Bonjour,

Me voici de retour de vacances avec quelques coups de soleil et les conséquences du décalage horaire.

Je poste donc le 34ème chapitre. On s'approche de la fin ... déjà.

Je suis de retour au travail et je pourrais recommencer à poster deux fois par semaine. Je pourrais également répondre à nouveau à vos messages.
Merci de me lire et de m'écrire. Je vous adore !

Bonne lecture

Sydney8201

Musique du chapitre :

I'll stand by you de The Pretenders

Chapitre 34 : Réveil

« Confronté à une épreuve, l'homme ne dispose que de trois choix : 1, combattre 2, ne rien faire 3, fuir. »

Henri Laborit

Castiel n'avait jamais été aussi inquiet de sa vie. Les secours avaient conduit Dean à l'hôpital et l'avaient immédiatement confié à des médecins. Leurs visages graves en avaient dit long sur la gravité de l'état du jeune homme. Ils l'avaient emmené avec eux dans un couloir où le public ne pouvait pas pénétrer. Ils n'avaient pas donné de nouvelles depuis.

Une infirmière avait ordonné à Castiel d'attendre dans la salle prévue à cet effet sans lui garantir qu'on lui donnerait plus d'informations. Il ne faisait pas parti de la famille de Dean et il n'avait pas accès aux informations sur son état. Heureusement pour lui, Sam était présent également. Castiel savait qu'il pouvait compter sur lui pour l'informer.

Le jeune garçon était totalement silencieux depuis leur arrivée. Il avait toujours son tee shirt couvert de sang et ses mains n'avaient pas été lavées. Il avait les yeux dans le vague et le visage complètement pâle. Castiel se faisait beaucoup de soucis pour lui. Il se doutait qu'il était en état de choc. Il avait tué deux hommes en sauvant son frère. L'un en état de légitime défense et pour aider Castiel. L'autre par vengeance. Sam avait tué Alastair. Il avait éliminé le monstre qui avait torturé son frère durant un an et demi. Henriksen avait semblé particulièrement énervé de l'apprendre. Castiel avait assuré que Sam avait agi en état de légitime défense. Il avait juré avoir vu Alastair menacer le jeune garçon. Il avait menti pour le couvrir. Il ne le regrettait pas. Mais devenir meurtrier à seize ans était quelque chose qui changeait considérablement une personne. Sam finirait par en subir les conséquences et Castiel s'inquiétait pour lui sur ce point. Il se demandait ce qui pouvait se passer dans sa tête à cet instant précis. Il devait probablement se faire énormément de soucis pour son frère. Mais Castiel aurait voulu savoir s'il repensait également à ses actes. S'il se repassait le film de cette journée continuellement depuis leur arrivée à l'hôpital. Il se demandait ce qu'il pouvait ressentir.

Bobby les avait rejoint avant leur départ pour l'hôpital. Gabriel et Charlie, miraculeusement sains et saufs l'un comme l'autre, avaient préféré retourner à l'hôtel. Castiel savait qu'ils étaient collés au téléphone et qu'ils ne dormiraient pas tant qu'ils n'auraient pas de nouvelles.

La salle d'attente était presque vide à cette heure ci. Mis à part Castiel, Sam et Bobby, il n'y avait que deux autres personnes. Un jeune couple qui attendaient des nouvelles de leur enfant visiblement très malade. Leur chagrin et leur inquiétude étaient visibles sur leurs visages tendus. Castiel avait de la peine pour eux. Il espérait sincèrement que leur bébé irait bien.

L'attente était insupportable pour le jeune homme. Il ne tenait pas en place et faisait les cent pas dans la minuscule salle sans parvenir à rester au même endroit plus de quelques minutes. Il avait déjà avalé quatre cafés tièdes, parcouru des centaines de mètres dans une pièce qui devait faire quatre mètres de long et de large et rongé deux de ses ongles jusqu'au sang. Bobby était assis dans un coin de la pièce et regardait fixement le sol. Sam était installé à côté de lui, le regard dans le vague. Le temps semblait s'être suspendu pour eux. Les minutes passaient trop lentement.

Castiel savait que la situation était grave. Dean avait été frappé à de multiples reprises. Son visage était couvert d'hématomes et son torse zébré de blessures récentes. Il avait perdu connaissance, sans doute en raison d'un coup reçu à la tête. Il pouvait avoir une hémorragie interne ou une fracture du crâne. Il pouvait être entre la vie et la mort. Il pouvait avoir cessé de respirer, privant son cerveau d'oxygène. Castiel aurait préféré ne pas savoir toutes ces choses. Il aurait préféré ne pas avoir une quelconque culture médicale. Il ne pouvait s'empêcher d'imaginer les pires scénarios à présent. Il était mort de peur.

Un médecin vint finalement chercher le jeune couple qui les accompagnait dans la salle d'attente. Les nouvelles qu'il leur donna déclencha une crise d'hystérie de la mère de l'enfant alors que son mari pleurait en silence. Castiel détourna aussitôt les yeux, conscient qu'ils venaient d'apprendre quelque chose d'horrible. Les lieux étaient trop impersonnels pour ce type d'annonces. Ils manquaient d'intimité. De chaleur. Castiel se demandait comment il réagirait si on venait leur apprendre la mort de Dean d'ici quelques minutes.

