Bonjour,
Voici un nouveau chapitre, le 33ème.
Comme je vous l'ai dit la dernière fois, je pars demain matin à l'étranger pour une semaine. Je ne pourrais poster que jeudi de la semaine prochaine. Ensuite, je reprendrais le rythme habituel.
J'espère que ce chapitre vous fera patienter jusque là.
Merci de m'avoir écrit. Je n'ai pas pu vous répondre mais je tenais tout de même à vous remercier.
Bonne lecture
Sydney8201
Musique du chapitre :
Save me de Muse
Chapitre 33 : Sauvetage
« Amour, donne moi ta force, et cette force me sauvera »
William Shakespeare
Franck et Charlie avaient accompli un miracle. A eux deux et en moins d'une heure, ils avaient réussi à localiser Alastair avec certitude et à réduire la zone de recherche à deux bâtiments aux abords de Flagstaff en Arizona. Castiel avait aussitôt repris espoir. Ils avaient une chance de sauver Dean et ils allaient la saisir sans hésiter une seconde.
Il prévint aussitôt Henriksen et lui donna toutes les informations qu'il avait en sa possession. Puis il reprit la route avec Charlie et Gabriel et se dirigea vers Flagstaff sans même leur demander leur accord. Ils ne protestèrent pas, attestant silencieusement de leur accord pour aider Castiel dans sa mission. Le jeune homme laissa le volant à son frère après les premiers deux cent kilomètres et profita du répits pour contacter Sam et Bobby.
Il ne chercha pas à les dissuader de le rejoindre sur place. Il n'avait pas le droit de leur demander de rester à l'écart quand lui ne l'aurait jamais accepté. Il savait exactement ce qu'ils ressentaient. Il ressentait le même désir qu'eux de participer à l'opération de sauvetage. Dean allait avoir besoin de leur présence quand il serait enfin libre. Ils étaient sa famille et Castiel voulait qu'ils soient les premières personnes qu'il verrait. Il ne les laisserait pas courir de risque. Il ne les mettrait pas en danger. Mais il ferait en sorte qu'ils soient là au moment où Dean aurait inévitablement besoin d'eux. Il espérait sincèrement qu'il ne serait pas trop tard pour son ami et qu'il serait toujours en vie à leur arrivée. Il refusait de penser au pire et savait qu'en faisant venir Sam et Bobby, il les exposait au risque de ne retrouver que le corps sans vie du jeune homme. Mais il savait également qu'ils étaient conscients de cette possibilité et qu'ils l'acceptaient.
Castiel pensait constamment aux conseils donnés par Franck. Il avait réellement envie de s'y raccrocher tant qu'il le pouvait. Il se força à sourire sur le trajet et fit son maximum pour se convaincre qu'ils sortiraient vainqueur de cet affrontement. Dean allait survivre. Puis, il aurait enfin l'occasion de vivre. Pour la première fois depuis tellement longtemps, il allait avoir une chance de mener une existence normale. Alastair plongerait pour ses crimes et Dean serait libre. Réellement libre.
Henriksen le recontacta quelques heures plus tard lui assurant qu'il allait faire en sorte d'obtenir l'appui technique d'un groupe d'intervention le plus rapidement possible. Il ne donna aucun délai et Castiel ne chercha pas à en obtenir. Il était convaincu que l'agent du FBI faisait tout son possible pour aider son ami. Il ne doutait pas de sa volonté de sauver Dean. Il paraissait réellement déterminé à le tirer de cet enfer. Mais s'il ne parvenait pas à obtenir ce qu'il voulait quand Castiel aurait rejoint Flagstaff, il savait qu'il serait incapable de les attendre. Il tenterait alors sa chance seul. Il avait toujours l'arme de Dean et même s'il doutait d'être de taille à affronter tous les hommes de main d'Alastair seul, il se sentait prêt à prendre ce risque.
Henriksen disposait des quelques quinze heures de route entre San Antonio et Flagstaff pour obtenir l'autorisation de mener un assaut contre Alastair. Ce n'était pas beaucoup mais c'était déjà bien assez. Castiel refusait de laisser Dean plus longtemps entre les mains de ce monstre. Il avait déjà du vivre des tortures inimaginables depuis qu'il s'était rendu à son bourreau. Castiel ne pouvait pas le laisser souffrir jusqu'à ce qu'Henriksen convainque enfin sa hiérarchie de le suivre.
Il savait que ce ne serait pas facile pour l'agent du FBI de persuader ses supérieurs de le croire. Il n'avait pas obtenu ces informations d'une manière classique. Il n'avait pas le nom de ses sources et aucune preuve tangible à fournir. Il allait devoir se montrer réellement convainquant et jouer sur ses états de service irréprochables pour obtenir leur accord. Castiel espérait réellement qu'il y parviendrait.
Ils s'arrêtèrent à la nuit tombée dans un motel bas de gamme où ils prirent deux chambres. Castiel avait cru que Charlie choisirait de les abandonner avant d'arriver à Flagstaff. Elle n'avait plus rien à voir dans cette histoire et elle n'était certainement pas obligée de prendre des risques inconsidérés. Mais elle ne semblait pas décidée à les laisser tomber. Elle n'avait à aucun moment évoqué la possibilité de partir. Et quand elle leur souhaita bonne nuit, Castiel ne put s'empêcher de la prendre dans ses bras et de la serrer contre lui. Il ne prononça aucun mot mais il savait que son geste avait eu l'effet escompté. Elle semblait avoir compris qu'il lui était reconnaissant pour sa présence et son aide et quand elle l'embrassa sur le joue, il sut qu'il s'était fait une amie sur laquelle il pourrait compter jusqu'à la fin de sa vie.
