- OK, Harry. Nous en parlerons à Rogue. Demain.
Finit le temps des mensonges. Drago se sentait libéré d'un poids considérable. En quittant Harry après leur longue discussion, le Serpentard ne regrettait rien. Il savait qu'il avait fait le bon choix. Qu'il le voulait ou non, Harry compterait toujours dans sa vie, et maintenant plus que jamais. Il ignorait simplement jusqu'où serait prêt à aller le Gryffondor pour l'aider à mener à bien sa mission. Au fond de lui, Drago savait qu'ils pourraient se mettre en danger l'un pour l'autre. Il espérait juste ne pas avoir à en arriver là.
La journée fila à toute vitesse. Harry dans la Salle sur Demande, Drago dans différentes salles de cours. Le jeune homme n'avait pas encore trouvé l'occasion de raconter à Pansy ce qu'il s'était dit entre lui et Harry. Il valait mieux attendre la fin de la journée et lui parler dans leur appartement, à l'abri des oreilles indiscrètes.
De son côté, Harry se sentait tellement mieux. Il ne pouvait qu'être soulagé de voir que Drago ne se laissait plus faire, même si Pansy y était pour beaucoup. Pour le moment, il préférait ne pas penser à la nuit de mission qui allait se dérouler dans quelques heures. Une chose était certaine, il serait hors du château pour souhaiter bonne chance à Drago lorsqu'il partirait et il serait à l'entrée de la Salle sur Demande, prêt à accueillir les malheureux. Il voulait aider Drago.
Les deux Serpentard venaient de sortir de table lorsque le professeur Rogue et Harry entrèrent dans la Grande Salle pour dîner. En se croisant, les deux jeunes hommes se sourirent discrètement et Pansy fit la grimace.
Arrivés dans leur appartement, Drago et Pansy s'assirent chacun dans un fauteuil, près de la cheminée éteinte. La tension venait de monter d'un cran. Il ne restait plus beaucoup de temps avant de quitter Poudlard. Drago savait qu'il devait être honnête avec Pansy et lui expliquer absolument tout. C'était bien la moindre des choses sachant qu'il l'exposait autant que lui à certains risques liés ses confidences. Il prit une grande inspiration et se lança.
- J'ai tout raconté à Harry, déclara-t-il d'une voix posée.
Pansy ouvrit la bouche, prête à éclater de colère mais le Serpentard reprit la parole.
- Je sais que tu m'en veux, mais je ne regrette rien. Je suis persuadé d'avoir fait le bon choix et d'ailleurs, on n'aurait pu faire autrement.
- Tu n'es qu'un sale con !
La jeune femme se mit debout et avança vers Drago, les mains fermement agrippées à ses cheveux sur le sommet de son crâne. Tous les ligaments de son cou étaient visibles tant elle était furax et tendue.
- On avait oublié un détail, Pansy, comment aurions-nous fait pour cacher tous ces gens le jour sachant que Rogue et Harry occupent la Salle sur Demande toute la journée ?
Drago savait qu'il avait fait mouche. Pansy déglutit, clairement secouée d'être passée à côté de ce problème. A force de ne penser qu'aux difficultés que présentait la nuit, elle avait oublié celles du jour. Un peu honteuse, elle détourna le regard du Serpentard et s'éloigna de lui.
- Il me faut un verre…
Sa voix trahissait soudain une immense lassitude, ce qui fit froncer les sourcils du jeune homme. Pansy était une boule d'énergie, bourrée d'optimisme. Jamais il ne l'avait vu dans cet état d'esprit. Drago sa demanda s'il n'y avait pas autre chose.
- Est-ce que ça va ?
- Bien sûr, soupira Pansy. C'est juste que je m'en veux d'avoir raté ça. Comment je peux espérer qu'on se sorte de là si je ne suis même pas foutue de penser que dans un jour, il y a 24h et non 12h ?
Drago s'avança vers elle en souriant doucement.
- Ne sois pas si dure avec toi. Et puis, je suis aussi là pour ça, non ? Quand toi tu passes à côté de quelque chose, je suis censé y remédier. L'inverse est aussi vrai. On est une équipe, Pansy. J'ai appris à te faire confiance et j'espère que tu seras me voir comme un partenaire digne de toi, un partenaire digne de ta confiance.
