Coucou à tout le monde !
J'espère que vous avez passé un très joyeux réveillon et un super Noël !
Je n'ai pas pu publier hier puisque je n'étais pas chez moi mais je publie le nouveau chapitre ce matin.
J'espère qu'il vous plaira !
Merci de continuer à me lire et à m'écrire
Bonne lecture
Sydney8201
Musique du chapitre :
What if you de Joshua Radin
Chapitre 9 : Un mensonge de trop
« Le mensonge est un os qu'on jette aux autres mais qui vous étrangle »
Anonyme
Les choses avaient été étrangement normales entre eux depuis la nuit qu'ils avaient passée dans le même lit à Kansas City. Dean n'avait à aucun moment semblé gêné par ce qu'il avait pu confesser à Castiel avant de s'endormir et ce dernier avait stocké les informations dans un coin de son esprit au cas où il en aurait besoin plus tard. Ils ne parlèrent pas non plus de ce qui avait pu pousser Dean à boire autant et à frapper contre le mur jusqu'à se casser un doigt. Le jeune homme accepta de passer une radio qui confirma le diagnostic de Castiel et il ressortit de l'hôpital avec une attelle et une prescription pour des antidouleurs. Le garagiste les appela deux jours plus tard pour leur dire que leur voiture était prête et ils reprirent aussitôt la route en direction de Saint Louis. Sur le chemin, Dean sortit le petit guide touristique qu'il avait acheté à Kansas City. Il en lut plusieurs passages à Castiel discutant des endroits qu'il ne voulait pas manquer et de ceux qu'il préférait éviter. Ils s'entendirent sur un arrêt rapide à Saint Louis puis sur la route à suivre pour se rendre à la Nouvelle Orléans. Ils prévirent de s'arrêter plusieurs fois en chemin. Natchez. Vicksburg. Dean avait des dizaines d'idées et un enthousiasme visiblement débordant quant à ce qu'ils allaient voir.
Castiel repensait souvent à ce que le jeune homme lui avait confié. Il pensait à l'homme qui l'avait fait souffrir et à celui qu'il avait aimé. Il aurait voulu avoir plus d'informations. Il aurait aimé pouvoir comprendre exactement ce que Dean avait traversé pour l'aider à se sentir mieux. Mais comme depuis le début de leur route ensemble, il se contenta d'écouter Dean parler de tout et surtout de rien sans jamais poser les questions qu'il brûlait d'envie de poser.
Ils roulèrent sans se presser, appréciant le paysage autour d'eux et la chaleur étouffante du Sud des Etats Unis. Castiel se familiarisa un peu avec les goûts musicaux de son compagnon – tous groupes de rock des années soixante dix et des années quatre vingt – et accepta de partager avec le jeune homme son amour inconditionnel de Peter Gabriel et de Genesis. Ils débattirent du talent des Pink Floyd et de celui de Led Zeppelin. Ils plaisantèrent des artistes actuels et de leurs chansons pour adolescentes pré-pubères. Ils rirent de la bêtise des gens au volant ou tout simplement des choses qu'ils trouvaient ridicules autour d'eux.
Castiel aimait voir son compagnon détendu et souriant. Il aimait également l'idée qu'il y était pour quelque chose. Sa confession l'autre soir l'avait peut être libéré d'un poids. Castiel voulait y croire. Et avec Dean aussi joyeux à côté de lui, il finit par être heureux à son tour. Il oublia l'homme sans visage qui habitait ses cauchemars depuis quelques jours. Il oublia Benny et sa mort probable. Il oublia tout.
Quand ils arrivèrent enfin à Saint Louis, Castiel se sentait plus léger et confiant. Il se sentait libre.
Ils trouvèrent un motel non loin de la route où ils prirent deux chambres pour deux nuits. Dean partit immédiatement se coucher et Castiel sortit chercher de quoi manger avant de s'installer devant sa télévision. Il s'endormit rapidement après s'être couché. Pour une fois, il ne rêva pas.
Le lendemain, Dean l'entraîna pour visiter la fameuse arche qui se trouvait au centre ville. Ils montèrent tout en haut et ne trouvèrent rien à dire devant le spectacle qui s'offrait à eux. Ils restèrent de longues minutes à contempler le monde en dessous. Dean fit quelques photos avec son téléphone et obligea Castiel à poser sur l'une d'elle. Ils redescendirent avec un sourire sur les lèvres avant d'aller déjeuner et de se balader dans la ville toute l'après midi. Ils mangèrent dans un restaurant proche du motel le soir avant de se séparer à nouveau pour la nuit.