Gabriel ne se montra pas réellement plus bavard quand ils se couchèrent finalement. Castiel avait envie de le remercier d'être toujours là tout en sachant parfaitement que son frère n'envisageait pas une seconde de le laisser tomber. Il n'était pas sûr d'avoir les mots adéquats pour expliquer ce qu'il ressentait. Et quand son frère lui adressa un dernier sourire avant d'éteindre la lumière, il comprit qu'il était inutile de dire quoi que ce soit. Le message était passé.
Castiel eut les pires difficultés à trouver le sommeil. Il serra le tee shirt de Dean contre lui toute la nuit, tentant par tous les moyens de s'endormir. Il allait avoir besoin de toutes ses forces si toutefois Henriksen n'arrivait pas à temps. Mais il voyait le visage de Dean à chaque fois qu'il fermait les yeux. Il ne pouvait s'empêcher de penser à ce que le jeune homme pouvait être en train de vivre au même moment. Il dormit par moment mais fut aussitôt réveillé par des cauchemars. Quand le soleil se leva finalement, il n'était pas reposé mais il n'avait pas l'intention de perdre plus de temps à se tourner et retourner dans son lit. Il prit une douche rapide avant d'enfiler le tee shirt de Dean et de réveiller son frère. Gabriel n'insista pas pour prendre un petit déjeuner, ce qui témoignait de sa motivation incroyable, et Charlie n'opposa aucune résistance quand elle fut une nouvelle fois confinée sur le siège arrière pour les nombreuses heures qu'il leur restait à conduire. Castiel était totalement fasciné par l'engagement de la jeune femme et également admiratif de son courage incroyable. Cette histoire n'avait rien à voir avec elle. Elle n'était venu que pour rendre service à Gabriel. On ne lui avait demandé que de faire parler son talent en informatique. A aucun moment Castiel n'avait laissé sous entendre qu'il comptait également sur elle pour la suite. Mais elle était toujours là. Elle menait une bataille qui n'était pas la sienne. S'engageait dans un combat qui ne la concernait pas. Ce n'était pas uniquement pour Gabriel qu'elle le faisait et Castiel n'était pas prétentieux au point de croire qu'elle le faisait pour lui. Il devinait qu'elle avait vécu des choses compliquées. Peut être cherchait elle à exorciser ses propres démons en combattant ceux qui emprisonnaient Dean. Castiel se fichait du pourquoi de sa présence. Il était juste heureux de voir qu'il pouvait compter sur elle.
Il leur restait presque neuf cent kilomètres à parcourir et même en roulant au dessus des limitations de vitesse, il paraissait improbable d'atteindre Flagstaff avant la nuit. Castiel jetait souvent un coup d'oeil sur son téléphone, espérant recevoir l'appel d'Henriksen. Mais quand ils pénétrèrent enfin en Arizona, l'agent ne lui avait toujours donné aucune nouvelle. La tension était à présent palpable dans la voiture. Castiel savait que ses deux camarades espéraient sincèrement une intervention du FBI qui leur éviterait d'avoir à entrer dans le bâtiment où Dean était emprisonné. Mais il savait également qu'ils le suivraient malgré tout. Le jeune homme se sentait plus fort rien qu'en les sachant à ses côtés.
La nuit était tombée quand ils atteignirent enfin les abords de Flagstaff. Ils prirent aussitôt la direction des deux entrepôts où Alastair pouvait se cacher. Castiel arrêta la voiture à une bonne distance puis coupa le moteur et éteignit les feux. Il espérait pouvoir obtenir un indice sur l'endroit exact où se trouvait Dean avant de tenter quoi que ce soit. Il priait également pour que ces quelques heures passées à faire des repérages offriraient à Henriksen une chance d'arriver sur place. Il ne se faisait plus réellement d'illusions. Il doutait d'avoir un quelconque appui de la part du FBI. Ils allaient devoir agir seul.
Il appela ensuite Sam et Bobby pour les avertir de son arrivée. La famille de Dean ne se trouvait plus qu'à une heure des lieux et ils convinrent de s'attendre sur place et de ne rien tenter en leur absence.
Castiel raccrocha le téléphone, vérifia ses messages inutilement puis reporta son attention sur les deux entrepôts. L'un était réellement immense et accolé à des bureaux dont toutes les fenêtres étaient éteintes. L'autre était de taille plus modeste et visiblement abandonné. Castiel était presque sûr que c'était là qu'Alastair se trouvait. Mais il avait besoin d'obtenir plus d'informations. Il voulait avoir une idée du nombre de personnes qui pouvaient l'entourer. Il ne pouvait pas se lancer tête baissée et croiser les doigts pour que tout se passe bien. Ils n'étaient pas dans un film. Ils devaient se montrer réalistes et prudents.
Après trente minutes où il ne se passa strictement rien, le bruit d'une voiture qui se rapprochait tira Castiel de sa contemplation silencieuse. Il s'enfonça dans son siège et regarda le véhicule s'arrêter devant le plus petit des deux entrepôts. Deux hommes armés en sortirent et Castiel eut alors la confirmation de ses soupçons. Il se tourna ensuite vers Charlie et fronça les sourcils quand il vit cette dernière sortirent son ordinateur portable de son sac.
- Cet endroit est forcément surveillé … je peux avoir accès à leur caméras si toutefois je parviens à déterminer sur quel réseau elles opèrent, expliqua la jeune femme.
