Bonjour,
Et voici le 30ème chapitre. On est définitivement dans la dernière ligne droite cette fois et il est l'heure pour Castiel de passer à l'action.
Merci de me lire et de m'écrire.
Bonne lecture,
Sydney8201
Musique du chapitre :
Skyfall d'Adele
Chapitre 30 : Besoin d'aide
« Si la destinée ne nous aide pas, nous l'aiderons nous-même à se réaliser »
Chosroes Ier
Ils avaient rejoint Sioux Falls le lendemain soir après quelques nouvelles heures de voiture. Sam n'avait malheureusement pas son permis et Castiel avait du conduire seul. Ils n'avaient pas réellement parlé dans la voiture, épuisés par la courte nuit passée et les confessions qu'ils avaient partagées. Ils semblaient avoir réussi à s'entendre sur au moins un point. Ils voulaient tous les deux sauver Dean, l'aimaient autant l'un que l'autre et devaient coopérer pour parvenir à leur but.
Sam était toujours bouleversé par ce qu'il avait entendu. Castiel pouvait le lire sur son visage et dans les larmes qui semblaient toujours sur le point de couler. Il pouvait facilement le comprendre. Il savait à présent ce qu'Alastair avait en tête pour son frère. Ce qu'il lui avait déjà fait subir. En quelques minutes, Dean était passé du statut de grand frère à celui de victime. Sam allait devoir s'habituer à voir son aîné différemment. A ne plus le mettre sur un piédestal et à admettre qu'il avait des blessures dont il ne parvenait pas à guérir.
Castiel continuait de ressentir le manque consécutif à leur séparation. Il pensait à lui à chaque seconde où il regardait la route défiler sous ses yeux. Il se demandait ce qu'Alastair était en train de lui faire et si Dean parvenait à s'échapper à l'intérieur de son propre esprit comme il l'avait fait avant. Il se demandait s'il avait perdu espoir. S'il songeait à la mort. Et quand ces pensées menaçaient de le faire pleurer à nouveau, il continuait de réfléchir à un plan.
Il en avait un relativement simple quand ils atteignirent enfin Sioux Falls. Il allait déposer Sam chez Bobby puis appeler Henriksen et lui demander de l'aide. Il croiserait ensuite les doigts pour que l'agent du FBI soit prêt à prendre des risques pour aider son ami et obtenir les informations nécessaires à mettre Alastair derrière les barreaux. Il appellerait ensuite Gabriel pour lui expliquer la situation et lui demanderait s'il pouvait faire quelque chose pour lui. Il savait que son frère avait quelques relations dont certaines agissaient dans l'illégalité la plus totale. Certaines d'entre elles pouvaient sans doute les aider.
Bobby les accueillit avec soulagement. Sam l'avait appelé pour lui résumer la situation. Castiel n'était pas forcément à l'aise avec l'homme qui avait en partie élevé Dean. Il ne savait pas quoi lui dire ou même s'il était réellement le bienvenue dans sa maison. Sam l'invita pourtant à entrer sans hésiter et Bobby lui serra la main sans lui dire quoi que ce soit.
Castiel était intimidé par cet homme. Il lui était reconnaissant de toutes les choses qu'il avait faites pour son ami. Mais il y avait quelque chose chez Bobby qui imposait le respect et la méfiance. Ce n'était pas dans son apparence physique. Il n'était ni particulièrement grand ni particulièrement musclé. Il ressemblait à n'import quel américain vivant dans une petite ville américaine. Il portait une chemise à carreaux sur un vieux tee shirt qui portait des marques de cambouis et d'huile de moteur. Son jean était rapiécé aux deux genoux et la casquette qu'il avait vissée sur son crâne était de toute évidence vieille et usée. Il avait une bonne quarantaine d'année et avait de profondes rides sur le visage. Ses joues étaient couvertes d'une barbe grisonnante. Il était somme toute plutôt ordinaire physiquement. Mais ses yeux brillaient et reflétaient sa grande intelligence. Castiel avait la sensation qu'une sorte d'aura émanait de lui. Il ressemblait à un de ses sages qui prêchaient la bonne parole dans les films que Gabriel aimait tant. Il parlait d'une voix grave et ses mots étaient soigneusement comptés. Castiel devinait assez facilement l'affection qu'il avait pour Sam dans la façon qu'il avait de regarder le jeune garçon et pour Dean dans la tristesse qui émanait de lui constamment.
Sam prit alors un moment pour expliquer à son père de substitution la situation dans laquelle son frère s'était mise. Il lui raconta également rapidement les tortures qu'il avait déjà subies sans évoquer les viols à répétition. Bobby se contenta de l'écouter sans rien dire avant de quitter la pièce en silence pour se servir un verre de whisky. Il en amena un à Castiel et le posa devant lui sur la table basse. Ce dernier comprit alors qu'il était accepté dans cette drôle de famille pour le moment. Il savait qu'il allait devoir faire ses preuves. Mais pour le moment, il ne redoutait plus d'être mis à la porte et c'était déjà un premier pas en avant.
