Bonjour,

Voici le 19ème chapitre et je préfère vous prévenir tout de suite : il contient des scènes de tortures explicites et Alastair.

Bonne lecture,

Sydney8201

Musique du chapitre :

A real hero de College & Electric Youth

Chapitre 19 : Tortures

« La torture interroge, et la douleur répond »

François Renouard

Quand Castiel rouvrit les yeux, il pensa pendant une seconde qu'il était mort. Tout autour de lui lui semblait incroyablement lumineux et blanc. C'était peut être à ça que ressemblait le paradis dont ses parents lui avaient si souvent parlé. Il doutait d'y avoir sa place selon leur standards. Mais il ne voyait pas d'autres explications. Il n'avait pas mal et avait la sensation de flotter. Il cligna plusieurs fois des yeux afin de permettre à sa vision de s'acclimater à son environnement. Il réalisa alors qu'il se trouvait dans une pièce fortement éclairée par des néons au dessus de sa tête. Les murs étaient gris et non blanc. Ce n'était définitivement pas le Paradis mais les lieux avaient quelque chose de l'Enfer auquel on le prédestinait si on en croyait le discours du prêtre de la paroisse que ses parents fréquentaient.

Castiel était assis. Il ne flottait pas mais sa tête lui semblait bizarrement légère. Presque comme si on l'avait déconnectée du reste de son corps. Les bruits autour de lui semblaient incroyablement lointains. Il avait la sensation d'avoir du coton dans les oreilles. Sa langue était sèche et paraissait avoir doublé de volume dans sa bouche. La pièce dans laquelle il se trouvait sentait le renfermé et la transpiration. Castiel pouvait entendre un vague battement quelque part. Il se concentra dessus avant de réaliser qu'il s'agissait de son cœur. Il déglutit avec peine, tenta de décoller sa langue qui refusait de bouger puis se décida enfin à se mettre debout.

Il réalisa rapidement qu'il ne le pouvait pas. Ses mains étaient jointes dans son dos, derrière le dossier de la chaise sur laquelle il était assis. Il fronça les sourcils et sentit la panique le gagner peu à peu. Les images de ce qui s'était passé au bord du lac lui revenaient à l'esprit à présent. Crowley. Meg. Dean. Le coup reçu derrière la tête. Castiel avait très probablement une commotion cérébrale. Cela expliquait plusieurs de ses symptômes et en particulier la nausée qui le gagnait à présent. Il prit de grandes inspirations par le nez puis tenta de regarder autour de lui.

Son cou était douloureux et à présent qu'il avait compris où il se trouvait, son crâne l'était également. Il ne savait pas avec quoi Meg l'avait frappé mais il avait de la chance de ne pas avoir eu le crâne fendu en deux. Il était fort possible qu'il ait une fracture. Il doutait toutefois que cela ait une grande importance. Il mourrait très probablement ici d'ici quelques heures. Peu importait qu'il soit blessé ou non. Il ne verrait plus jamais la lumière du jour. Il ne reverrait plus Gabriel ou le reste de sa famille. Il n'aurait plus jamais l'occasion de parler avec Dean.

Dean. Castiel n'avait aucune idée de l'endroit où leurs assaillants l'avaient emmené. Il ne pouvait pas voir ce qui se trouvait dans son dos et son cou était trop douloureux pour qu'il puisse réellement regarder autour de lui. Le jeune homme se trouvait peut être dans un coin de la pièce, agonisant. Castiel préférait ne pas le voir si c'était le cas. Il ne pouvait rien pour lui de toute façon.

Il ne sut pas combien de temps s'écoula avant qu'il n'entende enfin un bruit derrière lui. Il n'avait plus aucune notion du temps dans cette pièce. Il n'y avait aucune fenêtre ni aucune horloge. El les secondes semblaient durer des heures entières. Castiel pouvait être là depuis une heure ou depuis une semaine. Il n'était pas sûr qu'il aurait su faire la différence. Il avait toujours la nausée et son crâne lui faisait affreusement mal. Il se demandait pourquoi personne n'était encore venu le chercher ou le tuer. Il ne voyait pas l'utilité qu'il pouvait avoir pour Alastair et ses hommes. Il aurait pensé mourir plus vite. Peut être était ce là une forme de torture. Attendre la mort sans savoir quand elle frapperait était quelque chose d'atroce. Castiel priait pour que tout ceci prenne fin le plus rapidement possible.

Le bruit à l'extérieur de la pièce se rapprochait considérablement et pendant une seconde, Castiel songea que le moment était venu pour lui de mourir. Il ferma les yeux et songea à Gabriel. Il savait que son frère serait dévasté en apprenant la nouvelle. Si toutefois, on retrouvait son corps. Il se doutait que les hommes qui s'occuperaient de lui savaient exactement ce qu'ils faisaient. La police n'aurait peut être jamais l'occasion de demander à Gabriel de venir l'identifier à la morgue. C'était sans doute mieux ainsi. Son frère pourrait l'imaginer vivant sa vie quelque part. Gabriel lui en voudrait très probablement de ne pas lui avoir donné de nouvelles. Mais c'était préférable pour lui. Mieux valait qu'il finisse par le détester plutôt que de pleurer sa mort. Il ne méritait pas ça.

