Bonjour à tout le monde,

Je tiens tout d'abord à m'excuser de ne pas avoir pu répondre aux personnes qui m'ont écrites jeudi. J'ai eu un boulot de dingue. Je vous remercie une nouvelle fois pour tous vos messages qui me motivent.

39ème chapitre ... avant dernier chapitre et attention, il contient une scène de sexe.

Bonne lecture,

Sydney8201

Musique du chapitre :

Diamonds de Josef Savat

Chapitre 39 : Apprendre à aimer

« Il ne suffit pas d'aimer, il faut savoir comment aimer »

Pierre Bourgault

Castiel s'était finalement installé dans un motel non loin du centre ville de Vancouver. Il avait réservé la chambre sans donner de date de départ. Il n'avait pas l'intention de quitter le Canada. Il comptait s'installer quelque part proche de Dean et faire sa vie avec le jeune homme. Même si ce dernier ne lui avait encore rien demandé de ce genre.

Après leurs retrouvailles, ils avaient passé plusieurs heures à discuter de l'année écoulée. Castiel avait parlé de la formation qu'il avait commencé à suivre et de son désir de la terminer à Vancouver. Il avait raconté combien son frère l'avait aidé dans les moments difficiles et à quel point il lui en était reconnaissant. Il évoqua même la façon dont l'un de ses camarades avait tenté de le convaincre de sortir avec lui. Quand il eut fini de parler, Dean prit le relai. Il parla avec enthousiasme de ses collègues, de la boutique dans laquelle il travaillait et de certains de ses clients dont un dénommé Ash qui voulait certains tatouages plutôt étranges. Il raconta combien Sam aimait sa nouvelle école et à quel point il s'était adapté rapidement à son nouvel environnement. Il parla de Bobby et du garage, de Rufus, son collègue avec qui il semblait s'entendre à merveille. Il décrivit ensuite les quelques rendez vous auxquels il avait été avant d'expliquer qu'aucun ne lui avait semblé réellement satisfaisant. Il expliqua à quel point sa vie était ordinaire à Vancouver, combien il aimait qu'elle le soit. Il évoqua rapidement les quelques cauchemars qu'il faisait toujours et ceux qui hantaient Sam au début. Ils ne parlèrent pas d'Alastair même si Castiel savait qu'ils y pensaient tous les deux beaucoup. Quand ils n'eurent plus rien à se raconter et qu'ils eurent fini la totalité des cookies de Dean, Castiel se décida à quitter le jeune homme pour trouver une endroit où dormir quelques temps.

Les jours qui suivirent leur offrirent quelques rares opportunités de se voir. Dean était très occupé par son travail et il semblait avoir beaucoup de succès au salon de tatouage. Castiel passa le voir un après midi et le regarda travailler, fasciné. Il utilisa son temps libre pour trouver des écoles acceptant de l'accepter malgré son abandon en cours d'année. Il finit par en trouver une et il s'y inscrivit sans hésiter. Il savait qu'il était venu à Vancouver pour rester. Il savait également que Dean continuait à douter de sa volonté de vivre proche de lui. S'inscrire dans une école était une preuve. Il espérait que cela finirait de convaincre le jeune homme.

Dean l'invita à dîner chez lui un soir et Castiel fut surpris de voir que Sam et Bobby étaient là également. Il eut le droit à une leçon de la part du « père » de son ami et de regards assassins de celle de son frère. Il les accepta sans se plaindre. Il savait qu'il les avait mérités. Dean était en train de lui faire passer un test. S'il survivait à une soirée avec sa famille, Castiel était sûr que le jeune homme lui donnerait une chance. Il ravala donc sa peur et laissa les deux personnes les plus importantes de la vie de son ami lui faire comprendre combien il avait mal agi. Il hocha la tête durant les critiques. Bobby le menaça ouvertement de le castrer si toutefois il faisait à nouveau du mal à Dean. Sam n'eut pas besoin de dire quoi que ce soit. Il avait tué la dernière personne à avoir faire souffrir son frère et Castiel le savait capable de recommencer. Il n'avait pas l'intention de leur donner la moindre raison de mettre leurs menaces à exécution. Il avait bien l'intention de se racheter auprès du jeune homme. Il voulait le rendre heureux. Il se fichait des sacrifices que cela lui demanderait ou du temps que cela lui prendrait. Il ne partirait pas tant que Dean ne l'y aurait pas contraint. Il était là pour rester et Bobby et Sam allaient devoir finir par le comprendre.

Quelques jours plus tard, Dean invita Castiel au cinéma puis à boire un verre. C'était un premier rendez vous. Castiel le savait même si Dean n'avait pas prononcé ces mots une seule fois. Il ne s'agissait en rien d'une sortie entre amis. C'était évident dans la façon dont le jeune homme avait pris soin de s'habiller un peu moins décontracté que d'ordinaire et dans son insistance pour offrir à Castiel sa place de cinéma et son pop corn. Dean lui saisit même la main durant le film et Castiel sortit de la salle avec un immense sourire sur les lèvres. Ils burent une bière dans un bar non loin de là tenu par Lisa, une amie de Dean. Le jeune homme semblait s'être parfaitement acclimaté à son nouvel environnement. Il avait rencontré des gens et tissé des liens avec certains. En plus de Lisa, il était proche de Pamela Barnes, la propriétaire du salon de tatouage où il travaillait et la femme qui avait fait les tatouages du jeune homme. Il sortait également de temps en temps avec Garth, un garçon bizarre qui travaillait avec Bobby et semblait avoir pris le « père » de Dean pour modèle. Castiel réalisa alors qu'il avait face à lui le jeune homme que Dean aurait du devenir bien plus tôt si toutefois il n'avait jamais croisé le chemin de Gordon et d'Alastair. Comme il s'y était attendu, il aimait plus encore cette version là de son ami. Il était libre, insouciant et joyeux. Il riait continuellement, souriait sans hésiter et parlait de ses rêves et de ses envies sans en avoir honte. Castiel aurait pu tomber amoureux de lui en quelques secondes s'il n'avait pas déjà été totalement amoureux de lui.

