Le temps est venu...
Ce chapitre m'a pris un peu de temps mais je voulais vraiment qu'il soit réussi.
J'attends donc vos reviews avec impatience.
Chapitre 5 : secret révélé
Leur vigilance n'avait pas suffi. Jane avait décidé de retourner au bureau pour fouiner un peu et enfin découvrir ce qu'elle lui cachait. Il avait passé le reste de la journée à y réfléchir, ça l'avait rendu anxieux et en même temps soulagé, soulagé parce qu'il avait une certitude : elle ne pensait pas les paroles blessantes qu'elle lui avait assénées ces dernières semaines. Maintenant, il était bien décidé à savoir pourquoi elle avait agi ainsi. Le garde n'avait pas été étonné de le voir revenir à cette heure tardive, cela lui arrivait si souvent. Il s'était garé au sous-sol, désert à cette heure-ci. Mais, il était à peine sorti de sa voiture qu'un violent coup sur la nuque lui fit perdre connaissance.
Quand Lisbon avait reçu l'appel à une heure si tardive et qu'elle avait vu « Jane » s'afficher sur l'écran, elle avait cru qu'il l'appelait car il avait tout compris. Elle avait décroché fébrilement et la peur l'avait envahie en entendant cette respiration. C'était lui.
- Bonsoir, Teresa
Son prénom dans sa voix lui donnait la nausée.
- …...
- Je n'ai même pas droit à « taré » ce soir ?
- Où est Jane ?
- Jane ! Jane ! Jane ! Il n'y a donc que lui qui vous intéresse ? Pourtant, vous remuez ciel et terre pour me retrouver et je dois dire que vous êtes toute proche. Alors pourquoi ne pas écourter cette attente, jolie Teresa, et venir me voir ?
- Dîtes-moi où vous êtes et je viendrai.
- Quel empressement, Teresa ! Moi aussi, je languis de vous voir... Avant cela, promettez-moi de venir seule, comme la dernière fois. Si ce n'est pas le cas, vous aurez sa mort sur la conscience, est-ce clair ?
- Très clair !
- Nous sommes là où tout a commencé...Ne tardez pas à prendre la route, vous avez un peu de chemin à faire...
Il avait raccroché sans en dire plus mais elle avait compris. Par contre, elle ne ferait pas deux fois la même erreur, elle n'irait pas seule. Elle avait bien compris qu'elle ne ferait pas le poids. Cho était de toute façon dans son salon, il couvrirait ses arrières.
Il s'était réveillé dans une pièce avec un énorme smiley défraîchi dessiné sur le mur. Ses mains étaient entravées par un lien saillant et sa tête le faisait affreusement souffrir. Il lui fallut quelques secondes pour réaliser qu'il se trouvait dans sa chambre, dans sa maison à Malibu. Sitôt ce constat effectué, il avait senti une présence dans la pièce, c'était lui. Il se déplaçait maintenant et se trouvait devant la baie.
- Bonjour, Patrick, ravi de vous revoir ! Je suis désolé, j'ai frappé un peu fort mais nous avions un peu de route à faire et je ne voulais pas gâcher la surprise...
Red John était là, face à lui, mais dissimulé derrière ce fameux masque dont Lisbon avait parlé. Jane n'avait pas peur, bien au contraire, il attendait ce moment depuis si longtemps.
- Red John, enfin !
- Enfin ? Vous me manquiez aussi, bien que vous m'ayez un peu déçu ces derniers temps.
Depuis combien de temps notre petit jeu dure-t-il ?
- Ce n'est pas un jeu.
- Pourtant, c'est vous qui avez commencé. J'ai pensé un moment que vous abandonneriez vos recherches mais non, il a fallu que vous vous acharniez à me retrouver pour vous venger.
- Je ne vis que pour ça depuis tout ce temps !
