Bonjour,
Voici le 31ème chapitre de cette histoire.
Pour info, je pars au ski samedi pour une semaine. Je rentre samedi prochain et repart mardi pour une nouvelle semaine. Je ne vais donc pas pouvoir publier normalement. Je pensais donc publier samedi un chapitre à nouveau avant d'en publier un le lundi avant de repartir. Je sais que ça ne fera que deux chapitres en deux semaines à la place des quatre et j'espère que vous me le pardonnerez ...
Dites moi ce que vous en pensez.
Merci à toutes les personnes qui me lisent et m'écrivent.
Bonne lecture
Sydney8201
Musique du chapitre :
The motivation proclamation de Good Charlotte
Chapitre 31 : Charlie
« Ne pas confondre espoir et illusion, car si l'espoir fait vivre, les désillusions peuvent faire le désespoir »
Angélique Planchette
Gabriel avait accepté de les aider. Il n'avait pas hésité une seconde même s'il avait passé quelques minutes à sermonner son frère. Il lui avait reproché de s'être laissé entraîner dans une histoire qui le dépassait totalement et d'avoir développé des sentiments pour un homme qui ne pourrait jamais les lui rendre. Castiel lui avait alors expliqué ce que Dean avait vécu sans omettre les moindres détails. Il avait parlé des tortures et des viols. De la mort de Benny. Gabriel avait semblé touché par les souffrances endurées par le jeune homme. Il avait pesté contre Alastair, contre la cruauté du monde en général et contre le destin. Il avait confirmé son accord pour aider son frère et la famille de Dean. Puis il avait expliqué à Castiel qu'il avait sans nul doute la personne idéale pour localiser le jeune homme.
Castiel et lui avaient convenu de se retrouver à mi chemin entre Chicago et Sioux Falls, à Cedar Rapids en Iowa. Gabriel lui avait ensuite promis de contacter Charlie, la personne qu'il jugeait capable de les aider. Castiel avait été tenté de lui demander comment il la connaissait mais avait renoncé au dernier moment. Il préférait ne pas trop en savoir sur le passé de son frère. Il préférait de loin ignorer certaines choses.
Convaincre Bobby et Sam de l'attendre à Sioux Falls ne fut pas une tâche facile. Le jeune garçon était têtu et refusait d'être mis sur la touche. Il voulait aider son frère et voulait être actif dans les recherches. Bobby, quant à lui, avait la sensation que Castiel ne lui faisait pas confiance pour les aider. Il avait du leur expliquer longuement que Charlie ne réagirait sans doute pas bien en voyant arriver autant de monde. Elle avait voulu disparaître des écrans radars – Castiel préférait ne pas savoir pourquoi – et refusait catégoriquement d'être vue par trop de personnes à la fois. Il avait obtenu son accord uniquement parce qu'il était le frère de Gabriel et qu'elle avait confiance en lui. Elle se braquerait et prendrait la fuite si toutefois ils arrivaient tous ensemble. Elle était leur seule chance de trouver Dean. Ils devaient le comprendre. S'ils voulaient aider le jeune homme, ils devaient accepter de le laisser faire. Ils devaient lui faire confiance. Bobby fut le premier à céder alors que Sam continua d'argumenter pendant de longues minutes. Il finit par céder à son tour mais fit jurer à Castiel qu'il les tiendrait informés de toutes les évolutions.
Le jeune homme prit la route le lendemain. Il avait cinq heures de route devant lui et il préférait passer une bonne nuit avant de se lancer. Il informa son frère de son heure approximative d'arrivée par message avant de dire « au revoir » à Sam et Bobby.
Il apporta avec lui le tee shirt de Dean qu'il avait porté jusque là. Il pensa à son ami durant tout le temps qu'il passa sur la route. Il était incapable de penser à autre chose. Il avait conscience de jouer gros lors de cette rencontre. Gabriel lui avait expliqué que Charlie était d'une nature paranoïaque. Elle se méfiait de tout et de tout le monde. De toute évidence, elle avait un passé compliquée. Gabriel avait avoué ne pas en connaître lui même les détails et Castiel n'avait pas posé de questions. Il espérait pouvoir convaincre la jeune femme de l'aider en lui décrivant la situation dans laquelle Dean se trouvait. Il espérait qu'ayant elle même connu des difficultés, elle comprendrait qu'il était nécessaire de le sauver. Gabriel lui avait promis de travailler en amont pour la préparer à ce qu'ils allaient lui demander. Il lui assura que si elle acceptait de les retrouver à Cedar Rapids, une partie du chemin était déjà faite. Elle ne prendrait pas le risque de se montrer si elle savait qu'elle refuserait de leur rendre service.
Les cinq heures et quelques six cent kilomètres qui le séparaient de son objectif lui semblèrent durer une éternité. Il était impatient et nerveux. Il voulait croire que la jeune femme serait capable de les aider. Il voulait croire que Gabriel savait exactement ce qu'il faisait. Mais il ne pouvait s'empêcher de douter. Il était déterminé à ne pas se faire d'illusions. Il savait qu'elles risquaient de lui coûter cher mais il avait tout de même besoin de garder espoir. C'était un compromis compliqué à faire. Castiel avait du mal à trouver le juste équilibre entre les deux.
