- Je suis désolé, mais tu sais que je ne peux pas faire ça. Ne m'en veux pas…
Drago s'éloigna vite et sortit son balai de sa poche. Il l'agrandit d'un coup de baguette magique et s'envola dans les airs sans un regard derrière lui, sans un regard vers un Gryffondor assis sur le sol, effondré.
Vaincu.
Drago vola longtemps. Le paysage défilait sous ses pieds, la lune offrant une lueur douce et apaisante. Il traversait des nappes de brouillard qui lui rafraîchissaient le visage, le faisant frissonner un peu.
Pendant son long voyage, il essaya de ne pas penser à Harry et à cette expression de désespoir qui avait déformé les traits de son visage. Si tout se passait bien, il rentrerait bientôt à Poudlard et Harry serait encore là, à l'attendre et ils pourraient aller se promener de nouveau et peut-être même qu'ils pourraient discuter un peu comme si rien de grave n'était arrivé pendant la nuit.
Ses doigts gelés se resserrèrent autour du balai lorsque les terres du Wiltshire apparurent au loin. Il regarda sa montre. Minuit moins dix. Il était à l'heure, c'était déjà ça. Drago prit une grande inspiration et se posa au sol, une fois arrivée devant l'imposante grille de fer forgé qui délimitait le domaine des Malefoy. Le jeune homme réajusta sa robe de Mangemort.
Dans un « pop », Gripsy apparut de l'autre côté de la grille et lui ouvrit en le saluant. Drago inclina la tête en guise de remerciement ce qui laissa l'elfe abasourdi pendant quelques secondes, puis, reprenant ses esprits, il referma la grille et disparut.
Minuit. Drago franchit la porte d'entrée sans laisser paraître son état de fébrilité. Il n'eut que quelques pas à faire avant de constater que tout le monde était déjà là. Le jeune homme rentra dans la salle de réception dont la porte était ouverte et il la referma derrière lui.
Pendant ce temps, à Poudlard, Harry n'avait toujours pas bougé. Le temps semblait s'être figé devant ses yeux vitreux et il ne savait plus ce qu'il devait faire. Il se sentait abandonné et perdu, ce qui le ramenait à sa condition intolérable d'orphelin. Il ravala de nouvelles larmes avec rage et se blottit la tête entre ses genoux, écoutant le bruit saccadé de sa respiration. Il aurait tant voulu que le Serpentard soit resté auprès de lui…
- Tiens, te voilà, Drago ! s'exclama MacNair avec satisfaction.
Drago lui fit également un signe de tête avant de se placer à côté de Pansy. Il préférait ne pas parler, craignant le moindre trémolo dans sa voix qui pourrait le trahir. Son bras ne lui faisait pas mal et il comptait bien à ce que cela continue. Fermer son esprit était la clé. Ne penser à rien. Voir et agir sans que les actes n'aient de sens.
La salle était pleine à craquer et la porte qui menait au salon était ouverte. D'un rapide coup d'œil, Drago constata que le salon était également rempli de personnes…de très jeunes enfants pour être plus précis. Le jeune homme détourna immédiatement le regard des petits visages ronds terrifiés. Beaucoup pleuraient, d'autres appelaient leur mère dans un gémissement quasi inaudible.
Ses tripes se nouèrent malgré sa volonté de ne rien ressentir. Des enfants. Avant même d'entendre l'ordre, Drago savait qu'il serait le bourreau. Il l'avait perçu dans le regard démoniaque de Voldemort lors de leur dernière rencontre.
- Bon, ne perdons pas de temps. Montrez-moi votre marque des Ténèbres.
Pansy et Drago relevèrent leur manche et le Serpentard essaya ne pas entendre les hoquets de terreur des enfants. Il ne regarda pas non plus sa marque, de peur de découvrir que celle-ci puisse être de nouveau couverte de peaux calcinées et de cloques. Mais ce ne fut pas le cas et il put recouvrir sa marque avec soulagement.
