Bonjour,

Voici le 40ème et dernier chapitre de cette histoire. Comme à chaque que j'en cloture une, je ne peux m'empêcher d'être nostalgique. Le voyage a été long et compliqué mais j'espère qu'il vous aura plus.

Je ne sais pas encore si j'écrirais une suite ... peut être juste un one shot pour donner des nouvelles de nos héros. Pour le moment, je n'ai rien écrit mais l'idée me plait assez.

J'ai entamé une nouvelle histoire et je pense poster le premier chapitre aujourd'hui.

Dire "au revoir" à ces personnages est difficile pour moi, je sais qu'ils vont me manquer.

Merci mille fois pour tous vos commentaires, encouragements ... J'ai terminé cette histoire grâce à vous.

Bonne lecture et à très vite

Sydney8201

Musique du chapitre :

Head over feet d'Alanis Morissette

Chapitre 40 : Nouvelle vie

« Il n'y a pas besoin de parler. Il n'y a que deux choses qui servent au bonheur : c'est de croire et d'aimer. »

Charles Nodier

La première fois où Dean prononça les trois mots que Castiel rêvait d'entendre depuis leurs retrouvailles ne se passa pas comme ce dernier l'avait imaginé. Loin de là.

Castiel avait rejoint Vancouver depuis quatre mois et il partageait son temps entre Dean et l'école où il suivait une formation pour devenir infirmier. Il avait trouvé un appartement au centre ville où il s'était installé et tout semblait parfait.

Castiel aimait le Canada. Il aimait la liberté dont il jouissait dans ce pays et la tolérance dont faisaient preuve ses habitants quand il marchait main dans la main avec son petit ami. Personne ne les jugeait sur leurs préférences. Personne ne dénigrait leur couple simplement parce qu'il n'était pas orthodoxe. Au fil des jours, il avait fini par se sentir enfin chez lui à Vancouver. Il avait l'impression d'avoir finalement trouvé l'endroit où il voulait vivre et vieillir. Il avait également trouvé la personne avec qui il souhaitait partager son temps.

Rien n'avait été simple pour Dean et lui. Ils avaient du s'accrocher pour faire fonctionner les choses entre eux. Après leur première nuit passée ensemble, Dean avait pris peur et cherché à repousser Castiel. Il lui avait demandé de repartir à Chicago et de l'oublier. Il lui avait assuré qu'il serait plus heureux sans lui à ses côtés. Castiel avait refusé aussitôt, rappelant au jeune homme qu'il ne pouvait pas envisager de vivre loin de lui. Dean avait insisté. Castiel lui avait alors proposé un marché. Il l'autorisait à lui demander de partir trois fois sans conséquences. La quatrième fois, il ferait ce qu'il lui demandait sans protester. Dean avait accepté. Castiel savait qu'il prenait un risque mais il restait persuadé que son ami n'irait pas jusqu'au bout.

La deuxième fois qu'il lui demanda de partir fut le jour à Castiel dut le réveiller après l'un de ses cauchemars. Dean s'était endormi devant le film qu'ils regardaient ensemble. Il commença à s'agiter après quelques minutes avant de se mettre à hurler et à crier le nom d'Alastair. Castiel dut le secouer pendant quelques secondes avant de parvenir à le réveiller pour de bon. Dean se mit alors à pleurer sans pouvoir s'arrêter. Entre deux sanglots, il supplia Castiel de le laisser tranquille. De partir loin de lui. De se mettre en sécurité. Il jura qu'il finirait par le détruire sans le vouloir et qu'il ne pourrait jamais se le pardonner. Castiel le laissa répéter encore et encore qu'il devait partir. Quand Dean s'arrêta enfin de pleurer, ils firent l'amour sur le canapé en silence sans évoquer ce que le jeune homme avait dit quelques minutes plus tôt. Ils terminèrent la nuit serrés l'un contre l'autre. Ils n'en reparlèrent pas le lendemain.

La troisième fois fut moins violente. Castiel venait de recevoir une réponse positive pour un stage dans l'hôpital le plus côté de Vancouver. Il avait décidé de fêter sa réussite avec Dean et l'invita dans un restaurant dont les tarifs étaient exorbitants. Ils passèrent une soirée agréable à discuter de tout et de rien. Quand ils sortirent du restaurant, ils croisèrent un homme avec qui Dean était sorti une fois quelques mois plus tôt. De toute évidence, il n'avait pas oublié la façon dont le jeune homme avait choisi de ne plus répondre à son téléphone après leur sortie. Il se moqua de Dean durant de longues secondes, évoquant le fait qu'il était incapable d'avoir une relation stable puis laissant sous entendre qu'il n'était intéressé que par le sexe. Dean se laissa faire sans protester. Et quand l'homme suggéra à Castiel de prendre la fuite avant d'avoir le cœur brisé, le jeune homme partit la tête basse. Castiel s'empressa alors de remettre l'homme à sa place avant de rejoindre son petit ami. Ce dernier était adossé contre le mur d'une impasse quelques mètres plus loin. Quand Castiel l'approcha, il lui fit signe de rester loin de lui. Il détourna les yeux avant de confirmer les propos de l'homme qui les avait accostés. Il confirma qu'il ne se sentait pas prêt pour une relation stable, qu'il devait probablement profiter de Castiel et qu'il était préférable pour ce dernier de partir pendant qu'il le pouvait encore. Il ajouta ensuite qu'il ne le méritait pas et qu'il ne le mériterait jamais. Castiel se contenta de secouer la tête avant d'embrasser Dean sans commenter sa requête. Ils n'en parlèrent pas quand ils reprirent la voiture. Pas plus qu'ils ne l'évoquèrent quand ils se couchèrent cette nuit là dans le même lit après avoir fait l'amour.

