Drago se mit debout quand il se sentit prêt. Il rangea les deux paires de ciseaux dans sa robe, se passa une main dans les cheveux et quitta l'appartement.

Ses pas le conduisirent aux serres de madame Chourave…

La première chose qu'il vérifia, c'est que Neville était dans les serres. La deuxième chose, c'est qu'il était seul. Ces deux conditions étant rassemblées, Drago pénétra dans la serre dont l'atmosphère était humide et chaude.

Neville était assis à une table en vieux bois, ses yeux sombres scrutant un récipient en verre qui contenait un liquide verdâtre. Sur la table était minutieusement alignée d'autres récipients remplis de toutes sortes de substances de couleurs différentes.

Drago avança sans faire de bruit jusqu'à se trouver derrière Neville.

- Tu crois que je n'ai pas senti ta présence?

Le Mangemort se contenta de lever un sourcil avant d'agripper les épaules du Gryffondor et de le retourner violemment, son dos percutant la table.

- Tu aurais mieux fait de t'enfuir en m'entendant parce que je ne viens pas ici pour une visite de courtoisie.

- J'imagine.

Drago essayait de contenir sa rage mais en voyant Neville aussi calme, aussi sûr de lui, il ne pouvait s'empêcher de vouloir le torturer pour lui renvoyer la monnaie de sa pièce. Mais il s'était juré de venir là pour le faire disparaître au plus vite. Il était là pour protéger Baltus avant de la venger et de se venger lui-même.

- Avoue ce que tu as fait à ma chauve-souris : tu l'as plantée sur la porte du dortoir des Serpentard.

- Si tu sais tout, je ne vois pas pourquoi j'ouvrirais la bouche. De toute façon tu ne me croirais pas si je te disais que je n'ai pas fait ça.

Drago ne répondit rien, mais ses yeux hypnotisèrent ceux du Gryffondor. Il approcha son visage de Neville et commença à fouiller dans ses souvenirs. L'exercice, surtout quand on était débutant, s'avérait particulièrement délicat. Parfois, Drago captait des bouffées d'émotions brutes et à d'autres moments, il captait des images. Mais il était difficile de lier les deux. Il s'agissait plus d'interprétation à son niveau.

Un souvenir vint soudain irradier son esprit. Neville marchait dans un couloir. Au loin, il pouvait se voir en compagnie de Pansy. Neville se retourna et vit Harry s'en aller dans la direction opposée. Drago comprit que cette scène s'était produite juste après que Ron et Hermione soient retournés en cours ce matin-là. Lui et Pansy étaient allés dans leur appartement pour se reposer avant le repas de midi. Neville était donc resté dans un coin pour les épier. La scène se passait en noir et blanc, comme dans une sorte de nuage, les mouvements au ralenti.

Puis un autre flash. Neville repéra une chauve-souris qui volait juste en dessous du plafond. Celle-ci ouvrit la gueule sans faire de bruit, de manière clairement menaçante. Pansy et Drago disparurent dans un autre couloir tandis que Baltus se posa à terre, face à Neville.

- Tu as de la chance que ce serment inviolable me tienne en laisse, Malefoy. Sinon, il y a longtemps que je t'aurais tué.

- Tu m'en diras tant, ricana Drago.

Le Serpentard empoigna son cou de ses deux mains pour l'empêcher de parler tandis qu'il continuait de sonder son esprit.

Drago ressentit une vague de haine le traverser. Elle venait de l'esprit de Neville. Drago essaya de suivre cette sensation pour remonter jusqu'au souvenir qui en était le propriétaire. Des battements d'ailes noires vinrent brouiller sa vue. Une douleur aigue se fit ressentir au niveau de son bras.

Drago détacha son regard de Neville et souleva la manche de sa chemise jusqu'à ce qu'il découvre un bandage.

- Cette salope a des dents pointues, provoqua Neville, un sourire en coin.