Il n'aurait pas su dire combien de temps ils attendirent mais quand un nouveau médecin pénétra enfin dans la salle d'attente, Castiel avait la sensation d'être à l'hôpital depuis une éternité.

Sam se leva aussitôt de sa chaise, accompagné de Bobby. Castiel resta sensiblement en retrait mais tendit tout de même l'oreille. Le médecin le dévisagea une seconde et ce ne fut que lorsque Sam lui assura qu'il pouvait parler devant lui que le docteur se lança.

- Votre frère a subi d'importantes blessures lors de son enfermement. Les lacérations sur son torse ne nous inquiètent pas. Elles sont profondes mais elles devraient guérir facilement. Son agresseur a également porté plusieurs coups au niveau de son ventre et de ses côtes, probablement avec un objet contendant. Il n'a heureusement pas provoqué d'hémorragie interne. Nous avons également traité ses hématomes au visage. Nous avons du recoudre son arcade sourcilière et plusieurs plaies sur son cuir chevelu. Elles devront être surveillées avec attention mais elles ne présentent aucune dangerosité immédiate pour sa santé. Le plus inquiétant est le coup reçu à l'arrière du crâne. Nous avons décelé un début d'hémorragie à l'intérieur de son crâne. Elle devrait se résorber seule mais il va falloir que nous la surveillons de très près. Si le sang ne s'évacue pas, il sera nécessaire d'opérer pour relâcher un peu de pression.

Castiel sentit son cœur s'accélérer en entendant la longue liste des blessures subies par Dean. Il espérait qu'Alastair avait souffert en mourant. Il n'avait pas mérité une mort douce. Pas après tout ce qu'il avait fait subir au jeune homme. Ce type ne pouvait décemment pas être humain. Personne ne pouvait se montrer aussi cruel.

- Il y a une dernière chose dont nous devons parler mais je ne sais pas si … je ne sais pas si je peux en parler devant les amis de votre frère, poursuivit le médecin en regardant Bobby et Castiel tour à tour.

Sam lui fit signe de se taire avant de pousser un long soupir agacé.

- Bobby était son tuteur légal jusqu'à son émancipation et Castiel est … il est son partenaire. Son petit ami … vous pouvez tout dire devant eux.

Le médecin ne semblait pas réellement convaincu mais il finit par hocher la tête pour signifier son accord. Castiel ne put s'empêcher de ressentir un semblant de joie en entendant Sam le définir comme le petit ami de son frère. Ce n'était pas réellement vrai mais l'idée lui plaisait. Et il s'en voulut aussitôt. Le moment était vraiment mal choisi pour ressentir des choses aussi triviales.

- Nous avons trouvé des traces d'agressions sexuelles sur votre frère. Nous avons du suturer des plaies importantes au niveau de son rectum. Il a perdu beaucoup de sang et nous lui avons fait une transfusion dès son arrivée à l'hôpital.

- Est-ce qu'il … il va vivre hein ? Demanda alors Sam.

Castiel s'était douté qu'Alastair avait à nouveau abusé de Dean. Il s'était préparé à entendre ce genre de nouvelles. Mais il n'en était pas moins totalement choqué d'en avoir la confirmation. Il avait envie de pleurer et de crier. Il aurait aimé pouvoir ressusciter Alastair pour avoir l'opportunité de le tuer à nouveau. De ses propres mains. Et après lui avoir fait subir les mêmes tortures que celles qu'il avait infligées à Dean. Castiel aurait aimé pouvoir le faire souffrir durant des heures entières.

- Sa vie n'est pas en danger mais il ne sortira pas de cet hôpital avant plusieurs semaines. Son bras droit est fracturé à trois endroits différents, il a plusieurs doigts de cassés, des côtes fêlées et une rupture des ligaments croisés du genou droit. Nous allons devoir l'opérer et il devra ensuite suivre une longue rééducation. Il sera hospitalisé durant toute la période de son traitement mais je peux vous rassurer sur un point. Aucune de ses blessures ne le met en danger. Il va bien compte tenu de l'enfer qu'il a vécu.

Castiel ne pouvait pas continuer à écouter les détails des blessures subies par son ami. Il avait besoin de le voir. Besoin de lui parler.

- Est-ce que je peux aller le voir ? Demanda t-il alors.

Le médecin se tourna vers lui, sans nul doute pour lui signifier son refus mais une nouvelle fois, Sam prit la parole avant lui.

- Castiel est le petit ami de mon frère et c'est lui qui lui a sauvé la vie. Je lui donne la permission de voir Dean … je veux qu'il soit considéré comme faisant parti de notre famille.

- Monsieur Winchester, protesta le médecin d'une voix douce.

- Non, il est hors de question de lui interdire l'accès à sa chambre. Ne m'obligez pas à contacter un avocat pour faire valoir ses droits … et ne m'obligez pas non plus à proclamer à qui voudrait l'entendre que cet hôpital fait preuve d'une discrimination et d'une homophobie évidentes.

Castiel était totalement sidéré de voir le contrôle que Sam avait sur la situation. S'il n'avait pas assisté à ce qui s'était passé, il n'aurait jamais pu croire que le jeune garçon avait tué deux hommes quelques heures plus tôt. Pas plus qu'il n'aurait cru qu'il n'avait que seize ans. Il était d'un calme admirable. Castiel ne savait pas si cela devait l'épater ou le terrifier. Il préférait ne pas se poser la question pour le moment.

