Bonjour,
Et voici le chapitre 28, chapitre que j'ai sans nul doute eu le plus de mal à écrire.
Il n'est pas joyeux mais cette histoire se finira bien ...
Je vous souhaite à tous et toutes une bonne lecture.
Merci de m'être fidèle.
Sydney8201
Musique du chapitre :
Mad Word de Gary Jules
Chapitre 28 : Adieux
"On passe sa vie à dire adieu à ceux qui partent, jusqu'au jour où l'on dit adieu à ceux qui restent »
Véra de Tallerand-Perigord
Castiel n'avait jamais eu à dire « adieu » à quelqu'un durant ses vingt deux années d'existence. Il n'avait perdu aucun proche et ne savait pas comment s'y prendre pour se séparer d'une personne qui comptait réellement pour lui. La seule fois où il avait été confronté à une situation semblable était le jour où Gabriel avait quitté la maison. Castiel avait su alors qu'il ne reverrait pas son frère avant longtemps. Qu'il s'agissait d'un peu plus que d'un « au revoir ». Mais il avait été trop en colère pour faire les choses correctement. Il avait crié après son frère, lui avait reproché sa décision puis avait tourné les talons sans dire quoi que ce soit de plus. Il avait fini par le regretter bien sûr. Mais puisque le lien avec Gabriel était à présent renoué, il supposait qu'un « adieu » aurait été inutile.
Il ne savait pas si le moment qu'il avait partagé avec Dean aux abords de Lawrence pouvait compter comme un « adieu » acceptable. Ils avaient parlé en toute sincérité. Castiel avait promis de veiller sur Sam et de garder la bague que son ami lui avait donné. Il y avait du sexe également. Puis des étreintes. Mais à aucun moment, il n'avait prononcé le mot « adieu » ou même « au revoir ». Il ne savait pas si ses actes suffisaient ou s'il devrait dire quelque chose de plus. Il n'avait aucune idée de ce qu'il préférait. Il aurait aimé être ailleurs. Il aurait aimé ne pas avoir à affronter ce moment.
Mais il avait pris la décision de suivre Dean jusqu'au bout et cela impliquait qu'il vienne avec lui à Lawrence. Sam aurait besoin de quelqu'un pour le raccompagner à Sioux Falls. Castiel ferait ensuite un détour par Washington. Il n'avait pas l'intention de baisser les bras et de laisser Dean entre les mains d'Alastair indéfiniment. Il allait se battre pour le récupérer.
Toutefois, et même s'il était convaincu qu'il n'abandonnerait pas tant qu'il n'aurait pas gain de cause, il avait conscience que cette séparation sonnait comme un « adieu ». Il savait que Dean n'avait pas l'intention de laisser Alastair abuser à nouveau de lui. Il préfèrerait mourir. Il avait été clair sur ce point. Et Castiel ne savait pas s'il aurait le temps d'intervenir. Il pourrait arriver trop tard. Il avait besoin de réussir son « au revoir » pour ne pas risquer d'avoir des regrets.
Son estomac était entièrement noué quand ils dépassèrent le panneau indiquant leur entrée dans la ville. Il avait mal à la gorge à force de réprimer ses sanglots et ses yeux le brûlaient. Il ne savait pas s'il serait capable de parler le moment venu. Il doutait de pouvoir se montrer très loquace. Il souffrait atrocement et il était terrifié. Ce n'était jamais une bonne combinaison.
Dean était à nouveau silencieux à côté de lui. Il n'avait plus dit un mot depuis leur dernier arrêt. C'était sans nul doute mieux ainsi. Il n'y avait pas grand chose à dire pour rendre la situation plus facile à supporter. Et le jeune homme avait besoin de se préparer à sa confrontation avec Alastair. Il devait retrouver cet endroit dans sa tête où personne ne pouvait l'atteindre en attendant de pouvoir mettre un terme à son enfer. En attendant de pouvoir mourir.
Castiel avait tenté de ne pas penser à cette issue. Mais il savait que l'ignorer ne l'aiderait pas forcément. Il devait avoir conscience des enjeux de cette histoire s'il voulait se montrer efficace. Il espérait simplement que ce qu'il savait ne le paralyserait pas entièrement une fois que Dean et lui seraient séparés. Il avait besoin de se montrer fort. Il se détestait de ne pas en être convaincu.
Ils traversèrent la ville lentement, Dean respectant les limites de vitesse. Castiel ne pouvait qu'imaginer ce qui se passait dans la tête de son ami. Il se doutait que cela ne devait pas être facile pour lui. Il était peut être en train de revivre les pires moments vécus avec Alastair. Il devait réfléchir à ce que ce monstre lui ferait subir après. Les images étaient sans nul doute insupportables. Castiel repensa une seconde aux cicatrices sur le corps du jeune homme. A ce dont il avait été témoin lors de leur capture. Il se demandait parfois comment Dean avait pu survivre à de telles tortures. Comment il avait pu en sortir relativement indemne. Il était traumatisé – qui ne le serait pas ? - mais à sa place, Castiel aurait été incapable de parler, de bouger et aurait probablement fini enfermé dans un asile psychiatrique dans un état catatonique. Dean avait une force incroyable. Un courage qui aurait pu en inspirer beaucoup. C'était à la fois magnifique et terrifiant. Le jeune homme était complexe et compliqué à comprendre. Mais il était extraordinaire et Castiel aurait vraiment voulu qu'il puisse le voir de lui même.