- Bien, voilà les ordres de notre Maître: ce que vous avez devant vous sont des enfants de sorciers qui ont affirmé être de notre côté. Mais le Seigneur des Ténèbres en doute fortement. Ces enfants ont certainement la réponse que nous cherchons. Je vais fouiller leur esprit pendant que toi Pansy, tu mettras d'un côté ceux dont les parents sont de vrais partisans et de l'autre ceux qui sont des traîtres. Drago, tu te chargeras de me débarrasser d'eux. Goyle père et fils s'occuperont de renvoyer les vivants dans leur famille, tandis que nous déposerons les morts dans leur foyer. Nous avons l'ordre que les parents voient le cadavre de leur enfant avant de les éliminer. Pansy et Drago, vous tuerez chacun votre tour. Voilà, vous savez tout et maintenant, au travail!
Drago avait encaissé la nouvelle sans vaciller. Ce n'était pas le cas des enfants qui avaient tout entendu. La panique aurait pu saisir leur cœur fragile et innocent, mais pas un ne bougea. L'air s'emplissait peu à peu d'odeurs écoeurantes. Drago ignorait que la peur avait une odeur jusqu'à cette nuit maudite. La transpiration et l'urine agressaient ses narines sensibles. Pansy ne devait pas être indifférente à l'odeur car elle passa furtivement le revers de sa main sur le bout de son nez carré.
MacNair, impassible, attrapa une petite fille par le bras qui se mit à crier…
A Poudlard, une surprise allait littéralement tomber sur Harry…Quelque chose de petit et dur percuta le sommet de son crâne.
- Aïe ! s'écria le Gryffondor en se frottant la tête.
Dans la pénombre, il aperçut à ses pieds l'objet qui était à l'origine de sa douleur. C'était une petite boîte ronde métallique qui n'avait rien de marqué dessus. Il la ramassa et l'inspecta avec grande prudence du bout des doigts. Après quelques secondes de réflexion, il décida de prendre le risque et souleva le couvercle. Il n'eut même pas le temps de découvrir le contenu de la boîte que quelque chose de noir se jeta dessus…
Drago serra les dents mais ne bougea pas d'un cil. Pansy ordonna aux enfants de se mettre en fil indienne ce qu'ils firent avec grande difficulté tant il y avait peu de place dans la pièce et que les jambes courtes de certains pliaient sous leur sentiment d'effroi. Pansy les releva d'une poigne de fer, le regard luisant étrangement, comme si elle était dans un état second.
- A jeter, déclara froidement MacNair.
Ce dernier la dégagea d'un revers de bras et la petite s'effondra sur le sol. Un garçon plus grand dont les cheveux étaient d'un même blond cendré entoura l'enfant de ses bras et menaça courageusement Pansy du regard.
- Ah oui, ce crétin de Goyle Junior a aussi ramené son frère.
Nullement impressionnée Pansy éclata d'un rire étrange et attrapa les deux enfants par le col. Le garçon essaya de se débattre sans réussir à s'échapper. La petite fille pleurait et tremblait de tous ses membres. Drago sortit sa baguette et les acheva avant même qu'ils ne soient jetés à terre. Pansy resta un moment interdite, les deux corps sans vie pendus à ses mains. Drago serra la mâchoire et regarda droit devant lui.
Son âme se déchira encore et encore et encore. Ses yeux voyaient défiler des corps, n'arrivant plus à distinguer les vivants des morts. Pansy avait entassé les cadavres dans un coin de la salle alors que Drago était resté au même endroit, aussi droit qu'une statue, aussi droit que son père.
Il avait perdu la notion du temps et son esprit s'était bien gardé de compter les morts pour savoir où il en était. De toute façon, avoir un nombre de morts en tête n'aurait fait que rendre les évènements plus cruels, comme si tous ces enfants n'avaient été qu'un numéro.
- Bon le trie est terminé, déclara MacNair avec lassitude.
