Bonjour,
Voici le 17ème chapitre. Et Henriksen entre en scène pour cette confrontation.
Merci de continuer à me lire et m'écrire.
Bon chapitre à tous,
Sydney8201
Musique du chapitre :
Carry on my wayward son de Kansas
Chapitre 17 : Henriksen
« Le vrai courage ne se laisse jamais abattre »
Fénélon
Dean avait réussi à convaincre l'agent spécial Victor Henriksen de venir les trouver à Détroit dans un endroit qu'ils avaient choisi au préalable, à l'heure qu'ils lui imposaient et seul. Castiel avait été impressionné par la conversation que son ami avait eu avec cet homme. Il n'avait pas pu entendre les réponses d'Henriksen mais le ton de Dean n'avait laissé place à aucun débat et aucune négociation. Il avait obtenu ce qu'il voulait de son interlocuteur. De toute évidence, le jeune homme savait exactement ce qu'il faisait et ne semblait pas impressionné par la carrière et la réputation d'Henriksen. Castiel avait pris le temps de faire quelques recherches sur lui dans un café qui offrait une connexion internet gratuite. Il avait appris que l'agent était connu pour sa traque de criminels dangereux. On ne lui confiait que les affaires les plus sérieuses et il avait un pourcentage de réussite frisant la perfection. Ses supérieurs ne tarissaient visiblement pas d'éloges sur lui et à trente neuf ans, Henriksen était l'homme que tout le monde voyait prendre la direction du FBI d'ici quelques années. Castiel avait reconnu son visage dès qu'il l'avait vu sur l'écran de son ordinateur. Le nom lui avait été familier quand Dean l'avait évoqué mais Castiel n'avait pas réellement eu le temps de se pencher sur le problème. C'était quand sa photo était apparue devant lui qu'il s'était souvenu. Henriksen était l'agent que les journalistes avaient interrogé pour parler de l'enquête en cours sur un des réseaux criminels les plus actifs du pays et dont l'un des piliers, Jake quelque chose si Castiel se souvenait bien, avait été tué quelques jours plus tôt. Il ne lui en avait pas fallu beaucoup plus pour faire le rapprochement entre ce qu'il avait entendu au journal télévisé et ce que Dean lui avait dit. Cette affaire que la police ne parvenait pas à résoudre était la seule ombre au tableau pour Henriksen. Et elle était aussi directement liée à Dean. Car c'était de cette organisation dont le jeune homme s'était échappé un an plus tôt. Alastair Black la dirigeait et Dean était la seule personne à pouvoir le faire plonger. Castiel avait été choqué quand il avait fait le lien entre tout ce qu'il savait. Il n'avait pas interrogé Dean dessus même s'il mourrait d'envie de savoir s'il connaissait ou non Jake quelque chose ou l'homme qui l'avait formé et qui avait été tué plus tôt.
Castiel avait finalement appelé Gabriel pour lui faire part de son intention de rester auprès de Dean quelques temps. Comme il s'y était attendu, son frère lui avait déconseillé de le faire, lui répétant encore et encore qu'il en souffrirait inévitablement. Castiel l'avait laissé parler avant de lui rappeler qu'il était amoureux du jeune homme. Gabriel lui avait alors souhaité bonne chance et l'avait assuré de son soutien. Castiel n'aimait pas l'idée de lui mentir mais il n'avait pas d'autre choix. Il devait protéger son frère des hommes qui recherchaient Dean et il était prêt à tout pour cela. Il lui expliquerait toute l'histoire quand son ami serait enfin en sécurité. Il pleurerait sans nul doute dans ses bras ensuite. Mais il préférait ne pas y penser pour le moment.
Une fois les détails réglés et les appels passés, Dean avait conduit Castiel sur le lieu de rendez vous pour lequel ils avaient opté. Il s'agissait d'un café en centre ville qui était suffisamment exposé pour que personne n'ose tenter quoi que ce soit contre lui et suffisamment à l'écart de la majorité de la foule pour qu'ils puissent parler tranquillement. Ils avaient convenu de s'y rendre une bonne heure avant l'arrivée d'Henriksen afin de surveiller les alentours. Ils avaient défini ensemble deux points d'observation pour s'assurer que l'agent serait seul. Dean avait ensuite insisté pour qu'ils achètent un téléphone jetable chacun afin de pouvoir communiquer quand ils seraient séparés. Le reste de l'après midi, il avaient revu le plan en détails une bonne dizaine de fois. L'avion d'Henriksen devait atterrir le lendemain matin et le rendez vous avait été fixé pour dix heures.
Ils passèrent la soirée devant la télé à manger une pizza sans parler. Ils dormirent à nouveau dans la même chambre mais chacun dans leur lit. Le lendemain matin, ils étaient debout à sept heures et prêt à partir à huit. Avant qu'ils ne sortent pour rejoindre leur voiture, Dean tendit son arme à Castiel et insista pour qu'il la prenne avec lui. Elle était exactement comme dans son souvenir. Brillante. Magnifique. Mais ce n'était pas un jouet et Castiel n'avait jamais usé d'une arme avant cela. Il n'avait même jamais joué à ces jeux video de tir dont ses frères étaient fans. Il ne savait pas comment viser ou comment retirer la sécurité. Il n'avait aucune envie de prendre l'arme avec lui. Dean insista pourtant longuement. Il ne voulait surtout pas faire courir le moindre risque à Castiel. C'était tout à son honneur. Il avait un couteau en plus de son arme qu'il allait garder sur lui pour pouvoir se défendre si nécessaire. Castiel finit par céder quand le jeune homme affirma qu'ils n'iraient nul part désarmés. Il l'écouta ensuite lui expliquer le fonctionnement de l'arme et répéta les gestes plusieurs fois pour être sûr. Ils se mirent en route ensuite, stressés mais déterminés.