Castiel dormit toute la nuit sans se réveiller une seule fois. Il ne fit aucun cauchemar et se réveilla reposé et calme. Il rejoignit Dean pour le petit déjeuner. Ils s'entendirent pour passer la journée à ne rien faire et à profiter du soleil. Ils s'installèrent autour de la piscine du motel avec un soda chacun et un paquet de chips que Dean avait acheté au distributeur. Le jeune homme refusa d'aller se baigner et de retirer son tee-shirt. Il se contenta de s'allonger sur une des chaises longues et de lire attentivement le guide touristique pour se renseigner sur leur prochaine destination. Castiel enfila son maillot de bain et fit quelques longueurs dans la piscine pour se rafraichir. Il s'installa ensuite à côté de son compagnon et entama la lecture d'un roman qu'il avait emmené avec lui. Ils mangèrent non loin du motel une nouvelle fois avant de s'installer pour un après midi devant la télévision. Ils regardèrent une rediffusion de la trilogie Die Hard. Dean vouait de toute évidence un véritable culte à Bruce Willis et à John Mc Clain. Il connaissait les répliques par cœur et Castiel s'amusa de l'entendre les prononcer à voix basse avant les acteurs. Quand les trois films furent terminés, le jeune homme se proposa pour aller leur chercher à manger. Castiel le laissa faire, profitant de son absence pour prendre une douche rapide. Il retourna ensuite dans la chambre de son compagnon et s'installa sur le lit pour regarder les informations.
Il s'était tenu éloigné des actualités depuis son départ de chez lui. Il se fichait de ce qui pouvait se passer dans le monde et préférait de loin se concentrer sur sa propre vie et sur ses problèmes. Il écouta toutefois avec attention les dernières informations. Comme il s'y était attendu, il n'y avait aucune bonne nouvelle. Les mêmes guerres qu'à son départ continuaient de tuer des innocents partout dans le monde. Une épidémie menaçait une partie de l'Afrique. L'Europe était embourbée dans ses problèmes financiers. Les Etats Unis luttaient contre la violence, le terrorisme et le chômage. Un jeune couple d'hommes avait été tabassé dans les environs de Dallas. Une actrice était morte. La star du moment préparait une tournée mondiale. Castiel soupira. Le monde était le même qu'à son départ. Rien ne changeait. C'était étrange pour lui de voir à quel point il semblait avoir évolué au fil des jours quand tout autour de lui restait pareil. Il ne pouvait s'empêcher de se demander quelle était sa place dans ce monde. S'il en avait réellement une ou s'il vivait en marge. Sa vie avait été totalement bouleversé et pourtant, rien ne changeait autour de lui.
Le présentateur évoqua ensuite la capture par le FBI d'un homme apparemment recherché depuis plusieurs mois et dont le nom était inconnu de Castiel. De toute évidence, il était impliqué dans une série de meurtres et dans plusieurs trafics qui lui avaient valu un casier judiciaire long comme le bras. Il avait été appréhendé non loin d'eux, aux environs de Saint Louis. Castiel frissonna. Ils l'avaient peut être croisé sur la route sans le savoir. Parfois, la vie était étrange. Le présentateur expliqua comment cet homme faisait parti d'une organisation criminelle apparemment très connue et qui sévissait depuis des années partout aux Etats Unis. Le chef était inconnu de la police et du FBI. Son nom n'avait jamais filtré et ils n'avaient aucune idée de qui il pouvait s'agir. Un journaliste spécialisé prit ensuite la parole pour expliquer que sa capture avait été consécutive à la découverte de la mort de l'un de ses partenaires et membre de la même organisation criminelle. Azazel était le seul nom que le journaliste donna au présentateur. Castiel regarda son visage s'afficher sur l'écran d'un œil curieux. Il avait un physique ordinaire pour un meurtrier multirécidiviste. Castiel écouta le reste des explications du journaliste d'une oreille distraite. Quand le présentateur reprit la parole pour raconter comment Azazel avait été assassiné un an plus tôt et que son meurtrier courrait toujours, Castiel choisit de changer de chaine. Il n'aimait pas ce qu'il entendait et il refusait de se déprimer en écoutant combien de gens cet homme avait tué et avec quelle cruauté. Il ne comprenait pas le monde autour de lui. Il ne comprenait pas qu'on puisse faire du mal à des innocents simplement par pur plaisir. Parfois, les hommes le dégoûtaient.
Il choisit une chaîne qui diffusait un vieux sitcom qu'il se souvenait d'avoir déjà vu puis jeta un coup d'oeil autour de lui. Dean avait laissé son sac ouvert sur la commode à sa droite. Il l'avait ouvert pour en sortir des vêtements. Castiel entraperçut le rebord d'une photo qui dépassait d'une des poches extérieures. Il détourna les yeux, sa curiosité se réveillant brutalement. Il n'avait pas le droit de fouiller dans les affaires du jeune homme. Il refusait d'être ce genre de personne.