Ils empruntèrent une route de campagne après leur sortie de la ville. Castiel savait qu'elle menait à Sam et Alastair. Il savait qu'elle serait la dernière qu'il suivrait en compagnie de Dean et il dut détourner les yeux pour ne pas que le jeune homme voit les larmes qui roulaient sur ses joues. Il tenta de contrôler sa respiration mais il ne pouvait rien faire pour les battements de son cœur. Il les entendait résonner dans ses oreilles. Il les sentait dans ses tempes et dans sa gorge. Il ferma les yeux.
Il n'aurait pas su dire combien de temps ils roulèrent sur ce chemin mais quand la voiture s'arrêta et qu'il rouvrit les yeux, il aperçut une sorte de vieille ferme devant eux. C'était le terminus. Il pouvait le sentir. C'était ici qu'il laisserait Dean lui échapper. Ici que leur destin se scellerait.
Le jeune homme coupa le moteur et sortit aussitôt du véhicule. Castiel ne savait pas vraiment s'il était soulagé de son départ. Il avait besoin de lui parler et il refusait de le faire devant Alastair. Mais il ne se sentait pas encore prêt. Il ne le serait probablement jamais. Il prit quelques secondes pour sécher les larmes sur ses joues puis rejoignit son ami à l'extérieur. Dean se tenait debout devant la voiture, les mains le long de son corps, le regard posé quelque part sur le ferme devant eux. Le vent s'était levé autour d'eux et les feuilles semblaient danser à leurs pieds. C'était un paysage étrangement beau. Castiel aurait sans doute pris le temps de l'apprécier si la situation avait été différente. Il en était toutefois incapable pour le moment. Il regarda à son tour la maison devant eux et serra les poings.
Pendant de nombreuses minutes, il ne se passa rien. Le silence était pesant autour d'eux et Castiel se demanda si Alastair ne leur avait pas fait faux bond. Il n'y avait aucun autre véhicule et la maison semblait vide. Il commençait à redouter de trouver le corps sans vie de Sam à l'intérieur. Il savait que cela briserait Dean plus encore que les tortures qu'il pourrait subir entre les mains d'Alastair. Il pouvait endurer sa propre souffrance mais il était incapable de survivre à celle de ses proches. C'était ce qui faisait que le jeune homme était prêt à se sacrifier sans hésiter une seconde. Castiel l'admirait aussi un peu pour ça.
Après ce qui sembla être une éternité, la porte de la maison finit par s'ouvrir faisant sursauter Dean et Castiel. Elle révéla aussitôt Alastair, un revolver à la main et un sourire fermement ancré sur ses lèvres. Il était aussi impressionnant que dans le souvenir de Castiel. Tout chez lui inspirait la peur et le dégoût. Il n'avait rien d'humain.
Sam n'était pas avec lui mais Castiel supposait qu'il devait l'avoir caché quelque part. Il croisait les doigts pour que le jeune garçon soit toujours en vie. Il ne faisait pas confiance à ce monstre pour tenir sa promesse même s'il savait qu'il désirait réellement récupérer Dean.
A côté de lui, le jeune homme semblait avoir la même inquiétude. Il fit un pas en avant avant de se stopper et de serrer les poings. Alastair lui adressa alors un petit signe de la main et descendit les marches qui menaient au perron de la maison.
- Dean, quel plaisir de te voir … Je suis réellement très satisfait que tu sois venu en temps et en heure. Puis je te demander ce que ton petit copain fait ici ?
Castiel dut se retenir de lui dire sa façon de penser. Ce n'était pas sa bataille. Pas son combat. Il était une pièce rapportée dans cette histoire et il estimait ne pas avoir le droit d'intervenir et de prendre la parole sans que Dean ne le lui demande. Il ne voulait surtout pas prendre le risque d'aggraver les choses.
- Il est là pour ramener Sam chez lui. Où est mon frère ? Répliqua Dean.
Alastair soupira longuement puis prit un air faussement déçu.
- Pas de « bonjour » ? Je suis triste de constater que tu n'es pas aussi content de me voir que moi. Mais je suppose qu'on travaillera sur ce point ensemble dès que nous serons seuls. Je croyais t'avoir mieux éduqué que ça.
Castiel secoua la tête. Il haïssait tout chez cet homme. Son regard, son sourire et sa voix. Tout lui donnait la nausée. Il avait une furieuse envie de lui mettre son poing dans la figure. Mais il doutait de pouvoir l'atteindre avant qu'Alastair n'ait le temps de se servir de son arme. Et une nouvelle fois, il ne voulait surtout pas mettre la vie de Sam ou de Dean en danger.
- Quant à ton frère, il est à l'intérieur. Et il est en vie. Je ne l'ai pas touché comme tu me l'as demandé. Je t'avoue que ça n'a pas été facile. Il me rappelle toi au même âge. Il est innocent … pur. J'aurais adoré lui enseigner deux ou trois choses pour passer le temps. Mais je sais que tu m'en aurais voulu et je veux vraiment reprendre notre relation sur de bonnes bases, ajouta Alastair en s'approchant de Dean.