Il utilisa le temps dont il disposait pour repenser à ce que son frère lui avait dit sur Charlie. De toute évidence, elle était un vrai génie de l'informatique. Elle était capable de pénétrer dans les réseaux les plus sécurisés du monde et pouvait obtenir toutes les informations possibles et imaginables derrière son écran. Elle avait créé un logiciel de localisation qui avait fait ses preuves et avait été convoité par plusieurs grosses sociétés. Elle avait refusé de le vendre, préférant le mettre à disposition de ceux qui en avaient réellement besoin. Elle aurait pu devenir millionnaire. Elle préférait aider les autres. C'était un bon point pour eux. Le cas de Dean ne la laisserait probablement pas indifférente.
Une fois arrivé à Cedar Rapids, Castiel envoya un message à Gabriel pour lui demander le lieu de rendez vous puis il prit une chambre dans un motel et y déposa ses affaires. Quand il reçut la réponse de son frère, il reprit la route sans se soucier de la fatigue accumulée depuis son départ. Il demanda sa direction au gérant du motel et pénétra dans la ville, le cœur battant et l'estomac noué.
Il eut quelques difficultés à localiser l'endroit dont Gabriel lui avait parlé. Il dut s'arrêter deux fois pour se faire confirmer le chemin à prendre avant de parvenir à trouver la bonne rue. Il se gara sur la première place disponible et continua la route à pied. Le café que Gabriel avait choisi était un de ses endroits à la mode où on offrait en plus de la consommation une connexion internet gratuite. De toute évidence, Gabriel voulait s'assurer que Charlie pourrait se mettre tout de suite au travail si elle acceptait de les aider.
Castiel ne pouvait pas nier que l'implication totale de son frère le surprenait. Il savait que Gabriel avait été touché par l'histoire de Dean et qu'il était prêt à tout pour aider son jeune frère. Mais il avait pensé devoir batailler avec lui pour obtenir des noms de personnes qu'il avait fréquentées par le passé. Il avait cru que son frère refuserait de les impliquer pour un jeune homme qu'il ne connaissait pas et qui ferait inévitablement souffrir Castiel. Mais il avait accepté de s'impliquer totalement dans cette histoire. Il avait activé son réseau aussitôt. Castiel se sentait soutenu et aimé. Il ne se sentait pas seul. C'était un immense soulagement pour lui. Il était rassuré à présent sur le fait qu'il pourrait toujours compter sur son frère.
Il était le premier sur place et choisit de s'asseoir à une table dans un coin de la salle. Il avait pris cette habitude avec Dean quand ils étaient encore ensemble et il supposait que l'intention plairait à Charlie. Il voulait se montrer sous son meilleur jour. Il voulait gagner sa confiance. Et il supposait qu'elle aurait les mêmes réflexes que son ami. Leur situation était relativement similaire. Ils étaient tous les deux en fuite.
Le serveur vint prendre sa commande quelques secondes plus tard et Castiel lui demanda un café noir. Il avait sommeil et avait grandement besoin d'un peu de caféine pour tenir le coup. Il savait que les prochains jours seraient compliqués et fatiguant. Il était au départ d'un marathon et il ne voulait surtout pas s'effondrer en cours de route.
Une fois son café posé en face de lit, Castiel le regarda de longues minutes comme s'il allait y trouver la solution à tous ses problèmes. Il releva ensuite la tête et observa les tables autour de lui. Il n'y avait pas grand monde dans le café à cette heure ci. Seuls quelques clients buvaient tranquillement en tapotant sur leurs ordinateurs. Aucun ne semblait s'intéresser à lui. Il se passa la main sur le visage avant de se frotter les yeux pour chasser la fatigue qu'il ressentait toujours et qui pesait sur ses paupières.
- Cassie ?
Castiel sursauta en entendant la voix de son frère. Il était surpris de ne pas l'avoir entendu arriver. Il l'observa une seconde avant de sortir de sa torpeur et de lui faire signe de s'asseoir. Il s'apprêtait à lui demander où se trouvait Charlie quand il aperçut une jolie rousse qui avançait d'un pas décidé dans leur direction. Elle avait une sacoche qui semblait affreusement lourde sur l'épaule et des lunettes de soleil sur le nez. Elle s'arrêta à leur hauteur puis se laissa tomber sur une chaise en poussant un grand soupire. Castiel n'avait jamais été du genre à juger les gens sur leur apparence mais il ne put s'empêcher d'être surpris en voyant Charlie pour la première fois. Elle n'avait rien de très impressionnant. Ni physiquement ni dans la façon de s'habiller. Elle ressemblait à une étudiante sage. Elle avait le look d'une lycéenne.
- Charlie, Castiel … Castiel, Charlie, les présenta Gabriel après quelques secondes de silence.
Castiel tendit la main à la jeune femme et lui adressa un sourire quand elle accepta de la lui serrer. Elle avait de très longs cheveux roux et des yeux sombres. Ses vêtements étaient colorés et son tee shirt annonçait fièrement son amour pour Hermione Granger. Castiel se mordilla la lèvre une seconde, incapable de trouver un moyen d'entamer la conversation avec la jeune femme. Elle représentait son seul espoir et il voulait faire bonne impression. Il ne savait simplement pas comment s'y prendre.
- Ok, Gabe m'a dit de venir parce que son petit frère avait besoin d'aide. Alors vas y, dis moi pourquoi il a fallu que je sorte de ma cachette. Ce n'est pas quelque chose que je fais souvent, déclara Charlie en sortant son ordinateur de sa sacoche.
