Chapitre 7

Ce fut une main caressant son torse qui réveilla Red ce matin là. Deux jours étaient passés depuis qu'il avait accepté sa relation avec Lizzie et depuis, ils n'avaient pas quitté la suite, profitant de l'excuse des bracelets du bijoutier pour rester le plus longtemps possible. Avec douceur, il s'empara de la main câline et la porta à ses lèvres pour embrasser la cicatrice qui s'y trouvait.

- Bonjours, Lizzie, ronronna Red.

- Bonjour, Ray, répondit la jeune femme.

Liz se redressa sur un coude et plongea son regard dans celui de l'homme à coté de lui. Celui-ci tendit la main pour remettre une mèche des cheveux de Liz derrière son oreille, faisant doucement rougir la jeune femme.

- Si j'avais pu m'éloigner je t'aurais préparé un petit déjeuner au lit, murmura Raymond.

- Tu sais cuisiner, toi ? S'amusa la jeune femme.

Red se retourna alors vivement, entraînant la jeune femme sous lui. Lizzie éclata de rire au geste de son compagnon, amusée par la fougue de celui-ci.

- Attention, Mlle Keen, une telle insolence ne restera pas impunie, gronda doucement Reddington.

La jeune femme se redressa légèrement et défia le criminel du regard avant que son regard ne se pose sur les lèvres de celui-ci. Voyant cela, Red ne tînt plus. Il se pencha et embrassa tendrement la jeune femme, s'installant au dessus d'elle en s'appuyant sur ses coudes pour ne pas l'écraser.

Ce fut des coups frappés à la porte qui les arrêtèrent, Red jeta un coup d'œil par-dessus son épaule en direction de la porte.

- Raymond ? On a reçu un coup de fil de l'agent Cooper, ils ont le bijoutier, annonça Dembe de l'autre coté de la porte.

- Très bien, laisse-nous le temps de nous préparer et de manger un morceau et nous irons au bureau de poste.

- D'accord, répondit le jeune black.

Red reporta alors son attention sur la jeune femme, celle-ci avait un léger sourire, un peu triste, avec un soupire elle se dégagea de sous Reddington et s'assit au bord du lit, Red se mit à genou derrière elle et passa ses bras autour de ses épaules.

- Lizzie ? A te voir comme ça on dirait que tu n'es pas ravie que l'on te débarrasse du bracelet.

- Si je le suis, répondit la jeune femme, mais il faut bien avouer qu'il me donnait une bonne excuse pour rester aussi proche de toi.

- Tu pourras toujours l'être après, nota Red. De façon professionnelle, bien entendu, s'amusa le criminel.

- J'en doute. Avec les derniers événements, les rumeurs seront allées bon train et il va falloir que je garde mes distances pendant un moment pour que tout redevienne à peu prêt normal, s'agaça Elizabeth.

- Pour le moment nous avons toujours les bracelets et personnellement je serais plus rassuré lorsque l'on nous aura débarrassés de ces seringues de poison ambulantes.

Liz tourna la tête et embrassa Ray pour le remercier de son inquiétude. Puis elle se leva et tendit la main à son compagnon. Ce dernier eut un léger sourire et laissa Lizzie le guider vers la salle de bain où ils prirent une douche à deux. Puis ils rejoignirent Dembe dans le salon pour prendre leur petit déjeuner. Ils n'avaient rien dit officiellement au jeune homme mais celui-ci savait parfaitement ce qu'il y avait entre son frère de cœur et la jeune femme. Une fois le repas terminé, Ils rejoignirent tous les trois la voiture de Red et Dembe les conduisit vers le blacksite.

Une fois arrivés devant, Red et Lizzie mirent une certaine distance entre eux. Ils entrèrent dans l'ascenseur et le dernier geste que Red eut fut de poser brièvement sa main dans le bas du dos de Liz avant que les portes ne s'ouvrent.

