Le Gryffondor échangea un regard complice avec Rogue. D'une entente silencieuse, les deux hommes se retirèrent discrètement, laissant le monde avancer sans eux pendant les quelques heures qu'il leur restait avant de livrer leur message sur les ondes…
Minuit moins le quart.
Harry venait d'envoyer le message à toutes les radios existantes du monde magique. Le Gryffondor l'écouta tourner en boucle quelques minutes avant de rejoindre le professeur de potion dans la Salle sur Demande. Dans le bureau du Mangemort, la radio était toujours allumée, délivrant son message à l'infini.
Aujourd'hui est un jour funeste. C'est avec une immense tristesse que je vous annonce la mort du directeur de l'école Poudlard, Albus Dumbledore. C'est en voulant défier Voldemort et son régime tyrannique qu'il nous a quittés. Nous avons le devoir de reprendre son combat et d'en finir, une fois pour toute. Ainsi donc, moi, Harry Potter, vous défie, vous les Mangemorts et votre maître Voldemort, à venir vous mesurer à nos forces à Poudlard lors d'une ultime bataille. Nous vous attendons à minuit précis. Ne vous défilez pas…Aujourd'hui est un jour…
Quelques élèves qui avaient la radio allumée entendirent le message et bien vite, le château fut en effervescence. La nouvelle allait de bouche en bouche dans les dortoirs et en quelques minutes, tout le monde s'était habillé dans la précipitation. Un flot incroyable de gens se déversa dans le hall principal. Parmi eux, certains avaient déjà revêtu leur ceinture blanche. Les fantômes du château flottaient dans tous les sens, traversant les murs pour s'assurer que personne n'avait été laissé de côté.
Pendant ce temps, Hermione et Ron se pressaient dans les dédalles de couloirs pour mettre Joseph en sécurité. Le petit garçon était dans les bras de Ron pendant que celui courait aussi vite que ses jambes le lui permettaient. Hermione délivra le mot de passe au chevalier du Catogan et tous les trois entrèrent dans l'appartement.
- Ecoute, mon chéri, dit Hermione en panique, tu vas rester ici jusqu'à ce qu'on revienne te chercher, d'accord ? (Joseph hocha gravement de la tête.)
Ron ensorcela le salon pour que personne ne puisse le voir ou l'entendre, au cas où des Mangemorts arriveraient à entrer dans la pièce. Le petit garçon vint serrer Ron et Hermione dans ses bras avant de les laisse filer.
En revenant dans le hall, le couple de Gryffondor s'arrêta net, estomaqué par ce qu'il voyait. Tout en haut du premier escalier, Harry se tenait droit comme un I à côté de Rogue, pendant que des centaines de sorciers, baguette à la main, ceinture blanche autour de la taille, descendaient les marches avec détermination.
- Qu'est-ce que c'est que ce délire ? ! lâcha Ron, complètement ahuri. D'où ils sortent ces gars-là ? !
- Il y a même des enfants ! s'exclama Hermione d'une voix horrifiée.
En regardant de plus près, la jeune femme s'aperçut que ce groupe de personnes n'était qu'une infime partie d'une gigantesque armée qui se dispersait dans toutes les directions du château, gravissant les tours au pas de course et se postant à chaque ouverture ou descendant les escaliers pour envahir le hall. Les élèves et réfugiés de Poudlard s'écartèrent à leur passage, la bouche bée. La plupart des Survivants sortirent du château, suivis de près par bon nombre de curieux. Harry descendit l'escalier et passa également par la grande porte de bois ouverte, ses yeux fixant un point droit devant lui. D'un coup de baguette, il créa un passage dans la coupole magique qui protégeait le château et les Survivants en profitèrent pour se glisser de l'autre côté. Deux par deux, ils se placèrent tout le long de la coupole, prêts à combattre.
- Nous sommes en place, Monsieur Potter ! cria l'un des Survivants au loin.
