Bonjour,
Nouveau chapitre de cette histoire. J'espère qu'il vous plaira. Attention, il contient une scène à caractère sexuel.
Mille fois merci de m'être fidèles !
Bonne lecture,
Sydney8201
Musique du chapitre :
Simple man de Lynyrd Skynyrd
Chapitre 27 : Dernier arrêt
« Qui a péché sans fin souffre sans fin aussi. »
Theodore Agrippa d'Aubigné
Presque sept heures après le coup de fil d'Alastair, Castiel et Dean approchaient enfin de Lawrence au Kansas. La tension était palpable dans la voiture. Ils étaient dans les temps et disposaient encore de deux heures avant la fin de l'ultimatum posé par le bourreau du jeune homme. Ils n'avaient pas réellement parlé dans la voiture. Dean avait pris le volant, déterminé à conduire jusqu'à leur destination. Castiel l'avait laissé faire, convaincu qu'il ne servait à rien de s'opposer à son ami.
Ils avaient seulement échangé quelques mots quand c'était absolument nécessaire. Castiel aurait aimé pouvoir trouver des choses à dire. Il savait que le temps leur était compté et qu'il n'avait pas tout dit à Dean. Mais il ne trouvait pas les bons mots. Et il doutait que son ami l'écouterait. Il s'était entièrement refermé sur lui même. Il avait la même expression sur le visage que le jour où ils avaient été capturé par Alastair. Castiel nota mentalement qu'il n'existait pas seulement deux facettes chez le jeune homme. Cette troisième partie de lui même ne lui plaisait pas plus que celle qu'il avait affronté quand ils avaient du soutirer des informations à Franck. Dean était là physiquement à côté de lui mais il n'était pas là mentalement. Il s'était réfugié quelque part à l'intérieur de lui même. Personne ne pouvait plus l'atteindre. Pas même Castiel.
C'était un mécanisme de défense. Dean ne cherchait pas à le mettre de côté ou à le rejeter. Il voulait se protéger en vue de ce qu'il allait avoir à affronter. Il redevenait le garçon qu'Alastair avait torturé et tenté de modeler à son image. Il se fermait à toutes émotions et toutes sensations extérieures pour ne pas ressentir la moindre douleur ou la moindre souffrance. Il était prêt à affronter son bourreau.
Castiel aurait aimé pouvoir passer ces dernières heures avec le Dean qu'il aimait. Mais il supposait que c'était mieux ainsi. Il serait bientôt séparé du jeune homme et il allait devoir faire face à la solitude et à une grande douleur lui aussi. Il préférait de loin que la séparation se soit faite sur un parking quelques heures plus tôt et non pas face à Alastair. Ce serait lui donner satisfaction.
Castiel avait eu sept heures pour s'habituer à l'idée qu'il avait perdu l'homme qu'il aimait. S'il mettait de côté tout le reste, il pouvait presque imaginer que leurs adieux avaient eu lieu au Texas et que le jeune homme à côté de lui était un étranger que Castiel accompagnait jusqu'à sa destination finale. Ca ne marchait pas longtemps bien sûr. Il devrait faire son deuil quand tout serait fini. Il savait d'ors et déjà que ce ne serait pas simple.
Ils ne s'étaient arrêtés qu'une fois durant leur voyage. Ils n'avaient pris que quelques minutes pour soulager leurs muscles et utiliser les toilettes d'une autre station service. Ils n'avaient pas parlé. N'avaient surtout pas évoqué le compte à rebours qui s'était déclenché pour eux à leur départ du Texas. C'était sans doute mieux ainsi. Ils ne pouvaient rien faire d'autre.
Durant ces longues heures sur la route, Castiel avait imaginé tous les scénarios. Des plus optimistes au plus pessimistes. Il s'était imaginé en héros parvenant à tuer Alastair et à sauver Dean et Sam. Il avait imaginé qu'Henriksen débarquait sur place pour arrêter ce monstre. Mais aucun ne lui semblait réellement plausible. L'agent du FBI n'avait pas été mis au courant de ce qui se passait et Castiel savait parfaitement qu'il n'avait rien d'un héros. Dean allait se rendre à Alastair. Sam serait relâché. Castiel et lui seraient marqués à vie par le sacrifice du jeune homme. Et rien ne serait plus jamais comme avant.
Le plus dur serait probablement de ne pas savoir ce qu'il adviendrait de son ami après leur départ. Il avait une vague idée du traitement qu'Alastair lui réserverait. Il le torturerait sans doute. Le violerait à nouveau. Lui ferait payer son départ et l'affront qu'il lui avait fait en s'échappant deux fois. Mais Castiel ne saurait jamais si Dean avait fini par être tué de la main de son bourreau. Ou s'il avait finalement choisi de mettre un terme à ses souffrances comme il l'avait évoqué. Il n'avait plus réellement de raison de vivre. Et Castiel savait que son ami ne supporterait pas de rester entre les mains d'Alastair jusqu'à la fin de ses jours.
Il lirait peut être son nom un jour dans le journal dans la colonne des fais divers. Les gens ne s'émouvraient probablement pas de la mort d'un jeune homme visiblement impliqué dans une organisation criminelle. On n'en parlerait pas à la télévision. Personne ne saurait jamais quel garçon extraordinaire Dean était. Personne ne parlerait de son sacrifice. De sa détermination à sauver son frère. On ne le traiterait jamais comme le héros qu'il était. Castiel savait que cela serait dur à supporter pour lui et pour Sam.
