Bonjour,

Voici le 8ème chapitre. On en apprend une nouvelle fois plus sur le passé de Dean et on a enfin le nom de la personne qu'il aimait.

Attention, scène très courte à caractère sexuel.

Bonne lecture et encore mille fois de me lire et de m'écrire.

Sydney8201

Musique du chapitre :

Alibi de 30 Seconds to Mars

Chapitre 8 : Confession alcoolisée

« L'ivresse délie la langue, mais elle ouvre en même temps le cœur à une qualité morale : la franchise »

Emmanuel Kant

Castiel aurait du être en train de dormir. Il aurait du être allongé dans son lit, confortablement installé sous ses couvertures à prendre des forces pour la route qu'ils devaient parcourir le lendemain. Mais il n'était pas en train de se reposer. Pas plus qu'il n'était dans sa chambre ou dans son lit. Il était à genoux dans la salle de bains de la chambre de Dean, veillant sur lui et s'assurant qu'il n'allait pas se noyer.

Rien ne l'avait préparé à l'état dans lequel il avait trouvé son compagnon en plein milieu de la nuit. Quelques jours plus tôt, ils avaient déposé la voiture de Castiel au garage à Kansas City et étaient depuis bloqués dans cette ville jusqu'à ce que le mécanicien du coin ait reçu les pièces de rechange dont il avait besoin. Dean avait semblé particulièrement ennuyé par l'idée. Castiel se doutait que cela avait quelque chose à voir avec la proximité de Lawrence, sa ville natale. Une petite quarantaine de kilomètres les séparaient de l'endroit où Dean avait passé les quatre premières années de son existence.

Ils avaient passé leur première journée en ville à flâner dans les rues et à profiter du temps exceptionnel dont ils bénéficiaient. Ils étaient rentrés ensemble le soir et avaient partagés une pizza en regardant la télé. Le lendemain, ils avaient pris le bus pour faire un tour dans la ville suivante. Ils en étaient revenus tard dans la nuit après une soirée agréable dans un bar où ils avaient joué au billard. Le troisième jour, Dean avait insisté pour aller voir si le garagiste avait avancé sur les réparations. Ils avaient ensuite profité du soleil en s'installant dans un parc de la ville où ils avaient passé de longues heures à lire et à discuter. Le quatrième jour, Dean avait semblé de très bonne humeur. Ils avaient visité ensemble un musée sensé vanter les mérites de l'agriculture biologique (Dean avait beaucoup plaisanté sur le sujet) puis passé quelques heures dans les boutiques du centre ville pour acheter quelques vêtements. Le soir, Dean avait signifié à Castiel qu'il souhaitait sortir seul et le jeune homme l'avait laissé faire, conscient de ce que cela signifiait.

Il avait passé la soirée à attendre sans réellement vouloir savoir quand son compagnon rentrerait. Il avait tantôt guetté par la fenêtre dans l'espoir de le voir et tantôt fait en sorte de ne surtout pas pouvoir voir ce qu'il se passait à l'extérieur. La nuit avait fini par tomber et Castiel avait pris une longue douche qui n'avait en rien réussi à le calmer. Il avait tenté de regarder la télévision puis essayé de terminer son livre. Il n'avait jamais réussi à se concentrer. Il avait fini par s'allonger sur son lit et par attendre patiemment que le sommeil s'empare de lui.

Il était énervé par la volonté de son compagnon de sortir seul et en colère contre le fait que cela le dérange. Il n'avait aucun droit sur Dean. Il ne pouvait pas contrôler ses allées et venues et aurait du être content pour lui. Mais il était jaloux. Il aurait voulu pouvoir être capable de sortir de son côté pour trouver un homme à ramener dans sa chambre d'hôtel. Il avait hésité à le faire plusieurs fois. Mais il avait renoncé à chaque fois. Il ne voulait pas d'un coup d'un soir pour le moment. Ou du moins pas avec un inconnu qu'il ne reverrait jamais plus. Pas tant que Dean était la seule personne qu'il avait en tête.

Castiel passa de longues minutes à planifier la journée du lendemain. Mais son cerveau le ramenait sans cesse à son compagnon. Dean était il avec un homme ou une femme ? Allait il revenir ici ou se rendre chez la personne qu'il choisirait ? Castiel ne devait pas se poser ces questions. Il ne devait surtout pas réfléchir à ce que son compagnon était en train de faire.

C'était plus facile à dire qu'à faire. Il ne savait pas comment chasser Dean de son esprit. Il avait essayé plusieurs fois. Mais le jeune homme revenait toujours le hanter. Il lui suffisait de sourire ou de mâchouiller le bouchon d'un stylo pour que les fantasmes de Castiel reviennent avec force. Il avait développé une véritable obsession pour la bouche de son compagnon. Et il était fatigué de devoir le partager. Même s'il n'avait pas le droit de le reprocher à Dean. Ou aux personnes qui partageaient son lit. Castiel était le seul à blâmer.

