et Castiel ne put s'empêcher d'observer les quelques gouttes qui s'échappèrent du goulot et roulèrent dans son cou. Parfois, il se détestait vraiment. Car son corps était un traitre et il pouvait le sentir se tendre sensiblement. Ok. C'était probablement du à la chaleur. « Continue de penser ça Castiel … si ça peut te rassurer » songea t-il aussitôt.
- Ok, tu peux essayer de démarrer ? Demanda Dean.
Castiel hocha la tête puis fit ce que son compagnon lui demandait. Le moteur émit une sorte de toussotement mais refusa de démarrer. Dean jura entre ses dents et Castiel soupira longuement.
- Si c'est la batterie, on est mort. Il nous faudrait des pinces crocodiles et une autre voiture pour la redémarrer … et encore, ce serait temporaire.
Castiel n'avait aucune idée de ce qu'étaient des pinces crocodiles mais il hocha la tête pour signifier à son compagnon qu'il l'avait entendu. Il se redressa ensuite et vint se poster à côté du jeune homme. Il observa le moteur durant de longues secondes, fasciné par l'ensemble de câbles et de boîtiers qui constituaient le cœur d'une voiture. C'était visiblement complexe et il eut de l'admiration pour ceux et celles qui comprenaient quelque chose à ce bazar. Dean se pencha à nouveau au dessus du capot et commença à toucher plusieurs pièces d'un air concentré. Castiel se sentait totalement impuissant et cela le frustrait au plus haut point. Il se demandait à quoi cela pouvait servir d'avoir fait quatre années d'étude s'il était incapable de se débrouiller dans la vie de tous les jours. Il avait longtemps été un homme assisté, ayant recours à une aide extérieure à chaque fois que quelque chose ne fonctionnait pas. Il était totalement inapte à se débrouiller seul. Dean, lui, semblait savoir ce qu'il cherchait.
- Il se peut que le moteur ait simplement surchauffé. Le radiateur est brûlant et s'il est trop ancien, il ne fait peut être pas son travail de refroidissement. Donne moi la bouteille d'eau.
Dean aurait pu lui parler chinois, Castiel n'aurait pas fait la différence. Il entendait les mots que le jeune homme prononçait mais il ne leur trouvait aucun sens. Il se contenta donc de faire ce qu'il lui avait demandé et lui tendit la bouteille d'eau. Dean l'ouvrit et en versa sur un appareil à sa gauche. De la fumée en jaillit aussitôt et le jeune homme recula rapidement le visage.
- Ok, il se peut que ce soit ça, commenta t-il.
Castiel acquiesça même s'il ne comprenait toujours pas ce qu'il y avait de positif à ce qui se passait sous ses yeux. Il tourna finalement le dos au moteur et fit quelques pas droit devant lui.
- Tu sais, je trouve tout ça fascinant, lança t-il à son compagnon en s'éloignant un peu plus encore de lui.
- Qu'est-ce que tu trouves fascinant ?
Castiel fit volte face et regretta aussitôt sa décision. A cette distance, il était à l'endroit idéal pour admirer le corps de Dean, la sueur qui obscurcissait le tissu clair de son tee shirt, la façon dont son jean semblait coller à ses fesses, ou ses jambes puissantes et légèrement arquées. Il avait la sensation d'être un voyeur. Mais il ne pouvait s'empêcher de regarder. Il perdit pendant une seconde le fil de ses pensées avant de se souvenir que Dean lui avait posé une question et qu'il était préférable de lui répondre.
- Toi … le fait que tu sois là et que tu puisses faire quelque chose pour ma voiture.
- Et en quoi est-ce fascinant ?
Castiel sourit en enfonçant ses mains dans ses poches. Il avait trop chaud et il pouvait sentir ses cheveux coller à son front. Il aurait probablement été plus prudent de se réfugier à l'intérieur de la voiture pour s'abriter du soleil. Mais si Dean pouvait supporter d'y être exposé, Castiel refusait de s'en cacher.
- Si je ne t'avais pas rencontré et que ma voiture avait lâché au milieu de nul part, j'aurais été coincé. Mais tu es là et … c'est presque comme si le destin me donnait un coup de pouce et m'encourageait dans mes choix.
- Oh, le destin ? Tu crois réellement à ces conneries ?