- Très bien Monsieur Winchester. Mais je préfèrerais que vous alliez le voir avant pour recueillir son accord écrit et dégager l'hôpital de toute responsabilité au cas où il …

- Il sera très content de voir Castiel. Je suis sûr qu'il meurt d'impatience de le retrouver et j'aimerais … j'aimerais pouvoir me changer avant d'aller le voir. De plus, je suis sûr que vous avez des tas de papiers à me faire signer.

Le médecin finit par acquiescer, visiblement avec regret, avant de donner à Castiel le numéro de chambre de Dean et de faire signe à Sam de le suivre aux admissions. Le jeune homme ne perdit pas une seconde de plus et s'élança dans le couloir en quête de l'endroit où se trouvait Dean. Il dut monter d'un étage puis lire tous les numéros sur les portes avant de trouver celle derrière laquelle son ami était installé. Il hésita une seconde avant d'entrer. Il savait que son inquiétude devait se lire son visage. Il n'avait aucune idée de l'impression qu'il donnerait au jeune homme en pénétrant dans la pièce. Mais il ressentait le besoin quasi physique de revoir son ami, de lui parler et de pouvoir le toucher. Ils n'avaient pas été séparé très longtemps mais il avait la sensation que cela faisait des années. Il prit une grande inspiration avant d'expirer lentement. Il posa ensuite sa main sur la poignée de la porte et la poussa doucement. Il ne voulait pas réveiller le jeune homme si toutefois il dormait, ni le faire paniquer s'il était réveillé. La pièce n'était pas éclairée et était totalement plongée dans la pénombre. Castiel aperçut aussitôt le lit du jeune homme en face de lui. Il fit un pas dans la pièce et referma la porte derrière lui. Il reporta ensuite son attention sur Dean et sentit un sourire étirer ses lèvres quand il réalisa que le jeune homme était réveillé. Castiel continua alors d'avancer dans la chambre. Quand il put enfin voir le visage de son ami en détail, son sourire s'effaça aussitôt. Le sang avait été nettoyé mais les hématomes étaient plus visibles encore. Son visage entier était rouge, bleu et jaune, couvert de blessures anciennes et plus récentes. La plaie sur son arcade était couverte d'un pansement. Ses lèvres étaient sèches et craquelées. Un drap le couvrait jusqu'à la moitié du torse mais Castiel pouvait voir des bandages qui barraient sa poitrine. Des cernes soulignaient ses yeux verts. Il paraissait incroyablement fragile et petit dans son immense lit d'hôpital. Castiel sentit son cœur se briser en le regardant. Il retint difficilement ses larmes et ravala ses sanglots. Il devait se montrer fort pour son ami. Il n'avait pas le droit de craquer maintenant.

- Hé Cas … souffla Dean quand il s'arrêta à sa hauteur, à la droite de son lit.

Castiel posa aussitôt une main sur son avant bras. Il n'appliqua aucune pression pour éviter de le faire souffrir et se força à lui sourire à nouveau.

- Hé Dean, répliqua t-il après quelques secondes.

Ils restèrent ensuite quelques instants à se regarder en silence. Castiel était terriblement heureux d'avoir enfin pu entendre la voix du jeune homme. Il avait la sensation de revivre. Son cœur battait fort dans sa poitrine et tout son corps le picotait. Le manque qu'il avait ressenti jusque là s'était envolé brusquement. Il se sentait à nouveau entier. A nouveau vivant.

- Tu m'as sauvé la vie, constata Dean, brisant le silence.

Castiel ne retirait aucune gloire de ce qu'il avait fait. Il n'avait pas la sensation d'être un héros même si Henriksen avait semblé particulièrement impressionné par leur intervention. Castiel n'estimait pas avoir accompli quoi que ce soit d'exceptionnel. Il était nettement plus impressionné par la force et le courage de Dean. Ou par le calme de Sam. Il ne se sentait pas différent.

- Je n'étais pas tout seul. Sam, Bobby, mon frère et une amie m'ont aidé … je n'aurais jamais pu te localiser sans Charlie et … mon Dieu, Dean, je suis tellement content que tu sois en vie. J'ai cru te perdre … j'ai pensé … j'ai pensé que j'étais arrivé trop tard. Et Henriksen n'était pas là … il …

Castiel fut incapable de terminer sa phrase. Les larmes débordèrent brutalement de ses yeux et il laissa échapper un sanglot qui sembla résonner sur les murs autour de lui. Il détourna aussitôt le visage, honteux de ne pas avoir été capable de se maîtriser. Il avait pris sur lui depuis leur séparation, occupé son esprit pour ne pas s'abandonner à son chagrin et pris soin de Sam pour se sentir utile. Mais à présent qu'ils avaient récupéré Dean, il avait la sensation que tout ce qu'il avait ignoré jusque là lui revenait en plein visage avec violence. Il sentit ses jambes trembler sous son poids et pendant une seconde, il crut qu'il allait tomber à genoux. Il ne dut son salut qu'à la main que Dean posa sur sa joue. Castiel reporta son attention sur lui en fronçant les sourcils.