- Parfait, dit l'Elu d'une voix imposante. Utilisez le temps qu'il nous reste pour renforcer la coupole. Personne ne doit pouvoir la traverser, même en marchant. Pendant la bataille, vérifiez son état le plus souvent possible, entendu ?
Le Gryffondor reçut un oui collectif en guise de réponse et Ron, qui n'avait lâché son meilleur ami des yeux, crut voir une autre personne à la place du garçon qu'il pensait connaître par cœur. Son visage transpirait de maturité, de froideur, de concentration, de détermination, de haine.
- Bon dieu, Harry, murmura-t-il pour lui-même.
- Bonne chance à tous ! hurla l'Elu pour que tous les Survivants puissent l'entendre.
Il se tourna ensuite et fit face à la foule de gens qui s'était agglutinée dans le hall et qui le regardait, les yeux emplis de terreur.
- Je sais que vous avez peur, commença Harry, mais c'est à ce prix qu'on arrachera la victoire à Voldemort ! (La foule tressaillit en entendant l'Elu cracher ce nom avec autant dégoût qu'il était humainement possible.) Je vous donne ma parole de le tuer. Ce n'est qu'un homme ! Mais il ne sera pas tout seul cette nuit et j'ai besoin de vous pour anéantir le Mal. C'est ensemble que nous vaincrons ! (Hermione agrippa le bras de Ron et ils échangèrent un regard.) Bonne chance à vous tous ! Et que la victoire soit à nous ! hurla le Gryffondor tandis que la foule se mit à applaudir et crier son nom, faisant trembler les murs du château.
Jouant des coudes, le Gryffondor se pressa de traverser la marée humaine pour rejoindre le professeur de potion. Les deux sorciers regagnèrent le bureau où se trouvaient toujours les Horcruxes à détruire. Harry sécurisa la porte pendant que Rogue étalait les objets sur le sol. Le Gryffondor sentit ses entrailles se nouer et la cicatrice de son front se mit à picoter.
- Très joli baratin au fait, informa Rogue d'une voix dénuée d'émotion. Digne des plus grands héros.
- Vous pensez qu'on trouvera la fameuse citation de Harry Potter dans les livres d'histoire l'année prochaine ? plaisanta le Gryffondor même si l'envie n'était pas vraiment là.
- Cela ne fait aucun doute.
A partir de là, les deux hommes se turent. La tension était palpable dans l'air tant l'enjeu du moment était considérable. Drago ne pouvait se permettre d'échouer et Harry se laissa progressivement happer par cette terrible réalité. Si le Serpentard n'arrivait pas à tuer le serpent, tout serait perdu et des milliers de gens périraient pour rien.
- Allez Drago, supplia Harry en se prenant la tête dans les mains.
A quelques kilomètres de là, le Serpentard attendait le moment opportun pour quitter sa maison. Sa main moite se cramponnait au crochet de basilique dans le fond de sa poche. Le Mangemort s'était piqué le bras pour affronter cette mission sans que sa marque des ténèbres ne l'en empêche mais il ne pouvait se permettre d'être ralenti par l'effet relaxant du cocktail de drogues, alors il n'avait pris que la moitié de sa dose habituelle.
Le jeune Malefoy était à la fenêtre de sa chambre, observant les Mangemorts dans le jardin pendant que la voix du Gryffondor passait à la radio. Pansy était assise sur le lit, ses mains caressant son ventre à l'endroit où un coup de pied avait été donné.
Minuit moins cinq.
Leur marque des ténèbres se réveilla soudain. Au-dehors, les Mangemorts se mirent à remuer dans tous les sens et Drago comprit bien vite que Voldemort leur ordonnait de le rejoindre. Le Serpentard ouvrit la fenêtre pour entendre ce que l'un de ses gardes essayait de lui dire.
- Monsieur Malefoy, le Maître nous appelle ! Nous devons partir !
- Qu'est-ce que vous attendez alors, bande d'imbéciles ! Dépêchez-vous ! Je suis assez grand pour me déplacer moi-même.
