- Comme je l'ai dit je ne sais rien. Je n'ai pas encore reçu d'ordre de mission.
- Tu mens, affirma Neville d'un ton sans réplique. Seamus, tue la chauve-souris.
- NON !
Drago se releva à l'instant même où le cri traversa le mur de ses lèvres. Il se rua sur Seamus, la vue brouillée de larmes chaudes, quand soudain, quelqu'un lui fit un croche-pied et le Serpentard s'effondra violemment sur le sol, tête la première.
Restant sonné pendant un moment, il n'arrivait qu'à entendre les battements d'ailes frénétiques de sa belle chauve-souris, les bruits de pas de Seamus non loin derrière elle…
- Mon ange, murmura-t-il d'une voix étouffée par un sanglot.
Il entendit alors un bruit sourd et sec, simultanée avec le couinement de Baltus. Le jeune homme hurla de rage jusqu'à ce que sa voix s'éteigne de douleur, les ricanements des Gryffondor planant au-dessus de sa tête. Drago se frappait le visage contre la pierre, se fichant complètement de se faire mal. La douleur qu'il ressentait dans son cœur ravivait toutes les autres de son noir passé et le Serpentard voulait les faire disparaître toutes.
- Hey, doucement, ce serait dommage de griller les étapes, non ? susurra Neville dans le creux de son oreille.
- Crève, salopard ! cria Drago d'une voix écorchée aux accents hystériques.
Il se redressa sur ses genoux en un éclair et sauta au cou de Londubat jusqu'à ce que celui-ci s'écroule sur le sol. Le temps que les autres Gryffondor puisse réagir, Drago avait déjà enfoncé ses dents au niveau de la carotide de Neville et, rassemblant toutes ses forces, animé par le désespoir d'avoir perdu la seule amie qui lui restait, le jeune homme arracha une partie de son cou, le sang éclaboussant son visage dans un jet. Neville hurla tel un alliéné et plaqua sa main sur la plaie béante que présentait maintenant son cou mutilé.
- Je vais te tuer, pourriture !
Londubat, avec l'aide des autres Gryffondor, plaqua Drago au sol et il attrapa sa cravate rayée de vert et d'argent d'une main, tout en gardant son autre main sur son cou, le sang continuant à dégouliner entre ses phalanges. D'un coup puissant, il tira sur le bout de tissu ce qui eut l'effet de bloquer la respiration du Serpentard.
Drago ferma les yeux, les émotions dans sa tête tourbillonnant affreusement vite, lui donnant la nausée. Il sentait l'énergie vitale s'évanouir de l'extrémité de ses membres et une petite boule d'énergie se concentrer dans le creux de sa poitrine. La vie était en train de le quitter et Drago se dit que la mort n'était finalement pas si effrayante et atroce que cette vie maudite, cette vie jonchée d'épreuves.
Il ne voulait plus se battre. Baltus ne serait plus là pour le regretter. Pour elle, il se serait battu. Pour elle, il aurait tout fait pour survivre. Son énergie vitale, c'était elle, sa belle chauve-souris aux yeux noires pétillants.
- Stop, il faut d'abord le faire parler, rappela Jack avec calme et sérieux.
Neville se contenta de grogner et de lâcher la cravate du Serpentard. Seamus desserra le nœud du cou de Drago sans aucune délicatesse et tous reculèrent d'un pas. Le jeune homme étendu sur le sol se mit à tousser de toutes ses forces, sentant l'air s'infiltrer à nouveau dans ses poumons irrités. Il se coucha en position fœtale et ouvrit les paupières.
Dans un recoin sombre de la salle quasi vide, dont le sol était parsemé d'objets de torture en tout genre, Drago reconnut la forme inanimée de sa petite chauve-souris. Une vague de tristesse le submergea à nouveau et un flot de larmes se déversa sur ses joues. Il sanglotait doucement, voulant rejoindre sa belle et la prendre dans ses bras pour la bercer, pour lui donner encore toute son affection, pour lui dire qu'il était tellement désolé de ne pas avoir pu la protéger, pour lui dire qu'il l'aimait, même si elle ne l'entendrait pas. Un coup de pied dans son ventre le ramena à la réalité.
