- Et qu'est-ce que vous attendez pour aller en chercher ? Une autorisation de ma part ? provoqua Rogue d'un air satisfait.

- Connard…murmura l'Elu entre ses dents avant de quitter la pièce.

Harry se précipita dans les dédales du château en vue de ramener le précieux tube de Biafine. Il atteignit le sommet de la tour des Gryffondor et s'engouffra dans la salle commune.

- Harry ? s'écria Hermione qui était assise tout près de Ron sur le sofa.

Le professeur McGonagall était dans la pièce, droite comme un I, le regard sévère. Harry constata vite les larmes qui roulaient encore sur les joues d'Hermione.

- Auriez-vous l'obligeance de m'expliquer ce que vous faites monsieur Potter ? N'êtes vous pas censé étudier avec le professeur Rogue ?

- Euh, c'est exact. Je viens chercher un livre, c'est tout.

- C'est tout ? Et pouvez-vous me dire pourquoi vous avez cassé cette fenêtre ? dit-elle d'un ton sec en pointant de son doigt osseux, le trou béant qui se trouvait à l'autre bout de la pièce.

Harry jeta un œil vers Ron qui semblait mal à l'aise.

- Hum, je me suis levé tard et en me dépêchant de sortir du dortoir, j'avoue avoir été un peu maladroit. Je n'ai pas fait exprès de rentrer mon coude dans la fenêtre.

- Il me semble plutôt que vous vous êtes acharné dessus…

- Ecoutez, je suis désolé. Je payerai les réparations s'il y en a besoin.

- Oh monsieur Potter, un simple coup de baguette fera l'affaire. J'avais même espéré que vous le feriez vous-même.

- Hum, je suis navré, mais j'ai bien peur d'avoir oublié la formule, bafouilla l'Elu en rougissant.

- Cela m'aurait étonné…

- Hermione, dit le Gryffondor plus doucement, qu'est-ce qui se passe ?

La jeune femme sécha ses joues d'un revers de main rageur et se leva brusquement. A mesure qu'elle avançait, Harry avait la désagréable sensation de se ratatiner sur place. Son amie était furax.

- Qu'est-ce qui se passe ? Tu as le culot de me demander ça, espèce d'égocentrique ?

- Miss Granger, veuillez vous calmer.

- Oh croyez-moi, je fais tout pour rester calme ! Mais quand on me prend pour une sotte, j'avoue avoir du mal à me contenir. Franchement Harry, tu crois que Ron est aveugle ? Il t'a vu t'envoler par la fenêtre ! Je doute que Rogue t'ait demandé de faire ça.

- Le professeur Rogue, corrigea McGonagall avec exaspération.

- J'ai paniqué, continua Hermione en ignorant la remarque de la vieille sorcière, voilà ce qui s'est passé! Je pensais que tu avais besoin d'aide alors j'en ai parlé au professeur McGonagall. On était mort d'inquiétude ! Apparemment, ça t'ait complètement égal de savoir ce que tu nous fais endurer par ton comportement !

- Je suis navré, sincèrement, mais je ne peux rien vous dire. C'est une affaire entre Rogue et moi.

- Le professeur Rogue, pour l'amour du ciel !

- Veuillez m'excuser, soupira l'Elu, mais je suis pressé. Rogue m'attend.

Le professeur McGonagall pinça les lèvres pour se retenir de gronder le Gryffondor. Cela ne servait manifestement à rien.

- Très bien, Monsieur Potter. Je ne vous poserai pas d'autre question. Mais à l'avenir, passez par la porte…

La vieille femme se dirigea vers la sortie et avant de disparaître de l'autre côté du tableau de la Grosse Dame, elle s'adressa à Hermione et Ron.

- Dites, maintenant que l'incident est réglé, vous êtes priés d'aller en cours, jeunes gens.