Une fois sur place, Castiel prit place à l'endroit que Dean avait choisi pour lui. Il était à l'abri des regards sans paraître suspect si toutefois il était vu par quelqu'un. Il n'était pas à l'aise pour autant. Dean lui avait expliqué ce qu'il devait observer et les signes auxquels il devait être attentif. L'arme du jeune homme était passée dans la ceinture de son jean, au niveau de ses fesses et il ne pouvait pas arrêter d'y penser. Il tenta de calmer ses nerfs en se répétant encore et encore tout ce que Dean lui avait dit. Il garda les yeux rivés sur le café où Henriksen devait les rejoindre d'ici quelques minutes. Il regarda ensuite chacun des clients présents pour s'assurer qu'il n'y avait personne de suspect. Il n'était pas vraiment sûr de pouvoir repérer d'autres agents si toutefois ils étaient parmi les personnes qui se trouvaient installés au café. Mais il avait envie d'essayer. Il observa ensuite la rue, guettant Henriksen. Il sursauta quand son téléphone vibra dans sa poche. Il le sortit aussitôt et le décrocha sans même vérifier qui l'appelait. Dean était le seul à avoir ce numéro.
- R.A.S ici, lança le jeune homme. Toi ?
Castiel prit quelques secondes pour regarder une nouvelle fois les clients du bar puis les gens qui allaient et venaient devant. Il ne voyait rien qui sortait de l'ordinaire.
- Pareil.
- Henriksen ne devrait pas tarder. On attend encore quinze minutes. S'il n'est pas là dans ce délai, on s'en va. Je ne veux pas courir de risque.
Castiel faisait entièrement confiance à Dean pour prendre la bonne décision. Il avait réussi à échapper à la police et à Alastair durant un an sans avoir de ressources. Il avait vécu plusieurs mois au sein d'une organisation criminelle puissante tout en jouant les agents doubles. Il savait exactement ce qu'il faisait. Castiel ne doutait pas une seconde de lui sur ce point.
- Garde l'oeil ouvert en attendant. Je te recontacte.
Castiel laissa Dean raccrocher sans rien dire. Il rangea ensuite son téléphone dans sa poche et reporta son attention sur le café en face de lui. Il avait conscience d'être dans une situation qui le dépassait entièrement. Il n'aurait jamais cru vivre quoi que ce soit de ce genre. Il n'était pas fait pour gérer le stress inhérent. Et l'arme de Dean semblait peser une tonne dans son dos. Mais il était déterminé à tout faire pour se montrer à la hauteur. Il avait fait une promesse à son compagnon et il comptait bien la tenir.
Le délai de quinze minutes accordé par Dean à Henriksen était quasiment écoulé quand l'agent du FBI apparut enfin dans son champ de vision. Castiel sentit alors son cœur s'accélérer. Il eut les pires difficultés du monde à retrouver son téléphone dans sa poche. Il mit enfin la main dessus au moment où Henriksen prenait place à une table à quelques mètres de lui. Castiel composa aussitôt le numéro de Dean.
- Il est ici, lança t-il dès que le jeune homme eut décroché.
Il garda les yeux rivés sur Henriksen qui venait de commander quelque chose et attendait patiemment leur arrivée. Il semblait être seul sur place. Mais Castiel prit tout de même quelques secondes pour observer les autres personnes présentes. Il n'y avait pas de nouveaux clients ni personne qui semblait suspect aux alentours.
- Qu'est-ce qu'on fait ? Demanda t-il devant le silence de Dean à l'autre bout du fil.
- On attend cinq minutes pour s'assurer qu'il est le seul et on le rejoint, répondit le jeune homme.
Castiel acquiesça aussitôt, même si son compagnon ne pouvait pas le voir. Il garda le téléphone collé contre son oreille en observant Henriksen devant qui la serveuse avait posé un café. L'agent le buvait calmement, visiblement pas inquiet de leur absence. Castiel se doutait qu'il avait l'habitude de ce type de situations et qu'il savait exactement comment les gérer. Il avait l'avantage. Dean était peut être nécessaire à son enquête mais ce n'était pas la vie d'Henriksen qui était en jeu. C'était celle du jeune homme. Et cela les rendait dépendants des décisions de l'agent du FBI. Ils allaient devoir obtenir son accord.
- Ok, on y va, lança finalement Dean.
Castiel raccrocha son téléphone puis prit la direction du café. Henriksen ne le connaissait pas et ils avaient choisi d'en profiter. Il allait être celui qui aborderait en premier l'agent du FBI. C'était lui qui devait prendre place en face de lui et entamer la conversation. Henriksen ne pouvait rien contre lui et si toutefois il était venu accompagné, ils espéraient que son arrivée le forcerait à dévoiler son jeu. Si personne ne paraissait suspect à l'arrivée de Castiel, Dean sortirait à son tour de sa cachette. C'était un pari risqué et ils le savaient tous les deux.
