Chapitre 5

Lorsque Liz se réveilla le lendemain, elle sentit les bras de Red autour d'elle. De toute évidence, ils avaient bougé pendant la nuit, car elle lui faisait à présent face, toujours nue, et Red avaient passé ses bras autour d'elle, dont l'un était très bas dans son dos. Elle avait glissé l'une de ses jambes entre celles de son compagnon d'infortune et sentait parfaitement l'effet qu'elle lui faisait et, à sa grande surprise, cela l'amusa. Le grand Raymond Reddington était comme n'importe quel homme.

Elle observa le visage détendu de Red et se mit à réfléchir à ce qu'elle ressentait en sa présence. Au début c'était de la fascination et un peu de peur, puis elle avait appris à le connaître un peu mieux et pendant un temps elle lui avait fait confiance, au moins pour sa sécurité. Puis il y avait eu la mort de Sam et elle s'était sentie trahie et depuis elle n'avait eu de cesse de maintenir une distance entre eux, parce que le meurtre de Sam lui avait fait tellement mal. Mais il avait malgré tout continué à la protéger, à faire son possible pour qu'elle soit hors de danger et elle s'était sentie possessive envers lui. Au point d'être jalouse de la propre fille de Red.

Etait-elle attirée par lui ? Si elle était honnête avec elle, elle dirait que oui et qu'elle l'était probablement depuis le début. L'aura de danger et de mystère qui entourait Raymond Reddington aurait attiré n'importe qu'elle femme, mais ça n'était qu'un désir physique, n'est-ce pas ?

Foutaise ! À qui voulait-elle faire croire ça ? Si ça n'était que du désir elle ne se sentirait pas aussi possessive envers Red. Elle était amoureuse de Raymond Red Reddington. Elle allait devoir cacher cela, si ça se savait, elle pouvait dire adieu à son boulot. Et Red finirait forcement par le découvrir et elle ignorait comment il pourrait réagir.

Ce fut la soudaine tension de Red qui lui apprit qu'il était réveillé. De nouveau amusée par la situation, elle pouffa doucement, indiquant à Red qu'elle était aussi réveillée. Ce dernier soupira alors.

- Je vous amuse, Lizzie ?

- C'est juste que la situation me prouve que vous n'êtes qu'un homme, alors que vous semblez être bien plus dans votre beau costume trois pièces.

Un nouveau soupir échappa à Red faisant rire un peu plus la jeune femme. Cette dernière, taquine, bougea doucement sa jambe, faisant gémir l'homme.

- Lizzie !

Il relâcha la jeune femme et s'écarta doucement, voulant s'éloigner un peu mais Liz avait une autre idée, elle devait savoir ce que Red ressentait pour elle exactement. Sans prévenir, elle s'installa à califourchon sur le criminel, faisant se tendre celui-ci un peu plus.

- Lizzie, je ne pense pas que ce soit une bonne idée.

- Vous aviez raison, je suis jalouse et possessive avec vous, annonça Lizzie. Et j'ai beau dire ce que je veux, la vérité c'est que je ne ressentirais pas ces sentiments si je n'avais pas de l'affection pour vous.

- Lizzie, stop ! Il ne faut pas, ça pourrait être dangereux pour vous, interrompit Red.

- Je veux bien arrêter, Red. Mais alors dites-moi comment faire ? Comment je pourrais arrêter de…

- Ne le dites pas, Lizzie, prévint Red.

- Sinon quoi, Red ?

- Sinon, cela deviendra réel et vous serez en danger.

- Je suis déjà en danger, depuis que vous êtes entré dans ma vie, je suis en danger. Et je parle de notre toute première rencontre dans les flammes de ma maison. Je suis en danger depuis l'instant où vous vous êtes suffisamment soucié de moi pour me sortir d'une maison en feu.

- Lizzie…

- Je suis tombée amoureuse de vous Red, j'ignore quand, j'ignore comment, mais la vérité est là, je vous aime. Et je sais que vous avez de l'affection pour moi.

- Vraiment et comment pouvez vous savoir cela ? Mon désir pour vous est évident étant donné que vous êtes assise dessus.

A cette remarque Elizabeth rougit, car oui elle était assise sur l'entre jambe de Red, même si elle n'avait pas particulièrement visé cet endroit lorsqu'elle s'était assise à califourchon sur le criminel, mais elle ne bougea cependant pas et essaya de reprendre contenance avant de répondre à sa question.

- Anslo Garrick. Lorsqu'il a attaqué le blacksite et que vous vous êtes retrouvé enfermé dans la boite, vous n'êtes pas sortie pour Luli et vous ne seriez pas sorti pour Dembe, mais vous êtes sorti pour moi.

Red détourna le regard, mal à l'aise devant cette vérité, puis il poussa un soupir et se redressa la jeune femme toujours sur lui, son visage à quelques centimètres de celui de Liz.

- Red, souffla la jeune femme.

Le criminel baissa son regard sur les lèvres de la jeune femme, puis avec douceur il glissa sa main derrière la nuque de sa jeune protégée.

- On ne pourra pas revenir en arrière après et si jamais ça se sait vous risquerez énormément.

- Ne me dites pas que vous êtes incapable de garder un secret, murmura Elizabeth avec un léger sourire. M'aimez-vous Red ?

Pour toute réponse Red attira le visage de Liz et pressa ses lèvres contre les siennes avec tendresse. Ils s'embrassèrent pendant encore quelques minutes, jusqu'à ce que des coups furent frappés à la porte.

- Raymond ? Appela Dembe. Es-tu réveillé ?

Le criminel haletait suite au baiser partagé avec Liz, cette dernière avait enfoui son visage dans le cou de Red et caressait doucement les cicatrices dans le haut du dos de ce dernier.

- Oui, Dembe, nous arrivons.

