- Des sorts puissants, des sorts qu'utilisent les Mangemorts ? Je dis juste qu'il est temps de passer à la vitesse supérieure.
- Soit, vous l'aurez bien cherché…Feudeymon !
...
- Espèce d'enfoiré ! J'ai failli brûler vif et tout ce que vous trouvez à faire, c'est siroter votre thé dégueulasse ?
Le professeur de potions jubilait intérieurement. Non seulement Harry s'en était sorti indemne ce qui était un véritable exploit, mais en plus il avait réussi à le sortir de ses gonds ce qui était amusant au plus haut point. C'est haletant qu'Harry arracha la tasse de ses mains et la catapulta contre le mur. Le récipient de porcelaine se brisa en mille morceaux dans un bruit irritant les oreilles. Rogue se redressa et renifla de dédain face à l'Elu qui fulminait de rage.
- Vous êtes pire qu'une fille, Potter. Un instant, vous me demandez un sort puissant, et l'instant d'après, vous me demandez d'y aller moins fort. Il faudra un jour vous décider.
- Vraiment très drôle. Mais nous aurions dû poser les règles exactes du duel. En plus, vous n'avez même pas attendu que je sois prêt ! C'est de la triche.
- Oui, bien sûr. Et vous pensez que cela se passera dans les règles de l'art avec le Seigneur des Ténèbres ? Qu'il attendra que sa sainteté se soit pouponnée pour commencer le duel ?
Pour une fois, le jeune Gryffondor ne répondit rien, ce qui était très rare. Il plongea son regard dans celui de Rogue et celui-ci perdit son sourire de satisfaction. Harry ne jouait plus.
- Vous avez raison. Il faut que je me prépare à toute mauvaise surprise.
- Je suis déjà bien assez vicieux, Potter. N'attendez pas de moi que je vous lance un Avada Kedavra. Doué comme vous êtes, la guerre n'aura même pas commencée que vous serez déjà mort de ma baguette. Avouez que ce serait dommage.
- Je ne suis pas suicidaire, Rogue. Seulement, je veux craindre pour ma vie, frôler la mort. Jetez-moi tous les sorts que vous voulez par la pensée, sauf l'Avada Kedavra, et ne m'aidez qu'en cas d'extrême urgence. Imaginez que vous voulez réellement me détruire.
- Cela ne va pas être très difficile, ricana le professeur de potions.
- Tant mieux, parce que c'est également mon cas.
- Voyons comment vous encaissez ce changement, Potter…
Rogue secoua sa baguette magique devant son visage et prit soudain l'apparence de Voldemort. Harry se décomposa un bref instant, puis la haine déforma son visage et c'est dans un cri de rage que les sorts se mirent à pleuvoir dans toutes les directions.
Les combats ne s'arrêtèrent que lorsque les deux sorciers eurent des entailles jusqu'à l'os et que la moitié des murs de la Salle sur Demande furent explosés en mille morceaux. Par les fenêtres artificielles, on pouvait voir le soleil décliner derrière la cime des arbres de la Forêt Interdite. Les deux sorciers se fixaient, les mains sur les genoux, haletant. Tous deux avaient été tellement concentrés qu'ils ne s'étaient pas rendus compte que la journée entière avait été consacrée à leur duel. L'estomac d'Harry gargouilla bruyamment et ce dernier rougit violemment. Le professeur de potions ricana tout en essuyant la transpiration qui luisait sur son front.
- Peut-être qu'un dîner serait raisonnable pour clore cette journée ? Qu'en dites-vous Potter ?
- Oui, ce serait bien, après avoir guérit nos plaies.
- Comment ? Ces petites éraflures ? demanda le professeur en traçant une entaille sur son bras de son index ensanglanté.
- Très drôle. Bon, je vous aide si vous en faites de même pour moi.
Harry s'approcha de Rogue en chancelant, ses chevilles gonflées par l'effort menaçant de se plier à la moindre pression.
- A vous l'honneur, très cher.