Sans réellement s'en rendre compte, il se leva du lit et se dirigea vers le sac de son compagnon. Il approcha sa main de la photo qui dépassait. Quand il l'effleura des doigts, il recula d'un pas. Dean n'allait pas tarder à rentrer. S'il le trouvait en train de fouiller dans ses affaires, il risquait de se mettre en colère. Il aurait eu raison. Mais Castiel n'était pas suffisamment fort pour lutter contre son envie de voir qui se trouvait sur la photo. Il s'approcha à nouveau du sac et attrapa le cliché pour le sortir de la poche. Quand il le retourna, il aperçut Dean dessus, assis à une table avec un autre homme sensiblement plus vieux que lui. Le jeune homme ne devait pas avoir plus de dix sept ou dix huit ans sur la photo. Il avait encore quelques rondeurs enfantines sur son visage. Ses cheveux étaient plus longs que maintenant, ses joues totalement imberbes. Il souriait à la personne installée à côté de lui. Il était magnifique. Castiel détacha ses yeux de son compagnon et se concentra sur l'homme qui semblait rire avec lui. Il devait avoir vingt cinq ou vingt six ans. Il avait les cheveux bruns et coupés très courts. Ses yeux étaient d'un bleu extrêmement clair. Ses joues étaient couvertes d'une fine barbe soigneusement entretenue. Il avait les mâchoires carrées et paraissait particulièrement musclé. Castiel le trouvait plutôt séduisant. Dean semblait très en confiance à ses côtés et plus heureux qu'il ne l'avait été depuis leur rencontre. Il y avait quelque chose d'insouciant dans sa façon de sourire. Ses yeux brillaient intensément. Ils reflétaient ce que le jeune homme ressentait pour l'homme assis à ses côtés. Castiel comprit alors de qui il s'agissait. Il déglutit avec peine. Benny. L'homme que Dean avait aimé. C'était lui sur la photo. Et son compagnon le regardait avec adoration. Avec fascination. Il aurait tout donné pour que le jeune homme le regarde un jour de la même manière. Il savait que ce ne serait jamais le cas. Il avait fait son deuil de cette idée absurde. Il observa la photo à la place, captivé par le visage de Dean. Par ce qu'il pouvait lire dans ses yeux et dans son sourire. Par ce que le jeune homme aurait pu être avant si un monstre n'avait pas tout brisé. C'était le Dean sans les cicatrices. Le Dean d'avant la fuite. Celui dont Castiel serait probablement tombé amoureux s'il l'avait rencontré.
Après de longues secondes de contemplation, il finit par ranger la photo là où il l'avait trouvé. C'était douloureux d'être ainsi le témoin de ce qu'avait été la vie de Dean avait les souffrances. De voir le garçon qu'il avait été à cette époque et d'établir des comparaisons avec l'homme qu'il était devenu. Castiel n'aimait pas la longue liste de différences qui s'établissait doucement dans son cerveau. Il déglutit avec peine et allait tourner les talons quand quelque chose attira son regard dans le sac de son compagnon. Il souleva la chemise qui se trouvait sur le dessus et tomba nez à nez avec une arme à feu. Castiel recula aussitôt d'un pas, terrifié. Il n'avait jamais vu de revolver de sa vie. Il savait que beaucoup d'Américains en avaient chez eux. Mais il avait toujours été opposé à leur libre circulation. Il y avait trop d'accidents pour qu'on continue de fermer les yeux sur leur dangerosité. Ei il détestait l'idée que Dean puisse en avoir une sur lui.
Castiel prit une grande inspiration puis se pencha à nouveau au dessus du sac. L'arme semblait le narguer à l'intérieur. Elle était couleur argent, imposante et terrifiante. Elle était également magnifique. La crosse était recouverte d'un matériau qui ressemblait à de la nacre et qui brillait sous la lumière de la chambre. Le canon était gravé sur toute la longueur. Les dessins étaient complexes et fins, ressemblant à certains des tatouages de Dean. C'était une véritable œuvre d'art. Mais une qui pouvait donner la mort. Une que Castiel aurait préféré voir sous verre dans un endroit sécurisé plutôt que dans le sac de son compagnon de voyage.
Il pouvait comprendre le désir de Dean d'être armé. Il savait en partie ce que le jeune homme avait traversé. Il devait ressentir le besoin de se protéger et de se défendre à tout moment. Mais il détestait qu'il ait choisi de lui mentir à ce sujet. Il supposait que ce n'était pas quelque chose de facile à dire. Mais il aurait aimé être au courant. Il voyageait avec Dean depuis plusieurs semaines. Ils passaient tout leur temps ensemble et il aurait du savoir que son compagnon était armé. Ce n'était pas quelque chose qu'on pouvait garder pour soi.
De surcroît, cela rendait la dangerosité de voyager avec Dean plus évidente encore. Il avait cherché à ignorer les risques depuis qu'il en savait un peu plus sur le jeune homme. Il avait refusé de penser que l'homme qui avait fait du mal à son compagnon pouvait être à sa recherche et qu'il n'hésiterait probablement pas à tuer Castiel pour le récupérer. Il avait tenté de ne surtout pas imaginé comment Dean avait pu croiser le chemin de ce monstre. Il avait mis de côté la peur que Dean avait de la police. Mais voir une arme dans son sac, la toucher du bout des doigts, lui rappelait qu'il ne savait rien du jeune homme. Il n'avait aucune idée de ce qu'il avait pu faire par le passé. Il pouvait parfaitement être dangereux. Il pouvait avoir menti. Castiel déglutit avec peine. Cette arme le renvoyait à tout ce sur quoi il avait fermé les yeux jusque là et il ne savait plus quoi penser.
Il avait envie de sortir l'arme du sac et de la jeter quelque part où Dean ne pourrait pas la retrouver. Il avait envie d'ignorer l'incident et de reprendre leur voyage comme si rien ne s'était passé. Mais il savait que c'était impossible. Car à présent, il se sentait en danger en présence du jeune homme et il doutait de pouvoir l'ignorer plus longtemps. Il allait devoir confronter Dean et lui poser les questions qui le taraudaient depuis un moment maintenant.
