Bonjour,
Voici le chapitre 15 et cette fois on en apprend vraiment plus sur Dean. Un nouveau personnage est introduit et Castiel se trouve face à une décision importante.
Merci de me lire et de m'écrire
Bonne lecture
Sydney8201
Musique du chapitre :
The Lost Boy de Greg Holden
Chapitre 15 : La vérité
« La vérité pure et simple est rarement pure et jamais simple »
Oscar Wilde
Castiel avait pris la route jeudi matin comme il avait dit qu'il le ferait à Dean. Il avait annoncé à Gabriel son intention de rejoindre le jeune homme pour quelques jours la veille, alors qu'ils dinaient devant un vieux film en noir et blanc. Castiel avait écouté son frère lui dire qu'il s'agissait d'une erreur, puis lui déconseiller de le faire avant d'accepter finalement sa décision et d'assurer qu'il le soutiendrait. Il n'avait pas fermé l'oeil de la nuit après ça, excité par la perspective de revoir Dean le lendemain.
Il avait parcouru les quelques cinq cent kilomètres qui séparaient Chicago de Détroit avec un enthousiasme débordant. Il ne s'était arrêté qu'une seule fois en chemin pour se dégourdir les jambes et manger un morceau. Cinq heures après son départ, il voyait enfin les premiers buildings se dessiner à l'horizon. Il dépassa le panneau indiquant son entrée en ville et sourit. Il avait sélectionné un motel en périphérie du centre ville et avait appelé pour réserver une chambre. Il avait donné un faux nom par sécurité et croisait à présent les doigts pour qu'on ne lui demande pas de carte d'identité. Il savait que ce type d'établissements n'était pas forcément extrêmement à cheval sur les formalités et c'était la raison qui l'avait poussé à le choisir. Il mit de longues minutes à trouver l'endroit puis quelques unes de plus à se garer sur le parking bondé. Il se dirigea ensuite vers la réception. La personne derrière le comptoir semblait à la fois agacé par sa présence et totalement épuisé. Il ne s'embarrassa d'aucune formalité et se contenta d'encaisser l'argent liquide que Castiel lui tendait avant de lui donner les clefs de sa chambre.
Il était à peine deux heures de l'après midi quand le jeune homme posa enfin son sac sur son lit. Il prit une douche rapide pour chasser un peu de la fatigue accumulée et également les nœuds que ses muscles formaient dans son dos et dans ses épaules. Il enfila ensuite un jean et un tee-shirt puis retourna dans la chambre. Il attrapa son téléphone sur le lit et fut soulagé de voir qu'il avait un message de Dean.
Ils ne s'étaient plus parlés depuis que Castiel l'avait appelé trois jours plus tôt. Ils n'avaient pas échangé de messages non plus. Dean ne l'avait pas averti de son départ ou de l'évolution de son voyage. Et Castiel n'avait pas pu s'empêcher d'avoir peur que son ex compagnon lui fasse faux bond. Il voulait avoir confiance en lui mais il n'était pas totalement sûr de le pouvoir. Il avait donc du croiser les doigts et espérer qu'il ne serait pas déçu.
Ce fut donc un soulagement immense quand il vit que le jeune homme lui avait écrit. Il ouvrit le message rapidement.
« Train retardé. Je ne serais là que dans la nuit. Je te rejoins à ton motel. »
Castiel observa alors la chambre et grimaça une seconde. Il ne pourrait pas accueillir le jeune homme sans lit supplémentaire. Il réfléchit un instant puis se décida à aller voir le réceptionniste. Avant de sortir, il répondit au message du jeune homme.
« Ne prends pas de chambre. Je t'envoie le numéro de la mienne et l'adresse du motel dans un moment. J'ai deux lits. »
Castiel retourna à la réception avec un nœud à l'estomac. Il savait que de dormir dans la même chambre que Dean serait une nouvelle torture pour lui. Mais cela leur permettrait de pouvoir discuter tranquillement. Et également de profiter de leurs derniers moments ensemble. C'était une bonne chose. Castiel était content. Mais il était également un peu angoissé.
Le réceptionniste lui proposa de lui fournir un lit de camp pour quelques nuits moyennant finances. Castiel paya ce qu'il lui demandait puis retourna dans sa chambre. Il avait quelques heures à tuer avant l'arrivée du jeune homme et aucune idée de ce qu'il avait envie de faire. Il alluma la télé mais ne parvint pas à s'arrêter sur une chaîne. Il finit par se désintéresser totalement de ce qui se passait à l'écran et installa, à la place, le lit de camp qu'il avait ramené de la réception. Il installa les draps puis jeta un oreiller dessus. Il utilisa ensuite son téléphone pour chercher les restaurants qui accepteraient de le livrer. Quand il en eut sélectionné plusieurs, il nota les noms et numéros de téléphone sur le bloc note fourni par le motel. Il prit ensuite place à la table près de la fenêtre et ouvrit un message pour Dean.
« Sun Inn Motel. 286 Cameron Street. Chambre 25. Chinois ou pizza ? »
Il sourit en relisant son message puis l'envoya. Il tourna le visage vers la télévision dans l'espoir de se distraire mais il n'avait aucune idée du sujet qu'abordait le film à l'écran et il n'avait nullement envie de s'y intéresser. Il sursauta quand son téléphone vibra lui indiquant que Dean venait de répondre.