Rogue se redressa de toute sa hauteur, ce qui obligea Harry à se mettre sur la pointe des pieds pour pointer précisément sa baguette sur chaque blessure de son visage.
- Franchement, vous pourriez faire un petit effort, grogna Harry au bout d'une minute.
Rogue ricana d'un air victorieux et se pencha en avant pour faciliter la tâche au Gryffondor. Peu après, ils se rendirent dans la Grande Salle pour dîner, où quelques élèves et professeurs étaient encore présents. Ils se séparèrent sans un mot, un masque de froideur plastifié tous deux sur leur visage lorsque certaines têtes se levèrent de leur assiette pour les observer d'un œil curieux.
Pansy et Drago étaient encore présents, bien qu'ils aient presque fini d'engloutir leur repas. Drago s'arrêta de mâcher en voyant le Gryffondor passer dans l'allée principale, le menton bien relevé dans une expression quasi hautaine. Le Serpentard releva les sourcils.
- Pour qui il se prend, Potty le péteux ? cracha Pansy d'indignation. Snober tout le monde de la sorte comme s'il était meilleur que tout le monde. Pauvre type…
- Arrête, Pansy, marmonna Drago d'un air absent.
- Par Merlin, je me demande vraiment ce qui s'est passé entre vous pour que tu le défendes comme ça, malgré votre passé et tout.
- Heureusement que cela ne te concerne pas parce que je n'ai aucune envie de te le dire.
- Mouais, en tout cas, ça n'a pas intérêt à faire foirer notre plan. Tu sais bien que je ferais tout pour m'en sortir, alors évite d'inclure Potter dans l'équation si tu ne veux pas qu'il perde des plumes, d'accord ?
- Bien sûr. Je sais faire la part des choses, ne t'inquiète pas. Potter a toujours été mon problème personnel.
Après un dîner partagé dans l'agitation, Drago et Pansy se rendirent dans le bureau de Dumbledore et une fois les deux portoloins en main, ils filèrent en direction de leur appartement, impatients de pouvoir s'entraîner pour la mission du lendemain. Arrivés devant le tableau du chevalier du Catogan, Drago retint Pansy par le bras pour l'empêcher d'approcher davantage.
- Je m'en charge, murmura Drago à l'oreille de Pansy.
Celle-ci ricana discrètement derrière son dos.
- Ô grand chevalier, cette gente dame est en détresse ! Je vous serai éternellement reconnaissant de nous offrir votre protection en nous permettant de nous cacher dans notre appartement !
Le chevalier en question couvrit son visage de son casque bien trop grand et fendit l'air de sa longue épée dans un mouvement barbare. Son petit poney gras baissa la tête pour éviter ses coups d'épée et s'éloigna au galop dans le fond de la toile, l'air apeuré.
- Diantre ! Je ne saurais tolérer qu'on martyrise une jeune fille innocente ! Que l'ennemi se montre, que je puisse régler son compte grâce à ma force de grand chevalier !
- Bon, il a fini son baratin ? marmonna Pansy derrière le dos du Serpentard.
- Lux, grand chevalier, déclara Drago solennellement.
Le tableau s'écarta dans un grincement et une ouverture apparut derrière. Pansy et Drago s'y faufilèrent rapidement pour ne plus entendre le tapage du chevalier.
- Bon sang, faut pas être pressé avec celui-là ! Et encore, je trouve que tu t'en es bien sorti.
- Merci, je le pense aussi, dit Drago d'un sourire satisfait.
Après avoir jeté un rapide coup d'œil dans une des chambres, ils se retournèrent dans le petit salon à la couleur dominante bleue nuit. Un feu crépitait doucement dans la cheminée, éclairant la pièce de ses flammes chaudes. L'endroit était simple et apaisant. Il s'y trouvait un sofa, deux petits fauteuils et une table basse tout près de l'âtre de la cheminée. Un long tapis bleu recouvert de motifs complexes recouvrait le sol de la porte d'entrée jusqu'au petit escalier qui menait à leur chambre respective. Une vieille armoire vide installée contre le mur opposé à la cheminée terminait le décor.