Drago agrippa ses cheveux avec violence et couvrit sa bouche de son autre main. Son regard d'acier plongea à nouveau dans son esprit. Il fallait qu'il sache tout. Il ne pouvait se permettre de se tromper de responsable, même si le doute était minime.

Mais voir ces souvenirs à travers les yeux de Neville était une sacrée épreuve. Il avait l'impression d'agresser lui-même sa chauve-souris. Enfin, de ce qu'il avait compris, Baltus avait attaqué Neville pour le protéger lui. La culpabilité qu'il ressentait se fit encore plus lourde à porter.

Un autre flash, plus percutant que les autres, vint envahir son esprit. Neville venait de décrocher Baltus de son bras. Il la serra dans sa main et d'un geste brusque, il la projeta contre la paroi d'un mur. Elle tomba à terre comme une petite chose sans défense. Ses yeux se fermèrent lentement sous le choc.

Drago changea d'avis. Il allait rendre coup pour coup. Il se redressa et entraîna Neville par les épaules. Ce dernier ricana, pas plus inquiété par la fureur du Serpentard. Il se retrouva bientôt en face d'un mur et Drago attrapa une motte de ses cheveux bruns. Son crâne entra en contact avec la pierre dans un bruit sourd.

- Je te promets que la suite va être amusante, grogna Drago dont les lèvres ressemblaient à des babines de chien retroussées.

- Bon, soyons sérieux. Je t'ai laissé passer tes nerfs sur moi sans broncher mais là ça suffit. Regarde ce qui s'est passé après. Tu verras que je n'ai pas cloué ta chauve-souris sur la porte de ton dortoir. Et puis, explique-moi par quel miracle j'aurais pu arriver jusqu'à la porte de ton dortoir sans mot de passe et sans savoir par où y accéder ?

C'est à ce moment que Drago commença à avoir un doute. Ses sourcils se froncèrent alors qu'il fixait Neville. Il capta un dernier flash, le plus important de tous. Neville serra et desserra successivement ses poings en regardant Baltus qui était toujours inconsciente sur le sol. Il la ramassa finalement et se dirigea dans la direction qu'avait prise Harry. Il vit bientôt une porte s'ouvrir et un flot ininterrompu d'élèves s'échappa de la salle de cours. Tous le contournèrent sans vraiment prêter attention à lui, mais Neville attrapa le bras de Marcus Flint pour capter son attention. Quelques mots furent échangés dans un brouillard gris.

- Tu peux la rendre à Malefoy ?

- Comment tu sais que cette chose est à lui ?

- C'est une longue histoire.

- Soit.

- Merci. Et pas la peine de lui dire que je te l'ai passée.

Flint haussa des épaules et disparut dans un tourbillon de fumée, avec Baltus dans le creux de sa main...

- Le fils de pute, murmura Drago les dents serrées lorsqu'il comprit ce que tout cela impliquait.

- Tu sais, dit Neville en souriant bizarrement, si je dois crever en te tuant, il est clair que je te mets en bas de ma liste des sorciers à éliminer. Contrairement à ce qu'Hermione peut penser, je ne suis pas cinglé. Toi et moi sommes pareils. Nous sommes des calculateurs et nous faisons tout pour arriver à nos fins. Alors sois tranquille, je ne te ferai rien tant que ton père et Bellatrix seront toujours en vie. Tu as juste à dire à ta chauve-souris de me foutre la paix et je ne la toucherai plus.

- Je garderai un œil sur toi…Touche-là encore une fois, peu importe la raison, et je te descends. Tu as ma parole.

Drago relâcha les épaules de Neville et s'éloigna de lui sans le quitter des yeux. Neville lui fit un clin d'œil et se rassit à sa table comme si de rien était. Le Serpentard sortit de la serre et respira profondément l'air frais du parc de Poudlard. C'était une belle journée pour mourir…

Dans la Salle sur Demande, Harry et Pansy étaient à mille lieux d'imaginer ce que le Serpentard était en train de faire. Ils avaient d'autres préoccupations à ce moment-là, comme celle de rassurer les survivants et de leur faire accepter qu'ils allaient devoir défendre ce château en affrontant les armées de Voldemort. Harry avait plus ou moins réussi à canaliser leur panique après plus d'une heure de discussions tendues.