Castiel hocha la tête aussitôt et reporta son attention sur l'entrepôt. C'était là que Dean était retenu prisonnier. Là qu'il vivait l'enfer depuis plusieurs jours. L'endroit paraissait banal pour quiconque passait devant et ne savait pas. Mais pour Castiel, il semblait incroyablement menaçant et sinistre. Une atmosphère de mort paraissait planer au dessus. L'air était oppressant, étouffant. Le jeune homme avait la sensation d'avoir du mal à respirer. Derrière lui, Charlie tapait toujours sur le clavier de son ordinateur. Quand elle s'interrompit, Castiel se tourna à nouveau vers elle. Elle avait bougé sur la banquette arrière pour que le jeune homme puisse voir l'écran en même temps qu'elle.
- Voilà ce qu'enregistrent actuellement les caméras de sécurité. Je peux les contrôler à distance et offrir une fenêtre de quelques minutes pour quiconque souhaiterait entrer dans le bâtiment. Ces trois là surveillent l'extérieur et … Cas, je ne pense pas que tu vas aimer mais … il y en a une dans une pièce et elle … elle est de toute évidence destinée à surveiller Dean.
Castiel se tendit aussitôt. La façon dont Charlie lui avait décrit les choses lui laissait penser le pire. Cela signifiait que le jeune homme était en vie – et c'était un immense soulagement – mais cela laissait également deviner qu'il n'était pas dans un très bon état. Le fait qu'elle ne lui montre pas les images sans avertissement était un indice de plus. Castiel savait pourtant qu'il devait voir ces images. Il devait savoir ce qu'il allait trouver sur place. Il adressa un signe de la tête à Charlie et après quelques secondes d'hésitations, la jeune femme ouvrit finalement une nouvelle fenêtre. La video n'était pas de très bonne qualité mais elle ne laissait pas de place au doute. C'était bien Dean qui se trouvait dessus. Le jeune homme était allongé sur un lit, entièrement nu. Il avait le visage couvert de sang et son torse présentait plusieurs marques de lacérations. Il semblait être seul dans la pièce. Castiel déglutit avec peine alors que les larmes lui montaient aux yeux. Il avait toujours su que Dean serait torturé par Alastair dès son retour auprès de lui. Mais en avoir la preuve visuelle était incroyablement difficile à accepter. Il laissa son regard absorber tout ce qu'il pouvait voir avant de détourner les yeux. Il sentit la main de Gabriel se poser sur sa cuisse et même s'il fut incapable de répondre à son geste, il lui en fut immensément reconnaissant.
- Il est en vie, asséna Castiel après quelques secondes.
C'était le plus important pour le jeune homme. Son ami était vivant. Il était blessé et visiblement sans connaissance mais il était en vie. Ils avaient encore une chance de le sauver. Castiel sortit alors son téléphone et composa le numéro d'Henriksen. Quand l'agent décrocha, il ne lui laissa pas le temps de dire quoi que ce soit et lui donna immédiatement les informations qu'il avait en sa possession.
- Je viens d'obtenir l'accord de mon directeur pour faire intervenir une équipe. Nous serons là d'ici quelques heures. Vous ne devez surtout rien faire de stupide en attendant. Gardez un œil sur les lieux et tenez moi informé. C'est compris ? Répondit Henriksen.
Castiel ne lui donna pas son accord. Il ne voulait pas mentir à l'agent. Il savait que Dean avait plus de chances de s'en sortir s'ils laissaient les professionnels se charger de sa libération. Mais il ne pouvait pas jurer de rester inactif maintenant qu'il avait vu la video. Il allait garder un œil sur son ami. Si Alastair pénétrait dans la pièce, Castiel prendrait les devants et serait forcé d'intervenir. Peu importait les risques. Il refusait de regarder Dean souffrir à nouveau.
- Jimmy, j'ai besoin que vous … commença Henriksen.
Castiel ne le laissa pas finir et raccrocha son téléphone. Sam et Bobby seraient bientôt là. Il devait garder son calme pour ne pas les affoler. Il prit une grande inspiration avant de se passer une main sur le visage.
- Henriksen est en route. Il a l'appui d'un groupe d'intervention mais rien ne nous garantit qu'ils n'arriveront pas trop tard. Charlie, je veux que tu gardes un œil sur Dean. S'il se passe quoi que ce soit de grave, j'irais le chercher. Je ne le laisserais pas mourir parce qu'Henriksen a été trop lent pour le sauver.
Il observa le reflet de Charlie dans le rétroviseur et la vit hocher la tête aussitôt. Il pouvait compter sur elle et c'était un immense soulagement. Il détourna ensuite les yeux et observa à nouveau l'entrepôt. Il n'y avait plus aucun mouvement à l'extérieur et ils étaient trop loin pour voir s'il se passait quoi que ce soit à l'intérieur. Le jeune homme n'aurait pas su dire combien de temps il resta sans bouger, ses yeux fixés sur l'entrepôt où la vie de Dean ne tenait qu'à un fil. Mais quand il entendit le moteur d'une voiture non loin d'eux, il sursauta et jeta un coup d'oeil dans le rétroviseur. Il aperçut un vieux pick up qui approchait de leur véhicule. Il avait les feux éteints et Castiel ne pouvait pas voir qui se trouvait à l'intérieur. Il jeta alors un coup d'oeil à Gabriel et lut aussitôt l'inquiétude sur le visage de son frère. Il attrapa alors l'arme de Dean qu'il avait passé dans la ceinture de son jean et la ramena contre lui. Le pick up s'était arrêté derrière eux. Castiel retira la sécurité de l'arme, prêt à tirer si nécessaire. Il laissa échapper un long soupire de soulagement quand il reconnut Bobby et Sam qui sortaient du véhicule en silence. Le jeune homme n'avait pas vu le temps passer. Il tendit son arme à Gabriel et sortit de la voiture pour rejoindre la famille de Dean.