Castiel leva les yeux au ciel et prit une grande inspiration pour se retenir de faire quelque chose qui aggraverait la situation. Il avait envie d'hurler. Il se sentait totalement impuissant et il détestait cela. Il n'aimait pas non plus ce qu'il voyait chez Dean quand il se trouvait face à Alastair. Il semblait soumis. Calme. Détaché. Il était totalement différent du jeune homme que Castiel connaissait.
- Fais le sortir et je te donnerais les documents. Je te suivrais mais je veux m'assurer qu'il va bien, exigea Dean après quelque secondes.
Alastair hocha alors la tête puis siffla deux fois. Quelque secondes plus tard, deux hommes sortaient de la maison. Ils étaient tous les deux immenses et extrêmement musclés. Le plus jeune tenait Sam devant lui, ses énormes mains refermées autour des bras du jeune garçon. Castiel les suivit des yeux alors qu'ils l'escortaient en bas des marches. Sam regardait frénétiquement autour de lui. Quand il aperçut Dean, il tenta de s'élancer dans sa direction mais l'homme qui le tenait ne le relâcha pas.
- Comme tu peux le voir, il va bien. J'ai tenu ma promesse. J'espère que tu tiendras la tienne en retour, déclara Alastair en souriant toujours.
Dean observa son frère durant de longues secondes. Il avait les yeux brillants mais il semblait relativement calme. Voir Sam en vie semblait avoir chassé les derniers doutes qu'il pouvait avoir. Il était résigné. Castiel savait qu'il ne lutterait pas. Il allait se rendre à ce monstre. Il n'hésiterait même pas une seconde.
- Je n'ai qu'une parole, rappela Dean.
Il sortit alors le petit disque dur qu'il avait récupéré chez Franck et le tendit à Alastair. Ce dernier le regarda de longues secondes avant de l'attraper et de la ranger dans une poche de sa veste. Il soupira ensuite longuement puis se tourna vers les deux gardes qui tenaient toujours Sam.
- Laissez le partir, ordonna t-il.
Il reporta ensuite son attention sur Dean en inclinant la tête sur le côté.
- Je te laisse quelques minutes pour lui dire « adieu ».
Castiel doutait que quelques minutes puissent suffire mais ils n'étaient pas en position d'exiger plus. Il regarda à son tour Sam. Ce dernier s'élança immédiatement dans la direction de son frère quand l'homme derrière lui lui relâcha les bras. Il courut jusqu'à Dean et lui sauta dans les bras. Il le serra fermement contre lui et enfouit son visage dans son cou. Castiel sut qu'il pleurait à la façon dont ses épaules tremblaient. Dean avait réussi à ne pas céder à ses émotions. Il avait fermé les yeux et refermé ses bras autour des épaules de Sam. Castiel savait combien ce contact était important pour lui. Il pensait que c'était le dernier. Et peut être l'était ce en fin de compte.
- Dean … je suis désolé. J'aurais du être plus vigilent … j'aurais du … j'aurais du t'écouter, bafouilla Sam contre le cou de son frère.
Castiel savait que le jeune garçon s'en voulait d'avoir été capturé. Ce serait pire encore quand Dean serait parti avec Alastair. Sam allait probablement se sentir responsable de ce qui était arrivé à son frère.
- Sam … Sammy, c'est bon tout va bien, le rassura Dean.
Castiel se sentait de trop dans cette scène. Mais il ne pouvait pas partir. Pas tant qu'Alastair était là, son regard rivés sur les deux frères. Ce moment aurait du être intime et partagé uniquement par Sam et Dean. Mais ils avaient une audience. Leurs adieux seraient surveillés et jugés. Castiel avait envie de pleurer à son tour.
- Il m'a dit que tu … il m'a dit que tu avais accepté de repartir avec lui. Je ne peux pas … Dean, je ne veux pas que tu fasses ça pour moi.
Derrière le jeune garçon, Alastair souriait toujours. Il prenait de toute évidence un malin plaisir à écouter Sam. Le chagrin du frère de Dean était sans nul doute extrêmement excitant pour lui. Castiel aurait tout donné pour pouvoir effacer le sourire de son visage. Avec ses poings de préférence. Ou peut être ses pieds. Il n'était pas tout à fait sûr.
- Sam, écoute moi. On n'a pas beaucoup de temps, souffla Dean en faisant reculer son frère pour pouvoir le regarder dans les yeux.
Le jeune garçon se laissa faire. Son visage était baigné de larmes et ses yeux brillants. Il semblait complètement dévasté par ce qu'il savait inévitable. Castiel pouvait le comprendre. Il ressentait exactement la même chose.
- Il y a tellement de choses que je voudrais te dire Sammy … tellement de choses que j'aurais du te dire depuis longtemps … mais … on ne dispose pas d'assez de temps alors tu devras me pardonner. Je n'ai pas le choix. Je dois aller à l'essentiel, commença Dean.
Castiel ne pouvait pas détourner les yeux de la scène qui se jouait devant lui. Il vit au visage de Sam le moment exact où il comprit qu'il ne pourrait jamais rien faire pour empêcher son frère de se rendre à Alastair. Ses traits se déformèrent une seconde sous l'effet du choc avant de se tendre. Ses joues perdirent le peu de couleur qu'elles avaient. Et il laissa échapper un nouveau sanglot déchirant.