Il était temps de passer à l'entraînement. Pansy demanda à Harry de reprendre les commandes et l'Elu la laissa prendre sa place avec un sourire de gratitude. Les regards braqués dans sa direction furent tout de suite sévères et méfiants, mais Pansy en était pour une fois satisfaite. Elle comptait les entrainer dur et s'ils devaient tirer leur force de la haine qu'ils ressentaient contre elle, contre un Mangemort, alors cela était une bonne chose. Le tout était d'arriver à leur fin.

Pansy était debout, encerclée par la foule de sorciers. Harry s'était retiré auprès de Rogue sans dire un mot.

- Bon, lança Pansy après s'être raclée la gorge, je vais vous expliquer comment on va procéder. Les plus jeunes, vous vous mettrez gauche, les ados et jeunes adultes au milieu, et les adultes à droite. Le professeur Rogue, monsieur Potter et moi-même allons s'occuper alternativement de vous tous. Monsieur Malefoy devrait se joindre à nous dès que possible. Nous avons chacun des sorts et des techniques différentes à vous apprendre. Mais pas d'inquiétude, nous allons faire les choses pas à pas, avec rapidité et efficacité. L'essentiel, c'est que vous sachiez neutraliser un Mangemort le plus rapidement possible. Les Aurors pourront se charger du reste. Bien. Commencez donc par vous répartir en trois groupes d'âges.

- On dirait qu'elle a fait ça toute sa vie, constata Harry les yeux ronds d'admiration.

- C'est bien ce qui m'agace, marmonna Rogue.

- Jaloux de son charisme, Rogue ? provoqua Harry.

- Cessez de sourire comme un morveux de cinq ans à qui on proposerait une sucette.

- Ça ne répond pas à la question, cher professeur…

- Je crains juste que le pouvoir lui monte à la tête.

- C'est absurde. Dans une situation pareille, nous avons besoin de leaders et je suis content de ne pas être le seul. Bon, allons la rejoindre.

Rogue et Harry se décollèrent du mur et allèrent retrouver Pansy qui paraissait très concentrée. Les groupes furent enfin formés et la jeune femme passa devant chacun d'eux, les inspectant de la tête aux pieds.

- Bien, aujourd'hui, je m'occuperai des jeunes adultes et adolescents. Potter, tu gèreras le groupe des plus jeunes et professeur Rogue, vous vous occuperez des adultes. La leçon du jour sera consacrée à la position du corps à adopter lorsque l'on jette un sort.

- Pfff, c'est totalement risible ! cracha la femme aux cheveux roux. N'avez-vous rien de moins élémentaire à nous enseigner ?

- Elémentaire ? Parce que vous pensez avoir déjà appris tout ça ?

- On apprend à se placer en première année et je suis sûre que vous êtes au courant de ça.

- Très bien, dit Pansy d'une voix beaucoup trop calme pour être naturelle, alors je vous propose de faire une démonstration devant tout le monde.

- Enfin, c'est ridicule !

- Faites ce que je vous demande ! éclata Pansy, ce qui fit sursauter les plus jeunes et froncer des sourcils les plus âgés.

Finalement, la femme aux cheveux roux se tut et alla rejoindre Harry, Rogue et Pansy. Toujours sans rien dire, elle se mit de profil par rapport aux survivants, fléchit son genou gauche d'appui, tendit sa jambe droite vers l'arrière et allongea son bras droit vers l'avant comme un escrimeur.