Il était minuit passé quand un bruit sourd attira l'attention de ce dernier dans la chambre d'à côté. La chambre de Dean. Castiel se redressa dans le lit et tendit l'oreille. Il savait à présent que son compagnon était rentré. Mais il n'était pas sûr qu'il soit rentré seul … ou accompagné. Un nouveau bruit sourd le fit sursauter. Il avait la sensation que quelqu'un frappait contre le mur avec force. C'était possible. Après tout Dean avait des préférences sexuelles particulières et il était fort probable que l'homme avec qui il se trouvait ait décidé de le plaquer contre le mur avec violence. Castiel prit une grande inspiration alors que son corps se tendait à cette idée. Il ferma les yeux et tendit à nouveau l'oreille. Pendant de longues secondes, il n'y eut rien d'autre que du silence. Il allait se recoucher quand il entendit un nouveau bruit. Castiel était tout à fait prêt à respecter les préférences de son compagnon. Il ne comptait pas se mêler de sa vie sexuelle. Sauf s'il était invité à y participer. Ce qui bien sûr ne risquait pas d'arriver. Il avait donc choisi de faire en sorte de ne pas y penser. C'était un échec. Un terrible échec.

Il devait accepter que le jeune homme aimait que les choses se fassent bruyamment et violemment. Il devait ignorer les bruits. Même s'ils en disaient long sur ses activités du soir. Il était très probablement avec un homme. Et il était très certainement en train de prendre son pied. Castiel aurait du en faire de même. Il aurait du profiter d'être enfin libre pour vivre pleinement les choses.

Mais à la place, il était assis sur son lit à écouter les bruits qui venaient de la chambre de Dean. Les bruits des ébats de son compagnon. Et il y prenait du plaisir s'il en croyait les réactions de son corps. Il se rallongea sur le lit et glissa une main dans son caleçon. Il était pitoyable. Si ses parents le voyaient, ils lui cracheraient probablement dessus. Si Dean le voyait, il prendrait sans nul doute ses jambes à son cou. Mais Castiel ne pouvait rien faire contre. Il referma sa main autour de son sexe et se concentra sur les bruits qui se succédaient à présent dans la chambre de son compagnon. Il avait l'impression qu'il s'agissait de la tête de lit qui cognait contre le mur. Ce qui signifiait qu'ils en étaient à la partie la plus intéressante. Il pouvait facilement imaginer Dean, à quatre pattes sur le lit, un homme le tenant fermement par les hanches et allant et venant en lui sans retenue. Il pouvait voir son visage se tordre sous l'effet du plaisir, ses mains agrippant le couvre lit. Castiel accéléra le rythme de son poignet en se mordant la lèvre pour ne pas gémir. Quand les bruits de l'autre côté du mur devinrent plus violent encore, Castiel sentit son orgasme le transpercer et il jouit dans sa main avec violence. Il arqua son dos et ne put retenir un petit cri de plaisir. Il retomba ensuite sur le lit et prit quelques secondes pour retrouver une respiration normale. De l'autre côté du mur, il entendit un cri avant d'entendre un nouveau bruit sourd. Le silence s'installa ensuite et Castiel poussa un long soupire. De toute évidence, Dean avait atteint à son tour le point de non retour. Il tendit tout de même l'oreille. Ce ne fut que lorsqu'il entendit un nouveau cri qui ressemblait à s'y méprendre à un sanglot qu'il comprit son erreur. Il fronça les sourcils alors que les pleurs de son compagnon devenait de plus en plus violents. Castiel sauta de son lit et enfila rapidement un pantalon de survêtement sans se soucier de se nettoyer. Il sortit de sa chambre en courant puis poussa la porte de celle de Dean. Elle était ouverte. Castiel pénétra à l'intérieur et aperçut Dean au sol, allongé en position foetale, ses mains collées contre son corps. Il pleurait bruyamment. Il était seul. Castiel referma la porte derrière lui, paniqué. Il avait été un parfait imbécile. Il aurait du intervenir plus tôt. Mais il avait préféré se masturber en pensant à ce que Dean pouvait être en train de faire plutôt que de vérifier que tout allait bien pour lui.

- Dean, appela t-il.

Le jeune homme ne lui répondit pas. Castiel regarda alors autour de lui et remarqua immédiatement le trou dans le mur à sa gauche. Dean n'avait pas été plaqué contre. La tête de lit n'était pas responsable des bruits successifs qu'il avait entendus. Le jeune homme avait frappé contre le mur suffisamment fort et souvent pour causer de tels dégâts. Il était ensuite tombé par terre et s'était mis à pleurer. Castiel avait envie de vomir. Il était furieux contre lui même et se détestait pour ce qu'il venait de faire.

- Dean, parle moi, exigea t-il.

Il n'obtint que de nouveaux sanglots. Castiel prit une grande inspiration puis vint s'agenouiller à côté du jeune homme. Il aperçut alors la bouteille de vodka vide qui gisait à côté de lui. De toute évidence, Dean avait décidé de faire la fête seul. Et il en payait le prix. Pourquoi n'était il pas venu trouver Castiel ? Qu'est-ce qui avait pu le pousser à se mettre dans un tel état ? Castiel posa ses mains sur les épaules du jeune homme et l'aida à se tourner sur le dos. Il lui attrapa ensuite les poignets et approcha ses mains de son visage pour observer ses doigts. Plusieurs de ses phalanges étaient égratignées. Certaines plus profondément que d'autres. Il y avait deux hématomes qui commençaient à se former sur ses mains. Il pouvait parfaitement avoir quelque chose de cassé. Certains de ses doigts étaient atrocement enflés. Castiel devait réagir. Il devait faire quelque chose.

