Il était maintenant sept heures passé. Harry fulminait de rage. Cette impression de n'arriver à rien, d'arriver trop tard, était insupportable. Au loin se dessinait la forme d'un pont et il pouvait entendre l'eau gronder sous la végétation. Le Gryffondor se pencha légèrement en avant pour perdre de l'altitude et c'est à ce moment-là qu'il repéra deux corps inanimés étendus dans l'herbe, au bord de l'eau.
- Noooon !
Son cri se répercuta contre les parois des montagnes environnantes. Harry ne pouvait accepter ce qu'il voyait, ce que cela pouvait signifier.
Son échec, une fois de plus.
Leur fin.
Ni Harry, ni Drago, ni Pansy n'auraient pu imaginer ce dénouement. Ce n'était pourtant la faute de personne.
La drogue avait simplement fait son œuvre. Le sentiment d'être invincible, que rien n'avait plus d'importance que l'envie du moment, l'euphorie, et puis la nausée, le coma...elle en était bien la responsable. Mais était-elle vraiment à blâmer ? Trente-sept sorciers venaient d'être sauvés, grâce au deux Mangemorts, grâce à elle.
Pour que certains puissent être sauvés, il faut toujours que d'autres se sacrifient. C'est dans l'ordre des choses. La drogue n'était qu'un moyen parmi d'autres pour parvenir à cette fin. Il n'aurait pas dû y avoir de regrets. Les deux Serpentard avaient juste refusé d'admettre cette réalité.
Pourtant, leur plan semblait parfait. Tout s'était déroulé avec succès, sans douleur. La dose qu'ils avaient prise dans leur appartement, puis sur le pont, leur avait permis de tenir jusqu'à la fin de la mission, sans que leur marque ne se réveille.
Quand MacNair avait annoncé la fin de leur besogne, Pansy et Drago s'étaient regardés et avaient souri à ne plus pouvoir s'arrêter. Ils avaient quitté la pièce de la même manière qu'ils étaient entrés : main dans la main. Ils avaient volé pendant quelques minutes avant de se poser non loin du pont, au bord de la rivière.
Leur marque des Ténèbres s'était remise à brûler leur avant-bras avec intensité et ils prirent la troisième dose de la nuit. Jamais leur organisme n'avait été soumis à tant de GHB d'un coup, mais il n'y avait pas d'autre alternative. Pansy était bien consciente du risque d'overdose, mais elle avait choisi de ne pas inquiéter Drago avec cette information.
Elle avait remis les seringues dans sa poche et avait observé Drago en silence. La peur de le voir agoniser devant ses yeux sans rien pouvoir faire était bien là, ancrée dans sa chair. Mais ce sentiment fut heureusement vite balayé par un sentiment de plénitude. Ses pupilles se dilatèrent, au point de faire quasiment disparaître ses iris.
Drago était également en train de ressentir les effets de la drogue. Le sol se ramollissait sous ses pieds, donnant une impression de sables mouvants. Ses joues étaient devenues brûlantes et son cœur palpitait de plaisir. Il s'allongea sur le sol après avoir retiré sa robe de Mangemort.
Les yeux troubles de la jeune femme n'avaient quitté ceux de son partenaire, avant que celui-ci ne les ferme en gémissant. Elle s'accroupit tout près de lui, la drogue guidant ses gestes.
- Drago…
Le jeune homme entrouvrit ses yeux gris avant que ses paupières ne clignent une fois, lentement, telle une autorisation muette à sa demande. Pansy posa ses deux mains de part et d'autre de son visage anormalement brûlant et captura ses lèvres humides de salive. Drago se laissa faire, ses yeux se fermant à nouveau, ses doigts caressant l'herbe.
Les mains de la jeune femme suivirent la courbure de son cou sans jamais s'arrêter de descendre. Elle reprit une goulée d'air, léchant ses lèvres en même temps pour ne rien perdre des sensations qu'elle venait d'expérimenter. Drago était si doux et si chaud qu'elle ne pouvait plus supporter d'attendre.