Castiel entendit une porte s'ouvrir derrière lui et il prit aussitôt une grande inspiration. Il espérait sincèrement que sa mort serait rapide. Il tendit l'oreille et se concentra sur les bruits de pas qui approchaient de lui. Il fut surpris quand quelqu'un attrapa le dossier de sa chaise et la fit tourner brutalement, manquant de le renverser en arrière. Il rouvrit finalement les yeux et se retrouva nez à nez avec un homme absolument immense qui semblait amusé de le voir. Castiel avait du mal à se concentrer avec la douleur dans son crâne et dans son cou. Il fit pourtant un effort pour soutenir le regard de l'inconnu qui l'observait avec un sourire sur les lèvres. Il était réellement impressionnant. Approchant les deux mètres, il avait un visage tout en longueur et anguleux. Ses pommettes étaient saillantes sous sa peau pâle et ses mâchoires carrées. Il avait les cheveux courts et bruns. Une barbe recouvrait ses joues creuses. Il ne semblait pas particulièrement musclé mais il était évident qu'il l'était suffisamment pour tenir tête à n'importe qui dans un face à face. Castiel n'avait aucune chance contre lui. Même s'il avait été détaché. L'inconnu portait un pantalon sombre et une chemise bleu ciel qui avait une tâche de sang au niveau de l'épaule. Ce n'était de toute évidence pas le sien. Castiel frissonna et serra les poings. C'était donc de sa main qu'il mourrait. De toute évidence, cet homme n'était pas venu ici pour faire la conversation. Castiel avait des difficultés à respirer. Ses poumons le brûlaient et ses yeux se remplissaient progressivement de larmes. Il aurait préféré ne pas pleurer devant cet homme mais c'était plus fort que lui. Il était déjà heureux de parvenir à contrôler sa vessie. Il refusait de se ridiculiser entièrement devant son bourreau. Même s'il n'aurait bientôt plus la possibilité de s'en soucier.

Castiel baissa les yeux sur les mains de l'homme. Il n'avait aucune arme. Cela ne voulait pas pour autant dire qu'il allait l'épargner. Il pouvait avoir décidé de le battre à mort. C'était une possibilité que Castiel refusait d'envisager pour le moment.

- Alors c'est toi, jeta l'homme en faisant un pas dans la direction de Castiel.

Castiel ne voyait pas du tout ce qu'il pouvait sous entendre par là mais il était prêt à admettre tout et n'importe quoi pour retarder l'échéance. Il savait bien qu'il ne pourrait pas échapper à son destin mais il aimait assez l'idée de faire perdre du temps à son bourreau. Il espérait que son patron le lui reprocherait ensuite.

- C'est moi, confirma Castiel même s'il ne savait pas réellement quelle était la question qu'on lui avait posée.

L'homme hocha lentement la tête avant de grimacer une seconde. Il avança ensuite d'un nouveau pas puis étendit un de ses longs bras pour attraper la mâchoire de Castiel. Il lui tourna le visage à droite et à gauche, étudiant ses traits avec un dégoût apparent.

- Dis moi mon ami … est-ce que tu l'as baisé toi aussi ? Demanda l'homme.

Castiel savait parfaitement de qui il voulait parler. Et il eut pendant une seconde envie de lui dire qu'il l'avait fait. Qu'il y avait pris du plaisir et qu'il espérait sincèrement que cela lui faisait mal. Mais il doutait que cela soit la bonne solution. Il ne voulait pas énerver son bourreau plus que nécessaire. Et il ne voulait pas non plus mettre Dean plus en danger encore.

- Non, souffla t-il alors.

- C'est une bonne chose tu sais. Le dernier à l'avoir fait sous mon nez l'a payé cher, répliqua l'homme en souriant.

Castiel prit une seconde pour étudier les yeux sombres de son bourreau avant de laisser ses yeux vagabonder sur le reste de son visage et sur son menton proéminent. Il y avait quelque chose d'extrêmement intimidant chez cet homme. Ce n'était pas sa taille ou les angles durs de son visage. C'était dans son regard. Dans son attitude. Il était évident que cet homme avait déjà fait du mal à des innocents. Il respirait la cruauté et la perversion. Il était proprement effrayant.

- Il faut que tu comprennes quelque chose joli cœur … je sais que Dean est attirant et je sais qu'il écarte les cuisses facilement. Mais il n'appartient à personne d'autre qu'à moi. J'ai besoin que tu le saches … et j'ai besoin que lui le sache également.

Castiel sentit son cœur s'accélérer un peu plus encore en prenant conscience qu'il ne se trouvait pas face à un homme de mains comme il l'avait pensé au premier abord. Non. Il avait le « privilège » de se trouver face à Alastair en personne. L'homme qui avait torturé Dean pendant une année entière. L'homme qui l'avait brisé et lui avait arraché celui qu'il aimait. Castiel détourna aussitôt les yeux. Il pouvait sentir les larmes couler sur ses joues et il se maudit d'être incapable de contrôler ses émotions. Mais il était mort de peur et il ne voulait pas mourir. Il n'était pas prêt. Un sanglot manqua de l'étouffer et il toussa plusieurs secondes pour le déloger de sa gorge. Alastair lui relâcha alors les joues et essuya sa main sur sa jambe de pantalon.

- Je suppose qu'il t'a parlé de moi. Mais je sais qu'il ne t'a pas tout dit … oh non, il est trop timide pour ça.

Castiel avait envie de vomir. Et ce n'était pas du uniquement au coup qu'il avait reçu à l'arrière du crâne. C'était l'effet qu'Alastair avait sur lui.