- Tu as des nouvelles ? Demanda Sam en guise de salutations.
Castiel observa le jeune garçon une seconde, hésitant à lui dire la vérité. Il ne voulait pas le voir prendre la direction de l'entrepôt dès qu'il aurait fini de parler. Mais il refusait également de lui mentir. Il n'aurait pas voulu qu'on lui cache des informations concernant Dean.
- Il est à l'intérieur et il est en vie. Nous avons pu pirater leurs caméras de sécurité et … l'une d'elle est braquée sur lui en permanence. Nous gardons un œil sur lui jusqu'à l'arrivée d'Henriksen et de ses hommes.
- Comment va t-il ? Demanda alors Bobby.
Castiel se tourna vers lui en croisant ses bras sur son torse. Il ne savait pas comment leur dire que le jeune homme avait visiblement déjà été torturé. Qu'il était nu sur un lit, couvert de sang et de toute évidence inconscient.
- Il ne va pas bien, répondit il finalement après quelques secondes.
C'était un résumé plutôt concis de ce qu'il avait vu. Il ne voulait pas donner les détails. Il refusait d'exposer Sam aux images de son frère attaché et vulnérable. Il allait avoir du mal lui même à les oublier.
- On doit aller le chercher, asséna finalement le jeune garçon.
Castiel secoua aussitôt la tête. Il avait fait une promesse à Dean et il comptait bien la tenir jusqu'au bout. Il n'exposerait pas son frère à des risques inconsidérés. S'ils devaient intervenir, ils le feraient en suivant un plan précis et en s'assurant que Sam était en sécurité à l'extérieur ou – s'il refusait de se mettre à l'abris – derrière eux et le moins exposé possible au danger. Foncer tête baissée le conduirait à se faire tuer. Dean ne pourrait jamais le lui pardonner.
- On n'ira uniquement si Henriksen n'est pas là à temps et qu'on le sait en danger de mort. Pour le moment, on attend et on réfléchit à un plan. Nous faire tuer ne l'aidera pas. Si on doit rentrer dans cet entrepôt, on le fera avec un maximum d'informations.
Sam ne semblait pas content de devoir attendre mais il n'insista pas. Castiel aurait été prêt à parier que cela avait quelque chose à voir avec la façon dont Bobby le regardait. Le jeune garçon était probablement déterminé à aider son frère mais il semblait également enclin à suivre les ordres de son « père » de substitution. C'était un bon point pour eux. L'autorité de Bobby éviterait probablement au jeune garçon de prendre plus de risques que nécessaire. Ils devaient garder leur calme. Ils devaient agir en gardant en tête le fait que la moindre de leurs actions pouvait non seulement coûter leur vie mais également celle de Dean. Castiel aurait aimé savoir exactement comment il devait s'y prendre. Il se sentait impuissant et inutile. Il aurait aimé qu'Henriksen soit là. Il aurait aimé que ce cauchemar soit déjà fini. Il voulait serrer Dean dans ses bras et lui dire une nouvelle fois qu'il l'aimait comme un fou. Il voulait l'embrasser. Il espérait qu'il aurait l'occasion de lui parler à nouveau, de plonger son regard dans celui du jeune homme et de l'étendre rire. Il avait la sensation que la situation lui échappait à nouveau. Il avait voulu se convaincre que tout irait bien et que le fait de localiser Alastair et Dean était la chose la plus importante mais il n'avait pas envisagé que l'attente serait aussi difficile à supporter. Il ferma les yeux une seconde et se remémora les paroles de Franck. Il se força ensuite à sourire avant de prendre une grande inspiration et de jeter un coup d'oeil à Bobby puis à Sam.
- On va le sortir de là … on va le sauver. Peu importe qu'on doive intervenir sans l'appui d'Henriksen et du FBI … peu importe qu'ils soient cent à l'intérieur, on va libérer Dean. Je vous le promets.
Castiel avait conscience de faire des promesses en l'air mais il avait besoin de se convaincre qu'ils pouvaient réussir. Il attendit que les deux hommes hochent la tête pour lui signifier qu'ils l'avaient entendu et acquiesça à son tour. Il s'était juré de ne pas leur donner d'illusions et de ne pas leur mentir pour leur éviter de tomber de trop haut s'ils échouaient. Mais ils savaient tous les trois qu'ils n'étaient pas de taille à vaincre Alastair. Ils ne se faisaient pas réellement d'illusions sur ce point. Mais s'ils parvenaient à avoir suffisamment confiance en eux mêmes, ils pourraient peut être réussir. C'était la seule arme dont ils disposaient et ils devaient s'en servir.
- Cassie, viens ici, lança brusquement Charlie depuis l'intérieur de la voiture.
