Bonjour,

Je publie auj car comme je l'ai dit jeudi, je pars tout à l'heure pour une semaine. Je publierais à nouveau lundi 23 avant de repartir pour une semaine.

Retour de Franck dans ce chapitre et petit clin d'oeil à une conversation qu'il a avait avec Dean dans la série et que j'avais adoré !

Merci de me lire et de m'écrire et désolée de ne pas vous avoir répondu pour le dernier chapitre mais je devais boucler mon travail avant de partir et je n'ai pas eu une seconde à moi.

Bonne lecture !

Sydney8201

Musique du chapitre :

This Night de Black Lab

Chapitre 32 : Aide

« Ce n'est pas tant l'intervention de nos amis qui nous aide mais le fait de savoir que nous pourrons toujours compter sur eux »

Epicure

Ils mirent deux jours et demi pour rejoindre le centre de San Antonio en roulant légèrement au dessus de la limite de vitesse et en ne s'arrêtant qu'à la tombée de la nuit pour repartir au lever du jour. Ils prirent le volant chacun leur tour, roulant en silence la plupart du temps. Castiel ne pouvait pas s'arrêter de penser à Dean. Un compte à rebours s'était déclenché dans sa tête et il égrainait les secondes sans ignorer qu'elles scellaient le sort de son compagnon. Il était terrifié à l'idée qu'il soit trop tard. Il avait peur que Franck refuse de les aider. Il avait envie de rejoindre Flagstaff et de retourner la totalité de la ville jusqu'à trouver une trace d'Alastair. Il avait envie de pleurer et de crier. Il se contenta pourtant de regarder le paysage défiler sous ses yeux en priant pour que le destin choisisse enfin de se montrer clément avec lui.

Il avait averti Sam et Bobby de son départ pour San Antonio. Il leur avait résumé brièvement la situation sans entrer dans les détails. Il ne voulait pas leur donner de faux espoirs. Il ne voulait pas non plus les inquiéter pour rien. Il espérait pouvoir leur donner de meilleures nouvelles rapidement. Il avait également appelé Henriksen pour le tenir informé. Il lui avait expliqué qu'il espérait pouvoir obtenir la localisation d'Alastair par le biais d'une nouvelle personne. Il n'avait donné aucun nom et avait raccroché avant qu'Henriksen n'ait le temps de l'interroger plus longuement. Gabriel ne lui posa aucune question et Charlie semblait bien trop excitée à l'idée de rencontrer son idole pour se soucier de ses coups de fil successifs. Ils passèrent la nuit dans un motel bas de gamme où Castiel partagea une chambre avec son frère pendant que Charlie en prenait une juste à côté. Le silence était pesant mais personne ne semblait déterminé à le briser. Ils mangèrent en regardant la télévision puis Castiel se glissa sous ses couvertures et fit mine de dormir. Il ne trouva cependant pas le sommeil et passa la nuit à tourner dans son lit en imaginant les tortures que Dean subissait. Il se leva épuisé et plus nerveux encore. Gabriel le sentit aussitôt et lui serra l'épaule une seconde pour lui signifier son soutien. Ils reprirent la route dans le même silence que la veille et pénétrèrent enfin dans San Antonio à la nuit tombée. Castiel choisit alors de prendre des chambres pour la nuit dans le même motel où Dean et lui avaient dormi la dernière fois. Il enfila le tee shirt du jeune homme pour dormir et remercia mentalement son frère de ne pas lui poser de questions à ce sujet. Il ne trouva pas le sommeil une fois de plus. Il imagina tous les scénarios dans sa tête du plus optimiste – Franck acceptait de les aider et ils sauvaient Dean – au plus pessimiste – Franck refusait de les aider ou acceptait mais ils trouvaient Dean mort – et tourna une nouvelle fois dans son lit les yeux grands ouverts.

Quand le soleil fut enfin levé, il réveilla son frère puis partit chercher Charlie. Ils avalèrent un petit déjeuner rapide qui pesa lourdement sur l'estomac de Castiel puis prirent enfin la route qui conduisait à la caravane de Franck. Charlie ne tenait pas en place dans la voiture et semblait sur le point de crier sa joie à tue tête. Gabriel avait l'air pensif. Et Castiel faisait de son mieux pour ne pas vomir le peu qu'il avait ingéré en se levant. La route était familière pour le jeune homme. Il se souvenait l'avoir fait en compagnie de Dean. Il se souvenait des moindres détails de cette soirée, de leur rencontre avec Desveraux et de ce qui s'était passé ensuite. Il y avait eu le sexe et un orgasme d'une violence inégalable. Mais il y avait également eu ce moment incroyable partagé ensemble. Celui où pour la première fois, Dean avait laissé sous entendre qu'il avait des sentiments pour Castiel. Qu'il aurait sans doute pu l'aimer si les choses avaient été différentes. C'était à cet instant précis que Castiel avait compris que son compagnon l'aimait à sa manière. Qu'il avait eu raison de rester. Que tout ce qu'il avait vécu en valait la peine. Et c'était également le moment où il avait enfin admis qu'il ne pourrait jamais avoir plus. Tout ceci lui semblait incroyablement lointain à présent même s'il s'en souvenait parfaitement. Cela lui semblait avoir eu lieu dans une autre vie. Une où il croyait que la fin du cauchemar était proche pour Dean. Celle où il avait encore de l'espoir. Peu de temps s'était écoulé depuis mais cela lui semblait une éternité. Alastair avait repris le dessus en quelques jours. Il avait privé Dean de sa victoire et Castiel comptait bien rétablir l'équilibre.