Il utilisa le temps dont il disposait pour observer la maison dans laquelle Dean avait grandi. Elle était immense et ancienne. Mais elle était chaleureuse. Les murs étaient couverts d'étagères qui pliaient sous le poids de livres et d'albums photos. Plusieurs cadres avaient été également disposé ici et là. Tous contenaient un cliché de Sam ou Dean. Bobby n'avait peut être pas élevé les deux frères depuis leur naissance mais il se comportait clairement comme leur père depuis la mort de John Winchester. Castiel était content de voir que son ami avait eu au moins une figure paternelle valable. Ils n'étaient pas liés par le sang mais ils s'aimaient. C'était une bonne chose.
Quand Sam eut fini de parler, Bobby se tourna vers Castiel et lui fit signe de parler. De toute évidence, même accepté par cet homme, il allait devoir lui expliquer comment il était entré dans la vie de son « fils ». Et sans nul doute prouver également qu'il n'avait que de bonnes intentions le concernant. Il était un peu anxieux à l'idée d'échouer dans cette tâche. Il comptait sur l'aide de Bobby pour ramener Dean chez lui. Il avait besoin de les convaincre.
Il choisit donc de se montrer parfaitement honnête. Il raconta comment il avait rencontré le jeune homme par hasard et pour quelle raison il était lui même sur la route. Il décrivit les doutes qu'il avait à son égard puis évoqua son attirance pour son ami. Il ne cacha rien de leurs séparations et de leurs disputes. Quand il raconta enfin comment il avait du faire face à Edgar puis à Crowley et Alastair, Bobby l'interrompit pour lui demander des précisions sur le passé de Dean. Castiel hésita une seconde avant de lui dire tout ce qu'il savait. Il parla des tortures, de l'enfermement, des viols et de Benny. Il parla également d'Henriksen et de la fuite du jeune homme. Il finit par raconter comment son ami avait du se rendre pour sauver la vie de Sam.
Bobby resta silencieux durant de très longues minutes quand il eut fini de parler. Il vida son verre de whisky et Castiel décida d'en faire de même. Il manquait encore d'habitude avec l'alcool et sa gorge protesta vivement contre le traitement reçu. Mais il avait besoin de s'occuper les mains. Sam était assis à côté de lui sur le canapé et semblait lui aussi en proie à une intense réflexion. Quand Bobby se racla finalement la gorge, indiquant qu'il comptait prendre la parole et qu'il attendait toute leur attention, Castiel releva le nez de son verre vide et posa les yeux sur lui.
- Comment va t-on sortir cet idiot de là ?
Castiel sentit alors le soulagement l'envahir et il sourit faiblement à Bobby. Il avait leur soutien et ensemble, ils étaient plus forts. Ils allaient sauver Dean. Peu importait ce que cela allait leur coûter. Castiel ne doutait pas une seconde de l'engagement de Bobby et de Sam. Il attendit quelques secondes avant de leur expliquer son plan. Il consistait principalement à contacter Henriksen pour lui demander de leur prêter main forte. Bobby l'approuva sans hésiter puis se leva pour leur servir à nouveau un verre de whisky chacun. Il refusa d'en apporter un à Sam et lui donna à la place un verre de lait qui fit grimacer le jeune garçon. Quand il se réinstalla sur son fauteuil, il demanda à Castiel de lui parler d'Henriksen. De lui décrire dans les détails leur rencontre. Il l'interrogea également sur ce qu'il pensait de cet homme et de ses intentions quant à Dean. Castiel leur parla de l'accord passé puis de Franck Desveraux. Il choisit de ne rien garder pour lui, préférant de loin se montrer sincère.
- Tu couches avec lui n'est-ce-pas ? Demanda finalement Bobby quand Castiel décrivit ce qu'il avait ressenti en voyant Dean torturer Franck.
Pendant une seconde, le jeune homme ne sut pas quoi répondre. Il n'avait pas honte de ses sentiments pour son ami. Pas plus qu'il n'avait honte d'être gay. Bobby semblait avoir parfaitement accepté la bisexualité de Dean. Il ne le critiquerait pas sur ce point. Il prit alors une grande inspiration et finit par hocher la tête. Bobby avait les yeux rivés sur lui et Castiel sut qu'il réfléchissait encore à ce qu'il allait dire. Il déglutit avec peine.
- Je l'aime, précisa t-il.
C'était sans doute ce que Bobby voulait entendre puisqu'il lui adressa alors un sourire avant d'hocher la tête à son tour. Castiel se passa ensuite une main sur le visage puis vida son verre d'une traite. L'alcool lui brûla à nouveau la gorge mais il commençait à s'habituer à la sensation. Il n'avait pas pris ses antidouleurs et son épaule le lançait affreusement. Bobby dut s'en rendre compte puisqu'il lui demanda de lui montrer la blessure. Castiel hésita à nouveau mais finit par retirer son tee shirt. Bobby s'approcha alors de lui et regarda les sutures pendant de longues secondes.
- C'est du bon travail. Il n'y a pas d'infection. Tu as de la chance, commenta t-il.