Ses doigts de nouveau tremblants agrippèrent les épaules du jeune homme. Drago se contenta de gémir, l'esprit cotonneux. Il tourna lentement la tête de l'autre côté. La peau de son cou était si pâle.
- Tu me rends folle…
Pansy planta ses dents dans son cou, avide de sentir pulser sa carotide contre sa langue. Un râle de plaisir vibra tout le long de sa gorge. Son cœur s'accéléra en entendant ce son érotique. Elle et Drago se comportaient de manière indécente, mais elle n'en avait rien à faire. Seul le moment présent comptait. De toute manière, ni elle, ni Drago n'aurait été capable de dire non s'ils l'avaient voulu. On n'appelait pas la GHB « la drogue du violeur » pour rien.
C'est dans une transe incontrôlable que la jeune femme lui arracha sa chemise, et fit glisser son pantalon ainsi que son boxer le long de ses jambes. D'un geste brutal, chaussettes et chaussures furent retirées avec le reste de ses vêtements. Ses yeux débordant de désir scrutèrent le jeune homme dans sa nudité. Le corps de Drago se tordait lascivement dans tous les sens avec la grâce d'un chat, sans la moindre gêne, comme s'il ignorait sa présence.
- Putain, Drago…
La jeune femme fit glisser ses doigts le long de son ventre pour s'arrêter sur chacune de ses hanches aux os saillants. Ses lèvres se posèrent sur son nombril et sa langue en traça le contour avec délectation. Sa peau fut parcourue de frissons et le Serpentard eut la chair de poule.
- Pansy…
Sa langue parcourut le chemin de poils blonds jusqu'à ce qu'elle atteigne sa verge. Comme un animal, elle s'enivra de l'odeur masculine qui caractérisait cette partie de son corps. Sa main droite abandonna sa hanche pour venir se poser sur la virilité du jeune homme. Du bout des doigts, elle caressa la peau fine sur toute sa longueur, faisant soupirer Drago.
- Tu vas adorer ça…
Sa langue répéta le même tracé que ses doigts pour venir taquiner l'extrémité de sa virilité dans un sourire. La jeune femme eut la réponse escomptée lorsque Drago grogna de plaisir en écartant les jambes. Pansy en profita pour se placer entre ses cuisses, sa main gauche sur son ventre tandis que son autre main s'enroulait autour de sa virilité. Ses lèvres vinrent goûter son extrémité encore jamais touchée et le jeune homme hoqueta de surprise.
Pansy gloussa tout en le prenant encore plus en bouche. Du coin de l'œil, elle voyait les mains du Serpentard qui s'agrippaient désespérément à quelques brins d'herbe. Ses propres yeux roulèrent en sentant sa cavité buccale si comblée par l'homme qui lui avait toujours fait tourner la tête. Sa langue caressait délicatement les veines qu'elle trouvait sur son passage et le ventre de Drago se contracta violemment dans un spasme.
- Je vais mourir, murmura-il complètement désorienté.
Les mains de la jeune femme se mirent à glisser sur l'ensemble de son corps tremblant, tandis que sa bouche continuait de caresser sa virilité avec douceur. Le dos du jeune Mangemort se courbait tel un arc tendu, ses jambes se pliaient, son cou se tordait dans tous les sens. Pansy ne pouvait se lasser de cette vision. Elle sentait les battements frénétiques de son cœur dans sa bouche.
Au bout de quelques minutes, les spasmes dans le bas-ventre de Drago furent encore plus violents et Pansy devina que sa jouissance allait atteindre son paroxysme. Elle lécha une dernière fois son entrejambe avant que ses doigts engourdis ne prennent le relai. Ses lèvres remontèrent son torse pour venir retrouver son cou. Elle l'embrassa à cet endroit, écoutant la respiration saccadée du Serpentard.
