Bonjour,

Voici le 18ème chapitre de cette histoire et les choses se compliquent pour nos deux héros.

Merci de vos commentaires et désolée de ne pas avoir pu vous répondre mais j'ai eu une semaine de dingue.

Bonne lecture,

Sydney8201

Musique du chapitre :

Somewhere only we know de Keane

Chapitre 18 : Un endroit à part

« La valeur d'un trésor réside dans son secret »

Suzanne Martel

Dean avait tenu à conduire jusqu'à ce que le soleil se couche. Castiel s'était réveillé en cours de route. Ils n'avaient pas parlé. Seule la radio brisait le silence entre eux. C'était inconfortable. Castiel n'aimait pas l'atmosphère tendue qui régnait entre eux. Elle était consécutive aux mots échangés avant qu'il ne s'endorme. Et il ne savait pas comment faire en sorte que tout s'arrange. Il était idiot de rester brouillés alors qu'ils ne s'étaient pas à proprement disputés. Mais Castiel continuait d'être vexé par l'attitude de son ami et ce dernier semblait lui en vouloir de le lui avoir reproché.

Ils s'arrêtèrent aux abords de Saint Louis. Voir l'arche qu'ils avaient visitée ensemble quelques semaines plus tôt convainquit finalement Castiel de briser le silence qui régnait. Ils avaient partagés des bons moments ensemble. Même si les choses étaient plus compliquées à présent, il n'avait réellement pas envie d'oublier le reste. Ils n'avaient plus qu'une semaine à passer ensemble. Leur temps était compté.

Castiel suivit l'arche des yeux jusqu'à ce qu'elle disparaisse dans le brouillard puis il se tourna vers son ami et engagea finalement la conversation. A sa grande surprise, Dean lui répondit sans hésitations. Ils évoquèrent leur dernière visite en ville. Ils échangèrent leurs opinions sur l'architecture. Ils ne parlèrent pas d'Henriksen, du Texas ou de l'homme qu'ils allaient retrouver à San Antonio. Ils ne parlèrent pas non plus de leur future séparation. Il n'y avait rien à dire sur ce point. C'était inévitable.

Ils prirent une seule chambre avec deux lits un peu après Saint Louis. Ils ne prirent aucun risque et mangèrent à l'intérieur. Ils se souvenaient encore parfaitement de ce qui était arrivé dans cette ville la dernière fois qu'ils s'y trouvaient. Il était parfaitement possible que certaines personnes recherchent encore Dean dans le secteur. Castiel ne dormit pas bien durant la nuit. Il se réveilla plusieurs fois de cauchemars dont il ne gardait que de très vagues souvenirs.

Ils reprirent la route aux aurores le lendemain. Castiel conduisit en premier avant de céder le volant à Dean à la mi journée. Ils empruntèrent des routes peu fréquentées pour ne pas courir de risques et finirent par rejoindre Wichita au Kansas avant la tombée de la nuit. Castiel était surpris que Dean ait choisi de traverser cet Etat quand il aurait été sans nul doute plus direct de passer par l'Oklahoma et de faire une halte à Tulsa. Mais il avait choisi de ne pas discuter les choix du jeune homme. Il savait qu'il était le seul à avoir une certaine expérience en la matière. Il cherchait probablement à les protéger en évitant les trajets trop directs. Peu importait ce qu'il avait en tête. Castiel lui faisait confiance.

Ils prirent à nouveau une chambre avec deux lits pour la nuit. Ils mangèrent une nouvelle fois à l'intérieur avant d'aller se coucher. Castiel fit de nouveaux cauchemars. Il se réveilla en sueur. Si Dean le remarqua, il ne le fit pas savoir. C'était sans doute mieux ainsi.

Ils n'avaient pas réellement retrouvé la même complicité qu'avant la rencontre avec Henriksen. Ils se parlaient mais ne se disaient rien d'important. Dean semblait préoccupé et Castiel comptait les minutes, réalisant à quel point il était proche de tout perdre.

Quand le jeune homme reprit le volant le lendemain, il ne prit pas immédiatement la direction du Texas. Il repartit au Nord sans donner des explications et presque aussitôt, Castiel sentit la panique le gagner. Il n'osa rien dire sur le moment. Il ne voulait pas énerver son compagnon. Mais il n'aimait pas du tout la tournure que prenaient les évènements.

Ils roulèrent durant plus d'une heure dans un silence pesant. Quand Castiel aperçut les premiers panneaux estimant les distances entre les villes, il réalisa où Dean se rendait. Lawrence au Texas. L'endroit où il était né. Celui où il avait grandi. Castiel se détendit aussitôt et observa les alentours, curieux de savoir pourquoi son ami avait choisi de faire un détour dans sa ville natale.

Il se tourna alors vers lui pour le regarder. Il semblait déterminé. De toute évidence, il avait un plan en tête. Castiel n'osait pas lui poser la question. Depuis qu'ils étaient partis de Detroit, les choses étaient compliquées entre eux. Ils aurait du fêter leur victoire vis à vis d'Henriksen. Mais quelque chose semblait s'être cassé dans leur relation. Castiel n'était pas sûr de savoir quoi. Il avait envie que les choses s'arrangent. Ils n'avaient pas de temps à perdre à se disputer. Il n'aimait pas du tout ce qui se passait. Ils continuaient de parler ensemble. Dean ne cherchait pas à l'ignorer. Mais il y avait aujourd'hui une sorte de distance entre eux. Castiel voulait la franchir pour retrouver son ami.

