Bonjour,
Voici le 10 ème chapitre et les choses évoluent sensiblement entre Dean et Cas.
J'espère que vous avez passé un très bon Noël et que les fêtes de fin d'année se présentent bien aussi.
Merci de me lire et de m'écrire
A très vite
Sydney8201
Musique du chapitre :
Undiscovered de James Morrison
Chapitre 10 : Appel à l'aide
« Ceux qui tombent entrainent souvent dans leur chute ceux qui se portent à leur secours »
Stefan Zweig
Castiel avait pris la direction de New York dès le lendemain de sa séparation avec Dean. Il avait renoncé à rejoindre son frère immédiatement, convaincu qu'il avait besoin de temps pour mettre un peu d'ordre dans ses idées. Il avait chargé ses affaires dans sa voiture, rendu les clefs de sa chambre puis avait quitté Saint Louis sans même un regard en arrière. Il ne savait pas si son ex compagnon était parti avant lui ou s'il se trouvait encore dans sa chambre quand il avait quitté le parking. Il s'était presque attendu à le voir faire du stop sur la route. Mais il ne l'avait pas croisé. Et c'était sans nul doute mieux ainsi. Leurs chemins devaient se séparer pour le bien de Castiel et il était temps pour lui d'oublier le jeune homme.
Le premier arrêt était prévu pour Louisville, à la frontière entre le Kentucky et l'Indiana. Castiel emprunta uniquement les grandes routes et les grands axes. Les petits chemins lui rappelaient trop le temps passé avec Dean à les remonter en observant la nature autour d'eux. Il voulait se montrer efficace et mettre le maximum de distance entre lui et le jeune homme. Pour cela, il préférait de loin rouler à cent trente kilomètres heures qu'à cinquante. Il s'arrêta dans un fast food pour prendre un hamburger à emporter qu'il mangea sur la route, stationné au bord d'un lac. Il regarda de temps en temps son téléphone, espérant trouver un message mais sans réellement penser qu'il en recevrait un. Dean devait déjà l'avoir oublié. Une nouvelle fois, c'était mieux ainsi.
Le Kentucky était un état relativement peuplé mais dont les ressources principales provenaient de l'agriculture et de l'élevage équin. Les routes étaient bordés de champs et de pâturages où les chevaux courraient paisiblement. Castiel aimait assez l'endroit. Il y régnait une certaine paix qu'il appréciait tout particulièrement. Il pouvait facilement s'imaginer vivant dans un tel lieu, entouré de chevaux et de fermes. Il ne connaissait rien à l'élevage ou à l'agriculture mais il supposait qu'il pouvait apprendre. Il savait que cela rendrait ses parents complètement fous de rage. Ca valait le coup d'y réfléchir.
Une fois son hamburger avalé et son soda bu, Castiel remonta en voiture et se remit en route. Il suivit soigneusement les indications pour rejoindre Louisville, la capitale de l'Etat. Il avait envie d'y passer la journée du lendemain pour s'imprégner de l'esprit des lieux. Il ne savait pas encore s'il se l'autoriserait. Il avait un objectif clair en tête. Rejoindre New York. Pour cela, il devait encore traverser l'Ohio, la Virginie et probablement la Pennsylvanie. La route était longue et il n'avait pas vraiment envie de s'attarder en chemin. Mais il aimait réellement le Kentucky et il se promit d'y passer quelques jours sur le chemin du retour.
Il n'y avait pas grand monde sur la route en même temps que lui. Quelques camions le croisaient, faisant probablement la navette entre les grandes villes du secteur. Il en doubla également quelques uns sur sa voie. Mais les voitures se faisaient rares et Castiel appréciait plus encore l'environnement.
Il s'autorisa à penser à Dean quand il s'arrêta mettre de l'essence non loin de Louisville. Il entra dans la station service pour acheter de quoi grignoter sur la route et se demanda si Dean en faisait de même sur la route qui le menait à la Nouvelle Orléans. Castiel savait que son ex compagnon n'avait pas réellement de ressources et qu'il devait travailler de temps en temps pour amasser un peu d'argent. Il espérait qu'il en aurait suffisamment pour rejoindre sa destination d'une traite sans avoir besoin de faire de longues escales. Il avait la sensation que son objectif était réellement important. Il aurait pu parier que cela avait un rapport avec Benny.
Castiel paya pour ses achats sans réellement surveiller le montant final. Il avait beaucoup puisé dans ses économies depuis le début de son voyage et il serait bientôt temps pour lui de songer à gagner un peu d'argent à son tour. Il pourrait trouver quelque chose à faire à New York. Peut être la plonge dans un bar pour quelques jours. Il n'avait pas réellement de qualifications et aucun diplôme à présenter. Il doutait de pouvoir trouver mieux.
Quand il reprit la route, Castiel repensa longuement à Dean. Il espérait que le jeune homme avait trouvé quelqu'un de correct pour le conduire à La Nouvelle Orléans. Il lui restait beaucoup de kilomètres à parcourir et il allait probablement devoir changer de véhicule plusieurs fois. Mais il avait des ressources. Il avait de l'expérience. Il réussirait à atteindre son but sans trop de difficultés. Du moins, c'est ce que Castiel aimait à penser.