- Ok, Dean, tu dois me dire combien d'alcool tu as bu et si tu as mal quelque part.

Dean semblait conscient mais il était de toute évidence incapable de parler. Il pleurait toujours bruyamment sans se soucier que Castiel puisse le voir. Ce dernier avait de la peine pour lui. Il avait envie de le prendre dans ses bras et de le serrer contre lui jusqu'à ce que son chagrin disparaisse. Mais il ne pouvait pas se contenter de cela. Il devait agir. Il prit quelques secondes pour réfléchir puis observa Dean qui était toujours secoué par les sanglots. Il avait le visage couvert de larmes et de sueur. Le jeune homme était totalement ivre et quand Castiel effleura son front du dos de la main, il réalisa qu'il était également brûlant. Il devait faire tomber sa température. Il n'avait qu'une seule solution. Il devait le mettre dans la baignoire. Castiel se redressa et pénétra dans la salle de bains. Il fit couler de l'eau froide puis retourna auprès de Dean. Il attrapa le jeune homme pour le remettre sur ses pieds. Castiel n'était pas particulièrement musclé et son compagnon était lourd et ne semblait pas décidé à l'aider. Il parvint tout de même à le mettre debout et le guida jusqu'à la salle de bains en le tenant par la taille et en le faisant reposer contre son flanc.

- Ok, je vais m'occuper de toi Dean … tout se passera bien pour toi, je te le promets, souffla Castiel en franchissant la porte de la salle de bains.

Il poussa Dean à s'asseoir sur les toilettes et s'agenouilla devant lui. Il vérifia une nouvelle fois sa température et fronça les sourcils en constatant que son compagnon était toujours aussi brûlant. Il regarda ensuite ses mains puis posa les siennes sur les genoux du jeune homme et le regarda dans les yeux. Dean ne pleurait plus mais il avait les yeux dans le vague et semblait ne pas être complètement conscient de la présence de Castiel.

- Tu dois entrer dans cette baignoire pour faire tomber ta température et ensuite … ensuite je vais m'occuper de tes mains. Je vais les nettoyer et les bander et … Dean, s'il te plait, est ce que tu m'entends ?

Castiel était totalement perdu. Il n'avait jamais eu à gérer ce genre de situations. Il ne savait pas réellement ce qu'il faisait. Mais il était déterminé à aider Dean. Il prit une grande inspiration puis hocha la tête.

- Ok, je vais te déshabiller d'accord ?

Il ressentait le besoin d'expliquer à son compagnon ce qu'il était sur le point de faire. Il redoutait qu'au moment où Dean reprendrait tous ses esprits, sa réaction ne soit pas bonne en réalisant qu'il avait été déshabillé et plongé dans une baignoire d'eau froide. Castiel savait qu'il agissait pour son bien. Mais il n'avait pas forcément envie de se mettre Dean à dos.

- C'est parti, s'encouragea Castiel.

Il commença par retirer les chaussettes du jeune homme puis s'attaqua ensuite à son tee-shirt. Presque aussitôt, ses yeux se fixèrent sur les cicatrices qui barraient le torse de son compagnon. Elles étaient toujours aussi impressionnantes et terrifiantes. Dean avait la tête baissée à présent mais il ne protestait pas. Il se laissait faire sans participer. Castiel détacha ses yeux de son torse et déboutonna le jean du jeune homme avant de baisser sa braguette. Il en attrapa ensuite les rebords et se pencha pour regarder Dean dans les yeux.

- Je vais avoir besoin de ton aide, fit il remarquer.

Son compagnon fronça les sourcils, son regard semblant se concentrer sur le visage de Castiel. Il posa ensuite ses mains sur ses épaules et prit appui dessus pour se soulever sensiblement des toilettes. Castiel en profita pour lui retirer son pantalon et son caleçon. Il le fit glisser le long de ses jambes avant de les jeter dans un coin de la salle de bains. Il se remit alors debout et aida Dean à en faire autant. Il le guida jusqu'à la baignoire, le manoeuvra durant de longues secondes pour le faire entrer dedans puis le força à s'asseoir dans l'eau froide. Dean ne réagit pas immédiatement mais après quelques secondes passées dans l'eau, il sembla sortir de sa torpeur et poussa un cri. Castiel l'attrapa aussitôt par les épaules pour l'empêcher de sortir de la baignoire.

- Cas … murmura Dean en le regardant.

Castiel hocha la tête sans lâcher les épaules du jeune homme. Il avait du mal à se concentrer sur autre chose que sur le fait que son compagnon était nu dans la baignoire et qu'il lui était possible de voir tout de lui – absolument tout – simplement en baissant les yeux. Il n'avait pas eu ce genre d'idées quand il avait du déshabiller Dean. Il était trop effrayé par l'état du jeune homme pour penser à autre chose. Mais à présent que son compagnon revenait doucement à lui, il ne pouvait plus ignorer qu'il était nu devant lui. Nu et absolument ivre. Castiel déglutit avec peine.