- Je t'aime Sammy. Tu es la personne la plus importante à mes yeux. Et je suis terriblement fier de toi. Tu n'as pas idée à quel point je suis fier de l'homme que tu es et de celui que je sais que tu seras bientôt. J'aurais aimé être là pour assister à toutes les choses extraordinaires que tu accompliras mais … savoir que tu auras l'opportunité de les faire me suffit amplement.
- Dean, non, le coupa Sam d'une voix étranglée.
Le jeune homme déposa un baiser sur son front avant d'enchaîner.
- J'ai commis des erreurs Sammy. Je me suis mis dans cette situation seul et je compte bien en assumer les conséquences. Tu ne dois pas t'en vouloir. Tu n'as rien fait de mal et tu n'aurais rien pu faire pour me sauver. J'ai besoin que tu comprennes qu'il s'agit de mon choix. J'ai toujours su … d'une manière ou d'une autre … j'ai toujours su que c'est ainsi que cela se finirait.
Castiel ferma les yeux une seconde, incapable d'assister plus longtemps au spectacle des adieux de Dean et son frère. Il pouvait sentir les larmes lui monter aux yeux. Il pouvait facilement deviner ce que Sam ressentait en ce moment. Il savait que rien de ce que son frère lui disait ne pourrait atténuer la culpabilité qu'il ressentirait inévitablement.
- C'est sans nul doute mieux comme ça. Je n'ai jamais réellement trouvé ma place dans ce monde. J'étais le fils de notre père puis ton grand frère. Mais je n'ai jamais su qui j'étais réellement. Peut être que c'est cette personne que j'étais destiné à devenir. Je suis juste content que tu sois en vie et en bonne santé. C'est tout ce que j'ai toujours voulu … même si je n'ai pas toujours su te le montrer.
Castiel rouvrit les yeux quand Sam laissa échapper un nouveau sanglot. Il regarda une seconde Dean et sentit son cœur se briser en réalisant que son ami pleurait à son tour.
- Je veux que tu me promettes de mener ta vie sans te soucier de ce que je serais devenu … sans penser à moi constamment.
- Je ne peux pas Dean … pas maintenant que je sais ce qu'il t'a fait, intervint Sam entre deux sanglots.
Castiel savait que lui même en serait incapable. Il ne pouvait pas envisager d'abandonner le jeune homme à son sort et de reprendre sa vie comme si de rien n'était. Il allait tout faire pour l'aider. S'il échouait, il passerait sans nul doute sa vie entière à y repenser.
- Bien sûr que si tu le peux Sammy. Tu es plus fort que tu ne le crois … plus fort que moi. Tu vas finir de grandir et tu réussiras dans tes études. Tu deviendras quelqu'un d'important parce que c'est ce à quoi tu as toujours été destiné. Tu rencontreras la femme de ta vie et tu fonderas une famille avec elle. Peut être que vous appellerez un de vos enfants Dean … je crois que j'aimerais assez ça. Vous serez très heureux ensemble et je deviendrais rapidement un souvenir … tu dois me laisser partir Sammy. Tu dois me laisser partir.
Les propos de Dean était horribles à entendre. Il y avait de la résignation dans son ton. De la tristesse mais une détermination flagrante. Sam semblait l'avoir compris. Il n'accepterait jamais le sacrifice de son frère mais il le connaissait suffisamment pour savoir qu'il était inutile de s'y opposer.
- N'ai jamais honte de qui tu es et d'où tu viens Sammy. Ne doute jamais de toi ou de tes choix. Je sais que tu feras toujours les bons. Dis à Bobby que je suis désolé et que je l'aime. Dis lui que j'aurais parfois aimé qu'il soit mon père parce que je sais à quel point il a été un bon père pour toi. Dis lui enfin merci de ma part. Et fais lui confiance pour veiller sur toi. Il t'aime beaucoup.
Sam hocha faiblement la tête. Il acceptait les propos de son frère. Cela ne voulait pas pour autant dire qu'il acceptait son sacrifice. Castiel pouvait sentir son tour approcher et il sut aussitôt qu'il n'était pas prêt. Il allait s'effondrer et ce ne serait pas joli à voir.
- Je t'aime Sammy. Ne l'oublie pas … jamais … je t'aime, conclut Dean avant de déposer un nouveau baiser sur le front de son frère.
Sam se remit alors à pleurer avec violence. Il avait la tête baissée et Castiel sentit son cœur se briser une énième fois. Derrière lui, Alastair fit signe à Dean de le rejoindre. Ce dernier secoua alors la tête et se tourna vers Castiel.
- Je veux quelques minutes avec lui aussi, expliqua t-il.
Castiel vit Alastair grimacer une seconde. Il n'aimait pas l'idée que sa « chose » puisse avoir développé des sentiments pour un autre homme. Il aurait probablement tué Castiel s'il l'avait pu. Mais il avait fait une promesse à Dean et il allait la tenir. Il finit par hocher la tête et le jeune homme relâcha son frère pour s'approcher de Castiel.
- Hé Cas … murmura Dean en s'arrêtant à sa hauteur.