Ils entendirent le jeune homme s'éloigner.

- Il vient toujours te réveiller ? demanda doucement Liz.

Red frissonna en sentant le souffle de Liz contre son cou et en entendant le tutoiement de celle-ci.

- On ferait mieux d'y aller, d'autant plus qu'il va falloir passer par la salle de bain pour régler ton petit problème, s'amusa la jeune femme.

- Un jour je te ferais payer ces petites taquineries, promit Reddington d'une voix roque.

- Des promesses, toujours des promesses, répliqua Liz en se levant.

Elle tendit la main vers Red et laissa ce dernier s'en emparer avant de le guider vers la salle de bain, là ils prirent une douche rapide chacun leur tour. Liz lui laissant le temps de régler son petit problème seul.

Puis, ils rejoignirent la salle à manger et prirent leur petit déjeuner dans un silence confortable sous le regard intrigué de Dembe.

- Nous pourrions sortir, proposa alors doucement Liz à la fin du repas. Je n'en peux plus de rester enfermée ici.

- Ca ne serait pas prudent, nota Dembe.

- Dembe a raison Lizzie et puis nous ne serions pas discrets avec les menottes, nota Red en levant son bras pour démontrer son propos.

- Les gens penseront que c'est un truc sadomasochiste, répondit Liz en haussant les épaules. Et puis ce qu'ils pensent je m'en fiche un peu. Ray, je vais devenir folle à rester ici.

Dembe haussa un sourcil face à l'utilisation du prénom de son ami par la jeune femme. Puis comprenant finalement il eut un léger sourire amusé, ça ne le surprenait pas tant que ça et ça expliquerait l'obsession de son frère pour la jeune femme.

- Très bien, soupira alors Reddington. Laisse-moi le temps d'appeler mes hommes pour qu'ils gardent un œil sur nous et on pourra sortir.

La jeune femme acquiesça pendant que Dembe tendait son portable à Red, ce dernier composa le numéro de l'un de ses mercenaires et lui donna des instructions. Puis il se tourna vers Liz.

- Alors que voulez vous faire ?

La jeune femme fronça les sourcils, elle n'avait pas vraiment réfléchi à la question, tous ce qu'elle voulait c'était sortir se cette suite d'hôtel.

- On pourrait passer au blacksite rapidement pour voir où ils en sont et après… je ne sais pas… surprenez moi, défia la jeune femme.

Red eut un léger rire à ce défi lancé par la jeune femme et il acquiesça. Ils se préparèrent rapidement avant de descendre rejoindre le parking. Et dès l'instant où ils avaient quitté la sécurité de leur suite, Dembe fut particulièrement sur ses gardes. Parce que quelque chose lui disait que Raymond ne l'était pas autant que d'habitude.

Ils firent un premier arrêt au blacksite, où ils furent l'objet de regard en coin et de murmures. Mais comme Elizabeth l'avait dit, elle ne s'en préoccupa pas. Peu lui importait ce que ses collègues pouvaient dire dans son dos, tant que cela ne restait que des bruits de couloir et des rumeurs. Aram et Cooper, qui étaient les seuls membres de l'équipe à encore être au blacksite, leur firent un rapport. Apparemment, leur piste n'avait conduit qu'à une autre piste et le contact de Red ne leur avait pas été d'un grand secours, malheureusement. Et pendant que Red discutait à voix basse avec Cooper, Aram engagea la conversation avec Liz.

- Agent Keen ? Est-ce que tout va bien ?

- Oui. Pourquoi cette question, Aram ? demanda la jeune femme avec surprise.

- Et bien… l'agent Ressler nous a dit que Monsieur Reddington vous avez blessé.

A cette remarque Liz leva les yeux au ciel.

- Et bien je vais vous dire ce que j'ai dit à Don. Je vais bien. C'était un accident. Et je ne suis pas en sucre, je sais prendre soin de moi. Merci.

Elle savait qu'Aram était juste inquiet pour elle parce que sa situation ne semblait pas enviable vu de l'extérieur. Et elle ne l'était pas vraiment, mais le temps passé avec Red lui avait permis de faire le point et surtout de libérer le poids qui pesait sur son cœur. Mais si quelque chose lui disait qu'une relation avec Raymond Reddington ne serait pas de tout repos.

Sentant la tension de la jeune femme, Red mit fin à sa conversation avec Cooper et s'approcha de la jeune femme, tirant légèrement sur la chaîne qui les reliait pour qu'elle lui fasse face. Il nota alors l'étincelle d'énervement dans son regard.

- Avez-vous fini ici, Lizzie ? demanda doucement le criminel.

- Oui, répondit la jeune femme, sortons, il faut que j'aille prendre l'air.

- Est-ce vraiment prudent ? demanda Cooper avec inquiétude.

- Mes hommes veillent sur nous, soyez sans crainte Harold et si cela peut vous rassurer, Lizzie n'aura qu'à vous appeler lorsque nous serons rentrés en sécurité.

Il entendit la jeune femme marmonner sur le fait que Cooper n'était pas son père et cela le fit doucement sourire, puis il posa sa main dans le dos de la jeune femme et la guida vers l'ascenseur. Une fois sortis sur le parking, ils se dirigèrent vers la voiture de Red à l'intérieur de laquelle les attendait Dembe.

La voiture était à peine sortie du parking, que Red se tourna vers Lizzie en sortant un foulard de soie noir de sa poche.

- Ray ?

- As-tu confiance en moi ? demanda simplement l'homme.

Liz l'observa quelques secondes qui parurent interminables au criminel puis elle ferma les yeux, donnant son accord pour que Red les lui bande avec le foulard qu'il tenait. Ce dernier lui noua doucement tout en lui promettant qu'elle ne serait pas déçue par sa surprise.