Castiel prit finalement l'arme dans ses mains et l'approcha de son visage. Il était complètement fasciné par le métal du canon et par les dessins qui le couvraient entièrement. Il se demandait comment Dean l'avait obtenu. Elle ne ressemblait pas à une de ces armes ordinaires qu'on pouvait acheter dans les armureries. Elle semblait ancienne et précieuse. Peut être l'avait il hérité d'un proche ? Ou volé ? Castiel s'en voulut de penser ce genre de choses. Mais savoir que Dean était armé le renvoyait aux craintes qu'il avait eu au tout début. Il n'avait sans doute pas été suffisamment prudent en acceptant de prendre un inconnu en stop et en continuant son voyage en sa compagnie. Bien sur, il se souvenait de la confiance quasi aveugle qu'il avait eu en le jeune homme presque aussitôt, sans réellement en connaître la raison. Il savait que depuis leur rencontre, Dean lui avait avoué certaines choses qui expliquaient son comportement étrange. Mais il restait énormément de zones d'ombre. Trop sans doute pour que Castiel puisse être totalement rassuré. Il avait senti Dean sincère quand il lui avait parlé de son passé et de l'homme qui lui avait fait tant de mal. Mais il n'avait pas donné suffisamment d'informations pour que Castiel cesse de se poser des questions. Il n'avait aucun nom. Aucune idée de nombre de jours ou de mois que Dean avait passé avec ce monstre. L'un dans l'autre, il ne savait presque rien de son compagnon. Il avait fermé les yeux trop longtemps. Il était temps pour lui de demander des explications. Et de donner au jeune homme sa façon de penser quant à l'arme qu'il gardait dans son sac.
- Je peux savoir ce que tu fais ? Demanda Dean, faisant sursauter Castiel.
Il manqua de lâcher l'arme qu'il tenait dans sa main en entendant la voix du jeune homme dans son dos. Il ne l'avait pas entendu entrer. Il devait être totalement perdu dans ses pensées. Il le regretta aussitôt. Comment le jeune homme allait il réagir en apprenant qu'il avait fouillé dans ses affaires ?
- Cas, qu'est-ce que tu fais avec mon sac ?
Castiel prit une grande inspiration puis se décida à faire face à Dean. Il pouvait continuer à l'ignorer mais il doutait que cela serve réellement à quelque chose. Il devait l'affronter s'il voulait lui poser les questions qui tournaient en boucle dans son esprit. Même s'il était terrifié à l'idée de le faire. Le bon point était que l'arme était actuellement dans ses mains et qu'il ne risquait pas de la voir se retourner contre lui si toutefois Dean était réellement en colère.
- Qu'est-ce que c'est que ça ? Demanda t-il quand il fut face au jeune homme.
Ce dernier baissa les yeux sur l'arme qu'il serrait entre ses mains et soupira longuement. Castiel s'était attendu à ce qu'il emporte immédiatement. C'était un bon point qu'il soit aussi calme. Même s'il semblait passablement agacé.
- C'est une arme Castiel … une arme à feu, répondit Dean calmement.
Il voulait jouer les idiots. Peut être décourager Castiel d'aller plus loin. Mais cela ne fonctionnerait pas. Cette fois, il allait devoir se montrer totalement honnête. Peu importait que cela lui plaise ou non.
- Je sais ce que c'est, répliqua Castiel froidement. Ce que je veux savoir c'est ce que cela fait dans ton sac !?
Dean croisa ses bras sur son torse et haussa les épaules. Il ne semblait pas particulièrement inquiet de savoir son arme entre les mains de Castiel. Mais malgré son air détaché et son apparente décontraction, Castiel pouvait deviner qu'il était en colère.
- Une milice bien organisée étant nécessaire à la sécurité d'un Etat libre, le droit qu'a le peuple de détenir et de porter des armes ne sera pas transgressé, récita Dean en gardant ses yeux rivés dans ceux de Castiel.
Ce dernier secoua la tête, agacé par le petit jeu que son compagnon jouait. Il ne voyait pas l'intérêt de tourner ainsi autour du pot. La situation était capitale pour leur avenir. Dean aurait du le sentir.
- Je connais le deuxième amendement Dean mais merci de me rafraichir la mémoire.
- Alors pourquoi me poser une question aussi stupide ? Les citoyens de ce pays ont le droit de détenir des armes et je ne fais que suivre la constitution. Fin de la discussion.
Mais pour Castiel, ils n'en avaient pas fini et il était hors de question de laisser Dean s'échapper aussi facilement. Il ne remettait pas en cause le droit intrinsèque de son compagnon de détenir une arme. Mais il s'interrogeait sur la raison de sa présence dans son sac.
- Je ne dis pas que tu n'as pas le droit d'en avoir une … je veux simplement savoir pourquoi tu en ressens le besoin, jeta t-il en levant l'arme devant lui.
Il la garda toutefois fermement enfermée entre ses mains pour empêcher Dean de pouvoir la récupérer. Il ne croyait pas le jeune homme capable de lui tirer dessus avec. Mais il ne l'avait pas cru non plus du genre à avoir un révolver entre deux chemises dans son sac à dos.
- Je voyage seul depuis plus d'un an Cas et il arrive que je … il arrive que je tombe sur des gens moins bien intentionnés que toi. Il faut que je puisse me défendre. Mais si ça peut te rassurer, je n'ai jamais tiré avec. Et elle appartenait à mon père. Je ne l'ai pas acheté.
