Bonjour,

Voici le 23ème chapitre et comme la citation en début de chapitre le laisse deviner, il y a une scène de sexe dans ce chapitre. Si ce n'est pas votre truc, vous pouvez sauter toute la seconde partie du chapitre.

Je vous remercie encore de continuer à me lire et à m'écrire. Vos encouragements m'aident à garder ma motivation intacte.

Mille fois merci !

Bonne lecture

Sydney8201

Musique du chapitre :

Stay with me de Sam Smith

Chapitre 23 : Besoin de toi

« Le sexe c'est la consolation quand l'amour ne suffit pas. »

Gabriel Garcia Marquez

Ils avaient pris la route après leur discussion avec Sam sans réellement parler de leur rencontre avec le jeune garçon. Castiel avait choisi de conduire, laissant Dean digérer ce qui s'était passé avec son frère. Ce dernier avait fini par accepter de voir le jeune homme prendre la route sans lui et lui avait promis de contacter Henriksen dès qu'il aurait mis Bobby au courant de ce qui se passait. Dean ne semblait pas rassuré pour autant. Mettre de la distance entre lui et Sam était de toute évidence incroyablement douloureux. Deux ans plus tôt, il avait choisi de le faire, persuadé qu'il mettrait son frère en sécurité. Mais à présent qu'il le savait en danger, les choses étaient différentes. Il ne pouvait pas veiller sur lui et cela l'inquiétait. Castiel ne le lui reprochait pas. Il se faisait également beaucoup de soucis pour Gabriel et son frère n'était pas autant impliqué que Sam dans cette histoire.

Sans réellement en discuter, ils prirent la direction du Texas. Ils avaient perdu beaucoup de temps en chemin et ils devaient absolument mener leur mission à bien le plus rapidement possible. Dean avait averti Henriksen du contre temps puis lui avait rappelé sa promesse de mettre Sam à l'abri. Ce coup de fil ne l'avait pas rassuré pour autant. Mais il avait de toute évidence eu besoin de s'entendre dire que tout irait bien pour le jeune garçon.

Mille sept cent kilomètres les séparaient de San Antonio. Il allait leur falloir deux jours pour rejoindre leur destination s'ils parvenaient à rouler sept d'heures d'affilée. Castiel en doutait. Son épaule le faisait toujours souffrir et Dean avait des difficultés à rester assis plus de deux heures d'affilée. Le jeune homme avait réussi à se procurer de nouveaux antidouleurs puissants qui rendaient Castiel légèrement comateux et qui lui donnaient des douleurs d'estomac violentes. Il avait également mis la main sur tout un stock d'antibiotiques à spectre large pour endiguer une possible infection dans l'épaule de son ami. Castiel préférait ne pas savoir par quel moyen il se les était procuré. Il doutait qu'il ait agi en toute légalité.

Ils parvinrent à parcourir cinq cent kilomètres la première journée, conduisant à tour de rôle, s'arrêtant régulièrement pour soulager quelques peu leurs corps courbatus. Ils s'arrêtèrent un peu après Kearney au Nebraska. Le motel qu'ils choisirent n'avait rien de très accueillant. Les chambres étaient petites et insalubres mais les tarifs défiaient toute concurrence. Dean prit une seule chambre avec deux lits et Castiel fut soulagé de voir qu'il ne voulait pas mettre de distance entre eux. Il savait que son ami voulait veiller sur lui après sa blessure. Il ressentait le même besoin. Il avait envie de garder un œil sur le jeune homme pour s'assurer qu'il n'en faisait pas trop. Ils ne connaissaient toujours pas l'étendue réelle de ses blessures et il était préférable de le surveiller jusqu'à ce que les hématomes aient disparus.

Ils posèrent leurs affaires dans un coin de la chambre puis Dean encouragea Castiel à prendre sa douche pendant qu'il réchauffait la nourriture achetée dans une station service quelques kilomètres plus tôt.

L'eau chaude fit un bien fou à Castiel. Elle l'aida à chasser les douleurs qui persistaient toujours dans les muscles de son dos et de ses jambes. Il avait toujours une légère migraine mais elle était largement gérable. Son épaule le lançait mais la plaie était plutôt propre et saine. Il pensait avoir échappé au pire. Il doutait de développer une infection.

Après avoir apprécié l'eau chaude sur son corps courbatu, Castiel se sécha rapidement et enfila un pantalon de survêtement. Il prit son tee shirt dans sa main puis rejoignit Dean dans la chambre. Il avait besoin que le jeune homme lui applique un nouveau bandage sur l'épaule. Il doutait de pouvoir le faire seul.

L'odeur de la nourriture trop grasse de la station service agressa les narines de Castiel dès qu'il sortit de la salle de bains. Il réprima une nausée – fichus antidouleurs – et s'installa sur le lit pour échapper quelque peu à l'odeur. Dean attrapa aussitôt les pansements, compresses et bandages qu'il avait stockés dans son sac et prit place à côté de son ami. Il désinfecta la plaie rapidement avant de la couvrir avec une bande qu'il sécurisa avec du scotch. Castiel lui adressa un sourire en guise de remerciement puis l'encouragea à prendre une douche à son tour.