- Je suis là Dean … tu avais de la fièvre et je devais … il fallait que je fasse tomber la température.

- J'ai froid, marmonna le jeune homme dont le corps commençait à trembler.

Castiel posa alors sa main sur son front pour contrôler sa température. Il était un peu moins chaud qu'avant de rentrer dans la baignoire mais Castiel ne voulait pas prendre de risques. Il préférait que le jeune homme reste encore quelques minutes dans l'eau par précaution.

- Je sais mais c'est pour ton bien, assura t-il.

Dean hocha la tête. Il était un peu mieux à présent mais son regard était toujours voilé. L'alcool y était sans nul doute pour beaucoup. Castiel laissa glisser sa main de son front à sa joue. Il la caressa une seconde du bout du pouce. Dean le regarda en frissonnant violemment.

- Cas, s'il te plait, arrête … supplia t-il.

Castiel n'était pas sûr de savoir que son compagnon voulait le voir arrêter. Par précaution et pour ne pas risquer de perturber plus encore le jeune homme, il retira sa main de sa joue. A sa grande surprise, Dean lui saisit le bras et tendit sa joue pour que Castiel le touche à nouveau.

- Non, pas ça … pas ça … le froid, je … je te jure que je me tiendrais bien … je ferais ce que tu veux mais ne me fais plus de mal, bafouilla Dean.

Castiel fronça les sourcils. De toute évidence, le jeune homme considérait ce que son compagnon venait de lui faire comme une punition. Il ne comprenait pas que Castiel faisait ça pour son bien. Il était temps pour lui de le faire sortir. Il ne servait à rien de chercher à lui expliquer. Il n'était pas en état de comprendre et de réfléchir.

- Ok, Dean, tout va bien … je vais t'aider à sortir, souffla t-il en se redressant.

Il attrapa une des serviettes que le motel mettait à leur disposition et la tendit devant lui. Il observa ensuite Dean tenter puis échouer à se remettre debout. Il était trop faible et trop ivre pour trouver la force de se soulever. Ce qui impliquait que Castiel l'aide. Et qu'il le touche à des endroits sensibles. Il n'était pas sûr d'en être capable. Toutefois, il n'avait pas réellement le choix. Il devait se montrer adulte et mettre de côté son attirance quasi maladive pour son compagnon. Dean avait besoin d'aide et Castiel était la seule personne présente pour lui en apporter.

- Je vais devoir te … te toucher pour t'aider à te remettre debout. Est-ce que ça ira ?

Dean hocha faiblement la tête. Il avait ramené ses bras contre lui, sans doute pour tenter de se réchauffer. Il tremblait toujours et ses yeux étaient voilés par l'alcool. Castiel prit une grande inspiration puis reposa la serviette qu'il tenait dans les mains et se pencha au dessus de son compagnon. Il se força à garder les yeux sur le visage de ce dernier et non pas sur son torse couvert de cicatrices ou sur tout ce qui se situait en dessous de sa taille. Il ne se laissa pas distraire non plus par les tatouages qu'il pouvait entrapercevoir à travers l'eau. Il attrapa Dean en dessous des bras et commença à le soulever. Le jeune homme l'aida quelque peu et après quelques secondes, Castiel réussit à le remettre debout. Il garda un bras autour de lui et chercha la serviette avec sa main libre. Quand il l'attrapa enfin, Dean avait cessé de trembler. Il tenait difficilement debout et semblait sur le point de retomber. Castiel lui passa la serviette autour des épaules. Il l'aida ensuite à sortir de la baignoire puis prit une seconde serviette qu'il lui attacha autour de la taille. Il poussa ensuite un long soupire et guida son compagnon à l'extérieur de la salle de bains. Il le fit s'asseoir sur le lit et le relâcha enfin.

- Cas ? L'appela Dean.

Castiel lui adressa un petit sourire puis s'éloigna pour récupérer des vêtements secs dans son sac. Quand il revint vers lui, le jeune homme s'essuyait le torse avec la serviette qui avait été posé sur ses épaules. Castiel le regarda faire une seconde, fasciné par ce qu'il voyait. Dean semblait particulièrement délicat quand il frottait les cicatrices qui recouvraient sa peau. Plus particulièrement avec les brûlures qui s'étendaient sur ses pectoraux. Castiel se demanda si elles étaient encore sensibles. Elles semblaient anciennes et cicatrisées depuis un moment déjà. Mais il se pouvait que le jeune homme ressente encore de la douleur en les touchant.

- Tu devrais t'habiller ou tu vas attraper froid, expliqua Castiel en s'agenouillant finalement devant Dean et en lui tendant ses vêtements.