- Je vais bien Cas … je vais m'en sortir … et je te le dois … je le dois à Sam et Bobby et … ton frère et ce Charlie que je ne connais pas. Je ne pourrais jamais suffisamment vous remercier de m'avoir sauvé la vie, expliqua Dean calmement.

Castiel hocha alors la tête puis se pencha légèrement en avant pour appuyer ses deux mains sur le rebord du lit. Il pouvait sentir le pouce de Dean caresser sa joue avec une grande délicatesse. Il se concentra sur ce contact léger et finit par réussir à retrouver un semblant de calme. Les larmes coulaient toujours mais les sanglots avaient cessé.

- Même si je suis en colère de savoir que vous avez pris tous ces risques pour moi … après que je vous ai ordonné de ne pas le faire. Vous auriez pu vous faire tuer … vous …

Dean semblait avoir également quelques difficultés à trouver ses mots. Castiel tourna le visage pour déposer un rapide baiser dans la paume de sa main. Il ferma ensuite les yeux et se concentra sur sa respiration. Quand il eut réussi à reprendre le contrôle total sur ses émotions, il reporta son attention sur Dean.

- Je n'aurais jamais pu t'abandonner … Sam et Bobby non plus. Je ne pouvais pas laisser Alastair gagner, déclara t-il alors.

Dean haussa doucement les épaules. Castiel avait envie de lui dire qu'il ne devait surtout pas douter de l'importance qu'il avait pour sa famille et pour lui. De ne pas douter qu'il méritait d'être sauvé. Mais il ne voulait pas le braquer. Il ne leur restait plus beaucoup de temps à passer ensemble et il avait besoin d'en profiter au maximum.

- Je suis désolé qu'on soit arrivé aussi tard tu sais … j'aurais voulu pouvoir t'épargner ces nouvelles souffrances, ajouta Castiel en observant les hématomes sur le visage du jeune homme.

Il repensa une seconde à la liste des blessures que le médecin leur avait donné. Fractures, hématomes, lacérations. Puis il repensa aux viols que Dean avait subis et il dut se retenir de pleurer à nouveau.

- J'ai prié pour qu'il me tue tu sais, confia ensuite Dean dans un murmure. J'ai prié pour qu'il se lasse et me tue. Je ne pouvais plus supporter ce qu'il me faisait. J'avais envie de mourir.

- Mais tu n'as rien fait, intervint Castiel.

Dean secoua doucement la tête avant de grimacer. Il semblait souffrir malgré les antidouleurs qu'il recevait par la perfusion accrochée à son bras.

- Je ne pouvais pas … j'aurais eu l'impression de vous faire faux bond … de vous abandonner. Je ne pouvais pas me tuer. Peut être que j'avais gardé espoir en fin de compte … peut être que je savais au plus profond de moi même que vous finiriez par me retrouver.

Castiel sourit faiblement. Il attrapa ensuite la main de Dean dans la sienne et la reposa sur le lit. Il tira alors une chaise puis prit place à côté du lit. Il n'avait plus la force de rester debout. La fatigue accumulée ces derniers jours se faisait finalement sentir pour de bon. Mais il refusait d'abandonner le jeune homme pour le moment. Il avait besoin de rester avec lui.

- Tu sais, on n'aurait jamais pu te retrouver sans Franck … j'ai du faire appel à lui et il a accepté de nous aider, confia alors Castiel.

Il savait que Dean serait surpris de l'entendre. Il savait également que le jeune homme s'en voulait d'avoir du torturer Desveraux pour obtenir des informations. Il était également persuadé que personne ne tenait suffisamment à lui pour faire de tels efforts. Il avait besoin de savoir qu'il se trompait. Besoin de comprendre qu'il comptait beaucoup pour les gens qui l'avaient rencontré.

- Il a accepté ? Après ce que je lui ai fait subir ? Demanda Dean en fronçant les sourcils.

Castiel hocha la tête.

- Il m'a dit qu'il s'en voulait beaucoup de t'avoir laissé entre les mains d'Alastair quand il est parti. Je crois qu'il a de l'affection pour toi … à la manière d'un père sans doute. Il voulait réellement nous aider à te sauver.

- Je ne comprends pas ce que j'ai pu faire pour le mériter. Je lui ai fait du mal et … j'en ai fait à toutes les personnes qui m'entouraient. J'ai abandonné Sam et Bobby … je t'ai abandonné toi aussi. Je … je ne comprends pas.

Castiel posa sa main sur celle du jeune homme sans la serrer. Il avait besoin de ce contact – même léger – et il savait également que Dean en avait autant besoin que lui.

- Tu as sauvé Sam en acceptant l'échange que te proposait Alastair … Bobby te considère comme son fils et t'aime de tout son cœur. Franck a compris pourquoi tu avais du lui faire du mal et … moi, je … je suis content de t'avoir rencontré. Je suis content d'avoir appris à te connaître.

- Je ne te dégoûte pas ?

- Pourquoi est-ce que tu me dégoûterais ?

Dean haussa à nouveau les épaules sans répondre. Castiel savait parfaitement ce qu'il sous entendait par là. Il pensait que tout le monde lui en voulait d'avoir laissé Alastair abuser de lui. Que tout le monde le considérait comme faible et misérable parce qu'il avait refusé de se battre. Mais il ne comprenait pas que les gens qui avaient la chance de le connaître le voyaient comme une personne incroyablement courageuse et forte. Alastair s'était assuré qu'il perde toute confiance en lui et tout estime de lui même.

