- Merci à toi. Je ne ferai que tuer un serpent alors que toi, ce sera son maître. Tu y arriveras. J'ai confiance.
Harry échangea un regard avec le Mangemort qui en disait long…
Nerveux, le Serpentard rangea le bout de parchemin dans sa poche en entendant quelqu'un monter l'escalier. Vu la rapidité des pas, Drago devina que ce n'était pas Pansy. Il inspira profondément, sa marque lui picotant le bras, et quitta le petit salon.
- Rien à signaler pour ce soir, Monsieur Malefoy. Le quartier est calme pour une fois, remarqua le chef des Mangemorts responsable de la protection du couple de Serpentard.
L'homme faisait bien deux têtes de plus que Drago et sa corpulence rappelait celle des Centaures. Néanmoins, il était soumis aux ordres de Voldemort et le jeune Malefoy en profitait pour paraître intimidant et d'aussi mauvais caractère que son père. Plus les Mangemorts le craignaient, moins ils osaient s'approcher du couple ou poser des questions. Cela valait mieux ainsi.
- Ce n'est pas trop tôt ! dit le Serpentard d'une voix méprisante. Après toutes ces attaques que nous avons essuyées, ma femme et moi, j'estime qu'il est temps que vous me serviez à quelque chose !
- Je suis désolé, Monsieur Malefoy…
- Eh bien ne restez pas bêtement là ! cracha Drago. Retourner dehors faire votre travail !
L'homme s'exécuta après avoir courbé l'échine devant le jeune Malefoy. Ce n'est qu'après avoir entendu la lourde porte d'entrée claquer derrière le Mangemort que Drago se pressa se rejoindre Pansy dans leur chambre à coucher. La jeune femme était déjà sous les draps, en position fœtale sur le côté pour que le bébé ne comprime pas trop ses viscères.
- Par Merlin, j'ai l'impression d'avoir copulé avec un géant, se plaignit Pansy, ce qui fit rire Drago malgré lui. Regarde-moi ! On dirait une baleine !
- Mais non, tu es magnifique, fit Drago, les yeux brillants de tendresse.
- Mouais, c'est dans des moments comme ça que je regrette Potty. Lui au moins il se gênait pas pour me dire la vérité.
Le changement d'expression du Serpentard ne passa pas inaperçu. Pansy resta silencieuse un long moment, observant le visage tendu de Drago. Elle finit par se redresser tandis que le jeune Malefoy retirait ses chaussures pour monter sur le lit. Drago s'assit tout près d'elle et lui prit une main avec douceur.
- Harry a besoin de nous…je dois tuer Nagini, chuchota-t-il dans son oreille.
Pansy serra les dents mais garda son calme. Elle écouta Drago sans l'interrompre jusqu'à ce qu'il ait fini de tout lui expliquer.
- Je savais que ce jour arriverait. Mais je ne vais pas me plaindre parce qu'on a eu plus de temps que ce que j'espérais.
- C'est vrai, reconnut Drago en souriant.
- Il est temps que toute cette merde s'arrête. Voldemort doit payer.
- Oui, mais on fera tout pour ne pas sombrer avec lui, même si je pense qu'on le mérite à bien des égards.
Pansy baissa les yeux pour ne pas montrer son sentiment de culpabilité à Drago.
- Il nous reste des questions importantes à élucider. Quand agir ? Comment tuer le serpent ? Où va-t-on fuir après ? Et nos mères dans tout ça ? demanda Pansy en fronçant les sourcils de concentration.
- J'ai dit à Harry que je le contacterai demain, à minuit. L'idéal, c'est d'agir dans quarante-huit heures, en pleine nuit. Ce sera plus facile de fuir dans le noir, surtout si des Mangemorts se mettent à nos trousses.
- Je pourrais inviter nos mères à venir déjeuner ici dans deux jours, genre un repas qu'entre femmes pour ne pas éveiller les soupçons de nos connards de pères. De toute façon, je suis sure qu'ils ne viendraient pas même si je les invitais. Je leur expliquerai la situation et on ira se cacher quelque part dès l'après-midi.
- Bonne idée, répondit Drago en s'allongeant sur le dos (Pansy vint se lover dans le creux de son bras.). Pour ce qui est de tuer le serpent, Harry n'a rien précisé. Un coup de baguette devrait suffire. Je m'occuperai seul de Nagini puis je viendrai vous rejoindre. La question, c'est à quel endroit.
- On a assez d'argent pour se payer une jolie maison, une bien à nous, souffla Pansy d'un air rêveur. D'ailleurs, pas loin d'ici, j'en ai repérée une qui est à vendre.