Il y avait de la dérision dans le ton de Dean mais aucune agressivité. Castiel n'avait jamais réellement réfléchi à toutes ces choses. Il n'avait pas le temps de se pencher sur des sujets que ses parents considéraient comme « triviaux » quand il avait des études à mener et des problèmes concrets à régler. Castiel croyait en Dieu. C'était en partie du à son éducation. Ses parents étaient extrêmement croyants et pratiquants. Ils allaient ensemble à la messe tous les dimanches. Castiel avait écouté des prêtres lui expliquer pendant des heures et des heures que rien n'était du au hasard et que chaque chose qui se passait sous leurs yeux était la volonté de Dieu. Ils n'étaient pas libres de leurs choix. Ils étaient guidés par une force supérieure. Mais Castiel doutait que Dieu soit responsable de la présence de Dean dans sa vie. Jamais il n'aurait toléré qu'un homme ouvertement bisexuel et de toute évidence adepte du sadomasochisme soit son guide sur la route qu'il venait de prendre. Et si le Seigneur n'était pas celui qui avait mis Dean en travers de sa route, alors il ne restait plus que le destin à pointer du doigt. Castiel ne savait pas s'il y croyait réellement mais c'était une idée qui lui plaisait.
- Je ne sais pas si j'y crois vraiment mais … c'est réconfortant de se dire que tu étais destiné à croiser ma route et que nous sommes là, ensemble, parce que nous avons des choses à offrir l'un à l'autre.
Dean versa à nouveau de l'eau sous le capot de la voiture et Castiel se demanda une seconde ce que Dieu penserait de la façon qu'il avait de regarder avec avidité le corps de son compagnon. Il devait probablement désapprouver.
- Peut être oui … mais je crois que ce n'est que ça justement. Un moyen de se réconforter. Une possibilité de penser que, quelle que soit notre façon d'agir, on aurait rien pu faire pour empêcher ce qui nous arrive. C'est un moyen de se dédouaner de toutes les choses atroces qu'on a pu faire par le passé. C'est un peu facile à mon goût.
Castiel trouvait le raisonnement de Dean sensé quoi qu'un peu dépressif. Il était prêt à argumenter quand le jeune homme jura violemment entre ses dents, le coupant dans son élan. Dean s'était redressé et secouait sa main devant lui. Quand Castiel fut à sa hauteur, il constata que la main de son compagnon saignait abondamment.
- Hé Dean, ça va ? Demanda t-il aussitôt.
Le jeune homme grimaçait de douleur en secouant toujours sa main. Castiel lui saisit alors le poignet pour observer la plaie. Elles n'étaient pas très profonde mais elle était relativement longue. Elle barrait la paume de la main du jeune homme de son pouce à son auriculaire. Et le sang coulait toujours.
- Ok, je vais … je vais nettoyer tout ça, expliqua t-il.
Il relâcha le poignet de Dean puis se précipita à l'arrière de la voiture. Il attrapa sa trousse de premier secours puis une nouvelle bouteille d'eau. Quand il revint vers son compagnon, ce dernier avait refermé le capot et s'était assis dessus. Il avait posé son bras sur ses jambes, sa paume blessée vers le haut. Il semblait souffrir.
- C'est pas bien grave tu sais … j'ai connu pire, commenta Dean.
Castiel savait qu'il avait du vivre des expériences bien plus traumatisantes que sa coupure à la main. Il n'y avait qu'à voir l'état de son torse et de son dos pour le savoir. Mais Castiel refusait de voir la blessure s'infecter. Ils seraient alors obligés de s'arrêter à l'hôpital pour la faire soigner et il doutait que Dean apprécie l'attention dont il bénéficierait dans un tel endroit. Il ne prêta donc pas attention aux protestations de son compagnon et posa sa trousse de secours à côté de la cuisse du jeune homme pour l'ouvrir.
- Je sais que ce n'est pas grave mais ça ne m'empêche pas de regarder. Alors s'il te plait, arrête de te plaindre.
Dean détourna les yeux et Castiel commença par verser de l'eau sur sa main pour pouvoir voir la blessure correctement. Il sortit ensuite du désinfectant et en aspergea une compresse stérile. Il leva le visage vers son compagnon.
- Ca va piquer, le prévint il.