Il roulait fenêtre ouverte pour laisser l'air rafraîchir l'intérieur de la voiture. Il avait lu quelque part que la climatisation utilisait plus d'essence que nécessaire et il avait bien l'intention de faire des économies sur ce point. De surcroît, il aimait sentir le vent sur son visage. Il sortit sa main par la fenêtre pour le sentir contre sa paume. C'était un geste que Dean faisait constamment. Il n'avait jamais réellement su pourquoi. Mais c'était agréable. Cela lui donnait l'impression que rien ne pouvait l'arrêter. Que les kilomètres filaient à une vitesse folle. Qu'il était totalement libre d'aller où il voulait. C'était un geste simple mais qui représentait beaucoup pour lui.
Il garda les yeux rivés sur les panneaux routiers quand il approcha de Louisville. Il n'avait pas vraiment le sens de l'orientation et il n'avait pas envie de se perdre au milieu de nul part. Il était seul à présent et il ne voulait courir aucun risque. Il n'y avait que quatre cent kilomètres qui séparaient Saint Louis et Louisville. Castiel aurait pu les parcourir en seulement quatre heures et demi. Mais il avait pris son temps. Il avait apprécié le paysage, s'arrêtant ici et là pour regarder les chevaux dans leurs enclos. Quand il atteignit finalement les abords de la ville, la nuit commençait à tomber. Castiel se gara dans le parking du premier motel qu'il croisa puis prit une chambre pour la nuit. Il rentra son sac à l'intérieur avant de tester le lit.
Quand il voyageait avec Dean, ils partageaient le temps de conduite de façon équitable. Mais à présent qu'il était seul, Castiel devait admettre qu'avaler les kilomètres de la même façon était compliqué. Il avait légèrement mal au dos et ses jambes étaient courbatues. Il les étira sur le lit pour chasser la douleur puis ferma les yeux une seconde.
Le silence dans la chambre devint rapidement oppressant. Il n'avait partagé sa chambre avec Dean que très rarement mais son absence lui semblait plus dure encore à supporter maintenant qu'il ne roulait plus. Il avait cherché à l'ignorer, se concentrant sur ses propres plans mais rien n'y faisait. Dean lui manquait. Même quand ils étaient séparés pour la nuit, il savait qu'il le retrouverait le lendemain. C'était suffisant pour le satisfaire. Mais les choses étaient différentes à présent. Il serait à nouveau seul quand il quitterait ce motel. Seul quand il traverserait tous les Etats qui le séparaient de New York. Seul quand il atteindrait enfin sa destination. Et dans cette chambre, cette certitude de sa solitude à venir était invivable. Il rouvrit les yeux et attrapa la télécommande de la télévision pour mettre un terme au silence.
Il zappa rapidement entre les chaines et s'arrêta finalement sur celle qui diffusait les informations du jour. Il écouta le présentateur parler du climat qui se déréglait, des problèmes dans le monde et du chômage qui continuait de grimper aux Etats Unis. De toute évidence, les choses ne s'arrangeaient pour personne en ce moment. Castiel se sentit un petit peu moins seul.
Il écouta ensuite des journalistes débattre du prochain budget que le président devait présenter dans quelques jours. Il les regarda se disputer pour savoir si telle ou telle mesure était appropriée à la situation de telle ou telle catégorie de la population. Quand ils eurent finis de parler, sans parvenir à se mettre d'accord – Castiel n'était pas surpris – le présentateur reprit la parole pour évoquer à nouveau le sujet de la capture du criminel dont il avait déjà entendu parler à Saint Louis. Il revint à nouveau sur ses méfaits et sur la mort de son acolyte un an plus tôt. Castiel se surprit à prêter réellement attention à ce qu'il entendait. Le dénommé Azazel était présenté comme un monstre. Un tortionnaire qui avait violé et tué plusieurs personnes à travers tout le pays. Ses complices étaient moins cruels mais tout aussi dangereux. Et leur chef restait inconnu des services de police. Ils n'avaient ni nom ni description physique. De toute évidence, ils ne parviendraient jamais à l'arrêter. Plusieurs personnes se succédèrent sur le plateau pour parler d'Azazel et de son complice qui venait d'être arrêté. Il s'appelait Jake Talley, avait vingt trois ans et une expérience militaire. Il avait été choisi pour devenir le disciple d'Azazel quelques mois avant la mort de ce dernier. Il avait depuis accumulé les délits et avait été propulsé parmi les personnes les plus recherchées du pays. Son arrestation était une bonne chose selon la police mais soulevait des questions quant aux complices qui risquaient de chercher à le libérer ou à prendre sa place. Plusieurs noms apparurent alors à l'écran. Castiel tenta de les mémoriser en même temps qu'il cherchait à retenir leurs visages. Meg Masters. Fergus Crowley. Josie Abaddon. Tous étaient considérés comme extrêmement dangereux. Il était conseillé de rester vigilent et de prévenir les autorités si toutefois on les croisait. De toute évidence, avec la mort d'Azazel, premier lieutenant de l'organisation criminelle dont tous faisaient partis, et de son disciple qui avait pris sa place à la droite de leur chef, ces trois personnes étaient en lice pour occuper le poste resté vacant. Ils étaient décrits comme des tueurs entraînés et expérimentés. Castiel avait froid dans le dos rien qu'en regardant leurs visages. Il se força toutefois à le faire pour les mémoriser. Le présentateur rappela ensuite les numéros à contacter si on tombait sur l'un d'eux puis donna le nom de l'agent en charge de l'enquête. Victor Henriksen. Castiel le regarda parler au journaliste qui l'interrogeait. Il était séduisant. Grand, noir, élancé, il était plutôt bel homme. Mais son regard était froid et dur. Il ne semblait pas être le genre de personne avec qui on pouvait plaisanter. C'était sans doute nécessaire quand on avait à faire avec des criminels à longueur de journée.