« Je pense être là vers vingt trois heures. Je mangerais dans le train. Ne m'attend pas. »
Castiel ne put s'empêcher d'être déçu à l'idée de manger sans le jeune homme. Il avait très envie de passer la soirée avec lui. Mais il savait que Dean serait fatigué en arrivant et il savait qu'il aurait, lui même, du mal à résister au sommeil après la journée qu'il venait de passer. Ils auraient le temps de parler une fois reposés. Castiel n'avait pas l'intention de partir avant que Dean soit en route pour le Canada et il comptait bien faire en sorte de le retenir ici le plus longtemps possible. Castiel prit une grande inspiration puis envoya un message au jeune homme.
« Demande une clef de la chambre au réceptionniste. Il est au courant. »
L'horloge sur le mur indiquait quatre heures de l'après midi. Castiel se leva finalement de sa chaise, attrapa sa veste et sortit de sa chambre. Il avertit le réceptionniste qu'un de ses amis passerait récupérer une clef. Il ignora les regards suspicieux que l'homme lui lançait et le remercia avant de partir. Il reprit sa voiture et fit un tour au centre ville. Il se balada longuement dans les rues, regardant les vitrines des magasins d'un œil distrait. Il but un café sur une petite place où il y avait très peu d'autres personnes puis resta une heure à observer les gens qui allaient et venaient devant lui. Il reprit ensuite le chemin de sa voiture en faisant un détour pour admirer l'architecture du quartier. Il était presque vingt heures quand il rentra enfin à l'hôtel. Il commanda une pizza puis la mangea devant la télévision. Il prit ensuite une nouvelle douche, se brossa les dents et se glissa sous les couvertures. Il changea de chaine jusqu'à trouver une sitcom qu'il aimait puis la regarda, allongé dans son lit. Il sentit rapidement le sommeil le gagner. Il lutta contre de toutes ses forces. Il avait vraiment envie de voir Dean. Mais le jeune homme ne lui avait toujours pas envoyé de message pour lui dire que le train était arrivé. Il n'avait aucune idée de l'heure à laquelle il serait enfin au motel. Castiel vérifia un énième fois son téléphone avant de réinstaller sur les oreillers et de fermer les yeux.
Il ne sut pas exactement quand il s'endormit. Pas plus qu'il ne sut ce qui le réveilla. Quand il ouvrit les yeux, la chambre était entièrement plongée dans le noir. La télévision était éteinte alors qu'elle était allumée quand il avait fermé les yeux. Il eut besoin de quelques secondes pour comprendre ce qui avait pu se passer avant de tourner finalement la tête vers le lit de camp. Dean était allongé sous les couvertures, le dos tourné vers Castiel. Et il se débattait. Il semblait être en train de faire un cauchemar. Et de toute évidence, ce qu'il voyait était suffisant pour le faire pleurer et crier. Castiel l'observa de longues secondes avant de se lever finalement du lit. Il prit place derrière Dean et posa une main sur son épaule. Il n'était pas sûr de savoir comment le réveiller sans le faire paniquer. Mais il ne pouvait décemment pas le laisser dans cet état. Il réfléchit une seconde avant de se décider à agir. Il secoua gentiment Dean et le jeune homme poussa aussitôt un long cri. Castiel lui attrapa alors la deuxième épaule pour l'empêcher de se débattre. Il dut éviter le poing que Dean lança aussitôt dans sa direction. Il le secoua un peu plus vivement et finit par retourner le jeune homme sur le dos et par appuyer de tout son poids sur lui pour l'empêcher de bouger. Dean avait les joues couvertes de larmes. Il semblait totalement paniqué. Castiel avait le cœur serré et la gorge nouée. Il devait absolument parvenir à réveiller son compagnon. Il appela plusieurs fois son nom avant de secouer un peu plus fortement ses épaules. Après de longues secondes, le jeune homme cessa totalement de se débattre et ouvrit lentement les yeux. Il avait l'air terrifié et Castiel sut qu'il ne le reconnut pas tout de suite. Il lui adressa alors un sourire qu'il espérait rassurant.
- Dean, c'est moi … tout va bien … c'est moi Castiel, souffla t-il.
Dean laissa échapper un sanglot avant d'hocher la tête. Castiel lui relâcha alors les épaules et recula pour lui permettre de bouger. Il fut surpris quand le jeune homme se jeta aussitôt dans ses bras et le serra contre lui.
- Cas … Cas … ne me laisse pas, murmura t-il contre son cou.
Castiel n'avait pas l'intention d'aller où que ce soit. Mais il ne savait pas réellement ce que le jeune homme sous entendait par là. Parlait il seulement de cette nuit ou avait il d'autres projets ? Castiel était perdu. Mais il savait que ce n'était pas le bon moment pour poser la question. Il se contenta donc d'hocher la tête et d'enfouir son visage dans le cou du jeune homme. Dean avait son tee shirt serré entre ses poings. Il respirait bruyamment et sanglotait toujours. Castiel pouvait sentir ses larmes couler dans son cou et sous le col de son tee-shirt. Il ferma alors les yeux et attendit patiemment que son compagnon se calme enfin. Quand Dean cessa de pleurer, il recula doucement pour regarder Castiel dans les yeux.