Drago osa finalement tourner la tête vers le monticule de cadavres. Tous avaient les yeux ouverts et semblaient le fixer, une expression d'horreur la plus totale figée sur leur visage d'enfant. Le bras du jeune homme se mit à battre comme un cœur et la douleur le scia sur place. Sa marque s'enflamma à l'instant même où les remords et la haine jaillirent de son esprit. La haine qu'il ressentait pour lui et pour Voldemort. Tout son corps se recouvrit d'une sueur à la fois glacée et brûlante. Il se sentait étouffé par la douleur et torturé par ses émotions. Les cloques éclataient sur son avant-bras alors que celui-ci était littéralement en train de brûler. Les yeux de MacNair se posèrent sur lui…
Harry sursauta en arrière et instinctivement, il ramassa sa baguette qui était sur le sol. En un éclair, il la pointa devant lui, sans savoir ce qu'il visait. Personne. Harry secoua la tête quand soudain, il vit une petite chose noire à terre. Le jeune homme sourit en reconnaissant la jolie Baltus qui était en train de manger un quartier d'orange entre ses pattes. Le Gryffondor comprit enfin qu'elle s'était servie de lui comme d'un ouvre-boîte. La pauvre était véritablement affamée. Drago avait été tellement préoccupé par son propre sort qu'il avait oublié de la nourrir. Harry fronça les sourcils à cette pensée.
Au moment où Drago crut perdre connaissance, une sensation étrange l'envahit. Une sensation agréable mais si intense qu'elle balayait toutes les autres et notamment la douleur. Le plaisir se déversa dans son sang et un sentiment de plénitude le rendit léger. Il n'avait plus peur. Tout allait s'arranger. Harry allait le sauver. Tous ces innocents iraient au Paradis et lui s'en sortirait. Il n'irait jamais à Azkaban. Tout le monde lui pardonnerait et on le laisserait vivre en paix. En fin de compte, il n'y avait pas de problème.
Drago se mit à sourire et MacNair le dévisagea bizarrement
- Hey, la mission n'est pas fini. Réveille-toi, Malefoy !
Le jeune homme retrouva une expression neutre. Il se tourna vers les cadavres et aida Pansy à les faire léviter dans les airs. Drago les regarda flotter au-dessus de lui comme des anges. Il les fit tourner en cercle sans trop savoir pourquoi et Pansy le dévisagea d'un air amusé.
- Bon vous deux, quand vous aurez fini de faire joujou, vous me le direz! grogna MacNair exaspéré.
En sortant du manoir, chacun couvrit son visage avec l'illusion d'un masque magique et les cadavres furent rendus invisibles. Pansy et Drago suivirent MacNair dans l'encre de la nuit, vers une adresse inconnue. Drago ne sentait plus vraiment l'extrémité de ses membres. Ils paraissaient cotonneux, tout comme son esprit embrumé. Il aurait dû s'inquiéter d'un changement si soudain de ses perceptions et émotions, mais rien n'arrivait à l'inquiéter. Il se sentait léger, tellement libre.
De son côté, Harry se sentait également nettement mieux. Ses idées noires s'étaient quelque peu calmées et son attention était focalisée sur Baltus. La petite bête dévora tout ce que son estomac était capable de contenir et c'est repue que la chauve-souris rampa jusqu'au Gryffondor. Elle grimpa le long de son bras droit et s'installa confortablement sur son épaule.
- On se sent mieux maintenant, n'est-ce pas ?
En guise en réponse, Baltus battit frénétiquement des ailes et vint lécher la joue du Gryffondor ce qui le fit sourire.
- J'espère que ton maître va bien, murmura Harry plus pour lui que pour l'animal.
Les yeux noirs de Baltus se firent graves et la bête ailée leva la tête vers le ciel. Harry soupira lourdement et caressa les ailes de l'animal pour se distraire. Soudain, Baltus s'envola, effrayant le Gryffondor au passage.
- Non mais qu'est-ce que… ?
Un oiseau blanc apparut d'une nappe de brouillard et plongea à toute vitesse sur la petite chauve-souris.
- Hedwige ! NON ! S'écria le Gryffondor en se levant.
Ignorant les cris de son maître, la chouette de l'Elu ouvrit ses serres à quelques centimètres de Baltus, mais celle-ci esquiva agilement sur la gauche.
- Hedwige ! Arrête ! Ce n'est pas une proie pour toi ! Viens ici immédiatement !
Finalement, Baltus revint vers Harry, suivie de près par la chouette blanche. Paniquée, la petite chauve-souris griffa le cou du Gryffondor avant de réussir à se glisser sous son manteau et de disparaître sous son pull.
- Par Merlin! Hedwige! grogna Harry en essuyant une goutte de sang qui s'était échappée de sa peau fraîchement lacérée.