Castiel hocha la tête longuement. Il savait qu'il ne disposait que d'une seule chance de la convaincre. Il était terrifié à l'idée d'échouer. Et à présent qu'elle lui avait parlé, Castiel était impressionné par elle.
- Je ne sais pas ce que Gabe t'a dit ou s'il t'a donné des détails … mais … pour faire court, je suis actuellement à la recherche de quelqu'un … d'un homme en fait.
- Il existe les sites de rencontres pour ça, le coupa Charlie en souriant.
Castiel baissa les yeux sur ses mains qui tenaient toujours fermement sa tasse de café. Il était légèrement vexé par ce qu'elle venait de dire mais il se força à garder son calme. Il ne voulait surtout pas prendre le risque de la vexer à son tour.
- Ce n'est pas … ce n'est pas ce genre de recherche. Dean est … c'est mon ami. On s'est rencontré il y a quelques temps et … on a été séparé il y a quelques jours.
- Il t'a largué et tu veux le reconquérir ?
Castiel ferma les yeux et prit une profonde inspiration. Il était capital qu'il ne s'énerve surtout pas. Même si l'envie de remettre Charlie à sa place était forte. Il supposait qu'il s'agissait là d'un test pour vérifier qu'il était bien intentionné. Qu'il ne l'avait pas contacté pour quelque chose d'idiot. Il l'espérait en tout cas.
- Il ne m'a pas largué … Charlie, on n'est pas … on n'est pas en couple.
Gabriel se racla alors la gorge à côté de la jeune femme et Castiel le fusilla aussitôt du regard. Son frère devait être de son côté. Il n'avait pas le droit de se moquer de lui de la sorte. Ou de tourner la situation en ridicule. Dean était peut être déjà mort et il n'avait pas la sensation que son frère en avait conscience.
- Ecoute, les choses sont … elles sont compliquées. Dean et moi ne sommes pas en couple. Je suis effectivement amoureux de lui mais ce n'est pas de ça dont il est question. Il … il a un passé compliqué.
- Compliqué comment ? Demanda Charlie en fronçant les sourcils.
Castiel savait qu'il avait réussi à attiser sa curiosité et à éveiller son intérêt. C'était un premier pas en avant. Il réfléchit à la meilleure manière de présenter les choses une seconde avant de se lancer.
- Dean a été prisonnier d'un homme qui a abusé de lui et l'a torturé pendant un an. Il s'est échappé après que ce monstre ait tué sous ses yeux l'homme qu'il aimait. Il a réussi à le fuir pendant un an. Mais il y a quelques jours, Alastair a kidnappé son frère et a proposé à Dean un échange.
- Laisse moi deviner, son frère contre lui ?
- Dean n'avait pas le choix. Et il est aujourd'hui à nouveau entre ses mains et … je sais qu'il va de nouveau lui faire du mal. Je sais qu'il va recommencer à le faire souffrir … à le violer et à le frapper. Je ne peux pas … je ne peux l'accepter.
Castiel pouvait sentir sa gorge se nouer en parlant du jeune homme. Il pouvait parfaitement l'imaginer à cet instant précis, souffrant sous les coups d'Alastair, perdu quelque part dans son esprit, priant pour que la fin soit proche. Il s'essuya les yeux du revers de la main même si les larmes ne coulaient pas encore.
- Tu penses que je peux retrouver cet homme et t'aider à sauver Dean ? Demanda alors Charlie en fronçant les sourcils.
Castiel sentit son cœur s'accélérer en réalisant qu'il avait peut être placé trop d'espoir dans cette rencontre. Il s'était fié à ce que Gabriel lui avait dit de Charlie mais il avait sans doute eu tort de le croire sur parole. Son frère avait toujours eu tendance à exagérer les talents des gens qu'il appréciait. Charlie ne faisait peut être pas exception. Il déglutit avec peine avant de se tourner vers Gabriel.
- Tu m'as dit qu'elle … commença t-il.
- Cassie, le coupa Gabriel aussitôt.
- Hé les gars, je suis là je vous rappelle. Si tu as quelque chose à me dire Castiel, tu peux t'adresser à moi directement.
Castiel n'aimait pas la façon qu'elle avait de le remettre à sa place sans même sourciller. Il n'était pas du genre à se vexer facilement ou à s'emporter pour si peu. Mais il était sur les nerfs. Il était épuisé et il était terrifié pour Dean. Il n'avait pas le temps de jouer au petit jeu que la jeune femme semblait décider à lui imposer. Soit elle pouvait l'aider soit il partait. La vie de l'homme qu'il aimait était en jeu.
- Tu ne peux pas m'aider, asséna t-il.
Ce n'était pas une question car à cet instant précis, il était persuadé que c'était exactement ce que Charlie allait lui dire. La jeune femme ricana alors une seconde avant de croiser ses bras sur son torse.
- Si je ne peux pas t'aider alors personne ne le peut Cassie, répliqua t-elle en souriant.
L'emploi de son surnom, qu'il n'autorisait que dans la bouche de Gabriel, le fit grimacer. Il soupira longuement, agacé avant de se lever de sa chaise.