Castiel écouta le reste des informations puis la météo pour s'assurer qu'il ne pleuvrait pas pour son arrivée à New York puis changea de chaîne. Il s'arrêta sur une rediffusion des Simpsons et attrapa son téléphone sur la table basse. Il n'avait pas la force de sortir pour manger et il espérait pouvoir se faire livrer une pizza. Il avait besoin d'une bonne nuit de sommeil pour soulager ses muscles douloureux et espérer faire une bonne partie de la route demain.
Il se connecta au wifi du motel, chercha le numéro de la pizzéria la plus proche puis consulta leur menu en ligne.
Il était concentré sur la longue liste de pizzas disponibles à la livraison quand son portable se mit brutalement à sonner, le déconnectant du site où il était pour afficher le numéro qui l'appelait. Il fronça les sourcils en reconnaissant le nom sur l'écran. Dean. Castiel déglutit avec peine et hésita une seconde à répondre. Ce n'était définitivement pas bon pour lui de continuer à se préoccuper du jeune homme quand il devait absolument l'oublier. Mais c'était plus fort que lui. Il décrocha et colla son téléphone contre son oreille.
- Dean ?
Il pensa pendant un instant que le jeune homme avait commis une erreur quand il n'obtint aucune réponse de sa part. Il y avait du bruit au bout de la ligne puis il entendit un gémissement. Ok. Dean avait probablement oublié de verrouiller son téléphone et le numéro de Castiel s'était composé par erreur. Il devait raccrocher. Maintenant.
- Dean ? Appela t-il une seconde fois malgré lui.
Il n'obtint qu'un nouveau gémissement et Castiel se décida alors à raccrocher. Il était hors de question de se laisser torturer par le jeune homme même si c'était accidentel. Il devait prendre les choses en main. Il était sur le point de reculer le téléphone de son oreille quand il entendit enfin la voix de son ex compagnon à l'autre bout du fil.
- Cas … Cas ?
Castiel hocha la tête, puis, réalisant que Dean en pouvait pas le voir, se racla la gorge pour parler.
- Qu'est-ce qui se passe Dean ? Pourquoi est-ce que tu m'appelles ?
Il espérait que son ton ne trahissait pas trop le plaisir qu'il avait à entendre la voix du jeune homme. Ils n'étaient séparés que depuis un jour mais déjà Castiel ressentait le manque. Il se détestait un peu pour ça. Beaucoup même. Mais il ne pouvait pas faire autrement.
- Il faut que tu m'aides Cas … il faut que tu m'aides, expliqua Dean après de longues secondes de silence.
Castiel s'était attendu à tout sauf à ça. Il déglutit avec peine en coupant le son de la télévision. Il se concentra ensuite sur les bruits qu'il pouvait discerner derrière la voix de son ex compagnon. Il n'était pas à l'extérieur. Mais il y avait de l'eau qui coulait. Peut être se trouvait il dans une salle de bains.
- Que je t'aide à quoi ?
- Il m'a eu Cas … juste … j'ai réussi à lui échapper mais je ne peux pas … je ne savais pas qui appeler d'autre. Je suis désolé. Je devrais pas t'embêter avec tout ça.
Castiel se leva aussitôt du lit et se dirigea vers son sac sans réellement s'en rendre compte. Il coinça son téléphone entre son oreille et son épaule et tenta d'enfiler son jean tant bien que mal.
- Qui t'a eu Dean ? Est-ce que tu es blessé ?
Il enclencha le haut parleur sur son téléphone puis le posa à côté de son sac. Il enfila ensuite son tee-shirt et un pull. Il regarda enfin autour de lui pour s'assurer qu'il n'avait rien oublié avant de fermer son sac et de le mettre sur son épaule. Il reprit ensuite son téléphone, coupa le haut parleur et attendit la réponse de Dean.
- C'est pas grave, c'est juste … une égratignure.
Castiel ne le croyait pas une seule seconde. Il savait que si c'était le cas, Dean ne l'aurait pas appelé. Il pouvait deviner la douleur qu'il ressentait dans la façon qu'il avait de parler. Il devait le retrouver et lui venir en aide. Il ne pouvait pas ignorer son appel au secours. Il courut jusqu'à sa voiture et la déverrouilla d'une main qui tremblait.
- Où est-ce que tu te trouves en ce moment ? Demanda t-il en s'asseyant sur le siège conducteur.
- Non, Cas, inutile de te déplacer. Ca va aller.
Castiel enfonça les clefs dans le contact avec violence puis jeta son sac sur le siège à côté de lui. Celui que Dean avait occupé jusque là. Il ferma les yeux une seconde.
- Tu m'as appelé parce que tu as besoin de mon aide et je suis prêt à te l'apporter. Mais tu dois me dire où tu te trouves.