Castiel acquiesça. Il savait qu'il devait sa survie aux efforts déployés par Dean pour soigner sa plaie. Bobby changea son bandage rapidement en expliquant qu'il avait acquis quelques connaissances médicales quand il était soldat. Castiel le laissa faire puis remit son tee shirt. Ils discutèrent ensuite de son plan pendant un long moment. Ils convinrent de laisser Castiel appeler Henriksen pour lui donner rendez vous chez Bobby. Ce dernier leur prépara ensuite un dîner copieux avant d'indiquer la chambre que Castiel pouvait occuper pour la nuit. Il s'agissait de celle où Dean avait dormi jusqu'à son arrestation. Elle n'était pas grande et le lit était conçu pour une seule personne. Mais elle était chaleureuse, comme le reste de la maison, et portait les traces du passage du jeune homme. Il y avait quelques posters sur les murs, la plupart représentant des groupes de musique que Castiel ne connaissait pas. En face du lit se trouvait une étagère où Dean avait rangé plusieurs livres, quelques DVDs et une multitude de Cds. A côté, Bobby avait installé une commande. Castiel en ouvrit les premiers tiroirs et regarda avec amusement les vêtements que son ami avait laissés derrière lui. Il avait une quantité astronomique de boxers en tous genres et de toutes marques dans le premier. Le second contenait des tee shirts et des jeans. Le dernier avait été vidé. Castiel se dirigea ensuite vers la table de nuit qui se trouvait à la droite du lit. Elle contenait un livre de poche, des paquets de mouchoirs, un magasine de voiture et un album photo dont la couverture avait été brûlée. Castiel le sortit délicatement puis s'installa en tailleur sur le lit et l'ouvrit.
Les premières photos représentaient un jeune couple visiblement amoureux. L'homme était brun et séduisant, habillé d'une veste en cuir, d'un jean et d'une chemise à carreaux. La femme était splendide. Blonde, les cheveux longs, elle avait les yeux verts et un sourire qui avait du briser plus d'un cœur. Castiel sentit sa gorge se nouer en réalisant qu'il s'agissait des parents de Dean. Il observa les clichés durant de longues secondes, cherchant les ressemblances avec son ami. Il avait clairement pris les traits de sa mère. Ses yeux. Sa bouche. Il avait en revanche la mâchoire de son père. Castiel tourna les pages lentement. Les photos suivantes avaient prises quelques années plus tard. John avait des rides au coin des yeux et ses joues étaient couvertes de barbe. Il tenait un bébé dans ses bras. Mary le regardait avec tendresse, assise sur un vieux fauteuil. Castiel reconnut l'enfant aussitôt. Dean. Il caressa son visage du bout du doigt avant de tourner à nouveau les pages. Les photos suivantes trahissaient le bonheur immense que la famille Winchester avait connu pendant les quatre premières années de l'existence du jeune homme. Il y avait ensuite quelques photos de Dean avec Sam dans ses bras. Son ami était un petit garçon visiblement joyeux et attentif. Il tenait son petit frère bien serré contre lui et le regardait avec un grand sourire sur les lèvres. Castiel ne put s'empêcher de penser à ce qui s'était passé ensuite. A la façon dont ce bonheur leur avait été arraché brutalement en quelques minutes. A la façon dont Mary Winchester était morte brûlée vive. Castiel tourna finalement la page, refusant de se laisser submerger par ses émotions. Les photos suivantes étaient beaucoup plus récentes. Dean était adolescent dessus. Il devait avoir environ seize ans. Il se tenait à côté d'un jeune garçon un peu plus âgé que lui. Castiel observa son ami durant de longues secondes. Il pouvait comprendre ce qu'Alastair avait vu chez le jeune homme à cette époque. Son visage était presque féminin, ses traits délicats et ses yeux immenses sur son visage juvénile. Il était déjà grand mais ses épaules n'étaient encore larges. Il y avait quelque chose d'innocent dans son regard. Quelque chose qui n'existait plus depuis plusieurs années. Quelque chose qu'Alastair avait pris un malin plaisir à lui voler. Le garçon à côté de Dean avait la peau noire et les yeux sombres. Il avait les lèvres charnues et bien que plus petit que le jeune homme, il était nettement plus carré que lui.
Castiel sut presque aussitôt qu'il s'agissait de Gordon Walker. Il pouvait le deviner dans la façon que Dean avait de le regarder sur le cliché. Il y avait une sorte de fascination dans ses yeux. Pas de l'amour non mais de l'attirance. Gordon, lui, semblait totalement indifférent. Son sourire était faux et ses yeux calculateurs. Castiel savait qu'il avait abusé de l'attirance que Dean avait eu pour lui. Il en avait soutiré ce dont il avait envie. Le sexe principalement. Et la complicité dans ces larcins. Dean avait été trompé sur tous les plans par ce garçon. Et c'était à cause de lui que le jeune homme était aujourd'hui dans cette situation. S'il n'avait pas déjà été tué, Castiel l'aurait volontiers retrouvé pour lui donner son avis sur le sujet. Il secoua la tête puis tourna les pages de l'album photo rapidement. Il y avait quelques autres clichés de Dean et Gordon. Quelques uns de Dean et Sam. Une de Bobby. Les dernières pages étaient vides. Castiel referma l'album photo en soupirant longuement.
Il se demandait souvent quel genre de jeune homme Dean serait devenu s'il n'avait pas perdu sa mère. S'il n'avait pas rencontré Gordon. Il aurait pu faire des études et trouver un travail. Il n'aurait pas ressenti le besoin de voyager à travers tous les Etats Unis. Il aurait pu exploiter son potentiel et devenir quelqu'un d'extraordinaire. Il aurait pu accomplir de grandes choses. Castiel savait qu'ils ne se seraient pas rencontrés mais il était prêt à sacrifier sa relation avec le jeune homme si toutefois cela lui garantissait une existence heureuse.