- Je vais me débrouiller seul. Désolé mais je n'ai pas de temps à perdre, jeta t-il en sortant son portefeuille de sa poche pour régler son café qu'il n'avait pas bu.
Charlie secoua alors la tête puis lui fit signe de se rassoir. Castiel avait conscience qu'il avait perdu du temps en acceptant ce rendez vous. Il en voulait terriblement à Gabriel de l'avoir fait espérer. Il aurait du partir et ne pas gâcher le peu de temps dont il disposait. Mais quelque chose dans le regard de Charlie le convainquit de rester.
- Ok, descends de tes grands chevaux et calme toi cinq minutes, lança Charlie en allumant son ordinateur.
- Je n'ai pas cinq minutes. Tu ne comprends pas l'urgence de la situation je crois. Je n'ai pas cinq minutes parce qu'à l'heure qu'il est, Dean est peut être déjà mort. Alors cette situation t'amuse sans doute beaucoup mais je n'ai pas envie de rire.
Charlie fronça alors les sourcils et Castiel eut la sensation que pour la première fois depuis qu'elle était arrivée, la jeune femme comprenait enfin le sérieux de sa requête. Elle tapota quelque chose sur son clavier d'ordinateur puis fit à nouveau signe à Castiel de s'asseoir.
- Tu aurais du commencer par là … ça nous aurait éviter de perdre du temps inutilement, déclara t-elle sans relever le nez de son écran d'ordinateur.
Castiel avait pourtant l'impression d'avoir été clair sur la gravité de la situation. Mais il avait réussi à obtenir l'aide de Charlie et il n'avait pas envie de l'énerver maintenant. Il se rassit finalement avec un long soupire et attendit que la jeune femme s'explique.
- Ce que je voulais dire tout à l'heure, c'est que je suis sans nul doute la seule personne au monde apte à t'aider. Je peux retrouver à peu près n'importe qui n'importe où. Il me suffit d'un peu de temps et de quelques infos. Je vais localiser ton petit copain et t'offrir la chance de lui sauver la vie.
Castiel sentit alors le soulagement l'envahir. Il avait les yeux qui se remplissaient de larmes et il les essuya du revers de la main. Il avait une chance. Elle était peut être mince mais elle était là. Il devait s'y raccrocher de toutes ses forces et prier pour que tous ses efforts ne soient pas vains. Il repensa une seconde à son ami avant d'hocher la tête. Charlie en avait fini avec son ordinateur. Elle releva la tête et l'inclina sur le côté en observant Castiel.
- Ok, j'ai besoin des noms et prénoms de ton ami, du monstre qui le détient et de tous ceux qui pourraient avoir participer à son enlèvement.
Castiel prit quelques secondes pour réfléchir avant de se lancer.
- Mon ami s'appelle Dean Winchester. L'homme qui le tient s'appelle Alastair Black. Pour ceux qui travaillent avec lui, je n'en connais que quelques uns. Il y a Meg Masters, Fergus Crowley, Edgar dont je ne connais pas le nom de famille et … il y avait également Richard Roman mais il est … il est mort.
Il se garda bien de dire que c'était Dean qui l'avait tué. Il ne voulait pas ternir l'image que la jeune femme pourrait avoir de son ami. Même s'il estimait aujourd'hui qu'il avait eu raison d'abattre ce salopard.
- Dick Roman travaille avec ce type ? Demanda Charlie en fronçant les sourcils.
Castiel hocha la tête. Il n'était pas surpris que la jeune femme puisse connaître Roman. Il était un chef d'entreprise réputé et reconnu pour son talent dans les affaires. Multimillionnaire à trente ans, il était connu de beaucoup de personnes. La plupart ignorait bien sûr qu'il était également l'un des piliers d'une organisation criminelle.
- J'ai travaillé pour Dick Roman, expliqua alors Charlie en reportant son attention sur son ordinateur.
Castiel s'apprêtait à lui dresser le portrait de l'homme qu'il était vraiment mais la jeune femme reprit la parole avant qu'il n'ait le temps de dire quoi que ce soit.
- C'est … c'était de toute évidence, un salopard de première. J'ai toujours su qu'il trafiquait quelque chose dans son coin et en marge de son entreprise. Je n'ai jamais pu obtenir de preuves et j'ai du partir avant qu'il ne découvre que je cherchais à le faire tomber. Il m'a menacé à plusieurs reprises et … ce type était un monstre. Je suis contente qu'il ait enfin eu ce qu'il méritait.
Castiel acquiesça alors, soulagé de constater que la jeune femme n'était pas dupe sur son ancien patron. Cela rendait les choses plus simples pour lui. Elle semblait plus motivée encore pour trouver Dean.
- Tu as une photo de Dean sur toi ? Demanda t-elle ensuite.
Castiel sortit son téléphone portable et lui montra une des photos qu'il avait prise du jeune homme à San Francisco. Il était particulièrement beau dessus, son visage illuminé par la lumière du soleil couchant. Ses yeux semblaient briller de milles feux alors que son sourire éclairait son visage. Charlie l'observa une seconde avant lui prendre le téléphone des mains. Elle fit quelques manipulations rapide puis le lui rendit.
- OK, je me suis envoyée la photo. Je vais lancer un programme de reconnaissance faciale. Je vais en faire de même avec Alastair. Je ne peux pas te garantir des résultats mais c'est une première étape.