Dean ne se fit pas prier et pénétra dans la salle de bains sans fermer la porte derrière lui. Castiel écouta l'eau couler dans la douche durant quelques secondes avant de tenter d'enfiler son tee shirt. Son épaule refusa de coopérer et la douleur cuisante qu'il ressentit en levant son bras le dissuada de continuer. Il se leva à la place et augmenta la température dans la pièce pour pouvoir dormir torse nu. Il s'installa ensuite à table et avala deux cachets pour la douleur avec une gorgée d'eau.

Dean ressortit de la salle de bains quelques minutes plus tard torse nu également et vêtu seulement d'un boxer. Castiel le suivit des yeux, admirant son corps sans réellement se soucier que le jeune homme s'en aperçoive. Il le regarda sortir le tube de crème de son sac et se leva pour lui donner un coup de main. Castiel avait vu plusieurs victimes d'accidents grave durant ses stages à l'hôpital. Il n'était pas facilement effrayé par des plaies ou des hématomes. Mais ceux qui recouvraient le corps du jeune homme le terrifiaient. Il se demandait si cela avait quelque chose à voir avec ses sentiments pour son ami. Probablement. C'était sans nul doute une des raisons qui poussaient les médecins à ne jamais s'occuper des membres de leurs familles. Il était difficile de garder la tête froide quand on était émotionnellement impliqué.

Dean s'allongea sur le dos en travers du lit et Castiel appliqua de la pommade sur son torse avec délicatesse. Il tendit l'oreille pour écouter les réactions du jeune homme et évaluer le degré de souffrance dans lequel il se trouvait. Il fut rassuré de constater que les choses semblaient aller un peu mieux pour lui. Quand il eut fini de recouvrir le torse et le ventre du jeune homme de pommade, il s'attaqua à ses cuisses puis essuya ses mains sur son pantalon. Le silence entre eux n'était pas réellement inconfortable mais il était pesant. Castiel savait que son ami pensait toujours à son frère et il ne savait pas quoi faire ou quoi dire pour le rassurer. Il ne voulait pas lui faire des promesses en l'air ou lui mentir sur la gravité de la situation. Il était suffisamment lucide sur les évènements pour savoir que Sam courrait des risques importants et il se serait probablement emporté si toutefois Castiel avait cherché à minimiser les choses. Il aurait toutefois aimé trouver un moyen de distraire le jeune homme de ses pensées et de ses interrogations. Il n'en avait pas.

Dean finit par se redresser après quelques secondes pour rejoindre la table sur laquelle il avait installé leur repas. Ils mangèrent en silence à nouveau. L'estomac de Castiel protesta vivement dès qu'il avala la première bouchée de son hamburger. Il se força pourtant à en manger la moitié d'une traite. Il savait qu'il devait avaler quelque chose pour éviter que les médicaments ne s'attaquent à son estomac et que les antidouleurs ne le rendent plus malades encore. Devant lui, Dean ne semblait pas avoir un meilleur appétit. Ils burent un soda chacun sans finir leur repas puis jetèrent les restes à la poubelle.

Il était encore tôt et Castiel n'avait pas réellement sommeil. Il alluma donc la télé avant de prendre place sur le lit le plus loin de la porte. Il savait que Dean préférait dormir près de la sortie. C'était quelque chose qu'il faisait probablement sans réellement s'en rendre compte. Une sorte de réflexe qu'il avait acquis durant l'année qu'il avait passé à fuir Alastair et ses hommes. Il se sentait mieux en se sachant proche d'une issue. Et il semblait vouloir se mettre entre Castiel et le danger potentiel si toutefois ils étaient attaqués.

Le jeune homme prit son arme dans son sac avant de la placer sous son oreiller puis s'installa à son tour sur son lit. Il appuya son dos contre le mur derrière lui et étendit ses jambes devant lui. Il était toujours en boxer mais ne semblait pas avoir envie de s'habiller. Castiel se força à ne pas le regarder trop longuement, conscient qu'il risquait de le mettre en colère. Il se concentra à la place sur l'épisode des Simpsons qui était diffusé sur la chaîne choisie. Il sourit à certaines répliques. Il n'avait pas réellement le cœur à rire. La situation était grave et il le savait parfaitement.

Ils regardèrent plusieurs épisodes sans parler avant que Dean ne finisse par briser le silence.

- Tu ne te demandes jamais ce qui aurait pu arriver si toutefois tu n'avais pas quitté la maison de tes parents ?

Castiel fut surpris par la question. Il se tourna vers le jeune homme en fronçant les sourcils. Il s'était effectivement plusieurs fois demandé ce que sa vie serait devenue s'il s'en était tenu au plan que ses parents avaient établi pour lui. Il serait probablement en train d'étudier dans une école prestigieuse. Il serait sur la route pour devenir médecin. Il serait sans nul doute également malheureux comme les pierres. Mais il ne serait pas en danger de mort. Il finit par hausser les épaules.

- Parfois oui, concéda t-il sans entrer plus dans les détails.

Dean hocha alors la tête et se passa une main sur le visage.

- Je me demande souvent ce que je serais devenu si je n'avais pas rencontré Gordon, confia t-il.

Castiel savait que le jeune homme avait été à l'origine de tous les problèmes que son ami avait rencontrés par la suite. Il avait déclenché une réaction en chaîne terrifiante en l'incitant à voler cette voiture. En le séduisant uniquement pour coucher avec lui et l'abandonner à son sort ensuite. Gordon Walker avait conduit Dean à sa perte. Sans lui, le jeune homme aurait pu avoir la vie qu'il méritait d'avoir.