Le jeune homme leva les yeux vers lui et sembla surpris de le trouver là. Il cessa de frotter son torse avec la serviette et la laissa tomber à ses pieds. Il prit son tee-shirt d'une main qui tremblait et l'enfila doucement. Castiel regarda les cicatrices disparaître sous le tissu puis détourna les yeux quand Dean s'attaqua à la serviette attachée à sa taille. Il attrapa ensuite le boxer que Castiel tendait toujours et se baissa pour passer ses pieds à travers les trous. Quand il commença à le remonter, il manqua de tomber en avant. Castiel l'attrapa aussitôt par les épaules et le poussa en arrière pour le faire s'allonger. Dean ne protesta pas. Il était extrêmement faible et de toute évidence, l'alcool rendait chacun de ses gestes plus compliqués qu'ils n'auraient du l'être. Castiel attrapa ensuite le rebord du boxer et le remonta doucement le long des jambes de son compagnon. Quand il réussit à le passer au dessus de ses genoux, il leva les yeux vers son compagnon. Il n'aurait probablement pas du. Ses yeux se posèrent aussitôt sur son entrejambes et pendant une seconde, il fut incapable de regarder ailleurs. Il s'en voulut presque aussitôt mais c'était plus fort que lui. Dean ne semblait pas avoir pris conscience de la façon qu'il avait de le regarder et Castiel se sentit plus mal encore. Il avait la sensation d'être un pervers, usant de la faiblesse de sa proie pour pouvoir assouvir ses envies coupables. Il s'arracha à sa contemplation quand il en fut enfin capable et remonta le boxer sur les cuisses de son compagnon. Dean souleva sensiblement les hanches pour l'aider et Castiel parvint à mettre le caleçon en place sans toucher le jeune homme à des endroits sensibles. Quand il eut fini, il se releva et attrapa les jambes de Dean pour le faire s'allonger correctement sur le lit. Il s'assit ensuite sur le rebord et prit la main blessée du jeune homme dans la sienne. Il saignait toujours mais les plaies n'étaient pas aussi profondes que ce qu'il avait craint. Il pensait en revanche qu'un des doigts du jeune homme était cassé. Il allait sans doute devoir passer une radio. Il doutait que Dean soit enthousiaste à cette idée. Castiel reposa sa main sur son ventre puis partit dans la salle de bains récupérer de quoi soigner ses blessures. Il prit au passage un des stylos que l'hôtel mettait à leur disposition et se réinstalla ensuite sur le lit.

- Je vais soigner ta main maintenant, expliqua t-il pour tenir Dean informé de ce qui se passait.

Il ne savait pas réellement si le jeune homme l'écoutait ou non mais il ressentait le besoin de le tenir au courant. Il ne voulait surtout pas l'effrayer ou le surprendre. Dean semblait avoir eu peur de lui quand il était dans la baignoire. Castiel n'aimait pas l'idée que son compagnon puisse être effrayé par lui.

- Je pense que ton indexe est cassé mais je devrais pouvoir te poser une attelle. Il serait préférable que tu ailles voir un médecin mais … en attendant, cela t'évitera d'aggraver la blessure.

Dean grogna une seconde et Castiel prit ceci pour un accord de sa part. Il lui reprit la main dans les siennes puis commença à désinfecter les plaies.

- Il aimait me fouetter, murmura Dean.

Castiel fronça les sourcils et leva les yeux vers le visage de son compagnon. Il observait le plafond avec les yeux plissés. Son visage était pâle, faisant ressortir les tâches de rousseur sur son nez et ses joues. Il semblait en pleine réflexion. Et pendant une seconde, Castiel ne fut pas sûr qu'il s'adressait à lui. Il choisit donc de ne rien dire et de continuer à soigner sa main.

- Il aimait me fouetter parce que ça me faisait pleurer … il disait toujours … tu es si beau quand tu pleures … tu es si beau quand tu cries.

Castiel se mordit la lèvre inférieure pour s'empêcher de poser des questions. Il ne voulait pas profiter de la faiblesse du jeune homme pour obtenir des informations. Il aurait du lui dire de se taire et d'attendre d'être sobre à nouveau pour lui confier ce genre de choses. Mais il n'en avait pas la force.

- Ensuite, il me prenait dans ses bras et me félicitait … tu es courageux, tu es si courageux et tu es à moi. Je ne laisserais jamais plus personne te toucher. Tu es à moi.

Castiel jeta la compresse usagée par terre et attrapa le stylo qu'il avait posé sur le lit. Il l'aspergea de désinfectant pour le nettoyer puis le posa contre l'indexe de Dean. Il entoura ensuite les deux de bandage pour faire une sorte d'attelle. Son compagnon le laissa faire sans bouger.

- Parfois, il me laissait sortir … jamais longtemps … jamais … jamais très longtemps. Mais le soleil était … c'était comme renaître … comme … mais ensuite, il me ramenait là-bas et il recommençait. Son couteau s'enfonçait dans ma peau et j'hurlais. Ca le faisait rire. Ca le faisait …

Dean s'interrompit une seconde et Castiel pensa qu'il s'était endormi. Mais le jeune homme laissa échapper un petit cri de douleur quand il eut fini de bander son indexe. Il était de toute évidence toujours réveillé. Mais il ne semblait plus avoir envie de se confier. C'était sans nul doute préférable. Castiel n'aimait pas ce qu'il entendait. Il avait envie de savoir qui avait pu faire autant de mal à son compagnon. Il avait envie de savoir comment il avait pu en réchapper. Mais il ne posa aucune question. Ce n'était pas juste vis à vis de Dean. Il savait que le jeune homme n'aurait rien dit s'il n'avait pas été totalement ivre.