Les trois Gryffondor se retrouvèrent entre eux dans un silence lourd de tension. Hermione semblait prête à lui mettre une gifle, tandis que Ron avait posé une main réconfortante sur le bras de la jeune femme. Son visage paraissait plus désolé qu'autre chose. Malgré la culpabilité de devoir encore les laisser dans l'ignorance, Harry savait que Drago avait besoin de lui et c'était vraiment ce qui comptait pour lui en ce moment.

- Ron, Hermione, je tiens à m'excuser pour tout ça. J'avoue n'avoir pas pensé que vous auriez pu en souffrir. J'étais focalisé sur mes problèmes.

- Je le comprends, Harry, mais Ron et moi n'avons pas mérité cet entêtement de ta part. Tu es allé trop loin et notre amitié n'est plus ce qu'elle était. Je voudrais que tout redevienne comme avant, mais pour ça, il faudrait encore que tu nous fasses confiance et que tu nous racontes tout.

- Je ne peux pas prendre cette décision tout seul. Je suis désolé.

- Comment ça ? demanda Ron les sourcils froncés. Dans le passé, tu n'aurais jamais hésité à nous mettre dans la confidence. Et tout d'un coup, ça te pose un problème ? J'espère que tu ne nous mets pas à l'écart parce que tu es jaloux de notre bonheur.

- Quoi ? Mais bien sûr que non, Ron ! Je suis tellement heureux pour vous ! Comment tu peux penser une telle chose ? Ecoute, je t'ai promis que nous pourrions discuter et je tiens ma parole. Mais là, je suis vraiment pressé.

- Harry, dit Hermione d'une voix menaçante, nous t'avons laissé assez de temps pour t'expliquer. Si tu nous tournes le dos une fois de plus, sache que notre amitié n'aura plus grande valeur à mes yeux. Je ne veux plus m'inquiéter pour toi quand je vois qu'on ne représente plus rien pour toi !

Harry sentait que ce moment était critique. Jamais il n'avait vu Hermione aussi blessé par son comportement. Il ne pouvait simplement pas concevoir sa vie sans ses deux meilleurs amis, alors face à cette menace, il comprit que repousser la discussion à plus tard n'était pas envisageable. Malheureusement, Drago ne pouvait attendre, alors il prit une décision risquée. Une fois encore, il allait entraîner ses amis dans une sombre aventure.

- Très bien, soupira-t-il, mais dans ce cas, je vous demande de me suivre.

- Où tu veux, Harry, tant que tu nous expliques tout, rappela Hermione toujours aussi énervée.

- Ron, j'aurais besoin de ta Biafine.

- Pour quoi faire ? demanda-t-il, l'air bêta.

- S'il te plaît, Ron, c'est vraiment urgent !

Une fois le tube de Biafine en main, Harry se précipita hors de la pièce et dévala les escaliers aussi vite que possible, Hermione et Ron sur ses talons. Arrivé devant la porte du bureau de Rogue, Harry se retourna vers eux.

- Evitez de poser des questions et tout ce que vous entendrez ici doit rester secret, d'accord ?

Les deux Gryffondor se contentèrent de hocher la tête tandis que l'Elu ouvrait la porte.

- Bordel Potter ! Tu pouvais pas bouger ton…

Le visage de Pansy se décomposa en voyant Ron et Hermione derrière Harry. Ses joues devinrent rouges de colère et celle-ci empoigna brutalement l'Elu par les épaules.

- ESPECE DE CONNARD ! T'ETAIS OBLIGE D'AMEUTER TA BANDE DE LOOSERS ?

Harry la repoussa tout aussi violemment et fit signe aux deux Gryffondor de le suivre.

- Et tu la laisses te parler comme ça ? grommela Ron tandis qu'Hermione regardait Pansy d'un air menaçant.

- Qu'est-ce que tu regardes Le rat de bibliothèque ? provoqua Pansy.

- Je t'interdits de le lui dire ça, Parkinson ! dit Ron en s'avançant vers elle, les poings serrés.

Une porte au fond du bureau s'ouvrit en ricochant sur le mur et c'est un Rogue au visage luisant de sueur qui apparut, faisant taire tout le monde.

