Le professeur de potions défroissa sa robe d'une main experte, tourna le dos à Harry et quitta la Salle sur Demande, un sourire en coin.

- TU AS COMPLETMENT PERDU LA TETE ! éclata Drago.

- Mais enfin réfléchis, c'est brillant ! Dangereux mais foutrement brillant ! insista Pansy.

- Ce plan est voué à l'échec ! Je te rappelle qu'on ne peut pas fabriquer de portoloin sans autorisation du ministère ! On se fera pincer d'une manière ou d'une autre. Je n'ose même pas imaginer comment Voldemort nous punira !

- Tu vois toujours les choses comme si elles ne pouvaient pas fonctionner ! Où est passée ta confiance bon sang ! En faisant ça, tu pourras te racheter une conscience. Tu souffriras pour tout ce que tu as fait avant, mais tu pourras vivre avec parce que grâce à toi, des centaines de sorciers n'auront pas perdu la vie.

- Toute ça c'est bien joli, mais comment vas-tu faire pour fabriquer un portoloin que le ministère ne détectera pas ?

- Oh mais si, il le détectera ! C'est là que mon plan est astucieux. On demandera à Dumbledore de le fabriquer. Je sais que le ministère ne fourre pas son nez dans ses affaires. Il leur fournira une excuse bidon et ils goberont tout, comme les débiles qu'ils sont !

- Dumbledore est peut-être revenu, mais il est mal en point. Tu l'as vu comme moi et je ne sais pas s'il pourra nous accorder du temps.

- Oh, toi aussi tu l'as vu dans le bureau de Rogue ?

- Oui.

- Je n'ai pas la moindre idée de ce qu'il a, mais je suis sure que Rogue essayait de le soigner.

- Tu lui fais confiance ? demanda Drago incrédule.

- Pas vraiment. Mais je pense que Dumbledore si. Et Dumbledore se trompe rarement sur la nature des gens.

Drago se leva, le regard déterminé. Pansy fit de même, sans quitter des yeux.

- Très bien. Tu m'as convaincu. Quitte à perdre la vie, autant que ce soit pour une bonne raison.

- Génial ! Nous allons lui montrer de quoi sont capables les vrais Serpentard !

- Il n'y a pas une minute à perdre. Il faudra aller voir Dumbledore dès que nous serons de retour à Poudlard.

- Allons-y alors.

L'ombre de deux Mangemorts trancha le ciel étoilé en direction du château. Drago et Pansy volaient à tombeau ouvert, comme s'ils étaient poursuivis. La douleur avait réapparu dans leur chair à la pensée de leur future trahison et ils durent se faire une injection de drogues avant d'entrer dans le château.

Drago se sentait de plus en plus exalté à mesure qu'ils progressaient dans les couloirs en direction du bureau du directeur. Ils espéraient qu'il avait quitté la salle du professeur Rogue car, dans le cas contraire, ils seraient obligés d'attendre que ce dernier ne soit pas dans les parages pour parler au directeur. Leur mission s'annonçait difficile et extrêmement dangereuse.

Mais pour la première fois depuis si longtemps, Drago sentait qu'il pouvait reprendre le contrôle de son existence. Il sentait que sa vie pouvait de nouveau retrouver un sens. Il pourrait être fier de lui et peut-être que des années plus tard, lorsque la guerre serait finie et qu'il serait libre, il pourrait vivre en paix et se pardonner toutes les horreurs qu'il avait commises dans les ténèbres de son passé.

Il se doutait que la drogue devait penser à sa place et lui donner cette envie d'y croire. Pourtant, au fond de lui, il savait que cela ne justifiait pas tout. Il était encore en vie et avait décidé de contourner les ordres de Voldemort. Cette décision, il était certain de l'avoir prise tout seul.

Drago marchait légèrement en retrait de Pansy. Celle-ci se déplaçait nerveusement en regardant de temps en temps derrière elle et sur les côtés.

- Du calme, Pansy. Personne ne va nous rentrer dedans.

A peine avait-il fini sa remarque que quelqu'un lui prouva le contraire en déboulant d'un étroit escalier sur sa droite. Drago eut juste le temps de placer ses avant-bras devant son visage avant que la personne ne le percute.