Castiel observa une seconde la photo de Dean avant de ranger son téléphone. Il savait qu'il n'était pas difficile de se procurer des photos d'Alastair. Il suffisait de taper son nom dans n'importe quel moteur de recherche. Il participait à beaucoup de galas de charité et autres évènements mondains. Son visage était connu. Sa couverture solide. Personne ne le soupçonnait d'être un criminel sadique. Pas quand il continuait de donner son argent à toutes les associations caritatives qui le sollicitaient quotidiennement. C'était la face cachée de l'iceberg. Celle que tout le monde voyait sans creuser plus loin.
- Je t'avais dit qu'elle était brillante, intervint Gabriel en tapotant gentiment la main de son frère.
Castiel ne lui répondit pas. Il était encore énervé par le sort que les deux amis lui avaient réservé au début de leur entretien. Il préférait réserver son jugement sur Charlie tant qu'il n'avait pas obtenu d'informations concrètes.
- Pendant que le logiciel cherche ce salopard, je vais tenter de trouver un maximum d'informations sur lui. Téléphone, compte en banque, sociétés. Je vais essayer d'infiltrer le son ordinateur personnel via le site de sa société et voir si je peux dénicher son emploi du temps. Je pourrais peut être le localiser par ce biais.
Charlie expliquait ce qu'elle allait faire comme si toutes ces manipulations coulaient de source et étaient extrêmement simples à réaliser. Elles l'étaient peut être pour elle. Mais pour Castiel, cela ressemblait à une mission impossible à remplir. Il se garda bien de le dire. Il ne voulait surtout pas insulter l'intelligence de la jeune femme.
- Je vais nous chercher des cafés, lança alors Gabriel en se levant.
Castiel le suivit des yeux une seconde avant de se reconcentrer sur Charlie. Elle tapait sur son ordinateur à une allure impressionnante. Ses yeux étaient plissés et le bout de sa langue visible entre ses lèvres. Au bout de ce qui sembla être une éternité, elle releva finalement la tête.
- J'ai une bonne et une mauvaise nouvelle Cassie.
Castiel se retint de lui demander de ne surtout pas employer ce surnom.
- La bonne c'est que mon logiciel de reconnaissance faciale vient de me donner un résultat. La mauvaise c'est que je ne parviens pas à craquer la sécurité du site de son entreprise.
Charlie semblait particulièrement surprise par ce dernier point. Castiel supposait qu'Alastair s'était entouré des meilleurs informaticiens de la planète pour se protéger et garder secrète les informations qu'il refusait de divulguer.
- D'après ce que j'ai pu trouver, Alastair Black a été vu hier à Flagstaff en Arizona. C'est étrange puisqu'il n'a pas de société là bas ni aucune raison de traîner dans le coin. Je suis prête à parier qu'il s'y trouve parce que c'est là bas qu'il a caché ton petit ami. Mais je ne peux pas obtenir de résultats plus précis puisque je ne peux pas traquer son numéro de téléphone professionnel ou personnel sans passer le pare feu de son site.
C'était une première information mais elle ne suffisait pas. Castiel doutait de pouvoir trouver Dean sans avoir de précisions sur l'endroit où Alastair se trouvait actuellement. Il avait une idée vague du lieu, un Etat, mais cela revenait à chercher une aiguille dans une botte de foin. Il ne pensait pas pouvoir convaincre Henriksen de retourner tout l'Arizona pour trouver une personne.
- Tu ne peux vraiment pas réussir à franchir cet obstacle ? Demanda t-il, surpris par l'impuissance de la jeune femme.
Charlie haussa les épaules alors que Gabriel revenait s'asseoir à la table et lui tendait une tasse de chocolat chaud.
- La personne qui a été chargée de sécuriser le site est douée … vraiment douée. Il a verrouillé tous les accès. Je pourrais peut être réussir à contourner l'obstacle mais il me faudrait beaucoup de temps et je doute d'en disposer. Le plus simple serait de savoir qui a mis toutes ces barrières en place. Je suppose que tu n'as pas le nom de cette personne.
Castiel regrettait à présent de ne pas avoir demandé à Dean de lui fournir un organigramme de l'organisation que dirigeait Alastair. Il avait quelques noms mais il n'avait pas ceux qui étaient nécessaires à la jeune femme. Il se sentait totalement impuissant. Et stupide. Il n'avait pas été suffisamment vigilent. Il était le seul à blâmer dans cette histoire.
- Je t'ai donnée tous les noms que j'avais, répondit il avec fatalisme.
Il n'avait rencontré qu'Alastair, Meg, Crowley, Edgar et Dick. Il avait également vu quelques hommes de main qui travaillaient pour eux mais il doutait qu'ils soient suffisamment intelligents pour barrer l'accès du site à Charlie. Il fallait être un génie pour parvenir à mettre de telles sécurités en place. Castiel n'avait rencontré personne de ce genre. Il serra les poings, réveillant la douleur de son épaule et grimaça quand elle irradia dans tous son bras. Gabriel ouvrit la bouche alors, sans nul doute pour lui demander ce qui n'allait pas mais Castiel n'avait pas le temps de répondre à ses questions.
- Ne dis rien, ordonna t-il à son frère.