- Cessez vos infantilités, Monsieur Malefoy a besoin de toute notre attention. Potter, j'ignore pourquoi vous nous amenez des spectateurs mais peu importe, tant que vous avez la Bifine.

- Biafine, corrigea Hermione sans pouvoir se retenir. Oh, pardon professeur.

- Je rêve, c'est Malefoy qui a besoin de ma Biafine ? grogna Ron. Et comment il a fait pour se choper un coup de soleil en mars ? Faut vraiment être con.

- Ferme ta gueule, Weasemoche ! Tu ne sais même pas de quoi tu parles ! cracha Pansy, les yeux noirs de fureur.

- CELA SUFFIT ! hurla le professeur de potions. Potter, ramenez vos fesses. Les autres restez-là et fermez-là.

Harry adressa un regard désolé vers ses amis puis un regard autoritaire vers Pansy. Celle-ci grogna puis lui tourna le dos.

- Espérons qu'ils ne s'entretueront pas…grommela Rogue.

Harry ferma la porte derrière lui. Drago se trouvait maintenant allongé dans une baignoire remplie de glaçon dans le coin gauche de la salle de bain. Rogue s'était agenouillé tout près et asséna une violente claque dans le visage du jeune Mangemort.

- Monsieur Malefoy, ne sombrez pas.

- Drago, dit Harry en se plaçant à côté de Rogue, j'ai quelque chose qui devrait soulager tes brûlures. Tu me laisserais enduire ton bras de cette crème ?

- Qu'est-ce que vous attendez, Potter ? Un consentement écrit de sa part ?

- Je vous emmerde, Rogue.

- Accélérez, Potter, ou c'est moi qui le fais.

Les joues du Serpentard viraient presque au rouge écrevisse. Son corps était tellement bouillant que les glaçons au contact de sa peau fondaient en créant de la vapeur. Des frissons parcouraient l'ensemble de son corps, tel un raz-de-marée. De temps en temps, ses yeux roulaient en arrière, ce qui obligeait le professeur de potions à le gifler à nouveau pour qu'il ne perde pas connaissance.

Harry attrapa délicatement le poignet gauche du jeune Mangemort pour stabiliser son bras au-dessus des glaçons, puis il commença à étaler une épaisse couche de Biafine sur sa marque. Les brûlures s'étaient propagées jusqu'au niveau de son cou et le Gryffondor s'appliqua à les recouvrir toutes.

Après quelques minutes seulement, la respiration du Serpentard se fit volontairement de plus en plus profonde. Drago arrivait enfin à fixer son regard.

- Il revient à lui, dit le Gryffondor, soulagé.

- Harry, murmura le Serpentard d'une voix enrouée.

Un sourire étira ses lèvres malgré la douleur qui tiraillait encore sa chair.

- Est-ce que ça va mieux ? demanda l'Elu.

- Oui, la douleur est de nouveau supportable.

- Ravi de l'entendre, déclara Rogue sans vraiment avoir l'air satisfait. Potter, occupez-vous de Monsieur Malefoy. Je dois aller vérifier que mon bureau n'ait pas été réduit en miettes par cette bande de sauvages.

Enfin seuls, Harry sourit à Drago et le décoiffa gentiment de sa main gauche.

- Hé, c'est pas du jeu. Tu sais bien que je n'ai pas la force de me défendre.

- C'était trop tentant, désolé. Dis, tu voudrais peut-être sortir de la baignoire ?

- C'est serait sympa de m'aider.

- Pas de problème, Drago. Je te sors de là.

Harry se courba un peu plus dans la baignoire pour prendre le Serpentard sous les bras. Il décolla son dos de la paroi jusqu'à ce que sa tête blonde se pose sur son épaule.

- Ça va ? Tu es prêt ?

Drago hocha la tête. Harry prit une grande inspiration avant de bloquer sa respiration, puis d'un coup sec, il tira le Serpentard hors des glaçons pour l'asseoir sur le rebord de la baignoire. Le Gryffondor fut soulagé de voir un boxer autour de ses hanches.

