Harry froissa le journal et le jeta par terre avant de quitter la Grande Salle, fou de rage.

Ses pas, trop bruyants pour être ceux d'un homme serein, martelaient douloureusement sur le sol en pierre du couloir. Son visage rougi par la colère, ses poings serrés, ses ongles enfoncés dans la chair de ses paumes, son échine courbée sous le poids de la douleur, tout en Harry semblait sur le point d'exploser ou de s'effondrer. Cela faisait longtemps qu'il ne s'était pas senti autant incompris et livré à lui-même. Comment pouvait-on être aussi cruel et lui poser tous ces crimes sur le dos ? Peut importait la situation, tout semblait de sa faute aux yeux des journalistes. Harry n'avait pas besoin d'eux pour culpabiliser.

Si Rogue et Dumbledore n'avaient pas été là pour le cadrer et lui donner un plan à suivre, Harry savait qu'il aurait déjà plié sous la pression. Il se serait probablement battu en duel contre Voldemort sans même se donner une chance d'être prêt, à supposer que ce soit possible.

Une main agrippa son bras. Harry se retourna brusquement pour atterrir nez à nez avec Hermione. Son visage était marqué par l'inquiétude et la gravité. Ron se tenait légèrement en retrait, l'air mal à l'aise. Au loin, un cortège funèbre de professeurs quittait le château par la grande porte en bois massif. Rogue s'arrêta un bref instant et fixa Harry avec insistance sans pour autant laisser paraître la moindre émotion. Le Gryffondor se calma légèrement en ressentant le regard du professeur de potions comme une aile protectrice qui s'enroulait tout autour de lui. Harry ignorait si c'était l'intention de Rogue mais c'était désormais un effet qu'il pouvait avoir sur lui. La main de son amie le ramena dans le présent.

- Cet article était tout simplement ignoble avec toi. S'il te plaît, ne culpabilise pas pour ce qui s'est passé, d'accord ?

- Tu sais, j'avais pas besoin de cet enfoiré pour avoir ces morts sur la conscience ! cracha Harry.

- Je t'en prie, calme-toi…

- J'aimerais que Dumbledore rentre et qu'il me dise quand toute cette boucherie va finir ! Comment tu peux me demander de rester calme ? Et puis tout part à vau-l'eau ce matin ! Qu'est-ce qui est vraiment arrivé à Marcus Flint ?

- J'avoue que je suis un peu retournée d'apprendre que quelqu'un est mort ici à Poudlard. Tu penses qu'il s'est suicidé ?

Harry fronça les sourcils avant de secouer la tête avec lenteur.

- Ça ne lui ressemble pas. J'espère que Drago et Pansy ne sont pas en danger.

- Tu penses que c'est peut-être quelqu'un qui tue les Mangemorts dans l'école ?

- En fait, je pense plutôt à un règlement de compte. Oui, ça semble plus probable. Un type comme lui doit forcément avoir beaucoup d'ennemis.

- Mais de là à l'assassiner…

- Bon, écoute. Là, j'ai besoin d'être seul. S'il te plaît laisse-moi. Vite.

Hermione recula, effrayée par l'expression qu'arborait son visage. La douleur ainsi que la colère l'avaient métamorphosé en un monstre laid et effrayant. Néanmoins, elle ne voulait pas le laisser seul tant il paraissait aveuglé par ses émotions. Elle fit un pas devant elle et alors qu'elle s'apprêtait à refuser de le quitter, la voix d'Harry éclata avec force, la figeant sur place.

- LAISSE-MOI !

- Je t'interdits de lui hurler dessus comme ça ! cria Ron en entourant ses bras autour d'elle, les yeux menaçants. On essaye juste de te soutenir et rien ne te donne le droit de nous traiter comme de la merde, tu entends ? Il y en a marre de supporter tes sautes d'humeur !

- Va te faire foutre alors ! Tout ce qui vous intéresse en fait c'est de vous bécoter ! Alors voilà, c'est votre chance ! Je vous libère de vos obligations envers moi !

- Harry…, murmura Hermione les larmes aux yeux, tu sais bien qu'on t'aime. Je t'en prie, ne t'éloigne pas à nouveau.

Mais Harry ne l'écoutait plus. Il leur tourna le dos et partit droit devant lui, complètement secoué par ce qu'il venait de se passer. Leur avait-il vraiment crié dessus? Son estomac était tellement crispé qu'il avait le goût d'acide gastrique dans le fond de la gorge. Il déglutit et accéléra le pas, ne sachant absolument pas où aller pour calmer ses nerfs. Mais son état s'empirait mètre après mètre. Ses émotions semblaient tant incontrôlables qu'il avait l'impression qu'elles ne lui appartenaient plus.