- Merde Potty, dégage ! cracha Pansy avec hargne.

Harry, qui avait perdu l'équilibre, s'était agrippé à la robe noire de Drago. Bien vite, il s'écarta du Serpentard, l'air penaud.

- Ex…excuse-moi, j'avais la tête complètement ailleurs, bredouilla-t-il en ignorant Pansy.

- Ce n'est rien. Qu'est-ce que tu fais si tard ici ? Ne me dis pas que Rogue te fait même bosser la nuit ?

- Avoue que tu payes tes cours en nature, Potty ! ricana Pansy.

- Range ta langue de vipère, Parkinson. Pourquoi tu vas pas aboyer plus loin ? répliqua Harry d'un ton tout aussi provocateur.

- Et d'ailleurs, depuis quand vous vous tapez la causette comme ça ?

- Occupe-toi de ta queue, Pansy ! grogna Harry de plus en plus exaspéré.

- T'inquiète la tienne ne m'intéresse pas…

- Argh ! Mais vous allez arrêter tous les deux ? siffla Drago, les joues rouges. Ça devient carrément vulgaire maintenant !

- Après on dit que c'est moi la vierge effarouchée ? osa Harry clairement amusé par l'embarras du Serpentard.

- Bon, stop, on a autre chose à faire…Viens Pansy.

- Va te branler Petit Potty…susurra la jeune femme espiègle.

- Pansy ! hurla Drago.

- Oui, oui, j'arrive, chantonna-t-elle victorieuse.

Harry regarda Drago s'en aller, un sourire bien en place. Il était content de le voir en compagnie, même s'il était avec ce bouledogue de Parkinson. Il n'était plus seul et semblait bizarrement bien s'entendre avec elle. Il espérait juste que cela ne signifiait pas qu'elle lui corrompait l'esprit.

Le Gryffondor resta sur place plusieurs minutes à se demander s'il devait aller se coucher ou s'il devait les suivre en douce pour voir ce qu'ils allaient faire. Il était clair qu'ils ne voulaient pas rejoindre leur dortoir.

- Et puis merde ! De toute façon, je n'aurais pas pu fermer l'œil…

Les pas de l'Elu résonnèrent dans le couloir alors que celui-ci s'élança à la poursuite des deux Serpentard. Ces derniers étaient déjà arrivés devant la porte en bois qui menait au bureau du directeur de Poudlard.

- Bon, pas besoin de rentrer dans les détails s'il nous ne le demande pas. Moins il en saura, mieux ça vaudra pour nos fesses. C'est clair ?

- Je suis pas débile, Pansy !

- Espérons qu'il comprendra.

Pansy respira profondément avant de frapper à la porte. Personne ne répondit.

- Recommence, murmura Drago.

Alors qu'elle s'apprêtait à frapper de nouveau, la porte s'ouvrit lentement dans un grincement sinistre. La tête de Dumbledore apparut dans l'entrebâillement, méconnaissable. Les deux Serpentard restèrent hébétés, la bouche entrouverte. Le vieillard avait le dos voûté, la main appuyée contre le mur. Son visage n'avait jamais paru aussi ridé et d'horribles cernes faisaient office de paupières inférieures. Ses yeux paraissaient enfoncés dans son crâne tant ils étaient petits et sombres.

Malgré tout, le vieux sorcier leur sourit et ouvrit la porte plus largement, les invitant d'une voix grésillante à entrer. Les deux Mangemorts s'assirent en face du bureau en bois du directeur. Ce dernier s'installa de l'autre côté et agrippa fermement les accoudoirs de son fauteuil.

- Jeunes gens, que me vaut le plaisir de votre visite à une heure si tardive ?

- Nous avons un service à vous demander.

- Et quel est-il, Miss Parkinson ?

- Nous aurions besoin d'un Portoloin et vous êtes la seule personne à ma connaissance qui pourrait obtenir l'autorisation d'en fabriquer un sans être harcelé de questions.

- C'est très juste, Miss Parkinson. Cependant, vous vous imaginez bien que je me pose des questions…

- Sachez juste que nous essayons de faire quelque chose de bien et pour cela nous avons besoin de votre aide.