Castiel rangea finalement l'album photo dans le tiroir puis retourna près de la commode. Il en sortit un vieux tee shirt qui portait encore l'odeur de Dean. Il le serra contre lui durant de longues avant de retirer le sien en même temps que son jean. Il enfila ensuite le tee shirt qui avait appartenu à son ami puis se glissa sous les draps de son lit. Il ne pensait pas être aussi fatigué mais il s'endormir presque aussitôt.
Quand il se réveilla, le jour était levé. Il prit une douche rapidement, enfila un jean propre et un autre des tee shirts de Dean. Il avait la sensation d'être proche du jeune homme en gardant le vêtement sur lui. Il avait la sensation de pouvoir sentir son odeur sur lui. C'était apaisant. Il se fichait de ce que Sam et Bobby pouvaient en penser. Il savait que son geste aurait été apprécié par son ami. Il avait besoin d'un peu de réconfort. Le manque était toujours aussi présent, brisant son cœur et tordant son estomac. Il avait constamment envie de pleurer ou de crier. Il était impatient et nerveux. Il avait besoin de Dean. Besoin de le savoir en sécurité. Porter son tee shirt était une maigre consolation mais cela l'aidait à se sentir un peu mieux. Il ne voyait pas ce qu'il faisait de mal.
Quand il rejoignit Bobby et Sam dans la cuisine, il sentit leurs regards sur lui jusqu'à ce qu'il s'asseye finalement à la table pour boire son café. Personne ne lui dit quoi que ce soit sur le tee shirt qu'il portait. Il en fut soulagé. Ils ne parlèrent pas jusqu'à ce que Castiel annonce son intention d'appeler Henriksen. Bobby lui donna une multitude de conseils qu'il n'écouta que d'une oreille distraite et Sam le supplia de réussir à convaincre l'agent de venir les voir.
Castiel composa le numéro que Dean lui avait donné avant leur séparation. Il le composa d'une main qui tremblait puis partit s'installer sur le canapé pour être le plus à l'aise possible. Bobby prit place sur le fauteuil qu'il avait occupé la veille. Il avait cette fois un mug de café entre les mains. Sam les rejoignit quelques secondes plus tard avec une assiette remplie d'oeufs brouillés dont l'odeur tordit l'estomac de Castiel.
- Agent Henriksen, FBI, lança l'agent en décrochant enfin.
Castiel prit une grande inspiration avant de choisir de se lancer.
- Agent Henriksen, Cas … Jimmy au téléphone, l'ami de Dean, déclara Castiel en se souvenant à la dernière seconde qu'il n'avait pas donné son véritable prénom à l'agent du FBI.
Il savait qu'ils avaient du retard sur le temps qu'Henriksen leur avait imparti. Ils avaient rencontré de trop nombreux obstacles pour parvenir à respecter le timing imposé. Il se doutait qu'Henriksen avait perdu tout espoir de les voir revenir avec les documents. Il était prêt à se le faire reprocher. Il ne fut pas déçu sur ce point.
- Vous êtes en retard Jimmy. Je suppose que Dean a une nouvelle fois changé d'avis. Je n'en serais pas étonné. Mais il ne doit pas compter sur moi pour respecter ma part du marché comme prévu. Le FBI n'est pas une organisation caritative. C'est donnant donnant. Et pour le moment, je suis le seul à donner et le seul à ne rien recevoir en retour.
Castiel ravala sa colère. Les accusations d'Henriksen étaient totalement injustes. Mais il ne pouvait pas savoir ce qui s'était passé. Il était logique qu'il pense que Dean lui avait fait faux bond. Il ne connaissait pas le jeune homme comme Castiel le connaissait. Il aurait été idiot de lui en faire le reproche.
- Dean avait prévu de vous fournir les documents. Il les avait en mains mais les choses se sont compliqués. Nous avons été capturé une première fois par Alastair et ses hommes et il a été … torturé sous mes yeux. Quand nous avons réussi à nous échapper, nous avons rejoint le lieu où se trouvaient les documents mais ensuite … Sam, le frère de Dean, a été enlevé par Alastair et Dean accepté de faire un échange. Il lui a remis les documents contre la vie de son frère. Vous ne pouvez décemment pas le lui reprocher.
Castiel tourna le visage pour observer Sam qui avait les yeux fixés sur son assiette.
- Vous m'appelez donc pour me dire que vous ne me fournirez jamais ces documents ? C'est extrêmement courtois de votre part mais vous auriez du vous épargner ce coup de fil. J'ai toujours su qu'il finirait par me faire faux bond. Après la première fois …
- Il ne vous a pas fait faux bond ! Le coupa aussitôt Castiel. Vous ne savez rien de lui. Vous lui avez demandé d'accomplir des miracles durant plusieurs mois et il a tout fait pour vous satisfaire. Vous avez mis sa vie en danger en lui demandant de faire le travail d'un agent chevronné alors même qu'il n'était qu'un gamin et vous … vous n'avez pas veillé sur Sam comme vous le lui aviez promis. Je dirais que c'est vous qui lui avez fait faux bond. Il est temps que vous rattrapiez vos erreurs.