- Elle te plairait ? demanda Drago en lui embrassant le front.
- Ce sera toujours mieux que ces manoirs hideux dans lesquels on a grandis. C'est une petite maison en bois. J'aime bien. C'est simple. Et il y a un jardin. Je voudrais que notre fille grandisse entourée d'animaux et de nature.
- Alors on s'occupera de ça demain, d'une manière ou d'une autre, on arrivera à l'acheter discrètement.
- Potter devra annoncer son défi dans le journal à une heure précise pour que tu puisses savoir à peu près quand partir au Ministère. J'imagine que Voldemort transplanera pour arriver à Poudlard, tout comme les autres. Il est donc probable qu'ils partent juste quelques minutes avant l'heure fixée par Potter. C'est une bonne chose que tu le saches. Minuit, ce serait bien.
- Je le lui dirai, répondit Drago dont les paupières étaient déjà fermées.
Du côté de Poudlard, tout était rentré dans l'ordre. Le parc était de nouveau calme et désert et d'autres personnes avaient pris la place de Seamus, Dean, Luna, Neville, Fol'Œil, Harry et McGonagall pour la surveillance de nuit.
Après avoir dormi huit heures d'affilé, Harry retrouva le professeur de potion dans son bureau pour discuter des préparatifs pour l'ultime bataille. Rogue lui plaça une tasse de thé fumante dans les mains avant de s'asseoir dans le fauteuil opposé à Harry. Des petits biscuits étaient posés dans une soucoupe sur la table basse.
- Avant de parler de ce qu'on va faire ici, commença le Mangemort, je voulais vous informer que j'ai déjà réduit de taille le crochet de basilique que l'on devra donner à Drago. Il faudra le lui passer cette nuit et donc le prévenir de notre passage.
- Entendu. Pour ce qui est de mettre Voldemort au courant de mon défi, je le ferai par la radio quelques minutes avant l'heure du rendez-vous pour le prendre de court.
- Très bien. Assurez-vous que votre message parvienne bien au Seigneur des Ténèbres.
- On sait que l'école est truffée de Mangemorts déguisés en élèves, rappela l'Elu, l'air passablement agacé. Il est donc important que tout le monde à Poudlard soit averti le plus tard possible. Il faudrait peut-être même ne rien dire jusqu'à ce que Voldemort n'arrive.
- Oui, enchaîna Rogue en fronçant les sourcils. Nous nous contenterons de prévenir les Survivants et quelques personnes de confiance. Je pense qu'il serait judicieux qu'ils portent un vêtement reconnaissable pour qu'on n'ait pas à se demander s'ils sont des ennemis potentiels pendant la bataille. Je ne sais pas vous, mais moi, je n'ai pas tous leurs visages en tête. On leur demandera de se poster autour du château à la dernière minute.
- C'est parfait ! s'exclama Harry, de plus en plus impatient. Prévenez les autres professeurs et Fol'Œil. Il faut que j'aille parler à quelques amis de mon côté. On se retrouve dans une heure à la Salle sur Demande.
Harry avait déjà appris la nouvelle à Neville, Luna, Dean, Seamus et Ginny. Neville faisait encore plus peur à voir maintenant qu'il savait que l'occasion de pouvoir venger la mort de ses parents était en train de se matérialiser. Il n'avait pas attendu pour se remettre au travail, fabriquant plusieurs potions en même temps dans des marmites géantes. Luna n'exprima aucune émotion. Elle se contenta d'aider Neville dans la préparation de ses multitudes potions.
Quant à Ginny, elle n'avait pas été particulièrement accueillante en le voyant approcher. C'est les bras croisés et le visage fermé qu'elle écouta le Gryffondor.
- Je ne comprends pas pourquoi tu prends la peine de m'avertir, Harry, dit-elle, la voix pleines de ressentiments (Le Gryffondor se contenta de déglutir.). Je suis une parfaite étrangère pour toi depuis des mois ! Sans compter de la manière dont tu as traité mon frère et Hermione. T'es un enfoiré. Je tenais à ce que tu le saches.
Ce furent les derniers mots de Ginny à son égard. Le Gryffondor était satisfait du résultat même si au plus profond de lui, c'était douloureux à entendre. Ginny lui avait rendu la tâche facile. Elle au moins était prévisible. Le plus dur restait à faire : parler à Ron et Hermione pour la dernière fois. Même s'il aurait été plus simple de ne rien leur dire, Harry savait qu'il ne pouvait pas les laisser dans le noir.