- Dean, tu es un héros. Tu as sans doute du mal à le croire mais c'est ainsi que tout le monde te voit. Tu as accepté de te sacrifier pour ton frère et … tu as survécu aux horreurs qu'Alastair t'a infligées. Tu es fort … tu es admirable et les gens t'aiment. J'ai besoin que tu le comprennes. J'ai besoin que tu l'acceptes.

- Je ne sais pas si je pourrais, souffla Dean, au bord des larmes.

Castiel savait que son ami était trop fragile pour le moment. Il n'avait pas la force de se remettre en question. Il espérait qu'il accepterait de le faire quand les choses se seraient tassées. C'était la première étape de sa guérison. Au delà de ses blessures physiques, le jeune homme allait avoir besoin de soigner les plaies qu'Alastair avait infligées à son âme et à son cœur. Ce serait un travail difficile à accomplir. Mais Castiel savait qu'il en était capable.

- Laisse toi le temps … ne sois pas trop dur avec toi même. Les choses finiront par s'arranger avec le temps, assura t-il après quelques secondes.

Il observa alors les premières larmes couler sur les joues de Dean. Il choisit de ne pas les effacer du bout des doigts comme il en avait furieusement envie. Il ne savait pas si le jeune homme accepterait ce geste. Il avait également peur de lui faire mal en le touchant.

- Pourquoi est-ce que ton frère était là ? Demanda brutalement Dean, tirant Castiel de sa contemplation.

Il avait effectivement évoqué Gabriel et Charlie mais n'avait donné aucune explication sur leur présence dans l'entrepôt. Il se doutait que cela devait surprendre le jeune homme.

- Gabriel était le seul à avoir … des contacts avec des personnes capables de m'aider. Il m'a mis en relation avec Charlie, une amie à lui qui a tenté de te localiser. Elle s'est heurté aux défenses mises en place par Franck et c'est pour cela qu'on a du également faire appel à lui. Ils ont ensuite insisté pour nous aider quand on s'est rendu sur les lieux. Ils avaient envie de t'aider.

- Personne n'a été blessé hein ?

- Tout le monde va bien.

Dean semblait plus inquiet pour la santé des autres que pour la sienne. Castiel n'était pas surpris. Il savait combien le jeune homme attachait d'importance à la sécurité des personnes autour de lui. Il était prêt à tout sacrifier pour eux. Comme il l'avait fait pour Sam. C'était une preuve de plus de la personne exceptionnelle qu'il était. Mais bien sûr, il ne le voyait pas de cet œil là. Pour lui, il était normal de se sacrifier pour les autres. Il n'était en revanche pas logique que les gens le fassent pour lui.

- Je suppose que le médecin a du vous dire à Sam, Bobby et toi ce … ce qu'il m'a fait. Il a probablement du vous donner tous les détails.

Castiel acquiesça. Il ne servait à rien de mentir. Son ami avait probablement honte de ce qu'il avait subi. Mais il finirait par apprendre que ses proches étaient au courant. Et il ne voulait surtout pas qu'il lui en veuille de lui avoir menti sur ce point.

- Personne ne va te juger Dean … tout le monde est inquiet pour toi, assura Castiel.

Dean ne semblait pas convaincu mais son ami n'était pas prêt à le laisser continuer à s'autoflageller pour quelque chose qu'il avait subi contre son gré. Il était la victime de la violence et de la cruauté d'Alastair. Il n'était responsable de rien.

- Le médecin nous a décrit tes blessures parce que Sam avait besoin de savoir si tu étais en danger ou non. Il est en colère contre Alastair et ses acolytes … il est fou de rage même. Mais il ne te juge pas. Pas plus que Bobby ou moi. Tu as été violé et frappé et … tu es la victime dans cette histoire.

Dean hocha lentement la tête et Castiel considérait son acception comme une première victoire. Ce n'était qu'un premier pas mais c'était déjà beaucoup.

- Il me disait parfois que tout le monde m'avait oublié. Que j'étais mort pour vous … et ensuite, il … me disait qu'il n'y avait que lui qui tenait réellement à moi. Il m'a juré que je comptais pour lui. Que j'étais important. J'avais envie de le croire par moment. Quand il me … quand il abusait de moi, j'avais réellement envie de croire qu'il y avait un semblant d'affection chez lui … peut être de l'amour … mais ensuite, je me souvenais de toi et des quelques fois où nous avons fait l'amour. Je repensais à Benny et … Alastair ne m'a jamais aimé … pas comme Benny ou toi. Ca m'a permis de tenir le coup tu sais … penser à toi m'a permis de tenir le coup.

Castiel était touché par ce qu'il entendait. Emu également. Il savait que Dean avait développé des sentiments pour lui depuis leur rencontre. Il le lui avait dit à sa manière. Il était heureux de voir que cela avait compté dans sa survie.

- Je t'aime Dean … j'ai continué de t'aimer durant ton absence et je continuerais probablement de t'aimer pendant un moment. Je veux que tu saches que tu peux compter sur moi … je veux bien t'assister dans ta convalescence si toutefois tu veux bien de moi à tes côtés. Je suis là et je resterais là.