- Où est-ce qu'on va ? Demanda t-il finalement en détournant les yeux de Dean.

Le jeune homme tourna sur une route à droite avant d'accélérer sensiblement sur une route qui s'enfonçait dans les bois.

- Je veux te montrer quelque chose, répondit Dean.

Castiel acquiesça. S'ils avaient été dans un film d'horreur, ça aurait sans nul doute été le moment où le spectateur lui aurait crié de sauter de la voiture en marche et de partir en sens inverse le plus rapidement possible. Mais Castiel savait que Dean ne voulait pas lui faire de mal. Et il avait très envie de voir ce que le jeune homme lui réservait comme surprise. Ils n'auraient probablement pas du perdre de temps quand ils avaient un objectif à atteindre. Castiel savait que ce n'était pas raisonnable.

- J'ai vécu à Lawrence jusqu'à mes quatre ans. Ma mère est morte ici le jour des six mois de Sammy. Mon père nous a emmené loin de cette ville dès qu'il l'a pu. Mais je garde quelques bons souvenirs de cette ville. Quand j'ai eu seize ans, Bobby m'a donné une voiture. J'ai pris mon frère avec moi et on est venu en pèlerinage ici. On a découvert un endroit … on y a campé pendant plusieurs jours.

Castiel était surpris par la confession de Dean. Il ne s'était pas du tout attendu à ce que le jeune homme ait envie de lui raconter une partie de son enfance alors même que les tensions étaient toujours palpables entre eux. Mais il accueillait ses paroles avec joie. C'était exactement ce dont ils avaient besoin pour que les choses s'arrangent. Peut être Dean l'avait il compris à son tour. Peut être voulait il lui aussi combler la distance qui les séparait depuis deux jours. Il tendait une main à Castiel et ce dernier comptait bien la saisir.

- Cet endroit, je ne l'ai jamais oublié. On n'a jamais pu y retourner. Peu de temps après notre retour, j'ai commencé à passer tout mon temps avec Gordon et … bien moins de temps à la maison avec Sammy. On en reparlait parfois. J'avais promis qu'on y reviendrait après que Sam ait obtenu son diplôme. Je suppose qu'on ne le fera pas. Mais, même si je n'ai jamais l'occasion d'amener mon frère à nouveau ici, je le considère comme notre endroit à nous. Un peu comme un secret qu'on aurait partagé et qui nous liera toujours.

Castiel hocha la tête alors que Dean s'enfonçait un peu plus encore entre les arbres. La voiture avait quelques difficultés à rouler sur le chemin recouvert de cailloux. Le jeune homme ralentit alors pour éviter de crever un pneu et de leur faire prendre plus encore de retard sur leur planning.

- Pourquoi m'emmener ici si c'est un secret entre toi et ton frère ? Demanda t-il, curieux par le cadeau que Dean lui faisait.

Le jeune homme ralentit encore un peu puis prit un nouveau chemin sur sa droite.

- Quand je t'ai rencontré Cas, j'étais déterminé à ne rien te dire sur moi. Mais tu as su me faire parler … tu as su me pousser à me confier peu à peu. Et j'ai été surpris de constater que j'aimais te dire toutes ces choses. Que je me sentais mieux après l'avoir fait. Mon passé n'est pas fait que de moments difficiles. Il y a eu des instants de bonheur. Cet endroit est … c'est sans nul doute celui où j'ai été le plus heureux. Je pense que tu mérites de connaître cette autre facette de moi. Je veux te parler du Dean d'avant Gordon … d'avant Alastair et Henriksen. Du Dean que j'aimerais toujours pouvoir être.

Castiel avait la gorge nouée devant la marque de confiance du jeune homme. Il espérait se montrer à la hauteur du geste que son ami faisait dans sa direction. Il devinait que c'était quelque chose qu'il n'avait jamais fait avant. Il savait qu'il était privilégié.

- J'aurais aimé te connaître à cet époque. Je suis sûr qu'on aurait pu devenir amis, assura Castiel en observant le paysage autour de lui.

Dean finit par garer la voiture en bordure du chemin. Il n'y avait plus de route devant eux. Juste des arbres et un sentier de randonnée qui ne semblait pas avoir été entretenu depuis longtemps. Castiel sortit de la voiture et prit une bouteille d'eau sur le siège passager. Il ne savait pas pour combien de temps ils en avaient.

- Je ne pense pas que tu m'aurais beaucoup aimé à l'époque. Peut être quand j'étais gamin mais j'ai été un adolescent plutôt invivable. Bobby pourrait t'en dire de belles sur moi. Je le contredisais constamment et je refusais de l'écouter. J'étais influençable et Gordon … il m'a changé de façon radicale.

- Tu étais amoureux de lui ? Demanda Castiel en se mettant en route derrière le jeune homme.

Ce dernier sembla réfléchir durant de longues secondes avant d'hausser les épaules. Il avait enfoncé ses mains dans ses poches et marchaient à un bon rythme. Castiel le suivait à un bon mètre de distance.