- Alors toujours rien à dire ? demanda Cormac, un sourcil levé.
- Si. Maintenant que Finnigan a tué ma seule raison de vivre, je me fiche complètement d'être torturé jusqu'à la mort. Quand bien même j'aurais eu quelque chose à vous dévoiler, je ne vous l'aurais pas dite. Vous êtes aussi monstrueux que des Mangemorts et vous ne valez vraiment pas la peine d'être sauvés. Le Seigneur des Ténèbres peut bien gagner la guerre, je n'en ai que faire désormais.
- Ah, c'est ce qu'on va voir, Cheveux d'Ange, chantonna Neville, parce que je ne t'achèverais pas tant que tu ne m'auras pas supplié d'en finir…
- Vas-y, achève-moi, provoqua le Serpentard d'une voix éteinte.
- Tu n'es pas très joueur, petit serpent, remarqua Seamus l'air amusé. Voyons comment tu vas réagir si je fais ça…
Drago sentit la peau fine de sa hanche se mettre brûler au contact d'un morceau de fer chauffé à blanc. Il hurla malgré lui et essaya de reculer mais Sloper et MacLaggen l'avaient attrapé par les épaules pour le maintenir bien en place. Le Serpentard haleta bruyamment et garda ses yeux fixés sur Baltus, comme pour se sentir moins seul.
Sa peau fumait littéralement, le fer ayant traversé les mailles de son pantalon en coton et étant maintenant en contact direct avec sa peau.
- Voilà, ça devrait être bien, déclara Neville l'air satisfait. Retire le fer, je veux voir si ça rend bien.
Seamus recula pour laisser Londubat s'approcher du jeune Malefoy.
- Regarde, Mangemort. Maintenant, tu nous appartiens aussi! s'exclama Neville, les yeux brillants de folie.
Cormac lui força à relever la tête en l'attrapant violemment par les cheveux. Sur sa hanche se dessinait les armoiries de la Maison des Lions.
- Elle te plaît notre marque de la Lumière ? interrogea Jack Sloper de son air faussement innocent.
Drago ferma les yeux, complètement exténué et écoeuré.
- Par Merlin, tu n'es vraiment pas drôle, soupira Neville, va falloir te motiver un peu. Bon allez, comme je suis une bonne âme, je t'autorise à aller rejoindre ta bestiole.
Le Serpentard eut l'impression que son estomac s'était retourné lorsque le Gryffondor prononça ces mots. Il se releva dans un sursaut d'énergie et se précipita vers elle, titubant un peu à cause de la douleur lancinante qui mordait les chairs de sa hanche marquée. Son désir et même son besoin de la serrer contre lui grandissait à mesure que la distance entre eux se réduisait. Ses yeux ne voyaient plus qu'elle, une petite boule de poils encadrée de deux ailes magnifiques, dépliées sur le sol. Elle était étendue sur le dos, sans blessure apparente. Elle avait l'air simplement endormi, mais le Serpentard balaya immédiatement cette idée folle de sa tête. L'espoir n'était plus d'actualité.
Alors qu'il n'était plus qu'à deux enjambés de son corps sans vie, quelqu'un le retint par sa cheville gauche et Drago percuta une nouvelle fois le sol. Des éclats de rire malsains emplirent la salle.
- En fait, c'était juste pour rire ! déclara Neville d'un air moqueur. J'ignorais que tu étais si naïf!
- Espèce de salopard ! hurla Drago qui était à bout de nerfs.
- Mais c'est qu'il devient vulgaire le Mangemort ! provoqua Seamus.
- Jack, apporte la bassine, ordonna Cormac qui était debout, bombant fièrement le torse devant Malefoy.
Drago haleta bruyamment alors que le récipient en bois fut posé juste à côté de lui. Cormac prit le temps de la remplir d'eau à l'aide de sa baguette, puis il attrapa le Serpentard par les cheveux et amena sa tête au-dessus de la bassine. Drago fixa son reflet dans l'eau. Méconnaissable. Ses yeux étaient cernés, en plus d'être bouffis, ses cheveux complètement décoiffés, et ses joues creuses étaient maculées du sang de Londubat. Il réprima un haut le cœur et expira longuement, espérant que son calvaire arrivait enfin à son terme.