- Je crois que j'aurais aimé devenir mécanicien. Ce n'est pas aussi prestigieux que la carrière à laquelle tu étais destiné mais je suis presque sûr que j'aurais été doué dans mon domaine. Bobby m'aurait probablement aidé. J'aurais pu avoir mon propre garage un jour … travailler pour mon compte et avoir des employés sous mes ordres. Ca aurait été cool.

Castiel savait que Dean aimait travailler sur les moteurs des voitures. Il aimait avoir les mains dans le cambouis et chercher les raisons d'une panne en démontant un véhicule pièces par pièces. Il était presque sûr qu'il aurait été brillant dans ce domaine. Il sourit faiblement au jeune homme.

- Tu pourras toujours faire une formation dans ce sens quand tout sera fini. Tu n'es pas trop vieux pour obtenir tes diplômes.

Dean soupira longuement avant de jeter un coup d'oeil à la porte de la chambre, sans nul doute pour échapper au regard de Castiel.

- Je n'ai même pas fini le lycée. Je doute de pouvoir entamer une quelconque formation sans diplôme.

- Tu pourrais obtenir ton GED une fois installé quelque part. Tu n'es pas stupide Dean. Tu es jeune et tu as toute la vie devant toi pour rattraper le temps perdu, protesta aussitôt Castiel.

Dean ricana alors une seconde et son ami comprit qu'il s'était trompé sur ce qui freinait le jeune homme. Ce n'était pas une question d'intelligence ou de peur de ne pas obtenir un quelconque diplôme lui ouvrant les portes de l'éducation supérieure. C'était pire que tout ça. Dean ne croyait pas sortir vivant de cette histoire. Il ne pensait pas réellement avoir une chance de survivre et il refusait d'envisager un issue positive. Il avait perdu espoir. Sa rencontre avec Sam semblait l'avoir bouleversé plus encore que Castiel ne l'avait pensé.

- Dean, tu vas t'en sortir, assura t-il alors.

Le jeune homme secoua la tête, visiblement convaincu du contraire puis remonta ses genoux contre son torse pour les entourer de ses bras. Il paraissait brutalement si petit et si fragile dans son lit que Castiel ne résista pas à son besoin de le rejoindre et de prendre place à côté de lui. Il passa un bras autour de ses épaules mais ne l'attira pas à lui. Dean n'était pas prêt.

- Je ferais tout ce qui est en mon pouvoir pour que tu t'en sortes … je n'ai pas l'intention de te laisser tomber … pas tant que tu ne seras pas en sécurité quelque part. Et je peux te garantir que tu auras tout ce dont tu as pu rêver quand tu étais plus jeune … il te faut juste mettre toute cette histoire derrière toi.

Castiel savait bien qu'il s'agissait d'une promesse en l'air. Il était sincère quand il jurait au jeune homme qu'il ne comptait pas le laisser tomber. Mais il ne pouvait pas lui garantir qu'ils s'en sortiraient. Alastair était plus fort et plus puissant qu'eux. Il y avait de fortes chances qu'ils se fassent tuer. Mais contrairement à son ami, Castiel gardait espoir. Il voulait croire en leur avenir et plus particulièrement en celui de Dean.

- Tu ne peux pas me garantir que je vais vivre … pas plus que je ne peux t'assurer que tu ne seras pas tué en court de route, rappela Dean froidement.

Castiel hocha la tête parce que son ami avait raison. Il ne pouvait effectivement pas lui faire ce genre de promesses. Mais il ne comptait pas se laisser décourager pour autant.

- Peut être pas, admit il. Mais je peux te promettre d'essayer.

Dean hocha alors vaguement la tête puis se pencha vers Castiel jusqu'à ce que son visage soit posée sur son épaule. Ce n'était pas quelque chose qu'il faisait naturellement ou facilement. Et il était évident qu'il n'était pas forcément très à l'aise à l'idée de chercher du réconfort dans les bras de son ami. Mais Castiel était heureux qu'il le fasse. Il était content de voir que la confiance entre eux le lui permettait. Il avait au moins autant besoin de ce contact que Dean. Ils étaient seuls face à toute une armée. Ils devaient se battre contre des hommes plus entraînés qu'eux. Ils avaient besoin l'un de l'autre pour survivre. Castiel attira un peu plus encore le jeune homme à lui jusqu'à ce que Dean referme son bras autour de sa taille et se tourne vers lui, tournant partiellement le dos à la télévision.

- Je ne suis certainement pas la personne la plus qualifiée qui soit pour ce genre de choses mais je suis déterminé et je suis capable de tout pour les gens que j'aime. Et je t'aime toi. Ils auraient tort de me sous estimer, confia t-il.

Dean avait une main posée sur son flanc et sa paume semblait incroyablement chaude contre sa peau nue. Il ne se laissa pas distraire pour autant et resta concentré sur le jeune homme et sur son besoin évident de réconfort et de soutien.

- Tu sais que … tu sais que je ne peux pas … avança Dean.