Il était risqué de s'attaquer ainsi à Henriksen. Castiel savait qu'il n'avait aucune chance de l'impressionner ou de lui faire peur. Il avait été confronté à des hommes bien plus dangereux que lui. Mais il espérait qu'il parviendrait à le culpabiliser suffisamment pour obtenir son aide. Ou qu'il lui donnerait envie de s'en mêler en lui faisant miroiter l'occasion unique de faire tomber Alastair.
- Je ne réagis jamais bien quand on me donne des ordres … surtout quand on ne fait pas partie de ma hiérarchie, répliqua Henriksen d'une voix grave.
Il semblait énervé mais il n'avait pas raccroché. Ce qui réconfortait considérablement Castiel quant à la méthode qu'il avait choisi d'adopter. Il devait continuer sur la même voie mais se montrer prudent. Il n'était pas dans son intérêt de braquer Henriksen.
- Je ne vous donne pas d'ordres. Je ne fais que pointer l'évidence. Je vous demande d'agir en conséquence et de réparer vos erreurs.
- Ecoutez Jimmy, je suis désolé pour Sam. Je le suis sincèrement. Il m'a tout l'air d'un bon gosse. Mais je n'ai pas l'intention de prendre des risques ou d'en faire prendre à d'autres agents simplement parce que vous estimez que j'ai commis des erreurs.
Castiel secoua la tête puis se massa une seconde l'arrête du nez entre ses doigts. Il avait un début de migraine et son épaule recommençait à lui faire mal.
- Il ne s'agit pas de prendre des risques inconsidérés mais simplement de faire en sorte de trouver les preuves nécessaires à faire tomber l'homme après lequel vous courrez depuis des années. Il me semble que c'est un deal plutôt intéressant pour vous.
- Demandez à Dean de me fournir la preuve qu'il peut m'obtenir d'autres documents et je ferais en sorte de le mettre en sécurité, lui et toute sa famille.
Castiel jeta un coup d'oeil à Bobby qui sirotait son café en le regardant avec sérieux. C'était lui et Sam la famille du jeune homme. Un jeune garçon de seize ans et un homme qui n'avait aucun lien de parenté avec lui. Mais il savait que Dean aurait privilégié leur sécurité plutôt que la sienne et Castiel se souvenait parfaitement de la promesse qu'il lui avait faite à ce sujet. Il comptait bien obtenir la garantie qu'ils seraient protégés et inclus dans le programme de protection des témoins.
- Le problème est que je ne peux pas joindre Dean, avança alors Castiel.
- Il vous a abandonné ? Je vous avais prévenu Jimmy. Vous n'êtes pas de taille à …
- Il ne m'a pas abandonné, le coupa une nouvelle fois Castiel.
Il entendit Henriksen soupirer longuement à l'autre bout du fil. Il ne semblait pas le croire. Il le sous estimait et le voyait sans doute comme un imbécile qui était tombé amoureux de la mauvaise personne. Mais si Castiel se fichait totalement de ce qu'il pouvait penser de lui, il ne tolèrerait pas qu'il continue à dénigrer Dean de la sorte. Pas après le sacrifice que le jeune homme avait fait pour eux.
- Alastair a exigé de lui qu'il lui remette les documents contre Sam … mais pas seulement. Il le voulait lui aussi et … Dean a accepté et aujourd'hui, il est de nouveau entre ses mains. On sait tous les deux ce que cela signifie. On sait tous les deux ce qu'il lui a fait par le passé.
Castiel espérait sincèrement qu'Henriksen n'était pas uniquement obsédé par sa carrière et qu'il avait un cœur derrière cette attitude hautaine et sûr de lui. Il avait besoin qu'il ait de la peine pour Dean. C'était la seule solution pour le faire pencher de son côté et obtenir ce dont il avait besoin.
- Je suis désolé de l'apprendre mais si c'est son choix …
- Ce n'est pas son choix ! Il voulait le faire tomber et vous le savez parfaitement. Il a du se rendre … il a du se sacrifier. Vous ne pouvez pas rester indifférent. C'est de votre faute s'il est dans cette situation.
- Je doute que ce soit de ma faute.
Castiel commençait réellement à perdre patience. Il était énervé et il ne voyait aucune issue positive à ce coup de téléphone. Mais il n'avait pas le choix. Il devait demander l'aide d'Henriksen. Il ne pouvait pas agir seul. Il était totalement impuissant contre Alastair et son organisation.
- Ecoutez Jimmy … je n'aime pas plus que vous ce que ce monstre a pu faire à Dean ou à toutes les autres victimes innocentes qui ont eu le malheur de croiser son chemin. Mais à l'heure qu'il est, il est déjà probablement mort.
- Il n'est pas mort ! Protesta Castiel en se levant du canapé.
Il pouvait sentir le regard de Sam et de Bobby dans son dos mais il choisit de ne pas leur faire face. Il n'était pas sûr de pouvoir contenir ses émotions et les reniflements qu'il entendait lui laissaient penser que Sam pleurait. Il ne pouvait pas l'affronter. Pas encore. Il fit plusieurs pas en avant et s'immobilisa devant l'immense cheminée qui occupait une bonne partie du mur en face de lui. Il avait lui aussi déjà imaginé que son ami était mort. Il savait que Dean ne pourrait pas supporter de nouvelles tortures. Il mettrait fin à ses jours. Ou Alastair se lasserait et le tuerait. Il était terrifié à l'idée d'arriver trop tard. Mais il refusait de l'entendre dire par un homme qui avait l'expérience d'Henriksen. Car cela rendait la menace trop réelle. Il avait besoin de nier. Besoin de se convaincre qu'il avait raison de continuer à se battre.
