- Oh non, Ron ! Ne me dis pas que c'est pour ça que je t'ai prêté ma cape d'invisibilité ?
- Hum, désolé, Harry.
- Argh ! C'est pas possible ! On est tranquille nulle part ! explosa l'Elu en s'en allant vers les dortoirs.
- Ben, je suis d'accord avec toi…
- Ronald !
Alors qu'Harry passait une nuit blanche à se tourner dans ses draps, Drago s'était endormi avec facilité. La perspective d'un bon lit dans une chambre à son nom était plus que suffisante pour lui faire clore ses paupières. Après des semaines de mauvaises nuits à guetter les éventuels attaques de ses camarades serpentards, Drago avait enfin trouvé un sommeil réparateur, teinté de rêves agréables.
Le lendemain matin, il accueillit les premiers rayons de soleil avec un sourire. Il était confiant, cette journée allait être bonne. Il se prépara vite et ramassa discrètement ses affaires dans sa malle. Baltus papillonna légèrement des yeux, réveillée par les bruits incessants de pas de son maître autour du lit. Cette dernière était restée dans le pyjama de Drago quand il l'avait enlevé et posé sur le lit et elle sortait maintenant la tête pour l'observer. Ses petits yeux noirs croisèrent son regard.
- Hey, ma jolie, murmura-t-il, aujourd'hui est un grand jour. On fiche le camp d'ici.
Drago tendit la main et Baltus s'y agrippa. Il la porta à ses lèvres et l'embrassa en fermant les yeux.
- Le cauchemar est fini. Tout va s'arranger, tu verras.
Baltus couina discrètement pour montrer qu'elle partageait son enthousiasme, puis elle rampa le long de son bras pour se glisser sous le col de sa robe de sorcier. La sentant bien blottie contre son cœur, Drago soupira d'aise et rangea son pyjama dans sa malle. Il fit son lit et après un dernier regard vers ce lit qui l'avait accueilli dès sa première année, il quitta le dortoir, sa malle dans sa poche.
Il se rendit dans la Grande Salle pour petit-déjeuner avec l'espoir d'y retrouver Pansy. Elle n'était pas vraiment une lève-tôt mais vu les circonstances de la nuit précédente, elle devait être dans le même état d'excitation que lui.
- Drago !
Le Serpentard se retourna et vit une Pansy au sourire lumineux galoper dans sa direction.
- Salut Pansy, dit-il en contenant son excitation, un sourire en coin.
- Doux Jésus, Marie, Joseph, putain sa mère !
Drago fit les yeux ronds avant de porter une main à sa bouche pour contenir un éclat de rire.
- T'es pas un peu demeuré de parler comme ça dès le matin. Par Merlin, t'es complètement cintrée, on te l'a déjà dit ?
- Oui, toi, en permanence. Sans compter les autres insultes toutes aussi charmantes que tu me lances jour après jour. Mais j'aime ça, mon Dragounet !
Drago fit semblant de l'étrangler, un sourire laissant même apparaître ses dents.
- Retire ça, espèce de folle…
- Plutôt mourir…
Au moment où Drago voulut rétorquer, c'est un Harry des mauvais jours qui passa à côté d'eux, avant de faire marche arrière et de revenir vers eux. Drago se recula de Pansy et déglutit en voyant le teint livide du Gryffondor et ses cheveux en bataille.
- Allez faire vos cochonneries ailleurs les Mangemorts ! Y en a marre de vous voir tous étaler votre bonheur au grand jour !
- TU NOUS AS TRAITE DE QUOI, FILS DE P…
Drago se précipita entre eux alors qu'ils sortaient simultanément leur baguette.
- STOP ! Par Merlin, rangez vos baguettes ! Harry, calme-toi bon sang !
Drago osa poser sa main sur le bout de sa baguette pour le forcer à baisser son bras qui tremblait de rage. Les yeux d'Harry ne quittaient pas ceux de Drago. Ils étaient remplis de colère et de douleur. Le Serpentard grimaça.
- Comment tu peux rester avec cette…pourquoi tu fais ça ?
- Mais pour qui tu te prends, Potter ! Va t'occuper de tes affaires !
- C'est pas à toi que je m'adressais, Parkinson, alors ferme-la.
- Mais elle a raison, Harry, je t'ai dit que je ne te veux pas dans mes pattes.
Le Gryffondor parut encore plus blessé et furax.