- Quelque chose à nous confier peut-être ? demanda Seamus tout sourire.
- J'ai jamais pu encadrer ta face de chimpanzé…
- Connard…grogna Seamus en s'approchant dangereusement du Serpentard.
Il poussa Cormac et prit sa place derrière le jeune homme captif. Sans attendre, il plongea la tête de Drago au fond de la bassine. Celui-ci retenait inconsciemment sa respiration et Seamus lui asséna un coup de poing dans les côtes pour accélérer les choses. Le Serpentard hoqueta et de l'eau s'infiltra dans ses poumons. Son instinct de survie tira la sonnette d'alarme et imposa un sentiment de panique à sa conscience. Sans pouvoir contrôler ses mouvements, Drago se débattit de toutes ses forces. Tout son corps était parcouru de frissons alors qu'il se sentait proche de l'asphyxie.
- Vas-y ! Agonise ! cracha Neville avec tout le mépris dont il était capable.
Cormac sortit une petite boîte rectangulaire de sa poche de pantalon et la lança à Jack.
- Oh ! Bonne idée ! dit-il avec enthousiasme, en secouant l'objet devant les yeux de Neville. Sors-le de l'eau, Seamus.
La tête du Serpentard fut retiré de la bassine et pendant qu'il recrachait l'eau de ses poumons avec vigueur, les Gryffondor sortirent chacun une fine aiguille de la boîte. Préoccupé par son souffle, Drago ne remarqua rien. Neville s'approcha de lui comme un prédateur avance vers sa proie et ce dernier tendit sa grosse main vers la boucle de ceinture du Serpentard. Les yeux du jeune homme s'agrandirent de peur alors que le Gryffondor lui sourirait de manière sadique.
- Que…qu'est-ce que tu fais ? bredouilla Drago, plus pâle que la mort.
- T'inquiète, Mangemort, on est pas des pervers…on veut juste que tout le monde puisse admirer notre œuvre.
Impuissant et terrifié, Drago le laissa enlever son pantalon, ses chaussures, ses chaussettes, et sa chemise ainsi que son pull furent arrachés. Il ne lui restait que sa cravate et son boxer noir, dont la couleur faisait ressortir la pâleur de sa peau. Le Serpentard se sentit humilié d'être exposé de la sorte et ce que Londubat lui avait dit ne l'avait en aucun cas rassuré. Il haletait avec grande difficulté, observant attentivement les moindres faits et gestes des Gryffondor.
Ces derniers s'étaient réunis en cercle autour de lui. Ils sortirent leur baguette, prononcèrent une formule que le Serpentard n'avait jamais entendu, et c'est avec horreur qu'il découvrit à quoi elle servait. Satisfait, Neville s'accroupit au-dessus de son torse et Drago frissonna. Le Gryffondor ricana en se délectant de la peur qu'il voyait dans les yeux du jeune homme allongé par terre.
Il présenta l'aiguille au Serpentard, la faisant glisser entre son index et son pouce avec lenteur. L'objet en question n'était plus fin, lisse et court. Il ressemblait maintenant à une tige de rose. L'aiguille était longue d'une quinzaine de centimètres, son diamètre nettement plus important, mais pire que tout, elle était parsemée de sorte d'épines ressemblant à des griffes de chat, toutes tournées dans la même direction. Prêtes à s'enfoncer dans sa chair avec facilité et à arracher tout sur leur passage en ressortant.
Drago ferma les yeux. Il ne voulait pas savoir où elles allaient se planter. Il déglutit en sentant le souffle chaud de Londubat contre son oreille.
- Dans ton cou, Mangemort…
Le Serpentard sentit quelque chose de glacée transpercer sa peau. Il se retint de gémir en la sentant progresser dans les profondeurs de sa chair, blessant chaque nerf la composant au passage. Il sentit un liquide doux et brûlant s'écouler de la plaie et s'égoutter sur le sol en suivant la courbe de sa clavicule droite. L'aiguille s'immobilisa. Drago s'arrêta de respirer, devinant ce qui allait se passer ensuite.