- Etes-vous en danger ? demanda calmement le directeur en scrutant tour à tour les deux Serpentard.

- Qui ne l'est pas, professeur ? répliqua Drago.

Dumbledore eut un sourire complice.

- Vous savez bien quoi je parle, Monsieur Malefoy.

- Sans vous manquer de respect, ceci est notre affaire. Et vous mettre dans la confidence ne nous apporterait rien de bon.

- Je suis navré, mais sans une excellente raison, je ne prendrai pas le risque de vous fabriquer un portoloin.

Pansy soupira.

- Très bien, nous allons vous détailler notre plan. En échange, vous devez me promettre de ne rien tenter et de n'en parler à personne, que vous acceptiez de nous aider ou non.

- Vous avez ma parole, Miss Parkinson.

Les yeux du directeur étaient redevenus aussi pétillants qu'autrefois et un sourire bienveillant adoucissait son visage marqué par la fatigue. Drago osa jeter un coup d'œil vers les accoudoirs. Sa main était toujours brûlée et la partie visible de son poignet était maintenant dans le même état. Cette brûlure s'étendait…

- Drago et moi avons pour ordre de choisir qui fera partie des rangs de l'armée de Vous-Savez-Qui. Nous devons éliminer ceux qui n'ont pas le profil, bien que nous n'en ayons pas envie. Vous devez comprendre que nous ne pouvons ni refuser ni fuir, sans qu'un de nos proches ne paye notre trahison. Mais nous voulons résister à notre manière, dans le secret. C'est très risqué, cependant, nous n'avons pas d'autre choix. Nous ne pouvons pas accepter de faire toutes ces choses ignobles. Et sachez donc que nous n'adhérons pas aux idéaux de ce fou furieux, mais que nous ne pouvons pas nous battre à découvert, pour la raison que j'ai dite précédemment.

- Je comprends bien la gravité de votre situation, Miss Parkinson. Mais à quoi vous servira ce portoloin exactement ?

- Nous voulons aider à fuir ceux que nous sommes censés tuer. Ce portoloin devra former un passage entre le manoir Malefoy et la Salle Sur Demande.

- Et que comptez-vous faire de toutes ces personnes ?

- Les entraîner au combat. Drago et moi se chargeront de tout. Nous formerons ainsi une armée adverse pour vous.

- Miss Parkinson, je sais de source sure que Voldemort ne se contente plus de recruter des adultes…Vous ne pouvez pas demander à des enfants de devenir des soldats.

- Faites-moi rire ! Et vous nous trouvez peut-être plus apte à mener des batailles ? explosa Drago. Et Harry ? Ce n'est qu'un gosse ! Je ne suis pas stupide ! Je sais ce que vous attendez de lui.

Dumbledore ferma les yeux un bref instant, comme si Drago lui avait asséné un coup de poing dans le ventre.

- Je suis navré, mais ces enfants auront au moins le choix. Ceci n'est pas négociable.

- Très bien, déclara Pansy d'une voix glaciale. Vous acceptez donc de nous fabriquer ce portoloin ?

- Oui, Miss Parkinson. Je me demande seulement comment vous allez faire pour que tous ces sorciers disparaissent sans que personne ne s'en rende compte.

- Ne vous inquiétez pas, nous avons tout prévu. Aidez-nous simplement à confectionner ce portoloin et tout devrait fonctionner.

- Je l'espère sincèrement. En tout cas, sachez qu'en cas de besoin, je serai là et…

Quelqu'un frappa doucement à la porte.

- Veuillez m'excuser.

Dumbledore se leva précautionneusement en s'appuyant sur son bureau, puis il longea le mur d'une démarche instable. Arrivé à la porte, il se tourna vers les deux Serpentard et leur sourit avant d'ouvrir la porte.

- Bonsoir, Severus. Je vous en prie, entrez.

Drago et Pansy se levèrent précipitamment en entendant ce prénom maudit. Le teint livide, ils affrontèrent le regard du professeur de potions.

- Tiens, tiens, Monsieur Malefoy, Miss Parkinson. Puis-je vous demander ce que vous faites ici ?

- Hum…

- Oui, Miss Parkinson ? insista Rogue avec un plaisir malsain.