- Cas, j'aimerais pouvoir te dire que …

- Je sais Dean, je sais, le coupa Castiel.

Il ne voulait surtout pas que le jeune homme se force à dire quoi que ce soit pour lui faire plaisir. Il savait exactement ce qu'il ressentait. Et même si ce n'était pas réellement de l'amour, il savait que ses sentiments étaient vrais. Qu'ils étaient forts. Il n'en doutait pas une seconde.

- Sam était avec vous du début à la fin alors ? Demanda Dean en baissant les yeux sur leurs mains jointes.

Castiel savait que la question finirait par être posée. Il ne savait pas vraiment comment aborder le sujet ni comment dire au jeune homme que son frère avait assassiné deux personnes. Il ne savait pas ce que les médecins ou la police lui avaient dit. Etait il au courant de la mort d'Alastair ?

- Il a refusé de rester en retrait … mais j'ai fait en sorte qu'il soit toujours avec moi et avec Bobby. Il n'a pas été blessé et il va bien, répondit finalement Castiel.

Dean hocha alors la tête avant de pousser un long soupire de soulagement. Castiel savait qu'il était temps pour lui de dire la vérité à son ami. Il avait peur de sa réaction quand il apprendrait ce que son frère avait fait. Mais il ne pouvait pas lui cacher des choses. Henriksen finirait par lui en parler. Il était préférable qu'il l'apprenne par lui plutôt que par l'agent du FBI.

- Quand nous sommes rentrés, un homme a surgi de nul part et il m'a attaqué. Il aurait pu me tuer mais Sam a … il lui a tiré dessus sans hésiter. Il m'a sauvé la vie.

- Il l'a tué ?

Castiel baissa les yeux en hochant la tête. Il était terrifié à l'idée que Dean s'emporte et lui reproche de ne pas avoir contraint son frère à rester en arrière. Mais le jeune homme ne dit rien et Castiel finit par le regarder à nouveau.

- Il n'avait pas le choix … pas pour cet homme en tout cas, précisa t-il ensuite.

Il espérait amener le sujet d'Alastair avec le plus de délicatesse possible. Même s'il savait que Dean ne prendrait pas bien la nouvelle. Il avait souvent parlé de l'innocence de son frère et de sa volonté de la préserver. Il allait certainement s'en vouloir de l'avoir pousser à tuer deux hommes. Peu importait qu'il n'y soit pour rien dans cette histoire.

- Comment ça pas pour cet homme ? Demanda finalement Dean après quelques secondes.

Castiel prit une grande inspiration avant d'expirer lentement par le nez.

- Quand on a trouvé la pièce où Alastair te retenait prisonnier, il nous attendait … il te menaçait et … j'ai réussi à le convaincre de partir mais … Sam refusait de le voir s'en sortir. Il l'a suivi et … Dean je suis désolé.

- Sam a tué Alastair ?

Castiel hocha rapidement la tête en se mordant la lèvre inférieure.

- Sammy, murmura alors Dean en fermant les yeux.

Il semblait tellement triste à l'idée que son frère ait pu tuer ce monstre. Castiel ne pouvait pas le laisser dans cet état. Il devait lui expliquer le geste du jeune garçon. Il devait lui faire comprendre qu'il n'avait pas agi froidement.

- Tu étais nu et couvert de sang et on ne savait pas si … on ne savait pas si tu allais t'en sortir. Sam … il était furieux et … s'il ne l'avait pas fait, je crois que j'aurais tiré … je crois que j'aurais aimé être à sa place. Il ne méritait pas de vivre. Pas après ce qu'il t'a fait subir.

Dean rouvrit les yeux et retira sa main de sous celle de Castiel pour essuyer ses joues sur lesquelles de nouvelles larmes roulaient lentement.

- Je n'ai jamais voulu … je n'ai jamais voulu qu'il tue quelqu'un pour moi. J'aurais préféré mourir plutôt que de le confronter à toutes ces choses. Il est … à cause de moi, il est …

- Stop Dean, ça suffit. Tu ne peux pas t'en vouloir pour quelque chose que ton frère a choisi de faire. Il a voulu te venger. Pas parce que tu lui avais demandé ou qu'il pensait que c'était ce que tu attendais de toi. Il l'a fait parce qu'il haïssait cet homme et qu'il ne pouvait pas tolérer de le savoir dans la nature. Si tu veux mon avis, il a bien fait de le tuer. Il mériterait une médaille pour ça.

Dean secoua la tête, sans doute sur le point de contredire Castiel mais ce dernier ne lui en laissa pas le temps et le coupa aussitôt dans son élan.

- Tu n'as pas le droit de dire que tu aurais préféré mourir plutôt que de voir ton frère tuer un homme. Tu n'as pas le droit parce que ta mort l'aurait détruit. Je ne dis pas qu'il oubliera son geste du jour au lendemain ou qu'il n'aura pas besoin d'aide pour accepter ce qu'il a fait mais … je sais qu'il sera capable de le surmonter. Il n'aurait pas pu se remettre de ta mort … tu ne dois surtout pas oublier ça.