- Vraiment sympathique, déclara Pansy pour rompre le silence.
Drago hocha la tête et s'approcha d'elle.
- Allez, passons aux choses sérieuses maintenant, murmura-t-il en regardant derrière lui.
Pansy sortit de sa poche les deux petits portoloins qui étaient de vieilles boussoles dont la vitre était tellement rayée qu'on ne pouvait plus repérer les points cardinaux. Drago prit une des boussoles et sortit sa baguette, ce que fit Pansy. Il était déjà 22h57 et les deux Serpentard se regardèrent d'un air grave, la concentration leur faisant froncer les sourcils. En silence, chacun observa sa montre jusqu'à ce qu'il soit 22h59. L'aiguille des secondes était en train de terminer son tour lorsque la voix de Pansy s'éleva dans la pièce.
- A trois, on jette le sort, ok? demanda Pansy.
- Un, deux, trois…Petrificus totalus…
A 23h00 précise, les portoloins s'étaient activés, mais le sortilège les pétrifia, les figeant dans le temps et l'espace.
- Tu crois qu'on a réussi?
- J'espère, répondit Drago, le visage crispé par la tension. Au moins, les portoloins n'ont pas eu le temps de nous transporter ailleurs. Dumbledore a dit que la boussole dorée était celle pour s'entraîner alors que l'argentée nous servirait pour les missions.
Chacun regarda la couleur du cadran de la boussole. Drago avait la dorée et Pansy rangea la sienne dans sa poche.
- T'inquiète, je ne vais pas la perdre. Passons à la deuxième étape.
Elle pointa sa baguette sur la boussole de Drago et murmura un « Duplicatus portus ». Il apparut soudain une deuxième boussole dans la main du Serpentard. Elles paraissaient identiques. Un sourire machiavélique déforma le visage de la jeune femme alors qu'elle répéta la formule magique une dizaine de fois, jusqu'à ce que les mains de Drago furent remplies de petites boussoles.
- Je pense qu'on en a assez pour le moment, décida Pansy avec assurance. C'est sûr, l'idéal aurait été d'être à trois pour s'entraîner, mais enfin, on peut pas tout avoir. Donc, moi, j'amène la personne à exécuter devant toi. Je vais pendant ce temps essayer de lui passer le portoloin aussi discrètement que possible, tout en lui chuchotant qu'elle doit le garder en main.
- Ok, comme on est que deux, il va falloir que je fasse la victime, enchaîna Drago. Tu m'amèneras devant la vieille armoire, comme si c'était moi. On est d'accord ?
- Oui, essayons de mettre ça en pratique.
La jeune femme prit une boussole qu'elle glissa dans sa poche et Drago rangea les autres dans sa robe de sorcier. Pansy attrapa le Serpentard par le col et le poussa en direction de la vieille armoire. Elle se tenait derrière lui, légèrement sur le côté, sa baguette enfoncée dans la peau de son cou, son autre main agrippée au niveau de son coude.
- Prends ça, c'est un Portoloin et garde-le dans ta main pour…
- Non, ça ne va pas, dit Drago sur un ton catégorique. Moins tu parleras, moins on aura de risque de se faire prendre. Contente-toi peut-être de dire « cache ça dans ta main », ça devrait suffire.
- Mouais, marmonna Pansy, un peu contrariée mais néanmoins d'accord avec sa remarque.
Ils reprirent donc avec les mots de Drago et Pansy glissa discrètement le Portoloin dans sa main. Quinze minutes s'écoulèrent avant que les deux Serpentard ne furent totalement satisfaits de leur « prestation ».
- Bon, deuxième étape, je reprends ma place, dit Drago en se mettant au niveau de l'armoire, face à Pansy. Toi, tu va devoir faire la personne à exécuter et toi en même temps…c'est vraiment pas réaliste…soupira le jeune homme en secouant la tête d'agacement.
- Bah ouais, mais qu'est-ce que tu veux qu'on fasse ? Tu vas tout de même pas demander à Potty chéri de venir nous donner un coup de main, non ?