Il attendit quelques secondes et s'apprêtait à poser à nouveau la même question quand Dean prit enfin la parole.
- Je suis toujours à Saint Louis … je suis dans ma chambre. Castiel … je … je saigne beaucoup.
Castiel sentit son cœur s'accélérer. Il avait vu juste. Dean était blessé sérieusement. Il démarra aussitôt le contact et remit le téléphone sur haut parleur. Il ne comptait pas raccrocher tant qu'il ne serait pas avec le jeune homme. Il posa le portable sur le tableau de bord devant lui puis sortit du parking en marche arrière. Il entendit vaguement quelqu'un klaxonner mais il n'y prêta pas véritablement attention.
- Dean, il faut que tu appuies une serviette sur ta blessure pour arrêter le saignement ok ? Ensuite je veux que tu t'allonges sur le lit et que tu surélèves tes jambes. Tu peux faire ça pour moi ?
- Je crois, accepta le jeune homme d'une voix faible.
Castiel accéléra et traversa un carrefour au rouge, déclenchant la colère des automobilistes autour de lui.
- Quand tu aurais fini, je veux que tu me dises où tu es blessé et par quoi tu as été blessé d'accord ?
Il entendit Dean bouger dans sa chambre pendant de longues secondes.
- Il avait un couteau … il m'a coupé avec … au ventre … au cou … mais je ne pense pas que ce soit profond. J'ai réussi à lui échapper tu sais …
- C'est bien Dean … c'est très bien. Est-ce que tu crois qu'il peut te retrouver ?
Castiel ne savait toujours pas qui était ce « il » qui avait blessé son ex compagnon mais il ne pouvait pas poser la question maintenant. Il savait que Dean refuserait de répondre.
- Non, il était assommé quand je suis parti.
Castiel hocha la tête en faisant un rapide calcul dans sa tête de la distance qui le séparait de Saint Louis.
- Dean, je serais là d'ici quatre heures. Peut être moins si je ne rencontre personne sur la route. Il va falloir que tu restes éveillé jusqu'à ce que j'arrive. Je sais que tu dois être fatigué mais il ne faut pas que tu t'endormes.
Castiel prit quelques secondes pour chercher un panneau lui indiquant la route à prendre. Quand il vit le nom de Saint Louis à sa droite, il tourna aussitôt et s'engagea sur la voie rapide. Il doutait que le jeune homme puisse tenir quatre heures sans s'endormir mais il devait faire son maximum pour le maintenir éveillé le plus longtemps possible. Il ne voulait pas prendre de risque sans connaître l'étendue exacte de ses blessures.
- Ok, Cas … je ne vais pas … tu peux me parler s'il te plait ?
Castiel accéléra encore un peu, se fichant totalement des limitations de vitesse pour le moment. Il doubla un camion qui roulait bien trop lentement à son goût. Il commença ensuite à parler de tout et de rien. Il raconta à Dean tous les mauvais tours que Gabriel avait pu lui jouer quand ils étaient jeunes. Il évoqua ses autres frères et sœur. Le métier de ses parents. Il parla de son intention de s'installer à Chicago pour trouver sa voie. Il raconta ensuite comment il avait vécu le lycée dans le complet anonymat puis la faculté sans réellement se faire d'amis. Il décrivit certaines des personnes qui l'avaient marqué dans sa scolarité et finit par confier combien son professeur de littérature au lycée l'avait passionné. Dean intervint une ou deux fois pour approuver ou désapprouver certaines des choses qu'il disait. Il commenta quelques fois ce qu'il entendait. Mais après pratiquement deux heures à parler sans s'arrêter, Castiel commençait à s'inquiéter du silence prolongé de son ex compagnon depuis de longues minutes. Il était encore à mi chemin et il commençait à s'inquiéter d'arriver trop tard.
- Dean, tu es toujours avec moi ? Demanda t-il.
Il pria pour que le jeune homme l'entende et lui réponde. Mais il n'obtint que du silence.
- Dean ? Dean ? Réponds moi !
- Cas … je crois que je vais perdre connaissance maintenant, souffla finalement le jeune homme.
- Non, non, non, non. Tu dois tenir bon Dean. Je suis presque là.
C'était un mensonge bien sûr. Il lui restait encore deux heures de trajet. Mais il avait besoin que Dean s'accroche et qu'il lutte. Il devait rester éveillé encore un moment.
- Désolé Cas, murmura alors Dean d'une voix extrêmement faible.
Castiel donna un grand coup de poing contre son volant. Il était inutile de crier. Inutile de supplier. Il savait que le jeune homme venait de perdre connaissance. Et ce n'était pas bon signe du tout. Il pouvait avoir reçu un coup sur la tête. Il pouvait avoir perdu énormément de sang. Il pouvait s'agir d'un millier de choses qui mettaient sa vie en danger. Il serait peut être déjà mort quand Castiel arriverait à destination. Non. Il refusait que cela n'arrive. Il accéléra à nouveau. Il ne raccrocha pas le téléphone et se surprit à parler à nouveau. Il savait que Dean ne pouvait plus l'entendre. Mais le silence de la voiture le rendait fou. Il espérait que le jeune homme finirait par rouvrir les yeux. Et il savait qu'il aurait besoin d'entendre sa voix quand il se réveillerait. S'il se réveillait. Castiel chassa cette idée de son esprit et doubla une voiture sans réellement se soucier de voir si quelqu'un arrivait en face. Il se rabattit rapidement puis continua à parler de sa vie, de son avenir et de tout ce qu'il avait pu voir à la télé ces derniers jours. Il ne pouvait pas entendre la respiration de Dean mais il continua de croire que le jeune homme serait toujours en vie à son arrivée. Il ne pouvait pas en être autrement.