- Tu es bien trop silencieux à mon goût, murmura le Gryffondor, voyons si tu arriveras à te taire lorsque je vais retirer l'aiguille…
Le Serpentard fut déstabilisé lorsqu'il sentit une autre pointe de fer traverser son épiderme au niveau de sa cuisse gauche. Puis une autre dans la voûte plantaire de son pied droit. Et une autre au niveau de son cœur. Aucun son ne sortit de sa bouche tant la douleur était atroce. Ses poumons semblaient pris dans un étau et l'air n'y entrait plus depuis qu'il avait rouvert ses yeux et qu'il fixait l'aiguille au niveau de son cœur progresser sans fin dans son corps, jusqu'à percer un trou dans sa cage thoracique. Drago sentit la pointe s'enfoncer dans son cœur battant et il hoqueta bruyamment de douleur.
- Je parie que tu aimes ça, hein ? Tu prends ton pied dans la douleur, pas vrai Mangemort? ricana Cormac.
L'esprit de Drago tourbillonait devant l'horreur de la situation. Un mélange de peur, de douleur, de honte, d'écoeurement et de fatigue submergeait sa conscience. Il voulait juste que cela se finisse.
- Achève-moi, supplia-t-il en regardant Neville droit dans les yeux, pitié…
- C'est tentant crois-moi, mais j'ai finalement changé d'avis, expliqua-t-il sous une pluie de gloussements moqueurs, je préfère m'amuser avec toi encore un peu. Et quand j'en aurai assez, je te laisserai crever la gueule ouverte, à la belle étoile…A moins que tu ne révèles une information importante sur Voldemort.
- Comme si tu avais l'intention de me laisser en vie après…
- J'avoue, ricana Neville, ce n'est pas vraiment dans mes plans.
Et sans que Drago n'y soit préparé, les quatre Gryffondor retirèrent leur aiguille en même temps, laissant derrière elles des trous béants de la largeur d'un pouce. Le mot douleur était faible pour décrire ce qu'il ressentait. La souffrance était telle qu'il perdit connaissance après avoir hurlé si fort que Neville se boucha les oreilles, l'air ennuyé.
- Quelle petite nature, se moqua Jack pendant qu'il observait avec fascination les morceaux de chair dégoulinant de sang, accrochés sur les pics de son aiguille.
- Oui, enchaîna Cormac. Au fait, je commence à avoir sommeil…
Tous éclatèrent de rire, comme si Drago n'existait plus, comme s'ils étaient en train de bavarder entre amis autour d'une table.
- Toi alors, dit Neville en souriant malicieusement. En même temps, il est déjà une heure du matin passé…
- Zut, se plaignit Seamus, j'avais dit à Dean qu'on reviendrait avant minuit.
- Ça ne fait rien. De toute façon, c'est pas comme si quelqu'un ira rapporter qu'on était pas dans notre dortoir cette nuit. On est tous des Gryffondor. On est tous solidaire.
- C'est bien dit, Neville ! s'extasia Jack. Allez, réveillons Malefoy. Qu'on en finisse.
Neville attrapa de nouveau la cravate du serpentard et il tira un coup sec dessus. Par réflexe, Drago se mit à tousser et en reprenant connaissance, la douleur submergea son esprit tel un raz-de-marée. Il ne put alors réprimer un gémissement.
Cormac le souleva sans ménagement en le prenant sous les bras. Le Serpentard n'était pas debout mais incliné vers l'arrière, le dos collé au torse de MacLaggen, et les talons appuyés sur le sol. Neville s'agenouilla à côté des jambes de Drago et l'observa d'un air amusé.
- Tu n'essayes même pas de te défendre. Si c'est ça un soldat de Voldemort, on aura vite fait de gagner cette guerre.
- Pas si sûr, vu le temps que tu prends pour ne t'occuper que d'une personne. Toujours aussi incapable Londubat, se surprit à répondre le Serpentard, les yeux mi-clos.