Ce dernier ne semblait pas enchanté par sa requête mais il ferma la bouche et détourna les yeux. Castiel avait la sensation d'avoir échoué et il commençait à redouter de ne jamais pouvoir retrouver Dean. Ils avaient franchi tellement d'obstacles ensemble. Tellement d'épreuves qu'il ne parvenait pas à croire que tout s'arrêtait maintenant. Ils avaient été proches de réussir. Ils avaient tout fait pour. Ils avaient affronté Alastair, tué Dick Roman et réussi à fuir. Ils avaient obtenu les informations suffisantes pour le faire tomber. Et tout s'effondrait simplement parce qu'il n'était pas capable de donner le bon nom à Charlie. Dean allait mourir et Castiel ne pouvait rien faire pour le sauver. Il secoua alors la tête. Il était conscient de n'avoir jamais été à la hauteur dans cette histoire. Il avait apporté un soutien moral à son ami mais il n'avait jamais réellement pu l'aider concrètement. C'était Dean qui avait réussi à les faire sortir de l'endroit où Alastair les détenait. Lui qui avait réussi à les faire quitter Lawrence. Lui qui l'avait soigné et maintenu en vie après qu'il se soit fait tirer dessus. Lui enfin qui avait obtenu de Franck Desveraux les informations dont ils avaient besoin. Castiel avait du quitter la caravane parce qu'il était incapable de regarder son ami torturer celui qui avait longtemps été l'atout principal d'Alastair pour camoufler ses activités illégales. Castiel releva brusquement en réalisant ce que cela signifiait. Comment n'avait il pas pu y penser plus tôt ?
- Franck Desveraux ! Jeta t-il brusquement faisant sursauter Charlie et Gabriel.
La jeune femme fronça les sourcils alors que Gabriel semblait totalement perdu. Castiel sentit l'espoir renaître en lui maintenant qu'il avait retrouvé un nom important. Il aurait du le donner immédiatement. Dean lui avait expliqué en long et en large combien Franck était doué avec les ordinateurs. A quel point il était génial et brillant. Il était évident que c'était lui le responsable du blocage que rencontrait Charlie.
- Franck Desveraux … il est … il vit quelque part au Texas et … il travaillait pour Alastair avant. C'est …
- Je sais qui est Franck Desveraux Castiel, le coupa alors Charlie en souriant.
Castiel fut surpris de l'entendre. Il n'aurait probablement pas du l'être. Les personnes comme la jeune femme et Franck devaient probablement tous se connaître. Ils n'étaient certainement pas très nombreux à pouvoir accomplir ce genre de travail.
- C'est une légende dans le domaine. Pour moi c'est comme … comme Elton John pour toi ! Ajouta la jeune femme.
Castiel fronça à son tour les sourcils.
- Elton John ?
Charlie haussa les épaules.
- Je suppose que c'est un peu votre idole à vous les gays.
Castiel était un peu surpris que la jeune femme soit du genre à s'en tenir à de tels stéréotypes. Il allait le lui faire remarquer mais Gabriel lui coupa l'herbe sous le pied.
- Tu es gay toi aussi ma belle.
Charlie secoua la tête.
- Je suis lesbienne … c'est totalement différent, argumenta t-elle.
Castiel aurait probablement adoré débattre des clichés qu'elle semblait avoir sur les personnes homosexuelles en temps normal. Mais il ne pouvait pas se le permettre alors que la vie de Dean était en danger. Il reviendrait sur le sujet quand tout serait fini.
- Aussi intéressante que soit cette conversation, j'aimerais assez qu'on en revienne au sujet principal, intervint t-il pour recentrer le débat.
Charlie hocha alors la tête et Gabriel se concentra sur sa tasse de café. Castiel avait la sensation de toucher au but.
- Maintenant que tu sais qui est l'auteur de ses … de tous ses trucs … est-ce que tu vas pouvoir les contourner ? Demanda t-il plein d'espoir.
Charlie secoua aussitôt la tête et Castiel crut pendant une seconde qu'il allait pleurer. Il avait l'impression d'être sur les montagnes russes depuis le début de ce rendez vous. A chaque fois qu'il se trouvait au sommet et qu'il retrouvait espoir, la jeune femme s'empressait de le faire redescendre.
- Franck Desveraux est un maître dans son domaine. Pas étonnant qu'Alastair ait choisi de l'engager. Il n'y a pas une personne au monde plus douée que lui … sauf moi peut être et je le dis en toute modestie. Mais j'aurais besoin de plusieurs jours pour craquer son système et on n'a pas le temps.
Castiel se passa la main dans les cheveux.
- Donc on n'a aucune chance.
- Et bien, je dirais qu'on n'en a aucune effectivement si tu es incapable de me conduire à lui … mais si tu sais où il se cache … car je sais qu'il se cache, je sais tout sur lui … alors on a encore une chance. Mais il va falloir qu'il accepte de nous aider. Ensemble, je suis sûr qu'on pourra retrouver ton petit ami.
Castiel repensa alors à la seule fois où il avait rencontré Franck. Dean avait torturé cet homme. Il doutait que Desveraux se montre enthousiaste en revoyant Castiel. Même s'il n'avait pas participé aux souffrances qu'il avait endurées, il avait été là. Et il n'avait rien fait pour les empêcher. Il était complice de son ami. Il allait l'abattre avant même qu'il n'ait le temps de franchir la porte.
- Je sais où il se trouve mais … je doute qu'il soit très content de me voir, expliqua t-il finalement.