Pour cela il avait besoin de Franck et de Charlie. Il avait également besoin de Gabriel, d'Henriksen et de la famille de Dean. Il avait été prétentieux de croire qu'il pourrait réussir seul. Il s'était bercé de douces illusions et il le regrettait à présent. Mais il n'avait pas de temps à perdre à se lamenter sur son sort. Pas quand celui de Dean se jouait en ce moment même.

Il gara la voiture au même endroit que son compagnon l'avait fait lors de leur visite. Il coupa ensuite le contact puis observa la caravane de Franck dont il discernait les contours.

- C'est ici, déclara t-il finalement après quelques secondes.

Charlie hocha alors la tête et sortit de la voiture sans rien dire. Castiel prit une grande inspiration avant de la suivre, Gabriel sur les talons. Ils approchèrent de la caravane en silence.

- Il va me tuer, souffla t-il en repensant à ce que Desveraux avait enduré en sa présence.

Charlie fronça les sourcils en le regardant durant un moment. Gabriel passa, quant à lui, un bras autour de ses épaules et inclina la tête pour que le sommet de son crâne touche le côté du visage de Castiel. Le jeune homme avait conscience de la chance qu'il avait de l'avoir à ses côtés. Il ne pouvait pas compter sur le reste de sa famille mais il pouvait compter sur Gabriel. Et après ce qu'il avait fait, il estimait ne pas le mériter. Mais il avait envie de se montrer égoïste et d'en profiter au maximum. Il n'avait pas forcé Gabriel à venir. Son frère était là de son plein gré. Il ne le lui reprocherait pas si les choses tournaient mal. Cela n'empêcherait pas Castiel de se sentir coupable. Mais cela rendrait sans nul doute les choses un peu plus faciles à supporter.

- Je devrais y aller en premier, suggéra finalement Charlie mettant un terme au petit moment que les deux frères partageaient.

Gabriel s'écarta alors de Castiel et ce dernier secoua aussitôt la tête.

- Non, je viens avec toi. Je dois assumer les conséquences de mes actes, déclara t-il.

- Même si cela te vaut une balle entre les deux yeux ? S'étonna Charlie.

Castiel ne voulait pas mourir mais il se savait responsable de ses actes. Il ne voulait pas être le genre d'hommes à les fuir. Il refusait d'être lâche. Il allait présenter ses excuses à Franck et lui demander son aide. S'il devait se faire tirer dessus, il l'accepterait. Il espérait simplement que Charlie pourrait ensuite obtenir les informations qu'ils cherchaient et que Gabriel se chargerait de les transmettre à Henriksen. S'il devait mourir aujourd'hui, il voulait croire que son frère mènerait sa mission à son terme. Il avait cru pendant longtemps qu'il était l'élément principal de cette histoire. Que cela ne pouvait pas être quelqu'un d'autre. Il avait fini par comprendre qu'il n'avait aucune importance réelle. Il n'était que le témoin des horreurs vécues par Dean, qu'une personne de passage parmi tant d'autres. Il était remplaçable. Interchangeable. C'était la mission qui comptait. Peu importait la personne qui la mènerait à bien.

- Peu importe, finit il par répondre.

- Cassie, protesta Gabriel.

Castiel lui fit alors signe de se taire puis se dirigea vers la caravane de Franck. Il savait qu'il pouvait le voir grâce aux caméras de sécurité qui surveillait son entrée. Et le fait qu'il ne soit pas encore sorti pour lui tirer dessus était sans nul doute un bon signe. Mais il était également possible qu'il attende la dernière minute pour le faire. Pour être sûr de ne pas rater sa cible. Derrière lui, Charlie et Gabriel le suivaient en silence. Castiel monta les quelques marches qui menaient au perron puis leva la main et frappa deux coups contre la porte. Il laissa ensuite retomber son bras le long de son corps et déglutit avec peine. Il entendit Charlie et Gabriel monter les marches à leur tour. Il ne se retourna pas pour les regarder. Il garda les yeux rivés sur la porte de la caravane. Quand il entendit des bruits de pas derrière, il lutta contre son instinct de survie et ne recula pas comme il en avait envie. Il serra les poings et attendit patiemment que Franck Desveraux apparaisse et scelle son destin et celui de Dean.

- Tu es sûr ? Demanda alors Charlie, le faisant sursauter.

Il se contenta d'hocher la tête sans lâcher la porte des yeux. Quand elle s'entrouvrit lentement, il enfonça ses ongles dans les paumes de ses mains pour se forcer à ne pas bouger. Il ne savait pas réellement à quoi s'attendre avec Franck mais quand il fut finalement confronté au canon d'une arme, il ne fut pas surpris. Il suivit l'arme des yeux jusqu'à poser son regard sur le visage tendu de Franck. Il n'eut pas besoin de le regarder longtemps pour savoir qu'il ne plaisantait pas et qu'il n'hésiterait pas à tirer si Castiel lui en donnait l'occasion. Ce qu'il allait dire à présent allait être capital. Il n'avait pas le droit à l'erreur. Il devait trouver les mots justes et parvenir à convaincre Franck de ne pas tirer. Castiel se força à rester immobile même s'il pouvait sentir Gabriel s'approcher sensiblement dans son dos. C'était une erreur. Si Franck se sentait acculé et menacé, il appuierait sur la gâchette.