Ce n'était pas bon signe. Il était arrivé quelque chose à Dean. Castiel se précipita aussitôt vers la jeune femme et jeta un coup d'oeil à l'écran de son ordinateur. Quelqu'un était entré dans la pièce où le jeune homme était retenu captif. Quelqu'un que Castiel reconnut immédiatement. Alastair. Il tenait un sorte de grande matraque dans la main. Il se tenait aux pieds du lit où Dean était allongé. Le jeune homme avait toujours les yeux fermés mais Castiel aurait pu juré qu'il était conscient à nouveau. Alastair semblait lui parler. Après quelques secondes durant lesquelles il ne se passa rien, Alastair abattit la matraque sur le torse de Dean avec une violence inouïe. Le jeune homme ouvrit aussitôt les yeux et la bouche et Castiel sut qu'il hurlait. Ils ne pouvaient pas attendre plus longtemps. Ils devaient intervenir. Gabriel semblait l'avoir compris puisqu'il sortit de la voiture à son tour et la contourna pour se poster à côté de son frère.
- Comment on procède ? Demanda t-il.
Castiel avait parfois la sensation que les personnes qui l'entouraient le surestimaient considérablement. Il n'était pas plus préparé qu'eux pour ce genre d'intervention. Il ne savait pas du tout ce qu'ils devaient faire pour libérer Dean. Mais ils le regardaient pourtant comme s'il était le chef de cette opération. Il détestait avoir cette responsabilité.
- Il nous faut plus d'armes et … je n'ai que ce pistolet. Je ne sais pas … admit alors Castiel qui sentait la panique le gagner.
Du coin de l'oeil, il vit Bobby se diriger vers son pick up. Il le suivit sans trop savoir pourquoi et laissa échapper un petit cri de surprise quand le « père » de Dean et Sam ouvrit son coffre et révéla un véritable arsenal aux autres personnes présentes autour de lui. Castiel aurait probablement été effrayé s'ils n'avaient pas eu cruellement besoin de tout cela pour sauver Dean. Il choisit de ne pas poser de questions à ce sujet, persuadé que la réponse ne lui ferait pas plaisir. Peu importait le genre de vie que Bobby menait. Il venait de leur donner un avantage certain. Castiel n'avait pas l'intention de l'ignorer. Il attraper un fusil dans le coffre et l'observa de longues secondes.
- Il y a deux accès dans le bâtiment. L'un devant et l'un derrière. Je pense qu'il serait préférable de se séparer en deux groupes. J'ai pu obtenir un plan des lieux en m'introduisant dans le site de … oh peu importe d'ailleurs, l'essentiel, c'est que j'ai une vague idée du lieu où ils retiennent Dean. Je vais entrer avec Gabe par l'arrière et tu iras avec … avec les deux autres par l'avant. Nous serons amenés à croiser du monde sur le chemin et nous serons probablement contraints de les tuer. J'espère que vous en avez tous conscience, expliqua Charlie surprenant Castiel par son calme et sa détermination visible.
Il se tourna aussitôt vers elle et la dévisagea durant de longues secondes. Qui était elle pour savoir autant de choses sur la manière d'opérer ? Quelle vie avait elle menée jusque là pour être aussi préparée ? Castiel était totalement subjugué par ce qu'il entendait. Ils avaient peut être une chance après tout. Charlie était leur atout majeur. Leur chef tactique. Il était ravi de la voir prendre la direction de l'opération. De toute évidence, elle en était parfaitement capable.
- Je sais ce que tu te dis et je pourrais t'expliquer mais je doute que tu aies réellement envie de savoir et puis de toute façon, nous n'avons pas de temps à perdre. Je vais vous montrer les plans et vous dire quoi faire.
Castiel hocha aussitôt la tête et il suivit Charlie jusqu'à sa voiture. La jeune femme leur montra alors l'écran de son ordinateur et commença à leur expliquer la procédure à suivre. Elle employait un vocabulaire qui sonnait professionnel et Castiel eut la sensation qu'elle avait déjà connu une telle situation. Il l'écouta attentivement jusqu'à ce qu'elle n'ait plus rien à dire puis il se tourna vers Bobby et Sam. Il s'apprêtait à dire au jeune garçon de les attendre à l'extérieur mais ce dernier secoua la tête avant qu'il n'ait le temps de dire quoi que ce soit. Castiel choisit de ne pas insister. Charlie avait raison. Ils n'avaient pas de temps à perdre. Ils vérifièrent tous que leur téléphone fonctionnait et échangèrent leur numéro. Puis Castiel prit Gabriel dans ses bras et lui fit jurer qu'il ferait attention à lui. Il lui promit ensuite la même chose même s'ils savaient tous les deux qu'ils prenaient des risques graves et qu'ils avaient de fortes chances de ne pas s'en sortir indemnes. Quand ils se séparèrent, Castiel passa un nouveau coup de fil à Henriksen. Une nouvelle fois, il ne laissa pas le temps à l'agent de dire quelque chose.
- On intervient maintenant. Faites vites, se contenta t-il de dire.
Il raccrocha ensuite puis vérifia le chargeur de son arme comme Bobby le lui montrait et s'élança dans la direction de l'entrepôt. La peur qu'il avait ressenti jusque là avait laissé place à quelque chose qui ressemblait étrangement à de l'excitation et une énergie débordante. Il se sentait prêt même s'il savait qu'il risquait de se faire tuer. Il était déterminé à faire son maximum et à réussir. Il refusait de laisser Alastair gagner. Peu importait qu'il doive tuer des gens au passage. Il se fichait de la vie de ces personnes qui avaient aidé à faire souffrir Dean. Il les voyait tous comme des monstres qui ne méritaient aucune pitié. Il avait envie de leur faire du mal. Il voulait leur faire payer leur complicité.