- Voilà. C'est aussi simple que ça, dit-elle en croisant les bras sur son imposante poitrine, l'air satisfaite. L'ennui, c'est qu'aucun de nous n'a de baguette. Je me demande bien l'intérêt de faire tous ces entraînements si au final, on ne peut pas lancer de sort, rajouta-t-elle d'un ton condescendant.

Rogue et Harry échangèrent un regard embarrassé car ni l'un ni l'autre n'avait pensé à ce « détail ».

- Franchement, vous pensez vraiment que je pourrais être assez stupide pour oublier un truc pareil ? (Harry et Rogue se ratatinèrent sur place.) Je règlerai ce problème dans deux jours. J'irai chercher moi-même de nouvelles baguettes pour vous, mais il faudra pour ça que vous me notiez avec précision les caractéristiques de vos baguettes, sur ce parchemin, dit-elle à haute voix en sortant un bout de parchemin froissé.

Elle le tendit à la femme aux cheveux roux qui le prit après avoir défié Pansy d'un regard.

- Bon, revenons à notre entraînement, continua Pansy. Imaginez que je suis un Mangemort, ça devrait pas être difficile, ricana-t-elle. Je vais maintenant vous attaquer, madame… ?

- Madame McKnorfly.

- Très bien, madame McKnorfly. Vous allez voir si cette pose que vous nous avez montré est applicable en toutes circonstances.

Pansy s'avança d'un pas vers elle, puis d'un large pas sur la droite. La jeune femme se munit de son sourire le plus diabolique et se mit à sautiller d'un endroit à l'autre de manière aléatoire pour la déstabiliser. Sa main plongea dans sa robe et elle en sortit avec une baguette sous le regard acéré de madame McKnofly.

- Il me faudrait une baguette pour pouvoir vous rivaliser. Je ne peux concevoir un duel sans cela.

- Très bien, très bien. Potter, remplace-la, mais ce n'est que partie remise.

- J'y compte bien…

- Allez dépêche, Potter. Je dois bientôt retourner en cours. Ce que vous devez comprendre, dit-elle en se tournant vers les survivants, c'est que la plupart du temps, ce ne sera pas un simple duel. Ce sera une grosse pagaille et il faudra savoir jongler avec tous les éléments perturbateurs. Alors les jolis petits cours bien carrés avec le salut respectueux en début de duel et la pose gracieuse avant d'engager un combat quasi statique, vous pouvez oublier tout ça. Certes, il ne faut pas perdre ses appuis quand on lance un sort, mais l'important, c'est de savoir se positionner en fonction de le ou les ennemis. C'est comme une danse, un tango. Quand votre partenaire pose le pied à droite, posez le votre à gauche. Débrouillez-vous pour toujours vous trouver face à face, surtout lorsque vous prévoyez de jeter un sort en biais. L'effet de surprise est essentiel. Il faut habituer votre ennemi à votre cadence de pas pour le surprendre sur le prochain coup. Tout ça vous parait peut-être logique sur papier, mais quand on mettra ça en pratique, vous verrez que cela demande vraiment beaucoup de self-control et d'adresse. Regardez. Potter, le but est seulement de désarmer son adversaire.

Harry sortit sa baguette tandis que Pansy commença à tourner autour de lui comme un prédateur autour de sa proie. Elle s'essuya rapidement le visage pour enlever la sueur qui dégoulinait sur sa peau à cause du manque de drogue et commença à foncer droit sur lui.

- Pitié, ne me fait pas honte, Potter, murmura Rogue pour lui-même.

Harry, un peu surpris par cette attaque si directe, recula bien vite tout en pivotant pour se retrouver face à son flanc gauche.

- Vous voyez, dit-elle, Potter me contraint à modifier mes appuis puisque je suis obligée de pivoter à mon tour pour ne pas exposer mon côté gauche. Il peut donc me déséquilibrer plus facilement après ça, par exemple en tournant brusquement dans l'autre sens.

Harry changea soudain de cadence et, au lieu de faire ce qu'elle avait dit, il continua à tourner dans le même sens et Pansy n'eut pas le temps de se remettre face à lui.