- Qu'est-ce que tu fous là ? Lança Desveraux en fronçant les sourcils.

Castiel devait absolument se montrer sincère. Il avait l'obligation d'aller droit au but.

- Dean a des ennuis, répondit il finalement.

Franck recula sensiblement le canon de l'arme du visage de Castiel mais le garda pointé dans sa direction. Le jeune homme priait pour que Desveraux ait conservé un semblant d'affection pour son ami. Il savait qu'avant d'être torturé par lui il l'aimait beaucoup. Bien sûr, Dean n'avait rien fait pour entretenir ses sentiments. Bien au contraire.

- Bien fait pour lui … il n'a que ce qu'il mérite, jeta froidement Franck.

Castiel sentait une légère hésitation dans son ton. Il ne pensait pas réellement ce qu'il disait. Cela ne tenait peut être pas uniquement à l'affection qu'il avait ou avait eu pour Dean. Cela tenait aussi probablement à la haine qu'il ressentait à l'égard d'Alastair. Peu importait la raison de son hésitation, Castiel devait s'engouffrer dans la brèche et l'utiliser.

- Je sais que ce qu'il vous a fait est … c'est impardonnable. Et je mérite tout autant que lui votre colère et vos ressentiments. Je n'ai rien fait pour l'arrêter mais … Alastair détient Dean à l'heure où nous parlons et nous savons tous les deux ce que cela signifie pour lui. Vous ne me ferez pas croire que cela ne vous pose aucun problème.

Franck haussa les épaules puis recula à nouveau sensiblement l'arme du visage de Castiel. Ce dernier savait qu'il marquait des points mais il savait également qu'il était loin d'avoir gagné la partie pour le moment. Il était toujours menacé et il n'avait toujours pas réussi à entrer dans la caravane. Mais Franck semblait moins enclin à lui tirer dessus pour le moment. C'était un premier pas en avant.

- J'ai toujours eu de l'affection pour ce garçon. Je l'ai vu se faire détruire par Alastair et j'ai prié pour qu'il s'en sorte indemne … pour qu'il ait la chance un jour de fuir ce monstre. Je me suis senti coupable de le laisser derrière moi. Mais ce qu'il m'a fait subir la dernière fois qu'on s'est vu, ce n'est pas réellement différent de ce qu'Alastair lui a infligé. Je ne peux pas lui pardonner. Pas plus que je ne peux t'excuser de l'avoir laissé faire. Maintenant, je te demande de partir de chez moi … je te le demande gentiment mais si tu refuses, je serais obligé de me montrer plus … plus ferme.

Castiel sentit son cœur s'accélérer dans sa poitrine en entendant les propos de Franck. Il pouvait le comprendre. Lui même n'aurait jamais pu pardonner à un homme qui l'aurait fait souffrir. Mais il devait comprendre les motivations de Dean. Alastair lui avait fait du mal gratuitement. Il l'avait fait par pur plaisir et parce qu'il le pouvait. Il avait aimé faire pleurer le jeune homme. Il avait aimé le violer et le faire crier. Dean n'avait pas fait souffrir Franck simplement pour en tirer une quelconque satisfaction personnelle. Il l'avait fait parce qu'il n'avait pas le choix. Il devait faire couler Alastair pour de bon. Il devait protéger sa famille et venger Benny. Il voulait le bien des autres. Ses actes n'étaient pas gratuits. Et cela faisait toute la différence. Il avait besoin que Franck le comprenne. Qu'il l'accepte.

- Dean n'est pas quelqu'un de mauvais ou de méchant. Il n'a jamais rien fait de mal simplement parce qu'il aimait ça. Ce qu'il vous a fait endurer est … c'est terrible et je sais qu'il s'en veut énormément. Mais il n'avait pas le choix. Il n'avait pas d'autre solution.

- Je lui en ai offerte une … je lui ai proposé mon aide.

Castiel secoua la tête sans pour autant lâcher le visage de Franck des yeux. Il avait encore les marques des coups reçus quelques jours plus tôt. Des hématomes couvraient une partie de son visage. Il avait l'arcade sourcilière droite ouverte. Dean n'y était pas allé de main morte avec lui.

- Vous lui avez suggéré de fuir à nouveau. Ce n'est pas ce qu'il voulait. Il a fui pendant plus d'un an sans jamais pouvoir se poser … il était constamment obligé de regarder par dessus son épaule. Il ne pouvait pas s'arrêter une seconde. Et il avait été contraint de couper les ponts avec sa famille pour ne pas les mettre en danger à leur tour. Ce n'est pas une vie … ce n'est pas ce qu'il mérite.

- Parce que je méritais qu'il me fasse autant de mal ?

Castiel se souvenait parfaitement de ce que Dean lui avait dit de Franck. Ce n'était pas quelqu'un de mauvais. Il n'avait pas fait parti de l'organisation d'Alastair par plaisir ou par choix. Il l'avait fait pour atteindre un but. Il cherchait à venger la mort de sa femme et de ses enfants. Mais quand il avait finalement compris quel genre d'homme Alastair était, il avait choisi de partir. Franck ne méritait pas de souffrir.