Neville grogna férocement, attrapa la jambe du Serpentard en mettant une main de chaque côté de son genou, et il s'écrasa de tout son poids avec son propre genou plié sur l'articulation, tout en tirant ses mains vers le haut. La jambe du jeune homme se brisa comme on brise une branche d'arbre entre ses mains. Le bruit de l'articulation qui se disloque et des tendons et ligaments qui se déchirent retournèrent l'estomac du Serpentard pour de bon. Il eut juste le temps de se pencher sur le côté pour vomir les restes de son déjeuner.
- Oh, c'est dégueulasse, gémit Seamus, en se couvrant la bouche de sa main.
Au contraire, Neville semblait satisfait. Il ramassa un couteau sur le sol et se redressa près du jeune Malefoy, dont le corps dégoulinait littéralement de sang.
- Et maintenant, je vais m'assurer que personne ne voudra te soigner dans ce château. Tu es fini Malefoy.
Drago ferma les yeux. Des vertiges attaquaient les dernières fondations de la conscience du Serpentard. Ses oreilles bourdonnaient comme s'il était dans un hall de gare et des fourmillements désagréables parcouraient ses membres. Son corps se vidait de son sang à grande vitesse et il savait que quelques heures suffiraient à l'achever.
Neville trancha la peau diaphane du jeune homme au niveau de son torse. En lettres capitales sanglantes, on pouvait lire le message suivant: « PRENEZ GARDE, JE SUIS UN MANGEMORT. ».
- Belle écriture !
- Merci, Seamus, répondit Neville clairement flatté.
Il s'accroupit à nouveau et ramassa cette fois-ci un gourdin dans sa main droite, tandis que sa main gauche tenait un bol dont le contenu était blanc.
- Ouvre tes yeux, Cheveux d'Ange. Je veux que tu partes avec cette image dans la tête.
Drago ouvrit les yeux , bien trop fatigué pour tenter de leur tenir tête. La dernière chose qu'il vit fut cet énorme gourdin qui percuta sa tête avec une violence inouïe. Sous l'impact, son crâne se fendit en mille morceaux et il perdit instantanément connaissance. Neville s'empressa de jeter des poignées de sel sur les blessures du Serpentard pour s'assurer qu'elles continueraient de saigner, jusqu'à la fin.
- Parfait, dit-il dans un souffle, admiratif de son œuvre.
- Allez, Neville, faut vraiment qu'on retourne au dortoir maintenant.
- Pas de panique, Seamus. Je t'ai déjà dit qu'on ne risque rien. Par contre, faudra être prudent en sortant. Ce serait tellement bête de se faire prendre par un préfet dans le couloir.
Les trois autres Gryffondor hochèrent la tête en silence. Puis, Jack ouvrit la malle qui avait servi à transporter Drago et Cormac tira le Serpentard par un pied avant de le jeter dedans. De leur côté, Neville et Seamus s'affairait à nettoyer la salle qui était maculée de larges flaques de sang. D'un coup de baguette, ils réduisirent tous les objets de torture et les rangèrent dans leur poche.
Sans attendre, Jack et Cormac empoignèrent la boucle de fer fixée de chaque côté de la malle et ils la soulevèrent avec une aisance déconcertante. Neville, avançant en chef de file, ouvrit la grande porte en bois et jeta un œil dans le couloir. Personne.
- La voix est libre, chuchota ce dernier.
Quelques minutes s'écoulèrent avant que les trois Gryffondor ne se retrouvent dehors. Ils jetèrent Drago sur le sol, comme un vulgaire déchet, et Neville s'appliqua à l'allonger sur le dos, en plein milieu d'une étendue d'herbe où la lune pouvait éclairer son torse pâle de ses rayons. Satisfaits, ils abandonnèrent le Serpentard à son funeste sort et montèrent se coucher, la conscience tranquille.