- Vas-y, laisse-toi aller…
Et Drago se libéra dans un cri de souffrance. La jeune femme détailla son visage crispé avec adoration. Elle n'avait jamais rien vu de si beau. Sa peau luisait au clair de lune et les bourrasques de vent venaient la rafraîchir, des frissons la parcourant continuellement. Elle glissa une main dans ses cheveux blonds au reflet blancs et l'embrassa passionnément pour recueillir son souffle erratique.
Des vertiges commençaient à assaillir son esprit et la jeune femme ferma ses paupières. Elle resta entre les jambes du Serpentard et posa sa tête dans le creux de son cou. Ses mains agrippèrent les épaules de Drago alors que cette sensation d'étourdissement était de plus en plus présente.
- Oh, je me sens pas très bien…
Elle trouva la force de relever la tête pour observer Drago. Ce dernier s'était endormi, le visage marqué par l'épuisement. Elle le secoua doucement puis plus durement, sans aucun résultat.
- Eh merde.
Il ne lui serait d'aucun secours si son état empirait. Ses yeux se fermèrent à nouveau alors que tout se mettait à tourner autour d'elle. La nausée se fit sentir et Pansy eut juste le temps de se pencher sur le côté avant de vomir copieusement dans l'herbe. Elle cracha le plus de liquide acide hors de sa bouche avant de poser son visage bouillonnant sur le ventre du Serpentard.
Une heure s'écoula sans qu'aucun d'eux ne s'en aperçoivent. Pansy était coincée quelque part entre rêve et réalité. Ses yeux étaient ouverts mais rien ne s'imprimaient sur ses rétines. Tout se mêlait en une sorte de grosse masse floue tandis que le bruit de la rivière bourdonnait dans ses oreilles.
Un peu confuse, elle finit par se demander ce qu'elle faisait là, dehors, allongée sur Drago. En sentant sa peau contre celle de sa joue, elle comprit qu'il n'était pas vêtu et un sentiment de remord s'abattit sur elle lorsque quelques bribes de ce qu'elle avait fait lui revinrent en mémoire.
- Oh non…j'ai pas fait ça…
Elle s'éloigna du corps de Drago, la gorge nouée.
- Non, pas ça…
Ses paupières se fermèrent d'épuisement. Sa tête se pencha en arrière, présentant son visage meurtrie par la douleur aux étoiles scintillantes de cette nuit malmenée par les vents violents.
- Pitié, je vous en supplie, pas ça…
Ses poings s'écrasèrent sur le sol, la rage faisant maintenant place dans ses entrailles. Ses yeux noyés de larmes se posèrent sur Drago.
- Je suis tellement désolée…
De nouveaux vertiges assaillirent son esprit. Elle grimaça et couvrit son visage de ses mains. La nausée revint quelques secondes plus tard et Pansy rampa à quatre pattes pour vomir dans un buisson.
- Putain…grogna-t-elle en essuyant sa bouche.
- Mmh…
- Drago ?
La jeune femme s'approcha du Serpentard, le teint livide. Ce dernier avait toujours les yeux fermés. Cependant, son visage était crispé et sa main droite vint se poser sur son ventre. Avant même que Pansy n'ait eut le temps de faire quoi que ce soit, un spasme violent fit vomir Drago. Il n'avait même pas eu la force de tourner la tête sur le côté. Le liquide acide avait alors débordé de sa bouche et le pauvre Mangemort semblait se noyer. Pansy le poussa sur le côté et attrapa sa chemise pour lui nettoyer le visage.
- Merde, merde, merde…
Les choses devenaient hors de contrôle. Il était clair que Drago supportait encore moins les effets de la drogue qu'elle, sans doute parce que son organisme était habitué aux fortes doses de ce poison depuis bien plus longtemps que le sien. Il fallait qu'elle le sorte de là.
Elle rassembla toute la force qui lui restait et se concentra à rhabiller le Serpentard. Une fois la tâche terminée, elle réduisit le balai de Drago et enfourcha le sien. Ses doigts tremblants d'épuisement agrippèrent le col du jeune homme pour le redresser et le poser sur l'avant de son balai. Un œil à sa montre lui indiqua qu'il était plus de cinq heures trente.