- Je ne crois pas que je l'aimais non … mais il me fascinait. Il était plus âgé que moi de deux ans et il était … cool … il n'avait peur de rien et il n'écoutait personne. Je voulais lui ressembler. Alors quand j'ai compris qu'il s'intéressait à moi … quand j'ai enfin réalisé qu'il me faisait des avances, j'ai sauté sur l'occasion. On n'a jamais vraiment formé un couple. On ne faisait que coucher ensemble. La première fois, j'étais terrifié … mais Gordon s'est montré tendre et délicat et … peut être que pendant une seconde … une très courte seconde … j'ai pensé qu'il m'aimait. Mais j'ai vite réalisé que ce n'était pas le cas. Quand on a été arrêté, il ne m'a pas fait de cadeaux. Il m'a tout mis sur le dos et j'ai été le seul à être condamné. Sa famille était très respectée dans le coin. Bobby en revanche … il n'a pas forcément une très bonne réputation.

Castiel ressentait une colère immense à l'égard de ce Gordon Walker qui avait scellé l'avenir de Dean en le laissant tomber de la sorte. Il avait été à l'origine de tout ce que le jeune homme avait du affronter par la suite. Il aurait aimé pouvoir se trouver face à lui et lui dire ses quatre vérités.

- Où est il maintenant ?

Dean se tourna alors et lui fit face.

- Il est mort … il a été tué il y a presque un an maintenant … peu de temps avant que je ne m'échappe … il a été retrouvé dans un entrepôt, la tête tranchée. Je pense qu'il a du énerver la mauvaise personne cette fois là. C'est quelque chose qu'il avait tendance à faire souvent.

Castiel n'aurait pas du se sentir soulagé de l'apprendre. Il n'avait pas le droit de se satisfaire de la mort de quelqu'un. Mais cet homme avait brisé la vie de Dean et il méritait ce qui lui était arrivé.

- Quand je l'ai su … quand je l'ai appris, j'étais content. Je suppose que cela en dit long sur moi mais … j'étais heureux de voir qu'il avait enfin payé pour ce qu'il m'avait fait, confia Dean.

Castiel combla la distance qui les séparait et lui saisit la main pour la serrer dans la sienne. Dean sembla surpris par son geste mais ne chercha pas à s'en défaire. Castiel aurait probablement pu lui dire qu'il pensait exactement la même chose que lui et qu'il espérait que Gordon avait souffert le martyre avant de mourir. Mais il ne voulait pas s'étendre plus longuement sur le sujet. Ils étaient dans un endroit qui comptait pour le jeune homme et ce n'était pas le lieu pour parler de choses désagréables. Il ne voulait pas ternir les souvenirs de son ami en évoquant des moments difficiles de son existence là où il avait vécu les meilleurs.

- Parle moi de ce que vous avez fait ici avec ton frère, souffla t-il pour changer de sujet.

Dean hocha alors la tête puis se remit en route sans lâcher la main de Castiel. Ce dernier ne le lui fit pas remarquer. Il était content de l'intimité de ce geste. Il aimait sentir son ami à l'aise avec lui.

- On avait installé notre tente un peu loin juste au bord de l'eau. On passait nos journées à nous baigner et à nous balader en forêt. Le soir, on s'installait autour du feu et on faisait griller des marshmallows. C'était génial.

- Je n'ai jamais campé, avoua Castiel en se baissant pour éviter une branche basse.

Dean se tourna alors à nouveau et lui jeta un regard surpris.

- Pas même lors de tes camps de vacances ?

Castiel secoua la tête. Il n'avait jamais réellement connu les mêmes expériences que les enfants de son âge. Il n'avait pas eu l'occasion de partir camper avec ses frères ou avec ses parents. Ses vacances étaient passés entre enfants de familles catholiques à lire la Bible et à discuter de Jésus. Il n'avait jamais pensé que c'était un problème. C'était ainsi qu'il avait été élevé. Mais à présent qu'il se rendait compte du bonheur que Dean avait tiré de cette expérience, il commençait à regretter d'être passé à côté de toutes ces expériences. Il se jura alors de convaincre Gabriel d'aller camper avec lui. Cela risquait de ne pas être simple. Son frère détestait la nature et tout ce qui avait un rapport avec elle. C'était un citadin convaincu.

- Il n'y a rien de mieux que de dormir à la belle étoile quand le temps le permet. Sam et moi, on le faisait souvent quand on était chez Bobby. On prenait nos sacs de couchage et on allait s'allonger dans l'herbe pour regarder les étoiles. C'était un moyen de se retrouver un peu seuls et de discuter calmement. Et puis il n'y a rien de plus apaisant que le bruit de la nature la nuit … ou que de se réveiller avec le soleil.

Castiel pouvait sentir la nostalgie dans la voix de son ami. Il sourit faiblement alors que Dean se remettait à nouveau en marche. Ils avancèrent durant de longues minutes en silence avant de sortir de sous le couvert des arbres et de se retrouver devant un lac immense qui semblait briller de mille feux sous la lumière du soleil. L'endroit était absolument magnifique. Castiel comprenait facilement comment le jeune homme et Sam pouvaient être tombés amoureux de ce lieu. Il y avait quelque chose de magique ici. Le lac. Les arbres. L'herbe d'un vert incroyable autour d'eux. C'était un lieu où il aurait pu vivre sans problème.

- C'est magnifique, murmura t-il, fasciné.