Castiel aurait voulu dire quelque chose mais il en était incapable pour le moment. Les sanglots de Sam lui parvenaient toujours aux oreilles et il devait lutter contre sa propre envie de pleurer. Il préférait ne pas ouvrir la bouche par peur de dire quelque chose qu'il finirait par regretter.
- Quelle aventure hein ?! Qui aurait pu prédire ce qui allait se passer quand tu m'as pris au bord de cette route ? Commença Dean sur un ton léger.
Il avait probablement senti la fragilité de Castiel à cet instant précis et il voulait sans nul doute détendre quelque peu l'atmosphère. C'était inutile et impossible. Mais le jeune homme semblait déterminé à continuer sur cette voie.
- Je n'aurais jamais cru qu'on s'entendrait tu sais … au début je veux dire. Tu étais … gentil bien sur mais on était tellement différents toi et moi. Les exacts opposés en fait. Et j'ai bêtement pensé que tu serais un fils à papa de plus … un garçon intolérant et coincé. On peut dire que je me suis sacrément trompé sur ton compte. Et je suis vraiment content de ne pas avoir baissé les bras. Je suis content d'être resté.
Castiel pouvait comprendre les doutes du jeune homme à leur rencontre. Il en avait eu lui aussi. Mais son attirance pour lui l'avait aidé à les surmonter. Il était tombé amoureux ensuite et plus rien d'autre n'avait eu d'importance. Il n'en voulait pas au jeune homme d'avoir eu cette image de lui. Il lui était seulement reconnaissant et de ne pas s'y être tenu et d'avoir cherché à voir plus loin. A le connaître.
- Je te l'ai déjà dit je sais mais je n'ai jamais réellement eu d'amis. Tu es le premier en fait … mais je suis vraiment content d'avoir connu cette expérience avec toi. Et je veux que tu saches que je ne t'oublierais jamais. Tu seras toujours là dans un petit coin de mon esprit et dans un petit coin de mon cœur. Je ne sais pas trop comment décrire ce que je ressens pour toi. Je ne suis pas doué avec les mots. Mais tu comptes pour toi … tu as compté et c'est important que tu le saches.
Castiel acquiesça à nouveau, soulagé que son ami ait repris un ton un peu plus sérieux. Ses mots étaient agréables à entendre mais ils n'effaçaient pas le reste. Il ne rendait pas la situation plus facile à supporter.
- Je sais que tu tiendras la promesse que tu m'as faite et je sais que je peux compter sur toi pour Sam. J'ai mis du temps à le comprendre mais je sais aujourd'hui que je peux te faire confiance. Ce n'est pas quelque chose que j'ai fait souvent dans ma vie … et c'est sans nul doute pour ça que ça a été aussi difficile pour moi de le croire. Tu as changé tellement de choses dans ma vie Cas … dans la façon que j'avais de voir le monde et les gens et … surtout dans la façon que j'avais de me voir moi. Je veux que tu saches que je t'en suis reconnaissant.
- Dean, je suis tellement désolé. J'ai la sensation d'avoir échoué, avoua Castiel en sentant les premières larmes couler de ses yeux.
Dean les sécha aussitôt du bout des doigts puis posa sa main sur sa joue et lui adressa un petit sourire triste.
- Ne le sois pas … tu n'as rien à te reprocher. Personne avant n'avait fait autant pour moi. Personne. Et tu n'as pas idée de l'importance qu'a ta présence aujourd'hui pour moi. Je sais que ce n'est facile pour toi et … merci … merci de m'avoir accompagné jusqu'au bout. Je te confie mon frère les yeux fermés parce que je sais que tu es la personne idéale pour ça.
- Je tiendrais ma promesse, assura une nouvelle fois Castiel.
Dean hocha la tête puis vint coller son front contre celui de son ami. Leurs souffles se mêlaient entre leur deux bouches. C'était intime et tendre. Mais ils ne pouvaient pas ignorer les regards menaçants d'Alastair et de ses sbires. Pas plus que le temps qui leur filait entre les doigts et les rapprochait peu à peu de leur séparation.
- Sois heureux Cas … prends le temps de trouver ce que tu veux faire. Mène ta vie comme bon te semble et ne te laisse jamais influencer par ce que tes parents peuvent en penser. Tu es quelqu'un de bien. Je sais que tu rencontreras quelqu'un et que tu aurais droit au bonheur que tu mérites. Je suis content d'avoir fait un bout de chemin avec toi. Content d'avoir fait partie de ta vie même pour quelques semaines. Je suis honoré d'avoir été ton ami.
- Dean, murmura Castiel, incapable de dire quoi que ce soit de plus.
- Cas, je sais … je sais ce que tu ressens et tu sais ce que je ressens de mon côté. Faisons en sorte que cela suffise. Garde ce souvenir de moi. Pas celui du garçon que tu as rencontré au début ou celui qui t'a laissé ici aujourd'hui. Souviens toi de celui avec qui tu as visité San Francisco. Avec qui tu as ri et pris ta première cuite. Si tu y arrives, je continuerais d'exister. C'est tout ce que je demande.