Il emplit ses poumons d'air et expira bruyamment pour détendre ses muscles. La confrontation allait être difficile et il se devait de ne pas perdre sa ligne de conduite. Il fallait juste les mettre au courant et s'en aller au plus vite. Pas d'émotion. Surtout pas. Le Gryffondor les suivit dans un couloir bondé de monde, sans se faire repérer. Il fallait qu'il leur parle dans un coin tranquille. Comme d'habitude, Joseph se trouvait avec eux. Harry soupira avant de tapoter l'épaule du rouquin. Ce dernier se retourna brusquement et l'étonnement se peignit sur son visage. Hermione étouffa une exclamation derrière ses mains tandis que Joseph dévisageait curieusement le Gryffondor qui se tenait devant eux.
- Suivez-moi, leur dit-il à voix basse.
Sans poser de questions, le petit groupe suivit l'Elu à travers le château. Harry leur fit signe de rester en retrait, le temps qu'il chuchote le mot de passe au chevalier du Catogan.
- C'est là où tu crèches ? demanda Ron en entrant dans le salon.
- Oui, se contenta de répondre Harry en le regardant droit dans les yeux.
- C'est joli, constata Hermione en regardant autour d'elle.
- Laisse-moi deviner, fit Ron dont le ton était de plus en plus agressif, c'était le refuge de ces deux pouilleux de Mangemorts qui n'ont pas hésité à te planter là lorsque Voldemort leur a proposé de se planquer ailleurs. Tu as gagné. Tu es tout seul maintenant !
- Ron ! intervint Hermione en lui attrapant le poignet pour qu'il s'arrête de parler.
Harry serra les dents et son regard se posa sur Joseph qui semblait terrifié par les mots du rouquin.
- Joseph, tu peux aller dans la chambre, s'il te plaît ? demanda Harry d'une voix neutre. Ce ne sera pas long.
- Ça c'est clair ! Je n'ai plus rien à te dire ! cracha Ron avec férocité.
Le petit garçon se dépêcha de quitter la pièce pour se réfugier dans la chambre à coucher. Harry reporta son regard sur Ron qui avait les poings serrés le long du corps.
- Alors tu ferais mieux de rejoindre le petit, Ron. Je ne parlerai qu'à Hermione dans ce cas.
- Parfait ! Je m'en fous, tu entends ? ! éructa le rouquin en passant à côté de l'Elu, ses yeux jetant des éclairs.
La porte claqua violemment et Hermione sursauta. Harry l'invita à s'asseoir et la jeune femme s'exécuta dans un soupir lourd de sens. En voyant les mains de son amie trembler sur ses cuisses, Harry sentit son cœur se comprimer douloureusement. Autrefois, il n'aurait pas hésité à glisser ses mains dans les siennes avec délicatesse, comme si la jeune femme était une chose fragile et précieuse. Se sentant terriblement coupable, Harry détourna les yeux.
- Est-ce que tu vas enfin me dire ce qui t'arrive ? murmura Hermione d'une voix peinée.
- Je vais défier Voldemort, dans peu de temps, lâcha Harry sans préambule.
Hermione pouvait lire une détermination sans faille dans ses yeux, ce qui ne fit qu'accroître son désarroi. Elle se pencha en avant et osa poser une main sur le genou du Gryffondor qui lui faisait face.
- Oh mon dieu, murmura-t-elle et des larmes roulèrent sur ses joues.
- Hermione, écoute-moi bien. Si tout se passe comme prévu, l'école sera attaquée par des milliers de Mangemorts. Tout le monde devra se défendre. Mais si tu le désires, tu pourras cacher Joseph dans cet appartement. Le mot de passe pour entrer, c'est « Lux ». Tu sauras retrouver le chemin jusqu'ici ? demanda le Gryffondor.
- Harry, sanglota-t-elle, là je ne pense pas à Joseph. Je pense à toi ! Je suis terrifiée à l'idée que tu doives l'affronter ! Tout ça à cause d'une stupide prophétie ! J'ai tellement peur que tu meurs !
Harry sentait l'émotion le submerger. Il fallait qu'il s'éloigne d'Hermione au plus vite.
- Je n'ai jamais cessé de vous aimer, c'est la seule chose que tu dois retenir de moi pour le moment. Lorsque je vaincrai Voldemort, je sais que je retrouverai ma place parmi vous.
- Mais pourquoi t'obstines-tu à rester seul ? ! s'écria Hermione. Tu n'as pas besoin de t'isoler pour gagner !
- Désolé, mais tu n'en sais rien. Je vais te laisser à présent. Préviens Hagrid de ce qui va passer, pour moi, d'accord ?