Leur second rendez vous – qui n'en était toujours pas un selon Dean – eut lieu dans un restaurant du centre ville. Castiel paya pour leur deux repas malgré les protestations de Dean. Ils se promenèrent ensuite dans un parc non loin du restaurant. Dean prit une nouvelle fois la main de Castiel dans la sienne. Ils échangèrent un court baiser au moment de se séparer. Castiel avait la sensation de flotter. C'était ainsi qu'il avait toujours imaginé sa rencontre avec l'homme de sa vie. Des rendez vous ordinaires. Des baisers chastes. Des regards qui ne se quittent plus. Tout était parfait. Il avait tout fait à l'envers avec Dean. Mais il avait une nouvelle chance avec Jason. Il comptait bien la saisir.

Ils passèrent leur troisième rendez vous dans un gymnase à regarder deux équipes de hockey sur glace se battre pour un palet minuscule. Castiel avait du mal à comprendre l'intérêt de ce sport. Il avait la sensation que les joueurs passaient plus de temps à se battre qu'à patiner. Il apprécia toutefois de voir le visage de Dean s'illuminer quand l'équipe locale remporta le match. De toute évidence, son ami avait développé une vraie fascination pour ce sport. Ils mangèrent un hot dog en parlant du match et de leurs projets. Castiel raccompagna Dean chez lui et le laissa après l'avoir embrassé durant de longues minutes.

Vancouver était une ville magnifique et accueillante. Bien plus tolérante que la majorité des villes américaines. Les couples gays pouvaient se marier dans ce pays et ils n'étaient jamais pointés du doigt. Castiel avait réellement la sensation d'avoir trouvé l'endroit parfait pour Dean et lui. Il se sentait bien dans ce nouvel environnement. Il appela Gabriel pour le lui confirmer et lui annoncer par la même occasion qu'il ne comptait pas rentrer à Chicago. Son frère ne sembla pas surpris de l'entendre. Il lui souhaita bonne chance avec Dean avant de lui faire promettre de le tenir au courant. Il lui assura ensuite qu'il pouvait revenir si toutefois les choses dégénéraient. Castiel le remercia pour tout ce qu'il avait fait pour lui puis lui rappela qu'il l'aimait. Leur « au revoir » sonnait comme un « adieu » mais aucun des deux frères n'osa le relever.

Dean invita Castiel quelques jours plus tard à venir dîner chez lui sans la présence de Bobby et Sam. C'était un message clair qui rendit Castiel incroyablement nerveux. Il savait ce qu'il voulait. Il ne doutait pas une seconde de son désir de faire sa vie avec Dean. Mais il avait également conscience de tout avoir abandonné pour lui. Si les choses dégénéraient entre eux, il perdrait tout. Il n'était pas sûr de pouvoir s'en remettre. Il ressassa ses idées encore et encore jusqu'à en avoir la tête qui tournait. Il se prépara pour son rendez vous sans réellement parvenir à chasser ses doutes.

Il aimait ce qu'il était en train de construire avec Dean. Il aimait le couple qu'il commençait à former. Il ne doutait pas une seconde des sentiments qu'il avait pour le jeune homme. Mais ce dernier ne lui avait toujours rien dit à ce sujet. Il n'avait pas mis de mots sur ce que lui ressentait. Castiel avait été persuadé de son amour avant leur séparation. Mais après une année passée loin l'un de l'autre, il n'était plus sûr de rien. Dean semblait aimer passer du temps avec lui. Il l'appelait parfois juste pour discuter de sa journée au salon de tatouage et se plaindre de ses clients. Il avait gravé son nom entre ses omoplates. Mais Castiel ne pouvait s'empêcher de douter. Il manquait clairement de confiance en lui. Et il se souvenait parfaitement de ce que Dean lui avait dit à maintes reprises avant leur séparation. Il se sentait incapable d'aimer à nouveau après Benny. Son cœur avait été brisé irrémédiablement après sa mort et rien ne pourrait jamais changer cela. Il s'interdisait de s'ouvrir à quelqu'un d'autre. Castiel l'avait accepté à l'époque parce qu'il savait que le temps leur était compté et qu'il doutait de pouvoir obtenir quoi que ce soit de plus. Il avait réellement cru que Dean avait finalement développé des sentiments pour lui à l'époque mais il n'était plus du tout sûr de pouvoir les décrire comme des sentiments « amoureux ». Il avait peur de se retrouver confronté à une fin de non recevoir si toutefois il déclarait au jeune homme ce qu'il ressentait pour lui à nouveau. Il était terrifié à l'idée que Dean puisse réellement être incapable de l'aimer comme il avait aimé Benny. Il ne savait pas ce qu'il ferait si toutefois c'était le cas. Pourrait-il rester à Vancouver et accepter de n'être pour le jeune homme qu'un ami ? Il doutait d'en être capable. Mais il refusait également de laisser passer sa chance simplement parce qu'il avait peur. Il avait l'intention de se battre. Il allait se rendre à ce rendez vous et passer du bon temps avec Dean. Le reste n'importait pas pour le moment. Il était trop tôt pour y penser.