A mesure qu'ils approchaient de l'entrée nord du bâtiment, Castiel se repassa les paroles de Charlie en tête pour être sûr de ne rien oublier. Il savait qu'une fois la porte franchi, le combat s'engagerait. Il vérifia une énième fois que son arme était prête puis fit signe à Bobby de se poster de l'autre côté de l'entrée. Sam prit position derrière son « père » de substitution. Castiel tendit l'oreille pour vérifier si quelqu'un se tenait derrière la porte. Quand il n'entendit rien de plus que le silence, il se décida enfin à entrer en action. Il posa la main sur la poignée et la poussa lentement. Bobby lui adressa alors plusieurs signes qu'il ne comprit pas. Il se souvint alors que ce dernier avait servi dans l'armée et qu'il devait probablement utiliser les signaux militaires. Il eut envie de lui expliquer qu'il n'en connaissait aucun mais au moment où il ouvrit la bouche, la porte fut tirée violemment en arrière et il fut contraint de la lâcher. Un homme se jeta ensuite dans sa direction et il n'eut pas le temps de réagir. Il se contenta de pointer son arme dans sa direction alors même qu'il tombait en arrière. Il appuya sur la gâchette et entendit le bruit de la détonation mais il avait du manquer sa cible. Son assaillant lui tomba lourdement dessus et Castiel ferma les yeux une seconde. Il entendit un nouveau coup de feu et se prépara à la douleur qu'il connaissait pour l'avoir déjà ressenti. Mais quand il ne sentit rien de tel, il rouvrit les yeux. L'homme qui était allongé au dessus de lui ne bougeait plus. Castiel comprit alors que ce n'était pas son assaillant qui avait tiré. Il se dégagea de sous lui et jeta un coup d'oeil à Bobby et Sam. Il fut surpris de constater que c'était le jeune garçon qui avait tiré et tué l'homme qui l'avait attaqué. Il se remit debout et tourna aussitôt le visage vers l'entrée du bâtiment. Les autres personnes présentes avaient forcément du entendre le coup de feu. Ils allaient venir dans leur direction. Ils n'avaient aucun moment à perdre. Castiel pénétra alors dans l'entrepôt et regarda autour de lui. Il se trouvait dans une pièce immense qui comportait trois portes sur trois côtés différents. Castiel était surpris de ne trouver personne d'autre à l'intérieur. Il avait la sensation que quelque chose clochait. Il choisit de l'ignorer pour le moment et prit quelques secondes pour se remémorer les plans que Charlie leur avait montrés. Ils devaient partir droit devant eux puis emprunter un long couloir avant de tourner à droite, de descendre des escaliers et de fouiller les pièces en sous sol. Charlie était sûre qu'ils avaient enfermé Dean à l'étage du dessous. Castiel avança lentement dans la pièce. Il sentait Bobby et Sam dans son dos. Il s'approcha lentement de la porte devant lui. Une nouvelle fois, il colla son oreille contre la porte. Il entendit des bruits de pas de l'autre côté et se tourna aussitôt vers ses deux acolytes pour le leur signaler. Il se colla ensuite contre le mur pour ne pas être visible quand le porte s'ouvrirait et attendit que la personne de l'autre côté pénètre dans la pièce. Quand la poignée s'abaissa, Castiel serra son arme contre lui. Il regarda la porte s'ouvrir lentement puis, dès qu'il aperçut l'homme qui entrait dans la pièce, il lui colla son arme dans le dos et le força à avancer.
- Où se trouve Dean ? Demanda t-il à voix basse.
Il regarda Bobby et Sam mettre en joue l'homme devant lui. Il appuya un peu plus fortement le canon de son arme contre le dos de son adversaire.
- Va te faire foutre ! Répondit l'homme.
Castiel ne s'était pas réellement attendu à ce qu'il réponde à sa question. Il avait voulu tenter sa chance. Mais il n'avait pas de temps à perdre à tenter de le convaincre. Ils devaient se mettre en quête de la pièce dans laquelle Dean était retenu. Il réfléchit alors à ce qu'il devait faire pour mettre l'homme qu'il tenait toujours en joue hors d'état de nuire. L'assommer était un risque de le voir reprendre connaissance avant qu'ils n'aient réussi à trouver Dean mais avait l'avantage d'être silencieux. Le tuer était plus définitif mais les exposa à l'arrivée de renforts. Castiel prit une grande inspiration puis opta pour la seconde solution. Il appuya sur la gâchette et regarda le corps de l'homme tomber en avant lentement. Il venait de tuer quelqu'un. Il venait d'ôter une vie et il ne ressentait rien de plus qu'un immense soulagement. Tout s'était passé très vite et quand l'homme heurta finalement le sol, il l'observa durant de longues secondes. Du sang se répandait à présent dans son dos. Il ne respirait plus. Il était mort. Castiel ressentit une certaine satisfaction en le regardant. Il aurait cru que tuer un homme l'aurait fait paniquer, crier ou pleurer. Mais il n'y avait aucune culpabilité, aucun stress ni aucune panique. Il se sentait soulagé de le savoir mort. Son cœur battait à un rythme normal et sa respiration était calme. Castiel leva les yeux et observa Bobby et Sam. Il leur adressa ensuite un signe de la tête puis se tourna à nouveau vers la porte. Il la franchit lentement et en tendant l'oreille. Il se trouvait à présent dans le couloir dont Charlie leur avait parlé. Castiel le remonta en gardant son arme tendue devant lui. Il n'y avait aucun bruit mais il savait que d'autres hommes arriveraient sous peu. Il s'immobilisa à l'angle du couloir et attendit que Bobby et Sam soient à nouveau derrière lui. Il se demandait où Charlie et Gabriel en étaient. Il se demandait si son frère avait du tirer sur quelqu'un à son tour. Il ne savait pas encore si la culpabilité le rattraperait. Il en doutait sincèrement. Il était opposé à la peine de mort mais il estimait que ces hommes ne méritaient pas de vivre. Pas après ce qu'ils avaient cautionné.