- Il ne t'a certainement pas parlé de ce qui faisait que notre relation était aussi unique et belle.

« Belle ». Castiel en doutait et il n'en revenait pas de lire la certitude sur le visage d'Alastair. Il considérait réellement que ce qu'il avait fait à Dean durant tous ces mois pouvait être défini comme une relation. C'était écoeurant. Et terrifiant. Castiel avait besoin de voir le jeune homme. Besoin de s'assurer qu'il allait bien.

- J'ai connu d'autres hommes avant lui tu sais. Mais aucun n'était aussi satisfaisant. Dean est un garçon unique. Je l'ai su dès que je l'ai vu en prison. Il y avait quelque chose d'innocent et de pur chez lui. Quelque chose que je devais faire disparaître. Ca n'a pas été facile. Il m'a résisté pendant quelques temps. Mais quand il a compris qu'il ne pouvait rien faire contre moi, il s'est laissé aller. Il est magnifique quand il pleure … magnifique quand il hurle. Je n'ai jamais rien vu de plus beau que son sang coulant sur son torse nu après une punition bien méritée. Dean sait qu'il m'appartient. Il est revenu de lui même me voir. Et si ce bâtard ne l'avait pas convaincu qu'il pouvait aspirer à mieux, il n'aurait jamais pris la fuite. Oh peu importe maintenant. Il est de retour. Et je vais tout faire pour le garder auprès de moi.

Alastair avait dit tout cela sur le ton de la conversation. Il ne semblait pas considérer que ce qu'il avait fait subir à Dean pouvait être qualifié de torture et était condamnable sur tous les points. Castiel pouvait lire le plaisir qu'il ressentait encore à l'évocation des horreurs qu'il avait commises. Cet homme était le mal personnifié. Il n'avait aucune conscience. Aucune morale. Castiel avait toujours cru que ce genre de personnage n'existait que dans les films ou les séries. Mais la réalité était bien pire que tout ce que l'esprit de scénaristes en quête d'audience pouvaient imaginer.

- Vous êtes malade, lâcha finalement Castiel qui n'en pouvait plus de rester silencieux.

Alastair haussa alors les épaules. Il tourna ensuite le visage vers la porte, un sourire sur les lèvres.

- C'est ce que le psychologue que ma mère m'a forcé à voir quand j'étais petit m'a dit à plusieurs reprises … quoique pas dans ses termes mais … c'est assez similaire. Je n'ai pas apprécié de l'entendre me dire ces choses alors je l'ai tué … ma mère aussi par la même occasion. Mais je suppose que ça n'a plus d'importance aujourd'hui. Le passé est le passé.

Castiel pouvait sentir la transpiration couler de son front et de ses tempes. Son cœur battait à un rythme effréné dans sa poitrine. Il était en train de paniquer. Et il ne pouvait rien faire pour s'en empêcher. Il était en pleine crise d'angoisse. Et Alastair le savait. Il pouvait le lire sur son visage ou le deviner dans la manière dont son souffle était saccadé à présent. Castiel était impuissant face à cet homme qu'il savait capable des pires horreurs. Cet homme qui avait tué sa propre mère. Il allait mourir.

- Rassure toi joli cœur. Je ne compte pas te tuer tout de suite. J'aimerais te montrer quelque chose avant. J'aimerais que tu comprennes qui est le vrai Dean avant de mourir, expliqua Alastair en souriant franchement.

Il s'approcha ensuite de la porte et donna deux coups dessus. Castiel en profita pour tirer vainement sur ses liens. Les nœuds étaient solides et la corde lui entaillait les poignets dès qu'il essayait de les bouger. Il ne pouvait pas se détacher. Il déglutit avec peine alors que d'autres bruits de pas résonnaient dans le couloir. Il sursauta quand la porte s'ouvrit devant lui. Alastair s'écarta du chemin et laissa deux hommes trainer Dean à l'intérieur. Le jeune homme était à peine conscient mais il avait les yeux ouverts. Son visage était couvert de sang en raison d'une coupure au front. Mais il ne semblait pas sérieusement blessé. Castiel aurait pu parier que la tâche sur la chemise d'Alastair était consécutive à la blessure du jeune homme. Et cela ne fit qu'accentuer un peu plus encore la panique qui le gagnait. Car il savait exactement ce que son bourreau comptait faire à présent. Il allait torturer Dean sous ses yeux. Et il serait obligé de regarder, impuissant.

- Attachez le, exigea Alastair en se tournant vers Castiel.

Ce dernier regarda les deux hommes conduire Dean dans un coin de la pièce où se trouvait un vieux matelas qu'il n'avait pas vu jusque là. Ils allongèrent le jeune homme dessus puis attachèrent ses poignets à une chaine fixée au mur. Ils quittèrent ensuite la pièce sans parler et refermèrent la porte derrière eux. Alastair se frotta alors les mains avant de tourner à nouveau la chaise de Castiel pour qu'il fasse face à son ami. Dean semblait avoir quelques difficultés à rester éveillé. Mais ses yeux étaient posés sur Alastair.

- Parfait, nous allons pouvoir commencer, lança ce dernier d'un ton enthousiaste.