Castiel était totalement paniqué quand le regard d'Henriksen se posa enfin sur lui. L'agent ne semblait pas particulièrement inquiet de le voir s'approcher de lui. Castiel se força à soutenir son regard et à paraître le plus calme possible alors que son cœur battait à tout rompre dans sa poitrine et dans ses tempes. Ses mains étaient moites et il avait la sensation que l'arme de Dean brûlait la peau de son dos. Il était presque sûr que son angoisse pouvait se lire sur son visage. Il n'avait jamais été confronté à quelqu'un d'aussi important qu'Henriksen. Il n'avait aucune idée de la manière dont il devait l'aborder. Il aurait du y réfléchir avant. Mais c'était trop tard à présent. Il avait comblé la distance qui le séparait de l'agent du FBI. Il détourna finalement les yeux et prit place sur la chaise en face de lui. Il joignit ses mains sur la table pour ne pas paraître trop dangereux et risquer de se retrouver avec une arme pointée sur la tempe avant de prendre la parole.
- Vous êtes seul ? Demanda t-il en songeant à Dean.
Le jeune homme devait être en train de les regarder. Cela apportait un semblant de réconfort à Castiel.
- Qui êtes vous ? Répliqua aussitôt Henriksen en fronçant les sourcils.
Il ne devait surtout pas lui donner son vrai nom. Dean avait insisté sur ce point. Il n'avait pas un prénom commun et Henriksen aurait vite fait de l'identifier s'il répondait à sa question. Il soupira longuement en reportant son attention sur l'agent du FBI. Autour d'eux, les gens vaquaient à leurs occupations sans se préoccuper d'eux. C'était un bon point. De toute évidence, Henriksen était venu seul.
- Peu importe qui je suis. Mais si vous avez réellement besoin d'un prénom, appelez moi Jimmy.
- Jimmy ?
Castiel hocha la tête. Il l'avait choisi en hommage à Jimmy Olsen dont il avait toujours été fan quand il regardait Superman. Dean s'était légèrement moqué de lui à ce sujet. Mais Castiel assumait parfaitement ses goûts particuliers. Il n'avait jamais réussi à avoir de la compassion pour Clark Kent. Il le trouvait prétentieux et stupide. Jimmy, en revanche, était celui à qui on confiait toutes les missions ingrates et qui finissait par les mener à terme malgré le peu de reconnaissance que cela lui rapportait. Il lui ressemblait sur beaucoup de points.
- J'ai répondu à votre question, répondez à la mienne, exigea Castiel quand il fut évident qu'Henriksen n'avait pas l'intention de parler sans y être contraint.
Il pouvait comprendre sa surprise. Il ne s'était probablement pas attendu à se retrouver confronté à quelqu'un qu'il ne connaissait pas. Mais Castiel n'avait pas pour autant l'intention de se laisser déstabiliser. Il avait son rôle à jouer. Dean lui avait fait confiance sur ce point et il comptait bien s'en montrer digne.
- Etes vous venu seul ? Redemanda t-il alors d'une voix calme.
Son cœur battait toujours très fort dans sa poitrine mais il faisait son maximum pour l'ignorer. Il garda ses yeux rivés sur Henriksen. Il ne devait surtout pas montrer qu'il était anxieux.
- Je suis venu seul comme Dean me l'a demandé. Mais il ne m'a pas dit qu'il serait accompagné, répondit finalement Henriksen.
C'était un reproche. Castiel pouvait le deviner facilement. L'agent cherchait de toute évidence à le mettre plus mal à l'aise encore. C'était un duel. Castiel doutait de pouvoir le remporter sans l'aide de son ami. Mais pour le moment, Dean ne pouvait pas encore se montrer. Il devait se montrer le plus prudent possible.
- Je suis ici pour faire en sorte que tout se passe bien … ce n'est pas un piège qu'on vous a tendu. Dean veut vraiment vous parler. Mais vous savez aussi bien que moi qu'il prend un risque en se présentant face à vous. Des gens bien moins bien intentionnés que nous pourraient le surprendre. Ce n'est pas ce qu'on veut n'est ce pas ?
Henriksen hocha la tête et Castiel sut qu'il avait marqué un point. Il prit alors une grande inspiration puis interpela la serveuse pour lui demander un café. Quand elle repartit, il reporta son attention sur l'agent du FBI face à lui.
- Dean est prêt à vous donner les informations dont vous avez besoin mais il demande quelques garanties en échange. Sa vie est en danger. Il est hors de question qu'ils prennent des risques inconsidérés. Mais il veut vous aider. Et il veut que vous l'aidiez en retour. Pensez vous en être capable ?
Castiel avait besoin de l'accord d'Henriksen avant de faire signe à Dean de les rejoindre. Le jeune homme ne viendrait pas tant qu'ils n'étaient pas sûrs que cette rencontre mènerait à quelque chose d'important.
- Je ne serais pas venu si ce n'était pas le cas. Je peux lui garantir une protection complète pour son frère et lui.
- Et pour moi ? Demanda aussitôt Castiel.
