- Je te laisse y réfléchir. Au fait, en parlant de besoin, où sont les toilettes ?
- Hum, j'en sors justement. En fait, il n'y a qu'une chambre à coucher dans cet appartement. L'autre pièce, c'est la salle d'eau.
- Oh…
Avant d'aller petit-déjeuner, les deux Serpentard se dépêchèrent de dupliquer un maximum de Portoloins en vue de leur mission à venir. Pansy les cacha dans la poche de sa robe de Mangemort qu'elle avait agrandie magiquement pour en contenir des milliers. Il fallait s'assurer qu'ils ne se retrouvent pas à court de boussoles, au quel cas ils ne pourraient plus déplacer les malheureux vers la Salle sur Demande.
- Il y a par contre une question auquel je n'ai pas réussi à trouver de réponse, murmura Pansy en sortant de leur appartement.
- Dis-moi ? chuchota Drago en se rapprochant d'elle.
- Toutes ces personnes vont atterrir dans la Salle sur Demande. Mais qu'est-ce qu'il va se passer si quelqu'un y est déjà pour une autre raison que celle de s'y cacher ?
- Oh, merde. J'y ai même pas pensé…
- Potty et Rogue y restent parfois très tard pour travailler ou pour faire autre chose, va savoir…
- Commence pas, Pansy, menaça le Serpentard entre ses dents.
- Oui, oui. Bon, n'empêche que je me demande s'il est possible d'entrer dans la Salle sur Demande pour un autre motif que la personne qui y est déjà. Je ne pense pas, en fait, parce que la Salle doit garder un certain aménagement pour la personne qui est à l'intérieur. Elle ne peut pas avoir deux apparences en même temps. Tu me suis ?
- Ouais. Mais la probabilité qu'ils soient encore à l'intérieur quand on utilisera les Portoloins est faible.
- Ce détail pourrait tout faire foirer, t'en as conscience ?
- Et qu'est-ce qu'on peut y faire ? On ne peut pas leur demander de dégager à une certaine heure.
- Et pourquoi pas ? Toi qui es si proche de Potty chéri, c'est peut-être l'occasion d'utiliser ça à notre avantage. Tu voulais lui parler, non ?
- Mais certainement pas de ce que je fais ! C'est justement pour ne pas l'inquiéter que je me suis éloigné de lui !
- Chut ! Baisse la voix, on va nous entendre.
Le couloir était heureusement vide et les deux Serpentard se remirent à chuchoter.
- Si un jour j'aurais pu imaginer entendre ça…tu t'es éloigné de Potty pour son bien-être ?
La jeune femme ne put s'empêcher d'éclater de rire, sous le regard meurtrier du Serpentard.
- C'est vraiment pas drôle. Aussi inconcevable que ça puisse paraître, on en a souffert tous les deux.
- Mais merde ! Vous étiez ensemble ou quoi ? Ça devient complètement délirant de t'entendre parler comme ça !
Drago s'arrêta de marcher et fixa Pansy d'un air incrédule.
- Ensemble ? Ça va pas la tête ?
- Ah ouais ? Parce que c'est moi qui suis à côté de la plaque ? Tu devrais t'entendre parler…On dirait que Potter est le meilleur ami que tu n'aies jamais eu !
- Ecoute une bonne fois pour toute : Harry n'est pas celui que tu crois. C'est quelqu'un de bien, quelqu'un envers qui j'ai une dette. Je ne serais plus là sans lui. Tu comprends maintenant pourquoi je veux son bien ?
- Non, répondit-elle en croisant les bras avec obstination.
Drago soupira, un léger sourire étirant ses lèvres.
- Toi alors…
Pansy craqua devant ce sourire complice et un sourire amusé illumina son visage.
- Désolée, mais c'est trop me demander. Je peux pas le supporter, c'est tout.
- Ok, j'ai connu ça.
Le visage de la jeune femme redevint sérieux lorsqu'ils arrivèrent à l'entrée de la Grande Salle.
- Mais j'insiste. Faut que tu parles à Potter. Bien sûr ne lui dévoile rien de notre plan. Si tu trouves une bonne excuse, il fera ce que tu lui dis.
- Je te rappelle qu'on est en froid. Il me voit comme un « simple » Mangemort à présent.
- Mais si je comprends bien, ça n'a pas toujours été le cas…
- En effet, répondit Drago d'un air pensif.
- Et qu'est-ce qui a changé ça ?