Castiel avait envie de voir Dean se débattre mais il semblait résigné. Ce n'était pas le jeune homme que Castiel connaissait. Pas celui dont il était tombé amoureux. La flamme dans ses yeux était éteinte. C'était donc l'effet qu'Alastair avait sur lui. Mais Castiel ne lui en voulait pas. Il était furieux contre leur bourreau. Il était furieux qu'il puisse avoir ce pouvoir sur le jeune homme. Qu'il ait pu le réduire à l'état d'esclave, le privant de toute humanité et de tout ce qui faisait de lui quelqu'un de fort et de courageux.

- Dean a tenté de se débattre quand Crowley vous a trouvé. Il paraissait extrêmement inquiet pour toi mais je lui ai fait entendre raison assez rapidement, expliqua Alastair.

Castiel ne pouvait pas quitter le jeune homme des yeux. Il aurait aimé que ce dernier le regarde à son tour. Mais il semblait déterminé à l'ignorer et à se concentrer sur Alastair qui s'approchait à présent de lui. C'était quelque chose qu'ils avaient du faire des centaines de fois mais Castiel n'avait jamais rien vu de tel. Il avait envie de pleurer et d'hurler. Il avait envie de tuer cet homme ignoble. Mais il ne pouvait rien faire d'autre que de regarder. Et c'était insupportable pour lui.

- Ne le touchez pas espèce d'enfoiré ! Tuez moi si vous le voulez mais ne posez surtout pas la main sur lui ! Cria finalement Castiel.

Il savait que ce n'était pas réellement une solution. Même si Alastair abandonnait son idée de torturer Dean sous ses yeux pour le tuer, il reprendrait les choses là où ils les avaient laissées en plan quand Castiel aurait rendu son dernier souffle. Sa mort ne sauverait pas Dean. Mais cela lui éviterait d'y assister. Et même si son choix était égoïste, il savait qu'il ne pourrait jamais regarder Alastair briser plus encore l'homme qu'il aimait sous ses yeux. C'était probablement ce que son ami avait ressenti quand Benny avait été dans la ligne de mire. Mais lui n'avait pas eu le choix.

- Désolé mais je crains que ce ne soit pas possible. J'ai passé un marché avec Dean. Il m'a demandé de te laisser en vie en échange de son corps et de sa liberté. Je ne pouvais pas refuser. Et j'aurais probablement pu faire tout ceci ailleurs et t'épargner le spectacle mais j'aime l'idée d'avoir une audience. Ce ne serait pas la première fois.

Castiel dévisagea alors Dean, choqué par ce qu'il entendait. Le jeune homme s'était sacrifié pour lui comme il l'avait fait pour Sam et Bobby. Il ne pouvait pas accepter. Il ne pourrait jamais vivre avec cette culpabilité. Même si ce n'était que pour quelques minutes. Car il savait parfaitement qu'Alastair le tuerait quand même. Il le lui avait dit.

- Non, s'il vous plait, supplia t-il alors.

Alastair ricana une seconde avant de s'accroupir vers Dean. Castiel pouvait voir ses mains se poser sur son torse et ses ongles s'enfoncer dans le tissu. Il dut lutter contre une nouvelle nausée et il put sentir le goût de la bile dans sa gorge. Alastair ne semblait plus avoir envie de discuter. Il avait les yeux rivés sur Dean et après quelques secondes, il glissa ses mains sous le tee shirt du jeune homme. Il le souleva jusqu'au ce que le vêtement soit bloqué au niveau des poignets de Dean. Ses cicatrices étaient parfaitement visibles à la lumière des néons. Castiel aurait voulu pouvoir détourner les yeux mais il en était incapable à présent. Alastair s'installa sur les cuisses du jeune homme et se baissa pour lécher certaines des traces qu'il avait laissé sur le torse de Dean. Quand il se redressa, il tourna le visage vers Castiel.

- Je sais qu'il est facile de tomber amoureux de lui … je sais à quel point il peut être fascinant. Mais tu dois comprendre qu'il n'est pas l'homme que tu penses qu'il est. Je l'ai vu faire des choses horribles simplement pour m'entendre dire que j'étais fier de lui. J'aurais pu en faire quelqu'un d'extraordinaire s'il avait accepté de suivre mon enseignement. Je me contenterais de ça à la place. Mais tu dois comprendre qui il est. Et pour ça, je dois te montrer ce dont il est capable.

Castiel détacha ses yeux d'Alastair pour regarder Dean. Il avait toujours les yeux ouverts mais ils étaient fixés sur le plafond à présent. Et ils semblaient incroyablement vides et éteints. Il était là sans être réellement là. Castiel n'aimait pas du tout le voir dans cet état. Il retint de justesse un nouveau sanglot alors qu'Alastair posait ses mains sur le bouton du pantalon du jeune homme.

- Quel dommage que tu sois contraint de porter tous ces vêtements Dean. Tu es tellement plus beau sans eux … nu et couvert de sang … tu es grandiose quand tu saignes.

Castiel tira à nouveau sur ses liens mais n'obtint rien de plus qu'une douleur vive dans chacun de ses poignets. Son crâne le faisait toujours souffrir et son cou lui semblait raide et entièrement bloqué. Il prit quelques secondes pour chercher une solution mais il ne parvenait pas à réfléchir correctement. Devant lui, Alastair avait défait les boutons du jean de Dean et commençait à le baisser le long de ses jambes. Il lui retira ensuite ses chaussures et ses chaussettes et jeta le tout loin de lui. Castiel pouvait sentir de nouvelles larmes couler sur ses joues.

- Non, non, non, non, répéta t-il plusieurs fois, impuissant.