- Désolé, lâcha t-il.
Il semblait un peu honteux d'avoir craqué ainsi devant lui. Mais Castiel ne comptait pas se moquer de lui. Il savait que le passé du jeune homme était extrêmement douloureux. Il savait les souffrances qu'il avait enduré. Et il pouvait comprendre qu'il soit assailli de cauchemars.
- Ne le sois pas. Tout va bien, répliqua t-il calmement.
Dean hocha faiblement la tête. Castiel posa alors ses deux mains sur ses joues et chassa ses larmes du bout des doigts. Le jeune homme ferma les yeux et poussa un long soupire. Sa respiration était encore sensiblement saccadée mais il semblait nettement plus calme. Castiel lui laissa encore quelques minutes avant de poser la question qui lui brûlait les lèvres.
- Tu rêvais de lui n'est ce pas ?
Il n'avait pas besoin de donner de nom ou même de préciser de qui il parlait. Il savait que Dean avait compris sa question. Son visage se tendit aussitôt et il recula pour échapper aux mains de Castiel. Il se leva du lit et retira son tee shirt couvert de sueur. Castiel le regarda faire. Il ne put s'empêcher de laisser ses yeux s'attarder sur chacune des cicatrices qui zébraient son torse et son dos. Sur les tatouages qui ne les camouflaient pas. Sur la musculature fine mais présente du jeune homme. Quand Dean eut enfilé un tee shirt propre, il se passa une main sur le visage et prit place sur une des chaises proches de la fenêtre. Castiel resta sur le lit. Il avait la sensation que son compagnon avait besoin d'un peu de distance entre eux pour répondre.
- La première fois que je l'ai rencontré, il m'a assuré qu'il pourrait me protéger. J'avais reçu des menaces assez claires de la part d'autres prisonniers. Je savais ce qu'ils avaient en tête me concernant et je refusais de devenir leur esclave sexuel. J'étais prêt à tout pour m'en sortir. J'ai accepté de faire ce qu'il me demandait contre la certitude que personne ne me toucherait … personne mis à part lui.
Castiel acquiesça mais ne dit rien. Il savait combien il était difficile pour son ami de se confier de la sorte. Il ne voulait surtout pas l'interrompre.
- Au début, il me demandait de remplir quelques tâches pour lui. J'apportais des choses à certains de ses contacts et je faisais en sorte que les gardes ne trouvent pas ce qu'il cachait dans notre cellule. Je savais qu'il vendait de la drogue et je savais qu'il avait du sang sur les mains. Mais c'était … là bas, c'était différent. Je devais faire quelque chose et je n'avais pas le choix.
Dean semblait avoir fait la paix avec les actes dont il s'était rendu coupable en prison. Castiel pouvait le comprendre. Il ne savait pas comment il aurait réagi à sa place. Il doutait d'avoir adopté un autre comportement.
- C'est quand il m'a demandé de tuer quelqu'un pour lui que j'ai commencé à vouloir mettre de la distance entre nous. C'est aussi la première fois qu'il m'a frappé. C'était juste quelques coups de poing mais j'ai lu sur son visage le plaisir qu'il prenait à le faire. Et j'ai compris … j'ai compris que je lui appartenais. Je n'ai jamais été son égal. Je n'ai jamais été son associé ou son partenaire comme je l'avais pensé au début. J'étais sa chose … son esclave. Les choses ont empiré ensuite. Chaque soir quand les lumières s'éteignaient, il recommençait à me faire du mal. Petit à petit, il a commencé à se montrer plus violent encore. Un soir, il m'a entaillé le ventre avec un couteau et m'a obligé à lécher le sang … mon sang. C'était l'enfer. Mais j'ai continué à refuser de tuer qui que ce soit. Il me demandait chaque soir après m'avoir torturé de céder à mes pulsions et de me laisser aller. Il m'assurait que si j'acceptais enfin de tuer quelqu'un, il cesserait de me faire du mal. J'ai tenu trois mois avant de craquer.
Castiel entendit à la voix du jeune homme qu'il pleurait à nouveau. Il ne sanglotait pas comme quelques minutes plus tôt. Mais sa voix tremblait. Elle était plus aiguë que d'ordinaire. Castiel souffrait pour lui.
- Pendant le mois qui a suivi, j'ai fait tout ce qu'il me demandait. Je n'ai tué personne. C'était la seule limite que j'avais posé. Mais je l'ai aidé à faire du mal à certains de ses ennemis. Je me suis rendu complice de plusieurs horreurs dont j'ai encore honte aujourd'hui. Il ne m'a plus touché jusqu'à ma sortie.
Castiel avait envie de se lever et de prendre le jeune homme dans ses bras. Il aurait aimé pouvoir le consoler et lui faire comprendre qu'il n'avait rien à se reprocher. Il était parfaitement normal qu'il ait cédé. Personne ne pouvait endurer autant de souffrance sans finir par craquer. Castiel ne pensait pas qu'il soit coupable de quoi que ce soit.
- Cas, il y a des choses que je ne t'ai pas dites l'autre jour, avoua finalement Dean après de longues secondes de silence.