- Dean m'a dit plusieurs fois qu'il songeait à mettre un terme à sa vie … qu'il ne pouvait plus supporter ce qu'Alastair lui faisait tous les jours. Benny lui a sauvé la vie. Il a retrouvé une certaine motivation. Mais si ce que vous me dites est vrai, je doute qu'il ait encore de l'espoir. Et cela ne laisse rien présager de bon. Il a probablement déjà mis fin à ses jours. Ou Alastair s'en sera chargé pour lui.
- Alastair ne le tuera pas … il veut le garder auprès de lui. Il aime le faire souffrir. Il aime … abuser de lui. Il ne renoncera pas à ça.
Castiel avait conscience que ses paroles pouvaient choquer Bobby et Sam mais il refusait de tourner autour du pot pour les ménager. C'était l'entière vérité et ils avaient besoin de l'entendre encore et encore pour comprendre l'urgence de la situation.
- Il ne se suicidera pas non plus … il a des raisons de se battre, ajouta Castiel après quelques secondes.
- Ah oui et lesquelles ?
- Il a son frère et … il a Bobby. Il m'a moi aussi.
Henriksen ricana une seconde et Castiel eut la sensation qu'il se moquait de lui. Il ne semblait pas croire qu'il pouvait y avoir des sentiments entre Dean et lui.
- Vous pouvez rire de moi si cela vous amuse mais … je sais qu'il tient à moi … je sais qu'il a des sentiments pour moi comme j'en ai pour lui. Il ne se tuera pas … il sait que nous allons venir le chercher.
Il mentait sur ce dernier point. Il pensait sincèrement que Dean ne croyait plus être sauvé. Il ne voulait pas que ses proches prennent ce risque pour lui. Il avait perdu tout espoir de s'échapper un jour. Il avait compris qu'il n'existait plus qu'une seule échappatoire pour lui. Mais Castiel croisait les doigts pour qu'ils arrivent à temps. Alastair allait probablement le surveiller de près. Il ne le laisserait pas seul. Dean n'avait certainement pas pu mettre son plan à exécution. Il était encore en vie.
- Jimmy, écoutez, je …
- Non c'est vous qui allez m'écouter ! Le coupa une énième fois Castiel. Dean est entre les mains de ce monstre et il est en train de souffrir au moment où nous parlons. Je refuse de l'abandonner et vous devriez le refuser vous aussi. Il a toute sa vie devant lui mais parce que personne ne s'est jamais réellement soucié de lui, il traverse l'enfer et … vous continuez de douter que vous devez l'aider ? C'est une occasion unique pour vous de prendre Alastair en flagrant délit. Rien qu'avec ce qu'il a fait à Dean, vous avez de quoi l'envoyer en prison jusqu'à la fin de sa vie.
Castiel fit finalement face à Bobby et Sam. Ils le regardaient tous les deux avec attention. Le jeune garçon pleurait silencieusement alors que son « père » d'adoption serrait sa tasse dans ses mains. Ils ne perdaient pas une miette de ce que Castiel disait à Henriksen. Il aurait probablement été plus judicieux de leur demander de partir. Mais il doutait de parvenir à leur faire entendre raison.
- Est-ce que vous savez au moins où il a pu emmener Dean ? Finit par demander Henriksen.
Castiel sentit son cœur s'emballer en réalisant que l'agent semblait enfin avoir accepté de les aider. Ou qu'il commençait à envisager cette possibilité. Ce qui était définitivement mieux que rien. Il adresse un hochement de tête à Sam puis commença à faire les cent pas.
- Je n'ai pas d'adresse précise si c'est ce que vous souhaitez. Nous avons rejoint Alastair à Lawrence au Kansas et c'est également là qu'il nous a détenu quand il nous a attrapé.
- Je doute qu'il utilise cette planque deux fois s'il a la certitude que vous serez capable de nous y conduire. Il a du choisir un autre endroit.
Castiel doutait effectivement qu'Alastair se trouve encore au Kansas. Mais il ne connaissait aucune autre planque où il aurait pu se rendre avec Dean. Il avait espéré qu'Henriksen puisse l'aider sur ce point.
- Vos agents ne peuvent pas le localiser ? Demanda t-il.
Si c'était le cas, nous serions probablement déjà en train de le surveiller. Nous avons la liste de tous ses biens immobiliers mais ils abritent tous des sociétés écrans qui servent à blanchir l'argent qu'il retire des différents trafics auxquels il participe. Il ne cachera pas Dean là bas. Ce serait bien trop risqué.
- Alors quoi ?
Henriksen soupira à nouveau longuement et Castiel serra le poing. Il refusait de se laisser abattre mais il avait conscience d'être face à une montagne. Et il n'était définitivement pas équipé pour la gravir.
- Je vais tenter de localiser certains de ses acolytes. Les faire suivre en espérant qu'ils nous conduiront à Alastair. Mais je ne peux rien vous garantir. Je suppose que vous ne connaissez personne capable de le trouver rapidement.
Castiel secoua la tête avant de se souvenir que l'agent ne pouvait pas le voir. Il grogna une seconde.