Quand ils aperçurent les premiers panneaux indiquant leur approche de leur destination, Castiel sentit sa gorge se nouer et les larmes lui monter aux yeux. Il aurait du quitter Dean sur le parking à Dallas. Il aurait du refuser de l'accompagner jusqu'au bout. Il s'était cru suffisamment fort pour supporter la séparation. Il avait eu tort. Il n'était pas courageux. Il n'était pas l'homme qu'il pensait être. Il était terrifié. Dean méritait d'avoir un ami capable de le soutenir jusqu'au bout. Malheureusement pour lui, il n'avait que Castiel. Et c'était loin d'être suffisant.
La nuit était tombée à présent. La lune brillait dans le ciel au dessus de leur tête et le ciel était en tout point magnifique. Mais Castiel ne trouvait rien de beau à ce qu'il voyait. Il savait aujourd'hui ce qui se cachait dans l'obscurité. Il savait les monstres qui l'utilisaient pour briser le destin de personnes innocentes. Cette nuit avait un goût de mort et de souffrance. Elle ressemblait à la fin de tout. Au néant. A l'apocalypse. C'était la fin du monde pour Castiel et pour Dean. Probablement pour Sam également.
Quand le jeune homme s'engagea sur une route peu de temps avant d'atteindre les abords de Lawrence, Castiel ne lui demanda pas ce qu'il faisait. Il laissa son ami suivre le chemin qu'il avait choisi. Il regarda les arbres qui les entouraient sans réellement les voir. Il n'entendait pas la musique dans la voiture non plus. Il n'y avait que les battements de son cœur qui résonnaient à ses oreilles.
Castiel se tendit quand Dean arrêta finalement la voiture au bout du chemin emprunté quelques minutes plus tôt. Il savait que ce n'était pas le lieu de rendez vous fixé par Alastair. C'était un détour. Mais si son ami en avait besoin, il n'allait certainement pas le réprimander.
Ils restèrent en silence quelques minutes une fois que Dean eut coupé le moteur de la voiture. Castiel garda les yeux rivés sur le paysage derrière la fenêtre passager. L'obscurité l'empêchait de voir clairement les alentours. Il devinait des arbres et des chemins de randonnées. D'ordinaire, il aurait été heureux de faire une pause dans un endroit aussi paisible. Ce n'était plus le cas. Cela ne le serait peut être plus jamais.
Dean ouvrit finalement sa portière sans rien dire et sortit de la voiture. Castiel le suivit des yeux et l'observa contourner le véhicule pour prendre appui contre le capot devant lui. Il hésita une seconde à le rejoindre, ne sachant pas si sa présence serait la bienvenue. Mais quand il fut évident que Dean ne comptait pas bouger, il sortit à son tour de la voiture et vint s'installer à son tour à sa droite contre le capot. Il faisait un peu froid et Castiel frissonna en sentant le vent sur son visage. Il ferma sa veste pour conserver un peu de chaleur puis croisa ses bras sur son torse. Il aurait probablement du dire quelque chose. Il ne trouvait pas les mots adéquats.
- Je veux te donner quelque chose, déclara finalement Dean après de longues secondes d'un silence pesant.
Castiel tourna le visage vers lui et attendit patiemment qu'il s'explique. La lumière de la lune renforçait un peu plus encore la pâleur de son visage. Elle faisait briller ses yeux.
- Quoi ? Demanda t-il quand il ne fut plus capable d'attendre les explications de son ami.
Dean leva sa main droite à hauteur de son visage et observa ses doigts de longues secondes. Castiel fronça les sourcils, perdu. Le jeune homme finit par retirer la bague qu'il portait à l'annulaire droit. Il la fit tourner entre les doigts de son autre main durant quelques secondes avant de la tendre à Castiel. Ce dernier l'avait plusieurs fois regardé depuis leur rencontre. Il s'était toujours demandé à qui elle avait pu appartenir. Elle était en argent, relativement simple et féminine. Il aurait pu parier que Dean ne l'avait pas acheté pour lui. Il savait également qu'il ne l'avait pas acquise pour une femme avec qui il était sorti. Il supposait qu'elle lui avait été donné. Il ignorait simplement par qui.
- Pourquoi me donner cette bague ? Demanda t-il en la prenant dans sa main.
Dean fit glisser son indexe gauche sur son annulaire droit durant une seconde, comme pour se remémorer la texture de la peau qui avait si longtemps été cachée par le bijou. Il sourit tristement ensuite puis laissa retomber ses bras le long de son corps.
- Elle appartenait à ma mère. C'était son alliance, expliqua t-il.
Ce n'était pas réellement une réponse à la question que Castiel avait posé mais c'était un début d'explication. Il supposait qu'elle devait avoir une grande valeur pour le jeune homme.
- Quand j'ai eu dix ans, mon père me l'a donné en cadeau. Il l'avait toujours porté sur lui mais il voulait que je la garde. Il ne m'a jamais dit pourquoi. Je suppose qu'il espérait que je l'offrirai un jour à la femme que j'épouserai. Il ne pouvait pas deviner que je ne me marierai jamais. Que je mourrai avant d'avoir l'occasion de rencontrer la personne avec qui je souhaitais faire ma vie. Il n'imaginait pas non plus que cette personne puisse être un homme.