Il n'avait pas réellement songé à sa propre sureté jusque là, obnubilé par celle de Dean. Mais si Henriksen était aussi puissant que son ami le laissait sous entendre, il devait pouvoir faire quelque chose pour lui également. Peut être pas l'intégrer dans le programme de protection des témoins mais demander à des policiers de garder un œil sur sa famille. C'était tout ce dont il avait besoin.
- Je ne sais même pas qui vous êtes réellement Jimmy. Je suis désolé mais je doute de pouvoir faire quoi que ce soit pour vous. Maintenant, si Dean ne daigne pas se présenter à moi rapidement, je serais contraint de partir. Et vous savez aussi bien que moi qu'il a tout intérêt à obtenir mon aide. Sans moi, il finira par se faire tuer. Je suis sûr que ce n'est pas ce que vous voulez.
Castiel n'aimait définitivement pas l'attitude d'Henriksen. Il acceptait sa répondre parce qu'il n'avait pas réellement cru que l'agent pourrait quoi que ce soit pour lui. Mais il estimait mériter un minimum de respect. Et il n'avait pas le droit de traiter Dean de la sorte. Le jeune homme avait sans nul doute besoin de l'aide d'Henriksen. Mais le FBI avait au moins autant besoin de lui pour arrêter Alastair et boucler l'affaire sur laquelle ils planchaient depuis si longtemps. Il était un atout indéniable et Henriksen avait tout intérêt à le comprendre.
- Dean est parfaitement conscient de ce dont il a besoin mais après les sacrifices qu'il a du effectuer, j'estime qu'il a parfaitement le droit de se montrer méfiant. Et vous devriez changer de ton avec moi si vous voulez obtenir quoi que ce soit de lui. Vous pouvez dire ce que vous voulez. Je sais que sans Dean, vous ne pourrez jamais faire la moindre arrestation. Et cela ferait sans nul doute tâche dans votre si brillante carrière.
Henriksen grimaça alors, visiblement surpris de rencontrer une telle résistance. Castiel était étonné de voir qu'il était capable de tenir tête à un homme qui l'impressionnait autant. Mais il avait réussi à se convaincre de jouer un personnage. Jimmy était différent de lui. Il ne se laissait pas facilement effrayer. Et il savait exactement comment gérer ce type de situations.
- Bien, maintenant que nous avons mis tout ceci au clair, vous allez me promettre une nouvelle fois que vous ferez tout ce qui est en votre pouvoir pour mettre Samuel Winchester et Robert Singer à l'abri. Ensuite, Dean acceptera peut être de venir vous parler. Mais il a besoin de certitudes.
- Je n'aime pas du tout la façon que vous avez de me donner des ordres Jimmy. Vous n'avez pas idée des risques que vous courrez en vous mêlant de cette histoire. Si j'étais vous, je prendrais mes jambes à mon cou. Je retournerais à ma petite vie sans me retourner. Vous m'avez tout l'air d'être un garçon intelligent et je suis sûr que vous avez une famille qui vous attend quelque part. Vous n'avez rien à faire ici.
Castiel déglutit avec peine. Henriksen ne flanchait pas. Et ce n'était définitivement pas un bon point pour Dean et lui. Mais il n'avait pas pour autant l'intention de baisser les bras.
- Je sais exactement ce que je fais agent. Je veux aider Dean.
- Il vous fera tuer. Les hommes qui sont après lui ne plaisantent pas. Ils n'auront aucune pitié pour vous.
- Dean m'a tenu le même discours et je suis toujours là. Ce n'est pas vous qui parviendrez à me convaincre de partir.
Henriksen hocha finalement la tête avant de vider sa tasse de café. Ils restèrent silencieux pendant que la serveuse amenait la boisson de Castiel puis l'agent poussa un long soupire avant de croiser ses bras sur son torse.
- Très bien Jimmy. Vous êtes coriace … je peux vous l'accorder. Je vous promets de mettre Dean et sa famille en sécurité dès que j'aurais les informations suffisantes.
- Non, le contredit Castiel en secouant la tête. Vous allez mettre Sam et Bobby en sécurité dès aujourd'hui. Ensuite Dean vous donnera toutes les informations qu'il a en sa possession. Et avant qu'il ne parle, vous garantirez également à mon frère une surveillance policière pour que personne ne puisse rien tenter contre lui.
Henriksen ricana une seconde. Castiel avait réellement envie de lui dire sa façon de penser. Mais il doutait que l'insulter les mènerait à quoi que ce soit de positif. Il devait rester calme.
- Je vous l'ai dit. Je ne peux rien faire pour vous. Vous avez choisi de l'aider. Vous devez en assumer les conséquences. Le FBI n'est pas une organisation caritative. Et nous n'obéissons pas aux ordres de garçons dans votre genre qui se croient plus forts que tout le monde et qui se mêlent de choses qui ne les regardent pas juste pour tirer un coup.
Cette fois, Castiel en avait assez entendu. Il serra les poings et ouvrit la bouche, prêt à dire à Henriksen qu'il n'aimait pas du tout ce qu'il sous entendait. Mais il n'eut pas le temps de dire quoi que ce soit. Quand il leva les yeux vers l'agent, Dean se tenait derrière lui, le visage fermé, les épaules tendues.
- Victor, lâcha t-il avec un certain dédain.