- …toi…
- Waouh. C'est bien la première fois que Potter me fait plaisir.
- Hein ?
- Il me croit capable de te pervertir l'esprit. Si c'est pas un compliment ça ? Potty croit qu'on est ensemble et comme il pense que je suis une vraie Mangemort, il est convaincu que je t'ai manipulé et que maintenant, tu es comme moi.
- Oui, ça tient la route, soupira Drago les sourcils froncés. N'empêche qu'il m'a reproché de lui avoir menti dès le début. J'en reviens pas qu'il ait pu me dire une chose pareille alors que je lui ai tout raconté. Je pensais qu'on se faisait confiance.
Ils s'assirent en bord de table, comme d'habitude et jetèrent un œil à Harry qui petit-déjeunait un peu à l'écart de Ron et Hermione. Ces derniers semblaient embarrassés par l'attitude de leur meilleur ami qui était toujours vexé contre eux pour l'incident de la cape, entre autres…
Pansy s'étrangla soudain en buvant son café. Elle recracha le liquide brûlant sur la table dans un bruit de cochon qu'on égorge. Tous les yeux se tournèrent vers elle et des rires moqueurs s'élevèrent dans la Grande Salle.
Drago lui frappa dans le dos pour l'aider à vider ses poumons des dernières gouttes de café. Harry lui adressa un regard furieux et se leva de table. En passant à côté d'eux, il ne put s'empêcher de provoquer la jeune femme.
- J'ignorais qu'en plus d'avoir des gènes de chien pékinois, tu en as aussi de porc…déclara-t-il cruellement.
Seuls Pansy et Drago avaient pu l'entendre et l'Elu s'éloigna d'une démarche triomphante.
- Va te branler, espèce de mal baisé !
Drago plongea son visage dans ses mains.
- Très mature, grogna-t-il pour lui-même.
Heureusement qu'aucun professeur n'avait entendu sa vulgaire remarque. Néanmoins, quelques élèves avaient tendu suffisamment l'oreille et des chuchotements surexcités de filles commençaient à se faire entendre.
Pansy éclata d'un rire étrange, comme si on venait de lui raconter la blague de l'année en même temps que le scoop de la décennie.
- Qu'est-ce qui te prend ?
- Oh, non ! Je peux pas le croire, Drago !
- Quoi, bordel ?
- En fait, c'est pas que ça ! Potter est jaloux de moi !
- Hein ?
- Il pense qu'on sort ensemble, voilà ce qui lui fait péter un câble ! Il te voulait pour lui tout seul ! Oh mon Dieu, c'est trop !
Et la jeune femme repartit dans un fou rire irrépressible, sous le regard médusé des sorciers de la Grande Salle.
- Par Merlin, arrête de rire comme ça, tout le monde nous regarde.
Pansy se mordit la langue pour tenter de se calmer, ce qu'elle réussit à faire en voyant le regard menaçant de Drago.
- Désolée…
- C'est rien, c'est rien. Mais…quand tu dis que Potter est jaloux, tu veux dire jaloux parce qu'il en pince pour moi ? Ou juste jaloux parce que je suis plus souvent avec toi qu'avec lui maintenant ?
- A ton avis ? dit la jeune femme, un sourire malicieux bien en place.
- Mais c'est pas possible, enfin, Potter est sortit avec Chang l'année dernière. C'est vraiment pas le genre. C'est trop tordu pour être possible.
- De quoi ? Deux personnes du même sexe ensemble, tu trouves ça tordu ?
- Non, c'est pas ce que j'ai dit. Ton idée est tordue. Mais maintenant que tu le dis, c'est vrai que je trouve ça tordu.
- Ça te dégoûte ?
- Franchement, ça me gêne. C'est quelque chose que je ne peux pas envisager pour moi en tout cas.
- Admettons.
- Comment ça admettons ?
- Rien. C'est juste que j'espérais que tu sois plus ouvert que ça, après toutes les conneries qu'on nous a rabâchées sur le sang pur et tout. Je trouve ça dommage.
- Ne mélange pas tout, d'accord ? Et puis, l'homosexualité est quelque chose qui ne me concerne pas et qui ne m'intéresse pas. Un point c'est tout.
- Bref. Je t'ai dit ce que j'en pense concernant Potter. Tu vois les choses comme tu veux mais en tout cas, va lui parler et trouve une solution pour le faire dégager de la Salle sur Demande ce soir. Et les autres soirs d'ailleurs.