Ses genoux plièrent soudain et Harry s'effondra sur le sol…

De son côté, Drago jouait parfaitement la comédie. Pansy était dans ses bras tandis qu'il affichait un air surpris sans pour autant en faire trop. Aucun regard n'était dirigé dans leur direction mais le Serpentard ne voulait prendre aucun risque. Son masque devait être placé devant son visage en permanence. Dans le fond, cela n'avait rien de difficile lorsqu'il devait tromper des inconnus. En revanche, l'exercice était plus délicat face à Harry. Mais le Gryffondor avait quitté la salle depuis une bonne demi-heure ce qui lui laissait du temps pour souffler.

Pansy et Drago récupèrent leurs affaires de cours dans leur appartement après que le Serpentard ait tenté de nourrir Baltus, une fois encore sans succès. Drago entrelaça ses doigts avec ceux de Pansy et expira bruyamment pour tenter de se détendre. Baltus maigrissait et ses blessures ne guérissaient pas bien, de quoi préoccuper sérieusement son maître. Malheureusement, Drago n'avait pas le temps de s'occuper de ce problème et surtout, il ne voulait pas attirer l'attention de quelqu'un avec les plaies de son animal.

Les professeurs de Poudlard, quant à eux, avaient bien d'autres choses à penser. Annoncer la mort de Marcus Flint à ses parents, où et comment entreposer le corps de leur fils pour assurer sa meilleure conservation, et préparer un beau discours et peut-être des explications sur le pourquoi du comment.

Tous constatèrent les avant-bras tailladés du jeune défunt ainsi que les autres détails amenant à penser qu'il s'agissait d'un suicide. Le professeur McGonagall décida donc de suivre l'avis général et de conclure à un acte désespéré. Rogue resta immobile pendant toute l'observation du cadavre et des lieux. Seul le froncement de ses sourcils trahissait sa méfiance. Son intuition criait au meurtre. Tout paraissait trop évident et le fait que sa marque des ténèbres soit dissimulée sous un nombre incalculable de lacérations ne fit qu'accentuer ses doutes (Rogue savait de ses parents, eux-mêmes Mangemorts, que Marcus Flint venait d'être récemment marqué). La personne qui avait fait cela devait donc savoir qu'il était un Mangemort mais en cachant sa marque, il ne devait pas vouloir qu'on sache que certains élèves étaient des Mangemorts.

Cela ne laissait place qu'à deux éventualités : ou bien cette personne essayait de protéger d'autres Mangemorts, ou alors cette personne essayait de se protéger elle-même car elle était aussi un Mangemort. Etait-ce un règlement de compte, un accident tragique (ce que Rogue doutait profondément vu la précision de la mise en scène) ou le début d'une guerre souterraine ? Rogue quitta les lieux du crime en direction de la Salle sur Demande, l'esprit tournant à plein régime.

Harry gisait sur le sol depuis quinze minutes. Il venait d'entrer malgré lui dans l'esprit de Voldemort. Les émotions qu'il avait ressenties avaient été un mélange infect entre sa propre tempête affective et celle du Seigneur des Ténèbres. Quand Harry avait compris ce qui était en train d'arriver, il était déjà trop tard pour tenter de ne pas voir à travers les yeux rouges sang de Voldemort. La vision était courte et le Gryffondor était convaincu qu'il n'avait pas eu le temps de repérer sa présence. Néanmoins, il n'y avait rien de plus désagréable et déstabilisant que d'entrer dans la tête de la personne qu'on haïssait le plus.

Le Mage Noir était penchée au-dessus d'une carte qui représentait l'Angleterre. Des petites croix noires étaient plantées dans les villes qui avaient été citées dans le journal. Harry ressentait un plaisir malsain d'une intensité inouïe à voir ces croix. Juste après, le Gryffondor avait réussi à s'extraire de son esprit, complètement écoeuré d'avoir ressenti de la satisfaction en pensant à tous ces morts.

Harry réfugia son visage dans le creux réconfortant de ses mains. Il tenta de faire le vide dans sa tête, mais l'image de ses deux amis lui revint comme une gifle sur la joue. Hermione était au bord des larmes quand il s'était retourné et Ron avait l'air furax, ce qu'il comprenait bien vu son comportement. Tout d'abord, il pensa qu'il devait s'excuser au plus vite, mais toutes réflexions faites, c'était peut-être le moment idéal pour s'éloigner de tout le monde, ne plus lire le journal et devenir quelqu'un d'intouchable, d'insensible, d'invincible.