Castiel ne mit finalement qu'une heure et quarante cinq minutes à rejoindre le motel de Saint Louis après que Dean ait perdu connaissance. Il se gara à cheval sur deux places sans se soucier de gêner qui que ce soit puis courut jusqu'à la chambre de son ex compagnon. La porte était heureusement ouverte. Quand il la poussa, il se stoppa net en voyant le jeune homme allongé sur le lit, les pieds levés comme il le lui avait demandé mais toujours inconscient. Castiel fut incapable de bouger pendant de longues secondes, observant la poitrine de Dean. Quand il fut sûr qu'elle se soulevait au rythme de sa respiration, il courut jusqu'au lit et attrapa le jeune homme par les épaules. Il le secoua gentiment pour tenter de le réveiller. Dean grogna une seconde avant d'ouvrir un œil puis l'autre.
- Je suis mort ? Demanda t-il d'une voix rauque.
Castiel secoua la tête en sentant les larmes lui monter aux yeux. Il était tellement soulagé qu'il fut incapable de les contrôler. Elles roulèrent sur ses joues lentement. Il soupira longuement alors que Dean attrapait son téléphone qui était posée sur l'oreiller à côté de lui. Castiel réalisa alors qu'il n'avait toujours pas coupé le sien. Il allait probablement le payer au niveau de son forfait mais ça n'avait aucune importance. Il posa une main sur le front du jeune homme pour vérifier s'il avait de la température.
- Est-ce que tu as reçu un coup à la tête ? Demanda t-il ensuite.
Dean fronça les sourcils, visiblement mal réveillé. Il semblait avoir besoin de quelques minutes pour comprendre ce que Castiel faisait là. Il finit par secouer la tête.
- Ok, parfait … c'est … c'est parfait.
Dean semblait toujours un peu perdu. Son regard était voilé et son visage trop pâle. Castiel détacha ses yeux de son front et retira sa main en même temps. Il regarda ensuite le reste du corps du jeune homme et frissonna quand il vit les tâches de sang sur son torse et au niveau du col de son tee-shirt. Il allait devoir le lui retirer pour observer les blessures.
- Tu penses pouvoir l'enlever ? Demanda t-il à son ex compagnon.
Dean tenta de se relever mais retomba aussitôt sur le dos avec un grognement. Castiel prit cela pour un « non » et s'éloigna du lit pour fouiller dans la chambre. Il finit par trouver un ciseau dans un des tiroirs. Il revint immédiatement vers le jeune homme et commença à couper le tissu de son tee shirt. Dean se laissa faire sans se plaindre. Castiel serra les dents en écartant finalement les pans du tee shirt. Le jeune homme ne lui avait pas menti. Il avait effectivement deux plaies au niveau du torse. Une sur le ventre, juste au dessus de son nombril et une autre au niveau de son cou, reliant ses deux clavicules. Elles étaient profondes. Mais elles n'étaient pas mortelles. C'était la perte de sang conséquente qui avait causé l'évanouissement de Dean. Il survivrait à ses blessures. Mais elles avaient besoin d'être traitées.
- Je vais aller chercher tout ce dont j'ai besoin dans la voiture. Tu ne bouges pas d'ici d'accord ? Lança t-il en s'éloignant.
- Je ne risque pas d'aller bien loin dans cet état, répliqua Dean aussitôt.
Castiel courut jusqu'à sa voiture, attrapa son sac sur le piège passager puis verrouilla la portière et retourna dans la chambre. Dean était toujours allongé sur le lit. Il semblait souffrir mais il avait les yeux ouverts. Castiel lui sourit faiblement avant d'ouvrir son sac et d'installer ce dont il avait besoin à côté du jeune homme. Il prit ensuite des serviettes dans la salle de bains et revint s'asseoir sur le lit.
- Je vais devoir désinfecter les plaies. Ce sera surement douloureux mais c'est nécessaire. Elles ont besoin d'être suturés. Je préfèrerais que tu le fasses faire par un professionnel mais je peux tenter de le faire moi même. J'ai ce qu'il faut. Toutefois, je tiens à te prévenir que cela laissera probablement une cicatrice. Je ne suis pas un professionnel et je n'ai jamais suturé de ma vie … mis à part une orange une ou deux fois et juste pour m'amuser.
Il réalisa la stupidité de ses propos concernant les cicatrices quand il vit le visage de Dean se tendre. Il supposait que le jeune homme se fichait que ses blessures laissent des traces sur son corps. Son torse était déjà totalement couvert de marques. Deux de plus ne changeraient probablement rien. Il ouvrit la bouche pour s'excuser mais Dean lui coupa l'herbe sous le pied.
- Fais le toi, accepta t-il.