Ils pénétrèrent dans l'open space et attirèrent aussitôt l'attention de tous les agents présents.

- Harold ! On m'a annoncé que vous aviez attrapé le bijoutier ? fit Red.

- Oui, et nous sommes en train de l'interroger, répondit Cooper en les observant s'avancer.

- Vous êtes toujours en vie, s'étonna faussement l'agent Navabi avec un léger sourire en coin.

- Dembe avait fait disparaître tous les stylos dans la suite, se justifia Liz.

- Oui, rit Navabi, j'ai entendu parler de cette histoire. Franchement qui aurait cru que vous poignarderiez Raymond Reddington avec un stylo.

- Pas moi, assura le criminel, sinon je ne l'aurais jamais laissé à porter de main de Liz. D'ailleurs à ce sujet, j'ai une belle cicatrice.

- Elle vous aidera à vous souvenir qu'il ne faut pas me pousser à bout, répliqua Liz en s'appuyant contre le bureau d'Aram et en le saluant d'un sourire.

A ce moment là, Ressler entra dans la salle, attirant l'attention de tous, il jeta un coup d'œil furieux vers Reddington avant de poser un regard inquiet sur Liz. Mais il ne dit rien, se souvenant de la dernière fois qu'il avait fait par de ses inquiétudes à la jeune femme.

- Alors ? demanda Cooper.

- Il refuse de parler, répondit dans un grondement l'agent roux.

- Dans ce cas, pourquoi ne pas laisser notre spécialiste des interrogatoires s'en occuper, proposa Red en posant son regard sur l'agent du Mossad.

- Non, répondit Liz, je vais m'en occuper.

- Je ne suis pas sûr… commença Ressler.

Mais la jeune femme ne l'écouta pas, elle agrippa Red pas la cravate et l'entraîna vers les salles d'interrogatoire. Arrivée là, elle s'arrêta et se tourna vers Red. Ce dernier l'observa avec attention, inquiet face à la fureur qui semblait bouillir à l'intérieur de la jeune femme. Cooper et le reste de l'équipe arrivèrent à ce moment là.

- Agent Keen ? Vous êtes sûre que vous vous sentez prête pour ça ? Demanda Cooper.

- Oui, monsieur, assura la jeune femme, le problème…

Elle jeta un regard à Red, celui-ci comprit ce qui gênait la jeune femme. Il était un criminel et sa présence dans les locaux du FBI allait pousser les autres criminels à se poser des questions.

- Est-ce que son silence peut être acheté ? demanda alors Cooper.

- Non, répondit Red, il se vend au plus offrant et n'hésite pas à vendre les informations importantes qu'il pourrait avoir en sa possession. Et mon association avec le FBI est une information importante qu'il s'empressera de vendre dès qu'il pourra communiquer avec l'extérieur.

- Nous pourrions le mettre en cellule d'isolement, proposa Cooper.

- En isolement, se moqua Red, cet homme a rempli des contrats pour la CIA et je suis sûr qu'ils feront en sorte qu'il ne voit pas la porte d'une cellule. Si je rentre dans cette pièce avec l'agent Keen, lui n'en sortira pas vivant.

- La CIA risque de ne pas apprécier, nota Aram.

- La CIA n'aura pas à le savoir s'il n'y a pas de corps, nota Lizzie en échangeant un regard avec Red.

Celui-ci eut un sourire en comprenant de qui la jeune femme parlait, elle était surprenante.

- Comment voulez-vous jouer cela, Lizzie ? demanda Red avec un léger sourire.

La jeune femme l'observa pendant un instant, puis elle s'empara des menottes de Ressler et s'approcha de Red. Celui haussa un sourcil en comprenant que la jeune femme allait le constituer prisonnier. Oui cela pouvait marcher ! Il tendit ses poignets et laissa Lizzie, le menotter par-dessus le bracelet et la menotte qui servait à les maintenir à une distance de sécurité. Puis, elle leva les mains et commença à défaire la cravate de Red.