Il en avait assez des questions. Il ne voulait plus que ses amis s'inquiète pour lui et il ne trouvait plus le temps pour faire attention à eux. De toute manière, ils semblaient bien mieux à deux. Concernant Drago, il ne voulait même plus lui adresser la parole ou simplement le regarder. C'était bien trop douloureux de savoir qu'il n'aurait jamais sa chance avec lui, ou quelqu'un d'autre. Il devait se résoudre à vivre pour cette mission, pour que les autres puissent aller de l'avant et aimer qui bon leur semble après la guerre. Mais il ignorait s'il en était capable et il sentait le besoin d'en parler à quelqu'un qui pourrait le conseiller dans cette direction. Le nom de Rogue lui vint alors en tête et il se mit debout en s'appuyant contre le mur. Ses pas le guidèrent vers la Salle sur Demande tandis que le professeur de potions avait déjà atteint le septième étage.

En entrant, Harry s'était attendu à être accueilli par les survivants mais il n'en était rien. La salle était vide, à l'exception du professeur qui lui tournait le dos. Ce dernier regardait par la fenêtre, les mains derrière le dos.

- Où sont-ils ? demanda calmement l'Elu.

- J'ai érigé un mur pour séparer la salle en deux, histoire de ne pas être dérangés pendant votre entraînement. Ils n'entendront rien.

Harry s'avança vers la fenêtre par laquelle regardait Rogue et il s'immobilisa juste à côté de lui.

- Je peux vous poser une question ?

- Vous pouvez toujours tenter, mais je ne garantis pas de réponse.

Harry respira profondément et attendit quelques minutes avant de se lancer.

- Comment faites-vous pour vivre dans une telle solitude ?

- Il y a une nuance entre être solitaire et être rejeté, Potter. Je l'ai voulu. Vivre ainsi est facile parce que c'est mon choix.

- Connerie ! Personne n'aime se retrouver seul. On ne tient ce discours que quand on n'a pas trouvé les bonnes personnes.

- Vous êtes vraiment niais, Potter. Il n'est pas question d'aimer ou de ne pas aimer quelqu'un. Certains éloignements sont la conséquence d'une décision réfléchie. Il arrive justement qu'on s'éloigne de ceux qu'on aime pour les protéger.

- Alors vous avez déjà aimé quelqu'un ? Je parle d'amitié.

- …

- Et une femme, d'amour ?

- …

La question était horrible à entendre du fils de la jeune femme qu'il avait aimé plus que tout et dont il se tenait en partie responsable de sa mort. Rogue déglutit difficilement en digérant cette question.

- Je prends ça pour des non, continua Harry. En fait, je vous demande ça parce que je sens qu'il faut que je me détache de tout lien qui pourrait me gêner dans ma mission. Je ne veux plus penser à rien d'autre. Je veux être dans ma bulle, vous comprenez ?

- …

Même si le professeur ne bougeait pas d'un cil, une bataille faisait rage dans son esprit. Il était tiraillé entre l'idée d'approuver le choix du Gryffondor et l'idée de ne surtout pas s'isoler. Bien malgré lui, il avait appris à connaître Harry et à l'apprécier à sa manière. Il était fatigué des mensonges, fatigué de jouer un rôle, fatigué d'être aigri de la vie, fatigué d'être misanthrope, fatigué de prétendre que leur entraînement servait à quelque chose. A cet instant précis, il avait envie de dire au Gryffondor qu'il devait en profiter et faire tout ce qui lui passait par la tête avant que l'épée de Damoclès ne lui tombe dessus. Rogue ne lui donnait pas plus de quatre mois à vivre. Il ignorait les projets exacts de Voldemort, ce dernier n'expliquant jamais le réel but de ses missions alors ce n'était qu'une estimation. Mais cela pouvait tout aussi bien être deux semaines si Dumbledore rentrait plus tôt que prévu de son périple à la recherche des Horcruxes. Il devait se l'avouer, il pouvait sentir son cœur se tordre à l'idée d'utiliser Harry comme la simple clé de la victoire. C'était un peu comme un animal qu'on engraissait année après année avant de l'amener à l'abattoir.

- Rogue ?

- C'est une décision raisonnable.

Bien qu'Harry lui eût posé la question dans l'espoir d'obtenir cette réponse-là, il était un peu déçu. Une part de lui persistait à croire que c'était une très mauvaise idée.

- Même par rapport à Ron et Hermione ? Vous êtes sûr que m'éloigner d'eux n'est pas une bêtise ? C'est que je me suis toujours appuyé sur eux pour ne pas devenir fou…

Rogue soupira et posa son front contre la vitre de la fenêtre. Le Gryffondor observa la peau de son visage. Celle-ci paraissait rugueuse et les rides qui la parcouraient ne faisaient qu'accentuer la dureté de son visage.