- Non, bien sûr que non. Personne ne le mérite … personne si ce n'est Alastair. Mais prenez une seconde pour penser à ce que Dean a vécu durant tout le temps passé avec lui … imaginer les horreurs qu'il a subies et demandez vous s'il mérite de les subir à nouveau aujourd'hui.

Franck soupira alors longuement avant de baisser son arme. Il ne la lâcha pas mais ne la pointait plus dans la direction de Castiel. C'était une nouvelle victoire.

- Dean ne voulait plus fuir. Il voulait qu'Alastair paye pour le mal qu'il a pu lui faire … mais également pour celui qu'il a fait à Benny et à tous les innocents qui ont eu le malheur de croiser son chemin. Il n'a jamais agi égoïstement et si ses méthodes sont effectivement discutables, elles n'en étaient pas moins nécessaires.

Franck grimaça une seconde puis sembla avoir besoin d'un peu de temps pour réfléchir à ce qu'il venait d'entendre. Castiel n'aimait pas l'idée de laisser des minutes défiler, des minutes qui rapprochaient un peu plus encore Dean d'une mort certaine mais il refusait de précipiter son interlocuteur. Franck était sa seule chance de retrouver son ami. Il ne pouvait pas se permettre de le braquer.

- Qu'est-ce qui s'est passé ? Demanda t-il finalement.

Castiel soupira longuement soulagé. Il avait une ouverture et il comptait bien s'y engouffrer.

- Alastair a capturé son frère de seize ans. Il l'a enlevé et a ensuite proposé à Dean un échange. Les documents et lui contre Sam. Il n'avait pas le choix. Il s'est rendu et … il est peut être déjà mort.

- Il l'est certainement, confirma Franck, fataliste.

Même si Castiel le savait déjà, il n'avait définitivement pas besoin de l'entendre dans la bouche d'un homme qui connaissait Alastair mieux que lui. Il détourna finalement les yeux et prit quelques secondes pour retenir les larmes qui menaçaient de déborder de ses yeux.

- Je ne peux pas … je n'ai pas le droit de l'abandonner. Il pourrait être en vie et … si toutefois, c'est le cas, je dois le retrouver. Je dois le ramener à sa famille. Je dois lui offrir une chance.

- Qui es tu petit pour croire que tu seras capable de t'opposer à un homme comme Alastair ? Il s'est débarrassé de personnes bien plus dangereuses que toi par le passé … et sans même prendre la peine de s'impliquer directement. Qu'est-ce que tu as de plus qu'eux ?

Castiel connaissait déjà la réponse. Elle était cliché et probablement stupide mais elle était la seule qu'il avait à fournir.

- Je l'aime. Je l'aime comme un fou, déclara t-il en reportant son attention sur Franck.

- Benny l'aimait aussi … cela lui a coûté la vie, rappela Franck.

Castiel était reconnaissant envers Benny pour tout ce qu'il avait fait pour Dean. Il savait que sans lui, son ami n'aurait jamais pu s'échapper. Il savait que sans son amour et son intervention, Dean serait déjà mort. Il lui devait la vie du jeune homme. Mais il en avait assez de voir tout le monde faire référence à lui. Il était différent de Benny. Et s'il était triste de le savoir mort, cela ne voulait pas dire qu'il finirait comme lui.

- Je ne suis pas Benny. Je ne suis pas impliqué comme il l'était et … peu importe d'ailleurs. Peu importe que cela me coûte la vie. Je refuse de laisser Dean entre les griffes de ce monstre. Je ne pourrais jamais vivre avec ce poids sur la conscience.

Franck semblait impressionné par ce qu'il entendait. Castiel n'avait pas la sensation d'avoir dit quoi que ce soit d'extraordinaire. Il n'avait fait que se montrer sincère. Mais de toute évidence, son implication était une surprise pour quiconque ne le connaissait pas. C'était quelque chose d'admirable aux yeux des autres. Pour Castiel, c'était juste une question de logique. Il avait mis un doigt dans l'engrenage et il ne pouvait plus le retirer à présent. Il y avait un risque d'être broyé au passage. Mais le jeu en valait définitivement la chandelle.

- Non tu n'es pas Benny. Lui savait se battre. Il savait se défendre. Il connaissait parfaitement Alastair. Et cela ne lui a pas sauvé la vie.

- Je me fiche de mourir ! S'écria alors Castiel agacé.

Il sentit Gabriel se tendre derrière lui et pendant une seconde, il regretta d'avoir accepté qu'il l'accompagne. Il ne voulait pas que son frère puisse penser qu'il n'aimait pas sa vie. Qu'il pensait n'avoir aucune raison valable de vivre. Il se savait aimé par Gabriel et cela comptait beaucoup à ses yeux. Mais il refusait de vivre en laissant Dean derrière lui. Il refusait de vivre avec cette culpabilité qui finirait par le détruire.

- Je ne veux pas mourir … je ne suis pas suicidaire ou idiot. Je ne vais pas me lancer dans une mission suicide. Mais je ne peux pas non plus accepter de mener ma vie en laissant Dean souffrir ou mourir. Je ne pourrais jamais me le pardonner et … ce que j'essaie de dire, c'est que je suis prêt à courir ce risque pour lui … je suis prêt à mourir pour l'homme que j'aime. Je suppose que c'est ce que n'importe qui dans ma situation dirait … et j'ai l'appui du FBI et de ma famille et … avec vous, je suis sûr que nous pourrions faire tomber Alastair. Je ne vais pas foncer tête baissée.