Dean pleurait vraiment à présent. Castiel ne savait pas si c'était uniquement du à ce qu'il venait d'apprendre ou s'il avait besoin d'évacuer la tension accumulée ces derniers jours. Peu importait en définitive. Castiel ne supportait pas d'entendre le chagrin de son ami. Il se leva de sa chaise et s'assit sur le rebord du lit. Il effleura le visage du jeune homme du bout des doigts.

- Sam va bien Dean … et il ira mieux encore quand il aura pu te voir. Tu ne dois pas t'en faire pour lui. Les choses s'arrangeront. Tu es en vie et c'est tout ce qui compte, assura t-il d'une voix douce.

Dean hocha plusieurs fois la tête mais sans s'arrêter de pleurer pour autant. Castiel lui laissa tout le temps nécessaire pour retrouver son calme. Il ne savait pas quand Sam entrerait dans la chambre pour prendre sa place mais il espérait sincèrement que le jeune garçon ne verrait pas son aîné dans cet état. Il n'avait pas besoin de ça après tout ce qu'ils avaient vécu.

- Il est … Alastair est … mort, bafouilla Dean entre deux sanglots.

Castiel savait que cette information avait une importance incroyable pour son ami. Son bourreau était enfin mort. Il n'aurait plus jamais à avoir peur de lui. Il allait enfin pouvoir commencer à se reconstruire. Il avait une chance d'avoir une vie normale. Il avait besoin d'assimiler ce point.

- C'est fini pour de bon cette fois Dean, le rassura Castiel. Tu n'auras plus à avoir peur de lui … tu n'auras plus à regarder constamment par dessus ton épaule en redoutant de le voir … tu ne lui appartiens plus. Tu es définitivement libre.

Dean essuya alors ses larmes avant de rouvrir les yeux et de les poser sur Castiel. Ce dernier sut alors que son ami commençait à accepter qu'il était débarrassé de l'homme qui l'avait tant fait souffrir. C'était une première étape. Mais le chemin était encore long.

- Je ne suis pas sûr de savoir comment faire, lâcha t-il alors.

Castiel était fatigué et il avait du mal à présent à comprendre ce que Dean cherchait à lui dire.

- Comment faire quoi ? Demanda t-il en fronçant les sourcils.

Dean haussa légèrement les épaules.

- J'ai passé les trois dernières années de ma vie à avoir constamment peur … à être terrifié à chaque seconde … chaque minute. Je ne sais pas comment passer outre cette peur et … je ne sais pas si je serais capable de mener une vie normale. Ca fait tellement longtemps Cas … j'ai oublié ce qu'on ressentait quand on est libre.

Castiel ne pouvait pas réellement imaginer ce que le jeune homme avait vécu durant ces trois années. Il en avait une vague idée et il se souvenait parfaitement de ce que Dean lui avait dit. Mais il ne pourrait jamais réellement comprendre ce qu'on ressentait quand on était constamment terrifié. Il ne savait également pas comment décrire à son ami ce que cela faisait d'être libre. C'était un sentiment compliqué à définir.

- Tu devras réapprendre je suppose … faire confiance à Sam et Bobby pour te guider. C'est … c'est difficile à expliquer. Mais tu devras accepter d'être heureux … accepter d'être libéré … et il te faudra laisser le temps guérir tes blessures.

Dean se passa la langue sur les lèvres. Il semblait réfléchir à ce qu'il venait d'entendre. Castiel espérait que ses propos avaient un sens pour lui et qu'il s'était montré suffisamment clair. Il était trop fatigué pour trouver d'autres mots … trop épuisé émotionnellement pour parvenir à se montrer plus précis. Il priait juste pour avoir été suffisamment convaincant.

- J'espère pouvoir compter sur toi pour apprendre également, souffla alors Dean.

Castiel inclina la tête sur le côté, surpris par ce qu'il entendait. Il avait assuré au jeune homme qu'il serait là tant qu'il le pouvait encore mais il ne pouvait pas ignorer non plus qu'ils seraient sans nul doute bientôt séparés pour de bon. Il ne pourrait pas être présent pour assister son ami durant sa reconstruction. Même s'il en avait terriblement envie.

- Je serais là autant que possible, répliqua t-il doucement.

Dean soupira alors longuement, visiblement soulagé.

- Maintenant qu'il est mort, Henriksen jugera peut être inutile de me faire disparaître. Je pourrais rester ici … je pourrais rester avec toi … enfin si tu le veux bien. Tu ne dois surtout pas te sentir forcé à quoi que ce soit. Je pourrais comprendre que tu veuilles reprendre ta vie de ton côté. Je sais que je ne t'ai apporté que des problèmes.

Castiel secoua aussitôt la tête. Il ne voulait pas que Dean interprète ses réticences à s'engager sur le long terme avec lui comme un doute sur ses sentiments. Mais il ne voulait pas non plus que le jeune homme se fasse des illusions. Alastair était mort mais certains membres de l'organisation prendraient rapidement sa place. Ils restaient une menace pour le jeune homme. Ils pouvaient avoir envie de venger leur ex patron.

- Je ne sais pas Dean … il faudra demander à Henriksen ce qu'il a prévu pour toi et ta famille … mais s'il juge que tu peux rester, je serais vraiment heureux et honoré de t'aider, expliqua t-il.