Il opta finalement pour une tenue décontracté – jean, chemise bleu ciel – et quitta sa chambre de motel convaincu qu'il allait passer une soirée géniale.

Une fois arrivé devant la maison de Dean, il ne put s'empêcher de paniquer durant quelques secondes. Il vérifia son apparence dans le rétroviseur – s'en voulut aussitôt – recommença une seconde fois – sans cesser de jurer entre ses dents – puis sortit finalement de la voiture. Il rejoignit la maison en courant pour ne pas rester trop longtemps dans le froid. Il avait frappé deux coups contre la porte quand Dean lui ouvrit. Le jeune homme portait un tablier avec son nom – Jason pas Dean – cousu sur le devant. Dessous, Castiel devinait un jean troué aux deux genoux et un tee-shirt portant le logo d'un groupe de rock. Dean le laissa entrer puis referma la porte derrière lui en grimaçant.

- C'est un cadeau de Garth et avant de dire quoi que ce soit, je tiens à préciser que non, il n'a pas vu cela comme une blague. Il était sérieux en me l'offrant et je n'ai pas eu le cœur de lui dire que son cadeau était nul alors …

Castiel sourit en hochant la tête, amusé par cette anecdote qui symbolisait à elle seule la normalité de la routine dans laquelle Dean vivait à présent.

- Et tu le portes avec tellement de naturel et de charme, plaisanta t-il alors en plantant son indexe sur le nom cousu devant.

Dean lui donna un coup dans la main puis lui tourna le dos pour rejoindre la cuisine.

- Ah ah, tu es devenu drôle en un an dis moi, répliqua t-il sans aucune méchanceté.

Castiel le suivit dans la cuisine et accepta la bière qu'il lui tendait avec un sourire. Il aimait l'aspect domestique de leur échange. La facilité avec laquelle ils plaisantaient. Tout était tellement différent à présent. Ils étaient deux jeunes hommes en plein rendez vous, riant et appréciant de passer du bon temps ensemble. Un an plus tôt, ils n'en auraient jamais été capables. Il y aurait toujours eu de la tension entre eux, un poids sur leurs épaules et un voile dans le regard de Dean. Castiel sourit. Ils étaient libres tous les deux et ils avaient la vie devant eux pour en profiter. Il espérait sincèrement ne pas être le seul à en avoir envie.

- Je n'en reviens toujours pas que tu sois capable de cuisiner … il y a un an, tu survivais avec la nourriture des fast food et en commandant des pizzas, rappela Castiel en s'asseyant sur un tabouret installé autour du bar au centre de la cuisine.

Dean haussa les épaules en remuant quelque chose dans une casserole qui sentait terriblement bon. Castiel prit quelques secondes pour apprécier ce qu'il voyait. Il pouvait parfaitement imaginer passer sa vie dans ces conditions. C'était tout ce dont il avait toujours rêvé sans jamais réellement se l'admettre.

- Il y a un an, j'étais différent … j'étais …

Dean ne finit pas sa phrase et se tourna pour faire face à Castiel à nouveau.

- Je me demande parfois si je suis aujourd'hui l'homme que j'aurais pu être plus tôt si toutefois je n'avais pas rencontré Gordon et Alastair. Je me demande si ces expériences m'ont changé et … parfois, je regrette de ne pas savoir si ce nouveau moi est réellement … je ne sais pas comment l'expliquer et je suis sûr que ça va te paraître dingue mais … parfois je me demande si j'aurais été différent en ayant une enfance normale … une adolescence ordinaire. Je serais peut être devenu exactement la même personne ou j'aurais pu … j'aurais pu aussi devenir quelqu'un d'invivable, de prétentieux, de stupide ou … je déteste Alastair pour m'avoir privé de cette chance de savoir.

Castiel hocha la tête. Il comprenait parfaitement ce que Dean signifiait par là. Il était devenu quelqu'un de différent de l'homme qu'il était un an plus tôt. Mais il n'avait aucun moyen de savoir si les tortures subies l'avaient transformé ou s'il était enfin celui qu'il était destiné à devenir. Peu importait pour Castiel. Il aimait son ami comme il était. Mais il pouvait comprendre que le jeune homme se pose la question. Lui même se demandait parfois qui il serait devenu s'il n'avait pas quitté le domicile de ses parents.

- J'aime la personne que je suis tu sais … j'aime la personne que je suis devenu et c'est mieux qu'il y a un an où j'avais du mal à me regarder dans la glace sans me détester. Mais … Jason est tellement différent et … parfois je ne me sens pas vraiment moi même. Je suis peut être en train de développer une forme de schizophrénie … j'ai tendance à parler de moi à la troisième personne.

- Tu es Jason, intervint Castiel en souriant. Jason et Dean sont une seule et même personne. Mais Jason a simplement une chance de vivre sa vie normalement quand Dean a du survivre seul pendant trop longtemps.