- Dans un sens, je vous admire, Patrick. N'importe qui à votre place se serait donné la mort trop accablé par le poids de la culpabilité. Mais pas vous, encore votre orgueil et votre arrogance ! Vous avez même réussi à intégrer le CBI pour mener l'enquête et à convaincre votre équipe de faire pareil. Ah Teresa... j'avais d'autres ambitions pour elle...
- Elle n'a rien à voir là dedans.
Il avait répondu trop vite.
- Oh mais si, Patrick ! Pourtant, je lui ai montré de quoi j'étais capable il y a quelques semaines, mais non, elle a continué à vous aider, à veiller sur vous, à vous protéger.
- Vous n'êtes pas très bien renseigné visiblement, elle me déteste.
- Bien sûr que non. Mais, on le saura très vite, d'après mes calculs, elle ne devrait pas tarder à arriver. Oui, je me suis permis de l'inviter, elle avait l'air très inquiète au téléphone. Je ne veux pas qu'elle rate la fin du spectacle. C'est ici que tout a commencé entre nous, c'est ici que tout doit finir. Allez Patrick, relevez-vous, mettez-vous à genoux pour être un peu présentable tout de même.
- Que voulez vous ? Que je me mette à genoux et que je vous supplie de me tuer ? Ça n'arrivera pas !
- Je serais vous, je ne parierais pas la dessus... votre point faible va bientôt arriver, vous ne voudriez pas qu'elle vous voie aussi faible ?...
Il s'était exécuté. Sa tête le faisait souffrir et ses mains ne l'aidaient guère dans ses mouvements. Et dire qu'il avait osé dire à Lisbon qu'elle n'avait pas su se défendre...
Un bruit se fit entendre, quelqu'un montait l'escalier. Jane reconnut le bruit de ses bottines dont il se moquait parfois. Red John avait mis Jane en joug avant que Lisbon n'ouvre la porte, l'arme à la main. Elle était déterminée mais quand elle l'avait vu avec ce masque, tout ce qui s'était passé cette nuit-là lui revint en mémoire. La peur l'avait à nouveau saisie.
- Bonsoir, jolie Teresa, quel plaisir de vous revoir ! Laissez votre arme au sol sinon je vais le tuer de suite et ce serait dommage qu'il ne connaisse pas toute l'histoire. Allez, posez-la et venez par là qu'il puisse vous voir.
Elle s'exécuta, sachant très bien qu'il n'hésiterait pas à le faire. Elle se plaça juste devant le smiley, à trois mètres à peine de Jane. Elle lui offrit un pâle sourire pour la première fois depuis des semaines. Elle était venue, encore une fois, elle se mettait en danger pour lui.
- Eh bien, vous méritez votre surnom de Sainte Teresa. Après la façon dont il vous a traitée et ce que je vous ai fait subir, je pensais que vous ne viendriez pas.
- Vous ne pouvez pas comprendre.
- Je ne comprends pas, en effet, mais j'admire votre courage et votre abnégation ; vous me fascinez, Teresa.
Jane suivait leur échange, qu'il essayait de décrypter.
- Vous savez pourquoi on est là tous les trois ce soir ? C'est votre faute, Teresa ! Tout d'abord, vous n'auriez pas dû continuer à me chercher et comme vous êtes tout près du but, je ne peux pas vous laisser faire ça. D'autre part, vous m'avez vexé. J'ai appris que vous aviez fait enlever mon petit cadeau... J'en suis réellement peiné, ce petit smiley vous allait très bien et puis, je m'étais appliqué. A voir la tête de Patrick, il n'était pas au courant de ça non plus. Vous êtes une petite cachottière, Teresa ! Vous voyez, Patrick, j'avais gravé avec mon couteau un joli smiley juste au dessus de son cœur, j'avais fait ça bien en plus. Mais elle l'a fait enlever. Ça ne se fait pas de refuser un cadeau ainsi, non ? Mais ce qui me rassure, c'est que les autres blessures, elles, ne s'effaceront jamais.
