Chapitre 3

Elizabeth observa, totalement figée, la cicatrice qui ornait le dos de Red et les nombreux rêves d'incendie qu'elle avait encore parfois lui revinrent en mémoire. Ce n'était pas vraiment des cauchemars mais plus des souvenirs. Les souvenirs du jour où elle avait eu sa cicatrice. Elle sortit sa main de l'eau et frotta doucement sa cicatrice, certains souvenirs de ce jour là revenant, en particulier la mélodie que son sauveur lui avec chanté doucement. A présent, elle n'était plus si sûre que ça soit son père qui l'ait sauvée, surtout pas maintenant qu'elle avait vu les cicatrices de Red. Elle poserait des questions à Red et cette fois, il ne pourrait pas y échapper.

Forte de sa décision, la jeune femme s'allongea un peu plus dans son bain et ferma de nouveau les yeux. Ce fut la voix de Red qui la sortit de sa somnolence.

- Lizzie, puis-je sortir de la douche ?

La jeune femme eut un sourire amusé par la légère gêne qu'elle put entendre dans la voix de Red.

- Allez-y, je n'ouvre pas les yeux.

Elle entendit l'homme sortir de la douche et se sécher rapidement avant d'enfiler sa tenue pour la nuit. Lorsque Red lui indiqua qu'il était présentable, elle ouvrit les yeux et le vit portant un t-shirt noir et un pantalon en soie noir lui aussi. Liz observa plus particulièrement le t-shirt qui dissimulait les cicatrices de Red.

- Comptez-vous sortir du bain ? demanda finalement le criminel avec un fin sourire.

- Pas tant que vous ne vous serez pas retourné, répliqua Elizabeth.

Red eut un léger rire et s'empara d'une grande serviette qu'il déplia et tint devant lui avant de fermer les yeux. Elle l'observa avec un regard soupçonneux avant de se lever et de sortir de la baignoire, elle s'avança ensuite jusqu'à Red et laissa celui-ci la recouvrir du drap de bain. Puis elle se sécha rapidement et, jetant un regard à Red pour s'assurer qu'il avait toujours les yeux fermés, elle s'habilla d'un pyjama de soie bleu que Dembe lui avait apporté en rentrant de sa réunion.

- Il vous va à ravir, nota Red en l'observa avec un fin sourire.

La jeune femme leva les yeux au ciel et laissa Red lui remettre sa menotte, puis ils retournèrent dans la chambre à coucher. Liz lâcha un bâillement involontaire, elle n'avait rien fait d'autre que jouer aujourd'hui mais elle était malgré tout épuisée. Ils s'allongèrent dans le lit et Red les recouvrit de la couverture.

- Il est encore tôt, vous pouvez travailler encore un peu vous savez, nota Lizzie en le voyant s'installer pour la nuit.

- Non, pas ce soir Lizzie. Je suis moi aussi fatigué.

Un silence calme s'installa entre eux pendant quelques minutes et finalement Liz décida de le briser.

- J'ai vu la cicatrice sur le haut de votre dos, murmura la jeune femme.

Elle sentit aussitôt la tension dans le corps de Red, mais celui-ci ne bougea pas, ni ne montra le moindre signe indiquant qu'il avait entendu la jeune femme.

- C'est une cicatrice de brûlure, comme celle que j'ai sur la main.

Elle entendit le soupir de Red et décida de continuer sur sa lancée.

- Votre cicatrice et la boite à musique… vous étiez là le jour de l'incendie, n'est-ce pas ?

- Dormez, Lizzie, se contenta de répondre le criminel.

Mais la jeune femme n'avait pas l'intention d'abandonner, surtout pas maintenant, alors que Red ne pouvait pas se défiler. Elle se tourna alors vers lui pour lui faire face et pouvoir observer ses réactions.

- Je vous ai dit que mon père m'avait sortie de l'incendie, mais je commence de plus en plus à penser que c'était vous.

- Lizzie…

- Est-ce que c'était vous ?

- Est-ce important ? demanda finalement Red.

Il sentit alors les mains de la jeune femme le plaquer contre le matelas alors qu'elle se penchait au dessus de lui.

- Vous m'avez dit un jour que vous ne me mentiriez jamais, alors dites moi la vérité. Je ne demande aucun nom, aucuns lieux, juste un oui ou un non. Est-ce que vous m'avez sauvée de l'incendie de mon enfance ?

- Oui, répondit l'homme après quelques secondes de silence.

- Est-ce que vous êtes mon père ? demanda Liz en resserrant sa prise sur les épaules de l'homme sous elle.

- J'ai déjà répondu à cette question, il me semble. Non Lizzie, je ne suis pas votre père, je n'ai eu qu'une seule fille, Jennifer.

- Mais avons-nous un lien de parenté quelconque ?

- Lizzie…

- Non, Red, vous ne vous défilerez pas cette fois, j'ai vraiment besoin de réponses, sinon j'arrête tout.

- Vous arrêterez tout ?

- Oui, je quitte l'unité spéciale, j'ai reçu une offre pour intégrer une équipe de profileur à Quantico.

- Vous connaissez la règle Lizzie, je fournis des noms, mais je ne les donne qu'à vous.

Red observa la jeune femme et nota sa fatigue, pas seulement physique mais aussi mentale et il comprit qu'elle était vraiment à bout. Et qu'elle mettrait ses menaces à exécution cette fois-ci.

- Très bien, soupira le criminel, je promets de répondre à certaines de vos questions seulement si vous me permettez d'en éluder d'autres, connaître la réponse à de telles questions pourrait vous mettre bien trop en danger.