Il espérait avoir convaincu Franck mais également Gabriel qu'il n'était pas stupide au point de se lancer dans cette histoire sans avoir pris le temps de réfléchir à un plan.

- Tu as du courage petit … et si j'avais pu faire quelque chose pour sauver ma famille … je l'aurais fait sans hésiter. L'amour que tu as pour Dean te conduira probablement à ta perte mais c'est un amour noble et fort. Je dois avouer que je t'admire.

- Vous allez m'aider alors, avança Castiel.

Franck ricana une seconde avant d'hausser les épaules.

- Je ne vois pas ce que je pourrais faire pour toi. Je n'ai pas d'informations le concernant et je ne sais pas où les trouver. Il me faudrait des jours entiers pour mettre la main sur lui et je doute que tu aies envie de perdre autant de temps. Je suis désolé mais il te faudra trouver quelqu'un d'autre. Quelqu'un de plus compétent que moi.

- Il n'y a pas plus compétent que vous ! Protesta aussitôt Castiel.

- Alors je doute que tu puisses retrouver Dean.

Un raclement de gorge derrière lui empêcha Castiel d'intervenir pour s'opposer à ce que Desveraux disait. Le jeune homme se retourna alors et aperçut Charlie qui lui faisait un petit signe de la main. Il avait presque oublié sa présence durant sa conversation avec Franck.

- Ok, les garçons, c'est le moment pour moi d'intervenir et de vous rappeler que … si je ne suis peut être pas plus compétente que Monsieur Devereaux, je n'en suis pas moins parfaitement capable de retrouver ce monstre avec son aide.

Castiel fronça les sourcils mais ne dit rien. La jeune femme s'avança alors en direction de Franck et lui tendit la main.

- Charlie Bradburry … du moins, c'est ce que mes papiers d'identité indiquent … je suis ravie de faire votre connaissance.

Elle tendit la main en direction de Franck mais il ne la serra pas dans la sienne. Il l'observa durant de longues secondes, visiblement surpris par sa présence. Castiel se demanda alors si l'amie de son frère ne s'était pas surestimée en pensant que Desveraux la connaissait. Apparemment, son nom ne lui était pas familier. Il sentit la peur l'envahir alors que son cœur se mettait à battre dans ses temps, annonçant l'approche d'une migraine.

- Charlie quoi ? Demanda alors Franck confirmant les soupçons de Castiel.

Charlie laissa retomber sa main le long de son corps et haussa les épaules.

- Pardon, je suis bête … vous ne connaissez pas mon nom mais je sais que vous avez déjà entendu parlé de mon travail et que vous savez de quoi je suis capable. Je suis la reine de Moondor … ça vous dit quelque chose ?

Franck fronça alors les sourcils en hochant la tête lentement. Castiel se demandait ce que ce surnom étrange pouvait signifier mais il garda ses questions pour lui. Il était intrigué par Charlie. Mais il n'avait pas de temps à perdre en interrogations inutiles.

- Qui me dit que vous êtes bien qui vous prétendez être ? Demanda Franck après quelques secondes de silence.

Charlie sourit avant de se lever sur la pointe des pieds pour tenter de voir l'intérieur de la caravane par dessus l'épaule de Desveraux.

- Laissez moi cinq minutes avec votre ordinateur et je pourrais vous le prouver. J'ai réussi à localiser Alastair en quelques minutes avec le logiciel de reconnaissance faciale dont je suis l'heureuse créatrice comme vous le savez déjà. Mais je ne peux pas prévoir ses déplacements et je ne sais pas si Dean est avec lui ou non. J'ai tenté de passer outre les défenses que vous avez installées autour de son site professionnel mais je me suis heurtée à un mur. Vous me croyez maintenant ?

Franck paraissait sensiblement impressionné par ce qu'il entendait. Castiel se souvenait que Dean lui avait parlé des troubles mentaux de Desveraux. Il espérait que sa paranoïa maladive ne serait pas un obstacle. Il croisait les doigts pour que l'enthousiasme visible de Charlie soit communicatif.

- Pas forcément non mais je suis curieux de voir ce dont vous êtes capable, répliqua Franck en s'écartant du pas de la porte pour laisser entrer Charlie.

Castiel lui emboîta aussitôt le pas. Gabriel tenta d'en faire de même mais Desveraux se mit en travers de son chemin en levant à nouveau son arme.

- Vous êtes qui vous ?

- Le grand frère … le grand frère de Castiel pas de Charlie.

Franck ne bougea pas pour autant et une nouvelle fois, la jeune femme dut intervenir pour leur sauver la mise. Castiel lui était déjà redevable pour ce qu'elle avait fait. La liste ne faisait que s'allonger au fil des minutes. Il n'avait aucune idée de la manière dont il allait s'y prendre pour la remercier. Il doutait qu'il existe un moyen.

- Gabriel est un idiot mais il est inoffensif et il est avec moi … pas avec moi avec moi si vous voyez ce que je veux dire puisqu'il n'est définitivement pas mon genre mais c'est mon ami et je veux qu'il soit présent. Il m'a sauvé la vie plus d'une fois.