- Ouais, le moins qu'on puisse dire, c'est que c'est pas gagné.
Des hululements leur firent lever la tête. Les hiboux arrivaient avec le courrier. Baltus atterrit soudain sur l'épaule de Drago dans un petit cri de joie.
- Alors ma jolie, la chasse a été bonne cette nuit ?
La petite chauve-souris décolla dans les airs et déposa la Gazette du Sorcier sur la table. Elle revint ensuite sur son épaule. Les yeux du Serpentard furent immédiatement attirés par le titre de la une : « LA GUERRE EST DESORMAIS OFFICIELLE ! ».
- Pansy…murmura Drago.
La jeune femme lut rapidement l'article et les deux Serpentard échangèrent un regard terrifié. La guerre était ouvertement déclarée. Tout allait se jouer dans les jours, les mois, voire les années à venir. Il fallait choisir son camp une fois pour toute et supporter les conséquences qui allaient en découler.
Voldemort ne cherchait même plus à être discret. Il avait apparemment changé de tactique pour atteindre le pouvoir. Ecraser les forces armées de chaque pays faisait partie de ses plans. La population avait eu le temps d'avoir peur pour leur vie. Elle était maintenant prête à se soumettre. Il ne restait plus qu'à défaire les gouvernements par la force.
- Il faut qu'Harry lise ça, murmura Drago dans l'oreille de Pansy.
- OK. Moi je vais encore aller dupliquer des Portoloins. Quelque chose me dit qu'on aura encore plus de gens à trier.
- Oui, c'est certain. Espérons juste que Voldemort ne change pas ses plans pour nous.
Pansy ne répondit rien, mais le frisson qui parcourut ses épaules fut assez clair pour le Serpentard.
- Rendez-vous en cours. Ne sois pas en retard.
- Bonne chance avec Potter.
Drago ne perdit pas une seconde et quitta la Grande Salle dans un silence oppressant. Instinctivement, il savait qu'Harry était allé prendre l'air et il se précipita dehors. Baltus s'envola dans les airs tandis que son maître s'éloignait en direction du lac. Le Serpentard repéra facilement la silhouette du Gryffondor à travers les arbres. Celui-ci tournait en rond et frappait violemment toutes les branches d'arbre qui étaient à sa portée. Drago expira bruyamment pour se donner du courage et s'approcha du Gryffondor. Ce dernier se tourna soudain et dégaina sa baguette avec une extrême agilité. Drago leva ses mains en signe de paix et s'avança encore de quelques pas. Harry grogna d'un air menaçant et tendit encore plus sa baguette dans sa direction.
- Qu'est-ce que tu veux ?
- Du calme, Harry. Je suis juste venu te donner ça…mais d'abord, range ta baguette.
- C'est ça, ricana l'Elu, tu me prends pour qui ?
- S'il te plaît, arrête. Je ne suis pas là pour t'agresser.
- Oh, laisse-moi deviner, tu viens voir comment je vais, en tant que bon ami ?
- Tu veux bien arrêter ce ton sarcastique ? Comme je te l'ai déjà dit, je suis venu pour que tu puisses lire cet article de la Gazette du Sorcier. Et s'il est vrai que je ne peux être ton ami, je ne suis pas pour autant ton ennemi.
- Super. Et je dois m'estimer heureux de cette situation ? Tu ne m'expliques rien et je dois rester calme et croire que c'est la meilleure solution ? Tu m'as fait croire que je pouvais compter sur ton soutien, mais tout ce que tu as fait, c'est me donner un faux espoir de ne plus être seul dans cette galère ! C'est la pire trahison que tu pouvais me faire et je te déteste pour ça…
Les mots du Gryffondor sortaient dans un murmure. Pourtant, ils étaient crachés avec une telle sincérité que Drago comprenait à quel point il avait blessé Harry. C'est à ce moment qu'il comprit que son attitude de repli face au Gryffondor n'était pas la meilleure solution. C'était même la pire. Le Serpentard réalisa que rien n'était plus important pour Harry que la vérité et qu'il puisait sa force dans ces vérités. Harry n'allait pas mieux depuis qu'il s'était éloigné de lui. Il s'était trompé.
Drago décida alors de tout chambouler, de tout raconter à Harry, quitte à lier définitivement leur futur face au danger, quitte à entraîner Pansy dans leur déchéance. Mais avant, il devait bien choisir ses mots et faire en sorte qu'Harry comprenne une bonne fois pour toute qu'il était de son côté. Pour gagner du temps, il insista pour que le Gryffondor lise l'article.