Castiel ferma alors les yeux pour échapper au regard de Dean. C'était trop dur pour lui. Il ressentait le besoin de dire tout ce qu'il avait sur le cœur mais il était incapable de parler. Il n'aimait pas le faire devant Alastair et ses hommes. Il regrettait à présent de ne pas avoir saisi l'opportunité de le faire avant leur arrivée. Il sentit les mains de Dean se glisser dans son cou et il lui attrapa aussitôt les avants bras pour qu'il ne puisse pas lui échapper. Il n'était pas encore prêt à le laisser partir.
- Et repense à la Grande Ours, ajouta finalement Dean après quelques secondes de silence.
Ces quelques mots libérèrent quelque chose chez Castiel et il rouvrit les yeux. Il serra un peu plus fort encore les avants bras de Dean entre ses mains et sentit enfin les mots affluer dans sa bouche. Ils étaient nombreux et pendant une seconde, il eut peur qu'ils l'étouffent. Il se racla la gorge et choisit de se lancer.
- Tu es courageux Dean … incroyablement courageux. Je n'ai jamais rencontré quelqu'un comme toi et je ne pense pas avoir cette chance une seconde fois. Tu m'as appris tellement de choses que je ne saurais même pas par quoi commencer. Mais je peux te promettre que je m'en souviendrais toute ma vie. J'appliquerais toujours tes conseils à la lettre et je ferais en sorte de te rendre fier de moi même si tu ne seras pas là pour le voir.
Des larmes roulèrent doucement sur les joues de Dean et Castiel hésita une seconde à se taire. Mais il avait encore trop de choses à dire. Il avait besoin de parler. Besoin de faire en sorte que ce moment ait de l'importance. Qu'il compte pour eux deux.
- Tu sais combien tu comptes pour moi … tu sais exactement ce que je ressens. Et je continuerais probablement jusqu'à la fin de ma vie. Je ne pourrais jamais t'oublier. Si toutefois, je me sentais un peu seul … il me suffira de penser à la Grande Ours.
Dean hocha alors la tête et Castiel déposa un rapide baiser sur ses lèvres. Il avait pensé exercer une simple pression avec ses lèvres sur celles pulpeuses de son ami. Juste pour graver le goût qu'elles avaient dans son esprit. Mais de toute évidence, le jeune homme avait une autre idée en tête. Il poussa sa langue contre les lèvres de Castiel et quand ce dernier entrouvrit sa bouche, il la fit pénétrer à l'intérieur. Le rythme qu'il imposait à leur baiser devint rapidement plus passionné. Castiel savait qu'il s'agissait là d'une erreur. C'était une provocation. Alastair n'allait certainement pas apprécier de les voir s'embrasser. Et il avait la sensation que Dean le faisait exprès. Qu'il cherchait à lui faire du mal pendant qu'il le pouvait encore. Castiel aurait du mettre un terme au baiser mais il en était incapable. Pas quand la langue du jeune homme caressait la sienne, que son odeur emplissait ses narines et que ses doigts s'enfonçaient dans ses cheveux. Il ferma les yeux pour apprécier pleinement leur dernier baiser et sursauta quand le contact des lèvres du jeune homme disparut brutalement. Il rouvrit les paupières et sentit son sang se glacer quand il réalisa que l'un des hommes de main d'Alastair venait d'arracher Dean à lui. Il le tirait en arrière et pour la première fois depuis leur arrivée, le jeune homme se débattait. Castiel lut sur son visage l'angoisse de partir avec Alastair. Il ne voulait pas retourner avec lui. Il le faisait par obligation. Il était terrifié à l'idée de souffrir à nouveau. Castiel refusait de le voir partir. Il s'élança dans sa direction mais le deuxième homme l'attrapa avant qu'il n'ait pu atteindre son ami.
- Non, non, Dean … laissez le partir ! Laissez le partir bande d'enfoirés, cria Castiel en tentant de se défaire de l'étreinte de l'homme derrière lui.
Le jeune homme se débattait toujours. Il grogna et se tordait dans tous les sens. Alastair s'approcha alors de lui et posa une main sur sa nuque. C'était un geste possessif et qui ne souffrait aucun doute. Dean s'immobilisa immédiatement. C'était presque comme s'il avait reçu un coup de poing même s'il n'y avait eu aucune violence apparente dans ce geste. Mais il rappelait au jeune homme à qui il appartenait. Et il était programmé pour y répondre automatiquement. Castiel secoua la tête. Il aurait voulu voir son ami se battre. Mais cette année de liberté n'avait pas suffi à effacer les mois passés à s'entendre répéter qu'il appartenait à Alastair et qu'il ne pouvait pas vivre sans lui.
- Dean, ne le laisse pas faire. On peut trouver une solution. On peut s'en sortir … ensemble. Ce n'est pas toi … tu n'es pas comme ça. Tu n'es pas soumis. Tu dois te battre ! Lança Castiel.
Il se fichait que ses propos puissent le faire tuer. Il avait besoin que son ami l'entende. Besoin que Dean comprenne qu'il existait d'autres solutions. Mais le jeune homme avait la tête baissée à présent et il ne semblait plus capable de se défendre. Sam choisit ce moment pour intervenir à son tour. Il avait visiblement repris le dessus sur ses émotions et se mêla à nouveau à la discussion. Il attrapa Alastair par le bras pour tenter de le faire lâcher son frère. C'était idiot. Castiel le sut presque aussitôt. Car ce monstre ne comptait pas se laisser faire. Il se retourna sans retirer sa main de Dean et abattit son poing dans le visage du jeune garçon. Ce dernier recula alors de plusieurs pas. Il porta une main à sa joue rouge.