Dean se tenait à côté de lui, leurs mains toujours jointes, leurs épaules se touchant. Castiel prit encore quelques secondes pour admirer l'endroit avant de se tourner vers le jeune homme. Il souriait, visiblement content de se trouver ici avec Castiel.

- C'est ce que Sam a dit quand il est arrivé là il y a quatre ans. Il a toujours adoré ce genre d'endroit … se balader dans la nature et observer les animaux, les insectes et les arbres.

- J'aurais aimé ça aussi à son âge. Mais je passais mon temps le nez dans des bouquins pour être sûr de réussir mes examens.

Dean inclina la tête sur le côté avant de poser une main sur la joue de Castiel pour la caresser gentiment du bout du pouce. C'était un geste d'une grande tendresse. Le jeune homme avait le regard brillant et Castiel aurait facilement pu tomber amoureux de lui à cet instant … s'il ne l'avait pas déjà été bien sûr.

- Sam était un peu comme ça aussi. Il a toujours d'excellentes notes et une facilité à apprendre et à retenir des tas de choses surprenantes. Il adorait lire et … il faisait toujours ses devoirs avec beaucoup de soin. Je me suis souvent moqué de lui à ce sujet mais … je suis tellement fier de lui et de sa réussite … tellement fier de voir le jeune garçon qu'il est devenu et l'homme qu'il sera un jour.

Castiel commençait à penser qu'il se serait probablement très bien entendu avec Sam. Ils auraient peut être même pu devenir amis. Ils étaient visiblement très similaires sur plusieurs points. Il aurait aimé pouvoir le connaître. Le rencontrer pour l'entendre parler du garçon que Dean était quand ils étaient jeunes.

- Moi, je n'ai jamais eu le goût pour l'école … pour les études. J'avais du mal à supporter l'autorité des professeurs et … je ne faisais jamais mes devoirs. J'étais un mauvais élève. Mon dossier aurait fait pâlir n'importe qui. Quand j'ai été arrêté, ça a été un soulagement pour tous mes professeurs. Et je suis sûr qu'aucun d'entre eux n'a été surpris de me savoir en prison.

Il y avait quelque chose qui ressemblait à de l'autoflagellation dans le comportement de Dean. Castiel n'aimait pas l'entendre se dénigrer de la sorte. Il était admiratif du jeune homme et des sacrifices qu'il avait faits pour son frère et Bobby. Il le trouvait incroyablement courageux et fort. Il avait survécu à des épreuves qui en auraient brisé plus d'un. Castiel aurait aimé qu'il se voit de la même façon.

- Pourquoi as tu été arrêté ? Demanda t-il alors.

C'était une des choses que Dean ne lui avait pas dit jusque là. Ca n'avait probablement pas vraiment d'importance mais il aimait en apprendre plus sur le jeune homme. Il se souvenait toujours parfaitement de ce qu'Henriksen avait dit quelques jours plus tôt concernant les secrets que son ami gardait toujours. Il ne voulait surtout pas lui en vouloir sur ce point. Il ne lui avait jamais demandé de se montrer parfaitement honnête avec lui. L'essentiel était qu'il ait suffisamment d'informations pour savoir où il mettait les pieds.

- Gordon connaissait un type à qui il confiait des voitures pour les revendre au marché noir. Il lui reversait ensuite un pourcentage de la somme. Gordon avait envie de quitter Sioux Falls et il avait besoin d'argent pour ça … il me disait souvent qu'il voulait m'emmener avec lui et qu'on pourrait faire la fête pendant des semaines entières avec tout cet argent. J'ai été suffisamment stupide pour le croire. Alors quand son copain lui a parlé de cette demande qu'il avait pour une Corvette, Gordon a pensé à celle de ses voisins … celle qu'il admirait depuis qu'il était gosse. On y allés en pleine nuit et on a forcé la serrure. Mais on n'ignorait tous les deux que la voiture était équipée d'une puce GPS et on avait à peine fait quelques kilomètres qu'on se faisait arrêter par la police. Gordon a dit au juge qu'il s'agissait de mon idée et que je l'avais forcé à le faire. Il a même dit que je l'avais menacé. J'ai alors compris que tout le monde avait vu juste dans son jeu … tout le monde sauf moi et … il avait un très bon avocat. Moi j'ai du me défendre seul. J'ai pris quatre mois et lui a pu rentrer chez lui sans problème.

Gordon avait utilisé l'affection et l'admiration que Dean avait pour lui et s'était servi de lui pour s'en sortir. Et le jeune homme l'avait payé au prix fort. Car ce séjour en prison avait eu des conséquences catastrophiques sur sa vie. Il avait commis une erreur. Mais il n'avait rien fait de grave. Il n'avait pas mérité d'aller en prison. Les mensonges de Gordon y avaient probablement été pour beaucoup dans la sévérité du juge.

- J'aimerais avoir trouvé un endroit comme celui ci durant mon enfance … un endroit où je pourrais aller me recueillir quand j'en ai besoin, avoua t-il en reportant son attention sur le lac devant eux.

Dean l'entraîna alors jusqu'à des rochers où il le fit s'asseoir. Il prit ensuite place à côté de lui sans lui lâcher la main. Ils étaient collés l'un à l'autre, leurs regards rivés sur le spectacle incroyable que la nature leur offrait.