Castiel le savait. Il fit signe à son compagnon de parler. Dean prit une grande inspiration et tourna le visage vers la fenêtre pour observer le parking.
- L'homme qui m'a fait tout ça … Al … son nom complet c'est Alastair Black. Il était en prison pour quelques mois en attendant son procès pour corruption et détournement de fonds. Mais le procureur n'a jamais pu trouver des preuves suffisantes et il a été relâché seulement quelques semaines après moi. Il possède quelques grandes entreprises qui emploient des centaines de personnes. Il donne de l'argent aux associations humanitaires. De nombreux soupçons pèsent sur lui mais la police ne peut rien prouver. Alastair dirige en parallèle une des plus grandes organisations criminelles du pays. Quand je suis sorti de prison, j'étais totalement fasciné par lui. Et je pensais qu'il pourrait m'aider à trouver ma place. Je suis retourné vers lui parce que je ne savais pas quoi faire d'autre. Les premiers jours, il m'a confié des petites tâches sans importance. Mais, un soir, il a recommencé à … à me faire du mal. Et je l'ai laissé faire. C'était quelque chose que j'avais appris à gérer. Quelque chose que je connaissais. Je savais comment me comporter avec lui.
Castiel pouvait sentir la colère monter en lui en entendant le mal que ce monstre avait fait au jeune homme. Il devait être sacrément doué pour avoir convaincu Dean de revenir vers lui de son plein gré. Il avait réussi à le détruire psychologiquement. A le faire culpabiliser et penser qu'il ne pouvait rien faire d'autre que de suivre ses ordres. Sans doute son compagnon espérait il oublier un peu de sa culpabilité quant à ce qu'il avait fait en prison en se laissant torturer de la sorte. Cela lui donnait la nausée.
- Alastair m'a confié de plus en plus de responsabilités. J'ai du travailler avec certains de ses hommes de main. Certains me détestaient. Mais la plupart n'osait rien tenter parce qu'ils étaient terrifiés par Alastair et parce que je lui appartenais. Trois mois après mon arrivée, il m'a demandé d'enlever une mère et son fils pour obtenir d'eux le lieu où se cachait leur mari et père. Je ne pouvais pas refuser. La veille, il m'avait fait comprendre que je n'avais pas le choix en me fouettant pendant des heures. Je pouvais à peine supporter le tissu de mon tee shirt sur mon dos. J'étais épuisé et prêt à tout pour que les souffrances diminuent. Mais quand j'ai vu cette femme et son fils terrifiés … quand je les ai entendu supplier, je n'ai pas pu le faire. Je suis parti sans eux et suis allé trouver la police. Quand je leur ai expliqué qui j'étais, ils m'ont conduit auprès d'un agent du FBI qui menait une enquête sur Alastair et sa bande.
Castiel n'avait jamais entendu cette partie de l'histoire. Il avait envie d'obtenir des informations et de poser des questions. Mais il se contenta d'écouter. Dean semblait lancé et il ne voulait surtout pas l'interrompre. Il avait besoin d'entendre toutes ces choses. Car il savait que le jeune homme avait quelque chose en tête.
- Victor Henriksen est quelqu'un de bien … d'honnête et de déterminé. Il travaillait sur cette affaire depuis des années sans résultats. Quand je lui ai dit que j'étais prêt à les aider, il m'a proposé un marché. Il voulait que je continue à travailler pour Alastair afin d'obtenir des noms, des adresses et des preuves irréfutables pour l'arrêter. Il m'a promis qu'ensuite, il me sortirait de cette impasse et qu'il me mettrait à l'abri. Il a juré de protéger Sam et de Bobby et de leur offrir à eux aussi une nouvelle identité. Je devais profiter du programme de protection des témoins. Mais avant, je devais rester encore quelques temps auprès d'Alastair. J'ai accepté. Je n'avais pas le choix. J'étais coupable de complicité dans trop de crimes pour pouvoir m'échapper. C'était ma porte de sortie … ma seule et unique chance de m'en sortir.
Castiel commençait à comprendre ce que son compagnon lui expliquait. Il avait travaillé sous couverture. Il avait été infiltré au sein de l'organisation afin d'aider la police et le FBI à arrêter l'homme qui lui avait fait beaucoup de mal. Dean était un héros. Il était courageux et brave et Castiel était incroyablement admiratif.
- Les premiers temps, j'étais mort de trouille. Mais je faisais ce qu'on me demandait. J'étais devenu un agent double. Je passais des infos à Henriksen régulièrement. Il en demandait toujours plus. Les choses sont devenues réellement impossible quand je suis tombé amoureux de Benny. Je lui ai tout dit presque aussitôt et il m'a demandé d'arrêter. Il m'a prévenu que je risquais de me faire tuer. Il m'offrait une autre option. Celle de vivre avec lui loin de tout ça. Mais il y avait Sam et Bobby et … j'étais complètement perdu. Benny m'a juré qu'on s'enfuirait. J'en ai parlé à Henriksen et il m'a menacé de m'arrêter. Ce soir là, Benny se faisait tuer. Peu de temps après, je prenais la fuite comme j'avais juré à Benny qu'on le ferait rapidement. Je suis en cavale depuis. Je n'ai jamais donné à Henriksen les informations suffisantes pour arrêter Alastair et je sais qu'ils ne peuvent pas lui nuire sans elles. Il est toujours libre et je suis toujours menacé. Et je ne sais pas quoi faire. Parce que je suis fatigué Cas … je suis fatigué de courir. Je veux que ça s'arrête.