- Harry…
Le Gryffondor s'était levé et avait quitté le salon sans un regard derrière lui. Hermione avait le don de perforer son masque de froideur et d'indifférence. Une seconde de plus et il aurait prit Hermione dans ses bras pour la consoler. Mais Harry avait besoin de calme pour accueillir la mort sans se débattre. Son esprit se forçait à rester rationnel, à se rappeler pourquoi il devait le faire. Il devait tout mettre en œuvre pour faire taire ses émotions qui lui disaient que ce n'était pas juste, qu'il avait droit de vivre comme tout jeune personne de son âge.
Harry retrouva le professeur de potion devant la Salle sur Demande avec un immense soulagement. Rogue fit une drôle de grimace.
- Vous m'inquiétez, Potter. Vous semblez presque heureux de me voir.
Harry se contenta de sourire en guise de réponse. Rogue n'insista pas et fit apparaître l'immense porte de bois. Quelques minutes plus tard, c'est avec un mélange d'inquiétude et d'excitation que la nouvelle fut accueillie par les Survivants. L'énergie crépitait dans la pièce telle la mèche d'un bâton de dynamite dont Harry venait d'enflammer le bout.
Le Gryffondor les observa tous, une lueur de fierté dans son regard vert. Il avait pris part à leur entraînement. Il avait accompli quelque chose d'immense. Alors Harry ne se sentit plus vieux mais grand, même si ce n'était que l'espace d'un moment, cela avait son importance au final. Ce n'était pas aberrant d'être grand à son âge. Le Gryffondor les regarda tous enfiler une large ceinture d'un blanc immaculé. C'était le moyen choisi pour savoir qu'ils faisaient partie de leur camp. Rogue leur demanda de rester calme en attendant qu'ils reviennent les chercher quand l'heure serait venue. Tous savaient quoi faire. Ils étaient prêts.
Harry et le professeur de potion quittèrent la Salle sur Demande et continuèrent de distribuer les fameuses ceintures blanches aux personnes de confiance. Ils ne devaient les mettre qu'à la dernière minute pour ne pas éveiller la curiosité de ceux qui n'en portaient pas. Harry insista pour que Rogue lui en donne une aussi. Le Mangemort se garda bien d'en mettre une de côté pour lui.
En mettant Fol'Œil au courant de la future bataille, Rogue et Harry eurent la bonne surprise de voir débarquer une vingtaine de sorciers dans le parc de Poudlard, en fin d'après-midi. Parmi eux se trouvaient quelques Aurors, les derniers membres de l'Ordre du Phoenix (les parents de Ron, Remus Lupin et sa femme Tonks et Dawlish Shakelbot) et quelques volontaires venant des autres camps de réfugiés créés par Fol'Œil. Ils furent vite accueillis par l'Elu qui s'empressa de les faire entrer dans le château pour ne pas attirer les regards dans leur direction. Ils n'étaient censés être que de nouveaux réfugiés sans grande importance.
Dawlish Shakelbot, qui avait été présent au côté de Dumbledore pendant tous ces mois de recherche des Horcruxes, demanda à Rogue si le vieux sorcier était réellement là, dans son bureau. Manifestement, l'homme à la peau sombre se doutait déjà de la réponse qu'allait lui donner le Mangemort. Harry se retira du bureau de Rogue pour laisser les deux hommes parler seul à seul.
A minuit, le Gryffondor reçut la réponse du Serpentard. Tout était en place. Harry était heureux d'apprendre qu'il avait acheté une maison non loin de Poudlard. Elle était perdue en pleine campagne, entourée d'arbres immenses et une petite rivière coulait au fond de leur jardin. Pansy et lui avaient déjà installé quelques meubles. Harry était tellement rassuré de savoir que Drago n'avait pas l'intention de prendre part à la bataille qui se jouerait à Poudlard. Rien ne devait le déconcentrer de sa mission.
Comme prévu, Harry et Rogue se déplacèrent une dernière fois hors du château pour donner le crochet de basilique à Drago. Ils se glissèrent dans la forêt et attendirent que le Serpentard ouvre la fenêtre pour envoyer Baltus.
Même à quelques mètres de la maison, Harry pouvait voir que le regard du Serpentard suivait la direction que prenait Baltus vers la forêt. La chauve-souris passa bien au-dessus de la rangée de têtes de Mangemorts qui s'étirait tout le long de la clôture et elle atterrit sur le même arbre que la fois précédente.