Cela ne rassurait absolument pas Castiel. Car si Dean avait effectivement avoué ne jamais avoir eu besoin de se servir de son arme, lui n'avait entendu que le « encore » qui était sous entendu en fin de phrase. Il voulait bien croire que son compagnon ait pu être confronté à des personnes mal intentionnées. Mais il savait que ce n'était pas la seule chose qui expliquait son désir d'avoir une arme sur lui.
- Les gens dans ta situation emmènent généralement une bombe au poivre avec eux … pas une arme à feu ! Protesta t-il.
Dean ricana une seconde, visiblement amusé par ce qu'il entendait. Castiel ne voyait pas en quoi cela pouvait être drôle. Il n'aimait pas que son compagnon ne prenne pas leur discussion au sérieux.
- Une bombe au poivre ? Je t'en prie Cas … je ne suis pas une gamine de seize ans dont les parents ont peur de la voir rentrer seule de l'école … j'ai besoin de cette arme parce qu'il m'arrive d'être confronté à des gens dangereux et que je refuse de me faire tuer simplement parce qu'il n'est pas morale selon certains d'avoir une arme à feu sur soi !
- Quels gens Dean ? Quels gens peuvent te faire aussi peur ?
- Je n'ai pas peur ! Protesta Dean aussitôt.
Ca n'avait aucun sens. Dean était de toute évidence totalement terrifié par quelqu'un. Sans doute par la personne qui lui avait infligé toutes ces cicatrices. Et c'était là tout le cœur du problème. Castiel voulait savoir s'il était risqué pour lui de continuer à voyager avec le jeune homme.
- Tu es terrifié, c'est évident. Tu peux me mentir tant que tu veux mais … je peux le lire sur ton visage. Tu as peur et c'est pour ça que tu gardes cette arme. J'ai besoin de savoir de qui … j'ai besoin de savoir de qui tu as aussi peur. Parce que je te signale que si cette personne est à ta recherche, je vais me trouver moi aussi dans la ligne de mire et je le refuse !
- Tu es complètement parano.
Castiel leva les yeux au plafond, agacé par les accusations du jeune homme. Il prit une grande inspiration puis soupira longuement. Il ne devait surtout pas perdre son calme. Il était important qu'il garde son sang froid pour se montrer le plus clair possible.
- Ecoute Dean … je ne te demande pas les détails parce qu'honnêtement, à ce stade, je m'en fiche complètement. Mais je veux que tu me dises si oui ou non, il y a des gens qui sont à ta recherche et … et si je dois avoir peur qu'ils finissent par nous trouver.
Dean baissa les yeux sur ses bras qu'il avait gardé croisés sur son torse et secoua la tête. Pendant de longues secondes, il resta complètement silencieux. Il semblait avoir besoin de quelques minutes pour trouver quelque chose à dire. Castiel espérait que ce serait ce qu'il avait besoin d'entendre et pas une autre remarque inutile et insultante à son égard.
- Tu sais quoi Cas ? Lança finalement Dean.
Castiel secoua la tête alors que son compagnon relevait enfin la tête pour le regarder dans les yeux.
- Va te faire foutre … je ne te dois rien, ajouta le jeune homme.
Il ne cherchait plus à masquer sa colère. De toute évidence, il avait décidé de la laisser s'exprimer. Et son ton avait quelque chose d'assez effrayant. Il était froid et dur. Implacable. Castiel sentit un frisson lui remonter la colonne vertébrale. Il serra un peu plus fortement l'arme dans sa main.
- Je ne te dois rien et je n'ai pas l'intention de répondre à tes questions. Je t'ai dit mille fois que je n'étais pas dangereux. Je ne peux pas t'obliger à me croire !
Castiel passa sa main libre sur son visage. Dean ne comprenait pas. Ou du moins, il refusait de comprendre ce qu'il cherchait à lui dire.
- Ce n'est pas de toi dont j'ai peur même si trouver une arme dans ton sac n'est pas franchement réconfortant mais … je te fais confiance … ne me demande pas pourquoi, tu ne m'as donné aucune raison de le faire mais c'est plus fort que moi. Je continue à croire que tu ne me feras pas de mal. Ce sont des gens dont tu m'as parlé que j'ai peur … celui ou ceux qui t'ont fait ces cicatrices. Ceux qui sont de toute évidence à tes trousses et contre lesquels tu envisages d'utiliser une arme à feu !
Dean fit un pas dans la direction de Castiel mais ce dernier recula aussitôt. Il n'avait peut être pas peur de Dean mais il refusait de baisser sa garde. Il ne voulait pas prendre de risques. Pas tant qu'il n'avait pas toutes les réponses à ses questions.
- Tu n'as pas peur de moi hein ? Lança Dean en serrant les poings.
Castiel secoua la tête pour confirmer qu'il n'avait pas menti sur ce point. Son compagnon ne semblait pas le croire.
- Je n'ai pas peur de toi. Mais cette arme … cette arme me fait peur.
- Je n'ai pas l'intention de l'utiliser contre toi … si j'avais voulu te tuer, je l'aurais fait depuis longtemps !