- Il aimait ça … la souffrance … c'était ce qui l'excitait je pense … ma souffrance … celle des autres aussi mais la mienne surtout. Plus je pleurais et plus il continuait. Un jour, j'ai juste … je me suis tu et il … il était tellement déçu qu'il m'a frappé jusqu'à ce que je perde connaissance. Ensuite, il y a eu le feu et il …

Castiel avait fini de traiter les plaies de Dean. Il releva la tête de sa main et observa le visage du jeune homme à la place.

- Le feu c'était le pire. C'était comme quand j'étais petit … comme le jour où maman a … et Alas … il le savait.

« Alas » était de toute évidence le début du prénom de l'homme qui avait fait souffrir Dean. Castiel avait beau s'être promis de ne pas l'interroger dans cet état, ce fut plus fort que lui. Il attrapa le bras de son compagnon pour lui signaler sa présence.

- Qui t'a fait tout ça Dean ? Demanda t-il.

Dean se mordilla la lèvre inférieure une seconde, visiblement nerveux avant de regarder Castiel dans les yeux.

- Lui … Al … il était …

De toute évidence, Dean ne parvenait pas à prononcer son nom. Castiel n'aurait pas du insister mais maintenant qu'il était lancé, il avait un seul objectif en tête. Obtenir un nom. Cela ne lui servirait probablement à rien. Mais il ressentait le besoin de savoir qui avait pu faire autant souffrir son compagnon.

- Qui était-il ?

Dean haussa les épaules puis soupira longuement.

- Celui dont on ne doit pas prononcer le nom, lança finalement le jeune homme avant de sourire.

Castiel jura entre ses dents. Il connaissait la référence pour avoir lu Harry Potter quand il était plus jeune. Il doutait d'obtenir plus de la part du jeune homme à présent. Le moment était passé. Il ferma les yeux et tenta de ravaler sa déception. Il sursauta quand il sentit la main de son compagnon se poser sur son épaule. Il reporta son attention sur lui.

- Il aimait marquer mon corps … il aimait l'idée de laisser son empreinte sur moi. Il aurait gravé son nom sur ma peau s'il avait pu le faire. Mais il avait peur qu'on le retrouve. Peur que quelqu'un finisse par venir me chercher et puisse l'identifier. Il s'est contenté de ces cicatrices … il s'est contenté de tout ça … il savait que je ne pourrais jamais l'oublier. Que je porterais toujours sa marque sur mon corps et … que je lui appartiendrais éternellement. Je pense que je lui appartiens toujours. Même après tout ça …

- Dean, est-ce que cet homme te recherche ?

Le jeune homme détourna les yeux pour observer à nouveau le plafond. Il sembla réfléchir pendant de longues secondes, visiblement perturbé par la question. Il finit par secouer la tête avant de poser une main sur ses yeux.

- Il n'a pas besoin … il … je sais que je serais toujours à lui. Je sais que je lui appartiendrais toute ma vie. Peu importe ce que je fais maintenant. Je finirais par revenir vers lui.

Castiel fronça les sourcils, surpris par ce qu'il entendait. Dean ne pouvait décemment pas envisager de retourner auprès d'un homme qui l'avait fait autant souffrir. Il était libre à présent. Et même si Castiel n'avait qu'une vague idée des horreurs qu'il avait vécues, il savait avec certitude qu'il n'avait consenti à aucune. Il ne voulait pas retourner auprès de cet homme. Il était simplement terrifié qu'avec le temps, il finisse par revenir auprès de ce qu'il avait connu. Qu'à défaut de trouver ce qu'il cherchait en voyageant de la sorte, il décide de se rapprocher de ce qui lui était familier. Peut-être souffrait il du syndrome de Stockholm ? Peut être avait il fini par développer des sentiments pour son tortionnaire ?

- Benny me disait toujours que j'étais plus fort que ce que je pensais … plus fort que ce que tout le monde pensait sauf lui … et … il s'était trompé … mais pour lui, j'ai … j'ai décidé de partir.

- Qui est Benny ? Demanda Castiel qui entendait ce nom pour la première fois.

Dean sourit tristement pendant une seconde avant de retirer sa main de son visage pour reprendre son observation du plafond.

- La seule personne que j'ai aimé … la seule dont je suis tombé amoureux, répondit il doucement.

Castiel se souvenait que son compagnon avait avoué avoir aimé une personne dans sa vie. Il avait été amoureux de ce Benny. Mais il en parlait au passé. Ce qui laissait supposer qu'il n'avait plus aucun sentiment pour lui. Ou qu'il était mort. Castiel aurait parié qu'il s'agissait de la seconde option. Il déglutit avec peine.

- Où est Benny aujourd'hui ? Demanda t-il, incapable de se retenir.

Dean ricana une seconde mais il y avait une grande tristesse dans sa voix. Quelque chose de déchirant. Castiel avait vu juste. Benny était mort.

- Il est parti … il est libre. Loin de tout ça … loin de lui.