Pansy se retourna brusquement, ses yeux jetant des éclairs. Drago se raidit.
- Partenaire ? dit-elle dans un souffle. C'est tout ce que je représente pour toi ? Potter, c'est ton meilleur ami ou un truc du genre, et moi, on s'en tient juste là?
Drago fit de grands yeux face à l'accusation. Il comprenait enfin ce qui tourmentait l'esprit de la jeune femme. Calmement, il s'approcha d'elle et posa ses deux mains sur ses épaules.
- Bien sûr que non. Je suppose que nous sommes plus que de simples partenaires et…
- Tu supposes ?
- S'il te plaît, ne le prends pas comme ça. Pour être honnête, je me sens proche de toi, bien plus que de n'importe qui. Nous vivons les mêmes épreuves et je sais que tu me comprends mieux que personne. Au-delà de ça, j'apprécie beaucoup ta compagnie. Tu as un humour un peu spécial, certes, mais tu es vraiment sympa et intelligente. Je connais l'essentiel de ce que tu es et cela me donne envie d'en savoir plus.
- Tu penses vraiment tout ce que tu viens de dire ? Ou c'est juste un baratin bien tourné pour me faire croire que j'ai une quelconque importance à tes yeux, histoire de te servir de moi pour te sortir de cette merde ?
- A ton avis ? murmura le Serpentard.
- Dis-moi que je suis plus importante que Potter à tes yeux.
Drago fronça à nouveau les sourcils.
- Alors c'est ça qui te tracasse vraiment ?
- Ne sois pas ridicule ! Je ne suis pas puérile comme Potter !
- Et pourtant, tu réagis exactement comme lui.
- Alors tu reconnais enfin que j'ai raison ?
- Quelque part, je pense qu'il est jaloux, oui. Mais pas pour la raison que tu penses. Il n'y a jamais eu d'ambiguïté entre nous.
- Juste amis alors ?
- C'est ça. En revanche, je commence à me poser des questions en ce qui te concerne…
- Tu sais, je n'ai jamais caché mes sentiments pour toi. Cela fait des années que je te dis que je t'aime. Néanmoins, je ne m'attendais pas à ce que tu répondes à cela, vu que je devais me comporter comme une débile dégénérée. Comme je te l'ai déjà dit, je ne te forcerai à rien, mais sache que si tu es intéressée, je serai là, même si c'est juste que pour s'envoyer en l'air.
- Mais tu te rends compte de ce que tu dis ? Si tu ressens vraiment ça pour moi, jamais je ne pourrai t'utiliser de la sorte. Quand bien même j'aurais été intéressé, jamais je n'aurais pu te faire souffrir en te traitant ainsi, sachant que nos sentiments sont différents.
- Tu sais, je ne suis pas en mousse et je sais bien faire la part des choses. Je sais parfaitement dissocier la baise des sentiments.
- …
- Si déjà tu m'accordes ton amitié, j'en serais heureuse. En fait, ce qui me blesse, c'est de voir que tu prends des décisions aussi importantes sans que nous en discutions avant, comme si je n'existais plus pour toi. J'ai cette impression lorsque tu me parles de Potter. On dirait que tu ne vois plus que lui.
- Pourtant, c'est faux. Lorsque j'ai décidé d'en parler à Harry, je savais qu'on était trois dans l'équation. C'est vrai que j'aurais dû discuter avec toi avant, mais nous n'avons plus le temps pour ça. J'ai agi dans notre intérêt.
- Dis ce que tu veux, mais partager notre plan avec Potter ne fera que compliquer les choses.
- Je te signale que c'est lui qui a pensé au problème du jour, pas moi. Sans lui, nous aurions eu un très gros problème.
- La bonne blague ! Je te rappelle que s'il ne monopolisait pas la Salle sur Demande, nous n'aurions jamais eu cette complication ! Alors t'attends pas à ce que je le remercie pour avoir pensé à notre place, comme s'il en était capable.