- Lizzie ?

- Ça va faire plusieurs jours que nous n'avons pas pu nous éloigner l'un de l'autre et donc en théorie, ça va faire autant de temps que vous êtes en garde à vu, expliqua Elisabeth en donnant la cravate à Aram.

- Je vois, murmura Red, alors que Liz déboutonnait le premier bouton de sa chemise.

- Prêt ? demanda la jeune femme.

Reddington acquiesça doucement et Liz se tourna vers la porte, elle prit une profonde inspiration avant d'ouvrir la porte en grand, la faisant claquer contre le mur. Elle entra dans la salle en furie en traînant Reddington derrière elle.

- Assis, ordonna la jeune femme en tirant une chaise pour Reddington.

Celui-ci obéit docilement et s'installa sur la chaise en face du bijoutier.

- Bien, je n'ai pas de temps à perdre, annonça Lizzie en posant ses mains sur la table entre les deux hommes. Alors j'aurai deux questions pour vous, la première est : qui vous à commandé les bracelets que nous portons, Reddington et moi. Et surtout, comment les enlever ?

- Écoutez de toute évidence, mes bracelets vous ont été utiles, alors je vous dis comment les enlever et vous me relâchez. On peut faire un marché ? proposa l'homme.

- J'ai passé des jours dans une cellule parce que je ne pouvais pas m'éloigner de cet homme, cracha avec dégoût Liz en désignant Reddington. Alors dites moi comment on se débarrasse de ces bracelets avant que je ne perde définitivement patience.

- Je ne travaille pas gratuitement…, commença le bijoutier.

Mais il n'eut pas la chance de continuer lorsqu'il vit l'agent relever Red sans ménagement et utiliser la chaise pour bloque la porte. Avant de revenir vers lui en sortant une arme qui était dissimulée dans son dos. Elle posa alors le canon contre l'une des mains du bijoutier et lorsque ce dernier croisa le regard de la jeune femme, il sut qu'elle n'hésiterait pas un seul instant à mettre sa menace à exécution.

- Soit vous répondez à mes questions, soit vous ne pourrez plus jamais exercer votre … art, cracha la jeune femme.

- C'est un homme qui m'a commandé les bracelets, j'ignorais à quoi ils allaient servir…

- Son nom ?

- Ivan Batovitch.

- Et comment on les enlève ? exigea l'agent Keen.

Le Bijoutier leur donna alors l'adresse d'un site et un mot de passe, lui expliquant qu'une fois le mot de passe entré le site enverrait un signal aux bracelets pour qu'ils s'ouvrent. Liz jeta un cou d'œil en direction de la vitre teintée, derrière celle-ci, Aram s'activait sur l'ordinateur pour libérer son amie. L'agent Keen avait toujours l'arme dans la main mais cette fois-ci elle était assise au bord de la table. Ce fut un clic sonore qui cassa le lourd silence qui s'était installé. Liz enleva le plus rapidement possible son bracelet avant de jeter un regard à Reddington qui observait avec attention le sien.

- Red ? Appela Liz. Vous savez que vous ne pourrez pas le garder.

Elle s'approcha et sous le regard ahurit du bijoutier elle s'empara du bracelet avant de confier son arme au criminel. Puis elle ôta les deux paires de menotte, laissant Red libre de ses mouvements.

- Quoi ?! Bafouilla l'homme sans comprendre.

Mais il n'eut pas le temps de poser d'autres questions qu'une détonation put s'entendre dans la salle. Liz sortit son téléphone et dégagea la chaise de la porte avant de sortir et de composer un numéro qu'elle avait appris après sa rencontre avec Red.

- Mr Kaplan ? On va avoir besoin de vos services au bureau de poste.

Une main posée sur son dos lui indiqua que Red l'avait rejoint. Ils échangèrent alors un profond regard car ils savaient que les prochains jours allaient être difficiles.