Castiel hocha alors la tête, comprenant parfaitement ce que son ami cherchait à lui dire sans qu'il ait besoin de mettre des mots sur ce qu'il ressentait. Il ne pouvait pas lui dire qu'il l'aimait aussi. Il ne pouvait pas l'aimer tout court. Parce qu'il avait encore des sentiments pour Benny. Parce qu'il ne savait pas comment faire pour les oublier et se concentrer sur quelqu'un d'autre. Surtout parce que d'une manière ou d'une autre, ils seraient bientôt séparés. Par la distance ou la mort. Ils n'avaient aucune chance d'explorer leur relation.

- Je sais Dean et je ne te demande rien, assura t-il.

Il se pencha ensuite pour déposer un baiser sur le sommet du crâne du jeune homme. Il sentit alors les lèvres de ce dernier se poser dans son cou. Ce n'était pas à proprement parlé un baiser. Mais c'était un geste intime. Un geste destiné à lui faire comprendre qu'il lui était reconnaissant pour tout ce qu'il faisait pour lui. Castiel sentit son cœur s'emballer. Dean n'était pas forcément doué pour mettre des mots sur ce qu'il ressentait. Mais il savait parfaitement comment exprimer ses émotions par les gestes.

- Castiel … j'ai besoin … je ne sais pas pourquoi tu fais ça … mais j'ai besoin de toi. Je veux que tu me jures de rester avec moi jusqu'à la fin. Je ne crois pas que je pourrais faire quoi que ce soit si tu m'abandonnais maintenant. Et je sais que tu m'as juré d'être là mais … je ne peux pas m'empêcher de penser que je vais me réveiller un matin et que tu ne seras pas dans ton lit … que tes affaires auront disparus … je ne veux pas que tu partes … j'ai besoin de toi, confia Dean en reculant sensiblement son visage du cou de son ami.

Castiel sentit sa gorge se nouer devant la fragilité et la vulnérabilité de son ami. Il pouvait faire toutes les promesses qu'il voulait. Cela ne suffirait jamais à rassurer le jeune homme. Il n'était pas prêt à les accepter même s'il en avait terriblement besoin. Il avait vécu les pires horreurs et les avait affrontées seul. Benny lui avait été arraché. Il ne connaissait rien d'autre que la solitude. Tout l'amour que Castiel avait pour lui ne suffisait pas. Ses paroles n'étaient pas suffisantes. Le jeune homme avait besoin de preuves. Castiel ne savait pas comment les lui donner.

- Dean, je suis là … je t'aime. Je ne vais pas partir, répéta t-il une énième fois.

Le jeune homme laissa à nouveau ses lèvres glisser dans son cou et Castiel sentit un frisson lui parcourir la colonne vertébrale.

- Prouve le moi alors … j'ai besoin que tu me le prouves … souffla Dean contre sa peau.

Castiel savait exactement ce que cela signifiait. Il ne s'était pas trompé. Son ami avait besoin de plus que de quelques mots, même s'ils étaient sincères et même s'ils étaient vrais. Il ne savait pas comment gérer ses émotions ou celles des autres. Il ne savait pas comment les accepter. Il avait toujours pris ce qu'on lui faisait subir ou ce qu'on lui donnait pour preuves de ce qu'il valait. Benny lui avait prouvé ses sentiments pour lui en acceptant de faire l'amour avec lui malgré les blessures, les cicatrices et la connaissance de ce qu'Alastair continuait de lui faire dès qu'ils étaient seuls. Il avait cru en ses sentiments quand il avait agi dans ce sens. Et Castiel pouvait continuer de lui dire qu'il l'aimait jusqu'à la fin des temps, il refuserait de le croire. Il devait le lui prouver. Ce n'était pas une bonne idée. Ce n'était définitivement pas le bon moment. Mais le jeune homme avait besoin de retrouver espoir. D'être persuadé que Castiel ne l'abandonnerait pas malgré tout ce qu'il avait subi et enduré. Il était prêt à lui donner ce dont il avait besoin. Même si cela risquait de lui briser le cœur ensuite. Il devait faire passer les besoins de Dean avant les siens pour le moment. Il hocha donc la tête et laissa le jeune homme s'écarter de lui.

- Reste avec moi cette nuit Cas … montre moi que tu m'aimes … montre moi que tu te fiches de tout le reste.

« Tout le reste » englobait le passé criminel de Dean et les multiples viols qu'il avait subi. Il englobait les cicatrices, les blessures et la prison. Castiel devait lui prouver qu'il voulait le prendre tel qu'il était. Qu'il n'était pas dégoûté par lui et qu'il ne le serait jamais.

- Ok, accepta t-il alors.