- Sam, le prévint Castiel.
Il voulait aider Dean mais il savait que cela risquait de retomber sur le jeune garçon. Et il avait fait une promesse à son ami. Il allait veiller sur son frère. Il ne devait rien lui arriver.
- Sam, viens ici, demanda t-il alors.
Le jeune garçon sembla surpris qu'il l'appelle mais il accepta de venir à ses côtés. Castiel passa alors un bras autour de ses épaules pour l'empêcher de tenter quoi que ce soit de plus. Il pouvait sentir la tension dans ses muscles. Il semblait totalement fou de rage. Castiel pouvait le comprendre. Il était dans un état similaire.
- Je ne vous laisserais pas gagner, assura t-il en reportant son attention sur Alastair.
Ce dernier avait toujours la main refermée sur le cou de Dean. Il faisait aller et venir son doigt contre sa peau. Ca aurait pu paraître tendre mais ça ne l'était pas. Bien au contraire. C'était une menace. Une affirmation de son statut. Il savait qu'il avait gagné et Castiel ne lui faisait absolument pas peur.
- Oh, je serais amusé de te voir tenter quelque chose. Mais je dois te prévenir tout de suite. Notre petit deal ne vaut que si tout le monde respecte sa part du marché. Si toi ou quiconque tentez de nous retrouver, je le tuerais … et je prendrais Sam à sa place. Je ne pense pas que c'est ce que vous voulez.
Castiel savait qu'il disait vrai. Il était parfaitement capable de se débarrasser du jeune homme et de le remplacer par son frère. Il ne prendrait aucun risque. Et il savait exactement sur quels boutons appuyer pour obtenir ce qu'il voulait. Castiel jeta un coup d'oeil à Dean et ne fut pas surpris de le voir dans la même position que quelques minutes plus tôt. Il n'était même pas sûr qu'il pouvait encore les entendre.
- Je ne laisserais jamais tomber mon frère ! Protesta brusquement Sam. Vous pouvez me menacer … vous ne me faites pas peur !
- Tu as tort mon garçon. Tu devrais être terrifié. Je suis ce qui peut t'arriver de pire. Crois moi. Je suis pire encore que le pire de tes cauchemars. Je te détruirais en quelques jours et j'y prendrais un plaisir fou. Ne doute surtout pas de moi sur ce point.
Castiel ouvrit alors la bouche pour intervenir à son tour même s'il ne savait pas réellement quoi dire mais Dean prit la parole avant lui, les surprenant tous.
- Ca suffit, murmura t-il.
Alastair fronça les sourcils en baissant les yeux sur lui.
- Pardon ?
Castiel savait que ce n'était pas à son bourreau que le jeune homme s'adressait. Il n'oserait pas s'opposer à lui. Pas quand il était dans cet état. C'était à lui et Sam qu'il parlait. C'était à eux qu'il demandait d'arrêter de se battre. Il en eut la confirmation quand Dean releva enfin la tête et les regarda tous les deux tour à tour. Un sourire élargit alors les lèvres d'Alastair et il hocha la tête.
- Ca suffit … ça ne sert à rien. Je ne vais pas changer d'avis et je ne veux pas qu'il vous arrive quoi que ce soit. Vous devez me laisser partir. C'est ma décision. Pas la votre.
- Mais Dean, protesta Sam d'une toute petite voix.
- Non, le coupa son grand frère aussitôt. Je vais partir avec lui. Je veux partir avec lui. Vous n'avez pas le droit de vous y opposer.
Castiel savait que le jeune homme mentait. Il n'avait pas envie de retourner vivre avec Alastair. Mais il espérait donner le change. Les pousser à partir sans se battre. Il avait peur pour eux. Il était terrifié de les voir tenter quelque chose. Et si Castiel était plus convaincu que jamais qu'il ne pourrait jamais laisser Dean entre les mains de ce monstre, il refusait de prendre des risques pour le moment. Castiel finit par hocher la tête pour signifier qu'il avait entendu son ami et posa ses yeux sur Alastair.
- Je vous déteste, affirma t-il.
Alastair ricana une seconde avant de sourire à nouveau.
- Tu n'es pas le premier et tu ne seras certainement pas le dernier. Ne crois pas que cela m'empêchera de dormir la nuit … surtout quand je peux m'allonger à côté de lui.
Il tourna le visage vers Dean et le lécha une seconde dans le cou arrachant un haut le cœur à Castiel.
- Fils de pute, lâcha Sam en avançant d'un pas.
Castiel l'attira alors à nouveau contre lui et resserra son étreinte autour de son épaule. Sam cessa de résister. Alastair reporta son attention sur eux et leur adressa un petit signe de la main.
- Bien, il est temps pour nous de partir. Je vous souhaiterais bien tout un tas de bonnes choses mais ce serait mentir et ma mère m'a toujours dit qu'il était mal de mentir.