Castiel se leva finalement du lit et rejoignit Dean en quelques enjambées. Il s'agenouilla devant lui et posa ses mains sur ses genoux pour le rassurer. Il savait que le jeune homme en avait assez de la vie qu'il menait. Sa décision de partir au Canada en découlait très probablement. Il voulait trouver un endroit où personne ne viendrait le chercher. Il voulait s'installer. Il voulait une vie normale. Mais Castiel doutait qu'il puisse en avoir une tant qu'il ne mettrait pas un terme à tout ce qu'il avait laissé en plan en prenant la fuite.
- Pourquoi ne pas retourner voir Henriksen ? Peut être que tu pourrais le convaincre de te faire à nouveau bénéficier du programme de protection des témoins en lui fournissant les informations que tu détiens sur Alastair ?
Dean secoua la tête.
- Je suis recherché par la police Cas. Ils me considèrent comme coupable de crimes atroces et … ils ont mon visage affiché partout dans les commissariats du pays. Je ne pense pas qu'ils me proposent quoi que ce soit d'autre qu'un nouveau séjour en prison. Henriksen me l'a clairement dit peu de temps avant mon départ. Et … si je me fais arrêter et enfermer, je serais tué avant même d'avoir pu assister au procès. Alastair est puissant et il a des contacts dans toutes les prisons du pays. Je ne peux pas …
Castiel doutait qu'Henriksen puisse refuser de négocier avec Dean tout en sachant qu'il était le seul à pouvoir lui fournir les informations suffisantes pour mettre Alastair en prison. Il savait que ce n'était pas la seule raison qui poussait le jeune homme à refuser de retourner le voir. Il y avait plus que ça. Dean considérait Henriksen comme responsable en partie de la mort de Benny.
- Si Alastair me retrouve, il me fera payer mon départ et mon absence. Son imagination n'a aucune limite quand il s'agit de me faire du mal. Je sais qu'il trouvera un moyen de se venger sans me tuer … et crois moi, ce sera bien pire que de mourir.
Castiel prit quelques secondes pour repenser aux cicatrices du jeune homme. Elles témoignaient de ce qu'Alastair lui avait fait subir et de la violence des coups infligés. Il ne doutait pas de l'efficacité de cet homme en matière de torture physique et psychologique.
- Ce cauchemar … c'était lui que tu voyais ? Demanda t-il.
Dean se frotta les yeux avant de se passer la langue sur les lèvre. Castiel aperçut alors la petite boule argentée qui reposait au milieu de la langue du jeune homme. Il n'avait plus repensé à ce piercing depuis le soir où Dean lui en avait parlé. Il se demandait si les sensations étaient différentes avec. Il secoua la tête pour chasser ces images de sa tête et se concentra sur le regard torturé de son compagnon.
- Ce n'est jamais le même cauchemar mais c'est toujours lui que je vois. Ce soir, c'était … j'ai revécu une des pires tortures qu'il ait pu m'infliger. C'était un soir où un de ses … rendez vous … a mal tourné. Il était particulièrement énervé et il m'a accusé de l'avoir distrait. D'avoir causé son échec. Je n'étais même pas là. Je suis resté toute la soirée enfermé dans ma chambre. Mais il s'en fichait. Il devait passer ses nerfs sur quelqu'un et j'étais là. Il …
Dean s'interrompit une seconde et Castiel vit des larmes déborder de ses yeux. Il avait envie de prendre le jeune homme dans ses bras et de le serrer contre lui pour le réconforter. Mais il avait besoin d'entendre ce qu'il avait à dire. Besoin de savoir ce qu'il avait subi pour avoir une image claire de son passé.
- Il … il a pris un couteau et il … il m'a demandé de retirer mon tee-shirt. Il m'a ensuite attaché au lit, sur le ventre et … il a gravé quelque chose sur mon dos … une sorte de symbole qui était sensé me rappeler que je lui appartenais. C'était … la douleur était atroce et j'ai fini par perdre connaissance. Je ne sais pas si c'était du au fait que j'avais trop souffert ou que j'avais perdu trop de sang. Peu importe. Quand je me suis réveillé, j'étais toujours attaché au lit. Meg … l'une des rares femmes qui travaillait pour Alastair … Meg me recousait grossièrement. Je suis resté trois jours sur ce lit … sans jamais pouvoir boire ou manger … sous pouvoir aller aux toilettes. Quand il m'a libéré, il m'a ordonné de prendre une douche. Il m'a dit que j'étais dégoûtant. Et je l'ai cru … Cas … je l'ai cru.