Charlie referma son ordinateur et joignit ses mains dessus.
- Tu as rencontré le grand Franck Desveraux ? Je suis jalouse.
- Dean et moi sommes allés le voir pour … obtenir des documents qu'il avait sur Alastair. Des documents compromettants que Franck avait emmené avec lui en prenant la fuite. Il les voyait comme son assurance vie et on n'a du … disons qu'on a du le convaincre de nous les donner.
- Cassie, souffla alors Gabriel, visiblement surpris par ce qu'il entendait.
Castiel refusait que son frère lui fasse une leçon de morale. Il n'était pas idiot au point d'ignorer la gravité de ce qu'il avait fait. De ce qu'il avait laissé Dean faire. Mais il estimait que la fin justifiait les moyens dans certaines circonstances. Il continuait de se sentir coupable. Il avait été carrément malade après avoir quitté la caravane de Franck. Mais il savait que ce que Dean avait fait avait été nécessaire. Il espérait simplement que Desveraux en était venu aux mêmes conclusions. Même s'il en doutait sincèrement.
- Je ne cautionne pas la torture et je n'aime pas l'idée de faire souffrir les gens mais … on n'avait besoin de ces infos et Franck refusait de nous les donner.
- Tu as torturé un homme ? Lui demanda son frère en fronçant les sourcils.
- Je ne l'ai pas torturé mais je n'ai pas empêché Dean de le faire. Gabe, ce n'est pas le moment de me faire la morale. Je me sens coupable et probablement que je me sentirais coupable toute ma vie. Mais j'ai fait ce que j'estimais nécessaire à ce moment là. Tu auras tout le loisir de me le reprocher quand on aura retrouvé Dean et qu'il sera en sécurité. En attendant, je te demande juste de me soutenir. J'ai besoin de mon grand frère dans cette histoire.
Castiel pouvait sentir de nouvelles larmes abonder dans ses yeux. Il n'aimait pas l'idée d'avoir déçu son frère. Il ne voulait surtout pas que Gabriel le haïsse pour ce qu'il avait fait.
- Tu sais que je serais toujours là pour toi … je suis juste surpris. Je ne te juge pas … je ne te critique pas mais … je ne te croyais pas capable de … de tout ça. Je t'aime et je te soutiens. Le reste n'a pas d'importance.
- J'ai fait beaucoup de choses dont je ne me serais jamais cru capable depuis que j'ai rencontré Dean. Et ton opinion compte beaucoup pour moi … tu le sais. Tu es la seule famille qu'il me reste.
Castiel avait effectivement conscience d'avoir radicalement changé depuis sa rencontre avec Dean. Il n'était plus le même homme. Il ne savait pas encore s'il aimait la personne qu'il était devenue mais il ne regrettait rien de ce qu'il avait fait pour son ami.
- Ok, c'est très touchant et tout ça mais on perd du temps là ! On devrait déjà être en route, rappela Charlie après s'être raclée la gorge.
Castiel hocha alors la tête puis adressa un petit sourire à son frère avant de se reconcentrer sur la jeune femme.
- Franck se trouve au Texas, à San Antonio pour être plus précis. Il vit dans une caravane et l'endroit est encore mieux protégé que Fort Knox. Il ne sera pas content de me voir. Il sera probablement furieux et je le soupçonne d'être capable de nous tirer dessus avec son fusil de chasse, expliqua t-il.
Charlie secoua la tête en faisant un signe de le main qui avait sans doute pour but de le rassurer. Ca ne fonctionnait pas.
- Il ne sera probablement pas content de te voir toi mais il sera sans nul doute ravi de me voir moi. S'il est une légende dans son domaine, je peux me vanter d'être au moins aussi connue que lui. Il aura envie de parler avec moi.
Castiel en doutait. Il ne pensait pas que Franck mettrait de côté ce qu'il avait vécu en partie à cause de lui simplement pour pouvoir parler avec une jeune femme qui évoluait dans le même domaine que lui. Il était déterminé à garder la vie sauve et cela impliquait qu'il fasse particulièrement attention aux gens qui pénétraient chez lui. Il était méfiant et paranoïaque. Charlie ne suffirait pas à les faire entrer.
- Charlie, je ne veux pas te vexer mais je doute sincèrement qu'il …
- Oh crois moi il me laissera entrer, le coupa la jeune femme avec un sourire. Je sais que c'est probablement difficile à comprendre pour toi mais dans notre domaine, je suis une sommité. Je suis … je suis la reine et les gens comme moi et Franck sont rares. Je saurais le convaincre. Il suffit que je lui propose mon aide pour qu'il accepte de me rendre service en retour. Je suis la personne idéale pour cette mission.
Castiel voulait la croire. Il avait réellement besoin d'avoir de l'espoir. Mais il conservait des doutes. Il ne pouvait pas s'en empêcher. Il était toutefois prêt à prendre ce risque. Il était prêt à tout pour Dean. Il allait donc conduire Charlie à Franck et croiser les doigts pour que la jeune femme ne surestime pas son pouvoir de persuasion ou son influence dans son domaine. Si toutefois, elle avait tort, ils finiraient tous les deux morts. Mais il était inutile de le lui signaler.
- Parfait alors on devrait se mettre en route tout de suite. On n'a presque deux milles kilomètres à faire et pas de temps à perdre, déclara t-il alors.