- Mais vous ne savez pas transplaner, lâcha l'un des Mangemorts sous son masque.
Drago n'hésita pas et jeta un « Doloris » sur l'homme qui avait osé lui répondre avec insolence. L'homme hurla tel un aliéné, ses membres se tordant dans tous les sens jusqu'à ce que Drago range sa baguette.
- Et maintenant, fichez le camp, ordonna le jeune Malefoy d'une voix glaciale.
Les Mangemorts s'insistèrent plus et disparurent tous dans un « pop ». Drago soupira tandis que Pansy l'enlaça avec ferveur.
- Reviens-moi, d'accord ? murmura-t-elle dans son oreille.
Drago l'embrassa puis il enjamba son balai et s'envola par la fenêtre. Pansy fit de même pour se rendre dans leur nouvelle maison, où leurs mères les attendaient.
La nuit était fraîche et humide mais il n'y avait pas un nuage dans le ciel. Drago filait au-dessus des villes, aussi rapide qu'un vif d'or, l'œil perçant à l'affût du moindre Mangemort. Mais le Serpentard était bel et bien seul. Tous avaient déjà transplané dans le parc de Poudlard, en plein cœur de la forêt. Voldemort était également là-bas, observant d'un regard fou les rangs de Mangemorts qui se formaient devant lui.
Après plusieurs minutes de vol, Drago pénétra dans le Ministère. A première vue, l'endroit avait été vidé de tous ses occupants. Longeant le mur gauche, le Serpentard traversa l'allée principale sur la pointe des pieds jusqu'à accéder aux ascenseurs. L'endroit était immense et lugubre, le plafond à peine visible tant l'allée était mal éclairée. Drago avait l'impression d'entendre un grondement sourd tout autour de lui. Ne perdant pas une seconde, il referma les grilles dorées de l'ascenseur et attendit d'arriver au bon étage.
Prenant une grande inspiration, il avança dans le couloir qui menait au bureau du Seigneur des Ténèbres. En jetant un œil aux murs et au sol en pierre, Drago remarqua de multiples cratères dont quelques fissures semblaient s'en échapper. Le Serpentard ralentit sa marche et tourna une fois sur lui-même, de plus en plus nerveux. Le couloir paraissait tout d'un coup beaucoup plus étroit et menaçant. Manifestement; des combats avaient eu lieu ici. Drago évita de penser à Dumbledore et à son tragique destin. Ses doigts se resserrèrent autour du crochet de basilique lorsqu'il atteignit la porte. Il sortit sa baguette et la pointa vers la porte.
- Hominum revelio, murmura-t-il d'une voix tremblante.
Une sorte de mirage apparut alors devant ses yeux. Pendant quelques secondes, le visage dénué d'émotion de Michael Cabot se matérialisa comme un reflet dans une flaque d'eau avant de disparaître subitement. L'homme se trouvait donc derrière la porte. Drago ferma les yeux un bref instant, priant le ciel qu'il réussisse à tuer Nagini, puis il posa la main sur la poignée. Une alarme retentit alors dans tout le Ministère.
- Merde ! paniqua Drago en ouvrant la porte à la volée.
Le charme du Cridurut avait été mis en place pour prévenir de la présence d'un intrus dans le bureau du Seigneur des Ténèbres. Cela signifiait que des Mangemorts ne devaient pas être loin, prêts à intervenir si quelqu'un franchissait cette porte sans autorisation.
Michael Cabot était bien là, face à Drago, la baguette braquée dans sa direction. Ses yeux paraissaient sans vie, presque blancs et le Serpentard comprit bien vite que l'homme avait été chargé de protéger Nagini pendant l'absence de son maître. Le serpent géant se trouvait aux pieds de l'ancien Premier Ministre, son horrible tête redressée vers Drago. Des voix amplifiées d'échos se firent entendre à l'autre bout du couloir. Le Serpentard était piégé.