Castiel jeta un coup d'oeil de l'autre côté du couloir avant d'y pénétrer. Il entendit de nouveaux bruits de pas quelque part sur sa gauche et il se tendit aussitôt. Une porte s'ouvrit à quelques mètres de lui et il se plaqua aussitôt contre le mur. Bobby le dépassa alors et s'élança dans la direction de l'homme qui venait d'entrer dans le couloir. Ils échangèrent quelques coups de poing avant que Bobby ne parvienne à maîtriser son adversaire. Il abattit la crosse de son arme sur sa temps et le laissa tomber par terre en silence. Castiel fut surpris par son choix mais il se garda bien de lui dire. Ils se remirent en route aussitôt. Comme Charlie le leur avait indiqué, ils empruntèrent un nouveau couloir à droite puis descendirent les escaliers. Ils sursautèrent tous les trois quand des bruits de coups de feu résonnèrent au dessus de leur tête. De toute évidence, le combat était engagé entre Charlie, Gabriel et les hommes de main d'Alastair. Castiel pria alors pour que son frère s'en sorte et ne soit pas blessé. Il était terrifié à l'idée de le retrouver mort. Tout serait de sa faute. Castiel s'immobilisa alors et se tourna vers Bobby.
- Est-ce que vous … commença t-il alors.
Il ne put pas terminer sa phrase mais son compagnon semblait avoir compris ce qu'il lui demandait. Il hocha la tête avant de rebrousser chemin pour aller prêter main forte aux deux autres. Castiel soupira longuement puis jeta un coup d'oeil à Sam avant de recommencer à descendre les escaliers. Quand il fut finalement en bas, il regarda longuement autour de lui. Ils se trouvaient dans un long couloir. Plusieurs portes étaient fermées sur toute la longueur. Dans l'une d'elle, Alastair retenait très probablement Dean prisonnier. Castiel devait vérifier toutes les pièces. Il se dirigea vers la première et l'ouvrit. Elle était vide. Les dix suivantes l'étaient également. Quand le jeune homme colla son oreille contre la porte de la onzième, Castiel entendit clairement des murmures. Il se redressa alors doucement et jeta un coup d'oeil à Sam par dessus son épaule. Le jeune garçon semblait avoir compris que son frère se trouvait derrière cette porte. Il adressa à Castiel un hochement de tête déterminé puis agita son arme sans nul doute pour lui signifier qu'il était prêt. Castiel reporta alors son attention sur la porte. Il posa sa main sur la poignée et la poussa lentement. Il avait peur de trouver Alastair de l'autre côté, Alastair et le corps sans vie de Dean. Il avait probablement entendu les coups de feu et il était fort possible qu'il ait choisi de régler le problème le plus rapidement possible. Castiel retint alors sa respiration et poussa entièrement la porte. Ce qu'il vit derrière le statufia. Alastair se tenait tourné vers la porte, Dean collé contre lui, une arme pointée contre sa tempe. Le jeune homme était inconscient et toujours entièrement nu. Sa tête était penchée en avant, ses yeux fermés. Son visage était tuméfié et couvert de sang. Son torse était également couvert de blessures récentes. Castiel sentit son cœur s'accélérer dans sa poitrine alors que sa respiration se saccadait sensiblement. Alastair lui souriait. Visiblement, il n'était pas surpris de le trouver là. Castiel baissa aussitôt le bras au bout duquel se trouvait son arme avant de faire un pas dans la direction d'Alastair. Il ne pouvait pas tirer. Il n'était pas suffisamment bon tireur pour prendre ce risque. Et il savait que ce monstre risquait de tuer Dean avant qu'il n'ait eu le temps de l'abattre.
- Laissez le partir … c'est fini pour vous, déclara Castiel en regardant Alastair dans les yeux.
Ce dernier ne semblait absolument pas affolé par ce qu'il entendait. Castiel savait qu'il ne lui faisait pas peur. Et Sam, qui était à présent à côté de lui, n'était pas plus intimidant.
- Si je dois me faire tuer, je l'emmènerais avec moi, menaça Alastair calmement.
Castiel savait qu'il le ferait. Il n'en doutait pas une seconde. Mais il ne comptait pas le laisser faire.
- Laissez le partir et je ne vous retiendrais pas. La police n'est pas encore là et vous avez une chance de vous échapper si vous partez immédiatement.
- Je ne partirais pas sans lui. J'ai besoin de lui.
Castiel sentit Sam se tendre derrière lui. Il savait que la vue de son frère, nu et inconscient, le terrorisait. Castiel avait peur lui aussi. Mais il devait garder la tête froide. Il devait réussir à convaincre Alastair de laisser Dean tranquille.
- Vous en trouverez un autre … mais si vous vous entêtez vous serez mort ou arrêté d'ici quelques minutes. Et si vous tuez Dean, vous serez privé de lui. Ne soyez pas idiot. Partez.
Alastair semblait avoir besoin de quelques secondes pour réfléchir à ce qu'il entendait. De nouveaux coups de feu résonnèrent au dessus d'eux. Et au loin, Castiel entendait le bruit distinctif des sirènes des voitures de police. La cavalerie serait bientôt sur place. Alastair devait faire un choix immédiatement. Il risquait d'opter pour la solution la plus radicale et Castiel devait se tenir prêt. Il serra son arme dans sa main et fit un nouveau pas en avant. Pendant une seconde, il eut la sensation qu'Alastair allait appuyer sur la gâchette.