Les jours qui suivirent furent plus calmes. Dean semblait avoir oublié les propos de l'homme avec qui il était sorti une fois et Castiel reprit espoir. Il savait qu'à la prochaine tentative de Dean, il serait contraint de partir. Mais il choisit de l'ignorer pour se concentrer sur le bonheur qu'il ressentait à chaque fois qu'il était avec Dean.

Ce ne fut que deux semaines plus tard que le marché passé avec le jeune homme revint sur le tapis. Castiel avait décidé de se faire tatouer le nom de Dean sur le torse pour lui prouver à quel point il tenait à lui. Il avait demandé à Jo, une des collègues de son ami, de le faire sans en parler à Dean. Il voulait que cela soit une surprise. Mais alors qu'ils en étaient à la moitié du tatouage, le jeune homme débarqua au salon pour assurer un rendez vous de dernière minute. Castiel lut alors la surprise sur son visage quand il comprit ce qui était en train de se passer. Jo quitta la pièce aussitôt pour les laisser seuls. Castiel se leva de la chaise sur laquelle il était assis mais Dean lui fit signe de se rassoir presque immédiatement. Il prit ensuite place sur la fauteuil qu'occupait Jo avant lui et observa longuement le tatouage. Quand il demanda à Castiel pourquoi il avait pris une telle décision, ce dernier fut incapable de lui répondre. Dean nettoya alors le tatouage avec une compresse puis attrapa l'outil que Jo avait posé sur la table et le fit tourner entre ses mains.

- Tu aurais du me demander de le faire pour toi.

Castiel haussa les épaules.

- C'était sensé être une surprise, répliqua t-il en souriant.

Il n'aurait pas su dire si Dean appréciait le geste ou s'il le trouvait ridicule. Il regarda le jeune homme durant de longues minutes, angoissé à l'idée de se faire reprocher son choix. Dean finit par sourire à son tour. Mais ses yeux étaient sérieux et sombres.

- Ca en est une … et … Castiel, tu te souviens du marché qu'on a passé il y a quelques semaines ?

Castiel y pensait tous les jours sans exception. Il redoutait de voir le piège qu'il avait lui même posé se refermer sur lui et mettre un terme à tout ce qu'il avait commencé à construire. Il était terrifié à l'idée de devoir partir. Il hocha toutefois la tête et attendit que Dean prononce la sentence. Qu'il lui dise de partir pour la quatrième fois et l'oblige à tenir sa promesse.

- Si je te disais de partir ici et maintenant, est-ce que tu le ferais vraiment ? Est-ce que tu tiendrais ta promesse contre ton gré ?

Une nouvelle fois, Castiel hocha la tête. Il serait entièrement détruit si Dean lui demandait de partir mais il ne manquerait pas à sa promesse. Il ferait ce que le jeune homme exigerait de lui. Il ne pourrait s'en prendre qu'à lui même si toutefois les choses se terminaient mal.

- Cas, je veux que tu …

- Partes ? Compléta Castiel sans laisser à Dean le temps de finir sa phrase.

Le jeune homme leva alors les yeux vers le tatouage que Jo avait commencé sur le pectoral gauche de son ami. Il inclina la tête sur le côté puis soupira longuement.

- L'oublies, souffla t-il en posant son regard dans celui de Castiel.

Ce dernier n'était pas réellement sûr de comprendre ce que cela signifiait. Il était trop nerveux pour parvenir à réfléchir clairement. Il avait le cœur qui battait dans la gorge et dans les tempes. Il se savait à deux secondes de pleurer et il eut les pires difficultés du monde à ravaler les sanglots qui se pressaient dans sa gorge. Dean prit alors une grande inspiration avant de rallumer le pistolet qui servait à tatouer et qu'il tenait toujours dans sa main.

- Je veux que tu l'oublies. Je … Cas, je ne me fais pas confiance la plupart du temps. Je doute de tout et principalement de mes décisions te concernant et je change d'avis toutes les cinq secondes. Je ne voudrais pas … je ne voudrais pas commettre l'erreur de te demander de partir sans le penser et de te voir tenir ta promesse simplement parce qu'on a passé ce marché stupide. Je ne sais peut être pas grand chose mais je suis sûr d'au moins une chose … je ne veux pas que tu partes. Je ne pourrais jamais souhaiter te voir retourner à Chicago pour faire ta vie loin de moi. Je veux avoir une vraie relation avec toi. Mais je sais que je commettrais des erreurs à nouveau et je compte sur toi pour les pointer du doigt quand ce sera le cas. J'ai besoin que tu sois fort et solide et j'ai besoin que tu m'aides à ne pas oublier à quel point je veux que tu restes. Alors si toutefois tu … si toutefois je venais à te redemander de partir, n'en tiens pas compte. Je t'en supplie Cas. Ne pars pas … jamais. J'ai trop besoin de toi.

