Personnages : Seifer, Quistis, Shu, OC.
Chronologie : peut-être vu comme une suite du chapitre 4.
Note : haha, j'aime vraiment PAS devoir trouver des noms à mes OC. Je suis nulle !
Bonne lecture.
« Hé, tu es bien une amie de Quistis et de Shu ? »
Seifer releva la tête. La question avait troublé le calme de la bibliothèque. Un adolescent se tenait devant elle avec un sourire un peu gêné.
« Ouais, pourquoi ? »
Un soupir de soulagement s'échappa des lèvres du garçon qui s'assit sur la chaise juste à côté d'elle. Seifer fronça les sourcils à cette intrusion dans son espace personnel, surtout par quelqu'un qu'elle ne connaissait pas, mais l'autre ne s'en rendit pas compte.
« Ouf, je suis bien content de ne pas m'être trompé. Je t'avais vu plusieurs fois avec elles, je me disais bien. On s'était mis d'accord pour se voir à la bibliothèque mais je ne peux pas finalement, un de mes profs a programmé une heure de cours surprise. Tu peux rendre à Shu les cours que je lui avais empruntés, s'il te plait ? »
Il ne lui laissait pas le choix, il avait déjà posé un classeur rouge sur la table, juste à côté du livre que Seifer lisait. Elle adorait quand les gens s'imposaient, vraiment, c'était toujours un plaisir. Enfin bon, si l'autre disait vrai, Shu allait bientôt arriver pour récupérer ses cours, ce n'était pas bien grave. Elle hocha la tête.
« Merci beaucoup ! C'est vraiment gentil de ta part. »
Seifer se retint de lever les yeux au ciel. Vu la manière dont le garçon s'était imposé, le fait qu'elle n'ait pas le choix ne signifiait pas exactement sa gentillesse.
« Au fait, mon nom est Arthur. A bientôt. »
Puis il partit de la bibliothèque. Seifer haussa les épaules et récupéra son livre pour être interrompu ce qui lui sembla être quelques minutes plus tard par quelqu'un s'asseyant en face d'elle. Elle leva un regard franchement agacé vers la personne (elle détestait ça et c'était la journée où on décidait d'envahir son espace vital sans prévenir, ou quoi ?) avant de se calmer en reconnaissant Quistis. Cette dernière haussa un sourcil devant l'attitude hargneuse de sa cadette.
« Avec le temps, tu n'as pas encore compris que je déteste positivement qu'on s'assoit près de moi sans prévenir ?
- On peut détester quelque chose négativement ? » s'enquit Shu en s'asseyant près de Quistis, un sourire joyeux aux lèvres.
Shu semblait d'excellente humeur, pour une raison inconnue à Seifer qui décida, après trois quarts de secondes de réflexion, qu'elle s'en fichait bien.
« Crois-moi, répliqua la plus jeune d'un ton léger, tu n'as pas envie de me voir détester quelque chose négativement.
- J'en tremble de peur.
- C'est malin, tiens. » Seifer leva les yeux au ciel mais son faux agacement était démenti par son sourire moqueur. Elle mit la main sur le classeur rouge qui trainait sur la table et le fit glisser en direction de Shu. « Pendant que j'y pense, y a un type qui est venu me voir, y a genre… » Elle regarda sa montre. « Une vingtaine de minutes pour me demander de te rendre ça. D'à peu près ton âge, plutôt grand, brun…
- Arthur ?
- Ouaip, c'est bien le nom qu'il m'a donné.
- Oh. »
Là, Seifer haussa les sourcils devant le ton et le visage désappointés de Shu. La blonde avait l'impression d'avoir noyé le chiot imaginaire de Shu devant ses yeux. La brune rangea vite son classeur dans son sac et Seifer se frotta la nuque, mal à l'aise.
« Il a dit qu'il était désolé, se sentit-elle obligée d'ajouter (à sa grande horreur). Un de ses profs a apparemment programmé un cours surprise.
- Allez, murmura Quistis en tapotant gentiment le bras de Shu, ce n'est pas grave, tu pourras le voir une autre fois. Il reste du temps avant le contrôle, pourquoi tu ne lui demanderais pas de réviser avec lui dans deux jours ? On a tout le samedi après-midi de libre, après tout. »
Shu se mordit les lèvres avant d'avoir un petit sourire.
« Tu as raison, je vais faire ça. En plus, on sera seuls… Sans vouloir te vexer, ajouta-t-elle très rapidement.