Dean hocha alors la tête à son tour avant de faire volte face et de couper le feu sous la casserole dont il remua à nouveau le contenu pendant quelques instants. Castiel prit quelques secondes pour observer la façon dont ses épaules s'étaient sensiblement élargies. Il admira la légère courbure de son dos, accentuée par le tee shirt plutôt cintré qu'il portait. Il porta sa bière à sa bouche et avala une longue gorgée.

- J'aime aussi l'homme que tu es devenu … j'aimais Dean et j'aime Jason, ajouta Castiel en faisant tourner sa bouteille entre ses mains.

Dean se tourna à nouveau vers lui et le rejoignit en quelques enjambées. Il y avait le bar entre eux mais Castiel pouvait sentir le parfum de son ami lui envahir peu à peu les narines. Il était différent de celui qu'il avait eu un an plus tôt. Castiel fronça les sourcils.

- Tu ne fumes plus ?

Dean secoua la tête. Castiel sourit alors bêtement. Il aurait aimé aborder des sujets plus importants, évoquer Benny ou ce que Dean attendait de lui ce soir. Mais il préférait s'en tenir pour le moment à des sujets plus légers. Il n'avait pas envie de précipiter les choses.

- Je ne bois plus non plus et je cours tous les matins … je mange sainement et je suis abonné dans une salle de sport. C'est le nouveau moi … Un vie ordinaire et probablement ennuyeuse à souhait mais une vie qui ne me conduira pas dans un cercueil de façon prématurée. Qui l'eut cru ?

Castiel avait envie de lui répondre qu'il n'en avait jamais douté. Qu'il avait imaginé quelque chose de similaire quand il s'était autorisé à penser à Dean durant leur séparation. Mais il le garda pour lui. Il ne savait pas réellement pourquoi.

- Il y a toutefois des choses qui ne changent pas … j'aime toujours la même musique et les mêmes films. Je continue de faire de mauvaises plaisanteries qui ne font rire que moi. Je suis différent et le même à la fois. Parfois, c'est compliqué à gérer.

Castiel porta à nouveau sa bière à sa bouche pour en boire une nouvelle gorgée. Il garda ses yeux rivés sur Dean. Le jeune homme avait les siens posés quelque part au niveau de ses mains. Castiel comprit alors ce qu'il regardait. Il n'en avait pas parlé jusque là. Dean ne pouvait pas ne pas l'avoir vu avant. Mais il s'était gardé de dire quoi que ce soit. Castiel posa sa bière sur le bar et observa à son tour son annulaire gauche. La bague de la mère de Dean était toujours là. Castiel n'avait jamais réussi à s'en séparer.

- Tu la portes toujours, fit remarquer Dean en approchant sa main de celle de son ami.

Ce dernier acquiesça. On lui avait souvent posé des questions sur cette bague. Il s'était contenté de dire qu'elle appartenait à quelqu'un qui lui était cher. A quelqu'un qu'il aimait et dont il avait été séparé. Elle lui rappelait Dean constamment même s'il n'en avait pas réellement besoin pour penser à lui. Mais il aimait la sentir contre sa peau. Il aimait ce qu'elle représentait.

- Elle était tout ce qu'il me restait de toi.

- Je suis content de te l'avoir donné.

Dean effleura la bague du bout des doigts avant de les faire remonter le long du bras de Castiel. Il refermer ensuite sa main au tour du biceps de son ami et leva les yeux vers les siens. Pendant une seconde, tout sembla disparaître autour d'eux. Castiel aurait pu jurer que le temps s'arrêta alors que son regard ne pouvait plus quitter celui de Dean. Il y avait tellement de choses à lire dans ces iris verts. La souffrance avait disparu mais il restait quelque chose qui ressemblait à du doute.

- Cas, je voudrais que tu … j'ai beaucoup réfléchi à nous deux et … je suis bien avec toi. Je sais que rien n'est parfait et que je suis loin d'être … totalement guéri. Je fais parfois des cauchemars … je rêve encore de Benny. Mais le plus souvent, c'est toi que je vois quand je ferme les yeux. Je ne sais pas ce que cela veut dire. Je ne sais pas ce que je dois en déduire … je ne suis pas suffisamment … Benny a tenté de m'apprendre mais … c'était impossible pour moi dans les circonstances dans lesquelles nous nous trouvions. Aujourd'hui en revanche, je crois que je … j'aimerais assez apprendre.

Castiel fronça les sourcils. Il ne comprenait pas vraiment ce que Dean cherchait à lui dire. C'était la première fois qu'il évoquait Benny depuis leurs retrouvailles. Cela devait forcément signifier quelque chose d'important. Mais Castiel n'était pas sûr de savoir quoi.

- Apprendre quoi Dean ?

Le jeune homme contourna finalement le bar. Castiel tourna sur le tabouret pour lui faire face. Il le laissa s'immobiliser entre ses jambes et poser ses mains sur ses épaules. Leur proximité était quelque peu déstabilisante mais Castiel aimait sentir le jeune homme proche de lui.