Castiel se tourna aussitôt vers son frère, surpris par ce qu'il entendait. Il y avait beaucoup trop de choses qu'il ignorait sur le passé de Gabriel. Quand les choses seraient rentrées dans l'ordre, et s'il survivait à cette histoire, il allait forcer son frère à se confier à lui. Il avait envie de connaître la raison pour laquelle Charlie semblait si déterminée à l'aider. Il voulait savoir ce que Gabriel avait pu vivre dans le passé pour s'être attiré l'amitié d'une jeune femme comme elle.

- Je suppose que ce serait une histoire intéressante à entendre si toutefois j'en avais quelque chose à faire de tout ça mais … je préfère être clair avec vous. Si vous me mentez ou tenter quoi que ce soit, je vous tuerais tous sans hésiter. Je ne plaisante pas, expliqua calmement Franck avant de s'écarter pour laisser Gabriel entrer à son tour.

Castiel hocha aussitôt la tête. Il savait que Desveraux ne plaisantait pas ou ne lançait pas de menaces en l'air. Il était sérieux. Il leur tirerait dessus sans hésiter s'il le devait. Castiel était surpris d'être encore en vie et d'avoir pu entrer dans la caravane sans avoir à forcer le passage. Il n'avait pas l'intention de prendre l'invitation pour acquise. Il devait rester sur ses gardes et mesurer chacune de ses paroles. Franck était un génie mais il était également particulièrement instable. Il pouvait parfaitement perdre la tête et décider de vider le chargeur de son arme sur eux simplement parce qu'ils paraissaient suspects. S'il n'avait pas été la seule personne au monde capable de l'aider, il aurait certainement pris ses jambes à son cou. Franck le mettait mal à l'aise.

- Ok votre majesté, à vous de jouer, lança Desveraux en indiquant finalement ses ordinateurs de la main.

Charlie lui sourit puis effectua une sorte de révérence ridicule qui aurait probablement fait rire Castiel si l'heure n'était pas aussi grave. Elle prit ensuite place derrière un des ordinateurs et commença à taper sur le clavier sans se soucier d'eux. Gabriel s'installa quant à lui sur le canapé à l'autre bout de la caravane. Castiel resta planté au milieu de la pièce, Franck immobile à ses côtés. Il n'avait toujours pas lâché son fusil mais il semblait un peu plus détendu. Un léger sourire étirait ses lèvres alors qu'il regardait Charlie s'activer sur son ordinateur.

- Je voulais vous dire que je suis désolé de … je suis désolé d'avoir laissé Dean vous faire du mal. J'aurais du intervenir mais … je savais pourquoi il le faisait et … je me sentirais probablement coupable toute ma vie. Ca ne change rien mais j'estime que vous avez le droit de le savoir.

Il voulait profiter du semblant de calme ambiant pour soulager quelque peu sa conscience et présenter des excuses sincères à l'homme qu'il avait laissé souffrir. Il savait qu'il n'obtiendrait pas son pardon. Mais il espérait au moins que Franck comprendrait qu'il était honnête avec lui.

- Tu sais petit, quand j'ai vu Dean pour la première fois, j'ai eu énormément de peine pour lui. Je pouvais deviner les souffrances endurées durant ces quatre mois et je lisais sur son visage ce qu'il avait perdu et ce qu'il finirait par perdre au fil des jours. J'ai vu disparaître toutes traces de son innocence. J'ai été le témoin du moment où il a fini par perdre tout espoir … par admettre qu'il ne pourrait jamais échapper à Alastair. J'ai souvent prié pour qu'il s'en sorte … pour que quelqu'un le sauve. J'ai cru que Benny en serait capable. J'espère que toi tu le pourras.

- Je l'espère aussi, assura Castiel d'une voix triste.

Franck se tourna alors vers lui s'arrachant à sa contemplation. Charlie continuait de taper à une vitesse folle sur le clavier mais elle ne semblait pas avoir besoin d'eux pour le moment.

- L'amour n'est jamais une mauvaise chose. Bien au contraire … peu importe qu'il fasse souffrir atrocement … c'est toujours positif. C'est la preuve qu'on est vivant et qu'on continue d'espérer. C'est la preuve qu'il y a toujours quelque chose au fond de nous qui veut croire que le monde peut être meilleur et qu'on finira par s'en sortir. L'amour a sauvé Dean une première fois mais il a également failli le détruire. Le tien suffira peut être.

Castiel ouvrit la bouche pour dire quelque chose mais la referma presque aussitôt, incapable de trouver les bons mots pour expliquer ce qu'il ressentait et ce qu'il espérait de tout son cœur. Franck hocha alors la tête, presque comme s'il avait compris ce que Castiel avait en tête et lui posa la main sur l'épaule.