Dumbledore s'apprêtait à intervenir lorsque Drago répondit à sa place.

- Pansy et moi sommes venus demander au professeur Dumbledore, s'il était possible d'obtenir le statut de sous-préfet. Nous aimerions apporter notre aide en ces temps incertains.

- Voilà que de nobles intentions, Monsieur Malefoy.

- Bien entendu, j'ai accepté, enchaîna le directeur d'un air malicieux. C'est pour cette raison que ces deux jeunes gens bénéficieront d'une chambre à part.

- C'est vrai ! Enfin, je veux dire, c'est vrai ! s'exclama Pansy.

Drago leva les yeux au ciel même s'il partageait aussi sa joie. Enfin, il pourrait dormir tranquillement, sans avoir peur qu'on l'égorge dans son sommeil. Il se jura de remercier Dumbledore.

- Bien, nous mettrons tout cela au point demain matin. Venez me revoir avant le début de vos cours.

- Nous n'y manquerons pas, professeur. Bonne nuit.

- Bonne nuit, Drago.

La porte se referma derrière les deux jeunes Serpentard. Pansy attrapa la main de Drago et ils se mirent à courir dans les couloirs.

- Je n'arrive pas à le croire ! Je n'arrive pas à le croire !

- Moi non plus, Pansy ! Les choses se sont passées mieux que prévu ! C'est incroyable !

Leur sourire était immense. Leur cœur bondissait dans leur poitrine avec vigueur. Ils se sentaient si légers, comme libérés d'un poids.

- Tout va rentrer dans l'ordre ! J'en suis sure !

- Au fait, je voudrais te remercier. Tu avais raison. Je me sens mieux !

Le sourire de la Serpentard s'agrandit encore.

- Crois-moi, j'en suis heureuse.

Sans lâcher leur main, ils continuèrent leur descente vers les cachots, quand au détour d'un couloir, ils percutèrent encore quelqu'un.

- Mais c'est pas possible, Potty, tu le fais exprès, c'est ça ?

- Tu nous espionnes ou quoi ? demanda Drago, les sourcils froncés.

- Bien sûr que non ! répliqua l'Elu de mauvaise foi. Et je peux vous dire la même chose !

- Franchement, on en a rien à foutre de ta vie misérable, le balafré ! cracha Pansy.

- Du calme, Pansy.

Harry ouvrit la bouche pour sortir une vacherie de son propre cru, lorsqu'il vit leur main enlacées. Il se figea, un étrange sentiment de colère et de stupeur naissant dans le creux de son estomac.

- Harry ? demanda calmement Drago en secouant sa main libre devant son visage.

Sans un mot, le Gryffondor tourna les talons, encore terriblement secoué par ce qu'il venait de voir. Pour lui, il n'y avait pas de doute possible : ils étaient ensemble. Il aurait voulu se réjouir pour Drago, mais il n'y arrivait pas. Au contraire, il avait mal. Sa gorge se noua de colère. Il se sentait rejeté.

Ses pas le menèrent devant le portrait de la Grosse Dame. Il entra sans faire de bruit dans la salle commune des Gryffondor et s'assit dans un fauteuil moelleux près de la cheminée. D'un simple coup de baguette, le feu se mit à crépiter dans l'âtre, éclairant la pièce d'une douce lumière tamisée. Il soupira longuement.

- Par Merlin, c'est Harry, chuchota une toute petite voix.

Harry tourna vivement la tête en direction du sofa à priori vide qui se trouvait dans un coin sombre de la salle.

- Qui est là ? demanda l'Elu en se levant.

- Hum, c'est nous, Harry…

- Ron ?

- Et Hermione.

- Oh non, Ron ! Ne me dis pas que c'est pour ça que je t'ai prêté ma cape d'invisibilité?

- Hum, désolé, Harry.

- Argh ! C'est pas possible ! On est tranquille nulle part ! explosa l'Elu en s'en allant vers les dortoirs.

- Ben, je suis d'accord avec toi…

- Ronald !


Bonsoir !

En relisant ce chapitre, je me suis dite qu'il est était vraiment médiocre en plus d'être assez court. Je m'en excuse donc.

J'espère malgré tout que vous appréciez l'évolution de cette fiction.

A demain !