Dean approcha son visage du sien et quand leurs lèvres se frôlèrent, Castiel posa ses mains à l'arrière du crâne du jeune homme pour l'attirer un peu plus à lui. Leur baiser resta chaste quelques secondes. Rien de plus que la pression de leurs lèvres les unes contre les autres. Mais rapidement, Dean appuya sa langue contre la bouche de Castiel et ce dernier l'ouvrit sans hésiter. Il ferma ensuite les yeux pour apprécier le contact et laissa l'odeur du jeune homme envahir ses narines. Ils s'embrassèrent ainsi durant de longues secondes. Ce n'était pas leur premier baiser. Mais celui ci était différent des autres. Il avait une signification plus importante pour eux deux. Jusqu'à là, leurs ébats n'avaient eu pour but que de relâcher un peu de pression et de se sentir bien. Cette fois, il était question de se prouver quelque chose. De confirmer les sentiments que Castiel avait et qu'il ne parvenait pas à faire comprendre au jeune homme. Il s'agissait de lui donner une preuve définitive. Il n'avait pas le droit à l'erreur. Quand ils durent se séparer pour reprendre leurs respirations, Castiel rouvrit les yeux et les posa sur les lèvres rougies et sensiblement enflées de son ami. Il le regarda ensuite dans les yeux. Ses pupilles étaient légèrement dilatées et engloutissaient peu à peu le vert qui les entourait. Castiel trouva tellement de fragilité dans les yeux de son ami qu'il eut envie de pleurer. Mais il ravala son chagrin et manœuvra le jeune homme jusqu'à ce qu'il soit allongé sur le dos. Il se plaça ensuite à côté de lui pour ne pas reposer de tout son poids sur ses côtes et l'embrassa à nouveau. Les mains de Dean se posèrent alors dans son dos et il les sentit glisser le long de sa colonne vertébrale, électrifiant sa peau au passage. Castiel n'aurait pas su dire combien de temps ils s'embrassèrent sans aller plus loin mais quand son ami souleva les hanches pour qu'il sente son érection appuyer contre ses hanches, il sut qu'il était temps de passer à l'étape suivante. Il recula son visage et déposa des baisers dans le cou du jeune homme. Il recula ensuite sur le lit pour faire glisser ses lèvres sur les blessures qui tordaient la peau du torse de Dean. Ce dernier posa aussitôt ses mains à l'arrière de son crâne, sans nul doute pour l'arrêter. Ou par réflexe. Castiel n'aurait pas su dire. Il continua de les embrasser avant d'entamer une descente le long de ses pectoraux. Il laissa sa langue jouer une seconde avec le piercing que Dean avait en travers de son téton puis l'embrassa le long du sternum. Il dessina quelques cicatrices du bout des lèvres. Il aurait aimé pouvoir les effacer. Il aurait aimé pouvoir guérir le jeune homme aussi bien physiquement qu'émotionnellement. Il savait pourtant qu'il n'en aurait jamais l'occasion. Pas dans un temps aussi court. Il devait se contenter de lui apporter un peu de réconfort et d'amour pendant qu'ils étaient encore ensemble et prier pour que cela suffise.

Quand il eut atteint le ventre de Dean, il joua avec son nombril du bout de sa langue en attrapant le rebord de son boxer du bout des doigts. Il leva ensuite les yeux vers son ami pour s'assurer qu'il pouvait continuer. Ses iris avaient entièrement disparus à présent, absorbés par ses pupilles dilatées. Il avait les joues rouges et la bouche légèrement entrouverte. Il lui adressa un signe de la tête et Castiel le prit pour l'accord dont il avait besoin. Il baissa le boxer de Dean le long de ses jambes avant de se redresser pour le lui retirer. Il fit son maximum pour ne pas mettre trop de pression sur son épaule blessée. Il ne voulait surtout pas arracher ses sutures et risquer de ruiner le moment qu'ils partageaient. Il savait que ce qu'ils s'apprêtaient à faire était important. Essentiel pour la suite.

Il jeta le boxer de Dean par terre puis l'embrassa sur le dessus d'un pied avant de remonter lentement le long de sa jambe. Il évita son sexe tendu et se concentra sur les os de ses hanches puis à nouveau sur son torse jusqu'à atteindre son cou. Il colla ensuite ses lèvres contre celles du jeune homme et l'embrassa avec passion en caressant ses cicatrices du bout des doigts. Quand il sentit ceux de Dean se glisser sous l'élastique de son pantalon de survêtement, il comprit qu'il était temps pour lui de se déshabiller à son tour. Il recula alors et retira son pantalon en même temps que son caleçon. Quand il fut nu, il se rallongea à côté de Dean et déposa des baisers sur son front, ses sourcils, son nez, ses joues et son menton. Il l'embrassa ensuite une nouvelle fois sur les lèvres alors que l'une de ses mains jouait avec son piercing.

- Cas, murmura Dean contre sa bouche.

Castiel hocha la tête avant de faire glisser ses ongles le long du torse du jeune homme pour lui donner ce qu'il voulait. Ce dont il avait besoin. Il savait que Dean n'aimait pas qu'on se montre particulièrement tendre avec lui. Et même si Castiel était novice en la matière, il était prêt à faire le nécessaire pour procurer le maximum de plaisir à son partenaire.

- Je sais Dean, je sais, assura t-il.