- Ne t'en fais pas, je n'ai aucune intention de tenir la chandelle entre vous deux, rit Quistis en découvrant ses jolies dents blanches.
- Si vous continuez discuter toutes les deux sur un garçon totalement inconnu, vous pouvez pas ne pas le faire ici ? soupira Seifer, boudeuse.
- Ho, la pauvre petite chose, elle râle parce qu'on l'abandonne pour notre conversation. »
Seifer lança un regard venimeux à Shu. Elle savait bien que l'autre ne disait pas ça pour être méchante mais c'était typiquement le genre de truc qu'elle détestait qu'on lui dise. Détester négativement, même.
(Oui, elle était parfaitement capable de détester négativement quelqu'un, c'était tout à fait possible, qu'on lui lâche les baskets avec ça, merci.)
Heureusement, Quistis sembla se rendre compte du problème et tendit le bras par-dessus la table pour ébouriffer gentiment les cheveux de sa cadette. Seifer esquiva en se penchant sur le côté et tapa la main joueuse.
« Là, Shu ne voulait pas être désagréable. »
Shu se retint de lever les yeux au ciel. Seifer prenait parfois la mouche pour vraiment pas grand-chose, ça pouvait être agaçant, on ne savait jamais trop quand elle allait prendre mal une plaisanterie et réagir au quart de tour.
« Au fait, Seifer, continua Quistis pour détourner la conversation, tu lis quoi ? C'est rare de te voir à la bibliothèque en dehors des périodes d'examen.
- Oh, c'est L'Art de la guerre de Sun Tzu. Comme c'est le seul exemplaire de la bibli, j'ai pas le droit de l'emprunter, je suis obligée de le lire ici. » Elle leva les yeux au ciel. « Cette règle est stupide. Que je le lise ici ou dans ma chambre, il est de toute façon inaccessible aux autres alors pourquoi je ne peux pas l'emprunter.
- Et, fit Shu en tendant le bras pour attraper le second livre sur la table, De la guerre de Carl von Clausevitz. Jolies lectures.
- C'est vrai que tu as pris l'option renforcée Stratégies militaires, sourit Quistis. Pas un choix très commun pour une fille.
- Bah, j'aime bien ça. C'est plus intéressant que la magie. »
Quistis rit une nouvelle fois, d'un rire joyeux qui faisait joliment briller ses yeux bleus.
« Tu n'aimes pas la magie.
- Sans blague ? fit Seifer avec un rictus ironique et un regard en coin. Je déteste qu'on me force à l'apprendre. Je reconnais que c'est ultra pratique mais je n'aime pas ça. Et je déteste qu'on me force à utiliser des G-Forces pour ça.
- Fais plutôt la liste de ce que tu aimes, se moqua gentiment Shu, ça sera plus rapide.
- C'est mesquin, ça. Dites, vous êtes venues là spécialement pour m'embêter ou vous avez vraiment quelque chose à faire à la bibliothèque, genre étudier en silence ou emprunter un livre ? »
Shu et Quistis s'échangèrent un regard coupable. Elles avaient en effet totalement oublié ce qu'elles avaient l'intention de faire.
« Désolée, s'excusa Quistis. On avait prévu de réviser avec Arthur mais j'imagine qu'on peut très bien réviser sans lui. »
Shu eut une petite moue boudeuse mais acquiesça. Elle n'avait pas tellement envie de réviser, à la base, elle voulait juste pouvoir passer un peu de temps avec Arthur, en profiter pour discuter avec lui. Et puis, peut-être, l'inviter à sortir. Ça allait être pour un autre jour, tant pis.
Deux semaines après et Seifer eut une désagréable impression de déjà-vu lorsque le même garçon s'assit une nouvelle fois en face d'elle à la bibliothèque. Elle leva les yeux du devoir qu'elle était en train de rédiger.
« Shu et Quistis ne sont pas là de la journée, si c'est elles que tu cherches.
- Non, c'est pas ça. » Arthur rit doucement avant de pointer un des livres ouverts devant Seifer. « La bibliothécaire m'a dit que tu étais en train de lire ce bouquin, je voulais savoir si tu allais l'utiliser encore longtemps. »
Seifer haussa un sourcil, brusquement plus intéressée.
« Tu es toi aussi en Stratégies militaires avancées ? »
Vu les livres qu'elle avait sur la table en ce moment, si l'autre en avait besoin d'un, il ne pouvait être que dans cette spécialité.
« Exact ! Tu dois aussi avoir l'instructeur Rama ? C'est lui qui m'avait mis l'heure de cours surprise.