Alastair ne prit pas la peine de dire quoi que ce soit. Il arracha le boxer de Dean avant de poser ses mains sur ses tibias et de les faire remonter le long de ses jambes. Il semblait totalement fasciné par ce qu'il voyait. Castiel pouvait deviner l'humiliation que Dean devait ressentir. Et cela fit couler de nouvelles larmes sur son visage.

- Tu as essayé de masquer mes marques Dean ? Tu sais que je déteste ça, commenta Alastair en enfonçant ses ongles dans le tatouages qui couvrait une partie du torse du jeune homme.

Ce dernier laissa échapper un gémissement et commença à se mordre la lèvre inférieure.

- Dean, Dean, regarde moi, lança alors Castiel pour attirer l'attention du jeune homme.

Il ne savait pas vraiment pourquoi il avait dit cela. Mais il ressentait le besoin de signaler sa présence à son ami. Il voulait que Dean garde les yeux rivés sur lui pour ne pas donner à Alastair ce qu'il voulait. Son attention totale. Castiel ne pouvait rien faire de plus pour lui.

- Dean, regarde moi, répéta t-il d'une voix faible.

Le jeune homme finit par obéir. Ses yeux étaient voilés mais Castiel savait qu'il le voyait. Il savait qu'il était là pour lui. Qu'il ne le jugeait pas pour ce qu'Alastair était en train de lui faire subir. Castiel était de son côté et cela ne changerait jamais.

- Cas, murmura finalement Dean.

Alastair se redressa alors, visiblement surpris d'entendre le jeune homme parler. Il traversa la pièce à grandes enjambées et Castiel ne lui donna pas la satisfaction de le suivre des yeux. Il se concentra sur Dean et tenta de transmettre son amour pour lui à travers son regard. Dean paraissait tellement vulnérable allongé sur ce matelas que Castiel pouvait sentir son cœur se briser. Il savait qu'il pleurait mais il s'en contrefichait. Il souffrait pour le jeune homme. Il entendit Alastair revenir après quelques secondes. Il tenait une sorte de matraque en cuir noir dans la main. Castiel secoua alors la tête et se débattit de plus belle dans sa chaise.

- Non, Cas, non … ça va … assura Dean en souriant tristement.

Castiel s'immobilisa alors. Le jeune homme ne pouvait décemment pas lui demander de ne plus bouger alors qu'il était sur le point d'être battu sous ses yeux. Il devait tenter de faire quelque chose même s'il savait qu'il était impuissant. Il refusait d'accepter ce qui était sur le point de se passer. Et même si Dean faisait tout cela pour son bien, il devait comprendre que Castiel l'aimait trop pour le laisser souffrir ainsi.

Alastair revint vers le jeune homme et s'agenouilla à nouveau sur ses cuisses. Il remonta ensuite les manches de sa chemise et agita sa matraque sous le nez de Dean.

- Tu te souviens d'elle n'est ce pas ? Demanda t-il.

Dean hocha la tête sans quitter Castiel des yeux. Ce dernier sentait qu'il cherchait à se raccrocher à lui pour ne pas s'évader à nouveau quelque part dans sa tête, dans un endroit où Alastair n'existait pas et ne s'apprêtait pas à lui faire du mal. Et Castiel savait qu'il le faisait en grande partie pour lui. Parce qu'il lui avait demandé. C'était égoïste sans doute. Mais c'était nécessaire. Castiel avait besoin de savoir que Dean le voyait. Besoin de savoir qu'il était toujours là avec lui.

- J'aurais préféré quelque chose de plus … douloureux mais puisque tu as été absent un an, je suppose qu'il est mieux pour toi de te réhabituer petit à petit. On en viendra aux choses sérieuses quand tu seras plus docile, commenta Alastair.

Castiel tira une énième fois sur les liens qui enserraient ses poignets. Il vit alors Dean secouer la tête et lui sourire tristement avant que la matraque d'Alastair ne s'abatte sur son torse. Le jeune homme hurla aussitôt en fermant les yeux. Deux coups suivirent rapidement, lui arrachant deux nouveaux cris déchirants. Castiel se débattit alors avec force contre liens autour de ses poignets. Il eut la sensation que la pression était un peu moins forte après quelques secondes. Mais il devait sans doute halluciner. Il ne pouvait toujours pas se dégager. Alastair administra un nouveau coup sur le ventre de Dean avant de glisser le long de ses jambes et de le frapper plusieurs fois sur les cuisses. Dean ne criait plus à présent. Il avait rouvert les yeux et les avait posés sur Castiel à nouveau. Il était toujours là. Il s'accrochait pour ne pas perdre connaissance. Castiel était terriblement fier de lui.

- Dean, je suis là … Dean, je suis là. Ne t'en fais pas, lança t-il alors.

Il avait besoin de parler et il savait que sa voix aiderait le jeune homme à rester ancré dans la réalité. A se souvenir que pour lui, il était un héros. L'homme le plus courageux qui lui avait été donné de rencontrer. Il était nécessaire de prononcer son nom encore et encore. Pour qu'il se souvienne qu'au delà de ce qu'Alastair voulait faire de lui, il existait pour d'autres personnes. Il était un être humain à part entière même si son bourreau voulait faire de lui un objet. Les coups se succédèrent pendant de longues secondes durant lesquelles Castiel continua de prononcer le nom de Dean. Quand Alastair s'arrêta enfin, Dean laissa échapper un sanglot.