Michael Cabot jeta un sort de couleur rouge que Drago contra d'un « Protego » avant de le toucher d'un « Stupefix ». L'homme s'écroula sur le sol et Drago en profita pour refermer la porte derrière lui. Plusieurs sortilèges explosèrent de l'autre côté de la porte dans un bruit assourdissant. L'alarme qui ressemblait à un cri de chat en furie continuait de signaler sa présence. Drago se retourna et son dos se plaqua contre la porte.
Nagini continuait de se redresser tel un cobra dandinant au rythme de la musique. Drago resta pétrifié devant l'imposant animal, ses doigts douloureusement serrés autour du crochet de basilique. Soudain, le Serpentard sentit quelqu'un fouiller dans son esprit. Terrifié et impuissant, Drago resta là pendant que l'âme de Voldemort, présente dans l'animal, sondait toutes ses pensées, tous ses souvenirs. Sa marque s'enflamma et Drago entendit un hurlement de colère s'échapper du serpent.
Dans la forêt du parc de Poudlard, Voldemort poussa un rugissement de rage lorsqu'il comprit que le jeune Malefoy l'avait trahi depuis le début et que, pour couronner le tout, il s'apprêtait à détruire l'un de ses Horcruxes. Le Mage Noir empoigna Dolohov par le col et ses yeux rouges sang sondèrent son esprit afin de s'assurer qu'il était toujours digne de sa confiance. Satisfait de ce qu'il vit, Voldemort le relâcha brusquement.
- Ecoute-moi bien, Dolohov. Tu vas lancer l'assaut immédiatement. Il faut que je retourne au Ministère pour une urgence. Quand je reviendrai, je veux voir ce château réduit en miettes et ses habitants massacrés. Je veux du sang, de la terreur, de la torture, du chaos ! C'est clair ? !
- Oui, Maître, dit le Mangemort dans une révérence.
- Et que personne ne touche à Harry Potter ! Il est à moi. Oh, et tant que j'y pense, trouvez-moi Severus. L'homme est un traître à son sang. Je veux que vous le trouviez et que vous le torturiez lentement, jusqu'à la folie…Et une dernière chose, ne sous-estimez pas nos ennemis. « Grâce » à ce cher Severus, c'est une véritable armée de sorciers qui se trouvera en face de nous.
Le Lord Noir transplana à la vitesse d'une étoile filante. Il se posa au sol devant le Ministère, juste avant les barrières anti-transplanages, puis il s'engouffra dans l'immense bâtiment.
Pendant ce temps, Drago avait retrouvé ses esprits. Comprenant qu'il avait été démasqué et que Voldemort savait ce qu'il projetait de faire avec Harry, il ne lui fallut pas longtemps pour comprendre qu'il ne lui restait que quelques secondes pour achever sa mission et ficher le camp au plus vite. Sa main glissa hors de sa poche, dévoilant le long crochet aiguisé que Nagini observa attentivement. La fente de ses yeux se rétrécit soudain et l'animal se jeta sur Drago.
Le Serpentard pointa sa baguette vers le bout de la queue du serpent et il lança un maléfice de glue perpétuelle. La gueule grande ouverte, Nagini s'arrêta à quelques millimètres du visage de Drago avant de d'effondrer par terre, le bout de sa queue collé au sol. L'animal essaya de mordre son pied et le jeune Malefoy en profita pour planter le crochet dans les profondeurs de sa tête. Un cri d'homme sembla à nouveau sortir de l'animal. Nagini souffla tel un chat en colère et Drago replongea le crochet une seconde fois, ce qui laissa deux trous béants dans la tête du serpent vaincu.
Drago recula, le front en sueur, les mains tremblantes et la peur au ventre. La porte explosa soudain, projetant poussière et gravats dans sa figure. L'homme se protégea le visage d'une main pendant qu'il brandissait sa baguette vers le groupe de Mangemorts qui avançaient dans le bureau. Son sang de glaça encore plus en voyant le Seigneur des Ténèbres entrer dans la pièce.