- C'est un spécialiste, fit Seifer avec un petit sourire en coin. Ce n'est pas sa qualité préférée par les élèves.
- Ca, certainement pas, gloussa Arthur. Tu dois faire quoi comme devoir ?
- J'ai un exposé à faire sur l'évolution des combats maritime entre le XVIe et le XVIIIe siècle. Pas mes préférés mais on ne commence vraiment la stratégie contemporaine que plus tard dans l'année.
- Tu es en quelle année, encore ? La 4ème m'a dit Quistis ? Réjouis-toi, à partir de l'année prochaine, tu pourras enfin laisser tomber les exposés et commencer à travailler sur des cas plus concrets et monter tes propres stratégies ! Tu vas voir, c'est vraiment génial.
- C'est ce que tu es en train de faire ? demanda Seifer, brusquement très intéressée.
- Oui, je dois mettre au point une stratégie de guérilla efficace avec peu d'hommes pour arrêter un convoi protégé par des fantassins. J'ai presque fini.
- Je peux jeter un coup d'œil ? »
Seifer ne s'attendait même pas à son propre enthousiasme sur le sujet mais elle devait avouer qu'elle avait hâte en effet de pouvoir plancher sur des cas pratiques ! Arthur lui tendit une feuille qui tenait plus du brouillon et elle se plongea dans sa lecture. Au bout de quelques minutes, Seifer releva la tête.
« J'aime bien. La façon dont tu prends avantage du terrain est classique mais efficace. Normalement, les gens s'attendraient plus à prendre avantage du moment où ils doivent traverser la forêt mais préférer utiliser le moment où ils devront traverser un gué, c'est très intelligent. » Arthur nota avec un petit sourire que le visage de la jeune fille s'était transformé pendant son explication. Ses yeux brillaient avec passion et tout son visage semblait s'être éclairé. Elle était bien loin de l'adolescente revêche qu'il avait croisée la première fois. « Leur position au milieu de la rivière gênera leur manœuvre et ils seront forcément à découvert, pendant que tes hommes seront beaucoup plus mobiles sur les deux rives pour leur bloquer tout chemin. C'est brillant, j'aime beaucoup. Tu vas avoir une des meilleures notes, j'en suis sure !
- Wahou, tu as l'air d'adorer ça. C'est génial, tu as réussi presque instantanément à voir l'intérêt de ma stratégie, tu es vraiment super brillante et intelligente ! Dis, est-ce que tu es capable de voir les défauts ? »
Seifer réexamina le papier d'un air pensif.
« Tu joues manifestement sur l'effet de surprise mais si ça ne marche pas bien, ton équipe se trouve dans une mauvaise position. Pareil si l'ennemi arrive à se dégager du gué. Tu ne peux pas les bloquer.
- Tu as remarqué, hein ? Je suis en train de réfléchir sur un système pour bloquer définitivement leurs camions. Le mieux serait de crever les pneus du premier et dernier camion du convoi.
- Tu auras dans ce cas besoin de snipers, lui indiqua Seifer.
- Exact ! Hyne, tu feras une extraordinaire stratège ! »
Seifer eut un petit sourire timide inhabituel. Les louanges d'Arthur étaient très agréables. Le jeune homme lui sourit en retour et Seifer remarqua qu'il avait les yeux gris. Elle se mordit les lèvres pour empêcher son sourire de devenir idiot.
« Donc, tu es venu pour prendre un livre, c'est ça ?
- Ouaip, j'avais complètement oublié, merci de me le rappeler. » Arthur eut encore une fois un sourire lumineux. « Tactiques militaires du XVIIe siècle, tu en as encore besoin ?
- Non, j'ai fini de le lire, c'est bon. » Seifer haussa un peu les sourcils. « En quoi ça va t'aider pour ton devoir ?
- En strictement rien. Juste que c'est ma période préférée. Tu sais, les gens aiment lire en dehors des cours.
- Merci de m'apprendre la vie, vraiment, je ne le savais pas. » Seifer avait un petit sourire en coin dangereux et Arthur le lui rendit.
« De rien, ce fut un plaisir. J'adore ton humour.
- Généralement, fit Seifer en fronçant son nez de manière un peu comique, c'est plutôt le contraire qu'on me dit.
- Les gens n'ont aucun sens critique, c'est écœurant. » Arthur leva les yeux au ciel, l'air tragique. « Honnêtement, ne change pas à cause des autres, je te trouve très bien comme tu es. »
Seifer mit une main devant sa bouche pour s'empêcher de glousser (pas spécialement pour ne pas gêner les autres en train d'étudier mais plus parce qu'elle n'était pas une de ces filles nunuches et gloussantes).