- Tu vas sans doute trouver ça stupide ou cliché mais j'aimerais … j'ai besoin que tu m'apprennes à … à m'ouvrir complètement à toi … à oublier le passé … à être la moitié d'un tout et à … ce que je veux Castiel, c'est que tu m'apprennes à aimer à nouveau. Je sais que c'était ce que je ressentais pour Benny mais mes souvenirs sont … parfois, ils sont indistincts. Je me souviens de sensations … d'émotions mais pas du reste … et … avec toi, j'ai le cœur qui bat plus fort … j'ai les mains moites et … j'ai envie de t'embrasser constamment. J'ai besoin que tu me prennes par la main et que tu me montres le chemin à suivre. Je veux que tu m'aides à t'aimer. Et je veux que tu m'aimes en retour. Tu crois en être capable ?

- Dean, je … commença Castiel, au bord des larmes.

Le jeune homme posa alors son indexe contre sa bouche pour le faire taire.

- Ne donne pas de réponse précipitée. Ce que je t'offre ce soir … maladroitement et sans doute de façon totalement stupide, c'est … moi. Moi, tel que je suis aujourd'hui. Avec mes défauts … mes cicatrices et les changements que j'ai opérés. C'est ma vie, mon futur et … si tu me dis oui, si tu acceptes, je ne veux pas que ce soit pour me faire plaisir. Je veux que ce soit parce que tu le penses vraiment … parce que tu le veux vraiment.

Castiel sourit en secouant sensiblement la tête. Comment Dean pouvait il douter de son envie de faire partie de sa vie ? Il avait la sensation de le lui avoir suffisamment dit et prouvé ces dernières semaines. Mais il savait également que le jeune homme, bien que guéri d'une partie des blessures infligées par Alastair, manquait toujours cruellement de confiance en lui. Une petite partie de lui continuait de croire qu'il ne méritait pas qu'on s'attache à lui. Castiel avait bien l'intention de l'effacer. Il posa ses mains sur les joues de Dean et approcha son visage jusqu'à ce que son souffle se répercute sur ses lèvres entrouvertes.

- Je t'aime Dean … je n'ai jamais cessé de t'aimer et je crois pouvoir dire avec certitude que je ne cesserais jamais de t'aimer … et j'accepte … j'accepte de t'aider … j'accepte de te montrer le chemin. Je ne partirais pas … je ne changerais pas d'avis. Je veux faire ma vie avec toi.

Il vit des larmes rouler sur les joues du jeune homme et il les chassa aussitôt du bout des lèvres. Dean poussa un petit gémissement qui ressemblait aux pleurs d'un animal blessé. Castiel vint alors coller sa bouche contre la sienne. Il n'y avait pas grand chose de plus à dire. Ils auraient le temps de parler après. Mais pour le moment, Castiel avait besoin de prouver à son ami qu'il disait la vérité. Qu'il était là pour rester et qu'il l'aimait de tout son cœur. Il glissa sa langue dans la bouche de Dean pour venir chercher la sienne puis remonta une de ses mains dans les cheveux de son ami alors que l'autre glissait le long de son bras avant de s'aventurer dans le bas de son dos. Pendant une seconde, le jeune homme resta immobile, visiblement incapable de l'embrasser en retour. Castiel était prêt à lui laisser tout le temps nécessaire. Il imprima un rythme lent à leur baiser et gémit malgré lui quand Dean entra enfin en action à son tour. Les mains du jeune homme remontèrent de ses épaules à son cou. Ses lèvres remuèrent sensiblement contre les siennes et sa langue s'aventura enfin dans sa bouche. C'était leur premier vrai baiser depuis leurs retrouvailles. Jusque là, ils n'avaient échangé que des rapides contacts. Des caresses délicates. Mais Dean semblait avoir envie de passer à autre chose. D'avancer. Castiel attrapa le tissu de son tee shirt et le serra dans son poing qui reposait dans le bas de son dos. Il ne voulait surtout pas laisser une chance à Dean de lui échapper. Leur baiser s'éternisa jusqu'à ce qu'ils soient obligés de se séparer pour reprendre leurs souffles. Dean vint alors coller son front contre celui de Castiel. Ils respiraient tous les deux bruyamment. Le jeune homme ouvrit la bouche, sans doute pour dire quelque chose mais la referma avant d'avoir prononcer le moindre mot. Il déposa ensuite un baiser sur le nez de Castiel puis un sur chacune de ses joues. Il y avait une tendresse infinie dans ses gestes. Quelque chose qui n'avait pas été là avant. Quand ils avaient couché ensemble un an plus tôt, ça avait toujours été précipité, violent parfois, passionné et désespéré. La situation ne leur avait pas laissé l'occasion de prendre leur temps et de s'aimer correctement. Les préférences de Dean n'aidaient pas non plus. Castiel se demandait si le jeune homme avait également changé sur ce point. Il se rappela alors de ce que Dean lui avait dit avant de devoir rejoindre Alastair. Il lui avait alors avoué que sa vision du sexe était en grande partie due au monstre qui l'avait violé. Il n'avait pas réellement voulu devenir celui qui demandait qu'on le domine. Il avait été modelé par Alastair. Et au moment de se séparer, il avait fait comprendre à Castiel qu'il voulait quelque chose de plus normal. De plus tendre. Quelque chose où ils auraient l'opportunité d'être égaux sans se donner de rôles. Castiel espérait sincèrement avoir l'opportunité d'explorer un peu plus longuement ce nouvel aspect du jeune homme. Il glissa sa main sous le tee shirt de Dean pour caresser sa peau. Il sentit le jeune homme frissonner sensiblement. Il l'embrassa alors à nouveau avec tout l'amour qu'il ressentait pour lui. Au moment où leurs langues se touchaient, Castiel retira sa deuxième main de l'arrière du crâne de Dean pour la glisser à son tour sous son tee shirt. Il laissa ses doigts dessiner le contour des cicatrices qu'il devinait. Il se leva ensuite du tabouret sans mettre de terme à leur baiser. Il défit le nœud du tablier dans le dos du jeune puis le lui retira lentement avant de le poser sur le bar à côté de lui. Dean l'entraîna alors à l'extérieur de la cuisine en reculant lentement. Castiel se laissa guider. Il rompit leur baiser pour embrasser le jeune homme dans le cou. Ils avancèrent jusqu'au canapé sur lequel Dean se laissa tomber doucement. Castiel le suivit aussitôt et s'installa sur lui, ses bras de chaque côté de son visage, ses jambes entre celles du jeune homme. Il se redressa sur ses genoux après quelques secondes pour observer Dean.