- Expelliarmus !

La baguette de Pansy décolla dans les airs, faisant sourire victorieusement le Gryffondor. La foule applaudit de joie en voyant l'Elu se défendre aussi bien contre un Mangemort. Pansy se contenta se présenter un V de la victoire avec son index et son majeur, mais vu la passion qui régnait entre eux, Harry soupçonna Pansy de lui avoir plutôt fait l'équivalent d'un bras d'honneur britannique. Ses soupçons semblèrent partagés par Rogue dont le visage arborait un rictus satisfait.

- Bon, j'aimerais que vous vous entrainiez au déplacement les uns avec les autres. Faites des paires et jouez au duel, même si vous n'avez pas encore de baguette. Rogue, Potter, merci pour votre aide. Vraiment.

Sans rien ajouter, Pansy quitta les lieux, la tête haute. La journée se termina sans encombre, bien qu'une petite chose vint éveiller l'attention de la jeune femme. En retournant en cours cet après-midi, Pansy découvrit comme le reste de la classe que Marcus Flint n'était là. Crabbe et Goyle précisèrent qu'ils n'étaient au courant de rien et qu'ils ne l'avaient pas revu depuis la fin du déjeuner. Mais personne ne s'inquiéta plus que de raison. Drago était resté silencieux à côté d'elle, le teint livide, les poings serrés. Il n'y avait rien de suspect à cela. La drogue…Pansy ne ressentait pas non plus l'envie de parler d'autant plus qu'elle avait beaucoup donné d'elle-même pour mener cette première rencontre avec les survivants. Néanmoins, elle expliqua à Drago l'organisation qu'elle avait mise en place pour qu'il ne soit pas trop perdu lors de leur prochaine séance d'entrainement. Drago se contenta d'hocher la tête à tout ce qu'elle disait, ce qui l'ennuya un peu, sachant tous les efforts qu'ils avaient faits pour en arriver jusque-là.

Drago et Pansy retournèrent dans leur appartement après avoir dîné. Toujours sans rien dire, Drago s'installa à son bureau. Ses yeux scrutèrent le corps de Baltus qui était toujours emmitouflée dans sa chemise blanche. Drago resta de marbre pendant plus d'un quart d'heure avant que sa main n'ouvre le tiroir du bureau d'un geste si lent et mesuré que Pansy avait l'impression de voir au ralenti, comme si elle pouvait percevoir la moindre contraction de ses muscles, le moindre étirement de chair tendre.

Drago posa une boîte métallique sur la table et aussitôt, une bonne odeur d'agrumes s'éleva dans les airs. Ne voulant pas l'importuner, Pansy resta en retrait pour observer Drago. Le jeune homme ouvrit lentement la boîte et en sortit un morceau d'orange. Il caressa tendrement le petit museau de Baltus et fit tomber une goutte de jus d'orange sur ses babines.

La chauve-souris grimaça au point de ressembler à une bête monstrueuse. Le visage du Serpentard se déforma également de douleur.

- Hé ma jolie…

Le regard que lui lança Baltus fut tellement empreint de terreur que Drago éloigna inconsciemment son visage de la table.

- Je suis tellement désolé. Faut que tu me pardonnes.

Se sentant mal à l'aise face au besoin de rédemption de son partenaire, Pansy quitta la pièce sans faire de bruit. Elle alla prendre une douche, histoire de se sentir mieux après toute les souffrances qu'avait subies son corps dans la journée.

Pendant ce temps, Drago avait essayé de nourrir Baltus, sans succès. La petite chauve-souris se contentait de tourner la tête que ce soit lorsqu'un morceau d'orange lui était présenté ou simplement lorsque Drago essayait de la caresser. Drago lui changea ses bandages et la réenveloppa dans une nouvelle chemise. Il alla la poser dans un coin du fauteuil du salon et frappa à la porte de la salle de bain.