Le Gryffondor se rassit par terre et lança un regard sévère sur la chouette qui était maintenant posée dans l'herbe à ses pieds. Ce n'est qu'une fois au sol qu'il remarqua que l'oiseau avait un petit parchemin accroché à la patte.
- Dumbledore…
La mission venait de s'achever. Trois sorciers étaient réunis en cercle dans les airs, au-dessus d'un petit village perdu dans la campagne du Wiltshire. La marque des Ténèbres, haute dans le ciel, surplombait la scène.
Drago n'avait aucun souvenir de ce qui s'était passé après avoir quitté le manoir. Il se souvenait des ordres et se doutait bien qu'il les avait exécutés à la lettre, mais aucune image n'y était associée. Son esprit était un épais brouillard et il peinait à retenir les mots qui sortaient de la bouche du Mangemort en face de lui.
- Bien, notre Maître sera satisfait du travail que nous avons accompli ce soir. Je tenais à vous féliciter pour votre efficacité et j'ai le plaisir de vous annoncer que vous faites officiellement partie des personnes de confiance. Ce soir était en réalité une mission-test. La semaine prochaine, vous découvrirez enfin votre réelle mission et vous effectuerez probablement ce même travail chaque semaine. Les détails vous serons transmis bientôt. Bonne soirée.
MacNair transplana. Pansy et Drago se regardèrent un moment sans rien dire. Le jeune homme se sentait encore embrouillé mais l'effet de bien-être qu'il avait ressenti jusqu'alors commençait doucement à se dissiper. Ses entrailles se nouèrent légèrement.
- Je rentre, murmura Pansy avant de s'éloigner dans les airs.
Drago la vit disparaître rapidement, un sentiment de malaise s'étendant lentement dans son corps. Un peu inquiet et toujours désorienté, Drago se mit à voler dans la direction que Pansy avait prise. Il se contenta d'avancer, de plus en plus nerveux, à tel point que ses membres se mirent à trembler. Une goutte de sueur perla le long de sa tempe droite. Sa gorge se serra sans raison. En baissant son regard vers ses mains, il constata qu'elles étaient recouvertes de sang frais et luisant. Ce n'était pas le sien…
Paniqué, Drago volait maintenant aussi vite que possible. Le vent devenait désagréable et il dut plisser ses paupières pour ne pas être trop gêné. Il ne voulait plus qu'une chose : rentrer.
- Harry, soupira-t-il sans s'en rendre compte.
Le Gryffondor venait tout juste de finir de lire le message du directeur de Poudlard.
Cher H,
Je suis tellement désolé de ne pas pouvoir t'aider en personne. Tu dois comprendre que ce que je fais en ce moment est capital pour atteindre notre objectif. J'ai enfin réussi à obtenir les réponses qui me manquaient pour agir dans la bonne direction. Sache que ce que je fais va probablement être découvert tôt ou tard et qu'à ce moment-là, l'établissement qui t'abrite sera attaqué. Pardonne-moi, mais tu seras une de leur cible. C'est pourquoi, il est désormais nécessaire que tu te prépares à accomplir ton destin. Je suis tant navré de ne pouvoir t'épargner ça.
Sache que j'ai écrit une lettre pour le professeur MG dans le but de te dispenser des cours pour que tu puisses t'entraîner au duel. Cela ne s'applique qu'à toi pour ne pas paniquer les autres élèves. Personne ne doit savoir que cet endroit sera bientôt attaqué. D'ailleurs, le moment venu, les plus jeunes seront évacués et les plus grands pourront rester combattre s'ils le veulent. Tu ne seras pas seul. Si le temps m'en donne la possibilité, je serai à tes côtés pour t'aider. J'ai demandé au professeur R. de t'entraîner. Je sais que tu m'en voudras pour ça, mais accepte l'idée que je sais certaines choses qui me donnent raison. En temps voulu, je t'expliquerai tout, c'est promis.
Il est probable que je rentre plus tôt que prévu et si cela est le cas, je souhaiterais te parler d'une chose très importante me concernant.
Enfin, à propos de D.M, je pourrai essayer de l'aider si je rentre. Mais pour le moment, il faudra malheureusement qu'il patiente. Sinon, tu peux demander de l'aide au professeur R. Je t'assure que c'est un homme de confiance.