Castiel n'aimait pas le fatalisme qu'il entendait dans la voix de Dean. Il détestait également que son ami évoque le fait qu'il ne se marierait jamais avec autant de certitude. Même s'il avait raison de le dire. Il ne rencontrerait jamais la personne qu'il souhaiterait épouser. Il n'aurait pas la chance de connaître ce grand moment. Cela ne rendait pas pour autant ses propos plus faciles à entendre.
- Elle a fini par être trop petite pour moi et je l'ai longtemps porté au bout d'une chaine, autour de mon cou. Mais Bobby me l'a fait agrandir pour mes seize ans. C'était son cadeau d'anniversaire. Je ne l'ai pas quitté depuis. J'aurais aimé pouvoir la donner à la personne qui aurait partagé ma vie … qu'elle soit un homme ou une femme … peu importe. J'ai longtemps hésité à la donner à Benny. Mais elle était trop … féminine pour lui et je crois qu'il se serait moqué de moi si je le lui avais proposé.
- Elle est magnifique, assura Castiel.
Il trouvait effectivement la bague réellement belle. Il aurait été honoré de la porter si toutefois le jeune homme lui avait donné dans d'autres circonstances. Il se fichait qu'elle ait été conçu pour une femme. C'était ce qu'elle représentait qui comptait aux yeux de Castiel. Elle représentait tout pour son ami. Elle était la seule chose qui lui restait de sa mère. Et cela la rendait inestimable.
- Elle est importante pour moi. Elle … elle est le symbole de l'amour que mon père avait pour ma mère. Elle représente l'engagement qu'ils avaient pris l'un envers l'autre. Elle symbolise le bonheur qu'ils ont partagé durant toutes ces années. J'étais fier de la porter et je suis fier que tu la gardes.
Castiel sentit les larmes lui monter au yeux mais il refusait de les laisser couler. Il voulait se montrer fort pour son ami. Craquer devant lui ne ferait que lui compliquer la tâche.
- Tu ne veux pas la garder avec toi ? Demanda t-il bêtement.
Il était évident que Dean ne souhaitait pas la conserver sur lui. Mais il avait besoin de comprendre pourquoi il la lui donnait. Ou pourquoi il ne souhaitait pas la transmettre à Sam en guise d'héritage. Il estimait ne pas être digne de ce cadeau. Pas alors qu'il avait la sensation d'avoir fait faux bond à son ami.
- Elle n'a pas sa place là où je vais … elle … je ne veux pas emporter la seule chose qu'il me reste de ma mère dans cet endroit … je ne veux pas qu'Alastair puisse la toucher à nouveau. Je préfère qu'elle soit avec quelqu'un qui comprend sa valeur et son importance pour moi, expliqua Dean en gardant les yeux rivés devant lui.
Castiel passa alors la bague à son annulaire droit. Le métal était chaud contre sa peau. Elle lui semblait incroyablement lourde. Elle symbolisait son échec dans sa tentative de sauver Dean. Mais elle lui rappellerait également tous les moments partagés avec lui.
- Sam aimerait peut être l'avoir … je pourrais lui donner si tu veux, suggéra t-il alors.
Dean secoua aussitôt la tête.
- Mon père me l'a donné pour une raison … même s'il ne me l'a jamais réellement dit. Je sais ce qu'il voulait que j'en fasse. Et je sais également ce que ma mère aurait voulu que j'en fasse. Je n'aurais jamais l'occasion de rencontrer un homme ou une femme à épouser. Mais je peux tout de même la transmettre à quelqu'un d'important pour moi. A quelqu'un qui aura compté … beaucoup compté à un moment de ma vie.
- Mais pourquoi moi ? Demanda Castiel.
Il comprenait ce que Dean lui disait mais il ne comprenait pas pourquoi il l'estimait digne de porter l'alliance de sa mère. Ils ne formaient pas un couple. Il savait que le jeune homme ne l'aimait pas comme il avait aimé Benny. Et Sam aurait sans nul doute la chance un jour de se marier avec une femme qu'il aimait. Une femme qui aurait été ravie de se voir offrir cette même bague. Ca n'avait aucun sens.
- Je n'ai jamais réellement eu d'amis tu sais … j'ai eu des camarades de classe … des personnes avec qui j'aimais faire la fête. Mais je n'ai jamais été proche de quelqu'un. Gordon était … une erreur de toute évidence. Benny … j'aurais pu faire ma vie avec lui mais je n'ai pas eu cette chance. Je veux que cette bague revienne à une personne à qui je tiens réellement. Ma mère aurait voulu que je la donne à quelqu'un de significatif … quelqu'un d'important. Et je sais que si les circonstances avaient été différentes … si on s'était rencontré avant tout ça … ou si je n'avais jamais été en prison, j'aurais très facilement pu tomber amoureux de toi. Si Alastair n'avait jamais mis la main sur moi, j'aurais pu t'épouser un jour. Et je t'aurais donné cette bague avec plaisir. Alors je veux que tu l'aies … je veux que tu la gardes parce qu'elle représentera toujours la vie qu'on aurait pu mener si les choses avaient été différentes. Elle symbolise ce que je ressens pour toi même si ce n'est pas ce que tu aurais voulu que je ressente.