- Je peux te prêter celui là si tu veux, proposa le jeune homme après quelques secondes de silence.

Castiel tourna le visage vers lui, surpris par ce qu'il venait d'entendre. Dean avait toujours les yeux rivés sur le lac devant eux. Le soleil se reflétait sur le surface et semblait illuminer également son regard vert.

- Dean, cet endroit c'est le tien … et celui de Sam. Je ne peux pas, lança t-il.

Il pouvait deviner l'importance que ce lieu avait pour son ami. Il avait vécu les moments les plus heureux de son existence ici. Ce n'était pas quelque chose à prendre à la légère quand on connaissait le passé du jeune homme. Il ne se sentirait jamais digne de le partager avec lui et son frère. Il ne voulait surtout pas que l'endroit perde son sens pour Dean.

- Cas, soyons réalistes. On sait toi et moi que c'est la dernière fois que je viens ici, répliqua le jeune homme en tournant son visage vers son ami.

Il n'y avait pas réellement de tristesse dans ses yeux mais une certaine nostalgie et un fatalisme évident. Castiel sentit son cœur se serrer en réalisant que le jeune homme ne se faisait aucune illusion sur ce point. Il avait probablement raison. Mais cela ne rendait pas les choses plus faciles pour autant.

- Comment ça ? Demanda finalement Castiel car il avait besoin que le jeune homme mette des mots sur ce qu'il ressentait.

Et peut être Castiel avait il besoin de l'entendre pour prendre réellement conscience de ce qui était en train de se passer. De la manière dont les choses termineraient quoi qu'il arrive. Il avait la sensation d'être suffisamment réaliste et d'avoir les pieds sur Terre. Il se souvenait parfaitement que leur temps était compté. Mais devant ce lac, seul avec Dean, leurs mains jointes l'une à l'autre, il avait envie d'oublier. Il avait envie de croire qu'ils ne seraient pas séparés.

- Peu importe comment les choses se termineront pour moi … je ne reviendrais jamais ici. Si notre plan fonctionne et si l'histoire se termine bien, je changerais d'identité et je sais qu'Henriksen ne nous installera pas ici. Et si toutefois les choses se terminent mal alors … je serais mort et il est évident que je ne reviendrais pas.

Castiel détourna les yeux, incapable de soutenir le regard de Dean quand il tenait ces propos. Ils étaient vrais. Plein de bon sens et réfléchis. Mais ils étaient douloureux à entendre. Castiel avait beaucoup de mal à envisager leur séparation. Et il refusait catégoriquement de penser que son ami pouvait mourir. Mais il allait probablement devoir l'admettre. Car ils prenaient des risques à chaque minute de la journée. Dean vivait avec cette épée de Damoclès au dessus de sa tête depuis ses seize ans. Il était sans nul doute préparé aux conséquences de leurs actions. Castiel, lui, n'avait aucune idée de la façon dont il aurait de réagir si toutefois les choses se compliquaient. Ou ce qu'ils devaient ressentir à cet instant précis.

- Je ne peux pas Dean … pas maintenant que je sais ce qu'il représente pour toi, objecta Castiel.

Dean se pencha sensiblement vers lui et déposa un rapide baiser sur sa joue qui fit frissonner Castiel.

- Je n'aime pas l'idée que cet endroit reste à l'abandon … il porte mon empreinte et celle de mon frère et … j'ai envie d'emmener avec moi la certitude qu'il continuera de vivre à travers une personne qui compte pour moi, expliqua le jeune homme.

Castiel ne pouvait pas refuser ce que son ami lui demandait. Pas quand il l'exprimait de cette manière.

- J'en serais honoré, assura t-il alors.

Il sentit Dean serrer sa main un peu plus fortement dans la sienne. Castiel se demandait pourquoi il ne l'avait pas encore lâché. Ce qui s'était passé entre eux était purement sexuel. Il n'y avait pas vraiment eu de tendresse dans leurs ébats. Dean avait toujours semblé réfractaire aux démonstrations d'affection. Mais il continuait de serrer la main de Castiel et de caresser le dessus du bout du pouce. C'était plus un geste de petit ami que d'ami. Et c'était perturbant pour Castiel.

- Cas, je ne t'ai jamais remercié pour tout ce que tu as fait pour moi … et … pour tout ce que tu continues à faire, souffla Dean après de longues secondes de silence.

Castiel ne savait pas trop quoi dire à son ami. Il n'avait effectivement jamais pris le temps de dire ce que Castiel faisait représentait pour lui. Mais c'était évident dans sa façon de se comporter. Il était facile de deviner que sa présence était importante. Dean ne l'aurait jamais emmené dans cet endroit si ce n'était pas le cas.

- Je veux que tu saches à quel point ça compte pour moi … ta présence est … elle est importante pour moi. Vraiment importante. Et parfois … je me demande ce que j'ai pu faire pour la mériter. Tu es tellement lumineux Cas … et moi je suis … tout ce qui m'entoure est sombre.

Castiel n'aimait pas ce qu'il entendait dans la bouche de son ami. C'était une preuve de plus du peu d'estime qu'il avait de lui même. De la culpabilité qu'il conservait par rapport à ce qu'il avait pu faire par le passé.