- Stop le venin, Pansy, soupira le jeune homme en passant sa main dans les cheveux.
- Mouais. Ah oui, j'oubliais ! Tu ne m'as pas encore dévoilé la brillante idée de Potty pour remédier à ce casse-tête.
- Oui, c'est vrai. En gros, l'idée c'est que Rogue soit au courant et…
- Putain, mais…
- Laisse-moi finir s'il te plaît. Rogue nous aidera à entraîner notre armée dans la Salle sur Demande. Réfléchis, c'est le seul moyen pour qu'ils restent là-bas jour et nuit.
- Mais c'est pas possible ! Potter t'a fait un lavage de cerveau ou quoi ? Rogue est un connard de Mangemort ! Tu penses vraiment qu'il va garder une information pareille pour lui et en plus qu'il va nous aider ? Tu as perdu la tête…murmura-t-elle d'un air incrédule.
- Potter lui fait confiance alors moi aussi, déclara Drago d'une voix ferme.
- C'est ça, ce que dit Saint Potter, c'est parole d'évangile…
- Pansy, j'ai réagi comme toi quand il m'a suggéré d'en parler à Rogue, mais ses arguments m'ont convaincu de prendre ce risque. Et puis, nous n'avons pas vraiment le choix. Aucun autre endroit à Poudlard ne nous permettrait de cacher autant de monde, sans compter de les maintenir en vie et de les entraîner.
- Moi tout ce que je sais, c'est que si on se trompe, et y a des chances, Rogue avertira Tu-Sais-Qui et là, tu peux dire adieu à tous nos espoirs.
La voix de la jeune femme laissait enfin paraître sa peur. Drago s'approcha d'elle et la prit dans ses bras.
- Je sais, mais imagine qu'on ne se trompe pas ? Ce serait tellement plus simple. Pendant qu'on serait en cours, Rogue et Harry s'occuperaient de l'entraînement de tous ces sorciers. Là on aurait vraiment une chance qu'ils soient prêts à combattre. Tu sais, j'ai autant envie que toi que ça marche. Alors je te demande de me faire confiance.
- Putain, tout le monde fait confiance à tout le monde, si c'est pas touchant…
- Alors, c'est d'accord ?
- …ok…
Les poches remplies de Portoloins, Pansy se glissa sous la cape d'invisibilité de Drago où ce dernier l'attendait déjà. Les deux Serpentard se faufilèrent hors du château sans que personne ne les repère. En quelques minutes, ils passèrent les portes en bois de l'école et après avoir jeté un œil autour d'eux, ils retirèrent la cape.
- Drago ?
Le jeune homme se retourna et vit la tête de l'Elu dépasser de sa propre cape d'invisibilité.
- Oh non, pas lui, gémit Pansy en secouant la tête.
- T'inquiète, je ne vais pas vous retenir longtemps. C'est juste pour vous souhaiter bonne chance et sachez que je resterai devant la porte de la Salle sur Demande. Si vous me le permettez, je pourrais leur expliquer ce qui se passe.
- Contente-toi de leur dire où ils sont et qu'on vient de leur sauver les miches, grogna Pansy. Pour le reste, Drago et moi on s'en chargera demain.
- C'est d'accord. Il faudra juste qu'on se voie demain pour en parler avec Rogue. Drago a dû te le dire.
- Ouais, marmonna la jeune femme. Bon, tu nous excuseras mais on est un peu pressé…
- Encore bonne chance. Je guetterai votre retour.
- A tout à l'heure peut-être, chuchota Drago.
Pansy leva les yeux au ciel en entendant leur échange.
- Bon, les adieux déchirants c'est pas mon truc, alors dégage Potty.
- Je t'aime aussi, Parkinson, taquina l'Elu avant de s'éloigner.
- Connard…
- Stop le venin, Pansy.
Les deux Serpentard enfourchèrent leur balai et s'élevèrent au-dessus des nuages. Malgré la peur qui tenaillait son ventre, Drago se sentait prêt. Prêt à affronter son destin. Avec Pansy et Harry à ses côtés, tout semblait possible. Le jeune homme resserra son étreinte autour de son balai et un sourire confiant détendit les muscles de son visage.