Castiel hocha alors la tête. Il ne s'estimait toujours pas digne du cadeau incroyable que son ami venait de lui faire. Mais il aimait assez l'idée qui se cachait derrière. Le symbole que Dean donnait à ce geste. Il garderait cette bague précieusement. La chérirait toute sa vie. Elle avait été tout ce que le jeune homme conservait de sa mère. Elle serait tout ce que Castiel conserverait de son ami. Ca avait un sens après tout.
- Comment était elle ? Demanda t-il en observant la bague à son doigt.
Dean se rapprocha sensiblement de lui jusqu'à ce que leurs épaules se touchent. Castiel ne savait pas si c'était pour se réchauffer ou juste parce qu'il avait besoin du contact. Il ne bougea pas.
- Elle était … elle était incroyablement belle et forte. Elle ne se laissait pas marcher dessus. Elle avait un fort caractère et elle était courageuse. Tu l'aurais aimé je crois.
Castiel supposait qu'il aurait effectivement adoré la mère de son ami. Parce qu'il trouvait que sa description collait parfaitement à l'image qu'il avait du jeune homme. Il ne connaissait pas son père mais il devinait que Dean avait hérité la plupart des traits de sa mère.
- J'ai ses yeux … son nez aussi si j'en crois ce que mon père m'a dit. Je ne me souviens pas de grand chose la concernant. J'avais quatre ans quand elle est morte. Je sais ce que mon père m'en a dit, ajouta Dean en tournant finalement le visage vers Castiel.
Ce dernier soutint son regard avec difficulté. Il y avait quelque chose d'incroyablement triste dans les yeux du jeune homme. Quelque chose qui lui donnait envie de pleurer.
- Je me souviens de détails … je me souviens de sa voix … de son parfum. Je me souviens aussi de ses longs cheveux blonds. Et … je me souviens que quand j'étais malade, elle me faisait une soupe à la tomate et me chantait « Hey Jude » jusqu'à ce que je m'endorme. Elle jouait du piano parfois et le son résonnait dans toute la maison. C'est à peu près tout.
Castiel ne pouvait pas imaginer ce que Dean ressentait à cet instant. Ce qu'il avait pu ressentir toutes ces années sans réels souvenirs de sa mère pour le réconforter quand les choses étaient trop dures à supporter. Il avait grandi avec ses deux parents même s'il n'avait jamais été proche d'eux. Il continuait de les aimer et il savait que leur mort le détruirait probablement. Il aimait penser aux rares moments heureux qu'ils avaient partagés. Il aimait également se souvenir de sa mère quand il était triste ou se sentait seul. Cela faisait parti des choses que tout enfant méritait d'avoir mais dont Dean avait été privé.
- Plus le temps passe et plus ses souvenirs s'effacent. Je sais que je finirais par tout oublier. Un jour, je ne serais plus capable de me rappeler le son de sa voix ou même la douceur de ses mains. Et quand ce sera le cas … elle cessera simplement d'exister. Il n'y aura plus personne pour parler d'elle et décrire toutes ces petites choses qui faisaient d'elle une femme extraordinaire. Mon père est mort et Sam … Sam n'a aucun souvenir d'elle. Il avait six mois quand elle est morte. Bobby ne l'a jamais connu non plus. Et elle n'a pas d'autre famille. Il n'y a plus que moi pour entretenir son souvenir et je finirais par l'oublier. Le processus sera sans nul doute plus rapide encore quand je serais entre les mains d'Alastair. Il me forcera à tout oublier. Et puis je mourrais et alors il ne restera rien d'elle … absolument rien si ce n'est cette bague.
- Il y a toutes les choses que tu m'as dites sur elle … je pourrais continuer à en parler pour toi … faire vivre son souvenir. Je pourrais raconter son histoire à toutes les personnes que je rencontrerais, proposa Castiel.
Il savait que c'était une maigre consolation pour Dean. Car ce n'était définitivement pas la même chose. Mis à part le jeune homme, plus personne sur cette Terre n'avait vécu ces choses, n'avaient connu cette femme de cette manière. Sam continuerait probablement aussi de parler d'elle mais il ne ferait que rapporter les propos de son frère et de leur père. Il ne les avait pas vécus.
- Parfois, j'ai peur que … j'ai peur qu'il m'arrive la même chose quand je serais mort. Je ne laisserais aucune trace derrière moi. Je n'ai rien accompli. Je n'ai rien fait de significatif. Quand je ne serais plus là, je disparaitrais purement et simplement … comme si je n'avais jamais existé, avança Dean avant de détourner les yeux à nouveau.
Castiel secoua alors la tête. Il ne pouvait pas laisser son ami penser ce genre de choses. Il n'avait peut être pas eu le temps de faire toutes les choses dont Castiel le savait capable mais il avait laissé une trace importante. Il avait marqué la vie de son frère et de Bobby. Il avait également bouleversé celle de Castiel. Ils seraient là pour se souvenir de lui. Pour parler de lui. Il existerait toujours à travers eux. Même si l'idée était incroyablement déprimante, elle avait de l'importance.