- Vous n'avez pas beaucoup de temps … je vous laisserais partir. Je peux vous le jurer, promit Castiel.
Il devait prouver sa bonne foi à son adversaire. Il devait prendre un risque. Il choisit alors de s'agenouiller et de poser son arme au sol. Alastair suivit ses gestes attentivement des yeux avant de froncer les sourcils quand Castiel se remit debout.
- Tu as du courage, constata t-il finalement.
Castiel hocha la tête. Alastair leva alors les yeux au plafond. Les sirènes se rapprochaient considérablement et le bruit d'un moteur d'hélicoptère annonçait l'arrivée de plus de renforts encore. Alastair tourna alors le visage vers Dean.
- On se reverra un jour, murmura t-il.
Puis, brusquement, il repoussa le jeune homme droit devant lui. Castiel se précipita dans sa direction pour amortir sa chute et l'attrapa dans ses bras. Il entendit Alastair prendre la fuite mais il ne chercha pas à le retenir ou à le suivre des yeux. Il se concentra sur Dean. Sa blessure à la tête semblait sérieuse et son torse saignait beaucoup. Il n'avait toujours pas repris connaissance. Castiel tourna alors le visage pour regarder Sam et fut surpris de voir que le jeune garçon ne se trouvait plus dans la pièce. Il l'appela plusieurs fois avant de laisser échapper un cri de surprise quand un coup de feu retentit dans le couloir non loin d'eux. Non. Alastair ne pouvait pas avoir tué Sam. Il refusait de le croire. Le jeune frère de Dean ne pouvait pas avoir été suffisamment stupide pour tenter de le suivre. Castiel ferma les yeux une seconde, pris de panique. Comment pourrait il expliquer au jeune homme qu'il avait laissé son frère se faire tuer ? Dean ne pourrait jamais lui pardonner. Et il aurait raison. Castiel allongea Dean délicatement sur le sol avant de se relever. Il allait prendre la direction de la porte quand quelqu'un surgit dans l'encadrement. Castiel fit un bond en arrière et laissa échapper un long soupire de soulagement quand il reconnut Sam. Le jeune garçon semblait passablement choqué. Son tee shirt était couvert de sang et il tenait son arme dans sa main. Il la lâcha soudainement avant de regarder Castiel droit dans les yeux. Pendant une seconde, ce dernier se demanda s'il était blessé. Mais il semblait ne pas avoir reçu de balle. Ce qui semblait signifier que le sang sur son tee shirt n'était pas le sien.
- Il est … je ne pouvais pas … je ne pouvais pas le laisser s'enfuir … pas après ce qu'il a fait à mon frère, bafouilla Sam.
Castiel hocha alors la tête. Le jeune garçon avait tué deux personnes aujourd'hui. Il avait ôté la vie de deux hommes dont le bourreau de son frère aîné. Il ne serait plus jamais le même. Castiel savait qu'il en allait de même pour lui. Cela aurait du l'effrayer. Mais pour le moment, il n'avait pas le temps de paniquer. Il n'avait pas le temps de penser à lui ou à Sam. Il devait se concentrer sur Dean. Il fit alors volte face et s'agenouilla à nouveau à côté du jeune homme. Sa poitrine se soulevait au rythme de sa respiration irrégulière. Castiel ne savait pas par où commencer. Il ne connaissait pas l'étendue des blessures que le jeune homme avait subi. Tout s'embrouillait dans sa tête et il avait envie de crier. Dean allait peut être mourir dans ses bras. Gabriel était peut être en train d'agoniser quelque part dans le bâtiment. Sam avait tué deux hommes et était très certainement à deux secondes de paniquer complètement. Castiel n'était pas de taille à tout affronter. Il ne pouvait pas relever ce défi seul. Il avait besoin de Dean. Il baissa le visage et l'appuya contre celui du jeune homme.
- Réveille toi s'il te plait … j'ai besoin … j'ai besoin de toi mon amour. Tu dois te réveiller. Tu n'as pas le droit de m'abandonner. Pas maintenant que je t'ai sauvé, souffla t-il contre le visage tuméfié de Dean.
Le jeune homme ne réagit pas et Castiel sentit les larmes lui couler sur les joues. Il recula alors son visage et observa celui de Dean. Il pouvait entendre des bruits de voix et de pas autour de lui. Il n'aurait pas su dire si quelqu'un d'autre était entré dans la pièce. Il espérait que les secours n'étaient pas loin. Il doutait que Dean puisse attendre très longtemps. Castiel laissa son regard s'attarder sur chacune des nouvelles blessures du jeune homme. Il réalisa alors qu'il était toujours nu et pendant une seconde, il eut envie de le couvrir pour que personne ne puisse le voir. Il savait que Dean détestait qu'on regarde ses cicatrices. Mais le personnel médical allait avoir besoin de l'examiner. Il laissa échapper un sanglot. Il avait la sensation d'avoir échoué. Et alors qu'une main se posait sur son épaule, il serra Dean un peu plus fortement contre lui pour lui parler une dernière fois.
- Je t'aime … ne m'abandonne pas … s'il te plait … je ne survivrais pas si tu meurs … je ne pourrais pas.
Quelqu'un le força ensuite à reculer et il accepta finalement de lâcher le jeune homme. Il ferma ensuite les yeux et pria pour la première fois depuis très longtemps. Il espérait être entendu. Il doutait toutefois que ce soit le cas.