Castiel acquiesça puis commença à nettoyer les plaies avec du désinfectant. Il sentit les muscles de Dean se tendre aussitôt sous l'effet de la douleur mais le jeune homme ne dit rien. Castiel appliqua plus de désinfectant que nécessaire mais il n'avait aucune idée de l'état du couteau qui avait blessé le jeune homme et il ne voulait pas prendre le risque de voir ses plaies s'infecter. Quand il eut fini, il attrapa le nécessaire à coutures qu'il avait rangé dans son sac – et qu'il aurait probablement nié avoir si on lui avait posé la question – et attrapa une aiguille. Il la trempa dans le liquide désinfectant puis tenta de faire passer le fil à travers le trou.
- Ce n'est pas idéal … ce fil n'est pas fait pour suturer des plaies. Il va falloir que tu fasses très attention à ce qu'il ne cède pas quand tu bougeras. Et il faudra que quelqu'un te le retire.
Dean hocha vaguement la tête. Castiel finit par réussir à passer le fil à travers le chas de l'aiguille. Il se tourna ensuite à nouveau vers son ex compagnon et le regarda une seconde.
- Ca risque aussi d'être douloureux, expliqua t-il.
Il attendit d'obtenir un nouveau hochement de tête avant de baisser les yeux sur la première des plaies à suturer. Il était incroyablement nerveux. Il ne savait pas réellement ce qu'il faisait. Il avait suturé la peau de certaines oranges pour se faire la main et avait développé – une nouvelle fois sans l'admettre à qui que ce soit – un certain don pour la couture. Mais recoudre la peau de quelqu'un était une toute affaire. Il décida pourtant de se lancer. Il ne pouvait pas laisser Dean dans cet état et il était la seule personne à pouvoir le faire pour lui. Il prit une grande inspiration et se mit au travail. L'aiguille transperçait la peau avec facilité et rapidement, Castiel prit le coup de main. Il savait que son travail n'était pas suffisamment propre et qu'il laisserait une marque indélébile. Mais il aiderait le jeune homme à récupérer plus vite et c'était exactement le but. Il ne se laissa pas distraire par les grognements de douleur de son ex compagnon et termina la suture sur son ventre rapidement. Il sécurisa le fil pour qu'il ne se défasse pas puis en reprit pour s'occuper de la plaie que le jeune homme avait en haut du torse. Il prit quelques secondes pour jeter un coup d'oeil au visage de ce dernier. Il sembla souffrir mais ses joues avaient repris un peu de couleur et son regard était moins voilé qu'à son arrivée. Ses pupilles étaient sensiblement dilatées.
- Ca va ? Demanda t-il.
Dean hocha faiblement la tête avant d'emprisonner sa lèvre inférieure entre ses dents et de la mordre. Castiel supposait qu'il était trop fier pour admettre qu'il avait mal et détourna les yeux pour se reconcentrer sur la blessure entre ses deux clavicules. Il se mit immédiatement au travail. Ses gestes étaient un peu plus sûrs que quelques minutes plus tôt et il était relativement fier de lui. Quand il eut terminé de refermer la plaie, il coupa le fil, l'attacha puis jeta l'aiguille sur la table de nuit. Il se dirigea ensuite vers la salle de bains pour se laver la main. Quand il revint sur le lit, Dean regardait le plafond en respirant bruyamment. Castiel prit le rouleau de bandage dans ses affaires et se tourna vers le jeune homme.
- Je vais avoir besoin que tu te redresses pour mettre un bandage sur tes plaies, expliqua t-il.
Dean ne répondit rien mais baissa les yeux sur lui. Ses joues étaient nettement plus rouges que quelques minutes plus tôt et ses pupilles avaient fini par absorber totalement l'iris vert de ses yeux. Il semblait avoir extrêmement chaud. Inquiet qu'il puisse avoir de la température, Castiel posa une main sur son front couvert de sueur. Il n'était pas particulièrement chaud. Pourtant … Castiel recula aussitôt sa main en comprenant ce qui était en train de passer. Dean laissa échapper un léger gémissement. Pendant de longues secondes, ils ne dirent rien. Castiel ne savait pas quoi faire. Il serra le bandage dans sa main.
- Tu … je devrais peut être … tu as besoin de maintenir la plaie propre et sèche et …
Il gesticula en direction du torse du jeune homme sans réellement parvenir à faire une phrase complète. Dean grogna, visiblement une nouvelle fois honteux de son état d'excitation. Castiel pouvait sentir ses propres joues le brûler considérablement. Il décida de se concentrer sur les plaies du jeune homme pour ne pas penser au reste. Il garda ses yeux rivés sur les sutures qu'il venait de terminer puis se força à entrer en action. Il attrapa Dean par les épaules et le tira vers lui. Il le manœuvra ensuite jusqu'à ce que son visage soit enfoui dans son cou. Il commença ensuite à passer le bandage autour de son torse, couvrant les plaies correctement. Quand il eut terminé, il attendit quelques secondes, appréciant plus qu'il ne l'aurait du la proximité du jeune homme. Il savait qu'il aurait du reculer et laisser de l'espace à son ex compagnon. Dean était visiblement excité par ce que Castiel avait fait – la douleur des sutures et la tendresse de ses gestes s'il avait bien compris comment le jeune homme fonctionnait – et il devait être inconfortable pour lui d'être ainsi pressé contre un autre homme dans cet état.