- Tu te trompes Dean … tu te trompes sur ce point. Je suis là et … je ne pourrais jamais oublier ce qu'on a vécu ensemble. Je ne pourrais jamais oublier ton visage, la couleur de tes yeux ou le son de ta voix. Et je sais que Sam ne le pourra pas non plus. Ni Bobby d'ailleurs. A nous trois, on continuera de … de se souvenir de toi.
Il ne pouvait pas se résoudre à dire qu'ils feraient « vivre le souvenir » du jeune homme. Car cela supposait que ce dernier meurt d'ici peu. Et même si cela serait certainement le cas, il ne voulait pas l'énoncer à voix haute.
- J'espère … même si je pense qu'il serait préférable pour vous d'oublier. Parfois … parfois les souvenirs sont juste douloureux. Ils n'apportent aucun réconfort … juste un peu plus de souffrance. Et je pense sincèrement que je vous en ai imposé suffisamment jusque là.
Dean, tu n'es pas … commença Castiel.
- Il y a autre chose que je voudrais que tu fasses pour moi, le coupa Dean.
Castiel n'insista pas pour finir sa phrase. Il n'en voyait pas l'intérêt. Le jeune homme savait exactement ce qu'il pensait de ses propos. Et cela suffisait. Il fallait que cela suffise. Dean se tourna finalement entièrement vers lui et plongea son regard vert dans le sien.
- Tout ce que tu veux, assura Castiel en attrapant le bras de Dean avec sa main droite.
Celle à laquelle il avait mis la bague de sa mère. Celle qui porterait toujours le souvenir du jeune homme. Il frissonna à cette idée.
- J'aimerais que tu donnes une lettre à Sam. Je l'ai écrite peu de temps avant de te rencontrer et … je pensais la lui envoyer mais ensuite … je veux qu'il la lise quand il sera en sécurité. Elle raconte tout … elle décrit ce que j'ai vécu et … j'aimerais qu'il la garde en souvenir de moi. J'aimerais aussi qu'il récupère mon arme. C'est mon père qui me l'a donnée avant de mourir. Sammy a toujours détesté les armes à feu mais elle est importante pour moi et j'espère qu'elle le sera pour lui aussi.
Castiel hocha aussitôt la tête. Il pouvait sentir la chaleur du bras de Dean contre sa paume même à travers les vêtements que le jeune homme portait. Il avait besoin de ce contact. Besoin de s'accrocher à l'idée que son ami était encore vivant pour le moment. Qu'il était toujours là avec lui même si ce n'était plus que pour quelques minutes.
- Je le ferais … je te le jure, promit alors Castiel en serrant l'avant bras de Dean dans sa main.
Ce dernier lui sourit à nouveau mais il n'y avait rien de joyeux dans son sourire. Il trahissait la souffrance que le jeune homme ressentait. La nervosité à l'idée de reprendre la route pour rejoindre Alastair. Et la reconnaissance qu'il avait pour Castiel. C'était un sourire qui brisait le cœur de ce dernier. Un sourire qu'il ne pourrait jamais oublier.
- Quand je serais parti … quand tu seras retourné à Chicago et que tu auras repris ta vie en main, j'aimerais assez l'idée que tu prennes quelques minutes … parfois pas tous les soirs mais … juste quelques minutes pour observer le ciel, avança Dean sans bouger.
Une nouvelle fois, Castiel était un peu perdu quant à ce que son ami lui demandait. Mais il était prêt à tout accepter de lui pour le soulager un peu. Même s'il doutait que toute cette conversation lui apporte le moindre réconfort.
- Juste là, il y a la constellation de la Grande Ours, expliqua ensuite le jeune homme en levant les yeux eu ciel et en indiquant plusieurs étoiles de l'indexe.
Castiel suivit son regard et reconnut aussitôt la constellation dont il parlait. Il avait toujours été passionné d'astronomie et il avait passé des heures à contempler le ciel quand il était plus jeune.
- Si j'ai l'occasion de sortir une fois là bas … si j'ai la possibilité de voir le ciel là où je serais, je la regarderais moi aussi. Et … si je sais que tu en fais de même, ça me permettra peut être de me sentir toujours proche de toi.
Castiel ne put rien faire cette fois pour empêcher les larmes de couler. Et il s'en voulut presque aussitôt de ne pas parvenir à contrôler ses émotions. Plus encore quand il vit des larmes rouler sur le visage de son ami. Il tenta de lui sourire et d'hocher la tête mais il ne parvint à faire ni l'un ni l'autre. Dean posa finalement une main sur sa joue et caressa sa pommette du bout du pouce. C'était le genre de geste que Castiel ne pourrait jamais oublier. Le genre qui continuerait de lui tenir chaud même quand ils seraient séparés. Dean avait tellement de choses à offrir aux autres. Et il n'en aurait jamais l'occasion. Cette idée arracha un sanglot à Castiel. Il aurait aimé pouvoir être plus fort mais à cet instant précis, il n'était plus capable de contrôler quoi que ce soit. Il devait lâcher prise pour ne pas perdre la tête. Il fut incroyablement soulagé quand Dean l'attira à lui pour le serrer dans ses bras. Castiel aurait du être celui qui réconfortait le jeune homme. C'était lui qui était sur le point de se rendre à l'homme qui l'avait presque détruit. C'était lui qui allait vivre l'enfer. Castiel était chanceux en comparaison. Et pourtant, le jeune homme le serrait contre lui pour chasser un peu de son chagrin. Castiel referma ses bras autour de la taille de son ami et enfouit son visage dans son cou. Il huma son parfum pendant de longues secondes avant de déposer un baiser dans le cou de Dean. Il agissait à l'instinct. Il aurait probablement du réfléchir avant de faire quoi que ce soit de ce genre.