- Oh c'est bon ! Lâche-moi avec Harry tu veux bien ?
- ET ARRETE DE L'APPELER HARRY MERDE !
Drago resta hébété quelques secondes face à la jeune femme qui haletait de fureur.
- Désolée, mais c'est insupportable de t'entendre l'appeler comme ça.
Son visage se déforma comme si elle venait d'avaler un citron entier. Avant de prendre la parole, Drago secoua énergiquement la tête pour sortir de sa torpeur.
- Très bien, évite d'en parler tout le temps alors. Tu penses que tu peux faire ça ?
Pansy offrit un grognement en guise de réponse et Drago s'en contenta en soupirant.
- Bien, alors je disais que tu dois faire la personne à exécuter et toi en même temps. Tu as juste à garder la boussole dans ta main et assure-toi quand on sera en mission qu'elle ne puisse pas mettre ses mains dans les poches. Tiens-lui bien le coude pour qu'elle garde sa main dans ton champ de vision, d'accord ?
- Ouais.
- Alors, maintenant, c'est la partie la plus délicate : il faut qu'on sache tous les deux exécuter notre sortilège sans parler. Tu as déjà réussi à faire ça ?
- Je m'en sors pas trop mal.
- Demain on n'aura pas le droit à l'erreur. On devra réussir du premier coup et être parfaitement synchronisé quand on jettera chacun notre sort.
- Il nous faudrait un signal discret pour savoir quand commencer, disons…que tu me fais un de tes sourires démoniaques où tu montres tes dents. Dès que tes dents sont visibles, on lance nos sorts, ça te va ?
- Pourquoi pas. C'est toujours moins suspect qu'un clin d'œil.
- Bon, allez, au boulot.
Pansy se mit bien en face de Drago, sa main gauche appuyée contre son abdomen enserrant le Portoloin, sa main droite pointant sa baguette contre son propre cou. Elle dévia lentement le bout de bois vers sa main gauche et son regard se fixa sur les lèvres de Drago. Ce dernier sortit sa baguette et la pointa sur elle. Une minute s'écoula pendant laquelle personne ne dit rien. Chacun était concentré sur son objectif et leur respiration était de plus en plus lente et profonde. Lorsque Drago se sentit prêt, il se mit à sourire jusqu'à ce que ses lèvres laissent apparaître ses dents blanches.
Immédiatement, la baguette de Drago cracha un nuage de fumée épais semblable à celui que faisait apparaître Voldemort lorsqu'il pulvérisait un cadavre. Drago avait adopté sa technique puisqu'ils ne perdaient plus de temps à rendre les corps à leur famille qui était généralement elle aussi liquidée. Cela ne faisait que renforcer davantage la terreur dans les quartiers, lorsqu'une famille entière avait disparu.
Cependant, le sort que venait d'utiliser Drago était différent de celui que Voldemort lui avait appris. Celui-ci se contentait de faire apparaître un nuage de fumée pour permettre de brouiller la vue d'un ennemi potentiel. Néanmoins, le résultat des deux sorts était d'apparence identique.
Pansy avait également réussi à jeter son sortilège sans dire la formule à haute voix. D'un « finite » bien dirigé vers le Portoloin, elle avait annulé le sort du « Petrificus totalus » et le Portoloin était alors devenu actif le temps d'une fraction de secondes, le temps de réaliser qu'il n'était plus 23h tapante mais 23h27. Pourtant, cette fraction de secondes était suffisante pour permettre à Pansy de disparaître de la pièce au moment où le nuage de fumée l'avalait toute entière.
Leur plan avait fonctionné. Le Portoloin s'était activé à 23h et était resté figé dans cet état d'activation sous l'effet du « Petrificus totalus ». Puis le « Finite » avait annulé le sort, permettant ainsi à la boussole d'emmener Pansy à la destination qu'ils avaient demandée à Dumbledore, c'est-à-dire l'une de leur chambre.
Drago se précipita vers le petit escalier, le cœur battant à cent à l'heure. Il voulait être sûr que Pansy était dans une des chambres avant de crier victoire. C'était juste trop parfait.