Charlie hocha la tête puis vida sa tasse de chocolat d'une traite. Elle rangea ensuite ordinateur dans sa sacoche puis se leva de sa chaise.
- Je vais faire un rapide détour par les toilettes et je suis à vous Messieurs, déclara avant de s'éloigner.
Castiel en profita pour boire son café alors que Gabriel comptait son argent pour régler sa consommation et celle de Charlie.
- Je n'ai jamais été au Texas. Ce sera une grande première pour moi, déclara t-il en posant un billet sur la table.
Castiel secoua aussitôt la tête. Il refusait d'exposer son frère au danger. Il ne voulait surtout pas que Gabriel soit tué par sa faute. Il se sentait déjà coupable de conduire Charlie à Franck.
- Tu ne viens pas avec nous, asséna t-il, déterminé.
Gabriel se leva alors de sa chaise et épousseta longuement sa veste.
- Bien sûr que si je viens avec vous. Je ne vais pas t'abandonner maintenant et ce n'est pas quelque chose dont tu parviendras à me dissuader. Alors inutile d'essayer.
- Gabe, protesta aussitôt Castiel en se levant à son tour.
- Cassie, tu es mon frère et tu es en danger. Je refuse de te laisser l'affronter seul. Je suis ta seule famille et je vais te soutenir jusqu'au bout. Je vais t'aider à sauver l'homme que tu aimes parce que si c'est important pour toi alors ça l'est aussi pour moi.
Castiel était touché par le soutien de son frère. Il avait toujours su qu'il pouvait compter sur lui mais il avait une nouvelle fois la preuve de l'amour que Gabriel avait pour lui et cela lui donnait envie de pleurer. Mais il continuait de penser qu'il était trop dangereux d'exposer son frère au danger. Il ne pourrait rien faire pour les aider. Et même si sa présence serait réconfortante pour lui, il estimait qu'elle était superflue.
- Gabe, non, insista t-il.
Gabriel lui fit alors signe de se taire avant de se racler la gorge.
- Qu'est-ce que tu aurais dit si Dean t'avait demandé de rester en arrière parce que c'était trop dangereux pour toi ?
Castiel repensa alors à toutes les fois où son ami avait tenté de le dissuader de le suivre. Il avait insisté et avait refusé d'écouter ce qu'il lui disait. Il avait pris tous les risques pour lui parce qu'il l'aimait et qu'il voulait l'aider. C'était la même chose pour Gabriel. Il était injuste de lui demander de laisser tomber quand Castiel avait refusé de le faire à plusieurs reprises. Il n'avait pas le droit de le faire.
- Je … commença t-il avant de s'interrompre, incapable de terminer sa phrase.
Gabriel lui sourit avant de poser une main sur son épaule.
- Alors qu'est-ce qu'on fait maintenant petit frère ? Demanda t-il en inclinant la tête sur le côté.
Castiel lui rendit son sourire et hocha la tête plusieurs fois.
- Maintenant on va à San Antonio, répondit il.
Gabriel acquiesça à son tour puis tapota l'épaule de Castiel avant de la relâcher. Ils se regardèrent ensuite de longues secondes en silence et ne cessèrent que lorsque Charlie revint finalement des toilettes. Ils prirent alors la direction de la sortie du café. Castiel avait le cœur qui battait fort dans sa poitrine et des fourmillements dans les doigts. Il était terrifié de la réaction que Franck aurait en le voyant mais il voulait croire qu'ils avaient une chance. Il conduisit son frère et Charlie à sa voiture puis les laissa s'installer. Il devait passer par le motel pour reprendre ses affaires puis ils pourraient prendre la route. Gabriel accepta de laisser sa voiture à Cedar Rapids et de ne la récupérer qu'au retour. Castiel ne savait pas comment le remercier pour sa présence et pour lui avoir fait rencontrer Charlie. Gabriel lui avait offert une chance unique de sauver l'homme qu'il aimait. Et il l'avait fait pour lui même s'il avait désapprouvé ses sentiments pour Dean dès qu'il avait deviné qu'il en avait. Gabriel était réellement quelqu'un de formidable. Castiel regrettait de ne pas en avoir pris conscience plus tôt. Il se sentait plus fort avec son grand frère à ses côtés. Il se sentait soutenu et aimé. Leurs parents avaient eu tort de rayer Gabriel de leur vie. Jamais aucun de leurs autres enfants n'auraient accepté de lui venir en aide sans se soucier des risques encourus. Gabriel était unique en son genre et Castiel était fier de pouvoir dire qu'il était son frère. Sa seule famille aujourd'hui. Mais il ne serait jamais seul du moment qu'il pouvait compter sur lui. Il serait probablement d'une grande aide quand Castiel devrait laisser partir Dean. Il savait à présent qu'il serait soutenu en toutes circonstances. C'était plus que ce qu'il estimait mériter. Plus que ce qu'il avait espéré avoir quand il était parti de chez leurs parents. Il avait une chance incroyable. Il en était conscient. Dès qu'il aurait récupéré Dean et qu'il l'aurait mis en sécurité, tout serait réellement parfait pour lui. Et avec le soutien inconditionnel de son frère et l'aide de Charlie, il se sentait capable de tout. Il n'avait plus peur de rien ni de personne. Il allait réussir. Et Alastair serait vaincu.