- Je comprends, sincèrement. Mais si tu veux bien lire ça, je te promets de tout t'expliquer après. Tu as ma parole.
- Encore une fois, c'est toi qui décides comment les choses doivent se dérouler ?
- Désolé, pour tout. Je te supplie de me donner une dernière chance de rattraper mes erreurs.
Le Gryffondor perdit son masque de colère. Drago semblait vraiment sincère et peiné.
- Soit. File-moi le journal, dit Harry en rangeant sa baguette.
Drago n'eut pas besoin de préciser ce qu'il fallait lire. Les yeux de l'Elu se posèrent instantanément sur le titre et y restèrent une bonne minute sans bouger, comme si son esprit se refusait à admettre l'inévitable.
Puis, sa main tremblante tourna quelques pages à la recherche des détails.
"La nuit dernière, le premier ministre britannique Michael Cabot ainsi que les ministres d'une douzaine d'autres pays d'Europe, ont reçu une lettre écrite de la main du Lord Noir le plus terrifiant de tous les temps, Voldemort.
Ce que nous craignions le plus vient d'arriver. La guerre est officiellement déclarée.
Michael Cabot, jeune mais courageux successeur de l'ancien premier ministre Fudge, tente de rassurer hommes, femmes et enfants de ce pays.
Voici sa déclaration, datée de ce matin-même:
«Mes chers concitoyens, je vous demande de ne pas céder à la panique et de garder l'esprit lucide. Nous n'allons pas nous laisser faire. A l'heure où je vous parle, des millions de sorciers, dont notamment un grand nombre d'Aurors, se déploient dans vos rues pour vous assurer un maximum de protection.
Les Mangemorts et autres monstres de la même espèce ne sont pas assez nombreux pour menacer la puissance de notre armée. Ce gouvernent tiendra bon.
A mon élection, je vous ai promis de tout mettre en œuvre pour rétablir l'intégrité de ce ministère et pour vous permettre une information claire et honnête de la situation. Je m'y engage à nouveau.
C'est en gardant la foi que nous vaincrons, ensemble.»
Malgré ce message rassurant, nous ne pouvons qu'être inquiets face à la tournure des évènements. C'est la première fois que le Seigneur des Ténèbres ne cache plus ses intentions de prendre le pouvoir. Jusqu'où sera-t-il prêt à aller pour arriver à ses fins? Pour vouloir attaquer plusieurs états de front, on peut légitimement mettre en doute les paroles du premier ministre en ce qui concerne une infériorité numérique de l'armée adverse. Veut-il contrôler le monde?
Dans sa lettre, le Lord Noir explique à nouveau ses motivations, cette nécessité de séparer les sorciers de sang pur des autres…entre autres…Mais n'est-ce pas qu'une question de pouvoir?
Le Seigneur des Ténèbres «invitent» la population de Sang-purs à soutenir sa cause et «encouragent» les autres à se rendre. Nous savons déjà ce que cela signifie : refuser de se soumettre, c'est signer son arrêt de mort ainsi que celle de sa famille.
Mais que fait Harry Potter ? Et où est passé Albus Dumbledore ? Vont-ils enfin faire quelque chose ?"
Harry tremblait de rage. Comment osaient-ils s'impatienter ? Ils pensaient peut-être qu'il se tournait les pouces ? Qu'il lui suffisait de défier Voldemort et de le tuer d'un petit coup de baguette ? Lui au moins faisait quelque chose.
- Et tu crois que ça m'aide de lire ça, hein ? Je sais ce que tout le monde attend de moi et j'ai promis de faire de mon mieux, alors qu'on me foute la paix ! Je m'entraîne, voilà ce que je fais, tous les jours! T'es content ? Je viens de t'avouer ce que je fais et pourtant je n'en ai pas le droit ! Et en plus tu es un Mangemort ! Mais pourquoi je fais ça ?
Drago attrapa le Gryffondor par les épaules et le secoua durement.
- Calme-toi maintenant et écoute-moi. Si tu viens de me dire ça, moi aussi je vais te faire confiance. Pansy et moi avons un plan et ce plan nous amènera à vous aider. A t'aider toi. Je ne suis peut-être pas quelqu'un de courageux, mais tu as ma parole que je me battrai pour notre liberté. Je suis avec toi, tu entends ?