Il appuya ensuite la compresse contre la plaie et attendit quelques secondes que le désinfectant ait fait son travail. Il la retira ensuite et la posa sur la capot à côté de la trousse de premier secours. Il regarda à nouveau la plaie. Elle n'était pas réellement grave mais elle aurait pu nécessiter des points de suture. Il ne le signala toutefois pas à Dean, sachant d'ors et déjà que que ce dernier refuserait catégoriquement de voir un médecin.
- Je vais la bander et il faudra que tu la nettoies régulièrement ok ?
Il n'obtint aucune réponse et leva à nouveau le visage pour voir son compagnon. Il regardait obstinément sur le côté, sa lèvre inférieure emprisonnée entre ses dents et ses joues légèrement rouges. Il ne semblait pas réellement souffrir mais quelque chose le gênait. Castiel avait envie de lui demander ce qui lui arrivait mais il était presque sûr qu'il n'allait pas aimer la réponse.
- Oh oui … euh … ok … parfait. Merci Cas, bafouilla Dean en bougeant sensiblement les jambes.
Castiel fronça les sourcils puis attrapa un bandage dans la trousse de premier secours et l'enroula autour de la main de son compagnon. Il fit de son mieux pour ignorer la chaleur qu'émettait le corps de Dean et la façon étrange qu'il avait de remuer sur le capot de la voiture. Il était visiblement mal à l'aise. Castiel ne comprenait pas ce qui pouvait se passer dans sa tête.
- Dean, est-ce que tu peux essayer de rester immobile s'il te plait ? Demanda t il, agacé par le comportement étrange de son compagnon.
Il avait presque fini le bandage quand Dean sauta brusquement du capot manquant de le faire tomber par terre. Il plaqua sa main blessée contre son torse et s'éloigna rapidement de Castiel. Ce dernier le suivit des yeux, choqué par son comportement. Il avait envie de protester mais Dean ne semblait pas prêt à l'écouter. Il marchait de long en large sur la route, la tête baissée et le souffle court. Castiel l'observa, en quête d'une explication quelconque à ce qui venait de se passer. Ce ne fut que lorsque ses yeux descendirent le long de son torse pour vérifier que son bandage était toujours en place, et qu'ils s'arrêtèrent au niveau de son entrejambe qu'il comprit enfin le problème. Dean était excité. Physiquement très excité. C'était évident avec le jean particulièrement étroit qu'il portait. Et ce n'était pas uniquement du à la proximité de Castiel quand il l'avait soigné. C'était consécutif à la douleur occasionnée par la plaie à sa main. Le jeune homme lui avait pourtant assuré qu'il ne prenait pas son pied en souffrant. De toute évidence, il n'avait pas été totalement honnête sur ce point.
- Oh tu … lança Castiel avant de se taire.
Il ne trouvait rien à dire de plus devant ce qui était une situation extrêmement gênante pour son compagnon. Il doutait que ce dernier ait besoin d'être rassuré. Et Castiel était incapable de trouver les mots justes. Il ne comprenait pas comment on pouvait être excité par la douleur. Comment on pouvait avoir ce type de réaction en se coupant la main ?
- C'est juste … la chaleur et tout ça, jeta Dean en lui tournant le dos.
Mais ils savaient tous les deux que le soleil qui continuait de taper au dessus de leurs têtes n'était en rien responsable de son état. Castiel pouvait jouer le jeu et faire comme s'il croyait le mensonge de son compagnon. Toutefois, il avait une chance d'en savoir un peu plus sur ce qui se passait dans la tête du jeune homme et il avait très envie de la saisir. Il espérait seulement que Dean se montrerait coopératif. Et que lui serait capable de maitriser ses émotions. Car voir Dean excité de la sorte avait de l'effet sur lui. Il ne pouvait pas le nier.
- C'est parce que tu t'aies fait mal ? Osa t-il finalement demander.
Dean se tourna lentement vers lui, sa main blessée serrée contre son torse, son autre bras bizarrement plaqué contre son entrejambe.
- Non … non, je te l'ai dit je n'ai pas … ce n'est pas quelque chose que j'aime.
C'était un nouveau mensonge et pendant une seconde, Castiel ne put s'empêcher de repenser aux cicatrices. Etaient-elles le résultat des pratiques sexuelles de son compagnon ? Avaient elles été infligées avec son consentement ? Non. Dean avait pleuré en les lui montrant et ce n'était pas uniquement parce qu'il en avait honte. Elles lui rappelaient des mauvais souvenirs.