Castiel s'était attendu à tous sauf à cette déclaration. Il sentit un large sourire étirer ses lèvres alors que des larmes roulaient sur ses joues. Dean se pencha alors sensiblement vers lui pour déposer un rapide baiser sur ses lèvres puis hocha la tête quand il recula finalement le visage.

- Je suis loin d'être parfait et je commettrais des erreurs … mais je te supplie de ne pas en tenir compte. Je te ferais probablement du mal dans l'avenir. Je dirais des choses que je ne pense pas et je te dirais de prendre la fuite. Mais je refuse que tu le fasses. Sauf si tu en as envie bien sûr …

- Jamais, le coupa Castiel en souriant de plus belle. Je n'en aurais jamais envie.

Dean déposa alors un nouveau rapide baiser sur ses lèvres avant de lever le pistolet qui servait à tatouer et d'en pointer le bout en direction de son ami.

- Maintenant, si tu le veux bien, je vais finir ce tatouage. Je suis nettement plus doué que Jo de toute façon.

- J'ai entendu ça ! Hurla la jeune femme depuis l'autre pièce.

Castiel éclata alors de rire. Il se fichait que la collègue de Dean ait pu les écouter. Il se fichait de tout ce qui ne concernait pas la promesse qu'il venait de faire à son ami. Il eut quelques difficultés à retrouver son calme mais finit par cesser de rire après de longues minutes. Il se réinstalla alors confortablement sur sa chaise et regarda Dean terminer de graver son propre prénom sur son torse.

Les jours qui suivirent furent sans nul doute les plus heureux depuis l'arrivée de Castiel à Vancouver. Dean semblait avoir décidé d'avoir confiance en leur relation et d'assumer les sentiments qu'il avait pour Castiel. Ils passèrent un maximum de temps ensemble quand leurs emplois du temps respectifs le permettaient. Dean passait toutes ses nuits dans l'appartement de Castiel. Ils faisaient l'amour en échangeant des paroles d'amour sans réellement prononcer les trois mots fatidiques. Ils rirent de leurs journées, échangèrent leurs points de vue sur l'actualité, les films à l'affiche ou le dernier groupe à la mode. Castiel ne dit rien quand il constata que son ami avait commencé à laisser certaines de ses affaires chez lui. Et il ne dit rien non plus quand il fut évident pour tout le monde que Dean avait officieusement emménagé chez lui.

Sam et Bobby semblaient heureux pour eux mais ils restaient inquiets quant à la stabilité émotionnelle de Dean. Malgré ses efforts et ses bonnes résolutions, il restait fragile. Castiel le constata au fil des jours quand il dut le réveiller de certains de ses cauchemars, quand il dut le serrer dans ses bras alors qu'il pleurait toutes les larmes de son cœur ou quand il dut le rassurer sur le fait qu'il se fichait de ses cicatrices avant de le lui prouver en lui faisant l'amour devant le miroir. Ils avançaient pas à pas. La route était longue et Dean faisait souvent marche arrière avant de se remettre en avant. Il demanda plusieurs fois, comme il l'avait prévu, à Castiel de partir. Mais ce dernier refusa de l'écouter. Et le temps finit par chasser les doutes du jeune homme un à un.

Quatre mois après leurs retrouvailles, leur couple se portait merveilleusement bien. Castiel se réveillait tous les matins en serrant Dean contre lui. Ils se séparaient pour la journée et, quand Castiel n'était pas de garde à l'hôpital, déjeunaient ensemble au salon de tatouage. Ils se retrouvaient à nouveau le soir dans leur appartement – Castiel avait commencé à le considérer comme tel puisque Dean ne dormait plus jamais chez lui – et dînaient avant de s'installer devant la télévision pour regarder un film. Ils s'endormaient ensuite dans les bras l'un de l'autre et recommençaient tout le lendemain. Castiel n'avait jamais été aussi heureux. Et Dean semblait enfin avoir accepté qu'ils soient un couple aux yeux de tout le monde.

Ils avaient des amis qui les acceptaient sans leur poser de questions quant aux secrets qu'ils gardaient précieusement. Jo ne demanda jamais à Castiel pourquoi il s'était fait tatouer le prénom « Dean » et non pas « Jason ». Tous savaient qu'il y avait quelque chose qu'ils ne leur disaient pas mais tous s'en contrefichaient. Rapidement, Castiel devint proche de Jo qu'il considérait comme une petite sœur et devint également ami avec d'autres étudiants de sa promotion. Il se construisait jour après jour une vie qu'il aimait vraiment à Vancouver et tout était parfait.

Il tenait régulièrement Gabriel au courant de ce qui lui arrivait et lui demandait également des nouvelles de lui. Il l'avait au téléphone plusieurs fois par semaine malgré le risque que cela lui faisait courir. Il refusait de couper les ponts définitivement avec son grand frère et Dean le soutenait totalement sur ce point.