C'était sans nul doute vrai. Dean avait plusieurs fois eu l'occasion de s'en prendre à lui. Ils avaient passé la majeure partie de leur temps ensemble. Castiel avait dormi pendant que Dean conduisait. Ils avaient même partagé une chambre. Il aurait pu le tuer des centaines de fois depuis leur rencontre.
- Peut-être mais … je ne suis pas à l'aise avec cette arme … en grande partie parce que tu me l'as caché et … en partie aussi parce que tu refuses de me parler de toi et que je passe mon temps à imaginer le pire.
- Cas, on se connait à peine. Je ne vais pas te déballer ma vie simplement parce que tu es parano.
Castiel fit volte face et tourna le dos à son compagnon. Il ne supportait pas le regard plein de reproches de ce dernier. Pas quand il savait qu'il était celui qui avait raison et que le jeune homme était responsable de la situation. Il ne pouvait pas accepter qu'il porte ainsi des accusations sur lui sans chercher à savoir s'il avait sa part de responsabilité dans cette histoire.
- Je ne te demande pas de déballer quoi que ce soit … juste de me dire une bonne fois pour toute si je suis ou non en danger en ta compagnie.
- Je ne vais pas te faire de …
- Dean, stop ! Le coupa Castiel, furieux de ne pas avancer dans cette conversation. Stop ! Je t'ai dit que je n'avais pas peur de toi. Ne me demande pas de te le répéter encore et encore parce que je suis fatigué de le faire. Fatigué de me justifier et de jouer le jeu pour te faire plaisir. Je veux savoir si les gens que tu fuies représentent une menace pour moi.
Castiel attendit de longues secondes que Dean dise quelque chose. Mais devant son silence, il finit par se retourner à nouveau pour le regarder dans les yeux. Il serrait toujours l'arme dans sa main. Elle lui semblait incroyablement lourde depuis l'arrivée de son compagnon.
- Sinon quoi ? Demanda finalement Dean en inclinant la tête sur le côté.
C'était exactement ce que Castiel avait redouté. Le moment où il allait devoir prendre une décision. Il avait accepté de nier l'inquiétude que l'attitude de Dean vis à vis de la police avait fait naître en lui. Il avait également accepté de ne pas pousser son compagnon à se confesser. Mais à présent, il savait qu'il avait eu tort. Il y avait trop de choses en jeu pour continuer à se mentir à lui même. Il refusait de mettre sa vie en danger pour le bien être du jeune homme.
- Sinon, il faudra que nos routes se séparent ici et ce soir. J'aime voyager avec toi Dean. J'aime visiter tous ces endroits en ta compagnie. Mais je refuse de prendre plus de risques que nécessaire. Alors tu as le choix. Tu peux me dire toute la vérité et mettre un terme à mes doutes ou tu peux partir sans moi. C'est à toi de voir.
Dean détourna les yeux pour fixer le mur à sa droite. Il resta à nouveau silencieux durant de longues secondes et Castiel se força à rester immobile. Quand son compagnon reporta enfin son intention sur lui, il sut immédiatement qu'il avait pris sa décision. Et qu'elle était définitive. Il semblait déterminé et calme.
- Je veux que tu me rendes mon arme, déclara Dean.
Castiel fronça les sourcils.
- Tu vas me parler ?
- Non.
Dean n'avait pas cédé. Il restait campé sur ses positions et cela ne laissait aucun choix à Castiel. Il était temps pour lui de se séparer de son compagnon et de continuer sa route seul. Il était déçu par l'attitude du jeune homme. Déçu de constater qu'il faisait passer son secret avant leur amitié. Castiel sentit son cœur se serrer en pensant qu'il n'aurait plus jamais l'occasion de s'asseoir à côté de Dean dans la voiture et de l'entendre plaisanter sur tout et sur n'importe quoi.
- Parfait, c'est ton choix, commenta t-il d'une voix qui tremblait bien trop à son goût.
Dean hocha la tête puis fit un pas dans la direction de Castiel. Il tendit ensuite sa main dans sa direction et jeta un coup d'oeil à l'arme qu'il serrait toujours dans la sienne. Il la lui rendit en grimaçant, soulagé de ne plus sentir son poids au bout de son bras. Il s'éloigna ensuite du jeune homme et se dirigea vers la porte.
- Est-ce que c'est parce que tu ne me fais pas suffisamment confiance ? Demanda t-il en posant la main sur la poignée.
Dean avait pris sa décision et il savait qu'il ne reviendrait pas dessus. Mais il avait besoin de savoir pourquoi le jeune homme refusait catégoriquement de lui parler. Il avait la sensation qu'ils étaient devenus amis. Il s'était probablement trompé. L'amitié supposait qu'on se montre honnête l'un envers l'autre. Du moins sur les sujets essentiels.
- Cas, si ça peut te rassurer, je n'ai confiance en personne … pas même en moi la majeure partie du temps.
Il n'y avait aucune agressivité dans le ton de Dean. Aucune volonté de le blesser. Ce qui signifiait qu'il disait vrai. Il n'avait pas confiance en Castiel. Il ne lui ferait probablement jamais confiance. C'était là tout le problème entre eux. Ils ne pourraient jamais être amis. C'était dur et douloureux à entendre.
- Dean, si tu es en danger … si tu es réellement en danger … j'espère que tu feras ce qu'il faut pour te mettre en sécurité. Je ne veux pas qu'il t'arrive quelque chose.