- J'ai fini, tu peux entrer.

Drago ouvrit la porte et observa Pansy sans rien dire. Elle était simplement couverte d'une serviette blanche qu'elle avait fixée au-dessus de sa poitrine et le regard éteint du Serpentard coula le long de dos. Sentant ses yeux sur elle, Pansy se retourna pour lui faire face.

- Quelque chose ne va pas, je me trompe ? murmura-t-elle en s'approchant de lui.

Drago resta de marbre jusqu'à ce que les yeux sombres de Pansy tentèrent de sonder son esprit. Les mains glacées du jeune homme virent écraser ses épaules et son visage se transforma soudain pour devenir menaçant.

- Ne joue à pas à ça avec moi.

Leur respiration s'accéléra en se sentant si près l'un de l'autre. La tension semblait celle d'un aimant entre eux et Drago craqua le premier dans ce duel des regards. Il ferma les yeux et approcha ses lèvres de celles de sa partenaire. Mais à la place de lèvres, le Serpentard sentit la pulpe de doigts. Ses paupières s'entrouvrirent pour comprendre.

- Tu es sûr que c'est ce que tu veux ? demanda Pansy les sourcils froncés.

Drago hocha simplement la tête. Un léger sourire naquit sur le visage de la jeune femme qui prit la main du Serpentard pour l'entraîner dans leur chambre. Elle referma la porte derrière eux et commença à déshabiller Drago en prenant tout son temps. Elle se demanda un instant s'il s'était souvenu de leurs ébats de la nuit dernière ou si tout ce qui se passait maintenant n'était que le fruit du hasard, puis elle décida que cela n'avait aucune importance. L'heure n'était plus à la discussion mais à l'action.

Pansy enleva le dernier bouton de la chemise du Serpentard. Elle observa le fin tissu trembler sous les pulsions effrénées du cœur de Drago avant de le couver d'un regard rassurant et glisser sa tête entre les pans de sa chemise. Elle pouvait enfin utiliser tous ses sens et se rappeler le moindre détail qui caractérisait la peau de son partenaire. Un grain de beauté sous sa clavicule gauche, des tétons pâles et durcis par un courant d'air, une cicatrice sur son flanc droit et un ventre plat dont les abdominaux n'étaient visibles que lorsqu'il respirait trop fort. Pansy était absolument en adoration devant tout ce qui appartenait à cet homme. Son propre cœur battait à mille à l'heure et ses doigts tremblaient jusqu'à rendre le moindre mouvement compliqué. L'avoir enfin pour elle toute seule était au-dessus de ses espérances.

- Je te donne ma virginité, susurra-t-il dans le creux de son oreille.

A ces mots, Pansy perdit la tête. Grognant de plaisir, elle le poussa vers le lit jusqu'à ce que ses jambes entrent en contact avec le bord. Elle le força à basculer sur le matelas, puis elle commença déboutonner sa propre chemise pour finir par arracher les derniers boutons.

- Putain, j'ai envie de te bouffer, Malefoy…

Les pupilles du Serpentard se dilatèrent sous l'effet de l'adrénaline. Les doigts tremblants de Pansy glissèrent le long de son torse pour aller dézipper la braguette de son pantalon. Sa main droite disparut sous le vêtement, attisant un peu plus les flammes de leur désir.

Tous leurs sens étaient focalisés l'un sur l'autre, à tel point qu'ils n'entendirent pas les bruits provenant du salon. Harry était entré en douce dans l'appartement après le couvre-feu. Il voulait s'assurer que Baltus allait mieux après cette terrible journée. Son entraînement personnel avec Rogue venait de se finir et Harry était encore dégoulinant de sueur, l'adrénaline circulant en quantité massive dans ses veines.