La seule ombre au tableau était le fait que Dean n'avait toujours pas prononcé les trois mots que Castiel lui répétait encore et encore quand ils étaient ensemble. Ce n'était pas réellement grave puisque les sentiments du jeune homme étaient évidents pour quiconque les connaissait. Mais Castiel ne pouvait s'empêcher d'avoir la sensation que son petit ami n'avait toujours pas laissé partir Benny. Il ne parlait jamais de lui mais il continuait de penser à ce qu'ils avaient vécu ensemble. Ils étaient trois dans cette relation et si Castiel n'était pas à proprement parlé jaloux, il n'en était pas moins gêné par cet état de fait. Il refusait toutefois de l'évoquer avec Dean. Il savait que cela entrainerait une dispute. Il ne le voulait pas. Tout allait trop bien entre eux pour risquer de mettre leur stabilité en péril. Castiel savait que son petit ami faisait des efforts et il lui en était reconnaissant. Il voulait laisser le temps faire son œuvre. Il savait que Dean avait besoin de mettre un point final à son passé. Le laisser pour de bon derrière lui et ne plus regarder que devant. Il avait réussi à accepter ce qu'il avait vécu avec Alastair. Il avait accepté enfin l'idée qu'il n'était que victime et que rien ne pouvait lui être reproché. Mais il continuait de s'en vouloir pour la mort de Benny. Il l'aimait toujours et il continuerait probablement de l'aimer jusqu'à la fin de sa vie. Mais Castiel savait également qu'il avait des sentiments similaires le concernant. C'était tout ce qui comptait vraiment.

Après quatre mois de relation dont la moitié avait été compliquée et chaotique, Castiel proposa à Dean de déménager la totalité de ses affaires chez lui pour rendre son emménagement officiel. Le jeune homme accepta aussitôt. Ils convinrent de le faire avec l'aide de Sam et Bobby le week end suivant. Dean rentra le lendemain avec un nouveau tatouage. Il avait fait graver la date de leurs retrouvailles juste sous le prénom de Castiel dans son dos. Ils firent l'amour à même le sol dans les minutes qui suivirent, Dean à quatre pattes par terre et son petit ami allant et venant en lui avec force et passion.

Le week end du déménagement, ils se retrouvèrent seuls dans la maison après que Bobby et Sam soient allés chercher de quoi déjeuner. Dean était au milieu du jardin, les mains dans les poches, le regard perdu sur l'horizon. Castiel prit place derrière lui et passa ses bras autour de sa taille avant d'appuyer son menton sur son épaule.

- J'ai aimé cette maison à la seconde où je l'ai vu, expliqua le jeune homme dans un murmure.

Castiel savait que l'endroit avait beaucoup d'importance pour son petit ami. C'était ici que Jason avait vu le jour, qu'il avait commencé à reconstruire sa vie morceaux après morceaux. Ici qu'ils s'étaient retrouvés un an plus tard et qu'ils avaient choisi de lier leurs deux destins. Dean avait toutes les raisons d'être nostalgique. Il avait vécu des choses importantes dans cet endroit.

- Si tu as des doutes, tu peux me le dire, répliqua Castiel avant d'embrasser Dean juste sous l'oreille.

Le jeune homme frissonna avant de secouer la tête.

- Je n'en ai pas … j'ai vraiment envie de vivre avec toi. Je suis juste un peu … nostalgique. Un peu nerveux aussi même si je sais que je n'ai aucune raison de l'être. J'ai hâte de voir ce que la vie nous réserve … pour la première fois depuis très longtemps, je suis impatient de savoir ce qui nous attend. Et je te le dois …

Castiel sourit en fermant les yeux pour apprécier la proximité du corps de Dean. Quand il était seul avec le jeune homme, il avait la sensation que plus rien d'autre n'existait ou n'avait d'importance. C'était un peu effrayant mais également totalement magique.

- Tu sais ce que je ressens hein ? Demanda alors Dean.

Castiel rouvrit les yeux et sourit faiblement. C'était une conversation qu'ils avaient déjà eu une fois. Dean semblait inquiet que son petit ami finisse par partir s'il n'arrivait pas à lui dire qu'il l'aimait. Castiel avait beau lui avoir assuré qu'il n'en avait pas besoin, il savait que Dean continuait à s'en vouloir de ne pas en être capable.

- J'ai aimé Benny comme un fou et … je suppose que je l'aime toujours … c'est différent aujourd'hui mais je ne peux pas oublier ce qu'il a représenté pour moi. Je ne le veux pas d'ailleurs.

- Je ne te demande pas de l'oublier, assura Castiel.

Dean posa ses mains sur celles de son petit ami qui reposaient sur son ventre, juste au dessus de la ceinture de son jean.

- Mes sentiments pour lui ne sont plus les mêmes à présent … ce n'est pas … ce n'est pas pareil que ceux que j'ai pour toi et … j'ai juste besoin d'un peu de temps pour lui dire « adieu » de façon définitive. C'est difficile de le faire sans pouvoir lui parler … c'est … tu dois me laisser encore un peu de temps.

Castiel était prêt à patienter jusqu'à ce que son petit ami soit prêt. Il savait même qu'il pourrait vivre toute sa vie à ses côtés sans jamais l'entendre dire qu'il l'aimait.

- Je t'aime Dean.

Le jeune homme se tourna alors dans ses bras et passa les siens autour de son cou. Il déposa un baiser sur le bout de son nez avant de l'embrasser sur la bouche pendant quelques secondes. C'était ainsi qu'il répondait à ces trois mots à chaque fois que Castiel les prononçait. Il ne pouvait pas les dire à son tour mais il semblait déterminé à chaque fois à prouver qu'il les pensait. Castiel le serra ensuite contre lui et enfouit son visage dans son cou. Une nouvelle fois, tout sembla disparaître autour de lui. Il se perdit dans la chaleur du corps de son petit ami et dans la façon dont son parfum emplissait ses narines. Il oublia tout le reste. Cela expliquait sans doute la façon dont il sursauta violemment quand quelqu'un se racla la gorge derrière lui. Il se sépara alors aussitôt de Dean et se retourna en un bond. Quand il vit qui les avait interrompus, il sentit son cœur s'accélérer et des frissons parcourir l'intégralité de son corps. A côté de lui, Dean semblait comme figé.