- Tu sais, dit Harry le sourire aux lèvres, je pourrais demander à Rogue de te prêter un caleçon, juste histoire de me le mettre encore plus en rogne. Et puis, il serait tellement embarrassé.

- Oui, enfin il me maudirait plutôt pour ça. Tu penses qu'il porte un caleçon blanc avec des cœurs ?

Les deux sorciers se regardèrent en silence avant d'éclater de rire pendant une bonne minute.

- Oh non c'est trop, dit le Serpentard en essuyant ses yeux qui étaient noyés de larmes.

Harry s'apprêtait à parler lorsque la porte s'ouvrit violemment.

- Eh bien messieurs, je vois qu'on s'amuse comme des petits fous, dit Rogue de sa voix faussement sirupeuse. Néanmoins, la situation ne s'y prête absolument pas. Si vous avez la force de rire, je suppose que vous supporterez une conversation dans mon bureau, monsieur Malefoy.

Le professeur de potions sortit de la pièce sans fermer la porte. Drago soupira tandis que le Gryffondor ramassait le vêtement du Serpentard qui avaient été jeté négligemment sur le sol.

- Tiens, mets ça. Tu veux que je te sèche ton boxer, enfin je veux dire avec ma baguette ? dit Harry en rougissant un peu.

- Merci, mais ça ira. J'ai aussi ma baguette.

- Si tu as besoin de moi, je suis dans la pièce d'à côté.

- Entendu.

Harry s'éclipsa de la salle d'eau pour se retrouver devant une scène pour le moins rare : Pansy était assise en face de Ron et Hermione, tandis que Rogue s'était remis à faire les cents pas dans le fond de la pièce. Les trois autres sorciers n'osaient cligner de l'œil, de peur de provoquer une bagarre. Ron et Hermione virent enfin Harry ce qui sembla les soulager un peu. Ce dernier alla s'installer sur un petit tabouret, à mi-chemin entre Pansy et ses deux amis.

- Bon, je crois qu'il est temps que nous ayons une discussion tous ensemble, déclara Harry d'une voix ferme et confiante. Que nous le voulions ou non, il semble que le destin veuille nous rapprocher les uns des autres parce que nous avons tous besoin les uns des autres.

- Hé calme ta joie, Potter, s'esclaffa Pansy en se mettant debout, jamais je n'ai eu besoin d'eux, dit-elle en pointant son index vers Ron et Hermione. Ils n'ont rien à foutre ici !

- Je suis d'accord avec Miss Parkinson, dit Rogue en se plaçant face à Harry, créant un cercle entre eux tous. J'espère que vous avez une bonne raison de les amener ici, Potter, mais vous connaissant, j'ai bien peur que votre raison à cela ne va pas me plaire.

- Je n'avais pas le choix, Rogue. Ils m'avaient posé un ultimatum et je savais que Drago avait besoin de cette Biafine, alors j'ai dû opter pour ce compromis. J'ai essayé de les écarter de tout ça mais je me rends compte que je m'éloigne d'eux en même temps et ça ce n'est pas envisageable. Ce sont mes meilleurs amis et je leur fais confiance. Ils garderont tout ça pour eux.

- A la vitesse où vont les choses, toute l'école sera au courant de nos activités à la fin de la semaine ! cracha Pansy. Bon sang, je ne sais pas ce qui me retient de t'en coller une, Potter. Toi et ta confiance aveugle. J'en ai rien à secouer de ce que tu fais, tant que ça ne me concerne pas. Et là, ça me concerne.

- Bon ça suffit, intervint Hermione. Ron et moi ne diront rien à personne de ce que nous avons vu et appris ici. Tu as ma parole, Parkinson. Tu sais bien qu'Harry compte énormément pour moi, alors je ne ferai rien qui puisse lui nuire. En parler ne pourrait que vous amener des problèmes et je ne le veux pas. Mais tant qu'à faire, j'aimerais comprendre exactement de quoi il s'agit.