- Tu as peur et tu as raison, Drago, susurra-t-il dans un faux sourire. Mais ne t'inquiète pas, car tu ne seras pas seul à mourir cette nuit. Ta femme, ta fille et ta mère seront là pour t'accompagner, expliqua-t-il avec délectation. Grâce à toi, nous savons tout, jusqu'aux moindres détails. En fait, je devrais presque te remercier pour ça. Qui sait ? Peut-être que je te laisserais la vie sauve…
Les Mangemorts ricanèrent et Voldemort tourna légèrement la tête sur le côté pour s'adresser à l'un d'eux. Drago recula d'un pas et ses yeux scannèrent le bureau à toute vitesse, à la recherche d'un moyen d'évasion.
- Attrapez-le, ordonna simplement le Lord Noir.
- Deprimo ! hurla soudain le Serpentard en pointant sa baguette vers le sol en pierre.
A peine le sort entra en contact avec le par terre que le sol s'ouvrit sous ses pieds dans un grondement terrifiant. Tout s'était effondré avec lui : pierres, table, chaises, papiers, Mangemorts. Drago avait l'impression que son dos avait été réduit en miettes. Désorienté, il regarda autour de lui mais ne vit qu'un nuage épais de poussière tourbillonner lentement dans la pièce.
- Incacerem ! beugla un homme à l'aveuglette.
Les cordes s'enroulèrent fermement autour d'une chaise qui se trouvait juste à côté du jeune Malefoy. Drago rampa dans les débris et se cacha derrière ce qu'il restait de la table.
- Fait chier ! Je l'ai raté !
- Deprimo ! Deprimo ! Deprimo ! Deprimo! s'époumona le Serpentard, tandis que les plafonds s'effondraient les uns après les autres, jusqu'à ce qu'il atteigne l'allée principale dans un vacarme épouvantable.
Son pantalon était déchiré de partout et sa jambe saignait à plusieurs endroits. Sa tête avait cogné violemment le sol dans sa dernière chute mais Drago avait encore les idées claires. Voldemort avait dû envoyer quelqu'un chercher Pansy et leurs mères dans la nouvelle maison. Caché par le nuage de poussière, Drago enfourcha son balai et s'envola aussi vite qu'il en était capable.
- Il s'échappe ! Là ! s'écria l'un des Mangemorts d'une voix stridente.
Le cœur tambourinant dans sa poitrine, Drago fonça droit devant lui, sans regarder s'il était poursuivi de près. Pointant sa baguette vers le mur d'enceinte qui se dressait au loin devant lui, le Serpentard fit exploser la paroi qui le séparait de dehors d'un « Bombarda Maxima ».
- NON ! NE LE LAISSEZ PAS FILER ! hurla Voldemort, non loin derrière Drago.
Des sorts de couleur rouge explosèrent partout et le jeune Malefoy les évita de justesse en remontant en flèche une fois sorti du Ministère par l'énorme trou. Des bruits de transplanage se firent entendre et Drago se retourna un bref instant pour voir qu'il n'y avait plus que deux Mangemorts à ses trousses qui le poursuivaient en balai. Drago se sentait presque étouffer de panique. Il ne savait plus dans quelle direction aller. Ses mains redressèrent instinctivement le bout de son balai pour prendre de l'altitude. Malheureusement, le ciel était désespérément dénué de nuages au-dessus desquels il aurait pu se cacher. Le Serpentard continua malgré tout de grimper dans les airs.
Un sort lui frôla l'épaule et Drago piqua droit vers le sol pour gagner en puissance. Tandis qu'il haletait comme un animal traqué, ses yeux repérèrent un parc où une centaine d'arbres se disputaient les quelques mètres carrés disponibles. Drago fonça en zig zag sans jamais s'arrêter de changer de trajectoire. Les sorts fusaient dans sa direction mais le Serpentard arrivait toujours à se déporter au dernier moment.