Aucun d'eux n'avaient remarqué qu'ils avaient été suivis…par une paire d'yeux noirs. Oui, Baltus n'était pas morte. Seamus ne l'avait qu'assomée. La petite bête s'était réveillée au son du gourdin s'écrasant contre le crâne de son maître. Comprenant rapidement la gravité de son état, elle préféra ne pas perdre de temps en tentant d'éloigner ses bourreaux de lui. Elle ne faisait pas le poids contre ces brutes, alors elle se cacha dans un recoin sombre de la salle et attendit qu'ils sortent de là. Elle savait que sa seule chance de le sauver était d'attendre le moment où il se débarrasserait de lui.
Elle vola le plus discrètement possible au-dessus de leur tête, pendant que les trois Gryffondor sortaient du château, et lorsqu'ils s'en allèrent, elle se posa au sol, juste à côté de son maître. Paniquée de le voir inconscient, elle vint lui mordiller les doigts avec douceur, mais le Serpentard restait parfaitement dans la même position.
Baltus se mit à couiner plaintivement en battant furieusement ses ailes. Elle tourna sa petite tête dans tous les sens, regardant les alentours sombres du parc. Tout était calme. Pas l'ombre d'une âme en vie. Cependant, la bête ailée ne perdit pas son courage. Elle défit précautionneusement le nœud de cravate de Drago avec ses dents, puis elle tira doucement sur le bout de tissu jusqu'à ce que celui-ci abandonne son cou.
Ses yeux se posèrent sur le lac et d'un batttement puissant de ses ailes, son corps s'envola dans les airs, la cravate verte et argent ferment enserrée dans ses griffes. Elle alla dans plusieurs directions, ne sachant exactement où trouver de l'aide. Cependant, une intuition le faisait voler au-dessus des bords du lac.
Ses yeux brillants scannaient chaque recoin de végétation et très vite, elle aperçut une forme sombre entre les feuillages.
Harry Potter était encore dehors cette nuit-là.
Après le dîner dans la Grande Salle, il s'était retiré dans la bibliothèque pour écrire une lettre au directeur de Poudlard. Comme prévu, il lui fit part de ses inquiétudes au sujet de Malefoy et lui expliqua, sans trop rentrer dans les détails, qu'il allait le surveiller de près. Il jugea inutile de lui confier qu'il comptait s'éclipser chaque nuit de son lit pour traquer le Serpentard, et ce au risque de tomber dans un piège de Voldemort.
Par ailleurs, il en profita pour lui demander comment se passaient ses voyages, même s'il savait pertinemment qu'il n'avait pas pris des vacances et qu'il ne se risquerait pas à lui répondre quoi que ce soit d'important dans une lettre. Le risque était trop grand que quelqu'un n'intercepte leur hibou. Cependant, il voulait que Dumbledore comprenne qu'il n'était pas dupe et qu'il n'aimait pas être mis à l'écart. C'était justement dans ce genre de situation que son esprit se mettait à gamberger, jusqu'à dérailler, imaginant complots et secrets de la part de tous, et même du vieillard.
Ce dernier semblait toujours en savoir plus que ce qu'il s'accordait à lui raconter, et Harry se sentait de plus en plus fatigué de devoir lire entre les lignes ou deviner des choses qui n'existaient pas. Il n'arrivait à se défaire du pressentiment que cet homme le menait par le bout du nez et que lorsqu'il n'aurait plus besoin de lui, ce dernier le laisserait sombrer, comme si sa vie n'avait pas d'autre sens que de sauver ce monde gangréné par le Mal, comme si Dumbledore n'avait jamais eu d'affection pour Harry, le garçon orphelin, mais pour Harry Potter, l'Elu.
Honnêtement, il ne savait plus quoi en penser, ni sur qui se reposer. La solitude devenait sa réelle compagnie. C'était malheureusement aussi le pire des poisons. Seul Sirius était au courant de son véritable mal-être. Il n'avait trouvé le courage de se confier à Ron et Hermione, même s'il voyait qu'ils s'inquiétaient pour lui. De toute manière, il ne voulait pas les ennuyer de problèmes qui n'avaient pas de solution, mais surtout, il ne voulait lire la pitié dans leurs yeux.
Alors Harry trouvait son compte dans cette traque aux Mangemorts. Ainsi, il s'occupait l'esprit et avait l'impression d'être utile. De plus, il était seul, tout en étant à proximité de quelqu'un. C'était finalement bien mieux que de se promener seul dans le parc.