- Il est encore tant pour vous de sortir. En apprenant tout ce qu'il se passe, vous serez potentiellement en danger, ce qui est absurde sachant que vous ne participerez pas à nos activités, dit Rogue d'une voix posée.

- C'est pas le problème ! éclata Pansy. Tout le monde sait que Potter et ces deux là sont collés comme des siamois ! Si quelqu'un cherche à savoir ce que Potter trame, il se dirigera forcément vers eux. Il suffit de lire dans votre esprit et je suis sure que ça n'a rien de difficile.

- Mais pour qui tu nous prends, Parkinson ? Ron et moi savons tout cela et depuis l'été dernier, nous nous sommes intensivement entraînés à l'Occlumencie pour pouvoir limiter ces risques. Nous ne sommes pas si bêtes que tu le penses.

Drago entra dans la pièce, le teint cadavérique et les yeux très cernés. Le silence se fit tandis qu'il avançait lentement vers eux. Il se plaça à côté de Pansy mais ses yeux se posèrent sur Harry.

- Bien que je sois plutôt d'accord avec les arguments de Pansy, je comprends néanmoins ta décision, Harry. Raconte-leur ce que tu veux, je ne m'y opposerai pas. Pansy et moi te devons bien ça après l'aide que tu nous as apporté, n'est-ce pas Pansy ?

La Mangemort baissa la tête. Cette discussion était close, elle le savait très bien.

- Je suppose que oui, dit-elle la voix tremblante de rage contenue.

- Merci, dit Harry dans un sourire.

Pansy et Drago s'étaient assis en face de Ron et Hermione, pendant que Harry leur racontait tout. Le visage de Ron était d'abord devenu livide, puis verdâtre face aux détails sordides, et enfin rouge de honte après qu'il avait dit de Malefoy. Quant à Hermione, sa colère s'était totalement volatilisée en apprenant tout ce qui s'était passé. Elle était heureuse de découvrir que Drago n'était pas si mauvais qu'il en avait l'air et qu'elle avait eu raison de lui laisser une chance et de le sauver.

- Encore désolé de vous avoir inquiété comme ça, termina l'Elu en souriant à ses deux meilleurs amis. Rogue ?

Ce dernier qui regardait par la fenêtre, les mains derrière le dos, se contenta simplement de grogner.

- J'aurais une proposition à vous faire.

- Laquelle ?

- Entraîner d'autres sorciers, en fait ceux que Pansy et Drago auront envoyés dans la Salle sur Demande.

- Et dans quel but ? Demanda-t-il d'une voix morne.

- Qu'ils protègent ces murs.

- Soit.

- Soit ? répondit Harry et Pansy en cœur, incrédules.

Rogue ferma les yeux, se frappant mentalement la tête du plat de sa main. Ce n'était pas le moment d'insinuer le doute dans l'esprit du jeune homme. Rogue devait continuer à jouer son rôle, même s'il savait qu'aucun duel n'aurait lieu entre le Seigneur des Ténèbres et Harry. Ces entraînements n'étaient que de la poudre aux yeux pour maintenir l'espoir dans le cœur du Gryffondor qu'il pouvait encore s'en sortir vivant.

Habituellement, Rogue se serait plaint du travail supplémentaire, d'autant plus qu'il n'était pas de ceux qui faisaient de la charité. Mais il était fatigué de mentir à Harry, fatigué d'entretenir ses illusions. Les Mangemorts allaient attaquer ce château à un moment précis et il savait quand. Dumbledore et lui en avait discuté. Tout était planifié d'avance, jusqu'à la mort de l'Elu. Ces personnes qu'il entraînerait ne changerait rien à l'issu de cette guerre. Néanmoins, il devinait la motivation dans la voix du Gryffondor et c'était plus qu'il n'en fallait pour qu'il accepte. Un peu plus de résistance n'aurait cependant pas été de trop pour garder les apparences.