- Nous y voilà … tu es tellement beau quand tu pleures, assura t-il en se redressant.

Castiel pouvait voir les marques que les coups infligés avaient laissées sur le corps du jeune homme. Des hématomes étaient déjà visibles ici et là. Certains coups avaient été plus violents que d'autres. Notamment sur le torse du jeune homme. La peau était rouge et brillante par dessus les cicatrices. Castiel aurait aimé pouvoir détacher ses yeux du jeune homme mais il savait qu'il n'avait pas le droit. Il était impliqué à présent dans cette histoire et il ne pouvait pas lui tourner le dos. Pas après ce qu'il avait vu quelques minutes plus tôt.

- Dean, ne pleure pas. Ne lui donne pas cette satisfaction. On sait toi et moi que c'est exactement ce qu'il cherche. Ne le laisse pas te détruire comme ça. Ne le laisse pas gagner, jeta Castiel.

Alastair se tourna alors vers lui, les sourcils froncés, les doigts serrés autour de sa matraque. Il fit un pas dans sa direction avant d'incliner la tête sur le côté comme pour étudier Castiel. Ce dernier avait les yeux posés sur Dean qui semblait l'avoir écouté. Il ne pleurait plus.

- Oh c'est touchant cette façon que tu as de croire que tout ce que je lui fais ne lui plait pas. Tu es naïf joli cœur mais tu vas tomber de haut … de très haut cette fois. Tu peux faire de moi le méchant de l'histoire mais tu dois savoir que ton petit copain là bas aime qu'on le malmène et qu'on se montre dur avec lui. Il a besoin d'être puni. C'est comme ça qu'il prend son pied.

Castiel ricana en secouant la tête. Il reporta ensuite son attention sur Alastair qu'il dévisagea longuement.

- Vous êtes un monstre, répliqua t-il. Ce que vous lui faites, c'est de la torture … c'est criminel et vous paierez. Un jour, vous le paierez.

Alastair hocha alors la tête puis, sans prévenir, abattit son poing dans le visage de Castiel. C'était la première fois qu'il perdait son calme devant lui et cela fit sourire Castiel. Il savait que son attitude n'arrangeait en rien leurs affaires mais voir cet homme s'emporter quand il paraissait incapable de se laisser déstabiliser était une petite victoire. Castiel cracha en direction d'Alastair et ne fut pas surpris de voir du sang mêlé à sa salive. Sa lèvre était probablement ouverte. Et son crâne le faisait à nouveau terriblement souffrir. Il utilisa le bout de sa langue pour jauger la profondeur de la plaie et grimaça en sentant le goût de son sang dans sa bouche. Alastair jeta finalement la matraque par terre et essuya son visage que Castiel avait atteint en crachant droit devant lui. Deuxième victoire.

- Je sais que tu refuses de me croire parce que tu as des sentiments pour lui mais je vais te prouver que tu te trompes. Je vais te montrer quel homme est Dean Winchester, jeta Alastair.

Il tourna le dos à Castiel et s'approcha à nouveau du jeune homme. Il lui attrapa les jambes et les écarta brutalement, l'exposant au regard de Castiel et à l'air froid de la pièce. Dean ferma à nouveau les yeux en mordant sa lèvre inférieure. Alastair semblait prendre un plaisir immense à l'humilier de la sorte. Mais Castiel ne pourrait jamais changer d'opinion concernant le jeune homme. Rien de ce qu'Alastair pouvait faire ne ferait vaciller ses convictions. Dean était quelqu'un de bien. Il avait été malchanceux et il avait commis des erreurs. Mais il était la personne la plus courageuse qui soit. Castiel n'aurait jamais que de l'admiration et de l'amour pour lui.

- Tu ne lui as jamais parlé de ça hein Dean ? Demanda finalement Alastair en glissant une main entre les jambes du jeune homme.

Castiel sentit son estomac se tendre quand il réalisa la tournure que prenait les choses. Il savait que Dean ne lui avait pas tout dit. Mais il lui avait assuré que … Non, ce n'était pas possible. Il refusait de penser à cela.

- Tu ne lui as pas dit combien tu aimais me sentir en toi … utilisant ton propre sang comme lubrifiant pour faciliter les choses. Tu ne lui as pas dit combien de fois je t'ai fait jouir comme ça, grogna Alastair en s'installant entre les jambes de Dean.

Castiel ne savait pas s'il mentait ou s'il disait la vérité. Il ne voulait pas s'interroger sur ce point. La seule chose qui comptait était ce qui était sur le point de se passer sous ses yeux. Alastair allait violer Dean devant lui et Castiel ne pouvait pas le laisser faire. Il ne pouvait pas assister à cette ultime torture. Il se débattit de toutes ses forces et sentit cette fois clairement la corde se détendre autour de ses poignets. Il commença alors à tirer pour dégager sa main. Devant lui, Alastair avait glissé un doigt à l'intérieur de Dean et le faisait aller et venir avec violence. Le jeune homme rouvrit alors les yeux et tenta de serrer les cuisses pour l'arrêter.

- Non, non, non, non, non, hurla t-il de toutes ses forces.

Castiel était heureux de le voir lutter et se débattre à son tour. Même s'il savait qu'il ne pouvait rien faire dans son état. Devant lui, Alastair avait à nouveau attrapé les cuisses de Dean pour les écarter plus encore. Le jeune homme gémit alors que son bourreau abattait son poing dans sa figure. Il le frappa deux fois rapidement ensuite puis réintroduisit deux doigts en lui sans se soucier de lui faire mal.