A minuit moins le quart, ils se posèrent sur un pont, le même que Drago avait choisi pour se suicider. Le vent fouettait leurs cheveux cette nuit-là et Pansy dut s'appliquer pour ne pas faire tomber les seringues de drogues dans le vide. Ils ne s'étaient pas posés au sol pour gagner du temps mais au moins, ils avaient pris la précaution de ne pas rester au-dessus de l'eau. Leur stock de seringues s'amenuisait dangereusement vite et il n'était pas question d'en perdre encore une dans la rivière. Pansy injecta le liquide transparent dans la cuisse du Serpentard, puis elle s'occupa d'elle par l'intermédiaire de sa poupée vaudou. Les tremblements de leurs mains s'étaient instantanément dissipés et leur sentiment d'euphorie avait réapparu.
- Nous sommes prêts, murmura Pansy en souriant.
La porte du manoir se referma derrière eux dans un écho sinistre. Drago resta un moment sans bouger, laissant ses yeux s'acclimater à la pénombre des lieux. Il sentit alors un souffle chaud contre sa joue, suivi peu après des lèvres humides de sa partenaire de mission.
- Allons-y, chuchota-t-elle.
Et leur plan se mit en place, telle une toile d'araignée prenant forme, fil après fil. MacNair sondait l'âme et les pensées des jeunes victimes. S'ils étaient conformes au modèle d'un parfait soldat, Goyle Sénior les emmenait à l'extérieur pour qu'ils rejoignent les rangs. En revanche, s'ils n'étaient pas conformes au modèle, Pansy se chargeait de les traîner dans le coin de la salle prévue à leur exécution. Devant eux se tenait le jeune Malefoy, le visage inexpressif, la baguette pointée vers eux.
Qu'ils crient, pleurent, supplient ou implorent un dieu ne changeait rien au déroulement des évènements : Pansy leur glissait un Portoloin dans la main en leur chuchotant de le garder, puis elle pointait sa baguette en direction de la boussole pour annuler le sort du « Petrificus Totalus » ce qui permettait d'activer le Portoloin. A chaque fois, Pansy guettait le signal de Drago pour lancer son sort du « Finite » par la pensée. Le jeune homme souriait jusqu'à ce que ses dents soient visibles, et à cet instant précis, tandis que Pansy lançait un « Finite », il jetait un sort qui produisait un nuage de poussière, ce qui permettait de couvrir la soudaine disparition du sorcier, mais qui avait en plus l'intérêt de faire croire que la victime avait été réduit à l'état de poussière.
C'était le plan parfait.
Pendant que la Salle sur Demande se remplissait de jeunes sorciers paniqués et déboussolés, Harry se rongeait les ongles à l'extérieur de la pièce, dans le couloir. Fréquemment, il jetait des coups d'œil furtifs et nerveux en direction de sa montre. Trois heures du matin s'affichait sur l'écran. Le Gryffondor n'en pouvait plus d'attendre sans rien faire, sans savoir si leur plan avait fonctionné, sans savoir s'ils avaient eu des ennuis. Il aurait aimé pouvoir faire plus et participer activement.
Quatre heures trente passé, Harry prit le risque d'entrer dans la Salle sur Demande. Drago lui avait expliqué que les missions ne duraient jamais plus de quatre heures d'affilé. Il inspira profondément, les yeux fermés, puis il fit apparaître l'imposante porte de la Salle après être passé trois fois devant le mur. Il s'assura que personne ne le surveillait avant d'entrer.
La Salle était légèrement éclairée et Harry dût plisser les paupières pour repérer les premiers sorciers qui étaient tapis dans un coin sombre de la pièce. A vue d'œil, le Gryffondor estimait qu'ils étaient une trentaine, agglutiné les uns aux autres. La peur se lisait facilement sur leur visage.
- Du calme, je suis Harry Potter. Je ne vous ferai aucun mal.
- Ha…Harry Potter ? bredouilla un jeune homme, le teint livide.
- Oui. Vous êtes en sécurité ici.
- Où sommes-nous ? demanda une femme aux cheveux noirs.