Lorsqu'il trouva Baltus sur le fauteuil, il voulut d'abord l'approcher, mais elle paraissait dormir si paisiblement qu'il ne voulut pas prendre le risque de la réveiller en s'approchant d'elle. Il se contenterait d'une simple discussion à son sujet avec Drago. Il n'était que dix heures du soir et Harry était persuadé qu'ils étaient encore debout. Comme la porte de la salle de bain était ouverte, Harry supposa qu'ils étaient tous les deux dans la chambre. Il s'avança vers la porte et attrapa la poignée lorsqu'il entendit un gémissement rauque.

Sa main s'éloigna instinctivement de la poignée comme si elle était brûlante. Harry n'était pas sûr de l'origine de ce gémissement mais quelque chose lui disait qu'il ne devait pas intervenir. Pour s'assurer malgré tout qu'il n'y avait rien de grave, le Gryffondor tenta d'abord de regarder par la serrure, mais tout ce qu'il vit ne fut qu'une pile de vêtements qui jonchait sur le tapis de la chambre. Son cœur s'accéléra. Ce n'était ni le genre de Pansy ni le genre de Drago de laisser des affaires traîner par terre.

Par chance ou malchance, Harry découvrit une fente assez large entre le mur et la porte, fente assez large pour qu'un œil puisse voir ce qu'il se passe à l'intérieur. Un autre gémissement plus féminin glaça le sang d'Harry. Sa poitrine se comprima douloureusement en voyant deux corps nus allongés sur le lit. Le cocktail jalousie-désir était d'un goût enivrant, mélange de sucré et d'amer, agrémenté d'une pointe d'acide.

Harry avait envie de crier de rage en voyant les cheveux noirs de Pansy, mais la vue du cou nu, du dos nu, des hanches nues, des fesses nues, des cuisses nues, des jambes nues, des chevilles nues et des pieds nus de Drago…Harry porta la main à sa bouche alors qu'il ne put s'empêcher de grogner de plaisir. La salive inonda sa bouche tant il avait envie de lécher cette étendue de peau blafarde.

Le Gryffondor se sentait noyé dans ses émotions contradictoires. Il était horrifié d'admettre qu'il désirait Drago comme il n'avait jamais désiré aucune fille. Et de voir Pansy se tordre lascivement de plaisir sous le corps de Malefoy…Harry avait envie…de se voir à sa place.

Le désir était suffocant. Harry réalisa soudain que sa main avait déjà décidé de prendre les rennes de ce cheval fou. Ses doigts étaient déjà sous son caleçon et ils agrippèrent durement sa virilité au point de lui faire mal. Ses yeux ne quittaient pas le corps de Drago et du coin de l'œil, il voyait les cheveux noirs de Pansy et il réussit à s'imaginer sous Drago.

Cette envie était néanmoins confuse car Harry savait qu'il était en elle, mais il n'arrivait pas à concevoir Drago en lui. Mais par contre…

Par contre…

Harry eut un hoquet de surprise.

Tandis que sa main faisait de rapides va-et-vient sur son membre engorgé de sang, il vit les mains de Pansy glisser sensuellement le long du dos de Drago, traçant chaque courbe de son corps jusqu'à ce qu'elles descendent tout en se rapprochant de la naissance de ses fesses. Les yeux d'Harry s'agrandirent de stupeur. Sa bouche s'entrouvrit. Sa main accéléra. Sa respiration devint erratique.

Et Pansy caressa le galbe de ses fesses de la paume de ses deux mains avant d'enfoncer ses ongles et d'écarter violemment ces deux morceaux de chair tendre, laissant apparaître la part la plus intime du Serpentard.

Et Harry atteignit l'orgasme de plus douloureux et le plus intense de sa courte vie.

Et à en dire par les cris de jouissance des deux Serpentard, Harry savait qu'il en était de même pour eux.

- Putain…

- Putain…

- Putain…


Hum, faut pas jeter de tomates sur l'auteur...

Je l'ai promis, ce sera bien un Drarry...

A part ça, j'espère que Neville vous "plaît" toujours autant lol !

A bientôt...