« Donc, si tu es dans la classe de Shu et de Quistis, c'est que tu passes ton Seed cette année ?
- Exact. Quistis est incroyablement intelligente, c'est difficile de croire qu'elle n'a que quinze ans ! C'est presque une gamine.
- Tu sais, je vais avoir quinze ans fin décembre, moi aussi, répliqua Seifer, vexée.
- Ce qui fait que vous avez toutes les deux quand même deux ou trois ans de moins que les gens qui passent le Seed d'habitude. Mais je ne me fais pas trop de soucis
- Et Shu, t'en penses quoi ?
- Shu ? Bah, ce n'est pas une mauvaise fille. Elle est plutôt une bonne élève mais c'est tout. J'avoue que je ne la connais pas très bien, c'est plus une camarade de classe qu'autre chose.
- Oh, je vois. »
Pauvre Shu, ça semblait mal barré, si elle voulait sortir avec ce type. Mais ce n'était pas le rôle de Seifer de lui arranger son coup… Elle n'en avait pas la moindre envie, d'ailleurs. La plaie, ces histoires de cœur ! Shu tombait amoureuse à peu près tous les mois. Le portable d'Arthur se mit brusquement à biper et il y jeta un coup d'œil. Avec un sourire d'excuse, il se leva.
« Je suis désolé, j'aimerais discuter plus avec toi mais je dois y aller. Je peux te prendre le livre, au final ? On a discuté de tout et j'ai totalement oublié ce que j'étais venu chercher.
- Oui, oui, acquiesça rapidement Seifer d'un ton un peu surpris. Tu peux.
- Merci. Désolé pour t'avoir tenu la jambe aussi longtemps alors que tu devais bosser sur ton devoir.
- Pas grave. C'était plutôt sympa comme discussion.
- Oui, j'ai trouvé aussi. » Arthur eut un large sourire et Seifer lui sourit aussi en retour. « J'espère qu'on pourra se revoir bientôt pour discuter. A plus ! »
Il fit rapidement le tour de la table et ébouriffa rapidement les cheveux de Seifer au passage. Elle leva les yeux, indignée, mais Arthur était déjà près du comptoir pour faire enregistrer son emprunt. Il disparut du champ de vision de Seifer en quittant la bibliothèque. De son côté, la blonde dut se mordre les lèvres pour empêcher un sourire stupide d'apparaître sur son visage.
Environ un mois plus tard et Seifer était tranquillement assise sous un arbre malgré le froid qui était de plus en plus mordant au fur et à mesure qu'on avançait dans le mois de novembre lorsque Shu et Quistis vinrent troubler sa tranquillité. Shu s'assit sans grâce à côté de la plus jeune, avec l'air grincheux de ses mauvais jours.
« Je ne sais vraiment pas comment tu arrives à rester dehors avec ce froid, » cracha-t-elle.
Seifer leva la tête du bout de bois qu'elle s'amusait à sculpter avec une de ses dagues et fronça les sourcils.
« Je ne sais pas pourquoi tu es d'aussi mauvaise humeur mais ne vient pas te défouler sur moi. Si tu n'es pas contente, tu n'as qu'à partir, je ne te retiens pas.
- Calmez-vous, toutes les deux, » temporisa Quistis en s'asseyant de l'autre côté de Seifer. Elle souffla sur ses mains pour les réchauffer et regretta de ne pas avoir pris de gants. « Shu a eu une mauvaise journée, elle ne voulait pas s'en prendre à toi. »
Shu renifla et Quistis lui lança un regard d'avertissement. Seifer n'y était pour rien, Shu n'avait en aucun cas le droit de passer ses nerfs sur la plus jeune.
« Je suis désolée, s'excusa Shu avec un air pas tellement désolé.
- Pas de problème. »
Seifer haussa les épaules et retourna à sa sculpture. Quistis fronça les sourcils ce n'était pas très poli de la part de leur cadette de se comporter comme ça, mais vu la façon presque agressive dont Shu lui avait parlé, ce n'était pas très étonnant que Seifer ne prête pas attention aux problèmes de son ainée. Les caractères de Shu et de Seifer ne s'accordaient pas très bien, les deux ne faisaient des efforts que pour Quistis.