- Pour vous dire le fond de ma pensée, je doute être un modèle à suivre, Potter. Ce sont mes convictions, rien de plus. Vous devriez peut-être suivre votre instinct et non votre raison.

- Je deviendrai cinglé si je n'essaye pas de rationaliser ce que je fais, croyez-moi.

- Tout ce que je veux vous dire, c'est que vous puisez votre force dans l'amitié de ces personnes et pour vaincre Voldemort, il vous faudra une raison personnelle.

- La mort de mes parents devrait suffire.

- La vengeance n'est pas une bonne raison. C'est une des choses que Dumbledore m'a apprise il y a des années de ça.

- Et quelle est donc votre raison ?

- Ceci ne vous concerne en rien, mentit Rogue en se mordant l'intérieur des joues.

Les yeux verts du Gryffondor détaillèrent le visage du professeur une fois encore. Rogue serra les dents en sentant ce regard familier sur lui. Il pouvait presque imaginer Lily à la place de son fils et halluciner l'odeur de son parfum de fleurs. Il ferma les yeux un bref instant, envahi par des souvenirs bien trop douloureux.

- Je peux vous poser une dernière question ?

Le professeur de potions de répondit rien mais le Gryffondor prit ce silence pour une autorisation muette.

- Vous trompez Voldemort, n'est-ce pas ?

Rogue s'éloigna brusquement de la fenêtre, comme si Harry venait de lui coller une gifle. Ses yeux sombres se posèrent sur le Gryffondor qui s'obstina à soutenir son regard. Le professeur de potions ne semblait pas réellement courroucé, plutôt ébranlé par la question. Sa bouche s'ouvrit à plusieurs reprises pour se refermer dans un claquement de dents.

- J'ai bien réfléchi et tout semble logique maintenant. Dumbledore vous raconte tout parce que vous faites de même concernant Voldemort. Je sais que je peux vous faire confiance, pas seulement parce que Dumbledore m'a assuré que je pouvais le faire, mais aussi parce que je le sens. Vous êtes un espi…

- Taisez-vous, Potter ! Je vous interdis de prononcer ce mot !

- Personne ne peut nous entendre, vous l'avez dit vous-même.

- Vous croyez toujours ce qu'on vous dit, triple imbécile ? Peu importe l'endroit où nous parlons. Prenez l'habitude de ne pas prononcer certains mots.

- C'est bon, j'ai compris. Pas la peine de faire un caca nerveux.

Rogue ricana et poussa Harry sur le côté avec suffisamment de force pour qu'il s'étale par terre.

- Connard !

- Crétin ! répliqua le professeur toujours plus amusé.

Le moment des confidences était bel et bien terminé. L'humour et les petits pics avaient de nouveau retrouvé leur place habituelle. La matinée se déroula comme prévue, faite de combats acharnés entre les deux sorciers. Les sorts les plus vicieux étaient maintenant utilisés et Rogue prenait un malin plaisir à attaquer Harry, même lorsqu'il était à terre.

L'après-midi, Pansy et Drago rejoignirent Harry et le professeur de potions pour entraîner les survivants. Ils se mirent d'accord pour leur annoncer ce qui s'était passé la nuit dernière. A quoi bon leur cacher cette mauvaise nouvelle quand les nouveaux arrivants allaient forcément leur en parler ? Il valait mieux être honnête.

Pendant tout l'entraînement, Harry se débrouilla pour ne pas regarder les deux Serpentard, ce qui ne l'empêchait pas de deviner qu'ils se tenaient la main de temps à autre et qu'ils étaient toujours physiquement proches. Ils respiraient la complicité et cela enragea le Gryffondor. Il avait presque l'impression qu'ils essayaient de le narguer avec toutes ces marques de tendresse, même si elles étaient relativement discrètes.

Les jours suivants s'écoulèrent de la même manière, rythmés par les entraînements, les nuits de mission et l'arrivée des nouveaux survivants. Pansy et Drago avaient réussi à entrer par effraction dans un magasin de baguettes magiques où ils savaient que le propriétaire dormait à l'étage. Il était tellement compliqué de trouver la baguette désirée dans ces interminables rayons qu'ils avaient eu besoin de l'aide du vendeur. Les deux Serpentard y étaient allés après leur mission, mais ils avaient revêtus leur robe de sorcier traditionnelle pour ne pas effrayer le vieillard qui les servait. Ils payèrent les baguettes de leur poche en expliquant qu'ils étaient chargés par le gouvernement d'armer les Aurors et autres milices armées d'une seconde baguette, au cas où. L'homme fut ravi de l'initiative et leur promit sa totale coopération pour les semaines à venir. Il dût néanmoins prêter serment tandis que Pansy se porta volontaire pour être le gardien du secret. On n'était jamais trop prudent.