- Ne vous arrêtez pas pour moi Messieurs. Je dois admettre que le spectacle était loin de me déplaire.

- Crowley, souffla Castiel, terrorisé.

Il s'en voulait à présent terriblement d'avoir oublié le danger qui continuait de planer sur eux. Il avait été totalement absorbé par sa relation avec Dean et avait mis tout le reste de côté. Il avait fini par ne plus penser à ce qu'ils avaient traversé un an et demi plus tôt. Ils étaient devenus deux personnes totalement différentes à présent. Dean était Jason et Castiel était l'homme qui partageait sa vie depuis quatre mois. Alastair n'était plus qu'un lointain souvenir. Ses acolytes étaient tombés les uns après les autres et Castiel avait fini par se convaincre qu'ils n'avaient plus rien à craindre de ceux qui restaient encore dans la nature. Mais c'était sans compter sur Crowley qui restait une des cibles principales du FBI. Celui à cause de qui Dean resterait peut être toujours une cible à abattre. Castiel avait été idiot de croire qu'ils étaient hors de danger simplement parce que leurs vies avaient changé. Ils étaient peut être devenus un couple ordinaire aux yeux de leurs nouveaux amis mais ils restaient des menaces potentielles pour ceux qui tentaient encore de fuir la justice. Et la présence de Crowley au Canada en était la preuve.

- Comment … comment as tu pu nous retrouver ? Lâcha Dean en passant son bras devant Castiel comme pour tenter de le tenir à l'écart de l'affrontement.

Castiel ne se laissa pas faire. Il ne comptait pas se cacher derrière son petit ami. Ils allaient affronter Crowley ensemble.

- Oh je t'en prie Dean … j'aimerais assez que tu cesses de me sous estimer en permanence. Il m'a suffi de quelques jours pour vous trouver et je n'ai même pas eu besoin de faire de gros efforts pour y arriver. Il m'a suffi de suivre ton petit ami à la trace et de mettre son portable sur écoute. Il a appelé son frère dix fois sur les deux dernières semaines. Honnêtement, la question n'est pas de savoir comment j'ai pu faire pour vous retrouver mais comment vous avez pu survivre jusque là !

Castiel avait toujours su qu'il prenait un risque en appelant Gabriel. Mais au fil des semaines, il avait fini par ne plus penser au danger qu'il représentait pour son petit ami et sa famille. Et il avait été inconscient. Stupide. Ils allaient mourir par sa faute.

- Qu'est-ce que tu veux ? Demanda alors Dean en tentant une nouvelle fois de mettre Castiel à l'écart.

Ce dernier lui saisit le bras pour le repousser gentiment. Il était responsable de la situation et il comptait bien en assumer les conséquences.

- Ce que je veux ? Contrôler le monde et réduire la race humaine en esclavage … ou un verre d'un très bon whisky mais je doute d'obtenir quoi que ce soit de ce genre ici alors … je vais devoir me contenter de quelque chose de moins ambitieux.

Il semblait sérieux et pendant une seconde, Castiel ne put s'empêcher de se demander quel danger Crowley représentait réellement pour eux mais également pour le monde en général. Il avait toujours considéré Alastair comme la pire menace qu'ils avaient à affronter. Il n'avait pas accordé à Crowley beaucoup d'intérêt. Mais de toute évidence, il s'était trompé. Même s'il n'avait été qu'un homme de mains d'Alastair pendant des années, il semblait tout aussi capable que lui de prendre les reines. Il avait de l'ambition, des compétences et de toute évidence aucune morale.

- Tu es venu nous tuer ? Demanda finalement Dean après de longues secondes de silence.

Castiel se posait la même question mais il n'avait pas osé la formuler à voix haute. Cela rendait la menace bien trop réelle. Crowley leur adressa un large sourire avant de passer sa main sur sa bouche et de pointer son indexe en direction de Dean.

- C'est ce que je devrais faire oui … ce serait sans nul doute la chose la plus raisonnable puisque vous représentez une menace pour moi et mon organisation mais si je vous avais voulu morts, vous le seriez déjà. Non Dean mon ami, je ne suis pas là pour vous tuer.

Castiel aurait probablement du se détendre en entendant les propos de Crowley. Mais il continuait d'être terrifié. Il savait que la présence de cet homme était forcément une mauvaise nouvelle. Il doutait qu'il s'agisse là d'une visite de courtoisie.

- D'accord alors qu'est-ce que tu fais là ? Jeta Dean d'une voix forte.

- C'est bizarre mais j'ai l'impression que tu n'es pas content de me voir … je devrais probablement être vexé mais … disons que je ne suis pas réellement surpris. Nous avons passé deux années dans des camps adverses et je suppose qu'il est difficile pour toi d'oublier cela.