- Vous êtes à l'école Poudlard.
- On n'est pas mort ? chuchota un petit garçon au visage rouge et bouffi.
Harry fut frappé par la gravité qui émanait de ce visage d'enfant. Il y avait quelque chose de profondément contre-nature à cette vision. Le Gryffondor déglutit et s'approcha du garçon. Il s'agenouilla tout près et posa une main rassurante sur son épaule tremblante.
- Non, vous avez été sauvés par deux Mangemorts. Ils vous expliqueront tout en détail dans quelques heures. Mais d'abord, il faut que vous vous reposiez.
- Merci, Monsieur Potter, dit un homme qui lui tendit la main.
Harry la serra doucement en rougissant d'embarras.
- Ce n'est pas à moi qu'il faut le dire, Monsieur. Tout ceci n'a été possible que grâce à ces deux sorciers qui ont pris d'énormes risques pour vous sauver.
- Mais vous êtes l'Elu. Alors merci. Je suis convaincu que vous nous débarrasserez de ce monstre une bonne fois pour toute.
- Je ferai de mon mieux. Allez reposez-vous.
Plusieurs rangées de lits apparurent à l'autre bout de la pièce et les sorciers se levèrent d'un pas chancelant pour les rejoindre. Harry les observa en silence. Aucun d'eux ne semblait avoir l'étoffe d'un guerrier. Il n'y avait pas autant d'enfants qu'il le craignait, peut-être une dizaine, âgés entre sept et dix-huit ans. Les autres étaient des adultes, les plus vieux ne devant pas dépasser la cinquantaine. Tous avaient l'air ébranlé par ce qui venait de leur arriver, ce qui était normal. Cependant, le Gryffondor aurait espéré voir de la colère ou du courage ne serait-ce que dans quelques regards.
Harry quitta la Salle sur Demande dans un soupir. Il se demandait bien comment Pansy et Drago allaient les convaincre à s'entraîner au combat. Peut-être que c'était son rôle. Après tout, il était l'Elu et toute la population sorcière voyait en lui un leader, un espoir. Il était peut-être temps de devenir la personne charismatique que tout le monde espérait. Cette perspective ne l'enchantait guère, mais Harry était quelqu'un de lucide. C'était probablement leur seul atout pour convaincre les sorciers de se défendre et de défendre ce château.
Même si Pansy et Drago venaient de les sauver, ces gens semblaient ignorer cette réalité et s'obstinaient à le remercier lui, alors qu'il n'avait rien fait pour eux. Il était alors difficile de les imaginer avoir confiance en Pansy et Drago.
Harry s'arrêta soudain de réfléchir. Quelque chose n'allait pas. Le couloir n'était plus éclairé par la lune. L'aube venait de se lever. Le Gryffondor regarda l'heure d'un air catastrophé. Six heures et quart.
- Qu'est-ce que tu fous, Drago ?
Le Gryffondor colla son visage contre une vitre du couloir, espérant voir deux silhouettes se détacher de l'horizon, en vain. Les minutes s'écoulaient les unes après les autres, sans trace des deux Serpentard. Harry s'était rongé l'index jusqu'au sang.
- Merde ! éclata-t-il en voyant les premiers rayons de soleil illuminer le parc.
Harry ne pouvait plus rester là sans rien faire. Drago avait certainement des ennuis. Il dévala les escaliers aussi vite que possible et se précipita en direction du bureau du maître des potions. Arrivé à destination, il sortit un bout de parchemin et sa baguette, à défaut d'avoir de l'encre et une plume.
Le Gryffondor écrivit en lettres de feu:
Professeur,
Je serai absent ce matin. Il est donc inutile de m'attendre dans la salle.
Rendez-vous après le déjeuner vous savez où, mais dans le couloir. Je vous expliquerai tout.
Dernière chose, pourriez-vous écrire un mot d'excuse pour Pansy Parkinson et Drago Malefoy ? Ils seront également absents ce matin.
Merci.
Harry glissa le morceau de parchemin sous la porte en bois du professeur, puis il remonta les escaliers en direction de la tour des Gryffondor. C'est essoufflé qu'il déboula dans le dortoir, faisant sursauter Ron qui venait tout juste de quitter les draps chauds de son lit.