- Cas, souffla Dean à son oreille.
Castiel hocha la tête sans trop savoir ce qu'il acceptait ou même si son ami lui avait demandé quelque chose en prononça ce surnom. Il déposa un nouveau baiser dans le cou du jeune homme puis laissa échapper un deuxième sanglot. Les larmes redoublèrent d'intensité sur son visage et il fut bientôt incapable de faire quoi que ce soit d'autre que de pleurer bruyamment contre Dean. Cela lui sembla durer une éternité même s'il savait que ça n'avait pas du durer plus de quelques minutes. Quand ses yeux furent à nouveau secs et qu'il n'eut plus la force de continuer, il recula lentement son visage pour regarder celui de Dean. Ce dernier semblait au moins aussi triste que lui. Mais il avait la maitrise de ses émotions.
- Si on s'était rencontré avant … si je … commença Dean.
C'était un sujet dangereux. Un sujet qui pourrait faire pleurer Castiel à nouveau. Il n'était pas prêt à évoquer à nouveau des hypothèses heureuses quand il s'apprêtait à tout perdre dans quelques heures. Il ne pouvait pas laisser son ami parler de cette manière. Il le lui fit comprendre en appliquant son index droit contre ses lèvres pour le faire taire. Dean hocha alors faiblement la tête. Quand Castiel recula sa main, il la remplaça par ses lèvres. Le baiser resta chaste durant quelques secondes avant que la langue de Dean ne s'aventure entre ses ses lèvres et vienne chercher la sienne. C'était un « au revoir » et un « adieu » en un baiser. C'était la conclusion de plusieurs semaines d'aventure. Castiel se laissa aller et s'abandonna totalement aux sensations que Dean lui procurait. Il sentit les mains de son ami passer dans son dos et remonter le long de sa colonne vertébrale. Il fit glisser les siennes dans les cheveux du jeune homme et en serra plusieurs mèches entre ses doigts. Il ne savait pas réellement ce qu'il espérait obtenir après ce baiser. Il ne savait pas s'ils avaient le temps pour plus. Mais il avait besoin de sentir Dean proche de lui. De mémoriser un maximum de choses le concernant. Il en aurait besoin quand ils seraient séparés.
Après de longues minutes passées à s'embrasser, Dean finit par reculer son visage. Il attrapa ensuite Castiel par les bras et le plaqua gentiment contre le capot de la voiture. Il se laissa ensuite tomber à genoux et posa ses mains sur la ceinture de son pantalon. Il commença à la défaire sans hésiter, visiblement sûr que ses avances ne seraient pas repoussées. Il avait raison bien sûr. Castiel n'avait pas l'intention de dire au jeune homme de s'arrêter. C'était leur dernier arrêt avant que le destin de son ami ne soit scellé pour de bon. Il avait l'intention de le laisser exploiter ses dernières minutes de liberté comme bon lui semblait.
- Cas, murmura finalement Dean en déboutonnant son jean.
Castiel posa une main à l'arrière de son crâne et hocha la tête. Il regarda son ami défaire sa braguette puis baisser son jean et son caleçon jusqu'en dessous de ses fesses. Quand sa bouche se referma autour de son sexe, il laissa échapper un gémissement. Le jeune homme savait exactement comme s'y prendre pour lui procurer le maximum de plaisir et il préférait ne pas penser à comment il avait acquis ces techniques. Il garda les yeux rivés sur le jeune homme à la place. Sur la façon dont ses lèvres entouraient son sexe. Comment ses joues se creusaient quand il appliquait une certaine succion ici et là. Il observa la teinte rouge sur prenaient ses pommettes et la façon dont ses pupilles semblaient avoir avalé ses iris en quelques secondes. Il était fasciné par le jeune homme. Fasciné par tout ce qu'il faisait et par les expressions qu'il pouvait lire parfois facilement dans ses yeux. Son cœur battait fort dans sa poitrine et sa respiration s'accélérait au fil des minutes. Il savait que les choses ne dureraient pas très longtemps mais il s'en fichait. Ce n'était pas une question de performance sexuelle. C'était une question de connexion. De contact. D'intimité. Castiel poussa un gémissement quand Dean appliqua de la pression à la base de son sexe du bout de sa langue. Il attrapa les cuisses de son ami entre ses mains avant de faire glisser ses doigts à l'arrière de ses jambes et de les remonter sur ses fesses. Castiel se mordit la lèvre pour retenir un nouveau gémissement alors que le jeune homme faisait aller et venir sa bouche le long de son sexe. Castiel aurait voulu pouvoir faire que ce moment ne se termine jamais. Il aimait être intimement joint à Dean. Il aimait savoir que le jeune homme lui faisait suffisamment confiance pour se donner ainsi à lui. Il savait que ce n'était pas simple pour lui après ce qu'il avait vécu. Castiel relâcha sa lèvre inférieure quand il sentit le goût du sang dans sa bouche. Les doigts de Dean avaient glissé entre ses fesses mais il ne semblait pas chercher quoi que ce soit de plus. Ce geste avait quelque chose de possessif et Castiel adorait cela. Il devait se retenir de bouger ses hanches et d'aller et venir dans la bouche du jeune homme. Il sentit les muscles de son ventre et de ses cuisses se tendre. Il retira une de ses mains du crâne de Dean pour la poser sur sa joue. Il pouvait se sentir à l'intérieur de la bouche du jeune homme. Il grogna à nouveau alors que ce dernier faisait glisser très légèrement ses dents sous son sexe. Il ne put alors retenir son orgasme et se laissa finalement aller. Il regarda les muscles de la gorge de Dean travailler pour avaler et laissa échapper un dernier gémissement quand le jeune homme relâcha son sexe pour s'essuyer la bouche du revers de la main.