Il savait qu'il était important de ne pas laisser le jeune homme se faire trop d'illusions quant à son avenir … quant à leur avenir commun. Il était dangereux de le laisser faire des plans trop ambitieux. Castiel refusait également d'imaginer un avenir avec son ami. Il ne voulait pas tomber de haut quand il devrait partir.

- J'ai envie … j'ai vraiment envie de rester avec toi Cas … je pense que peut être … peut être avec le temps, je pourrais apprendre à …

- Ne le dis pas Dean … ce serait trop dur si toutefois on devait se séparer d'ici quelques jours, le coupa Castiel.

Ils s'aventuraient sur un terrain dangereux. Parler d'une possible relation amoureuse entre eux ferait naître trop d'espoir chez Castiel. Et la déception serait plus forte encore. Il préférait de loin imaginer le pire scénario pour n'avoir que de bonnes surprises. Même s'il se souvenait des conseils de Franck. Il voulait préserver son cœur d'une déception qui le briserait en mille morceaux.

- Mais tu sais que c'est vrai … tu le sais hein ? Demanda Dean en reposant sa main sur celle de Castiel.

- Je le sais … je crois que je le sais depuis un moment maintenant.

Il aimait l'idée que le jeune homme puisse, à terme, tomber amoureux de lui et envisager une vie à ses côtés. C'était ce dont il rêvait depuis leur rencontre. Mais c'était une illusion pour le moment. Et les illusions étaient dangereuses pour eux deux.

- Je veux qu'on soit heureux Cas … mais je veux qu'on soit heureux ensemble, expliqua ensuite Dean.

Castiel pouvait sentir son cœur s'emballer à cette idée.

- Je le veux aussi … je n'ai jamais rien voulu avec autant de force.

Dean hocha alors la tête. Castiel avait dit la vérité. Mais il avait gardé pour lui les doutes qui continuaient de le ronger. Ils auraient le temps d'y faire face quand Henriksen viendrait trouver Dean. La déception serait sans doute énorme mais ils y feraient face en temps voulu. Castiel refusait de décevoir son ami pour le moment. Il préférait le laisser imaginer le meilleur des scénarios. C'était un grand pas en avant pour lui. Pour la première fois depuis trois ans, peut être même pour la première fois de sa vie, il envisageait enfin un avenir heureux pour lui. Il faisait des plan. Il envisageait de s'installer quelque part. D'accepter de faire confiance à quelqu'un d'autre qu'à lui même. Il entrevoyait une issue au bout de ce tunnel. C'était important qu'il en soit capable. Important qu'il parvienne à admettre cette idée. Peu importait ce qu'Henriksen prévoyait pour lui. Même s'ils devaient se séparer, Castiel savait que son ami pourrait dans l'avenir envisager de rencontrer quelqu'un et de faire sa vie avec lui.

- Merci pour tout Cas … merci d'être là et merci de me soutenir. Merci de ne pas m'avoir abandonné. De ne pas m'avoir oublié. Tu me dis sans cesse que tu me considères comme quelqu'un de fort et de courageux mais j'ai parfois l'impression que tu n'as pas conscience de ta propre force. Tu es la personne la plus extraordinaire qu'il m'ait été donné de rencontrer dans ma vie et … j'ai de la chance de te connaître. J'ai de la chance d'avoir croisé ton chemin. Merci.

Castiel sentit les larmes lui monter à nouveau aux yeux devant la déclaration de Dean. Il se pencha alors dans sa direction et déposa un léger baiser sur son front. Quand il se redressa, le jeune homme avait fermé les yeux. Un léger sourire étirait ses lèvres. Castiel croyait enfin que tout pourrait bien se finir. Il n'avait jamais été aussi heureux de sa vie.

- Repose toi Dean … dors. Je serais là à ton réveil. Je ne laisserais personne m'éloigner de toi, assura t-il.

Le jeune homme accepta d'un hochement de tête puis tourna le visage sur le côté. Castiel reprit alors place sur sa chaise. Il savait que Sam ne tarderait pas à arriver. Bobby voudrait sans doute voir son « fils » également. Les médecins tenteraient probablement de le chasser de la chambre. Mais il ne se laisserait pas faire. Il venait de faire une promesse à son ami et il allait la tenir. Personne ne pourrait le forcer à partir. Il avait besoin de passer le maximum de temps avec Dean. Il voulait profiter de lui si toutefois Henriksen choisissait de les séparer. Il voulait l'aider à aller mieux. Le soutenir dans toutes les phases de sa convalescence. Il ne partirait pas. Jusque là, il avait mis un point d'honneur à tenir ses promesses. Il comptait bien continuer dans cette voie. Devant lui, la respiration de Dean avait sensiblement ralenti. Il était endormi. Castiel sourit en le regardant durant de longues secondes. Il le trouvait toujours aussi magnifique. Peu importait les bleus et les hématomes. Dean restait l'homme le plus beau qu'il lui ait été donné de rencontrer dans sa vie. Et à présent, il était libre. Il était plein d'espoir et il allait être heureux. Castiel se fichait de faire ou non parti de sa vie dans l'avenir, il était convaincu que Dean avait une vie merveilleuse qui l'attendait. C'était tout ce qu'il demandait. Il était prêt à mettre son propre bonheur de côté pour assurer celui de son ami. Il ferait ce sacrifice avec le sourire. Dean était sa mission. Il avait bien l'intention de la mener à bien.