Jane regardait Lisbon, livide. C'était donc ça qu'elle lui cachait depuis des semaines. Il avait osé graver son horrible smiley sur son corps. Il en eut la nausée. Des semaines qu'elle vivait avec son empreinte. Il n'avait pas eu le temps de réfléchir plus à cela que Red John continuait déjà.
- Vous voyez, Teresa, je m'étais dit qu'il fallait être patient, que vous finiriez par tout lui dire mais vous avez tenu bon, vous n'avez rien dit, vous avez osé me résister, encore et encore ! Contrairement à vous, je n'aime pas faire des cachotteries à Patrick.
- Si c'était le cas, vous ne vous cacheriez pas derrière un masque !
- Touché, Teresa ! Mais vous connaissez bien plus de moi que mon visage, dit-il en ricanant. Bref, on va peut-être lui raconter le reste... Vous lui dîtes ou je lui dis ?
Le reste ? Jane ne comprenait rien, Red John parlait à Lisbon de façon si... intime. Une boule s'était formée dans sa gorge. Il avait alors croisé le regard désolé que Lisbon avait essayé de dissimuler jusque-là.
- Lisbon, qu'est-ce qu'il raconte ?
- Décidément, vous n'êtes pas un adversaire à ma hauteur, Patrick. Vous n'avez pas été foutu de voir ça. Bon, il faut dire qu'elle ment très bien et que, à votre décharge, paraît-il que l'amour rend aveugle.
- Alors Teresa, vous lui dîtes ou je lui dis ?
- ….
- Ok je me lance, je crois que ça va me plaire. Vous voyez, Patrick...votre attention semble avoir été détournée ces derniers temps, détournée par la Jolie Teresa. Vous vous êtes laissé distraire, vous comprenez bien que je ne pouvais pas laisser faire une chose pareille. Alors bien sûr, j'aurais pu la tuer, mais quel plaisir aurais-je tiré à voir votre vie prendre fin de votre propre main ? A la place, j'ai décidé de m'accorder une petite distraction, moi aussi. Teresa et moi avons passé un moment fort agréable ensemble...enfin, peut-être davantage pour moi que pour elle. Elle s'est débattue comme une lionne, après tout.
Jane ne lâchait plus Lisbon des yeux et commençait à comprendre.
Red John avait lâché ça le plus naturellement du monde, sans aucun état d'âme. En moins d'une minute, il avait réduit à néant tous ses efforts. Elle avait senti les larmes perler à ses yeux puis couler lentement sur son visage.
- Non, ne pleurez pas, Teresa, vous qui n'avez pas pleuré ce jour-là.
Le visage de Jane était de plus en plus pâle, ses yeux cherchant un démenti dans ceux de son amie mais il n'y trouva qu'une infinie tristesse.
Red John continuait son monologue, méthodiquement.
- Ce que je n'avais pas prévu dans mon plan, c'est que vous saviez si bien mentir mais finalement, vous avez eu raison de ne rien lui dire,.c'est tellement bon de pouvoir lui annoncer cette bonne nouvelle en personne et de m'en réjouir avec lui. Je n'oublierai jamais ce moment que nous avons partagé ensemble, Teresa, j'espère que vous non plus...
Elle aussi comprenait l'erreur qu'elle avait commise. Elle aurait dû tout lui avouer dès le début, il aurait compris. Red John avait raison, c'était encore plus cruel qu'il l'apprenne comme ça, par lui.
- D'ailleurs pourquoi n'avoir rien dit ? Ne répondez pas, je connais la réponse : Vous ne vouliez pas qu'il se sente coupable encore une fois, vous ne vouliez pas qu'il soit malheureux. Vous l'aimez tellement que vous avez préféré vous sacrifier, encaisser ses reproches sans sourciller. Il sait que vous avez recommencé à boire à cause de lui ? Oh non, bien sûr. Ça fait mal d'entendre tout ça, hein, Patrick ?