La jeune femme expira bruyamment pour se donner du courage et s'envola difficilement dans les airs. Elle serra les dents en sentant le poids de Drago faire pencher la pointe de son balai vers l'avant, les faisant perdre de l'altitude alors qu'ils venaient tout juste de décoller. Ils étaient maintenant au-dessus de l'eau, grondante et menaçante. Le cœur de Pansy battait bien trop vite contre sa poitrine. Une nouvelle vague de vertiges assaillirent sa conscience.
- Non, pas maintenant…
En sentant la bile remonter dans sa gorge, elle n'eut d'autre choix que de revenir en arrière. Le Serpentard glissa sur le côté, accélérant leur chute en déséquilibrant la répartition des poids sur le balai. Dans un cri, elle percuta brutalement le sol, envoyant le corps de Drago ricocher contre un tronc d'arbre puis contre une grosse pierre. Ayant pratiquement purgée son estomac, la bile fut particulièrement douloureuse à expulser pour la jeune femme. Elle resta accroupie un long moment, laissant s'installer la gravité du moment dans son esprit. Larmes et gouttes de sueur recouvraient son visage lorsqu'elle s'approcha de Drago pour voir s'il n'était pas blessé.
- Drago, murmura-t-elle à bout de souffle.
Elle secoua l'épaule du jeune homme de sa petite main, n'espérant plus vraiment qu'il se réveille. La drogue avait fait son œuvre.
- Je suis désolée.
Un autre spasme crispa les parois de son estomac comme des mains froisseraient une feuille de papier et dans un son écœurant, Pansy tenta de vomir une énième fois, mais cette fois-ci rien ne vint. Sa tête se posa sur le sol, tout près de Drago, dont la respiration se faisait de plus en plus légère et espacée.
Pansy ferma les yeux et revit les visages de tous ceux qu'ils avaient sauvés cette nuit. La marque de son bras se réveilla brusquement. La jeune femme ne cria pas. Ses mâchoires se contentèrent de se serrer l'une contre l'autre, ses ongles griffèrent le sol, laissant des trainées dans la terre. Sa respiration se fit erratique en sentant sa peau brûler, encore, encore, et encore. Des morceaux de sa peau claire se détachaient une fois brunis, s'enroulant comme des vieux bouts de parchemin sur le sol. L'odeur de brûlé emplissait désagréablement ses narines, lui faisant tourner la tête une fois de plus.
Au bout de quelques minutes, la douleur fut si insupportable que Pansy sortit une seringue de sa poche. Elle décapuchonna l'aiguille et la planta dans son bras. Ses doigts tremblants tentèrent de presser le piston pour faire glisser la drogue dans ses veines, mais le tourbillon de vertiges dans sa tête ne lui laissa pas le temps. Ses doigts retombèrent mollement sur son bras, la seringue toujours piquée dans le bras. Ses yeux roulèrent dans leur orbite avant de devenir immobiles, ses paupières les couvrant doucement, lentement.
Tout était fini.
C'est en tout cas la dernière pensée qui avait traversé son esprit avant de plonger dans un coma profond.
Quelques heures plus tard, Harry était là. En posant pieds à terre, le Gryffondor se précipita vers les deux Serpentard, le cœur battant. Pansy était recroquevillée sur le côté, faisant face au corps de Drago qui était étendu sur le dos. Il repéra immédiatement la seringue qui était piquée dans la chair de la jeune femme et grimaça inconsciemment. Du bout des doigts, il retira le petit objet avec précaution, puis il le jeta dans la rivière.
- Pansy ? Drago ?
Le Gryffondor secoua leurs épaules avec inquiétude, mais les deux Mangemorts étaient profondément endormis. Il posa alternativement sa main droite sur leur poitrine, dans l'espoir de sentir les battements de leur cœur. Il expira de soulagement en constatant qu'ils étaient bien en vie.