Henriksen se retourna aussitôt, surpris. Castiel posa instinctivement une main dans son dos, sur l'arme qu'il avait caché sous son pull. Il n'était pas sûr d'être capable de tirer mais il aimait la sentir contre sa paume. Il regarda Dean contourner la table pour s'asseoir à côté de lui. Henriksen le suivit également des yeux.
- Dean, quelle agréable surprise, répliqua l'agent.
Castiel prit quelques secondes pour observer les gens autour d'eux. Personne ne semblait faire attention à ce qui se passait à leur table. C'était une bonne chose. Mais ils allaient devoir la jouer fine.
- Vous êtes un vilain menteur Victor, commenta Dean en souriant.
Castiel était surpris par son aplomb et son calme apparent. Il savait que son ami jouait gros dans cette histoire. Mais il ne semblait nullement impressionné par l'homme qui se tenait devant lui. Cela tenait sans doute au passé qu'ils partageaient et aux nombreuses rencontres qui avaient eu lieu avant que Dean ne prenne la fuite.
- Mais venons en à l'essentiel. Je sais ce dont vous avez besoin et vous connaissez mes exigences. Peut être pourrions nous en discuter calmement. Je doute que faire une esclandre ici nous apportera quoi que ce soit de positif.
- Cela ne tient qu'à toi que tout se passe bien entre nous, rappela Henriksen.
Dean haussa les épaules puis attrapa le bras de Castiel pour ramener sa main devant lui. De toute évidence, Henriksen s'étaient rendu compte qu'il était armé. Il n'accepterait probablement pas de discuter du moment qu'il était menacé. Castiel baissa les yeux.
- Parfait Dean. Maintenant, j'aimerais assez que Jimmy ici présent nous laisse un peu tranquilles. Je doute qu'il ait envie d'entendre ce que nous avons à nous dire.
Si Dean fut surpris par le prénom prononcé par Henriksen, il ne le laissa pas transparaitre dans son comportement. Il se contenta de croiser ses bras sur son torse et de secouer vivement la tête.
- Jimmy sait tout ce qu'i savoir sur moi.
- Vraiment ? Demanda Henriksen en inclinant la tête sur le côté.
Castiel vit les épaules de Dean se tendre à nouveau. Il aurait été prêt à parier que Dean lui cachait encore des informations. Mais ce n'était pas le bon moment pour lui poser des questions sur ce point. Il ne voulait surtout pas mettre le jeune homme en difficulté.
- Vraiment, confirma Dean après quelques secondes.
Henriksen leva les deux mains dans sa direction en signe d'apaisement puis les posa sur les table devant lui.
- Très bien. Comme je le disais à Jimmy, je suis prêt à assurer la protection de ta famille comme il était convenu que je le fasse il y a un an. Je te garantis un changement d'identité pour vous trois. Vous pourrez mener une vie normale loin de tout ceci. Mais avant toute chose, je veux que tu me prouves que tu as les informations dont j'ai besoin.
Dean ne reprit pas la parole immédiatement. Il sembla réfléchir de longues secondes à ce qu'il venait d'entendre. Castiel pouvait comprendre qu'il hésite. Il en allait de la sécurité des gens qu'il aimait le plus au monde. Il ne devait surtout pas se précipiter.
- Je veux Sam et Bobby en sécurité avant de vous dire quoi que ce soit … et je veux la famille de Jimmy protégée également jusqu'à ce que tout soit fini. Ensuite, vous m'emmènerez rejoindre mon frère et vous pourrez oublier mon existence.
Henriksen soupira longuement, visiblement agacé de ne toujours pas avoir obtenu ce qu'il voulait. Il ne devait pas souvent rencontrer une telle résistance. Castiel eut envie de sourire mais il se retint. Il n'y avait rien de drôle ou d'amusant dans ce qu'ils vivaient.
- Je veux la preuve que tu as ces informations avant de faire quoi que ce soit. Et je ne peux rien faire pour la famille de Jimmy. Il ne fait pas parti du deal.
- Alors vous n'aurez rien, assura Dean en se levant.
Castiel le regarda faire, surpris. Il ne voulait pas que son ami gâche toutes ses chances d'avoir une vie normale à cause de lui. Il savait les risques qu'il prenait en venant ici. Il était prêt à les assumer comme il l'avait dit à Henriksen. Dean ne devait surtout pas perdre cette chance exceptionnelle à cause de lui. Même s'il était touché que le jeune homme se préoccupe aussi de lui et de sa famille.
- Dean, tu n'es pas en position de négocier et tu le sais aussi bien que moi, rappela Henriksen calmement.
Il ne semblait pas inquiet du départ du jeune homme. Il savait qu'il avait besoin de lui pour s'en sortir. Cela lui donnait un avantage non négligeable sur eux.
- J'ai pris des risques pour vous il y a un an. J'ai failli être tué et j'ai perdu l'homme que j'aimais. Il me semble que vous m'êtes redevable. Vous n'avez pas tenu votre promesse à l'époque et rien ne me garantit que vous le ferez cette fois. Il est hors de question que je vous donne quoi que ce soit tant que je ne serais pas sûr que je peux avoir confiance en vous. Je ne commettrais pas deux fois la même erreur.
Castiel pouvait sentir la tristesse dans la voix de Dean quand il évoqua Benny. Il était évident qu'il en voulait à Henriksen de la mort de l'homme qu'il aimait. Il avait probablement raison. L'agent du FBI aurait du le protéger lui aussi.