- J'ai une arme et je sais m'en servir. Je ne suis pas en danger.
- Si tu le dis …
Castiel ne voyait pas quoi ajouter. Il avait de la peine. Il souffrait et il était incroyablement déçu de constater que Dean ne semblait pas avoir les mêmes difficultés à le voir partir. De toute évidence, le jeune homme n'était pas aussi impliqué que lui dans cette histoire.
- Qu'est-ce que tu vas faire maintenant ? Demanda t-il en faisant à nouveau face à Dean.
Il savait qu'il aurait du partir. Ne pas continuer à parler et mettre un maximum de distance entre lui et le jeune homme. Mais il avait besoin de savoir. Il était persuadé qu'il n'entendrait plus jamais parler de son compagnon. Cela ne l'empêcherait sans doute pas de penser très souvent à lui.
- Je vais trouver quelqu'un d'autre pour me conduire jusqu'à la Nouvelle Orléans … rester là bas quelques jours pour profiter de l'ambiance. Ensuite, je ne sais pas … je préfère ne pas trop planifier les choses. J'aime les surprises.
Castiel hocha la tête. Il n'avait lui même aucun plan prédéfini quant à la suite de son voyage. Il savait seulement qu'il allait devoir le continuer seul. Et il n'envisageait plus de se rendre à la Nouvelle Orléans. Il ne voulait surtout pas se retrouver dans la même ville que son compagnon. Il serait sans doute préférable de rebrousser chemin. Ou de continuer vers l'est et voir enfin New York de ses propres yeux. Il avait toujours rêvé de monter en haut de l'Empire State Building pour admirer la ville à la nuit tombée.
- Je te souhaite de trouver ce que tu cherches Dean, déclara t-il alors.
Le jeune homme haussa les épaules en observant l'arme qu'il tenait dans sa main. Il la glissa ensuite à l'arrière de son jean et croisa ses bras sur son torse.
- Je te ferais signe si toutefois je finis par la trouver, répliqua t-il en souriant.
Castiel savait qu'il s'agissait là d'un mensonge. Ils ne resteraient pas en contact. Ils ne se reparleraient probablement jamais. Ce n'était pas un « au revoir » qu'ils partageaient à cet instant. C'était un « adieu ». Et Dean le savait tout aussi bien que lui.
- Merci pour le voyage Cas … merci de m'avoir pris en stop ce jour là. C'était sympa d'avoir un peu de compagnie pour changer.
Castiel eut envie de lui rappeler que c'était de sa faute s'il allait devoir renoncer à tout cela. S'il allait se retrouver seul de nouveau. Mais il avait le sentiment que le jeune homme n'était pas réellement triste de ne plus avoir quelqu'un avec qui voyager. Il trouverait peut être une autre personne pour partager cette expérience. Castiel doutait de pouvoir en faire de même. Il était condamné à faire le reste du voyage seul. Il soupira. Peut être devait il prendre tout de suite la direction de Chicago pour retrouver Gabriel. Il ne voyait plus vraiment l'intérêt de traverser les Etats Unis sans personne avec qui partager ce qu'il vivait. Il était surpris de voir l'importance qu'avait pris Dean au fils des jours.
- Merci pour la compagnie Dean. Bonne continuation.
Dean hocha la tête avant de lui tourner le dos pour aller fouiller dans son sac. Castiel savait que c'était le signe qu'il n'avait plus rien à lui dire et qu'il était temps pour lui de partir. Il resta tout de même quelques secondes de plus à observer le dos du jeune homme. Il pouvait encore voir les cicatrices qui le zébraient. Les coups que Dean avait reçu dans le passé et qui avait fait de lui l'homme qu'il était aujourd'hui. Castiel aurait tout donné pour connaître l'histoire qui se cachait derrière elles. Mais il savait que ce ne serait jamais le cas. C'était sans nul doute mieux ainsi. Il avait la confirmation que rester proche de Dean était dangereux pour lui. Il refusait de prendre des risques simplement pour garder le jeune homme à ses côtés. Il était peut être temps pour lui de grandir et de prendre enfin sa vie en mains. Il ne voulait pas devenir comme le jeune homme et continuer à voyager sans but jusqu'à la fin de sa vie. Il voulait prendre ses responsabilités et trouver un objectif.
- Adieu Dean, lâcha t-il avant d'ouvrir la porte de la chambre et de sortir à l'extérieur.
Il la referma sans jeter le moindre coup d'oeil à son compagnon. Il savait qu'il serait déçu par ce qu'il lirait sur son visage. Et il avait déjà suffisamment mal pour ne pas s'infliger une nouvelle torture. Il s'éloigna de la porte rapidement puis s'immobilisa pour lever les yeux au ciel et observer les étoiles. Le ciel était entièrement dégagé et sans la pollution lumineuse du centre ville, elles brillaient magnifiquement au dessus de sa tête. Il se sentait toujours minuscule quand il regardait les étoiles. Il se sentait insignifiant.