- T'es qu'un sale con ! En fait, tu as toujours su dans quel camp tu étais…
Harry entra cette fois-ci dans la Grande Salle où se trouvaient déjà quelques élèves. Drago et Pansy entrèrent à leur tour et s'installèrent aussi loin que possible de l'Elu. Ce dernier s'était assis à l'écart des autres Gryffondor qui étaient à table. Il prit une viennoiserie d'un panier et se mit à l'effeuiller dans son assiette vide. Drago soupira en le voyant aussi mal. Il ne comprenait pas vraiment ce qui l'avait amené à se comporter comme ça. Depuis quand remettait-il en doute les confessions qu'il lui avait faites ?
- Allez, Drago, oublie-le.
- Hein ?
- Tu n'arrêtes pas de le fixer et crois-moi, tu n'es pas discret.
Drago baissa immédiatement la tête.
- Merde. Tu dois penser qu'il se passe des choses bizarres entre nous.
- Bah, vous vous appelez par vos prénoms, c'est pour le moins bizarre…Mais t'inquiète, ça me regarde pas et je ne mettrai pas mon nez dedans. Seulement, je veux juste te dire de faire gaffe à ce que tu lui dis. Potter m'a l'air d'être au bout du rouleau et ça, ça le rend encore plus incontrôlable que d'habitude. Il pourrait bien utiliser ce que tu lui dis sans le vouloir. Evite donc de lui parler et de le pousser à bout.
- Bah, ce conseil, tu peux aussi te l'appliquer. Je te signale que c'est pas moi qui lui ais fait péter un câble.
- Mouais. Je ferais un effort.
Deux sorciers passèrent dans l'allée centrale. Ron et Hermione. Harry les vit arriver et soupira avant de se lever de table.
- Attends, Harry, il faut qu'on parle d'hier soir…chuchota Hermione en le retenant par le bras.
Celui-ci se dégagea rapidement et leur tourna le dos.
- J'ai mis ta cape sous ton oreiller…
- Merci, Ron, cracha Harry avant de partir.
Hermione fixa Ron d'un air réprobateur. Celui-ci haussa les épaules.
- Franchement, tu n'aurais pas pu trouver autre chose à dire ?
Drago se sentit vraiment mal en voyant Harry quitter la Grande Salle dans cet état de tension. Il se décida à aller lui parler lorsque la poigne de Pansy le força à rester sur le banc.
- C'est pas une bonne idée. En plus on a plein de choses à faire avant d'aller en cours alors si tu tiens vraiment à lui causer, ce sera pour plus tard.
Drago soupira mais hocha la tête malgré tout.
- Très bien, commençons par voir Dumbledore.
- C'est parti !
Les deux Serpentard se précipitèrent dans les dédalles de couloirs vides jusqu'à atteindre le bureau du directeur de Poudlard. Drago frappa énergiquement à la grande porte. Celle-ci s'ouvrit lentement pour laisser apparaître le professeur Rogue. Son visage était recouvert d'une fine couche de sueur et ses manches étaient retroussées jusqu'aux coudes.
- Faites vite. Le professeur Dumbledore est très occupé.
Rogue sortit du bureau en remettant ses manches en place. Drago le regarda s'éloigner avant de s'engouffrer dans la pièce à la suite de Pansy. Il se passait quelque chose de grave et l'apparence décrépite de Dumbledore ne fit qu'accentuer son inquiétude. Le directeur paraissait encore plus mal en point que la veille. Cependant, il se força à les accueillir en souriant.
- Bonjour jeunes gens.
- Bonjour professeur, dit Pansy d'un air enjoué.
- Je vous en prie, asseyez-vous.
Lorsque les trois sorciers furent assis, un silence pesant s'installa. Le directeur semblait vouloir lire dans leur pensée et c'est pourquoi Drago engagea la discussion pour faire diversion.
- Pardonnez-moi de poser la question mais, est-ce que tout va bien, professeur ?
- C'est gentil à toi de t'inquiéter, Drago. Cependant, rassure-toi, malgré les apparences, tout va pour le mieux, vraiment.
Drago leva un sourcil, incrédule. Seulement, ce n'était pas le moment de lui sortir les vers du nez et il avait d'autres priorités avant de découvrir ce qui mettait le directeur dans cet état lamentable.
- Tant mieux, s'empressa d'enchaîner la jeune femme. En fait, nous venions pour savoir si vous aviez eu le temps de confectionner le portoloin et si l'offre des chambres tient toujours.
- Bien entendu, Miss Parkinson, je tiens ma parole.
Le vieillard se redressa de sa chaise, les bras tremblants de fatigue et les paupières closes sous l'effort. Drago s'attendait presque à ce qu'il s'effondre devant eux, cependant le vieillard réussit à se lever complètement et sortit de sa poche deux petites clefs en argent.