- Ce qui est arrivé à Benny est dramatique. Mais il faisait parti de l'organisation au même titre qu'Alastair et je ne pouvais pas effacer son casier simplement pour te faire plaisir. Tu le sais et je le sais. Maintenant, rassied toi qu'on puisse discuter comme deux adultes, lança Henriksen en haussant sensiblement le ton.
Dean soupira longuement mais fit ce qu'il lui demandait. Castiel pouvait sentir la tension qui émanait de lui. Il aurait aimé pouvoir faire ou dire quelque chose pour faciliter les choses.
- Benny n'était pas un meurtrier. Il était juste un coursier. Il aurait pu être sauvé. Vous ne l'avez pas fait simplement parce que vous aviez encore besoin de moi. Je pensais tout vous avoir donné mais vous en demandiez constamment plus.
- Il me fallait des noms, des adresses … un flagrant délit. Je ne pouvais pas agir et risquer de tout compromettre simplement parce que tu te sentais un danger. Tu as choisi de rejoindre cet homme. Tu as couru ce risque volontairement.
Dean ricana une seconde. Castiel ouvrit la bouche pour protester et pour rappeler à Henriksen que son ami n'était pas suffisamment stable psychologiquement pour prendre une telle décision en toute connaissance de cause mais ce dernier lui coupa l'herbe sous le pied.
- J'ai commis une erreur et je l'ai payé au prix fort. Mes cicatrices n'étaient pas une preuve suffisante ? Je vous ai donné des noms … plusieurs noms mais ça ne suffisait pas.
- Parce que ce n'était jamais les bons. Alastair est quelqu'un d'extrêmement puissant et tu le sais aussi bien que moi. Je devais pouvoir le relier à d'autres criminels avant de l'inculper. Quant à ce qu'il t'a fait subir, je suis désolé mais ça ne suffit pas. Je ne pouvais pas prouver qu'il était responsable de tes blessures.
Castiel secoua la tête, agacé par ce qu'il entendait. Il ne voyait pas comment Henriksen ne pouvait pas confondre Alastair pour ce qu'il avait fait à Dean. Mais il supposait que son choix avait été stratégique. Il ne voulait pas boucler cet homme pour des violences infligées à un jeune homme dont tout le monde se fichait éperdument. Il lui fallait quelque chose de plus important.
- Dean, je veux t'aider. Mais pour cela, il faut que tu y mettes du tien. Alastair doit payer pour tout ce qu'il a fait. J'ai besoin que tu me jures que tu as des preuves suffisantes cette fois.
Dean hocha plusieurs fois la tête avant de détourner les yeux pour regarder les gens qui allaient et venaient autour d'eux.
- J'ai une copie de ses registres avec les noms de ses clients et les lieux habituels de rencontre. J'ai des dates et des documents impliquant plusieurs grands noms de notre pays.
- Pourquoi ne pas me les avoir donné à l'époque ?
- Parce que je les ai obtenu le soir de la mort de Benny et parce que je ne vous faisais plus confiance. Je les ai conservés en espérant pouvoir m'en servir si toutefois ils mettaient à nouveau la main sur moi. Je suis prêt à vous les donner. Mais pas avant que Sam et Bobby ne soient en sécurité.
Henriksen hocha à son tour la tête. Castiel commençait à entrevoir la lumière au bout du tunnel. Ils semblaient enfin s'être mis d'accord sur l'ordre dans lequel les choses devaient se faire. Dean allait enfin obtenir ce qu'il avait demandé.
- Combien de temps cela te prendra t-il de les récupérer ?
Dean se passa la langue sur les lèvres.
- Sans doute une semaine. Ils sont dans un coffre quelque part au Kansas. J'ai besoin de temps pour m'y rendre et en revenir.
- Parfait alors. J'utiliserais ce temps pour enclencher le programme de protection des témoins pour ton frère et Bobby. Si je n'ai pas de tes nouvelles régulièrement, notre marché ne tient plus. Est-ce que c'est compris ?
Dean acquiesça. Castiel termina alors son café en deux gorgées. Il pouvait sentir que la fin de la rencontre approchait. Ils allaient bientôt lever le camp et prendre la route pour le Kansas.
- C'est compris. Je vous contacterais en cours de route. Je vous tiendrais informé de tout. Mais je veux en retour que vous me disiez où vous en êtes pour ma famille. Et j'insiste pour que le frère de Jimmy soit protégé également.
Castiel croisa les doigts pour qu'Henriksen ne refuse pas à nouveau.
- J'enverrais une voiture de police le surveiller. Je ne sais pas combien de temps cela pourra durer. Tu as tout intérêt à faire vite.
Dean tendit sa main à Henriksen pour qu'il la lui serre, scellant ainsi le deal qu'il venait de passer. Castiel se leva alors de sa chaise et jeta un billet sur la table pour régler son café. Dean l'imita une seconde plus tard.
- Je vous enverrais l'adresse du frère de Jimmy dès que nous serons partis. Je compte sur vous pour tenir votre promesse.
Henriksen le lui jura et Castiel sentit le poids qui reposait sur ses épaules s'envoler aussitôt. Gabriel serait en sécurité d'ici peu. Il n'avait plus aucun soucis à se faire pour lui. C'était plus que ce qu'il avait pensé obtenir en premier lieu.