- Réveillez-vous, allez !
Le visage de Pansy se crispa soudain. Un grognement s'échappa de ses lèvres tandis que le Gryffondor se pencha au-dessus d'elle.
- Ouvre les yeux, Pansy ! Tu peux le faire !
Harry eut un mouvement de recul en voyant des yeux aussi imprégnés de sang. La jeune femme cligna lentement des paupières et sourit en reconnaissant l'Elu.
- Tu es venu nous chercher, murmura-t-elle d'une faible voix.
Un sourire désolé mais néanmoins sincère apparut sur le visage du Gryffondor.
- Drago a besoin d'aide, dit-elle avec gravité.
Harry perdit son sourire et aida Pansy à s'asseoir. Il s'approcha alors de Drago, posant une main sur sa joue glacée.
- Drago, réveille-toi s'il te plaît, murmura Harry.
- Il faut retourner au château, vite.
Harry passa un bras sous les genoux de Drago, puis sous ses épaules. Il le souleva avec facilité et enfourcha son balai. Ses yeux se posèrent sur Pansy.
- Tu y arriveras ?
- Je crois, répondit-elle en montant sur son propre balai.
- Allons-y alors.
Les deux sorciers volèrent quelques minutes sans rien dire. Les yeux de Pansy étaient très irrités et le vent ne fit qu'empirer cette désagréable sensation. De légers vertiges narguaient encore son esprit mais la jeune femme tint bon. Au moins son avant-bras avait cessé de brûler.
- Dis-moi ce qui s'est passé, demanda soudain l'Elu d'une voix tendue.
Pansy soupira, ne sachant pas vraiment par où commencer.
- Hum, je crois qu'on a dépassé la limite de notre tolérance à la drogue. Le problème, c'est que la dose n'est même plus suffisante pour tromper notre marque.
- Qu'est-ce qu'on peut faire alors ?
- …attendre que ça passe…
- Tu plaisantes ? Ça ne passe pas ! Pas du tout !
- Faudra bien pourtant, parce qu'on n'a pas d'autre choix.
Le reste du voyage se fit en silence. Chacun restait plongé dans ses pensées. Harry observait Drago de temps à autre, le regard débordant d'inquiétude. Mais son esprit refusait d'admettre qu'il était possible que le Serpentard ne se réveille plus. Ce n'était pas envisageable.
Son cœur accéléra ses battements en voyant les contours du château se dessiner au loin. Il vola aussi vite que possible, n'attendant même plus Pansy derrière lui. Pour ne pas se faire repérer, il atterrit derrière la cabane de Hagrid et sortit sa cape d'invisibilité de sa poche. Pansy se posa enfin sur le sol toute essoufflée.
- Je vais marcher à côté de toi, mais je serai sous cette cape d'invisibilité, d'accord ?
- Cape de quoi ?
- Allez, dépêchons-nous. Direction le bureau de Rogue.
- Euh, tu es sûr que c'est une bonne idée ?
- Ne discute pas, allons-y.
Exceptionnellement, Pansy ne répondit rien et se contenta d'exécuter son ordre. Arrivé au bureau du professeur de potions, elle frappa à la porte. Celle-ci s'ouvrit brusquement pour laisser apparaître un Rogue particulièrement agacé.
- Potter, de quel droit vous…Pansy ?
- Bonjour professeur. Est-ce que je peux entrer ?
- Certainement. Vous avez sans doute bien des choses à me raconter sur cette matinée, et notamment sur ce que fiche Potter.
La jeune femme entra en soupirant, suivie de près par Harry.
- On a besoin de votre aide, dit-elle à voix basse.
- Qui ça on ? maugréa Rogue.
- Drago a besoin de votre aide, déclara Harry en enlevant sa cape.
La bouche du professeur s'entrouvrit de surprise avant de se refermer. Il fronça les sourcils tout en avançant vers l'Elu qui tenait toujours Drago dans ses bras.
- Qu'avez-vous encore fait, misérable cancrelat ?
- Rien !