Liz l'observa pendant encore quelques secondes et finalement elle acquiesça doucement avant de lâcher sa prise sur les épaules de Red et de se rallonger à ses cotés.

- Bien, pour répondre à votre précédente question, non, nous n'avons aucun lien de parenté. Je pense d'ailleurs que le FBI l'aurait déjà signalé si nous en avions un, ils ont mon ADN après tout et sûrement le votre aussi. Pourquoi cette question d'ailleurs ?

- J'essaye de comprendre pourquoi vous m'avez choisie moi, soupira Liz.

Mais Red fronça les sourcils en notant la légère rougeur sur les joues de Liz, de toute évidence ça n'était pas la seule raison de sa question. Il l'observa alors avec une certaine surprise, la jeune femme ne serait pas… non impossible, même s'il aimerait que ça soit possible, Lizzie ne devait pas avoir de sentiment trop profond pour lui, ça la mettrait en danger.

- Avez-vous d'autres questions ? demanda finalement Red en jetant un coup d'œil à la jeune femme allongée à coté de lui.

- La fille que vous cherchiez, qui est-elle en réalité ?

- Pas ma fille, assura l'homme. Allez ! C'est assez de question pour ce soir, il faut dormir Lizzie.

La jeune femme acquiesça doucement, sentant ses yeux se fermer tous seuls, elle finit par sombrer dans les bras de Morphée. Red l'observa dormir pendant une bonne heure avec un fin sourire, puis il ferma les yeux à son tour.

Ce fut un gémissement qui tira Lizzie de son sommeil, elle ouvrit les yeux et chercha aussitôt d'où ce son venait. Red ! Elle se tourna vers lui et le vit s'agiter doucement, son visage était crispé et il murmurait quelque chose et entre deux gémissements elle perçut son nom.

- Red, appela-t-elle, Red réveilliez vous c'est juste un cauchemar.

Elle posa ses mains sur les épaules de Red pour le réveiller et cela réussit mais sa réaction à son réveil surprit la jeune femme. Il l'agrippa à son tour et d'un mouvement des hanches, il la plaqua sous lui, l'immobilisant de tout son poids et plaçant ses mains autour du cou de la jeune femme.

- Red, haleta Elizabeth alors que le poids de l'homme lui coupait le souffle. Red !

Mais l'homme toujours plongé dans son rêve éveillé ne bougea pas. Liz commença à sentir le manque d'oxygène lui faire tourner la tête. Elle réussit à tendre la main et à faire tomber ce qu'il y avait sur la table de chevet, priant pour que Dembe l'entende, parce qu'elle n'arriverait pas à se dégager de la prise de Red.

Le bruit de la porte de la chambre que l'on défonçait la rassura, elle sentit alors le poids de Red quitter son corps, lui permettant de prendre une grande inspiration. Puis elle se redressa dans le lit et observa Dembe plaquer Red au sol.

- Est-ce que ça va ? demanda Dembe.

- Oui, haleta la jeune femme, qu'est-ce qui lui arrive ?

- Il faisait un cauchemar ? demanda le jeune homme.

- Oui et j'ai essayé de le réveiller. De toute évidence je n'aurais pas du.

Dembe acquiesça calmement avant de reporter son attention sur Red, ce dernier n'était toujours pas sorti de son sommeil. Après une légère hésitation, Dembe leva la main et gifla violemment Raymond. Celui-ci sursauta, sortant de son rêve éveillé et regarda autour de lui essayant de comprendre. Son regard se posa alors sur Lizzie et il remarqua la marque rouge autour de son cou.

- Je suis réveillé Dembe, assura le criminel.

Le jeune homme acquiesça et se releva de sur son ami avant de lui tendre sa main pour l'aider à se mettre sur ses pieds.

- Je suis désolé, Lizzie, s'excusa Red avec une voix légèrement tremblante.

- Ca va, Red. Dembe est arrivé à temps pour vous arrêter.

- Oui et je ne te remercierais jamais assez pour ça, mon frère.

Dembe acquiesça puis jetant un dernier regard sur Liz, il quitta la chambre, les laissant s'expliquer tous les deux.

Red observa la jeune femme et s'approcha avec une légère hésitation, l'observant pour ne rien manquer de ses expressions et pour s'assurer qu'elle ne se sentait pas mal à l'aise ou qu'elle n'avait pas peur de le voir si proche. Mais elle continuait de l'observer avec inquiétude.

Une fois qu'il fut assis au bord du lit il tendit la main vers le cou de la jeune femme, avant délicatesse il prit son menton dans sa main et lui leva la tête pour observer le bleu qui commençait à apparaître sur son cou.

- Je suis vraiment désolé, Lizzie.

La jeune femme fut surprise de voir la tristesse et la culpabilité briller dans le regard du criminel.

- Je suis profiler, Red, j'aurais du prévoir votre réaction. Avec votre passé c'était évident, rassura Elizabeth.

Les doigts de Red caressèrent délicatement le cou de sa jeune protégée, celle-ci attrapa la main de Red et le rassura d'un sourire. L'homme se détendit peu à peu et laissa Lizzie le recoucher, n'osant pas faire un geste de peur de la blesser une nouvelle fois. Il fut intrigué lorsqu'il aperçut la jeune femme hésiter en se mordant la lèvre, jusqu'à ce qu'il ne la sente venir se blottir contre son flan.

- Lizzie ?

- Quand j'avais des cauchemars, dormir blottie contre quelqu'un me calmait et m'aidait à ne plus en faire, avoua la jeune femme, les joues rouges.

Reddington l'observa, au début avec surprise, puis avec un fin sourire tendre avant de se détendre, à sa grande surprise il ne lui fallut pas longtemps pour somnoler de nouveau avant de finalement réussir à se rendormir.