- Alastair n'aimait pas que Dean reste seul. Il voulait que quelqu'un veille sur lui en permanence. Et parfois, tous ses hommes de confiance étaient occupés ailleurs. Il faisait appel à moi dans ces cas là. Dean ne parlait jamais vraiment beaucoup. Il semblait … parfois, j'avais l'impression qu'il était perdu quelque part dans sa propre tête. Mais un jour où j'étais … de garde … je l'ai trouvé allongé en position foetale sur son lit, totalement nu et … il y avait du sang sur le drap … et je … je me suis assis à côté de lui et je lui ai pris la main. Je lui ai dit de ne pas baisser les bras. De ne pas abandonner maintenant car c'était exactement ce qu'Alastair cherchait. Je lui ai dit de décider de lui même qu'il allait bien jusqu'à la fin de le semaine … de se forcer à sourire parce qu'il était en vie et que c'était ce qui comptait … et de recommencer la semaine suivante. Je lui ai dit que c'était ce que je faisais depuis la mort de ma famille. Je n'étais pas sûr qu'il m'écoutait mais il a fini par ouvrir les yeux et par me regarder. Il m'a demandé si je lui conseillais de faire semblant … je lui ai dit qu'il n'était pas question de convaincre les autres mais de se convaincre lui même. C'est la dernière fois où nous nous sommes parlés … quelques jours plus tard je prenais la fuite sans me retourner. Mais je n'ai jamais oublié le garçon apeuré que j'avais tenté de consoler ce jour là. Je n'ai jamais oublié le regard qu'il m'a lancé avant de me serrer la main. Je te donnerais le même conseil qu'à lui gamin. Si tu as la sensation de perdre espoir, force toi à sourire … dis toi que tout ira bien … tu finiras peut être par y croire.

- Et si ce n'est pas le cas ? Demanda Castiel, la gorge nouée.

- Alors laisse tout tomber et colle toi une balle dans la tête. Peut être que c'est ce que j'aurais du faire il y a plusieurs années … et peut être que c'est ce que j'aurais du conseiller à Dean de faire quand je le pouvais encore. Soit on abandonne soit on relève la tête. On ne peut pas rester entre les deux.

Castiel trouvait les propos de Franck d'une grande sagesse. Ils le touchaient au plus profond de lui et répondaient à bien des questions qu'il se posait continuellement. Il prit alors une grande inspiration et se força à sourire à Franck pour lui prouver qu'il avait écouté ses conseils.

- Tu es courageux petit. Dean a de la chance.

Castiel ne savait pas s'il pouvait accepter ce compliment mais il continua tout de même à sourire pour donner le change. Il avait envie de croire que tout finirait par s'arranger et il savait qu'il ne pouvait pas compter sur les autres pour l'en convaincre. C'était à lui d'accomplir le miracle. A lui de se convaincre que les choses finiraient par s'arranger. Il ne savait pas s'il en était capable. Mais il était prêt à essayer. Et le sourire qu'il continuait à afficher sur son visage était une première étape. La plus importante sans doute.

- Bien les filles, si vous avez fini de parler chiffons, je suis prête, lança Charlie, tirant Castiel de ses songes.

Le jeune homme n'aimait pas vraiment l'idée qu'elle tente de minimiser la gravité de la situation et de la conversation qu'il venait d'avoir avec Franck. Mais il comprenait ce qu'elle cherchait à faire. Ils étaient tous conscients de l'importance des choses. La jeune femme était simplement moins impliquée que lui. Moins concernée. Et c'était à elle que revenait la lourde tâche d'alléger quelque peu la tension qui régnait dans la pièce. Castiel hocha alors la tête et suivit Franck jusqu'à l'ordinateur derrière lequel Charlie travaillait.

- Bien, je suis sur le site mais je ne parviens pas à entrer dans le serveur ou dans l'ordinateur d'Alastair. C'est à votre tour de jouer. Il faudrait pouvoir tracer son portable, contrôler son agenda et ses mails. Il nous faut toutes les informations utiles.

Franck acquiesça puis tira une chaise pour s'asseoir devant l'écran à son tour. Il attrapa le clavier, l'attira à lui et commença à taper dessus à une vitesse affolante. Castiel garda les yeux rivés sur lui, fasciné de le voir au travail. Charlie l'observait également. Le temps sembla alors se suspendre et pendant un long moment, il n'y eut plus que le silence entre eux, interrompu uniquement par le cliquetis des touches du clavier. Castiel utilisa ce temps pour penser à Dean et à tous les bons moments qu'ils avaient vécus ensemble. Il refusait de s'attarder sur le reste. Cela serait inévitablement contre-productif. Il avait besoin de se raccrocher à tous les petits instants de complicité et de bonheur qu'ils avaient partagé. Aux fous rires et aux caresses. Il voulait suivre le conseil de Franck et garder espoir. Se convaincre.

- Bonne nouvelle les enfants, Alastair n'a pas eu la présence d'esprit d'engager quelqu'un pour refaire la sécurité de son site. Je viens de passer le pare-feu et j'ai les renseignements demandés. Mails perso et professionnels, numéro de téléphone et agenda. Il n'y a rien de noté sur ce dernier pour les prochains jours mais … attendez, Alastair a reçu un mail aujourd'hui et … il se peut que j'ai des précisions sur le lieu où il se cache. Il l'a ouvert dans la matinée et … je devrais pouvoir localiser l'endroit depuis lequel il l'a consulté grâce à ce petit logiciel qui … oh … tu es tellement stupide Alastair.

Castiel ne comprenait pas forcément tout ce que Franck cherchait à lui dire mais il devinait qu'il s'agissait de bonnes nouvelles. Il hocha la tête alors que Charlie se penchait vers l'écran en fronçant les sourcils.