C'est pourquoi, il resta dehors après avoir donné la lettre à Hedwige pour qu'elle l'envoie au directeur. Il retourna à l'endroit où il avait découvert Malfeoy la nuit précédente et s'assit sur un gros caillou en bordure de chemin. Il attendit patiemment sous sa cape d'invisibilité pendant plusieurs heures d'affilé.
A une heure du matin, il commença cependant à douter que le Serpentard sortirait en douce cette nuit. Il regarda alternativement sa montre et la porte d'entrée du château, se demandant s'il devait faire le tour de l'école pour vérifier que Malefoy n'était pas sorti par une autre porte. Il se décida finalement à rester là jusqu'à deux heures du matin.
Sans s'en rendre compte, ses paupières s'étaient fermées et sa cape d'invisibilité avait glissé le long de ses épaules. Harry s'était endormi sur lui-même, le menton posé sur son torse. Il n'entendit pas les battements d'ailes frénétiques au-dessus de sa tête, mais lorsque Baltus plongea droit vers lui et le frôla de si près qu'un courant d'air glacial vint fouetter son visage, le Gryffondor se réveilla en sursaut.
Il tourna la tête dans tous les sens, à la recherche du Serpentard, n'ayant absolument pas remarqué qu'il n'était plus entièrement recouvert par sa cape. Soudain, il vit quelque chose de long et rayé passer devant ses yeux. Il sortit sa baguette ne sachant pas à quoi il avait affaire, puis il cligna des yeux plusieurs fois lorsqu'il crut reconnaître une cravate.
Il découvrit alors la petite chauve-souris. Il hoqueta bruyamment et se leva d'un bond, pointant sa baguette sur elle au cas où celle-ci manigancerait quelque chose. Mais, l'animal ne semblait pas hostile, juste nerveux. Il avança vers Harry et ce dernier retint sa respiration.
Baltus s'approcha suffisamment du jeune homme pour que celui-ci prête enfin attention à la cravate. Le Gryffondor prit le tissu du bout des doigts et ses sourcils se froncèrent quand il reconnut les couleurs vert et argent. La chauve-souris ne lui laissa pas plus de temps pour l'inspecter et elle commença à voler en direction du château.
- Mais qu'est-ce que…
Le reste de la phrase mourut dans sa bouche, alors qu'il se laissait guider par l'animal. Il n'avait pas lâché le bout de la cravate et il suivait la bête ailée tel un automate. Il sentait qu'une chose importante allait bientôt se produire et qu'il fallait lui faire confiance.
Ensemble, ils remontèrent la pente abrupte qui menait au lac et en suivant le petit chemin de terre parsemé de cailloux, ils arrivèrent sur une vaste étendue d'herbe. Baltus lâcha soudain la cravate et se mit à voler en zig-zag à toute vitesse.
- Hey ! Attends-moi !
Harry se mit à courir pour la garder en vue. Il avança de quelques mètres et, soudain il la vit se poser sur quelque chose de clair dans le sol. Il avait l'impression de distinguer un corps humain dévêti, étendu dans l'herbe. A mesure qu'il s'approchait de la forme immobile, il comprit que ce ne pouvait être autre chose. Son cœur s'accéléra encore plus. Instinctivement, il savait déjà qu'il s'agissait de Drago Malefoy.
- Malefoy !
Sans comprendre le sentiment de panique qui envahissait son esprit, il se mit à courir aussi vite qu'il put jusqu'à ce qu'il tombe à genoux près du corps inanimé du Serpentard.
- Malefoy, réveille-toi !
Harry secoua énergiquement son épaule droite, mais Drago resta inconscient. Son estomac remonta dans sa gorge en voyant les trous béants dans le cou et la poitrine du Serpentard et il porta la main à sa bouche. Le sang continuait à s'écouler de partout. Il luisait au clair de lune et le Gryffondor se rendit compte que son corps baignait dans une mare du liquide sombre. Il se releva brusquement en constantant que ses propres genoux étaient maintenant aussi maculés de sang.
- Par Merlin, qui a bien pu te faire ça ? murmura-t-il d'une voix tremblante.