- Non … bien sûr que non. Je suis juste … je suis quelqu'un d'ordinaire. Je n'ai pas ce genre de pouvoir ou de relation.
Il prit ensuite quelques secondes pour réfléchir à ses options. Il savait que ses frères et sœur étaient influents. Ses parents également. Il était prêt à les contacter pour leur demander leur aide si toutefois il jugeait cela nécessaire. Mais il doutait que l'un d'eux ait développé ce type de relation dans les Country Clubs ou les soirées mondaines qu'ils fréquentaient. Il lui fallait quelqu'un qui avait déjà flirté avec l'illégalité. Quelqu'un comme Gabriel. Il sourit faiblement.
- Je ne peux rien garantir mais je connais quelqu'un qui … qui éventuellement pourrait avoir ce type de relation.
- Vous êtes un homme plein de surprise Jimmy.
Castiel haussa les épaules. Il n'était pas sûr de pouvoir prendre cela comme un compliment mais il n'avait jamais été aussi content que son frère ait choisi de suivre sa propre voie. Il était rangé aujourd'hui mais avait fréquenté quelques personnes à la moralité douteuse quand il se « cherchait ». Castiel priait pour que l'un d'entre eux soit capable de l'aider.
- Je ne suis pas sûr qu'il aura ce type de relation mais je vais tout de même tenter ma chance.
- Et je suppose que vous ne me donnerez pas le nom de cette personne.
- Vous supposez bien.
Castiel ne voulait surtout pas risquer d'exposer son frère à une arrestation ou un quelconque interrogatoire simplement parce qu'il connaissait des gens peu fréquentables. Il se passa la main sur le visage et attendit qu'Henriksen lui dise ce que lui comptait faire de son côté.
- Je vais avertir ma hiérarchie que nous aurons bientôt des informations … je tenterais de les convaincre de monter une opération pour sauver Dean. Mais pour cela, il me faudra le lieu où il se trouve. Et il me le faudra rapidement. Je doute qu'il lui reste beaucoup de temps.
Castiel le savait. Il n'avait pas l'intention de perdre du temps. Il hocha plusieurs fois la tête avant de soupirer longuement.
- Parfait … je … je vous recontacte dès que j'en sais plus.
Henriksen le salua alors puis raccrocha le téléphone. Castiel resta quelques secondes sans bouger, son portable toujours collé contre son oreille. Il laissa ensuite retomber son bras le long de son corps et posa ses yeux sur Sam et Bobby. Même en n'ayant entendu qu'un côté de la conversation, ils devaient en avoir saisi l'essentiel. Il n'avait probablement pas besoin de leur faire un topo complet.
- Il accepte de nous aider, énonça t-il simplement.
Sam hocha alors la tête puis sécha ses larmes du revers de la main. Bobby se leva du fauteuil et vint prendre place à côté de lui. Il passa son bras autour de ses épaules et l'attira contre lui. Sam se laissa faire sans protester. Il y avait quelque chose d'enfantin chez lui. Quelque chose qui le faisait paraître plus jeune que son âge. Castiel le trouvait incroyablement touchant.
- Le plus dur reste à faire maintenant … il va falloir trouver Alastair. Il va falloir le localiser et croiser les doigts pour qu'on arrive à temps.
Il ne voulait pas enjoliver la situation. Ce qu'Henriksen lui avait dit lui avait mis le doute et il refusait de donner de faux espoirs à Sam. Il voulait croire qu'ils sauveraient Dean et il voulait que le jeune garçon le pense aussi. Mais il avait peur que la chute soit plus rude encore s'il lui faisait miroiter des choses qu'ils n'obtiendraient pas. Il ne pouvait lui faire aucune promesse.
- Tu as parlé de quelqu'un qui pourrait t'aider, rappela alors Bobby d'une voix rauque.
Castiel le soupçonnait de contenir difficilement ses émotions lui aussi. Il ne le lui fit pas remarquer bien sûr.
- Mon frère Gabriel … il … disons qu'il a commis lui aussi quelques erreurs quand il était plus jeune et il a … fréquenté des personnes peu recommandables. Je ne sais pas s'il pourrait faire quelque chose pour nous aider mais je sais qu'il fera de son mieux.
Bobby acquiesça alors visiblement soulagé par ce qu'il entendait. Castiel n'aimait pas forcément l'idée que tout puisse reposer sur ses épaules mais il n'avait pas d'autres choix. Il s'était juré de retrouver Dean et avait fait une promesse à Sam. Il allait la tenir.
- Qu'est-ce qui va se passer ensuite ? Quand ils l'auront retrouvé … qu'est ce qu'ils feront de lui ? Demanda alors Sam.
Castiel se laissa tomber sur le fauteuil que Bobby avait occupé jusque là et poussa un très long soupire.
- Alastair ira en prison pour ce qu'il a fait subir à Dean et … ton frère et vous deux, vous serez mis en sécurité. On changera vos identités et on vous offrira une nouvelle chance.
- Et toi dans tout ça ?
Castiel aurait aimé pouvoir dire à Sam qu'il les suivrait. Qu'il serait inclus dans le programme et qu'ils pourraient tous être heureux ensemble. Mais il refusait de lui mentir sur ce point. Ce n'était pas son avenir qui comptait mais celui de Dean et de ses proches.
- Moi, je retournerais à ma vie … j'irais vivre avec mon frère à Chicago et je … j'essaierais de vivre avec mes sentiments pour Dean.