- Dean, j'ai juste besoin de comprendre et tu n'as pas à avoir honte de quoi que ce soit. Chacun trouve du plaisir là où il le souhaite, assura t-il.
Dean baissa les yeux sur ses pieds et sembla prendre quelques secondes pour réfléchir à ce qu'il devait dire. Castiel ne comprenait pas qu'on puisse prendre du plaisir à souffrir. Le sexe était sensé apporter du plaisir aux personnes. Pas de la douleur. Mais il savait que beaucoup de personnes aimaient mêler les deux sensations. Il n'avait simplement jamais rencontré personne avant Dean qui pratiquait quoi que ce soit de ce genre.
- C'est juste … c'est pas toujours comme ça. Je te jure que je n'aime pas qu'on me fasse vraiment mal. Je n'aime pas saigner. J'ai juste … j'en ai besoin à certains moments. Ce ne va jamais plus loin qu'une fessée ou une pénétration un peu brutale. Je ne veux pas qu'on me frappe pendant des heures. Et ma main c'est …
Il s'interrompit et releva la tête pour fixer le champ en face de lui. Castiel sentait la sueur couler de sa nuque dans son dos et la chaleur commençait sérieusement à le faire se sentir mal. Mais il ne mentait pas quand il disait à son compagnon qu'il voulait comprendre ce qui pouvait déclencher ce genre de réactions chez lui. Il avait très envie de percer ce mystère. Même s'il doutait un jour de pouvoir apprécier ce type d'expérience.
- Je n'ai pas honte de ce que j'aime. Quand je me suis coupé, je n'ai rien senti de particulier si ce n'est la douleur … crois moi. Me blesser à la main n'avait rien d'excitant. Mais ensuite, il a fallu que tu me touches et que tu … que tu te montres gentil et avec la chaleur et … les deux cumulés … la douleur de la coupure et la douceur de tes doigts, j'ai …
- Tu n'as pas pu faire autrement.
Castiel commençait à saisir le mécanisme des préférences sexuelles de Dean. Il ne prenait pas son pied simplement en souffrant. C'était la douleur cumulée au contact d'un autre homme qui l'avait fait réagir ainsi. Il aimait mêler un peu de souffrance au plaisir. Mais il avait également besoin de tendresse. Castiel ne put s'empêcher d'être soulagé.
- Je ne suis pas en train de te dire que c'est parce que c'est toi qui m'a touché que j'ai eu cette réaction.
Dean ne cherchait peut être pas à être vexant mais ses propos n'étaient pas forcément très agréables à entendre.
- Ok, merci du compliment, s'empressa de répliquer Castiel en grimaçant.
Il avait conscience de ne pas être aussi séduisant que Dean. Il savait qu'il n'était pas suffisamment musclé et que son visage n'avait pas les traits délicats de son compagnon. Il avait toujours aimé ses yeux d'un bleu très clair. On l'avait souvent complimenté à ce sujet. Mais Castiel ne se faisait aucune illusion. Il ne jouait pas dans la même catégorie que le jeune homme.
- Ce n'est pas … Cas, s'il te plait … tu sais très bien que ce n'est pas ce que je cherchais à dire, jeta Dean en faisant un pas dans sa direction.
Son excitation était un peu moins évidente que quelques minutes plus tôt mais elle était toujours visible. Castiel se maudissait de ressentir le besoin de vérifier à intervalles réguliers.
- Tu es extrêmement séduisant et … tes yeux sont incroyables. Tu as un corps parfait et … ta bouche … je te jure que ta bouche est merveilleuse. Quand à ta voix … elle est faite pour donner des frissons à tous ceux qui l'entendent. Ce n'est pas que je ne te trouve pas extrêmement sexy et attirant … c'est juste que je ne veux pas que tu puisses penser que … que j'ai des idées en tête te concernant.
- Tu me trouves séduisant mais tu refuserais de coucher avec moi, résuma Castiel, toujours vexé.
Il ne comprenait pas le raisonnement de son compagnon. S'ils se plaisaient mutuellement, ils n'avaient aucune raison d'hésiter. Ils auraient déjà du faire l'amour. Ils devraient même le faire tout le temps. Parce que Castiel ne demandait pas à Dean de s'engager dans une relation avec lui. Il savait que c'était impossible. Il ne dirait, en revanche, pas non à un peu de sexe.
- Non, je refuse de te demander de faire ce dont j'ai besoin car ce n'est pas toi … ce n'est pas ce que tu aimes, rectifia Dean.