- Par Merlin, Harry ! chuchota le rouquin, une main sur son cœur. Où étais-tu passé ?
- C'est une longue histoire. Ecoute je suis pressé. On parlera plus tard.
Harry s'accroupit sur le sol et fouilla dans ses affaires, à la recherche de son balai.
- Quand ? Dans un an ?
- S'il te plaît, soupira l'Elu, c'est vraiment pas le moment de me faire une scène.
Harry trouva enfin son éclair de feu sous le lit. En se remettant debout, il fut surpris de constater que son meilleur ami s'était avancé vers lui. Ils étaient maintenant nez à nez.
- Laisse-moi passer, Ron, menaça Harry sans s'en rendre vraiment compte.
- Sinon quoi ? Tu vas me repousser ? Ce ne sera qu'une fois de plus…
Harry eut un pincement au cœur en voyant la douleur dans les yeux de son meilleur ami. Ron s'écarta en secouant tristement la tête.
- Je sais plus quoi faire pour que tu reviennes vers nous…
- Désolé, Ron. Je me suis comporté comme un con, mais ça va changer. On discutera plus tard, je te le promets.
- C'est vrai ? demanda Ron, une lueur d'espoir illuminant son visage.
- Oui. Allez faut que je parte.
- Mais où tu vas à cette heure-ci ?
Harry ne répondit pas et claqua violemment la porte derrière lui. Toutes ses pensées étaient à nouveau tournées vers Drago. Trop de temps avait été perdu et le Gryffondor monta sur son Eclair de feu, l'estomac noué par l'inquiétude. Il brisa les carreaux d'une haute fenêtre d'un coup de poing et s'envola sans hésiter du haut de la tour des Gryffondor.
Harry fonça dans la même direction qu'avaient prise Drago et Pansy. Son intuition lui faisait penser que tout se jouait dans le manoir des Malefoy. Aucun Auror n'avait osé s'aventurer dans les alentours, alors qu'ils savaient pertinemment que Lucius Malefoy s'y était réfugié après les évènements qui s'étaient déroulés au Département des Mystères. De toute façon, le Gryffondor n'avait pas d'autre piste. Il valait mieux qu'il ne se trompe pas.
- Je t'en supplie, ne me fais pas le coup de mourir maintenant…
Les paysages montagneux défilaient sur ses rétines sans qu'il n'y prête attention. Il essayait juste de repérer des cheveux blonds dans le ciel ou dans l'herbe. A plusieurs reprises, une bourrasque de vent le fit dévier de sa trajectoire. Harry serra les dents et accéléra encore plus. La transpiration dégoulinait à grosses gouttes contre ses tempes et le long de son dos, conséquence d'un sentiment de panique qu'il n'avait plu ressenti depuis la disparition de son parrain.
Il était maintenant sept heures passé. Harry fulminait de rage. Cette impression de n'arriver à rien ou peut-être d'arriver trop tard était insupportable. Au loin se dessinait la forme d'un pont et il pouvait entendre l'eau gronder sous la végétation. Le Gryffondor se pencha légèrement en avant pour perdre de l'altitude et c'est à ce moment-là qu'il repéra deux corps inanimés étendus dans l'herbe, au bord de l'eau.
- Noooon !
Hé hé !
J'aime beaucoup ce chapitre mais je sais que vous allez détester la fin, je me trompe ? ;)
Un peu de suspens ne fait jamais de mal et je serai ravie de savoir quelle suite vous imaginez !
Merci pour les reviews sinon.
- Allyss : Non, Drago ne se vengera pas. Il a d'autres problèmes plus urgents et il ne cherche plus à répondre aux attaques même si celles-ci étaient particulièrement violentes et comme ses agresseurs se tiennent maintenant à carreau, il préfère ne rien faire. En tout cas, je suis contente que le reste te plaise ! Merci pour la review !
- Castiela : Merci beaucoup, ta review m'a faite très plaisir et ça me motive pour écrire toujours plus. J'espère que la suite te plaira tout autant. A plus.