- Cas … murmura Dean contre son cou.
Castiel recula sensiblement son visage et poussa sur les épaules du jeune homme pour le regarder dans les yeux. Ce qu'il y lut était sans équivoque. Il n'y avait pas que de l'excitation dans son regard mais également quelque chose qui ressemblait à s'y méprendre à du désir. Castiel déglutit avec peine. Leurs visages étaient très proches l'un de l'autre. Le souffle de Dean se répercutait contre ses lèvres et ses joues. Il avait envie de l'embrasser. Envie de savoir enfin quel goût pouvaient avoir sa bouche parfaite et ses lèvres magnifiques. Mais il n'était pas sûr que Dean en avait envie également. Il se retint donc.
- Cas … répéta Dean doucement.
Castiel tenta de lui sourire mais il pouvait commencer à sentir son corps se tendre sensiblement. Il se mordit finalement la lèvre à son tour pour s'empêcher de faire ce qu'il mourrait d'envie de faire. Dean sembla comprendre ce qui se passait après quelques secondes. Il glissa une main entre eux deux pour attraper celle de Castiel. Il s'allongea ensuite à nouveau sur le dos en grimaçant puis appuya la main de son ex compagnon contre son entrejambe. Castiel laissa échapper un gémissement quand il sentit l'érection du jeune homme presser contre la paume de sa main.
- Dean, qu'est-ce que tu … lâcha t-il.
Mais il fut incapable de finir sa phrase. Dean avait relâché sa main pour appuyer la sienne entre ses jambes. Et Castiel ne pouvait plus nier qu'il était au moins aussi excité que son ex compagnon. C'était une mauvaise idée. C'était une très mauvaise idée. Ils n'avaient pas parlé de ce qui s'était passé et ils étaient probablement en danger. Mais à cet instant précis, il ne parvenait plus à penser à quoi que ce soit d'autre qu'à ce qu'il ressentait pour le jeune homme allongé sur le lit devant lui. Il chassa donc tous ses doutes de sa tête en se jurant de se pencher dessus dès le lendemain et entra en action. Il utilisa sa deuxième main pour défaire les boutons du jean de Dean. Le jeune homme en fit de même avec les siens. Leurs bras se heurtaient constamment dans leur précipitation. Mais Castiel n'avait pas l'intention de bouger. Il ne voulait surtout pas perdre une seconde et risquer de mettre fin au moment qu'ils partageaient. Il attendit que Dean soulève les hanches suffisamment pour baisser son pantalon et son caleçon et libérer son érection. Quand il la saisit dans sa main, Dean laissa échapper un long gémissement. Castiel garda les yeux rivés sur son sexe qui disparaissait dans sa main au rythme de ses mouvements. C'était quelque chose qu'il n'avait jamais pensé faire. Quelque chose qu'il n'avait jamais envisagé de demander. Et il savait que cela ne signifiait rien. Que Dean était sous le coup de ce qui venait de lui arriver. Il n'avait pas les idées claires et il regretterait probablement l'incident dès le lendemain. Mais Castiel en avait assez de se montrer raisonnable. Assez de résister et de lutter constamment. Il avait une chance d'obtenir ce qu'il voulait et il comptait bien la saisir. Il accéléra le rythme de sa main alors que Dean luttait contre sa braguette. Castiel se rappela alors qu'il avait toujours l'attèle à son doigt. Il relâcha son sexe pour terminer de défaire son pantalon puis se leva du lit rapidement pour le baisser. Quand il se rassit, Dean saisit aussitôt son érection dans sa main. C'était trop rapide et la position n'était pas idéale. Mais c'était exactement ce dont ils avaient besoin tous les deux. Un moyen rapide d'évacuer un peu de la pression accumulée depuis leur séparation. Une façon de ne pas parler de ce dont il devait parler et de retarder l'inévitable confrontation. Castiel chassa toutes ces idées de sa tête et se concentra sur les sensations que la main de Dean lui procurait. Il pouvait déjà sentir les prémices de son orgasme dans le bas de son dos et dans son ventre. Dean ne semblait pas très loin derrière lui s'il en croyait les gémissements qu'il poussait à intervalles réguliers. Il avait commencé à agiter les hanches pour accompagner les mouvements de la main de Castiel. Ca n'aurait pas du être aussi excitant. Mais Castiel trouvait le jeune homme absolument magnifique. Il accéléra sensiblement le rythme de son poignet, le tournant quand il arrivait en haut avant d'appliquer un peu de pression en redescendant. Il baissa ensuite les yeux sur son propre sexe que la main de Dean encerclait avec enthousiasme. Il n'aurait pas pu dire combien de temps cela dura. Mais quand son orgasme le transperça, il laissa échapper un cri guttural qui le surprit. Il se répandit dans la main de son ex compagnon pendant quelques secondes avant de se souvenir qu'il n'avait pas terminé ce qu'il avait entrepris. Il continua donc de bouger sa main le long du sexe de Dean. Le jeune homme porta alors sa main à sa bouche pour lécher de ses doigts le sperme de Castiel. Ce dernier gémit en le voyant faire. Quand il eut fini, Dean lui attrapa sa main libre et la pressa contre sa cuisse.