Shu se fit rejeter quelques semaines plus tard par Arthur et éclata de rage contre Seifer, parce qu'il lui semblait que la petite blonde s'entendait beaucoup mieux avec Arthur qu'elle (son rougissement lorsqu'elle voulut le nier n'aida pas). Il y eut beaucoup de cris des deux côtés, un bon nombre de larmes et à la fin, Shu demanda à Quistis de choisir entre elle et Seifer. Quistis jeta un regard désolé à Seifer avant de se tourner vers Shu. Seifer n'attendit pas la suite de la conversation et tourna les talons, s'enfuyant, des larmes de rage et de trahison aux coins des yeux.
« Seifer, Seifer ! » L'adolescente se retourna en s'entendant appeler et vit Arthur courir vers elle. Il s'arrêta, essoufflé, et prit plusieurs inspirations profondes, à moitié plié en deux. Enfin, il se redressa. « Je suis désolé, j'ai appris que Shu et Quistis s'étaient disputées avec toi à cause de moi.
– Ce n'est pas ta faute, c'est juste Shu qui est trop conne pour accepter gentiment que tu l'aies envoyée bouler. Elle prend ça comme une offense personnelle… » Seifer regarda ailleurs, mal à l'aise, et frotta le sol du bout de sa botte. « Pendant notre dispute, Shu m'a dit que tu partais bientôt pour la GGU et qu'on ne te verrait plus.
– Oui, je compte passer mon diplôme là-bas et je vais probablement y rester une fois devenu Seed. Les échanges sont fréquents entre les facs, généralement c'est pour quelques mois ou une année, là, comme c'est ma dernière année, je ne reviendrais sûrement pas à la BGU.
– Mais pourquoi tu pars ? s'exclama Seifer et Arthur eut un petit sourire triste au ton scandalisé de la jeune adolescente.
– Rester dans la même classe que Shu après, et bien, que je lui ai dit qu'elle ne m'intéressait pas et qu'elle l'a vraiment mal pris, ça devenait… compliqué et ça me rend vraiment mal à l'aise. Je pensais depuis le début de l'année à faire l'échange et là, disons que toute cette histoire me dit que c'est le bon moment pour le faire. Je suis désolé, j'aurais aimé te le dire par moi-même et pas qu'on te le balance à la figure au cours d'une dispute. »
Seifer eut un petit rire, celui qui disait que c'était bon, elle gérait, elle n'avait pas le cœur brisé à cause de ça et Arthur eut à nouveau un sourire désabusé. Il avait vite compris, au fur et à mesure des discussions qu'il avait eues avec elle, que l'adolescente avait une sensibilité à fleur de peau et qu'elle tentait de le cacher… Malheureusement, elle le cachait probablement trop bien et les gens ne s'en rendaient pas compte et piétinaient allégrement ses sentiments. Il l'adorait, cette gamine, pas comme une petite copine mais comme une amie, une petite sœur… Même si elle devait attendre plus de sa part et c'était un plus qu'il ne pouvait pas lui donner. Peut-être que s'ils s'étaient connus plus âgés, il aurait pu l'aimer comme une amante mais là, elle lui semblait beaucoup trop jeune pour qu'il puisse développer pour elle un tel amour. Il en était presque désolé, surtout après la jalousie de Shu. Il soupira. C'était un béguin d'ado, qu'elle oublierait vite. S'il était resté plus longtemps, l'amour enfantin que Seifer avait pour lui serait mort de lui-même pour redevenir une simple amitié. Et personne n'aurait souffert.
Sur le quai de la gare, alors que son train arrivait en gare, Arthur serra brièvement Seifer dans ses bras puis lui ébouriffa les cheveux.
« Eh bien… On ne va pas se revoir avant longtemps, alors d'ici là… Grandis bien, fais attention à toi. On se reverra quand tu seras devenue une Seed alors, au revoir. Et prends soin de toi. »
Après ça, il attrapa son sac et monta dans le wagon juste avant que les portes ne se referment et que la locomotive ne démarre en direction de Galbadia. Seifer eut un petit rire et se détourna. Elle pensait que ça ferait plus mal que ça, de le voir partir, mais la douleur était légère, un peu diffuse, comme ce qu'on ressentait lorsqu'une belle chose prenait fin mais qu'on savait qu'il y aurait toujours une nouvelle chose, encore plus belle, qui viendrait. Au revoir alors, son gentil garçon aux yeux gris. Au revoir, et peut-être à dans quelques années.
Ah, c'est vraiment horriblement nunuche ! Mais bon, comme j'en fais allusion de cet épisode un moment dans le chapitre 18, au temps que vous ayez l'histoire.