Harry resta silencieux pendant un long moment, ses yeux fixant le Serpentard.
- Je suis avec toi, répéta-t-il dans un souffle.
- C'est la vérité ?
- Oui, Harry.
- Et tu ne me laisseras plus jamais tomber ?
- Je te le promets.
Profondément soulagé, Harry ne put s'empêcher d'enlacer Drago de toutes ses forces. Le Serpentard l'agrippa tout aussi fortement et osa poser sa tête sur son épaule.
- Voldemort ne se cache plus parce qu'il se croit invincible. Il est invincible…
- Bien sûr que non. Et tu vas le tuer.
- Tu n'as pas compris. Je ne te dis pas ça parce que je ne pense pas pouvoir le vaincre. Il l'est réellement. Mais les choses vont bientôt changer. Il le faut.
- Cela a un rapport avec ce que fait Dumbledore n'est-ce pas ?
Harry hocha la tête sans rien dire.
- Il ne va pas bien, soupira l'Elu. J'espère qu'il s'en sortira et qu'il réussira.
- J'espère aussi. Tu sais, il m'a aidé.
Harry releva la tête, clairement surpris.
- Quand ?
- Avant-hier et hier, je suis allé le voir avec Pansy.
Le Serpentard remarqua qu'Harry avait serré sa mâchoire en entendant le nom de la jeune femme. L'espace d'une seconde, il repensa à la discussion qu'il avait eue avec elle peu avant.
- En quoi t'a-t-il aidé ?
- C'est une longue histoire. Viens, asseyons-nous.
Drago prit Harry par le poignet et l'entraîna avec lui au bord du lac. Ils s'assirent sur la pierre plate, au pied de l'arbre, bien blottis l'un contre l'autre pour pouvoir chuchoter leurs secrets.
- Voilà. Pansy et moi avons été chargés de tuer tous ceux qui s'opposent à Voldemort ou qui ne remplissent pas les critères pour faire partie de son armée. Et donc j'ai tué, beaucoup de sorciers, beaucoup…
Drago s'interrompit, la culpabilité et la douleur occultant tout l'espace d'un moment.
- Mon dieu…comment tu as pu supporter ça ? Cette question m'a obsédé depuis ce jour où tu me l'as dit.
- Au départ, c'était très dur. Après, eh bien, Pansy m'a aidé à mon insu. Elle…
Drago hésita un moment à lui avouer qu'ils se droguaient, puis il se dit qu'Harry allait le découvrir tôt ou tard.
- Elle m'a drogué et elle se drogue aussi.
- Quoi ?
- Attends, ne t'énerve pas, tu vas bientôt comprendre…Elle…
- Ne t'énerve pas ? Tu veux que je reste calme après ce que tu viens de me dire ? Par Merlin, c'est ça ta solution ? Te droguer ? Comment a-t-elle pu te faire ça ?
- Harry, écoute-moi. En faisant ça, elle m'a sauvé la vie.
- Non mais tu délires ? Quelle drogue elle te donne ?
- De la GHB, c'est un peu comme de l'extasie. Ça fait planer.
- En clair, vous avez trouvé un moyen de continuer à tuer sans avoir à supporter la gravité de vos actes…Comment vous avez pu faire ça ?
- Drogue ou pas, je dois vivre avec ce j'ai fait tous les jours. Aucune drogue ne pourra effacer le visage de ceux que j'ai tué. J'ai voulu mettre fin à mes jours parce que je ne pouvais plus faire ça.
- Oh mon dieu, je n'aurais jamais dû te laisser partir. Tout est de ma faute.
Harry se prit la tête dans les mains et la secoua lentement de droite à gauche.
- Ne dis pas ça. Tu sais bien que tu as essayé de m'aider.
- J'aurais dû faire plus.
- A ce moment-là, il n'y avait pas d'autre solution. Alors, s'il te plaît, ne te torture pas l'esprit avec ça.
Harry releva la tête, l'air profondément marqué par ce qu'il venait d'apprendre.
- Désolé de m'emporter…
- C'est rien. Je ne pouvais pas espérer que tu prennes mieux les choses. J'ai parfois du mal à y croire moi-même. Enfin, c'est pas le plus dingue. Il y a tant de choses que tu ignores…
- Dis-moi tout.