- Il lui arrivait de me supplier de le faire … de le baiser comme moi seul savait le faire. Mais bien sûr, il a gardé tous ses détails pour lui. Parce qu'il savait exactement ce que cela faisait de lui aux yeux des autres, lança Alastair en continuant de faire aller et venir ses doigts à l'intérieur du jeune homme.

Castiel sentit son poignet craquer quand il tira un peu plus fortement sa main en arrière. Il se mordit la langue pour s'éviter de crier. Il n'avait pas le temps de se soucier des blessures qu'il s'infligeait en cherchant à se défaire des cordes. Il devait aider Dean. Il serra les dents et continua à tirer. Devant lui, Dean avait cessé de se débattre. Ses yeux étaient fixés sur le plafond et semblaient à nouveau totalement perdus dans le vague. Castiel était furieux contre lui même et contre Alastair. Il avait envie de vomir quand il voyait la façon dont les gestes d'Alastair faisait bouger le corps entier de Dean sur le matelas. Mais le jeune homme se laissait faire. Il ne semblait même plus avoir conscience de ce qui lui arrivait.

- Non, arrêtez, arrêtez je vous en supplie, cria alors Castiel. Ne lui faites pas plus de mal.

Alastair s'immobilisa alors, ses doigts toujours enfoncés à l'intérieur de Dean. Il jeta un coup d'oeil par dessus son épaule à Castiel.

- Je te fais une faveur joli cœur. Je ne veux pas que tu te fasses d'illusions le concernant, expliqua t-il calmement.

Castiel ne pouvait pas le laisser continuer à traiter Dean de la sorte et à faire croire au jeune homme que cela ferait changer Castiel d'avis. Non. Il était inutile toutefois de parlementer avec Alastair. C'était à son ami que Castiel devait s'adresser. Il se concentra sur lui alors qu'Alastair recommençait à bouger ses doigts.

- Dean … Dean, je sais que tu es toujours là et je sais que tu m'entends. Ca ne change rien à ce que je pense de toi. Tu es quelqu'un de courageux et de merveilleux et tu … tu es la personne la plus forte qui soit. Tu ne dois surtout pas le laisser t'atteindre et tu dois avoir confiance en moi. Tu avais promis de me faire confiance.

Castiel sentit un sanglot monter dans sa gorge et il ne put rien faire pour le contenir.

- C'est un viol Dean … tu es la victime. Je le sais. Je ne te juge pas. Je ne te jugerais jamais, ajouta Castiel.

Il pleurait vraiment à présent et il n'était plus vraiment capable de parler. Il pouvait sentir le sang couler de ses poignets à ses doigts. Sa peau était arrachée à certains endroits. Mais il n'avait pas mal. Il n'avait plus conscience de rien d'autre que du jeune homme qui semblait peu à peu revenir à lui. Castiel tenta d'ignorer le bruit que la ceinture d'Alastair fit quand il la détacha. Il se concentra sur son ami qui baissait lentement les yeux vers lui et semblait le voir à nouveau. Il était de retour. Castiel laissa échapper un nouveau sanglot.

- Je suis là Dean et je me fiche de ce qu'il peut dire de toi. Je sais que tu n'es pas responsable. Je sais que tu n'es pas coupable. Dean, je t'ai …

- Cas, ferme les yeux, le coupa Dean d'une voix faible.

Alastair avait retiré sa ceinture et était en train de déboutonner son pantalon. Castiel secoua alors la tête. Il ne pouvait peut être pas empêcher ce monstre de violer son ami mais il pouvait au moins tenter de lui apporter un semblant de réconfort. Dean le regardait toujours et ses yeux semblaient remplis de larmes difficilement contenues. Castiel recommença à tirer sur ses cordes. Il se fichait de la douleur. Il devait faire quelque chose. Alastair était en train de retirer son pantalon et son caleçon quand Castiel réussit enfin à bouger sensiblement sa main dans la corde qui l'enserrait. Il avait mal à l'épaule à force de tirer mais il avait fait des progrès.

- Cas, je ne veux pas que tu vois ça. Tourne la tête. Ferme les yeux. S'il te plait … s'il te plait, souffla Dean alors qu'Alastair prenait place entre ses cuisses.

Castiel secoua vivement la tête. Il n'avait pas l'intention de fuir la réalité. Il n'était pas lâche. Dean était sur le point de se faire violer sous ses yeux. Il avait beau avoir connaissance des cicatrices sur le corps du jeune homme et des horreurs qu'Alastair lui avait fait subir, il n'avait jamais imaginé qu'il ait pu lui infliger ce genre de tortures. Dean lui avait assuré que les choses n'avaient jamais été sexuelles entre eux. De toute évidence, c'était un des détails dont il avait refusé de lui parler. Un de ceux qu'Henriksen avait abordé brièvement lors de leur rencontre. Il pouvait comprendre que Dean ait refusé de lui en parler. Mais à présent qu'il était au courant, il n'avait pas l'intention de l'ignorer. Il se pencha sensiblement en avant pour tenter de libérer une de ses mains. Alastair s'était mis en place entre les jambes de Dean et le jeune homme avait fermé les yeux, sans doute pour échapper au regard de Castiel. Son bourreau avait tout juste commencer à le pénétrer quand un coup contre la porte l'interrompit. Il s'immobilisa aussitôt et relâcha les jambes de Dean. Castiel en profita pour tirer un peu plus fortement sur ses liens. Il devait se retenir de crier quand son poignet démis ou cassé le lança affreusement. Mais après quelques secondes d'effort, il sentit sa main s'échapper de la corde. Il se redressa alors aussitôt et posa les yeux sur Alastair. Il s'était relevé et avait remis son pantalon en place. Castiel aurait pu tenter d'intervenir mais il avait peu de chance de réussir. Dean était toujours attaché et il y avait une autre personne derrière cette porte pour prêter main forte à Alastair. Il serait seul contre deux hommes. Il n'avait aucune chance. Il devait attendre une meilleure opportunité. Il doutait de pouvoir amener Dean à réagir rapidement. Le jeune homme semblait avoir perdu connaissance. Il avait les yeux fermés et n'avait pas bougé depuis qu'Alastair s'était relevé.