Castiel prit une grande inspiration puis s'arracha à sa contemplation pour rejoindre sa chambre. Il pénétra à l'intérieur le cœur lourd. Il avait conscience que les choses ne seraient plus les mêmes sans Dean à ses côtés. Quand il était parti de chez lui, il ne savait pas exactement ce qu'il voulait faire de sa nouvelle liberté. Il avait envisagé de traverser les Etats Unis en voiture pour rejoindre Gabriel à Chicago. Il n'avait pas réellement pensé à ce qu'il ferait sur le chemin. Dean était alors apparu et avait tout bouleversé. Il lui avait montré ce qu'il pouvait y avoir de génial à voyager sans but. Il lui avait appris à apprécier les choses qu'ils voyaient en se fichant du temps passé dans chaque endroit. Il était différent maintenant de l'homme qui avait quitté ses parents quelques semaines plus tôt. Il ne savait pas réellement si c'était une bonne chose ou pas. Il verrait probablement avec le temps.
Une fois dans sa chambre, Castiel se déshabilla rapidement puis fila sous la douche. Il en avait pris une un peu plus tôt quand Dean était absent mais c'était quelque chose qu'il faisait à chaque fois qu'il rencontrait un problème ou qu'il avait mal pour une raison ou pour une autre. L'eau chaude l'aidait à réfléchir. Elle le faisait se sentir débarrassé de certains de ses soucis et prêt à affronter les autres. Ce soir, il en avait besoin pour tirer un trait sur Dean et se décider à avancer sans lui. Quand il quitta la douche, il n'avait pas réellement la sensation d'avoir progressé sur ces deux points.
Il enfila ses vêtements pour la nuit puis se glissa sous les couvertures. Il avait à présent trois options. Il pouvait rentrer chez ses parents, s'excuser d'être parti et reprendre ses études pour leur prouver qu'il pouvait être le fils dont ils rêvaient. Il pouvait également continuer à voyager jusqu'à ce qu'il ait vu tout ce qu'il avait envie de voir et ensuite se rendre à Chicago pour mettre un peu d'ordre dans sa vie. Ou il pouvait faire demi tour et se diriger dès le lendemain vers la ville où vivait son frère. Il savait d'ors et déjà que la première option était inenvisageable. Il ne voulait pas revenir vers ses parents. Il ne voulait pas s'excuser auprès d'eux et il ne voulait pas devenir médecin. Il n'avait donc plus que deux choix viables. Il lui suffisait de décider lequel était le plus plaisant pour lui.
Il aimait l'idée de se rendre à New York. Il avait toujours été fasciné par cette ville qui était si différente de toutes les autres villes des Etats Unis. Il aimait l'état d'esprit qui y régnait. Il aimait l'architecture. Il avait envie de se balader à Times Square et de flâner sur la cinquième avenue. Il ne savait pas en revanche s'il parviendrait à apprécier la visite seul. C'était là l'inconvénient de ce choix. Il devrait faire le voyage seul et n'aurait personne avec qui partager ses impressions. Mais se rendre immédiatement à Chicago le privait de voir une ville qu'il avait toujours rêvé de voir. C'était un véritable dilemme. Il n'avait aucune idée de ce qu'il devait faire. Ou même de ce qu'il voulait faire. Il soupira longuement en se tournant sur le côté et en fermant les yeux. Il se déciderait demain. Il n'était pas forcément pressé de faire son choix. La nuit portait généralement conseil.
Il se demanda pendant une seconde ce que Dean était en train de faire dans sa chambre. S'il avait rangé son arme dans son sac et préparé ses affaires pour partir dans la foulée. Il se demanda ce que le jeune homme pensait réellement de ce qui venait de se passer. Il espérait, égoïstement, que son compagnon finirait par regretter de ne pas avoir voulu se confier à lui. De l'avoir laissé partir. Il doutait toutefois que cela soit le cas. Il s'était attaché au jeune homme mais il savait que le sentiment n'était pas réciproque. Dean avait aimé passer du temps avec lui mais il n'avait à aucun moment voulu devenir son ami. Castiel aurait du savoir que cela finirait ainsi. Son compagnon le lui avait dit dès le début. Il refusait de s'attacher. Refusait de se stabiliser. Il était en fuite constante et passerait probablement sa vie sur la route à mettre de la distance entre lui et ce passé dont il refusait de parler. Castiel lui souhaitait sincèrement d'être heureux même s'il doutait qu'il le soit tant qu'il refuserait d'affronter ce qui lui était arrivé.
Dean était réellement un jeune homme fascinant. Castiel ne pouvait pas nier qu'il était attiré par lui et qu'il avait développé des sentiments à son égard auxquels il préférait ne pas penser. Il allait devoir tirer un trait dessus et se concentrer sur lui et sur son avenir à présent. Il avait encore de nombreuses choses à vivre. Des choses excitantes. Il était jeune et libre. Il n'avait aucune raison de souffrir de l'échec d'une relation qui n'en avait jamais réellement été une. Dean ne voulait pas de lui à ses côtés et Castiel devait l'accepter.
Quand il rouvrirait les yeux le lendemain, il aurait fait le vide dans son esprit et prit une décision quant à la suite de son voyage. Il avait confiance en lui et il savait qu'il parviendrait à surmonter cette étape cruciale pour aller de l'avant. Il n'allait pas pleurer sur quelque chose qui était de toute façon sans espoir. Sur une bataille qui était perdue d'avance. Il allait prendre les choses en main et se construire une vie et un avenir brillant. Il oublierait Dean en cours de route. Eventuellement.