Oui , ça faisait mal ! Il était comme pétrifié. Sa Teresa, sa douce et jolie Teresa, violée par Red John juste parce qu'il voulait le faire souffrir. Elle avait déjoué ses plans, elle lui avait tout caché, elle s'était sacrifiée pour lui, pour le protéger comme elle l'avait toujours fait. Mon dieu, tout ce qu'il lui avait dit ce jour-là alors qu'elle venait de vivre ça. Il n'avait rien vu, rien compris, trop aveuglé par la colère et la peur. Il comprenait tout à présent mais il était trop tard.
Red John continuait encore et encore.
- Et malgré tout, elle est là parce qu'elle vous aime encore. Vous ne la méritez pas, Patrick. Regardez la, voyez le mal que vous faîtes autour de vous, aux gens qui vous entourent, vous êtes encore plus cruel que moi !
Elle ne pouvait plus supporter d'entendre ce tissu de méchancetés et de mensonges.
- Ne l'écoutez pas Jane, ce n'est pas votre faute, c'est lui le coupable, personne d'autre !
Elle voyait à quel point il souffrait. Elle n'avait pas réussi à le protéger.
Il ne voulait pas écouter Red John mais il n'entendait que lui et ne voyait plus que le visage de son amie baigné de larmes par sa faute. La boule dans sa gorge l'empêchait de parler, le poids sur sa poitrine l'empêchait de respirer, les images se bousculaient dans sa tête. Sa femme et sa fille avaient été tuées et maintenant, la femme qu'il aimait avait été violée par son pire ennemi. Tout ça était arrivé par sa faute. C'était plus qu'il ne pouvait en supporter. Il avait survécu après la mort d'Angela et Charlotte grâce à l'espoir de vengeance et grâce à elle, grâce à Lisbon. Mais aujourd'hui, comment vivre avec ce poids ? Il ne pouvait pas... Tout était fini, il n'avait plus la force de se battre, Red John avait gagné...
- Tuez-moi, dit-il dans un souffle
- Répétez cette douce parole.
- Tuez-moi
- Je vous avais bien dit que vous me supplieriez de vous tuer. C'était mon intention mais là, c'est la cerise sur le gâteau !
Son regard était accroché aux grands yeux verts de Teresa.
- Non, Jane, vous ne pouvez pas abandonner comme ça !
- Je suis désolé, Teresa, pour tout ….
- Teresa, rendez-vous à l'évidence, c'est un lâche ! Vous, Teresa, je ne vais pas vous tuer, je préfère vous laisser vivre avec mon souvenir, celui de sa souffrance et de sa mort aussi pendant que je recommencerai loin d'ici. Quant à vous, Patrick, vous devriez me remercier ... Finie la traque, finie la culpabilité, finie la souffrance. On se retrouvera en enfer !
Red John le mit en joug et deux détonations eurent lieu en même temps. Jane reçut une balle en pleine poitrine alors que Red John s'écroulait, touché en pleine tête. Cho, qui avait suivi Lisbon, était intervenu. Red John ne l'avait pas entendu monter l'escalier, trop occupé à accomplir son œuvre. Cho avait suivi l'ordre de Lisbon, le descendre dès qu'il en aurait l'occasion.
Jane s'était écroulé dans la seconde. Lisbon s'était précipitée sur lui. Du sang tâchait déjà sa chemise et un filet rouge était apparu au coin de sa bouche. Elle avait déposé sa main pour stopper le sang qui s'écoulait de sa poitrine.
- Jane ! Restez avec moi, ça va aller, les secours vont arriver, tenez bon ! Je vous interdis de me laisser ! Vous n'avez pas le droit de m'abandonner !
Il leva une dernière fois les yeux sur elle.
- Je … Je suis désolé... pour tout... je ne voulais...
- Chuttt, gardez vos forces, les secours vont arriver.
- Pardonnez-moi
- Tout est pardonné.
Il avait fermé les paupières emportant avec lui ses magnifiques yeux verts et sa douce voix lui accordant son pardon, encore une fois.