- On devrait pouvoir activer le GPS de son téléphone en passant par le site de son opérateur téléphonique … et en comparant les deux adresses, on saura avec certitude où se trouve Alastair, expliqua la jeune femme.

- Vous avez besoin de combien de temps ? Demanda Castiel, impatient.

Charlie tourna le visage vers lui et son sourire rassura considérablement le jeune homme sur l'issue de cette histoire.

- A nous deux ? Vingt minutes grand maximum. Rien ne peut résister aux deux cerveaux les plus brillants des Etats Unis, répondit elle avant de se concentrer à nouveau sur l'ordinateur.

Castiel se passa alors une main sur le visage. Il détestait se sentir totalement impuissant mais il avait conscience de ne rien pouvoir faire pour aider Charlie et Franck. Il ne supportait pas non plus de continuer à les regarder sans savoir exactement à quelle vitesse ils avançaient. Il soupira longuement puis leur tourna le dos et vint s'asseoir à côté de son frère. Gabriel posa aussitôt une main sur son genou pour lui signifier son soutien. Castiel la recouvrit de la sienne immédiatement.

- Tu tiens le coup petit frère ? Demanda Gabriel.

Castiel haussa les épaules sans trop savoir quoi répondre. Il n'allait pas bien mais il n'avait pas envie de s'étendre sur le sujet. Il devait suivre les conseils de Franck. Croire que tout allait bien. Sourire et recommencer jusqu'à s'en convaincre. Il choisit finalement d'hocher lentement la tête. Gabriel dut comprendre qu'il s'agissait là d'un mensonge mais il ne dit rien et se contenta de retourner sa main pour emprisonner celle de son frère et la serrer fortement.

- Je l'aime tu sais … s'il meurt … si on arrive trop tard, je ne crois pas que je pourrais m'en remettre, confia ensuite Castiel d'une voix qui tremblait.

Il refusait de penser au pire mais il savait que si les choses tournaient mal, il ne parviendrait jamais à remonter la pente. Il savait également que Sam serait détruit. Bobby aussi. Dean ne s'en rendait peut être pas compte mais il y avait beaucoup de gens qui l'aimaient de toutes leurs forces. Il n'était pas seul. Il ne le serait jamais. Et sa mort les toucherait profondément. Elle les réduirait à néant.

- Il ne va pas mourir, répliqua alors Gabriel.

Castiel savait qu'il voulait le rassurer et il lui en fut reconnaissant.

- Il est peut être … commença le jeune homme alors, incapable de faire taire la petite partie de lui qui se laissait aller au pessimisme.

Gabriel se tourna aussitôt vers lui et colla sa main libre contre sa bouche. Castiel fronça les sourcils, surpris par son geste.

- Ne dis pas ça ...n'y pense même pas. Dean a besoin que tu aies confiance en lui, en toi et en nous. Il a sans doute perdu espoir à l'heure qu'il est et tu dois rester optimiste pour lui. Pour le moment, c'est tout ce que tu peux faire.

Castiel sentit alors les larmes lui monter aux yeux. Il avait une chance incroyable d'avoir son grand frère à ses côtés. Peu importait en définitive que Gabriel soit ou non capable d'apporter une aide concrète à leur opération de sauvetage. Sa présence seule était suffisante. Car elle assurait à Castiel qu'il pouvait compter sur lui. Qu'il pouvait lui demander n'importe quoi. Qu'il ne serait jamais seul. Il avait cru avoir perdu sa famille le jour de son départ. Mais il réalisait à présent que sa seule famille était assise à côté de lui dans cette caravane. Et il sentit son cœur s'emballer en réalisant à quel point il aimait son grand frère et à quel point il était aimé en retour. Il avait beaucoup de chance. Et c'était plus que ce qu'il estimait mériter.

- Et si toutefois, tu sens que tu perds confiance … que tu n'as plus la force de te montrer optimiste alors sache que je serais là pour prendre le relai. J'y croirais pour toi et lui … je garderais espoir pour vous deux. Je ne peux rien faire de plus … je ne suis pas un génie comme Charlie ou Franck mais je suis un garçon optimiste. Et je sais que les choses finiront par s'arranger.

Castiel hocha alors la tête et quand son frère retira finalement sa main de sa bouche, il lui adressa un petit sourire.

- Je t'aime, souffla t-il ensuite.

- Je t'aime aussi Cassie, répliqua Gabriel.

Il n'y avait rien de plus à dire et rien de plus à faire. Castiel savait que son frère était là pour lui et il savait que le sort de Dean était entre les mains de Franck et de Charlie. Il prit une grande inspiration pour calmer quelque peu le rythme de son cœur avant de soupirer longuement. Il se pencha ensuite vers Gabriel et posa sa tête sur son épaule. Son frère entoura aussitôt son dos de son bras. Castiel avait besoin de ce contact physique pour se sentir soutenu. Il avait besoin de sentir Gabriel contre lui, proche de lui pour se convaincre qu'il ne le laisserait jamais tomber. Et alors qu'il fermait les yeux et repensait à Dean à nouveau, il se força à sourire à nouveau. Franck avait raison. Gabriel avait raison également. Castiel ne pouvait peut être pas agir pour le moment mais il n'était pas totalement impuissant non plus. Il pouvait croire et avoir confiance. Il pouvait prier et espérer. Et c'était exactement ce qu'il avait l'intention de faire pour le moment.