Et Pansy lui expliqua tout. De leur marque à la drogue. Ce qu'ils avaient accompli pendant la nuit et où se trouvaient maintenant les survivants. Néanmoins, pour ce qu'elle avait fait à Drago, Pansy se garda bien d'en parler au professeur. Celui-ci avait déjà du mal à assimiler le reste. Il n'aurait manqué plus que ce détail pour que ses yeux ne tombent de leur orbite.
Pendant que Pansy racontait leur mésaventure, Rogue avait pris Drago dans ses bras et l'avait allongé sur le canapé de la pièce. Fréquemment, sa tête se secouait de droite à gauche d'un air réprobateur. Harry s'assit par terre, près du canapé, ses yeux ne quittant le visage de Drago.
- Qu'allez-vous faire, Rogue ? murmura l'Elu tandis que Pansy était toujours en train de parler.
Le professeur ne répondit rien mais il sortit sa baguette de sa robe noire et la fit glisser le long du corps du Serpentard.
- Il est très faible, dit-il d'une voix sombre.
Posant sa baguette à terre, il souleva les paupières du jeune homme. Ses yeux étaient dans le même état que ceux de Pansy, gorgés de sang. Le professeur pressa soudain ses yeux avec ses pouces.
- NON MAIS VOUS ETES DEVENU FOU ? s'écria Harry en essayant de repousser Rogue.
- Laissez-moi faire, imbécile! éructa le professeur. Il devrait se réveiller à cause de la douleur.
- Vous ne pouvez pas appuyer ailleurs ? supplia Pansy, qui avait mal à ses propres yeux en voyant cela.
- Si vous y tenez…
Rogue enleva ses pouces des yeux du Serpentard pour venir écraser les articulations de sa mâchoire. La tête de Drago se dégagea soudain de ses doigts dans un réflexe. Le professeur se pressa de gifler le jeune homme pour qu'il reste éveillé.
- Monsieur Malefoy, ouvrez-les yeux ! Ne vous rendormez pas !
Une autre gifle percuta sa joue et les yeux rougis du Serpentard s'ouvrirent laborieusement. Il posa une main tremblante sur son ventre qui se contractait sans qu'il ne puisse l'arrêter. Son visage se crispa et…
- Attention professeur ! prévint Pansy.
Mais Rogue n'eut pas la moindre chance d'esquiver le liquide acide qui vint tâcher le haut de sa robe.
- Charmant, grogna-t-il dans un rictus.
- Désolé, murmura Drago dans un souffle.
Sans surprise, Drago subit les mêmes souffrances que Pansy avaient dû supporter seule quelques heures auparavant. Après avoir vidé son estomac, c'est sa marque qui se réveilla dans une décharge. Harry observa son avant-bras avec impuissance, les doigts pressés dans son épaule pour lui montrer qu'il n'était pas tout seul.
- On ne peut vraiment rien faire ? soupira l'Elu.
- Rien de magique en tout cas, répondit Pansy tout aussi dépitée.
- Les traitements moldus, c'est votre rayon, Potter, s'impatienta Rogue qui marchait de long en large dans la pièce, se creusant les méninges pour trouver une solution. Montrez-nous que vous servez à quelque chose.
- Vous allez la fermer, oui ? Je réfléchis justement !
Pansy s'attendait à ce que le professeur enlève tous les points aux Gryffondor pour son insolence, mais bizarrement rien ne vint. Elle leva les sourcils, observant curieusement l'un, puis l'autre. Harry bondit soudain sur ses jambes, le visage lumineux d'espoir.
- De la Biafine !
- Qu'est-ce que c'est ? demanda Rogue, méfiant.
- De la crème moldue pour les brûlures ! Ron en a toujours sur lui pour traiter les coups de soleil.
- Et qu'est-ce que vous attendez pour aller en chercher ? Une autorisation de ma part ? provoqua Rogue d'un air satisfait.
- Connard…murmura l'Elu entre ses dents avant de quitter la pièce.