Alors qu'il s'apprêtait à plonger sous le feuillage d'un arbre, il vit le Seigneur des Ténèbres apparaître au sol à quelques mètres de lui. Un sort le toucha de plein fouet, le faisant perdre le contrôle de son balai. Il s'écrasa violemment par terre, au pied de Voldemort. Ce dernier ricana diaboliquement avant de l'attraper par le cou. Ses ongles sales s'enfoncèrent dans sa peau et Drago serra les dents pour ne pas gémir de douleur. Voldemort le força à se redresser, puis il le jeta aux mains de Goyle sénior.
- Ne le laisse pas filer cette fois, dit le Lord Noir au Mangemort.
- Oui, Maître.
Brusquement, le visage du Mage Noir se figea et le sorcier se plia en deux dans un cri de douleur intense. Deux Mangemorts encapuchonnés approchèrent pour l'aider à se tenir droit mais le sorcier les repoussa violemment d'une main.
- Ne me touchez pas ! ordonna-t-il la tête blottie dans ses mains. Grâce à toi, Drago, je sais ce que ton cher et tendre croit être en train de faire (Un frisson d'effroi parcourut la peau du jeune Malefoy des pieds jusqu'au sommet de son crâne.). Il peut bien essayer. Ce n'est qu'un pantin entre mes doigts maintenant que je te tiens…
Du côté de Poudlard, la situation n'était guère meilleure. La bataille venait d'éclater dans une cacophonie terrifiante. Enfermé dans le bureau, Harry tentait de reprendre ses esprits après le choc qu'il venait de subir. Une douleur monstrueuse l'avait brutalement submergé lorsqu'il avait planté le crochet de basilique dans le diadème. C'était comme si on lui avait aspiré un gros morceau de chair à l'aide d'une puissante ventouse. La sensation était déconcertante, terrifiante et désagréable au plus haut point.
- Est-ce que ça va ? demanda le professeur de potion, déjà prêt à enfoncer le second crochet dans la coupe comme s'il tenait un poignard dans sa main.
Harry suffoqua quelques secondes, le crochet de basilique toujours en main. Par chance, la douleur se dissipa légèrement et à son plus grand soulagement, il sentit l'air frais glisser à nouveau dans ses poumons. D'un signe de tête, il encouragea le Mangemort à en finir. La douleur fut encore plus vive. Les mains du Gryffondor agrippèrent frénétiquement la ceinture blanche qui se trouvait autour de sa taille tandis qu'un gémissement plaintif s'échappait du fond de sa gorge. L'Elu était plié en deux, mais cette fois-ci, Rogue n'attendit pas qu'il s'en remettre. Il détruisit le vieux médaillon d'un coup sec et Harry s'écroula par terre en hurlant.
La tête posée sur le sol, il pouvait sentir sa joue vibrer au rythme infernal des explosions qui martelaient la terre du parc de Poudlard, faisant trembler les fondations du château au passage. Le Gryffondor reprit lentement son souffle et réussit à se remettre debout. Son regard déterminé croisa celui du Mangemort, une lueur inquiète brillant dans le noir de ses yeux.
- Que comptez-vous faire maintenant ? demanda Rogue même s'il se doutait de la réponse.
- Allez me battre, expliqua-t-il en rangeant le crochet de basilique dans sa poche, le visage luisant de sueur. Il n'est pas question que je reste là les bras croisés pendant que les Mangemorts nous attaquent.
- C'est absolument idiot. Vous avez une mission bien plus importante à accomplir. Etes-vous prêt à tout ficher en l'air pour vous défouler ? Vous risquez de vous faire tuer.
- Alors venez avec moi, et faites en sorte que je reste en vie. Battons-nous ensemble.
- Je sens que je vais regretter ma décision, soupira le Mangemort tandis que le Gryffondor ouvrait déjà la porte.
Les deux hommes traversèrent les couloirs à toute vitesse et atteignirent la porte d'entrée en un temps record. Harry prit une grande inspiration avant de se précipiter dehors, Rogue sur ses talons. A peine avaient-ils créé une auréole dans la coupole magique et qu'ils étaient passés au travers que plusieurs évènements se produisirent à la chaîne.