Il avait les joues rouges, le souffle court et les yeux brillants. Il y avait encore quelques larmes sur ses joues. Mais il ne semblait pas triste. Castiel lui adressa un large sourire avant de glisser ses mains sous son tee shirt au niveau de son ventre. Il remonta le tissu jusqu'à son cou puis laissa Dean s'en débarrasser avant de se rallonger sur le canapé. Castiel fit remonter ses doigts le long de ses abdominaux puis sur ses pectoraux. Il joua une seconde avec le piercing qui traversait son téton droit puis se baissa pour embrasser le tatouage au dessus. Dean gémissait par moment, son dos s'arquant pour accompagner les caresses de Castiel.

Ce dernier remonta ses lèvres dans le cou de son ami. Il recouvrit l'ancienne brûlure infligée par Alastair de baisers avant d'en déposer sur le menton du jeune homme puis sur ses lèvres entrouvertes. Dean tenta alors de lui retirer sa chemise. Castiel l'aida à la déboutonner avant de la jeter quelque part sur le sol derrière lui. Il se mordit ensuite la lèvre une seconde avant de poser ses mains sur la ceinture du jean de son ami. Il la défit lentement pour laisser le temps à Dean de l'arrêter si toutefois il allait trop vite. Il savait ce dont il avait envie mais il avait encore quelques doutes quant à l'état dans lequel se trouvait le jeune homme. Quand il ne rencontra aucune résistance, il s'attaqua au bouton et à la braguette de son jean. Dean souleva alors les hanches pour lui faciliter la tâche et Castiel lui retira son pantalon en même temps que ses chaussettes. Il laissa ensuite son regard remonter le long des jambes du jeune homme. Il les posa sur son entrejambe après quelques secondes et se sentit rassuré de le voir dans un état d'excitation qui concurrençait clairement le sien. Il se baissa pour embrasser le ventre de Dean et laissa sa langue remonter jusqu'à son nombril avant de descendre à nouveau jusqu'au rebord de son boxer. Le jeune homme arqua à nouveau le dos, visiblement incapable de garder un semblant de contrôle sur son corps. Castiel aimait l'idée d'être responsable de son état.

- J'ai imaginé ce moment des milliers de fois depuis notre séparation … j'ai passé un an à penser à ce que je ferais en te revoyant … à ce que j'avais envie de te faire si toutefois tu me laissais une seconde chance.

- Cas, j'ai besoin de … j'ai besoin de toi, murmura Dean.

Castiel hocha la tête puis lui retira son boxer lentement. Il avait envie de prendre son temps mais il ne voulait pas non plus faire durer le plaisir plus que nécessaire. Il remonta ses mains le long des jambes de Dean s'attardant une seconde sur ses cuisses musclées. Il referma ensuite ses doigts autour de son sexe sans bouger. Il se pencha une nouvelle fois en avant et déposa un baiser dessus. Sa langue en parcourut ensuite toute la longueur lentement, se remémorant des sensations qu'il avait déjà connues mais qu'il avait finies par croire trop belles pour être vraies. Il aimait la texture de la peau du jeune homme et l'odeur qui émanait de lui et qui semblait plus concentrée encore au niveau de son entrejambe. Il sentit les mains de Dean s'aventurer sur son torse et ses épaules et quand il comprit ce que le jeune homme cherchait, il se redressa pour l'aider à défaire la ceinture de son jean. Il se leva ensuite du canapé pour enlever son pantalon et son caleçon. Il reprit alors place entre les jambes du jeune homme. Dean détailla son corps des yeux avec beaucoup d'attention. Castiel se sentait beau dans le regard de son ami. Il se sentait important. Il avait confiance en lui quand le jeune homme le fixait de la sorte.

Il lui accorda quelques secondes pour l'observer avant de se rallonger sur lui pour l'embrasser à nouveau. Les mains de Dean se posèrent alors dans son dos puis sur ses fesses.

- Qu'est-ce que tu veux de moi ? Demanda Castiel quand il mit fin à leur baiser.

Dean se mordilla la lèvre une seconde avant de répondre.

- Je veux que tu me fasses l'amour … je veux te sentir à l'intérieur de moi … pas comme avant … sans … sans violence. Je veux que tu me montres ce que c'est … je veux que tu effaces les dernières traces de ce qu'il m'a fait. Je ne veux pas que tu me domines Castiel. Je veux que tu m'aimes.