Il prit alors quelques secondes pour se rhabiller avant d'attraper Dean par le bras et de le faire se relever. Le jeune homme accepta alors le baiser qu'il lui donna et Castiel apprécia de sentir son propre goût sur la langue de son ami. Il avait envie de lui rendre la pareille. Il voulait lui procurer du plaisir à son tour. Il s'agenouilla à son tour sans laisser le temps à Dean de dire quoi que ce soit. Il défit la ceinture du jeune homme puis les boutons et la braguette de son jean. Il libéra son sexe et le prit immédiatement dans sa bouche. Il ne savait pas réellement si ce qu'il faisait était bien ou si Dean gémissait uniquement pour satisfaire son égo. Mais il était déterminé à faire en sorte que son ami prenne du plaisir. Il tenta de reproduire ce que le jeune homme lui avait fait. Il ne parvenait pas à prendre l'intégralité de son sexe dans sa bouche et il avait des difficultés à respirer par le nez tout en bougeant la tête. Mais s'il s'en tenait aux bruits que Dean faisait, il n'était pas si mauvais que ce qu'il redoutait. Il pressa le bout de sa langue sous le sexe du jeune homme avant de le remonter jusqu'au bout et de dessiner des cercles aléatoires sur la peau sensible. Il glissa ensuite ses mains sous le tee shirt de Dean et enfonça sensiblement ses ongles dans son ventre. Il commençait à savoir ce que le jeune homme aimait et ce dont il avait besoin. Il fut surpris quand Dean lui attrapa les mains et les écarta pour les reposer sur ses cuisses.
- Pas ce soir … pas comme ça … je ne veux pas penser à lui, souffla t-il.
Castiel fronça les sourcils en s'immobilisant. Dean ne voulait pas qu'il lui fasse mal comme il l'aimait tant d'ordinaire. Et il avait avoué à demi mot que ses préférences étaient consécutives à ce qu'il avait subi avec Alastair. Ce n'était définitivement pas étonnant. Les viols répétitifs avaient déformés la conception que Dean devait avoir du sexe. Il ne pouvait plus faire la différence entre les tortures infligées et le plaisir reçu malgré lui. Il avait fini par associer les deux. Un bon psychologue aurait probablement pu l'aider à y voir clair et à trouver des solutions. Malheureusement, il n'en aurait jamais l'occasion. Alastair allait s'empresser de brouiller les cartes à nouveau alors que Dean semblait enfin avoir fait le point sur certaines choses. Ses efforts et ceux de Castiel avaient été vains. Mais pour ce soir, ils comptaient plus que tout. Dean voulait tenter quelque chose de différent avec Castiel.
- S'il te plait, supplia le jeune homme.
De toute évidence, il avait mal interprété l'immobilité de Castiel. Ce dernier devait absolument remédier à cela. Il relâcha le sexe de Dean et commença à l'embrasser sur les cuisses puis sur le ventre. Il lui caressa les fesses et le bas du dos du bout des doigts. Il n'avait pas réellement le temps de faire les choses comme il aurait voulu les faire. Il aurait aimé pouvoir passer des heures à embrasser chacune des parties du corps de son ami pour découvrir celles qu'il aimait qu'on touche. Il aurait aimé lui apprendre qu'on pouvait prendre du plaisir quand la relation était tendre et qu'il y avait de vrais sentiments derrière. Il regrettait de ne pas avoir eu cette chance avant. Mais il allait utiliser le peu de temps dont il disposait pour faire en sorte que Dean s'en souvienne durant longtemps. Il continua d'embrasser le jeune homme sur le ventre puis redescendit jusqu'à son sexe qu'il prit dans sa bouche à nouveau. Il commença à faire aller et venir sa langue sur toute la longueur puis bougea lentement sa tête. Il sentit la main de Dean se poser à l'arrière de son crâne et il sut que son ami était proche. Il accéléra donc le rythme de son visage et glissa un doigt entre les fesses du jeune homme. Il ne le fit pas pénétrer par peur de le blesser mais il appliqua une légère pression. Presque aussitôt, Dean gémit et prononça son nom avant de jouir longuement dans sa bouche. Castiel se força à avaler avant de relâcher le sexe du jeune homme et de recommencer à l'embrasser sur les cuisses, les hanches et le ventre. Il remonta ensuite le long de son torse jusqu'à atteindre le cou du jeune homme. Ce dernier encercla alors sa taille de ses bras et vint chercher sa bouche avec la sienne pour lui donner un court baiser. Ils se regardèrent ensuite dans les yeux pendant quelques secondes et Dean vint appuyer son front contre celui de Castiel. Son souffle se répercutait sur sa bouche et provoquait des petits picotements sur ses lèvres. Leur sort était scellé mais personne ne pourrait jamais effacer les petits moments qu'ils avaient partagés. Les moments où ils avaient accepté de se mettre à nu et de ne rien se cacher. Alastair ne pourrait jamais comprendre à quel point Dean était aimé et chéri par des gens à l'extérieur.