- IL EST LA ! s'écria un Mangemort, désarmé par Remus Lupin, qui regardait dans la direction de Rogue.
Fol'Œil s'empressa de lui tirer une balle dans la tête pour l'empêcher d'ameuter les autres Mangemorts. Remus lui lança un regard courroucé, fâché qu'on lui enlève sa proie des mains mais Fol'Œil était déjà reparti en courant, prêtant main forte à qui se trouvait dans une mauvaise passe.
Harry avança de quelques pas lorsqu'il entendit un battement d'ailes au-dessus de sa tête. Grâce à la pleine lune qui éclairait le ciel, le Gryffondor réussit à voir l'énorme dragon qui était en train de plonger droit sur lui.
- Attention ! prévint le professeur de potion en se jetant sur Harry pour le plaquer au sol.
Le dragon les frôla de peu avant de cracher une gigantesque langue de feu sur un groupe de Mangemorts qui se dirigeaient droit sur eux. Quatre réussirent à transplaner à la dernière seconde mais trois autres furent carbonisés sur place dans un vacarme qui donnait l'impression que les portes de l'enfer venaient de s'ouvrir. Harry reconnut Fred Weasley sur le dragon qui leur fit un signe de la main avant d'agripper fermement les rênes de telle sorte que l'animal comprit qu'il fallait remonter dans les airs.
Rogue se mit debout en un clin d'œil et tendit sa main au Gryffondor pour l'aider à se relever. Au même moment, les quatre Mangemorts qui avaient transplané refirent leur apparition, deux de chaque côtés. Harry et Rogue se mirent dos à dos et attaquèrent, Rogue à coup d'Avada Kedavra et Harry à coup de Stupefix. Le combat fut rude mais les deux sorciers tinrent bons jusqu'à ce qu'ils viennent à bout des Mangemorts. Harry et Rogue se refirent face pour voir comment se portait l'autre.
- Qu'est-ce que ça veut dire ? ! demanda Harry, les sourcils froncés. Pourquoi ils vous attaquent ?
- Ça veut dire que ma couverture est tombée.
- Oh non, vous pensez que Drago en est responsable ?
- Qui d'autre sinon ?
- Drago est en danger, souffla le Gryffondor sans l'ombre d'un doute.
- Nous le sommes tous, ici, dit Rogue pour ramener l'Elu dans la réalité du moment.
Le regard du Gryffondor se détourna alors vers le champ de bataille qui était éclairé par une étrange lueur céleste. La scène avait quelque chose d'irréel et Harry ne put s'empêcher de cligner des yeux, comme si cela avait le pouvoir de faire stopper ce bain de sang.
- Mon dieu, murmura-t-il dans un souffle.
Il y avait déjà tellement de morts qui jonchaient le sol, tant de sorciers qui leur marchaient dessus dans la précipitation, tant de sorts jetés dans toutes les directions, tant de cris d'effroi et tant de cris de rage. Le Gryffondor eut un haut-le-cœur en apercevant Hermione et Ron en plein duel contre deux autres Mangemorts : Lucius Malefoy et Crabbe sénior. La jeune femme était terrorisée. Harry pouvait voir à quel point elle était toute crispée, notamment au niveau des épaules. Quant à Ron, il hurlait de rage tandis que des sorts s'échappaient de sa baguette en direction du père de Drago.
- Suivez-moi ! ordonna le Gryffondor au professeur de potion.
Et Harry s'élança maladroitement, le cœur affolé par la peur. Sur sa droite, un arbre haut de vingt mètres s'élançait à la poursuite d'un groupe de Centaures qui était en train de piétiner quelques élèves désarmés. Neville hurlait comme un fou furieux tandis que son arbre avançait sur ses racines avec une telle facilité qu'on aurait pu croire qu'il ne faisait que survoler le sol.