- PUTAIN DRAGO !
Un hurlement de joie, poussé à pleins poumons.
Les épaules du jeune homme s'affaissèrent, ses jambes tremblèrent violemment, ses genoux se plièrent. Drago prit son visage dans ses mains et se pencha en avant. La douleur qu'il ressentait à cet instant était insoutenable. Sa marque des Ténèbres s'était embrasée devant la trahison qu'ils se préparaient à commettre.
Drago l'avait carrément oubliée pendant toute la journée car celle-ci ne lui avait pas fait mal et ses mains n'avaient pas plus tremblé que les jours précédents. Le jeune homme se recroquevilla sur le sol, le souffle court, l'odeur de peau brûlée attaquant ses narines.
Un hurlement de douleur, provenant d'une des chambres.
- Pans…sy…
Le Serpentard trouva la force de ramper sur le tapis, en direction du petit escalier. La douleur se répandit dans la chair de son épaule et commença à ronger l'articulation. Il s'écroula par terre, secoué par de violents spasmes. L'air n'entrait plus dans ses poumons, mais Drago trouva encore la force de se mettre à quatre pattes et d'avancer vers l'escalier.
Pansy apparut soudain d'une des chambres, les joues rouges et la démarche zigzagante. Elle se précipita sur lui et se laissa tomber à genoux, une seringue à la main. Sans rien dire elle enfonça l'aiguille dans sa poitrine et vida le cocktail de drogues dans son organisme. Drago posa son front sur l'épaule de la jeune femme, attendant simplement que l'euphorie fasse son œuvre. Cependant, la douleur était toujours présente et cette fois-ci, les brûlures ne disparurent pas.
- Encore, supplia Drago la voix chevrotante.
Pansy soupira et sortit une deuxième seringue de sa poche. Elle ne donna que la moitié de son contenu au Serpentard.
- On est dans la merde, murmura Pansy. A ce rythme-là, on va se retrouver à court de drogues à la fin du mois.
- Alors pourvu que tout soit terminé dans un mois.
- On peut toujours rêver. N'empêche qu'il faudra que je refasse mes stocks, sinon cette putain de marque nous tuera.
- Tout ira bien, susurra Drago en s'allongeant sur le dos, les bras le long corps.
- Mouais, ça y est, t'as décollé, dit Pansy en passant la main devant les yeux du Serpentard.
Elle s'allongea à côté de lui et l'observa longuement, sans rien dire. Vu la dose qu'elle lui avait administré, le jeune homme était proche d'un état délirant. Ses yeux roulaient de temps en temps en sentant des vagues de plaisir remonter de ses pieds et sa langue venait fréquemment humecter sa lèvre inférieure.
La peau de son bras marqué était à nouveau belle et sans brûlure. Rassurée, Pansy se redressa et embrassa le Serpentard sur le front avant de poser sa tête dans le creux de son épaule.
- Oui, tout va bien se passer. On s'en sortira ensemble…
Les deux Serpentard s'étaient endormis dans cette position sur le vieux tapis bleu, à la fois exténués et apaisés. La nuit fila à toute vitesse pour laisser place à un soleil étonnamment radieux pour ce jour de printemps. Pansy s'éveilla peu avant Drago, mais elle resta blottie contre lui, attendant tranquillement qu'il reprenne conscience.
Les paupières du Serpentard papillonnèrent lentement jusqu'à ce que ses yeux gris ne s'accommodent à l'intensité des rayons de soleil qui s'invitaient dans leur salon.
- Bonjour, chuchota Pansy d'une voix enrouée par le sommeil.
Drago tourna la tête vers elle, un peu décontenancé qu'ils soient par terre et si près l'un de l'autre.
- Hum, bonjour…
En le voyant rougir, ce qui était vraiment rare, Pansy se redressa et s'éloigna de lui, un sourire malicieux bien en place.