Castiel posa une dernière fois son regard sur Dean. Le jeune homme avait toujours la tête levée mais il avait le regard dans le vague. Son accès de combativité l'avait laissé vidé et de toute évidence totalement incapable d'en faire plus. Il se laissa faire quand Alastair passa son bras autour de ses épaules et l'entraîna en arrière. Castiel avait le cœur qui battait très fort dans sa poitrine. De nouvelles larmes coulaient sur ses joues. A côté de lui, Sam pleurait à nouveau bruyamment. Castiel garda toutefois les yeux rivés sur Dean. Il n'était pas sûr qu'il le reverrait un jour et il voulait graver son visage dans son esprit. Ses yeux glissèrent sur les lèvres du jeune homme et il fut surpris de constater qu'elles bougeaient, formant une série de mots. Il fronça les sourcils en les lisant. « Je vous aime ». « Je suis désolé ». Ces deux phrases en boucle. Castiel laissa échapper un sanglot mais ne bougea pas. Il garda Sam collé contre lui alors qu'Alastair s'éloignait un peu plus encore, Dean sur les talons. Le jeune homme finit par leur tourner le dos et par entrer dans la maison, disparaissant de leur champ de vision. Castiel était incapable de bouger. Il ne savait pas s'il reverrait Dean un jour et il détestait la façon dont leurs « adieux » s'étaient déroulés. Mais ces derniers mots formés du bout des lèvres lui donnaient de l'espoir. Le jeune homme qu'il connaissait était toujours là quelque part, caché sous les barrières qu'il avait érigées pour se protéger.
- Dean, murmura faiblement Sam à ses côtés.
Castiel avait oublié pendant une seconde la présence du jeune garçon à ses côtés. Il tourna lentement le visage vers lui et sursauta quand ce dernier tomba brusquement à genoux, échappant à son étreinte. Il s'accroupit à son tour. Par terre, Sam était plié en deux, la tête collée contre le sol, son corps entier secoué par des sanglots. Castiel posa une main dans son dos. Il ne connaissait pas réellement le frère de Dean et il ne savait pas quoi dire pour le réconforter. Il doutait de pouvoir le faire. Ce qu'ils venaient de vivre était horrible. Il n'existait pas de mots suffisant forts pour le décrire.
- On va le récupérer, jura t-il finalement. Je te jure qu'on le sauvera.
C'était peut être une promesse en l'air. Il aurait sans doute été plus honnête de promettre qu'ils feraient tout leur possible pour récupérer le jeune homme. Mais ce n'était pas ce que Sam avait besoin d'entendre à cet instant. Il venait de perdre son frère et il avait besoin qu'on lui donne de l'espoir. Castiel pouvait au moins faire ça.
- Tout est de ma faute, répliqua Sam sans se relever.
Castiel reconnaissait bien là la tendance des Winchester à se culpabiliser pour tout ce qui se passait mal autour d'eux. Ils se ressemblaient sur ce point. Mais Sam devait comprendre qu'il n'était pas coupable du choix de son frère. Pas plus qu'il n'était responsable des erreurs qu'il avait faites par le passé. Tout était de la faute de Gordon Walker et d'Alastair.
- Non, tu te trompes. Tu n'y es pour rien.
- Qu'est-ce que tu en sais toi ? S'écria alors Sam en se redressant.
Il repoussa Castiel des deux mains et le fit tomber sur les fesses.
- Qui es tu pour me dire ce que j'ai ou non le droit de penser ! Ajouta Sam, furieux.
Castiel ne bougea pas mais garda les yeux rivés sur le jeune garçon. Il prit une grande inspiration pour reprendre un semblant de calme avant de parler à son tour.
- Je suis l'homme qui aime ton frère … je suis celui à qui il a demandé de veiller sur toi et je suis celui qui va faire tomber le salopard qui lui a fait autant de mal, expliqua t-il calmement
Sam le regarda une seconde avant d'hocher finalement la tête. Castiel pouvait comprendre qu'il ne lui fasse pas réellement confiance. Ils ne se connaissaient pas. La seule fois où Sam l'avait vu, c'était le jour où Dean lui avait annoncé qu'il était en danger. Il ne savait pas ce que Dean et lui avaient vécus ensemble, ce qu'ils s'étaient promis et les mots échangés. Mais entendre Castiel lui dire clairement qu'il était amoureux de son frère semblait l'avoir réconforté.
- Ok, ok, accepta le jeune garçon après quelques secondes.
Castiel lui fit alors signe d'approcher et le laissa se blottir contre lui. Il referma ses bras autour du jeune garçon et appuya son menton sur le sommet de son crâne. Il répéta les mêmes promesses à voix basse dans les cheveux de Sam autant pour le convaincre que pour se rassurer lui même. Ils étaient peut être impuissants mais cela ne devait pas signifier qu'ils devaient être résignés. Il leur restait des options. Henriksen était la première. Castiel était prêt à prendre tous les risques pour sauver Dean. Il était prêt à donner sa vie pour sauver celle du jeune homme. Mais avant tout, il allait mettre Sam en sécurité pour respecter la promesse qu'il avait faite à Dean. Il serra le jeune garçon un peu plus fortement contre lui et repensa aux mots que son ami avait formé du bout des lèvres. « Je vous aime ». « Je suis désolé ». Castiel ferait en sorte que ce ne soit pas les derniers mots que son ami lui adresserait. Il refusait qu'Alastair gagne à nouveau. Et il se fichait de ce que ce monstre pouvait en penser.