- Si tu veux mon avis, il était temps que quelqu'un t'aide un peu … Tu as passé un an à fuir seul et à te cacher. Je me fiche de savoir ce qui m'a mis en travers de ton chemin. Je suis content que ce soit le cas.

Dean hocha alors la tête en souriant faiblement.

- Je sais que tu es vexé de ne pas avoir été mis au courant plus tôt du mensonge que j'ai dit à Henriksen mais tu dois me croire … je n'avais aucune idée de ce que j'allais faire avant qu'on ne soit face à lui et je ne pouvais rien te dire devant lui.

Castiel le croyait. Il savait que le jeune homme ne lui avait pas menti délibérément. Mais cela n'effaçait pas ce qu'Henriksen avait évoqué et qui continuait de tarauder Castiel constamment. Il avait beau savoir qu'il n'avait pas le droit d'exiger de Dean qu'il lui dise tout sur lui et sur son passé mais il n'aimait pas rester dans l'ignorance. Il prenait des risques constamment pour le jeune homme. Il estimait mériter que ce dernier se montre totalement honnête avec lui. Il n'osait pas pour autant poser la question. Il avait trop peur de la réaction du jeune homme. Heureusement pour lui, Dean lui coupa l'herbe sous le pied en abordant le sujet de lui même.

- Quant à ce qu'il a dit … sur ce que je continue de te cacher … je peux te jurer qu'il ne s'agit que de détails. Et … j'aimerais pouvoir tout te dire mais pour le moment je ne suis pas capable de te donner tous les détails des tortures qu'Alastair m'a infligé. Je te demande de comprendre et de me faire confiance sur ce point également.

Castiel hocha doucement la tête. Il sentait le jeune homme sincère et il ne voyait pas quoi ajouter à ce qu'il venait de lui dire. Il devait accepter qu'il ne saurait probablement jamais l'étendue des horreurs qu'Alastair avait infligé à son ami. Il ne faisait pas réellement parti de sa vie. Il n'en aurait jamais l'occasion. Il n'était que de passage. Et bientôt, il ne serait plus qu'un souvenir. Cela ne lui donnait aucun droit. Rien de plus que le privilège d'apprécier la présence de Dean temporairement.

- Tout va bien entre nous hein Cas ? Demanda alors Dean, visiblement soucieux.

Castiel attira sa main au niveau de son visage et l'embrassa sur les doigts. Il était conscient que ce geste était également trop tendre au vue de la nature de leur relation. Mais il refusait de se retenir. Il voulait vivre ces instants à fond et ne pas se soucier du reste pour le moment. Il aurait tout le temps de se poser des questions ou de regretter ces gestes quand Dean serait parti. Pour l'instant, ils étaient ensemble. Il étaient devant un paysage magnifique et il étaient en sécurité là où personne ne penserait à les chercher. C'était peut être la dernière fois qu'ils pouvaient se laisser aller. Castiel était conscient que le temps jouait contre eux.

- Tout va bien, confirma t-il en souriant à son tour.

Il prit alors quelques secondes pour réfléchir à ce qui les attendait et il sentit l'angoisse lui nouer le ventre à nouveau.

- Mais en toute honnêteté, je ne suis pas sûr d'être prêt à … cet homme qu'on doit retrouver, je ne pense pas être capable de lui faire du mal pour obtenir les informations nécessaires. Je ne suis pas quelqu'un de violent.

- Edgar, commença Dean en fronçant les sourcils.

- Edgar c'était différent, le coupa Castiel. Il nous menaçait tous les deux et c'était de la légitime défense. Cet homme en revanche … il ne m'a rien fait. Je ne crois pas que je te serais d'une grande aide sur ce coup là.

Dean ne semblait pas déçu de l'entendre. Castiel fut même surpris de remarquer qu'il paraissait soulagé de l'apprendre. C'était presque comme s'il avait craint de voir son ami devenir comme lui. D'être à son tour capable du pire pour obtenir ce qu'il voulait.

- Je ne te le demande pas Cas, expliqua le jeune homme. Je ne veux pas te … te ternir avec tout ça. Tu pourras rester à l'extérieur et te contenter de garder un œil sur les gens qui approcheront.

Castiel acquiesça, soulagé qu'ils aient pu mettre ce point au clair sans s'énerver. Dean tourna ensuite le visage vers le lac et poussa un long soupire. L'atmosphère était tendue entre eux. Pas parce qu'ils gardaient de la rancune l'un envers l'autre. Simplement en raison de ce qui les attendait et de ce qu'ils ne pouvaient pas ignorer plus longtemps. Obtenir les informations de cet homme conduirait Dean à partir.

- Je ne crois pas t'avoir dit que c'est ici que j'ai appris à Sam à nager, souffla le jeune homme.

Castiel lui était reconnaissant de changer de sujet de conversation. Il était temps pour eux d'évacuer quelque peu la tension qui s'était accumulée depuis qu'ils avaient commencé à discuter sérieusement. Ils auraient tout le temps d'aborder les sujets importants. Ils avaient encore de nombreux kilomètres à parcourir avant d'arriver à destination. Ils pouvaient toujours les consacrer à mettre leur plan au point. Mais ici, il semblait logique de parler de Sam. Il faisait parti de cet endroit au même titre que Dean … et que Castiel à présent.

- Tu ne me l'as pas dit, confirma ce dernier en regardant le lac avec insistance.