Castiel eut envie de lui dire qu'il se trompait et qu'il était prêt à tenter cette expérience. Il était prêt à tout pour obtenir ce qu'il voulait. Mais il savait qu'il ne parviendrait jamais à être totalement à l'aise si Dean lui demandait de le malmener ou de l'insulter. Il n'était pas le genre d'homme à aimer dominer ses partenaires. Il préférait de loin se montrer tendre et délicat.
- J'ai juste besoin de quelques minutes pour retrouver un semblant de calme, ok ? Tu devrais … tu devrais essayer de démarrer la voiture pendant que je me remets de mes émotions.
Castiel n'était pas contre l'idée de s'éloigner un peu de son compagnon. Il avait besoin de mettre de la distance entre lui et l'objet de son désir. Il savait que la tentation serait toujours là. Il passait ses journées en compagnie du jeune homme. Mais il refusait d'assister plus longtemps au spectacle qu'il lui offrait quand il était excité de la sorte. C'était plus que ce que Castiel estimait pouvoir supporter. Il hocha finalement la tête et retourna du côté conducteur de la voiture. Il tourna les clefs dans le contact et sourit quand le moteur accepta de se mettre en marche. Il se redressa en souriant puis se tourna à nouveau vers Dean. Le jeune homme était de nouveau tourné vers les champs mais il semblait bien plus calme à présent. Il avait laissé retomber ses bras le long de son corps et sa respiration avait retrouvé un rythme normal.
- Tu ne fais peut être pas de miracles mais tu es sacrément doué ! Lança Castiel, soulagé à l'idée qu'ils allaient enfin pouvoir partir.
Il savait qu'être enfermé dans la voiture avec Dean après ce qui venait de se passer ne serait probablement pas simple. Mais il voulait quitter cet endroit et tenter d'oublier ce à quoi il venait d'assister.
- Ne t'emballe pas Cas … c'est temporaire. On doit faire vérifier tout ça par un professionnel dès que possible.
Castiel hocha la tête avant de regarder Dean ramasser les outils qui gisaient par terre et de tout ranger correctement. Le jeune homme en fit ensuite de même avec la trousse de premier secours. Il rangea le tout dans le coffre puis s'installa sur le siège passager. Castiel attendit d'entendre la portière claquer pour prendre place derrière le volant. Il s'engagea à nouveau sur la route, son sourire fermement en place sur son visage.
- On devrait s'arrêter à Kansas City pour trouver un garagiste et passer la nuit là bas, avança Dean en essuyant son visage couvert de sueur de sa main non bandée.
Castiel était prêt à tout accepter du moment qu'ils quittaient enfin cette route déserte qui avait abrité l'un des moments les plus gênants qu'ils aient eu à partager depuis qu'ils se connaissaient. Kansas City ne pouvait pas être très loin et ils avaient bien besoin d'un peu de repos après toutes les émotions qu'ils venaient de vivre. Et Castiel rêvait d'une bonne douche. Froide de préférence. Il avait beau avoir garder le contrôle sur son corps, il n'en était pas moins toujours un peu perturbé par ce qu'il avait vu. A côté de lui, Dean semblait fasciné par le paysage qui défilait par la fenêtre passager.
- Tu es originaire du Kansas n'est ce pas ? Demanda Castiel après quelques secondes de silence.
Dean ne tourna pas la tête vers lui mais il répondit aussitôt.
- Lawrence oui.
- Oh, j'ai cru voir un panneau indiquant l'entrée de la ville avant qu'on ne prenne ce détour et …
Castiel s'interrompit réalisant que son compagnon avait délibérément pris cette route au moment où ils étaient sur le point d'entrer dans la ville où il était né. Le jeune homme avait alors dit qu'il préférait éviter les grands axes et les autres automobilistes mais il était évident à présent qu'il avait avant tout voulu éviter de traverser Lawrence. Castiel se demanda immédiatement pourquoi. Mais il ne posa pas la question. Il savait qu'une nouvelle fois, il n'obtiendrait aucune réponse.
- Kansas City n'est pas loin, se contenta t-il de dire finalement.