- A bientôt Dean, lança l'agent quand ils commencèrent à s'éloigner.
Le jeune homme ne répondit rien et continua de marcher en direction de leur voiture, Castiel sur les talons. Ils avancèrent en silence durant de longues minutes avant que le jeune homme ne se retourne finalement pour faire face à son ami.
- Bravo Cas … tu as parfaitement joué ton rôle, lança t-il en lui souriant.
Castiel devait admettre qu'il était plutôt fier de lui. Il avait résisté aux pressions exercés par Henriksen et il avait réussi à tâter le terrain pour Dean. Il avait rempli son rôle à merveille. Il ne s'en serait jamais cru capable.
- Merci à toi d'avoir obtenu une protection pour mon frère, répliqua t-il.
Dean fit un signe de la main qui semblait signifier qu'il n'avait aucune raison de le remercier. Ils se remirent alors en route côte à côté. Castiel n'en revenait pas de la tournure que les choses avaient prise. Ils avaient réussi et bientôt Dean serait en sécurité. C'était un miracle.
- Où se trouvent ces papiers exactement ? Demanda t-il quand il aperçut la voiture.
Il était déjà en train de faire le calcul du nombre de kilomètres à effectuer pour récupérer les documents que Dean avait caché. Il espérait que cela ne leur prendrait pas trop de temps. Il ne voulait surtout pas mettre Henriksen en colère. Ils devaient agir vite.
- On ne va pas au Kansas, répondit Dean en sortant les clefs de la voiture de sa poche de jean.
Castiel s'immobilisa alors et dévisagea son ami.
- Comment ça ?
- J'ai menti Cas … je n'ai pas ces documents.
- Quoi ?
Castiel n'en revenait pas que Dean lui ait menti. Il était furieux de ne pas avoir été mis au courant du plan de son ami. Ne se rendait il pas compte du risque qu'il venait de leur faire prendre ? Il en allait de la sécurité de leurs familles respectives. Dean n'avait pas le droit de jouer à ce jeu là sans même l'en avertir.
- Je n'ai jamais réussi à obtenir ces documents mais je sais où les trouver, expliqua alors Dean en déverrouillant les portières.
Castiel ne bougea pas pour autant, totalement sous le choc.
- Pourquoi avoir menti ? Pourquoi ne pas me l'avoir dit ?
Dean se passa une main sur le visage, visiblement énervé. Mais Castiel estimait avoir le droit d'obtenir des réponses.
- Je ne comptais pas le faire mais Henriksen refusait de m'écouter et j'avais besoin de le convaincre. Ces papiers existent et je sais exactement qui les a en sa possession. Je sais également où le trouver.
- Et où est il exactement ?
- A San Antonio au Texas.
Castiel soupira longuement avant de monter finalement en voiture. Il était toujours en colère mais il commençait à comprendre pourquoi son ami s'était comporté de la sorte. Il avait probablement eu raison de le faire. Sans ce petit mensonge, ils n'auraient pas obtenus ce qu'ils étaient venus chercher. Mais il ne pouvait s'empêcher de penser que le jeune homme avait manqué de confiance en lui.
- Et je suppose que cette personne ne te les donnera pas volontairement, constata t-il d'une voix froide.
Dean s'était installé derrière le volant. Il mit le contact et s'engagea sur la route avant de répondre.
- Il va falloir le convaincre, confirma t-il.
- Et qu'est ce que cela sous entend ?
Castiel ne pensait pas être capable de torturer quelqu'un pour obtenir ces documents. Pas plus qu'il ne voulait avoir à tuer un être humain. Il avait réellement envie d'aider Dean. Mais il ne pouvait pas devenir un meurtrier.
- Cela sous entend que je devrais faire ce qui est nécessaire pour y arriver … et que ça risque de ne pas te plaire. Mais tu peux encore renoncer. Je ne t'en voudrais pas. Et je demanderais à Henriksen de maintenir la protection jusqu'à ce que j'ai récupéré les documents. Tu seras en sécurité. Tout ira bien.
Castiel était réellement vexé que Dean puisse douter de sa détermination. Il était en colère de ne pas avoir été mis au courant du mensonge de son ami. Mais il en comprenait la raison. Et même s'il était effectivement inquiet de ce qu'il serait obligé de faire ou ce à quoi il allait être contraint d'assister, il n'avait pas pour autant l'intention de partir. Le jeune homme aurait du le savoir. Il n'avait visiblement pas suffisamment confiance en lui. Même après tout ce qu'ils s'étaient dit.
- Non, je reste. Et tu ne devrais même pas me poser ce genre de questions parce que tu devrais savoir que je ne vais pas partir. Pas maintenant qu'on touche au but. Je ne sais pas si je serais capable de faire quoi que ce soit pour t'aider avec cet homme mais je vais continuer à te soutenir. Et je suis fatigué d'avoir constamment à me répéter sur ce point. Tu dois avoir confiance en moi Dean. Parce que je ne sais vraiment pas comment te le faire comprendre autrement.
Dean hocha alors la tête en s'engageant sur la rue qui menait à leur motel.