Harry présenta la paume de sa main et l'animal vint se poser dessus. Le Gryffondor la caressa longuement, prenant tout son temps avant de l'embrasser deux fois sur son museau. Harry s'autorisa à pleurer dans la pénombre tandis qu'il la regardait s'envoler en sens inverse, le crochet de basilique caché dans sa petite gueule.
- Je vous souhaite d'être heureux, soupira-t-il en voyant Baltus rejoindre son maître.
Drago regardait innocemment dans sa direction même s'il ne pouvait pas le voir. Harry sentit alors une main furtive glisser doucement sur son épaule. Surpris, son regard se posa sur le visage de la seule personne qui se trouvait à côté de lui. Rogue le fixait dans la pénombre. Pour la première fois de sa vie, le professeur de potion laissa entrevoir toute la tristesse qu'il ressentait, qu'il partageait avec Harry. L'Elu lui sourit même si ses joues étaient toujours maculées de larmes.
- Allez, rentrons, murmura le Mangemort en glissant la cape d'invisibilité au-dessus de leur tête.
Arrivés à Poudlard, Rogue proposa au Gryffondor de venir prendre une tasse de thé chaud dans son bureau et Harry accepta d'un hochement de tête. La vérité, c'est qu'aucun d'eux ne voulait se retrouver seul. Une petite faiblesse que le Gryffondor se permit sans grand remord. Il était heureux de partager ce dernier moment de calme avec le Mangemort. Tous deux s'endormirent dans le bureau au bout de quelques heures. Le professeur de potion avait la tête posée sur sa main, le coude inconfortablement pressé contre l'accoudoir tandis que le Gryffondor s'était recroquevillé dans le fauteuil, ses chaussures sales égarées sous la table basse.
C'est un cri strident et étrangement familier qui les sortit de leur sommeil. Le professeur de potion grogna en grimaçant d'inconfort pendant qu'Harry s'étirait en bâillant la bouche grande ouverte.
- J'ai rêvé ou vous venez de crier comme un dragon pas content ? demanda Harry en se frottant les yeux.
Un nouveau cri lui fit ouvrir de grands yeux avant de se précipiter hors du bureau, à la recherche de la première fenêtre en vue. Harry crut rêver en voyant une nuée de dragons se déployer à l'horizon. Il y en avait de différentes races (dont notamment son « préféré », le Magyar à pointes) et chacun d'eux semblait dirigé par un homme sur son dos.
- Des dragons ! s'exclama Harry en voyant Rogue s'approcher.
Les deux hommes se pressent de sortir du château pour voir de plus près. La cloche de Poudlard retentit lorsqu'ils mirent le nez dehors. Harry repéra les parents de Ron en compagnie de Fol'Œil à quelques mètres d'eux. Monsieur Weasley faisait de grands signes avec ses bras, clairement enthousiaste de voir les créatures avancer dans leur direction. Rogue se racla la gorge et la mère de Ron tourna la tête dans leur direction. Son visage s'illumina lorsqu'elle reconnut le Gryffondor.
- Oh Harry, mon chéri ! dit-elle en le pressant fortement contre sa poitrine maternelle. Charlie est venu pour nous aider ! Et Bill, les jumeaux et Percy l'ont aidé à amener tous ces dragons. C'est extraordinaire !
- Sans oublier tous mes gars qui sont sur le dos de ces montres, en train de se pisser dessus de trouille, ricana Fol'Œil, suivi de peu par Harry.
Le Gryffondor échangea un regard complice avec Rogue. D'une entente silencieuse, les deux hommes se retirèrent discrètement, laissant le monde avancer sans eux pendant les quelques heures qu'il leur restait avant de livrer leur message sur les ondes…
Salut tout le monde !
Voilà, un chapitre qui m'a beaucoup émue parce que c'est bien la fin d'une longue période. Personne ne reviendra à Poudlard après la Bataille. Et tant de choses vont changer...J'écrirai la Bataille finale jusqu'à son terme et je m'arrêterai là le temps de l'année scolaire. Si tout va bien, je reprendrai la suite de cette histoire au mois de mai ou juin.
La musique qui m'a inspirée pour ce chapitre : concerto pour piano en sol de Maurice Ravel, 2ème mouvement. Absolument magique et qui reflète parfaitement la relation Harry/Rogue dans ce chapitre, d'après moi. Si vous ne connaissez pas, je vous supplie de l'écouter sinon vous passerez à côté de quelque chose...
.com/watch?v=NRTWLQ4nI6Q (Attendez le hautbois et la flûte traversière pour juger, 3min43, c'est simplement une des plus belles mélodies de la musique classique.)
A bientôt...