Castiel serra les poings de chaque côté de son corps. Il ne se sentait pas prêt à se jeter sur Crowley et à se battre contre lui mais il le ferait si toutefois il y était contraint. Il n'aimait pas la façon dont cet homme regardait son petit ami. Il n'aimait pas non plus la façon qu'il avait de lui parler et de parler de lui.

- Mais mettons de côté nos désaccords pour le moment. Je suis venu ici en ami.

Dean ricana une seconde alors que Crowley observait le jardin autour d'eux d'un œil intéressé. Il ne semblait pas vexé par l'attitude du jeune homme. Bien au contraire. Castiel aurait pu jurer que la situation l'amusait beaucoup. Cela ne faisait que l'énerver plus encore. Il aurait pu parier que Crowley était intéressé par Dean. Et pas uniquement pour ce qu'il pouvait lui apporter. Il était attiré par lui.

- Nous ne sommes pas amis, protesta Dean en retrouvant son calme.

Castiel ouvrit la bouche pour soutenir son petit ami sur ce point mais Crowley leva la main dans sa direction et lui fit signe de se taire. Ce que le jeune homme fit sans hésiter. Il n'oubliait pas que l'homme en face de lui était dangereux et qu'il était réellement risqué de l'énerver. Il ferma donc sa bouche et enfonça ses ongles dans la paume de ses mains pour évacuer un peu de sa frustration.

- Ok, je te l'accorde. Nous ne sommes amis mais nous pourrions l'être … nous pourrions être de très très bons amis et … avant que ton homme ne s'emporte, je n'entends pas par là qu'on pourrait être ce « genre » d'amis. Tu es canon et je ne suis pas tout à fait hétéro mais j'aime mes conquêtes un peu moins … usagées.

Castiel avait la nausée. Crowley lui donnait envie de vomir. Mais il ne dit rien et inspira profondément par le nez pour retrouver un semblant de calme. Il avait des milliers de choses à dire mais il ne voulait pas le faire tant qu'ils ne savaient pas ce que Crowley attendait d'eux.

- Je ne serais pas contre l'idée d'assister à vos ébats en revanche … je suis sûr que vous êtes extrêmement sexys ensemble … mais ce sera pour une prochaine fois je suppose. Je ne suis pas là pour ça. Je suis venu vous faire une proposition.

Dean sembla brusquement intéressé. Castiel ne voulait rien avoir à faire avec Crowley. Il n'avait aucune confiance en cet homme et il lui en voulait d'avoir laissé son petit ami se faire torturer durant un an sans sourciller. Il le jugeait coupable en partie des cicatrices que Dean avait sur le torse. Et il avait envie de le frapper et de lui hurler dessus. Il avait envie d'appeler Henriksen et de lui dire de venir l'arrêter. Il voulait le voir payer. Mais il avait bien l'intention de respecter le choix de Dean sur ce point.

- Je t'écoute, souffla le jeune homme en faisant un pas dans la direction de Crowley.

Ce dernier prit une grande inspiration puis ajusta la veste de son costume hors de prix. Il était une nouvelle fois habillé en noir. Seule sa cravate était rouge sang. Il était élégant et séduisant. Mais il était également effrayant.

- Je vais t'offrir Meg sur un plateau Dean … je vais te dire où la trouver et te fournir les preuves suffisantes pour que ton petit copain au FBI puisse l'inculper et la condamner à perpétuité … ou même à la chaise électrique … je serais ravi de savoir cette salope en enfer pour l'éternité !

- Je croyais que vous travailliez ensemble, s'étonna alors Dean en fronçant les sourcils.

Crowley haussa les épaules en grimaçant. Castiel supposait qu'il ne devait pas être facile de conserver des amitiés ou même des relations de confiance quand on prenait la tête d'une organisation de l'importance de celle d'Alastair et que le poste était convoité par des dizaines d'autres personnes.

- J'ai eu tort de lui faire confiance … je me suis montré gentil avec elle et elle m'a planté un couteau dans le dos. Pas au sens littéral bien sûr même s'il s'en est fallu de peu … Je veux la voir tomber et je suis sûr que tu serais ravi toi aussi d'assister à sa chute. Elle était là le jour où ton frère a été enlevé … et je peux te garantir qu'elle n'avait pas que de bonnes intentions le concernant.

Castiel attrapa instinctivement le bras de Dean pour l'empêcher de se lancer en direction de Crowley à la seconde où il évoqua Sam.

- Qu'est-ce que vous voulez en échange ? Demanda alors Castiel.

Il s'était refusé à prendre la parole jusque là mais il savait que Dean avait besoin de quelques minutes pour retrouver un minimum de calme. Il était prêt à prendre le relais jusqu'à ce que son petit ami se sente capable de continuer seul la conversation.

- Quand Meg sera arrêtée et emprisonnée, je veux que vous disiez à Henriksen que je suis mort … que vous le lui avez caché jusque là mais que vous avez vu mon corps et qu'il est inutile de continuer à me chercher. De mon côté, je retournerais à mes affaires et ...je veillerais à ce que personne ne tente de vous trouver. Je ferais passer le message. Vous deviendrez mes protégés à distance. Vous pourrez mener votre vie comme bon vous semble … vous serez définitivement libres.