Et c'était l'entière vérité. Car il savait exactement ce que le jeune homme lui demandait. Il avait besoin que Castiel le comprenne et sache ce dont il avait besoin. Le sexe était une preuve mais Castiel devait s'adapter à son compagnon. Il ne devait pas se comporter comme avec les autres hommes avec qui il avait fait l'amour. Dean était différent. Il était plus important. Il comptait plus. Il n'était pas question de tendresse et de douceur. Même si Castiel avait envie de laisser libre court à ses sentiments et embrasser chacune des parties du corps du jeune homme avec révérence. Il devait se montrer plus rude avec lui. Le dominer comme il le souhaitait tout en lui montrant ce qu'il ressentait. C'était un exercice nouveau pour Castiel. Un exercice périlleux. Mais il comptait bien mener sa mission à bien. Il attrapa alors les épaules du jeune homme pour la garder plaqué contre le lit puis s'installa entre ses jambes. Il s'agenouilla pour ne pas s'appuyer contre son torse avant de le saisir par les cuisses pour les écarter. Dean gémit alors et posa ses pieds sur le matelas en laissant retomber ses genoux à l'extérieur. Il s'exposait à Castiel sans retenue. Parce que c'était un territoire qu'il connaissait. Quelque chose qu'il avait du faire des centaines de fois pour Alastair. Castiel sentit alors son cœur se briser en songeant qu'il n'agissait pas différemment du bourreau de son ami. Mais derrière ses gestes, il y avait de l'amour et de la considération. Quelque chose qu'Alastair n'avait jamais ressenti. Il n'y avait aucun sentiment de possession ou volonté de rabaisser le jeune homme. Et cela devait faire la différence. Castiel avait besoin que Dean le comprenne. Il plongea son regard dans celui du jeune homme et lui adressa un sourire.

- Je sais ce dont tu as besoin, jura t-il ensuite.

Il porta un doigt à sa bouche et l'humidifia du mieux qu'il le pouvait. Ce n'était pas l'idéal comme lubrifiant mais c'était tout ce qu'ils avaient à disposition. Et Castiel savait que Dean refuserait catégoriquement qu'il le prépare correctement. Il avait besoin de sentir les choses. La douleur lui permettait de se concentrer sur ce qui se passait. De garder contact avec la réalité et de ne pas s'évader une fois de plus quelque part dans sa tête. Quelque part où Castiel ne pouvait plus l'atteindre. Ca rendait les choses vraies.

Le jeune homme gémit une nouvelle fois quand Castiel fit pénétrer un doigt en lui. Le muscle autour de sa phalange se contracta aussitôt, rendant ses mouvements compliqués. Il se força pourtant à le pousser en avant malgré les grognements de Dean. Il entama un mouvement de piston qui était trop violent à son goût mais qui semblait parfaitement satisfaire son partenaire. Dean écarta un peu plus encore les jambes alors que Castiel ajouta un deuxième doigt. Le passage était étroit et le muscle se refermait systématiquement autour de ses phalanges rendant les choses plus compliquées qu'il ne l'aurait souhaité. Mais Dean avait les yeux fermés et la bouche ouverte et son érection semblait plus forte encore, pressée contre son ventre. Castiel accéléra le mouvement de ses doigts, les écartant pour approfondir la préparation. Il ajouta un troisième doigt après quelques secondes et se pencha pour faire glisser sa langue le long du sexe du jeune homme. Ce geste lui arracha un nouveau gémissement qui conforta Castiel dans ce qu'il faisait. Il retira ensuite ses doigts de Dean puis lui attrapa les jambes. Il en posa une sur son épaule valide et enroula la seconde autour de sa taille. Il guida ensuite son sexe pour se mettre en position et sans attendre une seconde de plus poussa les hanches en avant. Dean n'était pas suffisamment préparé et sans lubrifiant, la pénétration était probablement douloureuse. Mais Castiel savait qu'il avait bien fait de ne pas ajouter de salive pour faciliter les choses. Dean cria violemment quand il entra en lui et attrapa la tête de lit avec ses deux mains. Les hématomes et les cicatrices sur son torse semblaient narguer Castiel, lui rappelant combien de fois le jeune homme avait failli mourir et la chance qu'il avait eu de ne pas mourir plus tôt. Il avait envie de détourner les yeux mais il savait que son partenaire ne le comprendrait pas. Il traduirait ce geste comme une marque de dégoût de la part de Castiel. Ce qui n'était évident pas le cas. Castiel n'avait que l'admiration pour Dean. Que de l'amour et de l'affection.

- Comme ça … juste … comme ça, exigea le jeune homme quand Castiel recula ses hanches avant de les propulser violemment en avant.