Ses yeux se posèrent sur la surface entière de son torse et il remarqua enfin le message inscrit dans la chair du jeune homme: « PRENEZ GARDE, JE SUIS UN MANGEMORT. ». Il fronça les sourcils et resta figé devant le Serpentard pendant plusieurs secondes. Son cerveau paranoïaque fonctionnait de nouveau à plein régime.
Il le soupçonnait déjà d'être un Mangemort et il n'était pas le seul. Malefoy n'était plus le chef des Serpentard et il semblait que le nombre de ses ennemis était nettement supérieurs au nombre de ses amis. N'importe qui aurait pu faire ça. Mais si Malefoy avait fait semblant d'être blessé pour qu'il baisse sa garde? Et si la chauve-souris n'en était pas une vraie et qu'elle était un animagus?
Harry regarda partout autour de lui pour vérifier que personne ne le surveillait. Il semblait que ce n'était finalement pas un piège, mais le Gryffondor eut une révélation. Il réalisa que la chose que Malefoy tenait dans sa main la nuit dernière était justement la bête ailée.
- Un animagus…
Baltus ne prêtait pas attention à son regard. Toute son attention était tournée vers son maître. Elle était posée dans le creux de son cou, là où il n'y avait pas de blessure. Elle avait remarqué que son cœur battait très lentement et que sa peau était glacée. La chauve-souris avait alors entouré son cou de ses ailes pour tenter de le réchauffer.
Pour être certain qu'il ne faisait pas une bêtise, Harry poussa le Serpentard sur le côté pour accéder à ses bras qui étaient toujours liés dans son dos. Baltus grogna en montrant ses petites dents, mais le Gryffondor l'ignora. Sa baguette était au sol, prête à servir au cas où l'animal se transformerait ou voudrait l'attaquer.
En découvrant la marque des Ténèbres sur son avant-bras gauche, il laissa retomber Malefoy en faisant une grimace de dégoût.
- Tu t'attendais à quoi d'autre ? chuchota-t-il sans s'en compte.
Il s'éloigna de quelques pas, sans quitter le Serpentard du regard. Baltus avait relevé la tête et le fixait avec inquiétude.
- Très bien, tu as fait ton choix. Eh bien, je vais faire le mien, tu n'as qu'à t'en sortir seul, Malefoy. De toute façon, ton ami animagus n'a qu'à t'emmener à l'infirmerie. Je suis sûr que tu n'as pas besoin de moi.
Baltus couina plaintivement vers le Gryffondor, mais celui avait déjà tourné les talons. Baltus rampa vers le torse de son maître et elle déplia ses ailes pour lui tenir chaud autant que possible.
Ses petits cris déchirants résonnèrent toute la nuit, mais personne ne vint. Ils restèrent seuls, abandonnés de tous, au milieu de nulle part.
Résumé: Baltus est à priori morte suite à un coup de Seamus. Tous torturent Drago, marquant au fer les armoiries des Gryffondor sur la hanche. Drago perd connaissance après un coup à la tête. Les Gryffondor le laisse pour mort dans le parc de Poudlard. Mais Baltus n'est pas morte et les a suivi sans se faire remarquer dehors. Quand ils sont partis, elle a dénoué la cravate de Drago de son cou et a cherché quelqu'un qui pourrait l'aider. Harry qui était dehors pour voir si Drago n'allait pas sortir en douce tombe sur Baltus et sa cravate. Baltus l'entraîne jusqu'au corps de Drago. Mais les Gryffondor ont gravé un message dans sa chair: "Prenez garde, je suis un Mangemort" pour que personne ne l'aide et après avoir vérifié que Drago portait bien une marque des ténèbres, Harry le laisse là et va dormir. Drago passe la nuit dehors avec Baltus qui reste là pour le réchauffer autant que possible.
Voilà, j'espère que vous ne serez pas trop choqué. En même temps, j'ai lu tellement de choses écoeurantes sur ce site que je ne pense pas que ce soit la première fois que vous lisez des choses de ce genre. Je ne pense pas être la pire en tout cas.
A bientôt!