Il pouvait facilement imaginer les deux jeunes garçons se baignant dans l'eau translucide et partageant de bons moments ensemble. Il ne connaissait pas Sam mais il devinait qu'il avait eu beaucoup d'admiration et d'amour pour son grand frère. Il avait probablement cherché à lui ressembler. Jusqu'au jour où Dean avait commencé à commettre des erreurs et qu'il avait du oublier l'image du garçon parfait dont il avait fait son modèle. Castiel savait combien il était difficile d'abandonner l'adoration qu'on pouvait avoir de son grand frère. Il était passé par cette épreuve quand il avait compris que ni Michael ni Luke n'étaient des exemples à suivre. Il savait que ça n'avait pas du être facile pour Sam. Mais cela faisait partie de la vie. Il était persuadé que le jeune garçon aimait toujours son frère. Il serait forcément heureux de le retrouver quand tout serait fini.

- Tous ses camarades de classe se moquaient de lui parce qu'il ne savait pas nager à presque douze ans. Il m'a demandé de lui apprendre. Et il n'a pas eu besoin de beaucoup de leçons. Comme pour tout le reste, il a réussi très rapidement. J'étais tellement fier de lui … tellement fier de le voir nager dans ce lac en souriant parce qu'il se sentait enfin comme tous les autres. C'est ce qu'il a toujours voulu. Devenir un enfant comme tous ceux qui fréquentaient son école. Il espérait pouvoir être normal un jour. Je suppose que mes exploits l'en ont empêché ensuite. C'est peut être pour ça qu'il m'en voulait autant.

Castiel choisit de ne rien dire pour réconforter son ami. Il pouvait sentir que le jeune homme avait besoin de vider son sac mais pas de s'entendre dire des platitudes qui ne changeraient probablement rien à ce qu'il ressentait pour le moment. Les choses changeraient rapidement. Quand ils seraient de nouveau ensemble, ils pourraient repartir de zéro et faire en sorte que le lien soit de nouveau fort. Ils avaient une chance incroyable de tout remettre à plat. Castiel considérait qu'il en allait de sa responsabilité de les réunir. C'était un objectif qu'il comptait bien atteindre.

- C'était un bon moment, souffla alors Dean en tournant le visage vers Castiel.

Il y avait quelque chose de nouveau sur le visage du jeune homme. Quelque chose que Castiel ne parvenait pas à identifier. Il garda ses yeux rivés sur lui et sentit son cœur battre un peu plus rapidement. Ils étaient extrêmement proches l'un de l'autre. C'était un moment intime et fort. Un moment unique. Castiel en avait conscience et il savait que son ami ressentait la même chose.

- Un peu comme celui qu'on partage, ajouta Dean en se penchant sensiblement en avant.

Castiel fronça les sourcils. Il ne comprenait pas vraiment ce qui pouvait avoir changé en quelques minutes mais il ne pouvait s'empêcher de se sentir bien, aussi proche de son ami. La chaleur de son corps l'enveloppait et son parfum lui envahissait les narines. Il avait envie de lui demander de s'approcher un peu plus encore. De se coller contre lui et de ne plus jamais le laisser partir. Mais il n'avait pas le droit. Ce n'était définitivement pas une bonne idée.

- J'ai très envie de t'embrasser, avoua Dean en se penchant encore un peu vers Castiel.

Ce dernier déglutit avec peine. C'était le moment ou jamais pour dire au jeune homme de ne pas aller plus loin. De prendre conscience de tout ce qui allait les séparer d'ici peu et qui les empêchait d'être plus que des amis. De lui demander d'avoir pitié de lui et de penser qu'il serait bientôt seul. Il devait sauvegarder son cœur avant qu'il ne soit brisé inévitablement. Mais il savait d'ors et déjà qu'il serait incapable de le faire. Parce qu'il avait lui aussi envie d'embrasser Dean. Plus que tout au monde.

- Dean … murmura t-il alors.

Ca pouvait tout aussi bien être une invitation qu'un rejet ou une mise en garde. Castiel n'était même pas sûr de savoir ce qu'il avait voulu dire par là. Il avait l'esprit embrouillé par la proximité de Dean et par les sentiments qu'il avait pour lui depuis un moment déjà. Il laissait la décision entre les mains du jeune homme. Il lui faisait confiance pour faire ce dont ils avaient tous les deux besoin. Même si Castiel n'avait aucune idée de ce dont il avait besoin. Ils restèrent sans bouger durant de longues secondes avant que Dean ne finisse par combler la distance qui les séparait pour coller ses lèvres contre celles de Castiel. Ce dernier fut incapable de répondre pendant un instant. Mais quand la langue du jeune homme vint chercher la sienne, il sortit de sa torpeur et l'embrassa en retour. Presque aussitôt, Dean l'attrapa par le cou pour l'empêcher de s'éloigner. Mais Castiel ne comptait pas partir. Il était totalement incapable de mettre un terme à ce baiser. Les lèvres du jeune homme étaient douces et chaudes. Sa langue dansait avec la sienne et tout était parfait. Castiel posa ses mains dans le dos de son ami et appuya ses doigts contre les muscles qu'il sentait sous son pull et son tee shirt. Le jeune homme avait le goût du tabac et du café. Leurs lèvres se caressaient à présent à un rythme soutenu. Ce baiser avait réveillé tout le corps de Castiel. Il pouvait sentir des petits tremblements dans ses bras et son dos. Les doigts de Dean s'enfoncèrent dans ses cheveux et il gémit contre ses lèvres. Ils n'avaient plus conscience de ce qui les entourait. Il n'y avait plus rien d'autre qu'eux. Le danger et les risques étaient oubliés. Et c'était sans doute là leur première erreur. Car quand quelqu'un se racla la gorge non loin d'eux, ils sursautèrent et se séparèrent précipitamment. Castiel était prêt à se battre contre la personne présente pour avoir interrompu ce moment trop rare. Mais quand ses yeux tombèrent sur l'homme qui était immobile à un bon mètre d'eux, il sentit un frisson lui parcourir la colonne vertébrale. Il avait déjà vu ce visage. Il s'en souvenait parfaitement. C'était aux informations un jour où il était collé devant la télévision. Cet homme faisait parti de l'organisation d'Alastair. Et il était là pour Dean.