Il imprima un rythme rapide presque aussitôt, ne laissant pas à son ami le temps de s'habituer à l'intrusion. La position n'était pas idéale et il ne pouvait pas capturer les lèvres de Dean avec les siennes comme il l'aurait voulu sans appuyer contre ses côtes douloureuses. Mais c'était sans nul doute mieux ainsi. Un baiser n'aurait pas été le bienvenue pour le jeune homme. Ce n'était pas ce dont il avait besoin à cet instant précis. Castiel continua à la place d'aller et venir en lui avec rapidité et violence, lui arrachant des gémissements et des cris qui l'encourageaient. Les sensations étaient fortes pour lui aussi. Il n'avait jamais rien connu de tel. Il n'aimait pas se montrer brutal mais il avait rêvé de ce moment des dizaines de fois depuis qu'il avait rencontré Dean. Et malgré le danger qui planait au dessus de leur tête, c'était parfait. L'odeur du jeune homme était imprimé dans ses narines. Les sensations de son corps agrippant son sexe lui faisaient tourner la tête. Il pouvait déjà sentir les premiers signes de son orgasme dans le bas de son ventre et dans son dos. Il accéléra alors le rythme de ses hanches. Le bruit de sa peau heurtant celle du jeune homme avait quelque chose d'incroyablement érotique. Les cris de Dean était comme de la musique à ses oreilles. Il avait la sensation d'être exactement là où il devait être. C'était comme s'il avait enfin trouvé sa place dans ce monde. Sa vie n'avait pas eu de sens jusque là. Et même s'ils ne devaient plus jamais faire l'amour, même s'ils allaient devoir se séparer d'ici peu, Castiel savait qu'il ne regretterait jamais d'avoir donné à son partenaire ce qu'il attendait de lui. C'était une expérience qu'il ne pourrait jamais oublier. Il garda ses yeux rivés sur Dean, se délectant du plaisir qui déformait les traits de son visage. Il attrapa alors son piercing avec sa main et tira sensiblement dessus. Il aurait aimé pouvoir le caresser également ou attraper son sexe pour le masturber en même temps qu'il allait et venait en lui mais son deuxième bras n'était pas opérationnel et il dut se contenter de jouer avec le petit anneau en argent qu'il avait entre ses doigts. Dean accompagnait à présent ses mouvements en soulevant les hanches. Il gémit une énième fois avant de se tendre brusquement et de jouir violemment. Castiel fut surpris de le voir lâcher prise sans qu'il ait besoin de le toucher et ne put se retenir plus longtemps. Il se répandit à l'intérieur du jeune homme pendant de longues secondes avant de sentir ses muscles faiblir. Il eut la présence d'esprit de se laisser tomber sur le côté et non en avant. Il heurta le matelas avec un gémissement quand son épaule protesta. Mais il ne sentait pas réellement la douleur. Son orgasme avait été suffisamment fort pour emplir son corps d'endorphine et atténuer le reste. Il avait la respiration saccadée et son cœur battait dans ses tempes et dans son cou. Il avait besoin de quelques minutes pour retrouver ses esprits. Mais quand il y parvint, il se redressa aussitôt pour jeter un coup d'oeil à Dean. Il avait les yeux fermés et la respiration courte. Son corps entier était recouvert de sueur. Il paraissait apaisé. Castiel s'allongea alors à côté de lui et posa une main sur son ventre.

- Dean ? L'appela t-il doucement.

Le jeune homme rouvrit les yeux pour le regarder. Il semblait totalement épuisé mais également un peu mieux que quelques minutes plus tôt. Castiel fut surpris de voir des larmes se former et couler doucement le long de ses joues. Il ne put s'empêcher de se demander ce qu'il avait fait pour le rendre triste avant de réaliser que le jeune homme souriait également.

- Je ne comprends pas ce que … ce qui se passe à l'intérieur de moi … ici, expliqua Dean d'une voix faible en posant une main sur son cœur.

Castiel le regarda avec tendresse et retira sa main de son ventre pour essuyer ses joues.

- J'aimerais pouvoir tout contrôler Cas … j'aimerais reprendre le contrôle … mais à chaque fois tu … c'est comme si tu t'étais insinué derrière mes défenses et que tu y avais fait ta place jour après jour. La seule personne à avoir accompli ce miracle avant toi était Benny.

C'était une déclaration qui toucha Castiel plus encore que si son ami lui avait avoué être amoureux de lui. Il savait qu'il n'était pas question d'amour pour le jeune homme. Il n'était pas prêt pour ce genre de choses. Mais il y avait quelque chose entre eux. Quelque chose de fort. Et c'était tout ce que Dean pouvait lui offrir. C'était déjà beaucoup.

- Tu es exactement ce dont j'avais besoin … et même si … même si c'est pour un court instant, je réalise à présent que tu es ce dont je rêvais sans réellement le savoir. Je ne sais pas si ce que je dis à un sens pour toi mais … ça en a pour moi.

Castiel hocha alors lentement la tête, désireux de faire savoir à Dean qu'il le comprenait.

- Bien sûr que ça en a un, confirma t-il.

Le sourire de Dean s'élargit alors que les larmes cessaient de couler sur ses joues. Castiel se pencha alors vers lui pour déposer un baiser rapide sur sa bouche. Il appuya ensuite son front contre celui du jeune homme et ferma les yeux.

- Tu veux bien dormir avec moi cette nuit ? J'aimerais que tu … j'aimerais que tu me serres contre toi, souffla Dean.

Castiel était incapable de lui refuser quoi que ce soit et il aimait lui aussi l'idée de dormir serré contre lui. Il recula le visage puis attira le jeune homme à lui jusqu'à ce qu'il pose sa tête sur son torse. Ainsi installé sur le dos, son épaule était moins douloureuse. Il glissa sa main dans le cheveux de Dean puis entre ses omoplates.

- Je te crois tu sais, confia alors le jeune homme.

Castiel sourit faiblement, content d'avoir réussi à faire passer son message au jeune homme.

- Je ne comprends pas pourquoi mais je te crois, ajouta ce dernier après quelques secondes.

C'était un début. Castiel doutait de pouvoir obtenir quoi que ce soit de plus concret avec le peu de temps qu'il leur restait. Il allait devoir se contenter de la certitude que ses sentiments ne faisaient plus aucun doute pour le jeune homme. Même s'il aurait également aimé pouvoir travailler sur le manque d'estime dont son ami souffrait toujours. Ce serait le travail de quelqu'un d'autre. Il ne doutait que Dean finirait par rencontrer quelqu'un qui serait capable de lui faire prendre confiance en lui même. Quelqu'un qui l'aimerait suffisamment pour chasser ses doutes et le faire s'ouvrir à lui. Il aurait aimé être cette personne mais il savait que c'était impossible.