- Je trouve ça injuste, protesta Sam.
Castiel était surpris de le voir prendre ainsi son partie. Il savait que le jeune garçon avait accepté de lui faire confiance mais il avait pensé qu'il ne l'appréciait pas. Il avait cru qu'il se méfiait de lui. De toute évidence, il s'était trompé.
- Ca l'est … mais il n'est pas question de moi. Il n'a jamais été question de moi. Je le savais depuis le début. Ce n'est pas une surprise et je l'ai accepté.
- Oui et bien moi je ne suis pas d'accord, rétorqua Sam.
- Ca ne changera rien.
Castiel était touché que le jeune garçon le soutienne. Mais il n'avait pas envie de débattre plus longtemps du sort qui lui serait réservé quand cette histoire serait terminée. Il avait dit vrai. Il avait fini par accepter de ne plus jamais pouvoir faire parti de la vie de Dean. Il était prêt à faire ce sacrifice pour le bonheur du jeune homme. Il l'aimait et il voulait le savoir heureux. A défaut de pouvoir le voir heureux …
- Et c'est peut être mieux ainsi. Je ne pense pas … je ne crois pas que ton frère soit prêt à aimer quelqu'un. Il aura besoin de se reconstruire. De reprendre confiance en lui et d'oublier ce qu'il aura subi. Il aura besoin de toi pour soigner ses blessures … de vous deux. Je ne ferais que l'entraver sur le chemin … je ne ferais que lui rappeler l'enfer qu'il a traversé. C'est mieux si je sors de votre vie quand tout sera fini.
Castiel pensait réellement ce qu'il disait même si cela le rendait incroyablement triste. Il avait accepté l'idée de ne jamais revoir Dean et de ne pas savoir ce qu'il deviendrait. Il ne pouvait qu'imaginer. Il savait qu'il continuerait à le faire pendant encore longtemps. Peut être pour le reste de sa vie. Il doutait de pouvoir oublier le jeune homme et les sentiments qu'il avait pour lui. Il ne le regrettait pas. Mais il espérait sincèrement trouver un jour quelqu'un qu'il aimerait autant que son ami. Il savait que c'était également ce que Dean souhaiterait pour lui quand ils se sépareraient pour la dernière fois.
- Mais … protesta une nouvelle fois Sam.
- Sam, le coupa Bobby. Ca suffit. N'insiste pas.
Castiel lui adressa un sourire pour le remercier de son soutien. Il était réellement surpris d'avoir été aussi vite accepté dans cette drôle de famille. Il se doutait que ses sentiments pour Dean jouaient en sa faveur. Il était content de s'être montré honnête sur ce point.
- Je devrais appeler Gabriel. On ne peut pas perdre de temps, déclara Castiel après quelques secondes.
Bobby et Sam hochèrent la tête en même temps. Castiel redoutait ce coup de fil. Il savait que son frère accepterait de l'aider. Il avait confiance en lui. Mais il savait également qu'il allait probablement se voir reprocher de ne pas avoir suivi ses conseils et d'avoir pris des risques. Il allait devoir expliquer à Gabriel pourquoi il l'avait fait. Il espérait que cela lui attirerait la sympathie de son frère. Gabriel avait commis beaucoup d'erreurs quand il était en couple avec Kali. Il allait probablement se revoir dans son jeune frère.
- Bonne chance, souffla Bobby en serrant Sam contre lui un peu plus fortement.
Castiel hocha la tête puis indiqua les escaliers du menton. Il ne voulait pas appeler son frère devant Bobby et Sam. Il avait besoin d'être seul pour lui expliquer. Seul pour lui donner les détails de sa relation avec le jeune homme. Il n'attendit pas que les deux autres lui donnent leur accord et il s'éloigna aussitôt. Il monta les escaliers puis rejoignit la chambre qu'il avait occupé la nuit précédente. Il ferma la porte derrière lui puis se laissa tomber sur le lit. Il tira le col du tee shirt de Dean et huma le parfum longuement. Il en tirait un incroyable réconfort. Il se sentait proche du jeune homme en sentant son odeur sur lui. C'était sans doute un peu cliché et il ne l'aurait jamais fait en temps ordinaire. Mais rien dans cette situation n'était normal. Il avançait à tâtons et avait besoin de se raccrocher à quelque chose. Il se fichait de ce que les autres pouvaient en penser. Il porta son téléphone à ses yeux et observa l'écran noir durant de longues secondes. Il avait conscience de l'importance de ce coup de fil. Et même s'il se savait parfaitement capable de réussir à convaincre Gabriel, il ne pouvait s'empêcher d'avoir peur. Son frère était sa dernière chance. S'il n'avait personne vers qui le rediriger, il aurait perdu toute chance d'aider Dean. Il devait garder cette hypothèse en tête et croiser les doigts pour qu'elle ne se réalise pas. Son frère avait la vie du jeune homme entre ses mains. Ses potentielles connaissances également. Castiel adressa une prière silencieuse à quiconque l'écoutait pour obtenir ce dont il avait besoin auprès de Gabriel. Il était prêt à tout pour retrouver Alastair. Il prendrait contact avec n'importe qui du moment qu'il avait une chance de localiser le monstre qui détenait l'homme qu'il aimait. Après un long soupire, il se décida enfin à composer le numéro.