Castiel ne pouvait qu'imaginer ce que Dean avait traversé durant ces trois jours. La douleur des blessures … l'humiliation de ne pas pouvoir aller aux toilettes … la privation de nourriture et d'eau. Il devinait à quel point la situation avait du être horrible. Il ouvrit la bouche pour dire quelque chose, n'importe quoi de rassurant, mais Dean l'en empêcha en lui faisant signe de se taire. Il se leva ensuite et retira doucement son tee-shirt. Castiel se redressa à son tour et regarda son compagnon se tourner pour lui montrer son dos. Il laissa ses yeux vagabonder sur toutes les cicatrices qui le zébraient et finit par tomber sur celle qui découlait de cette soirée en particulier. Juste au dessus du pantalon du jeune homme, dans le bas de son dos, légèrement excentrée par rapport à sa colonne vertébrale se trouvait une cicatrice en forme de pentagramme. Il était grand, une bonne dizaine de centimètres de long et de large. Les cicatrices étaient fines et nettes. Parfaitement visibles malgré le temps qui s'était écoulé. Castiel n'avait jamais rien vu de tel. Il dut se retenir de pleurer à son tour en imaginant Alastair graver ce symbole dans la peau du jeune homme. Il approcha sa main et en effleura le contour doucement. Dean frissonna aussitôt mais ne chercha pas à se soustraire à ce contact. Castiel fit ensuite glisser ses doigts sur le tatouage que son compagnon avait le long de sa colonne vertébrale. Il se demandait ce qu'il pouvait signifier. Il ne se rendit même pas compte qu'il avait posé la question à voix haute avant que Dean ne réponde d'une voix grave.
- C'est du tibétain. Les trois premières lettres signifient « liberté », les trois suivantes « courage ». Je les ai fait tatouer quelques jours après avoir fui.
Castiel hocha la tête puis recula sa main. Dean se retourna alors pour lui faire face. Castiel ne put s'empêcher de regarder à nouveau les brûlures qui couvraient ses pectoraux et dont certaines étaient cachées par l'immense tatouage que Dean avait. Le jeune homme posa son doigt dessus.
- Celle là date du soir où Benny est mort. Alastair a utilisé un tison chauffé à blanc pour me brûler sur le torse. J'ai voulu en camoufler une partie avec ce dessin mais … elles se verront toujours je suppose.
Castiel en avait assez entendu. Il ne pouvait pas écouter le jeune homme lui décrire chacune des cicatrices qui se trouvaient sur son torse. C'était trop dur. Trop douloureux. Il lui attrapa alors les bras et les écarta de sa poitrine.
- Dean, tu ne peux pas continuer comme ça, asséna t-il ensuite.
Il savait que le jeune homme avait un plan et qu'il comptait s'y tenir. Il savait également qu'il ne voulait surtout pas mettre son frère et Bobby en danger. Mais il ne pouvait pas continuer à fuir éternellement ou partir à l'étranger en espérant disparaître. Il avait le droit d'avoir une vie normale. Il ne pouvait pas payer indéfiniment pour les erreurs qu'il avait commises dans le passé. Personne ne méritait de souffrir comme il continuait de souffrir. Il devait faire quelque chose.
- Tu vas finir par te faire tuer ou par te faire repérer et … tu ne survivras pas si tu dois retourner auprès de lui. Tu me l'as dit toi même. Je ne peux pas accepter de te voir prendre la fuite sans aucune chance d'avoir un jour une vie normale. Pas maintenant que je sais tout ce que tu as affronté par le passé.
- Et qu'est-ce que tu proposes ?
Castiel ne savait pas comment répondre à cette question. Il n'avait aucune idée de ce que le jeune homme devait faire. Il n'avait pas suffisamment d'expérience en la matière pour le conseiller sur ce point. Mais il restait persuadé qu'en continuant à vivre de la sorte, Dean finirait par perdre la tête. Il refusait de vivre avec cette certitude.
- Je pense que tu devrais retourner voir Henriksen, déclara t-il finalement.
Il savait exactement la réaction qu'aurait Dean en entendant le nom de l'agent qui avait, selon lui, trahi sa promesse. Mais il ne lui laissa pas le temps de dire quoi que ce soit et enchaîna aussitôt.
- Il a commis des erreurs … et je crois qu'il aurait du te faire sortir de cet enfer plus tôt. Mais … il est ta seule chance de pouvoir mener une autre vie. Ta seule chance de faire arrêter Alastair. Tu dois tout lui dire.
- Sam se fera tuer … si je fais ce qu'il me demande … et même s'il accepte de me protéger, je sais qu'il refusera de faire quoi que ce soit pour mon frère et pour Bobby.
Castiel posa ses mains sur les joues de Dean pour l'empêcher de détourner les yeux et de fuir son regard.
- Tu n'en sais rien. Cela ne coûte rien d'essayer.
- Il va m'arrêter, protesta Dean.
Castiel soupira longuement. Il était à court d'arguments. Il ne se sentait pas à sa place. Il n'avait jamais rien vécu de tel et n'avait connu personne ayant eu à affronter de telles épreuves.
- Je pense sincèrement qu'il a besoin de toi … trop besoin de toi pour risquer de perdre ton témoignage. C'est toi qui est en position de force. Pas lui. Tu devras le convaincre de t'écouter et le convaincre de protéger ton frère et Bobby en même temps que toi avant de lui donner la moindre information. Je suis sûr qu'il acceptera. S'il veut Alastair, il acceptera.
Dean lui attrapa alors les avant bras et les serra sensiblement dans ses mains. Castiel se força à ne pas baisser les yeux mais le regard du jeune homme le mettait mal à l'aise. Il y avait tellement d'espoir dans ses iris verts, tellement de souffrance également. Castiel était bouleversé.