- Merci pour tout Cas, murmura alors Dean, brisant une nouvelle fois le silence.

Castiel tourna la tête pour l'embrasser une nouvelle fois sur le sommet du crâne. Il ferma ensuite les yeux et se concentra sur le poids de la tête du jeune homme contre son torse. Il savait combien leur situation était dangereuse et il était conscient de la chance qu'il avait d'avoir son ami contre lui. Il ne savait pas ce dont leur avenir était fait mais il aimait sentir le corps de Dean contre le sien. Cela rendait les choses concrètes et réelles. Même si son cœur se brisait peu à peu à l'approche de l'échéance qui les attendait tous les deux.

- Bonne nuit, ajouta finalement Dean d'une voix ensommeillée.

- Bonne nuit, répondit Castiel en souriant faiblement.

Ils n'avaient pas besoin de parler de ce qui venait de se passer. Pas besoin de mettre des mots sur ce qu'ils avaient fait. Ils en connaissaient l'importance tous les deux. Il en connaissaient aussi les conséquences. Il était inutile de se voiler la face ou de se mentir sur ce qui arriverait ensuite. Le sexe avait été un moyen de se rassurer et de se prouver qu'ils étaient là l'un pour l'autre. Il n'y aurait rien de plus. Il était évident que l'amour que Castiel avait pour Dean ne suffisait pas. Les sentiments du jeune homme étaient encore trop vagues et n'avaient pas réellement d'importance dans leur situation. Ce n'était pas une relation normale qui pourrait évoluer avec le temps. Ils avaient précipité les choses parce qu'ils n'avaient pas le choix. Ce n'était pas pour autant comme une histoire sans lendemain ou comme ces coups d'un soir qui avaient poussé Castiel à se sentir vide et plus seul encore quand il y avait eu recours. Il y avait quelque chose d'autre entre Dean et lui. Le sexe n'était pas que du sexe. C'était une preuve de confiance. Une main tendue et une promesse faite contre le corps de Dean. Celle d'être là quand le soleil se lèverait et pendant tout le temps dont ils auraient besoin pour régler cette histoire. C'était une preuve que Castiel se fichait de tout ce que Dean avait pu faire ou endurer. Qu'il ne le voyait pas uniquement comme une victime ou comme un coupable. Il le voyait comme un homme incroyablement courageux et fort. Un homme que le destin n'avait pas épargné et qui continuait d'avancer malgré tout ce qui le tirait perpétuellement en arrière. Ce n'était pas que du sexe loin de là.

Castiel glissa sa main le long de la colonne vertébrale de Dean. Il pouvait sentir ses cicatrices sous ses doigts. Il aurait presque pu les dessiner de mémoire à présent. Elles continuaient de le hanter la nuit et de lui briser le cœur quand il était éveillé. Elles ne disparaitraient jamais. Mais Dean devait apprendre à les accepter. Il ne devait plus en avoir honte. Castiel espérait qu'il finirait par les voir comme lui les voyaient. Comme la preuve qu'il s'était battu suffisamment fort pour s'échapper et survivre. Elles n'étaient pas hideuses comme le jeune homme semblait le penser. Bien au contraire. Même si elles déformaient sa peau, elles étaient magnifiques aux yeux de Castiel. Elles prouvaient à quiconque ne connaissait pas le jeune homme qu'il aurait pu mourir et qu'ils avaient de la chance de le connaître. Elles étaient le témoignage d'une vie difficile.

Castiel inhala une nouvelle fois le parfum de Dean. Il sentait la sueur et le tabac. Son corps était chaud et ferme contre le flanc de Castiel. Il aurait facilement pu imaginer passer sa vie avec le jeune homme dans ses bras. Il aurait aimé pouvoir le serrer contre lui jusqu'à ce qu'ils soient vieux et trop faibles pour faire quoi que ce soit d'autre. Ca resterait un rêve bien sûr. Mais pour le moment, Castiel en avait besoin pour ne pas devenir complètement fou. Il savait qu'il se berçait de douces illusions. Leur séparation était inévitable. Et Castiel souffrirait atrocement. Il n'en doutait pas une seule seconde. Il aurait le cœur brisé et verserait probablement de très nombreuses larmes. Il savait toutefois qu'il ne regretterait jamais ce qu'il avait fait jusque là. Il ne regretterait jamais d'avoir rencontré cet homme extraordinaire qui était pressé contre lui. Comment l'aurait il pu ? Peu importait le risque et le danger auxquels il devait faire face. Peu importait Alastair et ses hommes. Il avait eu la chance de partager un bout de chemin avec un homme extraordinaire qui lui avait appris énormément de choses sur la vie en générale et sur lui en particulier. Il lui avait appris à quel point la vie était fragile. A quel point elle ne tenait qu'à un fil. Et à quel point l'Homme pouvait être cruel sans raison apparente. Il avait appris également qu'il était plus fort et plus courageux qu'il ne l'aurait cru en quittant la maison de ses parents. Ca n'avait pas de prix. Castiel le savait et ne l'oublierait jamais. Et ce fut avec certitude réconfortante qu'il se laissa aller au sommeil, le bruit de la respiration de Dean le berçant doucement et chassant la peur qui nouait son estomac à chaque fois qu'il pensait à leur future séparation.