Ce n'était pas à proprement parlé une réponse satisfaisante mais Castiel savait que c'était la seule qu'il obtiendrait. Et elle en disait suffisamment long sur ce qui s'était passé. Dean semblait épuisé par sa confession et par l'alcool ingéré. Castiel ne pouvait pas continuer à le questionner de la sorte. Il devait le laisser dormir et reprendre des efforts.

- Je vais te laisser te reposer, avança t-il en se relevant du lit.

Dean lui saisit alors le bras dans un geste rapide et précis qui surprit Castiel.

- Je ne veux pas … je ne peux pas … reste avec moi s'il te plait, le supplia le jeune homme.

Castiel aurait probablement du refuser. Il était temps pour lui de se protéger de ce qu'il ressentait pour Dean et qu'il continuait d'ignorer de toutes ses forces. Mais la détresse de son compagnon était insupportable. Il ne pouvait pas l'abandonner maintenant. Il n'avait pas le droit de le questionner sur son passé puis de le laisser seul au moment où il avait réellement besoin de lui. Il s'était juré de l'aider et il comptait bien le faire. Peu importait le reste. Il finirait sans nul doute meurtri. Il le savait. Il souffrirait un jour de la façon dont Dean avait de l'attirer à lui avant de le repousser à nouveau. Il aurait peut être même le cœur brisé. Mais il refusait de lui tourner le dos pour autant.

- Ok, je reste, accepta t-il finalement.

Dean roula sur le côté, son dos tourné à Castiel. Ce dernier prit une grande inspiration, ignora les battements frénétiques de son cœur puis s'allongea derrière son compagnon. Il fit en sorte qu'aucune partie de son corps ne touche celui du jeune homme. Il pouvait être là pour lui mais il n'était pas suffisamment fort pour lui apporter un quelconque réconfort physique. Il redoutait plus que tout ce dont il était capable dans de telles circonstances.

- Benny m'aimait … je crois qu'il m'aimait, confia Dean après de longues secondes de silence.

Castiel hocha la tête même s'il n'avait pas connu cet homme et qu'il était incapable de rassurer son compagnon sur ce point.

- Il a voulu … plusieurs fois il a voulu me sauver. Mais … ce qu'il y avait entre nous, c'était … pendant un an … on était toujours ensemble mais on ne pouvait pas … pas devant les autres. J'appartenait à Al … j'appartenais à l'homme qui l'employait et … c'était un combat de tous les jours. Il était mon seul réconfort. Avec lui, j'étais vivant.

Castiel hocha à nouveau inutilement la tête. Dean ne pouvait pas le voir. Et il était presque sûr que le jeune homme ne s'adressait pas réellement à lui. Il semblait se parler à lui même.

- Et ensuite … plus rien … le silence. J'ai cru mourir et j'ai baissé les bras. J'ai laissé A … je l'ai laissé gagner. Il m'a fait tellement de mal … tu n'as pas idée.

Castiel avait une vague idée des horreurs que Dean avait traversé. Mais il ne voyait que le résultat des blessures infligées à son corps. Celles que cet homme avait infligé à son âme, à son cœur et à son esprit restaient invisibles. Elles n'en étaient pas moins atrocement douloureuses. Castiel commençait à réaliser l'ampleur des dégâts que cet homme avait occasionnés. Il avait littéralement détruit le jeune homme. Et l'avait sans doute privé de la personne qu'il aimait. Car à la façon dont Dean en parlait, il se doutait que Benny avait été tué. Sans doute par l'homme qui pensait pouvoir posséder le jeune homme.

- Si tu as envie de moi, Castiel, tu peux … tu peux me prendre tu sais.

Dean avait dit cela avec un tel détachement que Castiel avait la sensation que ce n'était pas la première fois qu'il tenait ces propos. Il avait peur de ce que cela pouvait signifier sur son passé. Mais il préférait ne pas se poser la question. Il soupira longuement à la place et s'approcha sensiblement de son compagnon. Il posa ensuite une main sur sa hanche.

- Non, Dean. On est amis et je veux juste être là pour toi si tu en as besoin.

Ce n'était pas l'entière vérité bien sûr. Il avait très envie du jeune homme. Mais si toutefois quelque chose devait se passer entre eux – et il savait que ce ne serait probablement jamais le cas – il voulait que cela soit consenti et voulu par eux deux. Pas simplement un moyen d'évacuer la pression ou une manière tordue de remercier Castiel pour son soutien. Il était presque sûr que d'autres avant lui n'avaient pas hésité à saisir cette opportunité. Mais Castiel n'était pas comme eux. Il respectait bien trop son compagnon pour profiter de son état.

- Comme tu veux, souffla Dean.

Il ne semblait ni déçu ni soulagé. Il paraissait toujours aussi détaché. Castiel ferma alors les yeux et prit une grande inspiration. Que pouvait il faire pour aider le jeune homme à aller mieux ? En était il seulement capable ? Il n'avait jamais rien vécu de comparable. Il était totalement perdu. Il rouvrit les yeux et fixa la nuque de Dean pendant de longues secondes. Il ne détacha son regard que lorsqu'il sentit le jeune homme reculer jusqu'à ce que son dos soit collé contre son torse. Il attrapa ensuite le bras de Castiel et le passa autour de sa taille jusqu'à ce que sa main soit collée contre son ventre.