- Si toutefois cela devait fonctionner, tu sais que je disparaitrais. Je changerais d'identité et je ne pourrais plus avoir de contact avec qui que ce soit. Je n'existerais plus. Dean Winchester ne sera plus qu'un souvenir.
- Et on ne se reverra jamais, je sais.
Castiel avait envisagé cet aspect de sa solution. Mais il n'était pas question de lui ou de son désir maladif de passer le plus de temps possible en compagnie du jeune homme. Il ne pouvait pas se montrer égoïste sur ce point. Il n'avait pas le droit de demander à Dean de sacrifier son avenir pour son plaisir. Et si disparaître avec l'aide du FBI était la seule solution à son problème, alors Castiel croisait les doigts pour que cela fonctionne. Peu importait qu'il en souffre. L'important était ailleurs.
- Cas … j'ai peur, souffla alors Dean.
Il lui relâcha les avant bras et posa ses mains sur les petites cicatrices rondes qu'il avait au niveau des clavicules.
- Je suis terrifié depuis deux ans et demi. Je ne sais même plus ce que cela fait d'être … d'être rassuré et confiant. J'ai pris l'habitude de redouter constamment ce qui pourrait m'arriver. Je ne sais pas si je pourrais un jour oublier cette peur et mener une vie normale.
- Tu apprendras, comme tout le monde.
Dean sourit faiblement puis vint coller son front contre celui de Castiel. C'était un geste qui témoignant de la confiance que le jeune homme avait en lui et de l'intimité qu'il était prêt à partager avec lui. Ca n'avait rien de sexuel. Ce n'était pas le prélude à quoi que ce soit de ce genre.
- J'aimerais que tu viennes avec moi … j'aimerais que tu … que tu sois à mes côtés jusqu'au bout. Mais je sais que je ne peux pas te demander ça. Je ne veux pas que tu prennes de risques pour moi. Tu devrais repartir à Chicago. Tu devrais retourner auprès de ton frère et m'oublier.
Castiel fut une nouvelle fois incapable d'apporter une réponse à ce que le jeune homme lui disait. Il avait très envie de l'aider. Il voulait l'accompagner autant que possible et s'assurer que tout irait bien pour lui. Mais il savait qu'il mettrait sa vie en danger en le faisant. Et peut être même celle de Gabriel et du reste de sa famille. Il refusait de leur faire courir ce risque. Cela impliquait bien sur qu'il devait suivre les conseils de Dean. Il déglutit avec peine et recula sensiblement le visage. Dean l'attrapa alors en posant une main dans sa nuque et une sur son épaule. Pendant une seconde, Castiel crut qu'il allait à nouveau coller son front contre son visage. Il fut surpris quand il sentit les lèvres du jeune homme presser contre les siennes. Avant qu'il ait le temps de l'embrasser en retour, Dean mettait un terme à leur baiser. Castiel ne put s'empêcher de passer sa langue sur ses lèvres pour mémoriser le goût de celles de son compagnon.
- Pars ce soir Castiel … pars ce soir s'il te plait, murmura ce dernier en fermant les yeux.
C'était hors de question. Castiel refusait d'abandonner le jeune homme dans cet état. Il ne savait pas encore s'il accepterait de l'aider à contacter Henriksen ou s'il retournerait à Chicago dès le lendemain matin. Mais il savait qu'il ne partirait pas ce soir. Pas alors que son compagnon semblait sur le point de craquer.
- Non Dean … je ne peux pas, refusa t-il.
- Si tu restes ici, ce sera plus dur encore pour toi de partir … et je ne sais pas si je serais capable de te mettre dehors … alors, crois moi, pars pendant que tu le peux encore. Pars avant d'avoir des ennuis à cause de moi.
Castiel secoua une nouvelle fois la tête. Il ne cèderait pas sur ce point. Il avait besoin de réfléchir à ce qu'il comptait faire ensuite. Mais il était convaincu qu'il ne voulait pas s'en aller pour le moment. Il était en sécurité dans ce motel. Personne ne viendrait les chercher. Et Dean avait besoin de son aide.
- N'insiste pas, c'est inutile. Je ne vais pas partir ce soir. Je vais rester ici avec toi et m'assurer que tu ne fais pas d'autres cauchemars.
- Et demain ? Demanda alors Dean.
Castiel haussa les épaules.
- Demain est un autre jour. Je ne te promets rien. Je ne te dis pas que je serais là encore longtemps ou même que je t'aiderais à faire quoi que ce soit. J'ai une famille et je ne veux pas les mettre en danger. J'ai besoin de réfléchir à tout ça … besoin de faire le point. Je déciderais demain de ce que je ferais ensuite. Mais pour le moment, je suis là et tu ne me forceras pas à m'en aller.
Dean sembla soulagé par ce qu'il entendait. Il hocha la tête plusieurs fois avant de déposer un nouveau baiser rapide juste à l'angle de la bouche du jeune homme. Castiel se demanda ce que ce geste signifiait mais préféra ne pas poser de questions. Il ne voulait surtout pas braquer le jeune homme ou le mettre mal à l'aise. Il était bouleversé par tout ce qu'il venait de confesser et il était manifestement épuisé. Il avait probablement agi sans réfléchir.