C'était sans nul doute la chose la plus merveilleuse qui lui est été donné d'entendre. Castiel avait rêvé plusieurs fois de ce moment. Il y avait souvent pensé quand il était seul. Il avait envie de prouver à Dean qu'il pouvait prendre plus de plaisir encore en étant chéri et aimé. Il sourit largement avant d'embrasser le jeune homme dans le cou puis sur les épaules et le torse. Il suivit son sternum du bout de la langue avant de contourner son nombril pour déposer des baisers sur son sexe tendu. Dean laissa échapper un petit cri quand il le prit dans sa bouche. Castiel appliqua de la pression sur toute la longueur du bout de la langue avant de faire bouger sa tête de haut en bas. Il continua pendant quelques secondes avant de relâcher le sexe de Dean pour l'embrasser sur les cuisses. Il lui saisit ensuite les tibias entre ses mains pour l'aider à remonter ses jambes contre lui. Dean posa ses pieds sur le coussin du canapé puis écarta des cuisses sans protester. Castiel glissa ses mains sous ses fesses pour lui surélever légèrement les hanches avant de faire glisser sa langue entre ses fesses. Il en fit pénétrer le bout en lui durant quelques secondes. Il se souvenait parfaitement de la première fois qu'il l'avait fait. Le jeune homme avait semblé surpris mais enchanté par son initiative et Castiel avait bien l'intention de lui procurer à nouveau le même plaisir intense. Il fit aller et venir sa langue en lui rapidement, satisfait de sentir le muscle autour se détendre sensiblement. Dean gémissait librement à présent. Ses mains étaient posées sur le sommet du crâne de Castiel, accompagnant ses mouvements. Quand ce dernier fut sûr qu'il avait suffisamment détendu le muscle, il fit glisser un de ses doigts contre sans chercher à le pénétrer. Dean se tourna alors pour fouiller dans la poche de son jean. Il en sortit une petite bouteille de lubrifiant qu'il tendit à Castiel.

- Tu avais tout prévu, plaisanta ce dernier en la prenant.

Il vit Dean rougir plus encore. Mais il n'avait aucune raison d'être gêné. Bien au contraire. Castiel était soulagé de voir qu'il avait pensé à tout. Et qu'il n'avait pas l'intention de contraindre son ami à le pénétrer sans préparation.

- Je t'aime tellement Dean … tu n'as pas idée à quel point.

- Montre le moi … apprends moi ce qu'on ressent quand c'est le cas … je veux apprendre … je veux comprendre et je veux t'aimer en retour.

Castiel ouvrit alors la bouteille de lubrifiant et en aspergea trois de ses doigts. Il en fit pénétrer un premier à l'intérieur de Dean lentement. Le jeune homme arqua une nouvelle fois le dos en poussant un long gémissement. Ses muscles se contractèrent aussitôt, visiblement plus habitués à l'intrusion. Castiel ne put s'empêcher d'en être satisfait. Cela signifiait que Dean n'avait pas couché avec qui que ce soit d'autre durant cette année. Il en aurait eu le droit bien sûr. Castiel ne le lui aurait pas reproché. Mais il aimait l'idée qu'il n'y ait eu personne d'autre.

Il remua son doigt à l'intérieur de Dean pendant une seconde avant de le faire aller et venir d'avant en arrière. Il ajouta un second après quelques secondes. Quand il effleura la prostate du jeune homme, il l'entendit pousser un cri. Castiel déposa alors un baiser sur chacune de ses cuisses avant de faire pénétrer un troisième doigt à l'intérieur. Ses mouvements étaient plus rapides à présent et Dean avait commencé à les accompagner des hanches. Il serait bientôt prêt. Le muscle autour des phalanges de Castiel était suffisamment détendu. Mais il ne s'arrêta pas tout de suite pour autant. Il aimait l'état dans lequel le jeune homme se trouvait. Il aimait voir son visage déformé par le plaisir. Il ne voulait pas que cela se termine trop rapidement. Et il savait qu'au moment où il serait enfin à l'intérieur de lui, il ne pourrait pas durer très longtemps.

- Cas … Castiel, s'il te plait, souffla Dean entre deux gémissements.

Castiel hocha alors la tête puis retira ses doigts du jeune homme. Il aspergea son sexe de lubrifiant avant de se positionner à nouveau entre les jambes de son ami. Il les attrapa pour les poser sur ses épaules puis poussa les hanches en avant. Il rencontra une légère résistance inévitable et entendit Dean laisser échapper un grognement. Il s'immobilisa alors pour lui laisser le temps de s'habituer à l'intrusion avant d'avancer à nouveau. Quand il fut entièrement à l'intérieur du jeune homme, il gémit longuement à son tour. C'était une sensation incroyable. Les muscles autour de son sexe semblaient l'attirer à l'intérieur. Tout était brûlant, étroit et merveilleux. Au delà de la sensation physique, il y avait également la connexion émotionnelle qui bouleversait Castiel. Il sentit les larmes lui monter aux yeux et il fut incapable de bouger pendant quelques secondes.

- Cas ? Est-ce que … est-ce que ça va ? Demanda Dean.