Je vais maintenant devoir te laisser, H.
N'oublie pas d'avoir confiance en toi et en l'avenir.
Affectueusement,
D.
- Faire confiance à Rogue, grogna Harry en rangeant le parchemin dans la poche de son manteau, et puis quoi encore !
Harry soupira. Non, les choses n'allaient pas s'arranger que ce soit pour Drago ou pour lui. Le message de Dumbledore annonçait leur mort imminente au lieu de lui donner de l'espoir. Même s'il se nourrissait de l'amour qu'il avait pour ses amis et sa famille, même s'il se nourrissait de la haine qu'il ressentait pour Voldemort, rien ne paraissait suffisant pour le détruire. Pourtant, l'imbécile qu'il était était prêt à se sacrifier. Il allait faire de son mieux pour défendre ceux qu'il aimait. C'était son véritable destin.
Harry reposa sa tête sur ses genoux et pria de toute son âme pour que Drago revienne en un seul morceau.
Non loin de là, le Serpentard en question approchait à grande vitesse. Il avait l'impression que des yeux étaient posés sur lui. Cependant, en tournant la tête dans tous les sens, il ne voyait personne. Son cœur battait à un rythme effréné et c'est pratiquement en piquant droit vers le sol que Drago atterrit dans le parc de Poudlard. Son genou craqua bruyamment et Drago serra les dents. Son corps était recouvert de grosses gouttes de sueur et l'air glacée de la nuit le fit frissonner encore plus.
- Harry ?
Drago se précipita vers le château, un réel sentiment irrationnel de panique l'étouffant tout entier.
- Drago ? murmura le Gryffondor en relevant la tête.
- Harry !
Le Gryffondor eut juste le temps de se mettre debout avant que le Serpentard ne s'effondre dans ses bras.
- Drago, qu'est-ce qui s'est passé ? Oh mon dieu, tu n'as pas l'air bien du tout !
Les yeux affolés de Harry rencontrèrent ceux terrorisés de Drago.
- Je ne me sens pas bien du tout…
Le jeune homme tremblait de la tête au pied et il s'accrochait désespérément aux épaules du Gryffondor.
- Qu'est-ce que je peux faire, Drago ? Dis-le moi ! Je ne sais pas comment t'aider !
- Je ne me sens vraiment pas…
Drago n'eut pas le temps de terminer sa phrase. Il se tourna brusquement et tomba à genoux pour vomir.
- Mon Dieu, Drago ! Tu veux aller à l'infirmerie ?
- Non. Ne me laisse pas.
- Bien sûr que non. Viens, allons au bord du lac pour que tu puisses te rincer la bouche.
Harry aida Drago à se relever et il l'entraîna avec lui vers le bord de l'eau. Harry l'aida à s'accroupir et le Serpentard plongea une main ensanglantée dans l'eau pour enlever le goût d'acide qu'il avait sur la langue. Par la même occasion, il se débarrassa du sang de ses deux mains, sous le regard inquiet du Gryffondor. Tous deux se posèrent ensuite sur la pierre habituelle, même s'il n'y avait pas vraiment de place pour deux. Ils serrèrent l'un contre l'autre et Drago posa sa tête sur l'épaule de Harry, complètement exténué.
- Par Merlin, il faut vraiment que tu sois mal en point pour faire ça, murmura Harry plus pour lui-même.
Drago avait déjà fermé les yeux et s'était assoupi en moins d'une minute. Harry le regarda dormir, le cœur serré. Drago faisait vraiment pitié. L'Elu se risqua à effleurer ses cheveux blonds. Ils étaient si doux au toucher qu'il en était bizarrement ému. Drago remua un peu contre lui et Harry décida de ne plus le déranger. Il posa sa tête contre le tronc d'arbre derrière lui et s'endormit aussi vite que le Serpentard, sous l'œil scrutateur d'Hedwige qui était posée sur une branche au-dessus de leur tête.
Voilà pour aujourd'hui !
J'espère que ce chapitre vous aura plu et pas trop choqué. J'ai hésité à mettre en garde en début de chapitre, puis je me suis dite que ça passait quand même. J'espère avoir eu raison.
Bonne soirée et merci pour toutes vos reviews !