Castiel savait que l'idée de faire tomber Meg devait séduire Dean. Mais laisser Crowley libre de faire ce qu'il voulait était inconcevable pour lui. Il avait été complice d'Alastair. Même s'il n'avait pas participé aux tortures, il n'avait pas pu les ignorer. Il méritait de pourrir en prison … ou de mourir. Castiel avait une préférence pour la seconde option mais il ne se sentait pas capable de le tuer. Il allait devoir faire confiance à la justice pour lui faire payer.

- Hors de question, protesta t-il alors, incapable de garder le silence.

Crowley se tourna vers lui et le dévisagea une seconde avec un dégoût à peine dissimulé.

- Il ne me semble pas qu'il s'agisse de ta décision beau gosse … et j'aimerais assez que tu laisses les adultes discuter entre eux.

Castiel fit un pas en direction de Crowley, prêt à lui sauter à la gorge et à lui montrer à quel point il le détestait mais Dean l'en empêcha à se mettant devant lui et en lui faisant face. Il prit son visage entre ses mains et plongea son regard dans le sien.

- Cas, s'il te plait … je … je pense que c'est une bonne idée.

- Ecoute le joli cœur … il est le plus raisonnable de vous deux, intervint Crowley.

Dean lui jeta un coup d'oeil par dessus son épaule.

- Ferme la toi !

Castiel soupira longuement et fronça les sourcils quand Dean reporta son attention sur lui. Il ne comprenait pas comment son petit ami pouvait accepter une telle proposition alors que l'homme qui la lui faisait était en parti responsable des horreurs qu'il avait vécues. Il aurait du avoir envie de le tuer, de le faire souffrir à son tour avant de le dénoncer au FBI.

- Dean, tu ne peux pas … Pas après ce qu'il t'a fait. Il ne mérite pas de s'en sortir.

Le jeune homme hocha lentement la tête. Castiel posa alors ses mains sur sa taille et serra son tee shirt entre ses mains. Il pouvait sentir le regard de Crowley sur eux mais il préférait ne pas y prêter trop attention. Quand Dean vint coller son front contre le sien, il ferma les yeux, appréciant juste la proximité de son petit ami.

- J'aimerais le faire arrêter et j'aimerais le faire payer mais il n'est pas le seul. Si Meg est impliquée de près ou de loin à l'enlèvement de Sam, elle est ma priorité. Peu importe le reste. Elle doit payer.

- Mais Crowley a laissé Alastair te …

Je sais quel genre d'homme il est et je sais ce dont il est coupable. Mais il n'est pas question de moi dans cette histoire. Je veux la voir tomber.

Castiel secoua la tête, mettant un terme au contact entre son front et celui de Dean. Il n'était pas d'accord avec lui mais s'il ne parvenait pas à le convaincre alors il respecterait son choix. Il se l'était juré et il comptait bien tenir sa promesse.

- J'aimerais tellement pouvoir lui faire du mal. Je ne supporte pas l'idée qu'il puisse avoir … qu'il puisse avoir été témoin de …

- Des tortures ? Des viols ? Cas … c'est fini. Tout ça est derrière moi à présent … derrière nous et je ne veux plus y penser. Je suis avec toi et c'est tout ce qui compte. Crowley pourrait nous offrir la sécurité que nous méritons et je … je veux pouvoir vivre ma vie avec toi sans me soucier du reste.

Castiel comprenait sa position et il était touché par ce qu'il lui disait. Mais l'idée de voir Crowley s'en sortir sans problème continuait à le révulser.

- Dean, il t'a fait du mal … il … je veux juste te protéger et … je veux te venger.

- Cas … je t'aime.

Ces trois mots firent sursauter Castiel dès qu'ils franchirent les lèvres de Dean. Il ne s'était pas attendu à les entendre et certainement pas dans ces circonstances. Le jeune homme n'avait pas semblé prêt à les prononcer avant l'arrivée de Crowley. Mais de toute évidence, leur conversation avait chassé ses derniers doutes. Peut être était ce ce que Castiel avait dit ou ce que leur ennemi avait suggéré. Ca n'avait pas réellement d'importance. Dean lui avait enfin dit qu'il aimait. C'était le plus beau moment de sa vie. Il était un peu déçu que Crowley ait été là pour y assister.

- Dean tu …

Castiel n'eut pas le temps de finir sa phrase. Derrière Dean, Crowley interrompit une nouvelle fois leur moment en se raclant la gorge.

- J'attends toujours ma réponse, lança l'ancien homme de mains d'Alastair.

Dean relâcha alors les joues de Castiel et se tourna vers Crowley. Il hocha ensuite la tête.

- J'accepte. Je dirais à Henriksen que tu es mort mais je veux en échange les informations sur Meg et ta promesse que personne ne cherchera à me retrouver.

- Tu as ma parole, assura Crowley en souriant.

Dean lui demanda alors de lui faire parvenir toutes les informations nécessaires et assura ensuite qu'il prendrait contact avec Henriksen dès le lendemain.

- J'ai l'habitude de sceller mes pactes par un baiser, avança Crowley après quelques secondes.

- Va te faire voir, répliqua Dean aussitôt.

Crowley ne sembla pas réellement déçu mais définitivement amusé par la réaction du jeune homme. Il secoua longuement la tête avant de tourner les talons et de partir. Dean se tourna alors à nouveau vers Castiel et l'observa durant de longues secondes.

- Tu es sûr de pouvoir lui faire confiance ? Demanda ce dernier en fronçant les sourcils.

Dean haussa les épaules.