- Ne jouez pas avec mes nerfs, Potter. Je sais très bien que la petite sangsue que vous êtes ne me lâchera pas tant que je n'aurai pas accepté. J'accepte, satisfait ?

- Très, professeur, dit-il un grand sourire aux lèvres.

- Tiens, vous voilà de nouveau poli. Je dois dire que cela m'émeus au plus haut point, Potter. Bon, dégagez tous de mon bureau, maintenant. Vous polluez mon espace privé.

- Rendez-vous cet après-midi devant la Salle sur Demande ?

- C'est cela, Potter. Maintenant, dehors.

Ron, Hermione, Pansy, Drago et Harry se retrouvèrent donc dans le couloir vide. Le malaise était palpable entre eux. Chacun se demandait ce qu'il convenait de faire ou dire, mais bien vite, la situation se compliqua d'un cran. Un jeune homme à l'imposante carrure s'avança vers eux d'un pas lent et mesuré. Hermione crut avoir hallucination.

- NEVILLE ?

- Bonjour Hermione.

Drago recula instinctivement d'un pas. Néanmoins, l'expression de son visage était indéchiffrable. Pansy se rapprocha de lui et encercla son bras d'une main possessive, le regard menaçant. Seule Hermione se précipita vers son ami et sauta dans ses bras. Harry et Ron qui étaient maintenant au courant de ce que Neville avait fait à ses parents grimacèrent en voyant la jeune femme aussi heureuse de le revoir ici.

- Oh mon dieu, Neville ! Je suis tellement contente que tu sois là ! Comment vas-tu ?

- Bien, merci.

Sa voix était toujours aussi sombre, mais la folie s'était un peu dissipée de son regard. Harry et Ron osèrent finalement s'approcher.

- Salut mon vieux, dit Ron. C'est bon de te retrouver.

- Pour moi aussi. Il était temps que je quitte l'hôpital…

- Tu es…guéri, maintenant ? demanda prudemment Hermione.

- Je ne pense pas avoir été cinglé, mais disons que je me suis calmé, oui.

- Oh, bien sûr. Et comment va ta grand-mère ?

- Elle est décédée il y a un mois de ça d'une crise cardiaque.

- Oh non, je suis désolée, dit-elle la main devant la bouche.

- Ce n'est rien. Elle a eu une belle vie.

- Toutes mes condoléances, vieux, dit Harry à voix basse.

- Merci. Bon, désolé mais je suis censé rejoindre Madame Chourave dans les serres, alors à plus tard.

- Attends, dit Hermione, tu ne viens pas en cours avec nous ? En Défense Contre les Forces du Mal ?

- Je ne suis pas ici pour étudier. Je travaille en tant qu'assistant de madame Chourave.

- Assistant ? Ouah, félicitations ! s'exclama Ron.

- Tu n'es pas un peu jeune pour ça ? demanda Harry assez déboussolé.

- J'ai une autorisation exceptionnelle de Dumbledore. On est en guerre. Je n'ai pas d'argent, pas vraiment d'endroit où aller et je voulais mettre mes connaissances d'herbologie au service d'une cause. Je suis donc employé pour mettre au point des potions à base de plantes, ce genre de trucs…pour la guerre…

- Oh…je vois, murmura Harry.

Neville leur sourit légèrement avant de se remettre à marcher, vers Pansy et Drago. Hermione s'empressa alors de lui poser la question qui la démangeait.

- Et concernant Drago… ?

Neville s'arrêta de marcher sans se retourner. Il resta un moment dans cette position, puis il finit par répondre dans un souffle avant de s'éloigner pour de bon.

- Ne t'inquiète pas, on m'a obligé à faire le serment inviolable comme quoi je ne lui ferais plus jamais rien. Je tiens suffisamment à la vie pour ne plus l'approcher.

Hermione le regarda partir, pas vraiment rassurée par ses paroles.

- Tu crois qu'il ment, Harry ? demanda Hermione.

- Non, je lui fais confiance.