- Oh ne vous arrêtez pas pour moi. Le spectacle était réellement très intéressant, commenta l'homme en souriant.

Il portait un costume noir qui aurait pu paraître élégant dans un soirée mais qui semblait étrange à cet endroit. Ses yeux sombres étaient fixés sur eux. Il avait un accent anglais qui paraissait forcé. Castiel fut surpris de voir Dean se lever brusquement pour se placer devant lui. De toute évidence, il espérait pouvoir le protéger. Castiel doutait réellement que cela suffirait.

- Dean, Dean, Dean, je t'avoue que j'ai passé beaucoup de temps à te chercher depuis Saint Louis.

Castiel sentit sa respiration s'accélérer sensiblement quand il comprit que cet homme était celui qui avait blessé son ami après leur première séparation. Il était dangereux. Il n'était pas là pour plaisanter. Castiel se leva alors à son tour et posa une main dans le dos du jeune homme pour lui signifier qu'il était là avec lui et qu'il n'avait pas l'intention de se défiler. Même s'il était totalement mort de trouille.

- Alastair ne sera probablement pas très content de savoir que tu t'es trouvé un nouveau petit ami … mais je suppose qu'il appréciera grandement de pouvoir te punir à ce sujet, expliqua l'homme en réajustant sa veste noire.

Castiel eut envie de lui crier qu'ils n'étaient pas en couple et qu'il ne laisserait jamais personne faire du mal à son ami. Mais il préférait laisser Dean gérer la situation et utiliser le temps dont il disposait pour chercher une échappatoire. Il regarda alors autour de lui en espérant voir quelque chose qui pourrait leur servir d'arme. Ils n'auraient jamais du laisser le revolver dans la voiture. Ils avaient été imprudents et ils étaient en train de le payer.

- Tu espères pouvoir me ramener à lui ? Crowley … tu es seul contre nous deux. Tu n'as aucune chance. Edgar a commis la même erreur et il l'a payé au prix fort, lança Dean d'une voix forte.

Fergus McLeod … Crowley. Castiel se souvenait de son nom à présent. Il déglutit avec peine alors que ses yeux cherchaient toujours désespérément quelque chose qui pourrait leur servir. Mais il n'y avait rien. Ils n'avaient aucune chance.

- Je t'avoue que j'ai apprécié le sort que tu lui as réservé. Si tu veux mon avis, Alastair a tort de faire confiance à Edgar et Dick … ils finiront par tenter de prendre sa place. Mais ce n'est ni le lieu ni le moment de parler de tout ça.

Dean ricana une seconde. Castiel savait qu'il tentait de paraître sûr de lui alors qu'il ne l'était pas du tout. Il devait absolument lui venir en aide. Il repéra alors une branche juste derrière Crowley. Il pouvait tenter de courir dans cette direction et de l'attraper avant que Crowley ne réagisse. Avec un peu de chance, il pourrait assommer cet homme et s'enfuir avec Dean. C'était risqué mais c'était la seule chose à faire. Castiel devait profiter du fait que Crowley parlait toujours avec son ami pour s'élancer. Il prit une grande inspiration mais s'interrompit quand il entendit ce que leur adversaire disait ensuite.

- Quand à être seul contre vous deux mon cher ami, tu ne devrais pas me sous estimer. J'ai commis l'erreur de te croire faible une fois … je ne risques pas de le faire deux fois. Dis bonjour à Meg Dean.

Castiel voulut se retourner pour voir de qui Crowley parlait. Il entendit vaguement des bruits de pas dans son dos. Il comprit alors qu'ils ne pouvaient rien faire et qu'ils étaient pris au piège. Il s'en voulut d'avoir suivi Dean ici et d'avoir relâché son attention. Ils avaient commis une grossière erreur. Il en avait conscience à présent. Mais c'était trop tard. Et au moment où il cherchait à se retourner pour voir cette Meg et juger de la menace qu'elle représentait, Castiel sentit quelque chose s'abattre à l'arrière de son crâne. La douleur qui irradia dans tout son visage fut si forte qu'il hurla en tombant en avant. Il avait perdu connaissance avant de toucher le sol. La dernière chose qu'il entendit fut son nom hurler par Dean puis un bruit de coup de feu qui semblait résonner au loin. Ils avaient perdus. Ils allaient mourir.