- Laisse-moi deviner, je suis la première fille avec qui tu dors…
Drago se sentit soudain très éveillé. Il se leva d'un bond et se dépêcha de disparaître dans une des chambres. La jeune femme éclata de rire et sautilla joyeusement en direction de la pièce où Drago s'était réfugié.
- Alors j'ai raison ? cria Pansy d'un air mi-provocateur, mi-curieux. Tu n'as jamais connu l'extase à deux, à trois, à quatre ?
- Lâche-moi, grogna Drago en sortant brusquement de la pièce.
- Oh mais ne sois pas comme ça ! J'essaye juste d'imaginer dans quel état d'esprit ça doit te mettre.
- Tu sais, dit-il en lui faisant volte-face, pour le moment, c'est le cadet de mes soucis et je me demande comment tu peux penser à ça alors qu'il y a de grandes chances pour qu'on ne revienne pas vivant de la mission de ce soir…
- Mouais, et c'est pour ça que tu réagis avec autant d'agressivité ? Fais-moi rire, t'es humain, tu ne peux pas ignorer les besoins de ton corps, chantonna-t-elle en faisant un clin d'oeil au Serpentard.
- Oh, pitié ! Evite-moi ce genre de lecture. J'ai déjà des parents pour me faire des leçons de vie.
- Et qu'est-ce qu'ils t'ont dit ? Ne pas coucher avant le mariage ? Choisir une Sang-pur ? Se reproduire pour avoir des héritiers ?
Drago lui tourna le dos, incapable de la regarder en face quand il savait pertinemment qu'on avait dû également la préparer à ce genre d'avenir.
- Et alors ? Même si c'est complètement absurde, c'est pas pour autant que j'ai envie de perdre mon temps à batifoler à droite à gauche.
- Tu te rends compte que tu passes à côté de quelque chose d'important ? demanda Pansy, le visage maintenant sérieux. Tu juges sans savoir. Et je ne te parle même pas de sentiment ! Je te dis juste que s'envoyer en l'air, ça décharge, et pour des sorciers dans notre situation, c'est un bon truc parce que c'est presque parfois aussi euphorisant qu'un shoot d'extasie.
- Je rêve où tu es en train de me faire une proposition ? demanda Drago en reculant d'un pas, les yeux perçants.
- Psychote pas, imbécile ! C'est juste un conseil d'ami, à prendre ou à laisser. Tu es bien foutu, tu peux te taper qui tu veux.
- Et toi, je ne t'attire pas ?
- C'est pas la question, s'empressa-t-elle de répondre.
- Si je comprends bien, pour toi, c'est quelque chose d'anodin qui n'engage à rien ?
- Voilà. Bon, après, je suis pas en train de te dire que je m'envoie en l'air tout le temps. A chaque fois que je vais dans les quartiers moldus, je me débrouille pour emballer un type.
- Et à Poudlard ? Je ne t'ai jamais vu fricoter avec quelqu'un.
- Je ne préfère pas. Les choses sont différentes ici. On te connaît.
- Donc, on est d'accord. Je ne peux trouver personne ici.
- Bah c'est vrai que l'idéal, ce serait que je t'initie à tout ça, comme on peut se faire confiance…
Drago recula inconsciemment d'un pas supplémentaire, les joues encore plus rouges.
- Mais t'inquiète, je t'oblige à rien. Sache juste que je suis prête à te rendre ce service, parce que ce serait trop con que tu te prives du peu de plaisir qu'il y ait dans ce monde.
- Si tu le dis…
- Je te laisse y réfléchir. Au fait, en parlant de besoin, où sont les toilettes ?
- Hum, j'en sors justement. En fait, il n'y a qu'une chambre à coucher dans cet appartement. L'autre pièce, c'est la salle d'eau.
- Oh…
Bon je sens que ce chapitre va faire hérisser le poils de tous les fans de Drarry, c'est-à-dire tout le monde lol !
Allez, ne soyez pas si dur avec Pansy ! C'est quelqu'un de formidable et rappelez-vous que sans elle, Drago serait déjà mort !
Sur ce, je vous laisse...
A bientôt !