Ainsi, cinq semaines passèrent. Voldemort avait poursuivi ses attaques littorales mais son plan mystérieux s'étendait maintenant aux frontières de tous les pays du monde. La tension ne cessait de croître à mesure que de nouvelles villes étaient touchées et que les habitants fuyaient vers le centre des terres. L'endroit devenait alors une ville fantôme…jusqu'à ce qu'un groupuscule de Mangemorts ne viennent la coloniser. Les Aurors recrutaient massivement depuis trois semaines mais ils demeuraient toujours en infériorité numérique, ce que la Gazette du Sorcier s'acharnait à rappeler dans chaque édition. La situation était clairement hors de contrôle et le jeune Premier Ministre Michael Cabot en était bien conscient. Il décida donc d'envoyer un courrier aux gouvernements des autres pays du monde pour les inviter à une réunion de crise. Tous acceptèrent l'invitation avec empressement et la réunion fut fixée la semaine suivante.

Il n'y avait actuellement plus qu'un jour à attendre. Inutile de préciser que tout le monde retenait son souffle.

De son côté, Harry commençait vraiment à devenir fou. Pansy et Drago semblaient toujours sur son passage, prêts à s'embrasser avec fougue et même parfois à glisser leurs mains à des endroits inappropriés, ce qui faisait rougir le Gryffondor. Quand Drago lui posait une question, Harry bégayait quelques mots inaudibles avant de lui tourner le dos, mort de honte. Il n'en pouvait plus de faire semblant. A chaque fois qu'il voyait Drago, il se voyait avancer vers lui et attraper son cou avec force avant de l'embrasser devant Pansy, un regard victorieux braqué sur elle. Cela faisait plus d'un mois qu'il supportait cet enfer et ses rêves érotiques. Sans parler de l'ambiance glaciale dans le dortoir des Gryffondor lorsqu'il était en présence de Ron.

Pansy, elle, jubilait et avait pratiquement oublié que tout cela n'était qu'un jeu pour montrer à Drago qu'Harry en pinçait pour lui. Drago semblait avoir pris goût à leur relation (et aux parties de jambes en l'air fantastiques qu'ils continuaient à avoir). Et effectivement, Drago ne pensait plus vraiment au plan qu'ils avaient mis en place. Il avait de véritables sentiments pour elle, ce qui ne l'empêchait pas de penser à Harry et de s'inquiéter pour lui. A plusieurs reprises, il lui avait demandé comment il allait, mais le Gryffondor s'était contenté de bredouiller quelques mots avant de s'éloigner, laissant Drago perplexe et toujours plus inquiet.

D'ailleurs, il était aussi inquiet pour Baltus. Elle ne volait plus, ne mangeait plus, et dormait pratiquement toute la journée. Il avait demandé à Rogue quelques médicaments pour la remettre d'aplomb mais il s'avéra qu'il était incapable de concevoir des potions pour les animaux. Drago ne savait plus quoi faire.

Cette nuit-là, Pansy dormait et Drago s'était éclipsé de la chambre pour s'asseoir près de sa chauve-souris. Elle n'avait plus la force de repousser les marques d'affection de son maître et celui-ci en profita pour lui caresser le pelage de son ventre. Le Serpentard ne souriait pas. Il la regardait d'un air grave jusqu'à ce qu'un grincement provenant de l'entrée lui fit relever la tête…


Pff ! Les bugs de ce maudit site ! Halala, moi qui voulais vous poster ce chapitre hier. Dites donc un grand merci à Mamoshi qui m'a sortie de ce pétrin informatique ! Merci Mamoshi ! Mais franchement, comment as-tu pu trouver le problème ? C'est le site qui t'a expliqué ? Bref, j'espère qu'ils vont quand même régler le problème.

Et maintenant, messieurs, dames, il est grand temps pour vous de retenir votre souffle pour quelques jours d'apnée lol !

Oui je sais c'est "un peu" long mais c'est important pour ne pas hyperventiler au prochain chapitre. Hum, je sens que vous vous faites déjà des films...Bande de perverses lol !

Bon, faites comme si je n'avais rien dit, d'accord ? Sinon, vous allez probablement être déçues.

C'est gentil de garder vos tomates pour le repas du soir ! ;)

Bisous et à bientôt !