- Je suis désolé Cas … je sais que je ne devrais pas continuer à douter mais … personne n'a jamais cherché à m'aider sans attendre quelque chose en retour. Personne mis à part Benny et je n'ai pas … je n'ai pas l'habitude de me retrouver dans ce genre de situations.
Castiel baissa les yeux sur ses mains puis en glissa une dans son dos pour retirer l'arme qu'il avait toujours dans la ceinture de son pantalon. Il la jeta sur le siège arrière de la voiture avant de regarder par le fenêtre.
- Je sais que tu n'as pas l'habitude … mais j'aimerais que tu essaies … je ne te demande rien de plus. Je ne veux pas obtenir quoi que ce soit de ta part. Je veux juste que tu sois en sécurité et que tu aies enfin une chance d'être heureux avec ta famille.
- Je veux bien essayer … et je te promets de ne rien te cacher à l'avenir.
L'avenir se résumait probablement à la courte semaine qu'il leur restait à passer ensemble. Mais Castiel n'avait pas envie de le faire remarquer à Dean. C'était suffisamment douloureux quand il était le seul à y penser. Il ne voulait pas en discuter. Pas alors qu'ils étaient encore en plein milieu de cette histoire. Peut être pourraient ils en parler juste avant de se séparer ?
- Merci Dean, se contenta de souffler Castiel.
Il appuya ensuite son front contre la vitre et ferma les yeux. Il ne s'était pas rendu compte à quel point il était fatigué jusqu'à ce qu'ils montent en voiture. Il n'avait pas l'habitude de gérer un tel stress et il pouvait déjà sentir les conséquences dans ses muscles. Il risquait d'être courbatu. C'était une chance que Dean ait choisi de conduire. Il doutait d'en avoir été capable.
- Je vais aller récupérer nos affaires au motel et ensuite on pourra se mettre en route. Tout sera bientôt fini Cas. Je te le promets.
Castiel hocha la tête mais ne dit rien. L'affirmation de son ami n'avait pas pour but de lui faire du mal. Mais elle soulignait le fait qu'ils seraient bientôt séparés et il avait du mal à accepter ce fait. Il savait qu'il ne pourrait pas suivre Dean une fois que le programme de protection des témoins serait enclenché. Il savait également qu'il s'agissait là de la seule chance pour le jeune homme d'être en sécurité et de rester en vie. Cela ne rendait pas pour autant les choses plus simples à vivre pour lui. Car ce serait lui qui serait laissé derrière. Lui qui serait abandonné. Et il savait d'ors et déjà qu'il aurait du mal à le supporter.
- Tu devrais dormir un peu. Je te réveillerais quand ce sera ton tour de conduire, ajouta Dean après quelques secondes.
Castiel sentit la voiture ralentir. Ils étaient probablement arrivés au motel. Il ne rouvrit pas les yeux pour autant. Il avait besoin de repos et il n'était pas en mesure d'affronter son ami dans son état. Il refusait de le regarder dans les yeux et d'y lire la détermination qui devait s'y trouver. Celle de réussir cette mission et de pouvoir enfin s'enfuir. Celle de partir loin de lui pour toujours. Il se concentra à la place sur ce qui allait se passer quand ils arriveraient au Texas. Castiel n'avait aucune idée de la manière dont les choses allaient se passer avec cet homme qui détenait les informations dont Dean avait besoin. Mais il pouvait deviner qu'elles ne seraient pas simples à obtenir. Il savait que Dean serait prêt à tout pour réussir. Il avait eu un très bon professeur en la matière. C'était effrayant de constater qu'il y avait une facette de Dean que Castiel ne connaissait pas. Une à laquelle il allait être très probablement confronté d'ici quelques jours. Il chassa cette idée de sa tête. Autour de lui, il entendit le bruit de voitures puis celles des portières de son véhicule qu'on ouvrait et refermait à intervalles réguliers. Il aurait réellement aimé pouvoir s'endormir pour oublier pendant quelques heures tout ce qui les attendait dans les prochains jours. Il avait besoin de reprendre des forces et de s'échapper. Il était fatigué et perturbé par ce qu'il avait appris. Il n'oubliait pas non plus ce qu'Henriksen avait laissé sous entendre. Il doutait que l'agent du FBI ait menti juste pour les déstabiliser. Non. Ce qu'il avait dit était entièrement vrai. Dean ne lui avait pas tout dit sur son passé. Il continuait à lui cacher des informations. Elles devaient être vraiment horribles pour qu'il refuse de les dévoiler. Castiel n'était pas en droit d'exiger quoi que ce soit. Il avait fait le choix de rester tout en sachant qu'il prenait un risque immense. Il devait l'accepter. Même si cela ne lui faisait pas plaisir. Et même si la situation était terriblement frustrante pour lui. Il fit un effort pour mettre son cerveau en veille et parvenir enfin à se reposer. Il finit par réussir après une lutte intense. Il ne sut pas réellement quand il s'endormit. Il entendit Dean se réinstaller derrière le volant après de longues minutes. Puis le moteur de la voiture se remit en marche. Il était encore conscient quand ils se remirent enfin en route. Mais quelque part en chemin, le sommeil finit par avoir raison de lui. Il s'endormit en emportant avec lui ses doutes et ses questions. Et les cauchemars qui l'accablèrent aussitôt mettaient tous en scène Dean. Il supposait qu'il en serait ainsi pendant encore longtemps.