- Quoi ? Demanda ce dernier en ouvrant la porte à la personne qui avait frappé.

Castiel reconnut aussitôt Crowley de l'autre côté. Il était accompagné d'une jeune femme brune vêtue d'un jean ultra-moulant, d'un tee-shirt transparent et d'une veste en cuir. Meg sans doute. Castiel sentit la colère s'emparer de lui et il eut les pires difficultés du monde à ne pas se lever de sa chaise pour leur sauter à la gorge. Non. Il ne devait surtout pas gâcher l'opportunité qu'il avait de s'en sortir. Il reporta son attention sur Dean à la place.

- Monsieur, Richard souhaite vous parler. Je lui ai expliqué que vous étiez occupé mais il insiste. Il m'a dit que ça avait quelque chose à voir avec votre projet commun, expliqua Crowley d'une voix calme.

Castiel entendit Alastair jurer entre ses dents. Il tourna alors le visage vers lui et le vit jeter un dernier coup d'oeil à Dean avait de sortir de la pièce et de fermer la porte derrière lui. Castiel poussa alors un long soupire de soulagement. Ils n'étaient pas tirés d'affaire mais ils avaient évité le pire. Pour le moment. Il avait encore une chance de s'échapper. Castiel hocha la tête pour s'en convaincre avant d'utiliser sa main libre pour se libérer des liens qui enserraient toujours l'autre. Il se leva ensuite de sa chaise et courut jusqu'à Dean. Le jeune homme ne bougea pas quand il s'agenouilla à côté de lui sur le matelas.

- Dean, est ce que tu m'entends ? Demanda Castiel dans un murmure.

Il ne fut pas surpris que son ami ne réagisse pas. Il ne semblait pas endormi et de toute évidence, si Castiel s'en tenait à sa respiration saccadée, il n'était pas évanoui non plus. Mais il ne semblait pas prêt à réagir. Il était ailleurs. Quelque part où Castiel ne pouvait pas l'atteindre. Ou personne ne pouvait l'atteindre. Pas même Alastair. C'était un mécanisme de défense dont Castiel avait entendu parlé durant ses études. Il savait qu'il était inutile de l'appeler encore et encore. Il devait lui laisser le temps d'émerger. Il espérait simplement que cela ne lui prendrait pas trop de temps.

- Ok, Dean, je suis là avec toi et Alastair est parti. Prends tout le temps dont tu as besoin. Je vais te sortir d'ici et je ne le laisserais plus jamais poser ne serait ce qu'un doigt sur toi. Je peux te le promettre. Je le tuerais s'il essaie, souffla Castiel.

Il ne savait pas si Dean pouvait l'entendre mais il avait besoin de le dire. Il hocha ensuite la tête puis s'attaqua aux liens qui immobilisaient toujours les bras de son ami. Il parvint à les défaire après quelques minutes. Il réajusta ensuite le tee shirt du jeune homme pour couvrir son torse. Les hématomes étaient plus impressionnants encore vus de près. Castiel espérait qu'il n'avait aucune côte de cassée. Il attrapa ensuite le boxer et le pantalon du jeune homme et les lui remit difficilement. Il aurait probablement du prendre le temps de vérifier que Dean n'était pas blessé plus sérieusement. Mais il n'avait pas ce luxe. Il l'examinerait plus en détail quand ils seraient sortis d'ici. Il n'y avait pas de sang sur le matelas et il doutait qu'Alastair ait pu faire des dégâts de ce côté là.

Quand il eut terminé de s'occuper du jeune homme, Castiel jeta enfin un coup d'oeil à son poignet blessé. Il avait doublé de volume et il était de toute évidence fracturé. La peau était ouverte à plusieurs endroits et le sang coulait toujours. Mais les blessures étaient superficielles. Il ne les laissera pas le retarder. Il devait absolument établir un plan et se préparer au retour d'Alastair. Quand ils seraient dehors, il prendrait le temps nécessaire pour les remettre tous les deux sur pieds du mieux qu'il le pouvait. Il doutait de pouvoir quoi que ce soit pour les blessures psychologiques qu'Alastair avaient infligées au jeune homme mais il se jura d'essayer. Il finit par reporter son attention sur Dean. Il caressa sa joue du bout du pouce.

- Je vais nous sortir de là, jura t-il.

Il ne savait pas s'il en serait capable. Mais il se promit de tout faire pour. Même si cela devait lui coûter la vie.