- J'aurais tellement aimé te rencontrer avant, confia le jeune homme d'une toute petite voix.
Castiel sentit sa gorge se nouer à nouveau. Il refusait de pleurer. Il voulait que ce moment se termine bien. Du moins, aussi bien que possible compte tenu de l'échéance qui les attendait. Il serra les dents une seconde, prit une grande inspiration puis adressa un petit sourire timide à son ami.
- J'aurais aimé aussi, finit il par parvenir à dire après de longues secondes de silence.
Dean avait toujours les mains posées dans son dos. Il le caressait doucement, appréciant visiblement leur proximité autant que Castiel.
- Dans d'autres circonstances, je pense vraiment que tu aurais pu me sauver … me montrer une autre vie … me rendre heureux, répliqua Dean dans un murmure.
Castiel aurait tout donné pour ce que cela soit le cas. S'il avait eu la chance de rencontrer Dean avant qu'Alastair ne le détruise ou avant que Gordon ne lui mette le grappin dessus, il aurait tout fait pour avoir une chance avec lui. Il aurait fait les efforts nécessaires pour attirer son attention et obtenir un rendez vous avec lui. Leur relation aurait pu être belle et durable. Elle les aurait rendu heureux tous les deux. Il aurait pu faire sa vie avec le jeune homme. A la place, il n'avait eu le droit qu'à quelques semaines. Ce n'était pas suffisant. Ca ne pourrait jamais l'être.
- J'aurais pu t'aimer … je t'aurais aimé … je n'en doute pas une seconde, ajouta finalement Dean.
Et Castiel sut alors que le jeune homme n'en dirait pas plus. Il y avait encore des choses qu'il gardait pour lui. Mais ces quelques mots semblaient être une conclusion idéale à leur histoire. Elle résumait parfaitement ce qui s'était passé entre eux au fil des semaines. Ils auraient pu avoir une chance si toutefois les choses avaient été différentes. Le destin en avait malheureusement décidé autrement et il ne pouvait rien faire contre. Castiel était fou de rage quand il y pensait. Mais il préférait ignorer cette colère pour le moment. Il voulait se concentrer uniquement sur ses derniers instants avec Dean.
- Je t'aime, souffla t-il sans doute pour la dernière fois.
Le jeune homme hocha faiblement la tête puis prit Castiel dans ses bras et le serra contre lui.
- Promets moi de tenir tes promesses Cas … promets moi que tu ne m'oublieras pas, le supplia t-il.
Castiel ferma les yeux pour apprécier pleinement leur étreinte.
- Comment pourrais je t'oublier, murmura t-il en sentant sa gorge se nouer.
Dean soupira alors longuement dans son cou et Castiel se fit la même promesse mentalement que celle qu'il avait faite verbalement à son ami quelques minutes plus tôt. Il se jura de ne jamais passer une journée sans penser au jeune homme. De ne jamais se priver de parler de lui à toutes les personnes qu'il rencontrerait. Il voulait décrire la personne extraordinaire qu'il était. Celle qui avait bouleversé sa vie quelques semaines plus tôt. Celle qu'il ne regretterait jamais d'avoir pris en stop quelque part en Floride. Il enfouit son visage dans le cou de Dean et huma longuement son parfum. Il allait faire honneur au jeune homme. Il veillerait sur Sam et Bobby et s'assurerait que son sacrifice n'avait pas été vain. Il se promit également de tenter quelque chose une fois qu'Alastair l'aurait récupéré. Il ne pourrait peut être pas faire grande chose au moment de l'échange mais il pouvait essayer de contacter Henriksen ensuite. Il essaierait de sortir Dean de cet enfer même s'il doutait d'avoir réellement une chance. Il ne prendrait pas de risques inconsidérés. Il savait que le jeune homme le désapprouverait sur ce point. Mais il ferait en sorte d'explorer toutes les pistes. Il n'était pas encore prêt à abandonner Dean. Il n'était pas encore prêt à tirer un trait sur les chances du jeune homme d'avoir une vie normale. Il serait sa seule chance une fois entre les mains d'Alastair. Il comptait bien se montrer digne de la confiance de son ami. De son affection. Et de cet amour qu'il ne s'autorisait pas à ressentir mais qui germait quelque part dans un recoin caché de son cœur brisé. Castiel se promit enfin de continuer à aimer le jeune homme même s'il ne devait jamais le revoir. Et alors que Dean déposait un baiser sur son front qui semblait signifier la fin de leur moment, il se jura qu'il ne s'agissait pas de la dernière fois où il sentait les lèvres du jeune homme sur lui. Il ne pouvait pas laisser Alastair gagner. Il le refusait catégoriquement.