- Voici les clefs de vos chambres. Vous disposez également d'un petit salon et le mot de passe pour y accéder est « Lux ».
Drago récupéra les clefs, le regard sombre.
- « Lux », ça signifie lumière en latin, non ? Demanda Pansy au directeur d'un air mi-amusé, mi-moqueur.
Dumbledore lui sourit, l'œil de nouveau pétillant.
- C'est exact, Miss Parkinson. J'espère que cela vous plaît.
- C'est complètement déplacé, affirma Drago en secouant la tête.
- Vraiment ? Je pensais pourtant que vous disiez la vérité la nuit dernière…
- Et alors ? Ça n'en reste pas moins de l'humour noir. Jamais nous ne serons reconnus comme faisant partie de la Lumière, ce qui est normal.
- On peut toujours changer les choses, Monsieur Malefoy. Mais pour cela, il faut déjà y croire et se laisser une chance.
Drago baissa les yeux. Il n'avait aucune envie de continuer ce genre de discussions. Cela lui rappelait bien trop Harry.
- Excusez-nous, mais le temps passe très vite et nous devons bientôt aller en cours.
- Oui, bien sûr, soupira le directeur. Le salon qui mène à vos chambres se trouve près de la tour sud, dissimulées derrière le tableau du chevalier du Catogan.
- Vous plaisantez ?
- J'ai bien peur que non, Miss Parkinson, gloussa gentiment le vieillard.
- Oh mon dieu…
Pansy se prit la tête dans les mains sous le regard amusé du directeur et celui agacé de Drago.
- Il ne nous laissera jamais entrer, maugréa le jeune homme.
- Malheureusement, c'est bien le seul tableau à avoir accepté de protéger votre entrée. Je suis navré, mais vous allez devoir faire preuve de patience et de courage…
- Très amusant, grogna Pansy.
- Enfin, passons aux choses sérieuses. En ce qui concerne votre portoloin, il se pose un problème de taille.
- Lequel ? demandèrent Drago et Pansy en cœur.
- Il me faut l'heure précise à laquelle vous voulez qu'il s'active.
- Ah oui, bien sûr. Le portoloin devra s'activer à vingt-trois heures et ouvrir un passage de la salle de réception du manoir des Malefoy à la Salle sur Demande. Oh ! Et pourriez-vous nous en fabriquer un autre, pour s'entraîner ?
- C'est d'accord, Miss Parkinson.
- Génial ! Celui-ci devra ouvrir un passage du salon à une des chambres. Pour l'heure, disons vingt-deux heures.
- Très bien, tout sera prêt cet après-midi. Revenez me voir après vos cours.
- Merci encore, professeur. Sans vous rien n'aurez été possible! s'exclama Pansy.
- Au plaisir de pouvoir vous aider à nouveau.
- A tout à l'heure, professeur.
Les deux Serpentard quittèrent le bureau du directeur, le cœur battant. Ils étaient si pressés de pouvoir mettre leur plan à exécution qu'ils en oublièrent presque de se rendre en cours. Pansy attrapa un pan de la robe de Drago avant de courir en direction de la salle de Défense Contre les Forces du Mal.
A peine avaient-ils disparu que Rogue était de nouveau dans le bureau du directeur. Le professeur de potions se pinça l'arrête du nez tout en marchant de long en large dans la pièce, sous l'œil compatissant de Dumbledore. Ce dernier s'enfonça un peu dans son fauteuil et ferma les paupières un bref instant en sentant les picotements remonter de son bras jusqu'à la base de son épaule.
- C'est une erreur, croyez-moi. Potter n'est pas en état d'encaisser la nouvelle…
- Severus, j'ai déjà fait cette erreur l'année dernière et cela a failli lui coûter la vie. Harry a besoin de réponses et de soutien.
- Exactement ! Et ce n'est pas en annonçant que vous allez bientôt mourir qu'il va se sentir soutenu ! Il doit y croire jusqu'au bout, sinon, autant déjà lui dire qu'il n'y aura jamais de vrai duel !
- Je lui ai promis mon soutien jusqu'au bout et cela devra suffire. Harry est plus fort que vous ne le croyez. Il saura tenir le coup et faire les bons choix. J'ai confiance, Severus.
- Vous êtes bien le seul ! Par Merlin, si j'arrivais seulement à stopper le maléfice au niveau de votre bras…
- Vous avez fait de votre mieux et cela ne sert à rien de s'acharner. Je sens que mon heure est arrivée. J'espère juste pouvoir tenir assez longtemps pour aider Harry à accomplir son destin.