Dean avait probablement compris qu'il avait percé son secret. Mais il ne chercha pas à se justifier ou à se défendre. Il se contenta de regarder le paysage qui défilait sous ses yeux en laissant l'air lui fouetter le visage. Castiel se força à garder les yeux rivés sur la route. Si son compagnon avait volontairement choisi de ne pas passer par Lawrence, c'était sans nul doute parce qu'il avait ses raisons. Il se souvenait que le jeune homme lui avait dit qu'il n'y avait vécu que quatre ans. C'était trop peu pour considérer Lawrence comme sa ville. Comme sa maison. Sans doute n'avait il aucune attache. Ou trop de mauvais souvenirs.
- Je me demande si on pourrait trouver là bas un de ces musées étranges qui mettent en avant un truc local qui n'intéresse personne, jeta Castiel pour détendre l'atmosphère.
Il n'obtint aucune réponse et laissa tomber l'idée de faire la conversation avec Dean. Il alluma l'autoradio à la place et choisit une station qui diffusait des vieux standards rock. Il commença à suivre le rythme de la musique du bout des doigts et chassa de son esprit toutes les questions qui y tournaient en boucle depuis quelques minutes. Il était avec un homme qu'il aimait à considérer comme son ami en plein milieu des Etats Unis, loin de sa famille et de ses obligations. Il avait réellement toutes les raisons d'être heureux. Il se sentait libre. Bien sûr, les secrets que Dean cachait pesaient inévitablement entre eux. Leur relation ne pourrait jamais s'épanouir si le jeune homme refusait de son confier plus souvent. Mais Castiel avait décidé de composer avec. Il devinait facilement que le passé de son compagnon devait être rempli de mauvais souvenirs et d'expériences douloureuses. Il fuyait depuis un an déjà ceux qui lui avaient fait du mal. Il avait des cicatrices sur tout le corps et des traumatismes évidents qui l'empêchaient de mener une vie normale. Castiel le trouvait fascinant. Il le voyait comme un puzzle complexe dont il devait assembler les pièces tout en ignorant quelle image il découvrirait au final. C'était excitant et également terrifiant. Ca ne ressemblait en rien à ce que Castiel avait imaginé vivre en partant de chez ses parents.
L'air frais qui entrait par la fenêtre ouverte lui faisait un bien fou. Il lui avait permis de mettre un peu d'ordre dans ses idées et d'éteindre le feu qui semblait s'être emparé de lui au moment où il avait compris que Dean était excité. Si Castiel mettait de côté ce qui avait excité son compagnon, il réalisait à quel point le jeune homme était beau quand il était dans cet état. Ses yeux brillaient. Son visage prenait une teinte rouge qui le rendait adorable. Castiel savait d'ors et déjà que cette image le poursuivrait pendant plusieurs jours. Il avait du matériel pour bâtir son prochain fantasme. Et même s'il avait parfois honte d'utiliser Dean pour ses séances de masturbation, il ne pouvait pas nier qu'il n'avait jamais eu d'orgasmes aussi puissants que depuis qu'il pensait à lui en le faisant. C'était probablement tordu. Cela faisait sans nul doute de lui un pervers. Mais il ne parvenait toujours pas à s'en empêcher. Il finirait peut être par s'en lasser. Il en doutait.
- Ca te dérange si je dors ? Demanda Dean, tirant Castiel de ses songes.
Ce dernier secoua aussitôt la tête avant de jeter un coup d'oeil à son compagnon. Il avait croisé les bras sur son torse et s'était sensiblement enfoncé sur son siège. Il semblait effectivement épuisé. Il avait déjà les yeux fermés et paraissait sur le point de s'endormir. Castiel se demanda une seconde si son ami cherchait à fuir une potentielle conversation avec lui en s'endormant. Peut être voulait il simplement oublier la honte qu'il avait ressentie quelques minutes plus tôt. Castiel s'en fichait car il trouvait cela extrêmement apaisant de sentir Dean à ses côtés, d'écouter sa respiration profonde quand il dormait sur le piège passager et de laisser la chaleur de son corps envahir le sien. C'était quelque chose dont il pourrait parfaitement se contenter jusqu'à la fin de ce voyage. Quelque chose dont il aurait du mal à se passer si toutefois il devait en être privé du jour au lendemain. Il était déterminé à tout faire pour que son compagnon reste à ses côtés. Il aimait vraiment ce qu'ils avaient. Même s'il continuerait probablement de rêver de plus. D'imaginer mieux. Ou d'espérer que ses prières soient enfin entendus par quiconque avait mis Dean en travers de son chemin.