- Benny me disait souvent qu'on finirait par être heureux ensemble … qu'on s'enfuirait et qu'on trouverait un endroit où personne ne nous connaîtrait et où on pourrait vivre notre vie librement. C'était une idée agréable … elle m'a souvent aidé à tenir le coup quand les choses allaient mal. Peut être me suit elle encore … j'ai toujours pensé que c'était en partie pour lui que je continuais de traverser les Etats Unis de long en large … un peu comme si je cherchais l'endroit dont il m'avait si souvent parlé. Celui que je ne connais pas mais que j'aimerais tout de même trouver. Même s'il a perdu tout son intérêt sans lui à mes côtés.

Castiel savait que l'alcool avait considérablement délié la langue de son compagnon. Il aurait peut être du lui dire de se t aire et d'attendre d'avoir évacué ce qu'il avait bu avant de choisir ou non de raconter le reste de son histoire. Mais il était fasciné par ce qu'il entendait. Fasciné par la façon dont il parlait de cet homme. Il avait toujours de l'amour pour lui. C'était évident.

- Tu crois que je le trouverais un jour ? Demanda alors Dean.

Castiel fut surpris par la question. Il n'avait aucune réponse. Il ne savait pas exactement ce que Benny lui avait promis quand ils étaient ensemble. Mais il savait que le jeune homme avait besoin d'être rassuré. D'être réconforté. Il sourit.

- Je suis sûr que tu le trouveras, affirma t-il avec conviction.

Il sentit Dean soupirer longuement avant de serrer la main qui reposait sur son ventre. Castiel ferma à nouveau les yeux et pencha légèrement la tête en avant. Il laissa son nez effleurer les cheveux à l'arrière du crâne de son compagnon. Il ne savait pas si ce geste était trop intime ou si Dean l'aurait autorisé dans d'autres circonstances mais il s'en contrefichait pour le moment. Il était bouleversé par ce qu'il avait entendu et par la fragilité évidente du jeune homme. Il avait besoin de cette proximité pour se rassurer à son tour.

- Merci Cas, murmura ensuite Dean.

La voix du jeune homme trahissait sa fatigue et le fait qu'il était sur le point de s'endormir. Castiel choisit de ne rien dire. Il n'avait pas les mots adéquats pour faire comprendre à son compagnon qu'il n'avait aucune raison de le remercier. Il se contenta donc de rester immobile, son nez toujours enfoui dans les cheveux du jeune homme, sa main emprisonnée dans la sienne et appuyée contre son ventre plat. Il se repassa en tête les évènements de la soirée et tenta de remettre en place toutes les pièces du puzzle. Il ne ressentait aucune jalousie envers Benny comme il aurait pensé en ressentir au moment où Dean lui avait avoué être déjà tombé amoureux. Bien au contraire. Il avait de l'admiration pour cet homme qui avait sans doute sacrifié sa vie pour celle de son compagnon. Il aurait aimé pouvoir le remercier de l'avoir aimé et de l'avoir aidé. Car Castiel savait qu'il lui devait la présence de Dean à ses côtés dans ce voyage. Benny avait probablement sauvé la vie de Dean. Et le jeune homme l'aimait toujours de tout son cœur. C'était évident dans sa façon d'en parler. Il ne pouvait pas lui en vouloir. Cela expliquait son refus de s'engager avec qui que ce soit. Cela expliquait les hommes et femmes de passage, uniquement là pour satisfaire un besoin. Il n'y avait aucune place de libre dans le cœur de Dean. Tout était occupé par Benny. Et c'était sans doute mieux ainsi. Castiel savait qu'il n'avait aucune chance d'y pénétrer autrement que comme un ami. C'était déjà beaucoup. Avoir la confiance de Dean était plus que ce qu'il était en droit d'espérer au vu de son passé douloureux. Le jeune homme était libre d'aller et venir à présent. Mais quelque part, dans sa tête et dans son cœur, il était toujours prisonnier de l'homme qui l'avait fait souffrir. De l'homme qui lui avait arraché Benny. Castiel savait que son désir de fuite permanent était du à sa crainte de retomber dans ses filets. Du également à sa volonté de trouver un endroit comme celui que Benny lui avait décrit de nombreuses fois. Un endroit où ils auraient pu être heureux ensemble et où il n'avait aucune chance d'être heureux seul. Un endroit qu'il avait besoin de voir pour s'assurer que l'espoir était permis. Que Benny n'avait pas menti. Il le trouverait peut être un jour. Castiel le lui souhaitait de tout son cœur.

Dean ronflait à présent doucement devant lui, son ventre se soulevant à intervalles réguliers au rythme de sa respiration apaisée. Castiel se concentra dessus pendant de longues secondes. Il savait qu'il y aurait sans nul doute de la gêne quand ils se réveilleraient. Mais pour le moment, il avait besoin de repos pour s'éclaircir quelques peu les idées. Il inspira profondément et laissa l'odeur de Dean lui emplir les narines et chasser un peu du stress accumulé jusque là. Il s'endormit sans réellement s'en rendre compte, épuisé par ce qu'il avait vécu. Il rêva du jeune homme se tordant de douleur sous les coups d'un homme sans visage.