Les deux sorciers échangèrent un regard dans le silence. Tout deux savaient bien qu'il n'en aurait pas le temps, à moins que Voldemort ne découvre sa machination plus tôt que prévu et qu'il ne décide d'attaquer. Pourtant, Dumbledore avait encore besoin de ce laps de temps pour ne serait-ce que laisser une chance à Harry de gagner cette guerre par son sang.
- Vous allez commettre une grave erreur, soupira Rogue en secouant la tête.
- S'il vous plaît, pouvez-vous dire à Harry que je souhaite lui parler ?
Rogue se contenta de grogner et quitta le bureau du directeur d'un pas énergique. Comme chaque matin, Harry prenait l'air au bord du lac. Rogue le trouva assis sur un gros caillou, au pied d'un arbre, les coudes appuyés sur ses cuisses, la tête basse. Rogue s'arrêta en face de lui, mais le jeune homme ne bougea pas d'un pouce. Le professeur de potions se racla la gorge, de plus en plus agacé. Toujours rien.
- Bon sang, Potter ! Réveillez-vous !
- Vous m'aimez tellement que vous voulez commencer notre séance d'entraînement plus tôt ?
Rogue aurait certainement ricané si la voix de Potter n'avait pas été si dénué d'émotions. Il soupira une énième fois en cette triste matinée.
- Le professeur Dumbledore désire parler à sa sainteté.
Harry releva brusquement la tête, les yeux soudain plein de vie et de force. Sans un mot, il se leva et se précipita en direction du château. Rogue s'assit à son tour sur la pierre encore chaude. Il ferma les yeux, fatigué par les mensonges et les cruelles vérités, fatigué de devoir veiller sur Potter, fatigué de devoir espionner le Lord Noir au péril de sa vie. La pression était parfois telle qu'il en arrivait à espérer que Voldemort découvre sa trahison une fois pour toute et qu'il soit tué. Ne plus rien ressentir, c'était vraiment trop demander ?
Pendant que Rogue broyait du noir, Harry n'avait jamais été plus heureux et soulagé. L'espoir renaissait en lui au fur et à mesure des révélations du directeur de Poudlard.
- Voldemort est pour le moment immortel, mais si le temps m'en laisse la possibilité, je pourrai détruire ces fameux Horcruxes et alors tu auras toutes tes chances de le tuer.
- Je n'arrive pas à y croire! Moi qui pensais que tout reposait sur mes épaules, mais vous êtes bien à mes côtés, et ensemble, je suis sûr qu'on le détruira ! Tant que vous êtes là, je sais qu'on y arrivera !
Dumbledore aurait préféré ne pas entendre cette dernière remarque. Harry semblait tellement rassuré qu'il ne trouvait plus le courage de lui annoncer la mauvaise nouvelle.
- Cependant, comme je te l'ai dit, je n'ai pas encore détruit les Horcruxes que j'ai trouvés pour que Voldemort ne se rende compte de rien. Dès que je le ferai, il saura que nous avons découvert son secret. Il saura alors que sa vie sera en danger et sa priorité ne sera plus de terroriser la population pour les avoir à sa merci mais il attaquera ce château pour nous stopper. Il faut donc que je retrouve les derniers Horcruxes avant de les ramener ici et de les détruire tous.
- Mais s'il y en avait plus que sept ?
- J'y ai songé, malheureusement, nous ne le serons que lorsque tu l'affronteras.
- Vous repartez quand, professeur ?
- Ce soir. Et je pense revenir dans quelques mois.
- Vous avez l'air épuisé, professeur. J'espère que vous ne partez pas tout seul ? Je pourrais venir sinon ?
- Il est hors de question que tu viennes avec moi. Ton entraînement est tout aussi important que la recherche des Horcruxes. Mais ne t'en fait pas, Harry, Dawlish Shakelbot et Alastor Maugrey voyagent avec moi. Je ne risque rien.
- Très bien, marmonna l'Elu en baissant la tête.
- Le professeur Rogue est si odieux que ça ? demanda le directeur d'un ton léger.
- Vous savez bien ce que j'en pense, professeur, enfin, peut-être que les choses se sont un peu améliorées entre lui et moi.
- Je suis ravi de l'apprendre.
- Enfin, ce n'est qu'une impression !
Dumbledore se leva en riant doucement et Harry s'empressa de contourner le bureau au cas où le directeur ait besoin d'un appui pour se redresser.
- Ne t'en fait pas, Harry, je t'assure que je vais bien.