- Tu accepterais qu'on dorme dans le même lit ? Souffla ensuite Dean en détournant les yeux. C'est quelque chose que je faisais avec Sam à chaque fois qu'il avait fait un cauchemar concernant notre mère.
Castiel ne pouvait pas refuser quoi que ce soit au jeune homme dans cet état. Il hocha aussitôt la tête pour lui signifier qu'il était d'accord. Dean lui saisit alors la main et l'entraîna jusqu'au lit. Il n'avait toujours pas remis son tee-shirt et ne semblait pas décidé à le faire. Castiel le regarda s'allonger sur le lit et attendit une seconde avant de se glisser derrière lui. Il fit en sorte de ne pas le toucher. Il ne savait pas exactement ce que Dean attendait de lui.
- Tu es trop loin, jeta le jeune homme après quelques secondes.
Castiel savait que dormir coller contre son compagnon était sans nul doute une très mauvaise idée. Il risquait d'être extrêmement mal à l'aise en se réveillant. Mais pour le moment, il ne voulait pas y penser. Dean avait besoin de lui et il voulait être là pour lui. Même si cela impliquait qu'il doive filer dans la salle de bains pour relâcher un peu de pression avant que le jeune homme ne se réveille.
- Viens ici, ajouta Dean.
Il se retourna légèrement pour lui attraper le bras et l'attirer à lui. Il garda ensuite sa main emprisonnée dans la sienne, posée sur son ventre plat. Castiel avait été obligé d'avancer considérablement et avait à présent le torse collé au dos de son compagnon. C'était confortable et intime. C'était magique. Castiel ferma alors les yeux et inspira le parfum de son compagnon. Il savait qu'il n'aurait probablement plus jamais l'occasion de partager un tel moment avec lui. Il voulait en profiter au maximum.
- Bonne nuit Cas, murmura finalement Dean.
- Bonne nuit.
Castiel rouvrit alors les yeux et observa le silhouette de son compagnon pendant de longues secondes. Il ne savait pas ce qu'il ferait quand le soleil se lèverait enfin. Il ne savait pas quelle décision il prendrait concernant toute cette histoire. Il avait envie d'aider le jeune homme. Il avait réellement envie d'être là quand tout s'arrangerait enfin. Mais cela comportait des risques qu'il ne pouvait pas ignorer. Et il savait qu'il aurait le cœur brisé quand Dean devrait partir et disparaître. Il savait que ce serait pire encore s'il restait plus longtemps avec lui. Car ses sentiments pour le jeune homme gagnaient en intensité au fil des secondes qu'il passait en sa compagnie. Il ne pouvait rien faire pour s'en empêcher. Peu importait ce qu'il apprenait sur lui et son passé. Il était totalement et complètement amoureux de lui. Et il avait la sensation que Dean tenait également à lui. Il ne partageait sans doute pas ses sentiments mais il ressentait quelque chose. Son comportement avec lui en était la preuve. Castiel était terrifié à l'idée de le perdre. Terrifié de la manière dont il gèrerait son départ. Il savait que c'était la meilleure solution pour Dean. Sans doute la seule. Mais elle n'en était pas moins difficile pour Castiel. Car il devrait renoncer à son compagnon du jour au lendemain tout en ayant la certitude qu'il ne le reverrait jamais. Et il doutait que de savoir qu'il était en vie suffirait à apaiser son chagrin. L'absence était toujours plus difficile à supporter pour ceux qui restaient en arrière. Dean allait lui manquer cruellement. Il était sans nul doute préférable de couper les ponts tout de suite. Castiel soupira longuement. Sous ses doigts, la peau de Dean était chaude et douce. Mais il pouvait sentir les cicatrices. Elles faisaient parties du jeune homme. Elles étaient là pour rappeler à quiconque le regardait à quel point il était fort et courageux. Dean pouvait penser le contraire autant qu'il le souhaitait, Castiel savait qu'il était un héros. Il avait mis sa vie en danger pour sauver celles d'autres. Il aurait mérité une médaille et les honneurs qu'on réservait habituellement à ceux qui donnaient leur vie pour les autres. Il aurait mérité d'avoir la vie dont il avait toujours rêvé. A la place, cependant, il était allongé dans un lit dur comme une planche de bois, serré dans les bras d'un homme qu'il ne connaissait que peu et dont il devrait être séparé pour de bon bientôt. Il était terrifié constamment et avait du se séparer de sa seule famille. Il avait perdu l'homme qu'il aimait. Dean était un survivant. Castiel l'admirait. Castiel ferma à nouveau les yeux. Il ne devait pas se laisser distraire par tout ce qu'il ressentait pour le jeune homme. Il devait prendre une décision définitive et s'y tenir cette fois. Il était hors de question de changer d'avis. S'il partait, il ne reviendrait pas. S'il restait, il irait jusqu'au bout malgré les risques. Il espérait sincèrement que la nuit lui porterait conseil. Car à cet instant précis, il n'avait réellement aucune idée de ce qu'il devait faire. Il savait ce qu'il voulait faire bien sûr … mais il n'était pas encore sûr de pouvoir suivre son cœur sur ce coup. Et il ne devait surtout pas se tromper cette fois. Il en allait de sa vie et de celle de tous les gens qui lui étaient proches.