- Très bien. La drogue est indispensable à notre survie parce qu'elle trompe notre esprit. Elle nous fait croire que tout va bien, qu'on se sent bien. Comme tu dois t'en douter, Voldemort m'a apposé sa marque. Cette marque est particulière parce qu'elle détecte les traîtres. Je serais déjà mort si la drogue n'avait pas dupé ma marque. Le problème, c'est que les effets de la drogue s'estompent avec le temps. En fait, j'ignore combien de temps je pourrais tenir dans ces conditions.
- Tu dois tant souffrir…
- Ne t'inquiète pas, ça en vaut la peine, parce que je vais bientôt pouvoir faire quelque chose de bien. Mais je vais avoir besoin de ton aide pour ça.
Harry fit de grands yeux.
- Dumbledore nous a donné un Portoloin. C'est grâce à ça qu'on va pouvoir évacuer ceux qu'on est censé tuer. Si tout se passe comme prévu, cette nuit devraient arriver les premières personnes dans la Salle sur Demande.
- La Salle sur Demande ?
- Oui, nous comptons les cacher là et les entraîner pour défendre ce château. Je suis certain que cet endroit ne sera pas épargné.
Harry était clairement abasourdi par ce qu'il venait d'entendre. Il ne savait pas s'il devait y croire, être fier de Drago, ou avoir peur pour lui. Cela paraissait surréaliste et franchement infaisable.
- Tu crois que ça peut marcher ?
- Oui, et d'ailleurs vaudrait mieux, parce que c'est ma seule chance de rédemption.
- Et surtout, tu risques d'y laisser ta peau.
- Mais j'ai enfin compris que vivre à tout prix n'avait pas de sens. Alors, je vais faire de mon mieux pour que ce soir soit une petite victoire contre Voldemort.
Harry était heureux d'entendre cela. Il avait bien fait de lui laisser une dernière chance parce que Drago faisait tout pour devenir quelqu'un de bien. Il se sentait de nouveau prêt à lui faire confiance.
- Tu as dit avoir besoin de mon aide, rappela le Gryffondor.
- Oui, pour que le Portoloin transporte les sorciers jusque dans la Salle sur Demande, il va falloir qu'elle soit vide. Peut-être que c'est une précaution inutile, mais on préfère ne rien négliger. Alors il faudrait que tu fasses en sorte que ton entraînement se termine à minuit au plus tard.
- Ok. De toute façon, on termine généralement aux alentours de huit heures du soir.
- Génial. Je te remercie infiniment pour le coup de main.
- Pas de quoi. Par contre, je pense à un truc, dit Harry les sourcils froncés, comment on va se partager la Salle le jour ?
- Oh merde. J'avoue que j'y ai pas pensé.
Un sourire malicieux apparut sur le visage du Gryffondor.
- Quoi ? Tu as une idée ?
- Rogue passe son temps à dire que je suis nul et qu'il aurait préféré entraîner n'importe qui d'autre. Je crois qu'il serait bon de le mettre dans la confidence, histoire de voir s'il veut entraîner d'autres sorciers.
- Non mais ça va pas ? C'est un Mangemort, je te rappelle.
- Et tu ne trouves pas bizarre qu'il ne m'ait rien fait depuis le temps que l'on se bat en duel ? Et Dumbledore lui fait confiance. Alors moi aussi.
- Pour quelqu'un de parano comme toi, je trouve ça dingue que tu lui fasses confiance aussi aveuglément. C'est un homme. Il peut se tromper. Et si Rogue n'a jamais tenté quoi que ce soit, c'est parce que Voldemort te veut pour lui tout seul…
- Peut-être…Mais la vérité, c'est que j'ai appris à lui faire confiance. J'ignore pourquoi, mais j'ai envie de suivre mon instinct. Je te demande de me faire confiance.
Drago et Harry se fixèrent sans rien dire pendant un long moment. L'instant était crucial. Tout pouvait basculer dans le mauvais sens si Harry se trompait. Et pourtant, Drago alla jusqu'au bout de son imprudence. Pansy allait le déchiqueter en petits morceaux quand elle apprendrait qu'ils s'étaient tout racontés.
- OK, Harry. Nous en parlerons à Rogue. Demain.
Bonsoir !
Alors si vous trouvez la réconciliation entre Harry et Drago trop facile, trop rapide, et trop bisounours, je suis de votre avis lol ! Et encore, j'ai modifié certains passages qui me donnaient envie de vomir de la guimauve lol !
Bref, désolée pour ça, heureusement que tout mon texte n'est pas comme ça. +_+
Bisous !