Dumbledore se mit face à lui et posa ses mains sur les épaules du jeune homme. Il lui sourit avec bienveillance et accentua la pression de ses doigts sur ses épaules.
- Je suis si fier de toi, Harry. Tu es devenu un beau jeune homme, téméraire mais d'une grande générosité d'âme.
Harry sentit sa gorge se serrer. Ces compliments, il les avait souvent entendus à Poudlard, mais à chaque fois, il était très ému. A chaque fois, il regrettait de ne pouvoir les entendre de la bouche de ses parents.
- Tes parents auraient également été fiers de toi.
- Merci, professeur.
Dumbledore prit Harry dans ses bras et ce dernier se réfugia dans la barbe du vieillard qu'il considérait comme son grand-père. Ils se serrèrent fort l'un contre l'autre pendant un long moment avant de se séparer.
- Tu comptes énormément pour moi, Harry. J'espère que tu ne l'oublieras jamais.
- C'est promis.
- Tiens, prends un bonbon au citron avant de partir.
- Merci professeur. Prenez soin de vous et revenez vite.
- Je ferai de mon mieux, Harry. Tu as ma parole.
Harry quitta la pièce sans se retourner, sans voir les yeux du directeur briller sous l'émotion. Le Gryffondor s'empressa de gravir les escaliers pour atteindre la Salle sur Demande, le sourire aux lèvres. Tout d'un coup, sa journée ne semblait plus aussi dramatique. Il ne pensait plus à Pansy et Drago et Voldemort n'avait plus l'air aussi effrayant. Tout allait s'arranger. Il pénétra dans la salle, arme au poing et prêt à jeter un sort sur Rogue. Ce dernier était en face d'un large miroir, les mains dans le dos, les yeux fixés sur son propre reflet.
- Qu'est-ce qui vous arrive, Rogue ? Vous vous êtes pétrifié à la simple vue de votre visage ? ricana Harry.
- Quelle répartie, Potter. Vous me direz à quel moment je dois rouler par terre en me tenant les côtes.
- Bon, c'est pas que nos discussions m'ennuient, mais j'aimerais bien un petit échange de sortilèges, histoire de se chauffer un peu.
Rogue se retourna, les sourcils froncés. Il s'attendait à voir un Harry en miettes, mais le jeune homme était tout sauf décrépit. Néanmoins, il se garda bien de lui en faire la remarque.
- Très bien, commençons.
Harry recula, les yeux pétillants, le pas félin. Rogue sortit sa baguette, un rictus désagréable barrant son visage. Il avança vers le Gryffondor de plus en plus vite jusqu'à ce que celui-ci soit obligé de courir à reculons. Rogue se décala sur la droite et pointa sa baguette sur un petit caillou qui se trouvait derrière Harry.
- Amplificatum !
Le caillou grossit immédiatement jusqu'à devenir une grosse pierre et Harry n'eut pas le temps de se retourner assez vite pour la voir. Il trébucha et tomba à la renverse. Rogue se précipita sur lui et pointa sa baguette sur lui.
- Incarcerem !
- Bloclang ! hurla Harry tandis que des cordes s'enroulèrent autour de lui.
En tant normal, Rogue se serait contenté de jeter des sortilèges sans parler, mais ils avaient décidé cette semaine de s'entraîner en prononçant les sortilèges. En plus, Harry avait encore beaucoup de difficultés à ne pas les dire à haute voix. Le professeur de potions s'occupa donc de se décoller la langue du palais en pointant sa propre baguette sur lui et en envoyant le contre sort par la pensée. Ce n'était pas très honnête mais il faisait déjà l'effort de ne pas jeter un sort sur Harry.
Ce dernier s'acharnait à tordre son poignet coincé par les cordes pour pointer sa baguette sur lui-même. Ses yeux nerveux fixaient tantôt sa baguette, tantôt le professeur de potions. Il réussit finalement à jeter le contre sort.
- Lashlabask, murmura-t-il à bout de souffle.
Les cordes se défirent et Harry se releva d'un bond.
- Alors, c'est tout ?
- Vous voulez quoi, Potter ? Qu'on s'entraîne à lancer des sorts impardonnables ?
- Des sorts puissants, des sorts qu'utilisent les Mangemorts ? Je dis juste qu'il est temps de passer à la vitesse supérieure.
- Soit, vous l'aurez bien cherché…Feudeymon !
Bonjour à tous !
Désolée pour hier, je n'ai pas pu vous poster ce chapitre pour certaines raisons persos. Bref, j'espère qu'il vous plaira bien !
Bisous et à bientôt !