Castiel lut l'inquiétude sur son visage et il lui adressa un large sourire. Il ne voulait surtout pas que son ami croit que quelque chose clochait. Car tout était parfait. Castiel se sentait enfin complet. Enfin là où il avait toujours voulu être. Il recula alors les hanches avant de les propulser à nouveau en avant. Un an plus tôt, il aurait immédiatement imposé un rythme rapide à ses allers et venues. Mais cette fois, il avait l'intention de prendre son temps. Il commença doucement, tendrement. Ses mains se posèrent sur le torse de Dean pour couvrir une partie des cicatrices qui s'y trouvaient. Il garda ses yeux rivés dans ceux du jeune homme, appréciant de voir ses pupilles entièrement dilatées et d'entendre ses gémissements incontrôlées.

- Je t'aime, souffla Castiel en accélérant sensiblement le rythme de ses hanches.

Il se pencha ensuite en avant, surpris par la souplesse de Dean. Ce dernier posa alors ses mains sur ses bras qui se trouvaient de chaque côté de son visage. Il respirait bruyamment et de façon saccadée. Castiel continuait d'aller et venir en lui à un rythme un peu plus soutenu. Il pouvait déjà sentir les prémices de son orgasme quelque part dans son bas ventre et dans ses cuisses. Mais il comptait bien le retenir encore quelques secondes. Il accéléra le rythme de ses hanches et fut surpris quand Dean arqua brutalement le dos au premier contact contre sa prostate. Le cri qui suivit était indescriptible et Castiel se sentit alors pousser des ailes. Il garda le même angle mais se redressa sensiblement pour pouvoir aller et venir plus rapidement et plus violemment en Dean. Le jeune homme avait fermé les yeux à présent. Il avait enfoncé ses ongles dans les avant bras de Castiel mais ce dernier ne sentait pas la douleur. Le bruit de sa peau heurtant celle de Dean était intoxicante et semblait résonner autour d'eux.

- Cas, je vais … je vais, murmura Dean entre deux gémissements.

Castiel attrapa alors son sexe dans sa main. Il n'eut pas le temps de faire quoi que ce soit de plus avant que Dean ne jouisse finalement longuement entre ses doigts. Il poussa un cri guttural qui fit frissonner Castiel. Les muscles autour de son sexe se contractèrent alors soudainement, l'empêchant de continuer ses mouvements. Il ne put pas se retenir plus longuement et après quelques mouvements destinés à prolonger l'orgasme de Dean, il se laissa aller au sien. Il eut la sensation de se répandre durant une éternité à l'intérieur du jeune homme. Quand ce fut fini, il retira les jambes de Dean de ses épaules puis se laissa tomber en avant, son visage atterrissant dans le cou de son ami. Ce dernier referma ses bras autour de lui. Castiel pouvait sentir son cœur battre non loin de sa bouche. Le moment était parfait. Idéal.

- Je te promets de tout faire pour … commença Dean d'une voix rauque.

Castiel se redressa alors et posa sa main sur sa bouche pour le faire taire. Il était inutile pour son ami de lui faire de telles promesses. Il savait déjà tout cela. Il n'en doutait pas une seconde.

- Je sais Dean … je sais, assura t-il.

Il remplaça ensuite sa main par sa bouche et embrassa le jeune homme durant de longues secondes. Quand il eut fini, il reposa son visage contre le torse de son ami et caressa sa peau du bout des doigts. Il ne savait pas encore ce que le futur leur réservait ou s'ils allaient devoir affronter de nouvelles épreuves mais il se sentait capable de tout à cet instant précis. Ils avaient traversé l'enfer ensemble. Ils avaient survécu au pire. Ils ne pouvaient vivre que le meilleur. Castiel savait qu'il ne pourrait plus jamais être heureux sans Dean à ses côtés. Sans avoir l'opportunité de le serrer contre lui et de se réveiller à ses côtés jusqu'à la fin de ses jours. Il n'était pas naïf au point de croire que tout serait simple à présent. Qu'ils avaient réglé tous leurs problèmes en faisant l'amour. Mais les mots échangés juste avant … la tendresse de leurs gestes étaient des preuves que tout finirait par s'arranger et qu'ils avaient toutes les raisons d'être optimistes.

- Tu as faim ? Demanda alors Dean, tirant Castiel de ses songes.

Le jeune homme hocha alors doucement la tête sans bouger. Il était toujours intimement lié à Dean et il n'avait pas l'intention de se séparer de lui pour le moment. Il voulait profiter de ce moment autant que possible. Il avait enfin retrouvé le jeune homme et obtenu ce qu'il désirait par dessus tout. Une promesse. Celle que Dean lui avait faite quelques minutes plus tôt. Celle de tout faire pour apprendre à l'aimer. Pour accepter ses sentiments et pour enterrer une bonne fois pour toute son passé compliqué. Castiel se sentait optimiste et profondément heureux pour la première fois depuis tellement longtemps qu'il se demandait s'il avait jamais réellement connu quoi que ce soit de similaire. Il le devait à Dean uniquement. A la confiance qu'il avait en lui et à sa volonté de lui accorder une seconde chance. Castiel n'avait pas l'intention de la laisser lui échapper. Il allait la saisir, l'exploiter et la faire fructifier jusqu'à la fin de ses jours. Et plus jamais il ne laisserait quoi que ce soit ou qui que ce soit éloigner Dean de lui. Peu importait ce que le futur leur réservait en fin de compte. Car ils allaient l'affronter ensemble et ils étaient capables de tout quand ils étaient l'un avec l'autre.