- J'ai besoin … j'ai besoin que tu … murmura t-il entre deux gémissements.
Castiel eut besoin de quelques secondes pour comprendre ce que son compagnon lui demandait. Il resserra ensuite sa main sur sa cuisse et enfonça sensiblement ses ongles dans sa peau. Ca ne pouvait pas être très douloureux mais de toute évidence, c'était tout ce dont Dean avait besoin pour lâcher prise. Il jouit à son tour bruyamment, ses poings se serrant contre sa bouche pour retenir certains de ses gémissements. Castiel le regarda faire, totalement fasciné. Il ralentit le rythme de sa main et quand Dean fut trop sensible pour qu'il continue à le toucher, il la retira complètement. Il l'essuya sur une des serviettes qu'il avait utilisé pour nettoyer les plaies du jeune homme et se leva du lit pour se rhabiller. Dean en fit de même après quelques secondes.
- Merci Cas … lâcha le jeune homme quand il eut remis son pantalon en place.
Castiel hocha la tête pour lui signifier qu'il l'avait entendu. Il regarda ensuite autour de lui. Il ne pouvait pas laisser Dean seul cette nuit mais il n'y avait qu'un lit dans la chambre. Il jeta un coup d'oeil au sol. Il pouvait envisager de dormir par terre avec un oreiller et une couverture. C'était sans nul doute mieux que la baignoire. Dean dut sentir son malaise puisqu'il lui saisit la main pour la serrer dans la sienne.
- Allonge toi avec moi, exigea t-il.
Une nouvelle fois, Castiel savait qu'il aurait du protester et aller dormir dans la voiture. Mais il était faible et fatigué et il n'avait pas la force de dire non. Il se contenta donc d'hocher à nouveau la tête avant de prendre place à côté de son ex compagnon. Il tira les couvertures pour les poser sur eux puis arrangea son oreiller correctement et posa sa tête dessus.
- Ca ne veut rien dire tu sais, assura Dean sans le regarder.
Castiel ne se faisait aucune illusion à ce sujet. Il savait que Dean ne ressentait rien pour lui. Il n'espérait pas l'entendre déclarer son amour inconditionnel pour lui simplement parce qu'ils venaient de se masturber mutuellement. Toutefois, ces quelques caresses avaient compté pour lui. Il le garda pour lui.
- Dean, la personne qui t'a fait ça … est-ce que tu …
Dean posa sa main contre sa bouche pour le faire taire et Castiel n'insista. Sa peau sentait le sexe et Castiel dut retenir un gémissement.
- On parlera demain … je t'expliquerais demain. Mais je veux juste … pour le moment, je veux juste dormir.
Castiel hocha la tête. Dean retira alors sa main de sa bouche pour la poser le long de son corps. Il était toujours sur le dos et semblait ne plus souffrir autant qu'à l'arrivée de son ex compagnon. C'était sans nul doute du à ce qu'ils avaient fait quelques minutes plus tôt. Dès qu'il se réveillerait, la douleur reviendrait de plein fouet. Ils aviseraient à ce moment là. Castiel était épuisé et il avait besoin de quelques heures de sommeil pour pouvoir analyser ce qui venait de se passer. Il savait qu'il n'obtiendrait pas toutes ses réponses le lendemain. Il espérait en avoir quelques unes. Suffisamment pour le faire rester aux côtés du jeune homme. Il n'envisageait pas de partir à nouveau. Pas après ce qui était arrivé à Dean en son absence. Il était heureux que le jeune homme l'ait appelé à l'aide. Heureux qu'il lui ait fait suffisamment confiance pour le laisser le soigner. Mais il savait également qu'il était probablement en danger en restant à ses côtés. Il avait peur que le jeune homme l'entraîne dans sa chute. C'était inévitable. Ils ne pourraient pas fuir indéfiniment. Castiel refusait toutefois d'y penser pour le moment. Il était encore sous l'effet de l'orgasme que Dean lui avait procuré et il avait bien l'intention d'en profiter tant que c'était possible. Demain était un autre jour. Ils devraient se confronter à nouveau à la réalité. Castiel devrait prendre des décisions importantes pour son avenir et celui de Dean. Il aurait probablement du être nerveux à cette idée. Mais allongé à côté du jeune homme, il se sentait bizarrement bien. Il se sentait paradoxalement en sécurité en partageant le même lit que lui. Il pouvait entendre sa respiration et sentir la chaleur de son corps se propager jusqu'au sien. A cet instant précis, cela représentait tout pour lui. Il se fichait du reste et il se fichait du danger. Il sourit faiblement en fermant les yeux. Il n'aurait jamais cru que cette journée se terminerait ainsi quand il avait quitté ce même motel ce matin. Il avait cru ne plus jamais revoir Dean. Ne plus jamais avoir de ses nouvelles et passer sa vie à se demander ce qui avait pu lui arriver. Mais quelques heures plus tard, ils étaient à nouveau côte à côte. Et si Castiel savait qu'il avait eu tort de revenir en courant au premier appel du jeune homme, il ne regrettait absolument pas de l'avoir fait. Il était prêt à affronter les conséquences. Allongé ainsi à côté de Dean, son parfum emplissant ses narines et lui rappelant ce qu'ils avaient fait quelques minutes plus tôt, il se sentait prêt à tout.