- Non mais il a besoin de moi et je pense qu'il a réellement envie de se débarrasser de Meg. Il fera ce qu'il a promis … et si toutefois il choisit de trahir sa promesse, nous aviserons le moment venu.

Castiel acquiesça alors. Il ne voyait pas quoi rajouter à ce que son petit ami venait de dire. Il ne parvenait pas réellement à réfléchir. Il repensait sans cesse aux trois mots que Dean avait prononcés quelques minutes plus tôt. Ceux qui signifiaient que le jeune homme était enfin prêt à se lancer pleinement dans cette histoire et à laisser le passé derrière lui.

- Dean, ce que tu as dit tout à l'heure … c'est … tu …

Dean déposa un rapide baiser sur ses lèvres pour le faire taire. Puis il vint à nouveau appuyer son front contre le sien et ferma les yeux. De longues minutes s'écoulèrent sans que personne ne dise quoi que ce soit. Castiel ne savait pas vraiment quoi faire à présent. Il avait envie de poser des questions à Dean. Il avait envie de savoir s'il pensait réellement ce qu'il avait dit ou s'il l'avait fait juste pour le faire taire. Mais il voulait également laisser au jeune homme le choix de commenter ses paroles ou de se taire.

- Je t'aime … Cas, je ne sais pas pourquoi cela m'a pris autant de temps pour te le dire mais j'ai eu tort parce que … t'aimer est sans nul doute la chose la plus simple au monde … la plus évidente. Je t'aime et je veux faire ma vie avec toi. Je ne laisserais personne nous séparer. Je ne laisserais rien se mettre en travers de notre chemin. Je t'aime.

- Mais tu disais que Benny … tu disais ne pas pouvoir, bafouilla Castiel.

Il se maudissait de ne pas être capable de faire une phrase complète et d'exprimer ses sentiments clairement.

- J'ai aimé Benny. Je l'ai aimé de tout mon cœur et de toutes mes forces. Il m'a sauvé la vie et il m'a donné espoir mais … il est mort. Il est mort et je sais qu'il n'aurait pas voulu me voir manquer la chance d'être réellement heureux. Il n'aurait pas voulu me voir vivre dans son souvenir jusqu'à la fin de mes jours. Il m'aurait encouragé à t'aimer et … je suis sûr qu'il est fier de moi là où il se trouve. Si je croyais au destin, je pourrais presque croire qu'il est celui qui t'a mis en travers de mon chemin. Je t'aime Cas.

Que pouvait il répondre à cela ? Il n'y avait aucun mot pour décrire ce que Castiel ressentait à ce moment précis. Il avait enfin tout ce dont il avait besoin. Et Dean venait d'accepter de laisser derrière lui l'homme qu'il avait aimé avant lui. L'homme qui lui avait permis de survivre à l'enfer dans lequel il se trouvait. Castiel aurait aimé pouvoir le remercier. Il savait que c'était grâce à Benny qu'il avait eu la chance de rencontrer Dean. Il ne pourrait pas l'oublier. Mais entendre son petit ami parler de lui au passé et accepter enfin une bonne fois pour toute sa mort était une victoire. Il ne demandait pas à Dean d'oublier Benny. Il savait que ce dernier aurait toujours une place dans son cœur. Il voulait juste le voir en faire une plus grande pour lui. Il acceptait de cohabiter avec Benny.

- Je t'aime Dean, souffla t-il alors car c'était la seule chose qui avait réellement de l'importance.

- Je t'aime Cas et … merci d'avoir été aussi patient.

Castiel haussa les épaules avant d'embrasser le jeune homme sur la bouche avec passion. Sam et Bobby seraient bientôt là et ils n'avaient définitivement pas le temps de fêter la déclaration de Dean comme Castiel l'aurait souhaité. Ils pourraient le faire en rentrant dans leur appartement ce soir. Dans leur appartement. Cette simple pensée suffit à faire battre le cœur de Castiel un peu plus vite et un peu plus fort. Il avait enfin la sensation d'avoir gagné. Il avait oublié les épreuves et les mois passés à fuir avec Dean mais il n'avait jamais pu oublier que la guerre continuait pour le jeune homme même après avoir été débarrassé d'Alastair. L'entendre lui dire qu'il l'aimait scellait leur victoire pour de bon. La bataille était terminée et ils avaient gagnés ensemble. Tout était parfait. Absolument parfait. Castiel avait la sensation d'être l'homme le plus chanceux du monde. Il ne savait pas ce qu'il pouvait avoir fait pour mériter l'amour de l'homme qu'il serrait à présent contre lui. Il ne savait pas s'il aurait un jour la réponse à sa question. Mais ce n'était pas là l'essentiel. Ca n'avait aucune importance. Dean était dans ses bras, là où il devait se trouver et Castiel n'avait pas l'intention de le laisser lui échapper. Ils étaient au départ de leur nouvelle vie et ils allaient la construire ensemble. Le cauchemar était terminé pour eux deux. Il ne leur restait que le meilleur à vivre. Ensemble. Côte à côte. Deux âmes sœurs que le destin avait réuni. Car Castiel n'avait plus aucun doute sur le sujet. Il ne savait pas qui ou quoi avait décidé de mettre Dean sur son chemin mais il savait qu'il était sur cette Terre pour être avec le jeune homme. Et c'était, en fin de compte, la seule chose qui comptait réellement.