Ron vit Harry s'approcher et une lueur d'espoir brilla dans ses yeux. Lorsque Lucius Malefoy le repéra à son tour, l'homme transplana sans demander son reste.
- LACHE ! beugla Ron.
Le regard d'Hermione se déporta une seconde vers son petit-ami alors que son combat n'était toujours pas terminé et le Mangemort profita de sa baisse de concentration pour lui jeter un sort aussi rapide que l'éclair. Avant que quiconque ne puisse réagir, la jeune femme était déjà à terre, hurlante d'agonie, son corps tout entier en proie à une douleur insoutenable. Ron tomba alors à genoux, les yeux exorbités tandis qu'il ressentait toute la douleur de sa petite-amie à travers son pendentif. La sensation était si intense qu'il avait presque l'impression d'être dans le corps d'Hermione, de pouvoir sentir ses muscles se crisper comme si des crampes s'amusaient cruellement à en serrer les fibres. Le rouquin se força à respirer lentement et profondément pour ralentir son rythme cardiaque et détendre ses propres muscles. Hermione put le sentir à travers leur connexion et la douleur diminua considérablement dans son corps.
Harry réussit alors à s'interposer et à neutraliser le Mangemort en l'endormant avec la formule magique « Somno Alta ». Le Gryffondor était bien content de l'avoir apprise pendant les entraînements. D'ailleurs, beaucoup de Survivants avaient utilisé la formule, préférant ne pas utiliser le sortilège de mort. Le sol était parsemé de Mangemorts endormis. Certains étaient même en train de ronfler ou de se recroqueviller sur le côté comme si un mauvais rêve était en train de les agiter. Cela donnait un aspect encore plus bizarre au champ de bataille.
- Est-ce que ça va ? demanda Harry en posant sa main sur l'épaule d'Hermione qui s'était réfugiée dans les bras de Ron.
La jeune femme hocha la tête, le souffle court, quand tout d'un coup, une puissante déflagration se produisit derrière eux. La mâchoire de l'Elu tomba d'horreur en constatant que la tour des Gryffondor n'était plus qu'un amas de pierres, de vitres brisées, de bois et d'affaires d'écoliers sur le sol. Un nuage de poussière se souleva et engloutit la moitié inférieure du château. La confusion des Survivants qui étaient postés autour de l'édifice de pierre était manifeste.
- Venez ! Il faut les aider à réinstaller la coupole ! s'écria l'Elu en se précipitant vers le château.
Ron, Hermione et Rogue suivaient le Gryffondor quand une forte explosion se produisit tout près d'eux. Harry fut projeté en avant et son corps s'écrasa sur quelque chose de mou…
Ses oreilles sifflaient et ses yeux lui faisaient très mal. Il frotta ses paupières pour enlever la terre qui s'y trouvait dessous, puis il se redressa lentement, car le monde semblait tanguer devant ses yeux.
La confusion était totale. Harry regarda dans la direction de ses trois amis mais il ne vit qu'un énorme monticule de terre à la place. Son corps tout entier se mit à trembler de peur.
- Pitié, pas ça, murmura-t-il en essayant de se mettre debout.
Pris de vertiges, l'Elu s'écroula à nouveau sur le sol, sa chute étrangement amortie. Harry roula sur le côté et se mit à quatre pattes pour voir sur quoi il était tombé. Le Gryffondor eut un haut-le-cœur en découvrant un corps inerte de femme allongé sur le dos. Son visage était recouvert d'épais cheveux frisés et Harry écarta les mèches d'une main hésitante pour voir à qui ce corps appartenait. De grosses lunettes semblables à des loupes étaient écrasées sur son visage. Les multiples débris de verre avaient tailladé la peau de la pauvre femme, ce qui n'empêchait pas le Gryffondor de la reconnaître. C'était le professeur de divination. Harry porta une main à sa bouche. La femme était visiblement morte.
Ses oreilles bourdonnaient encore un peu mais il pouvait à nouveau entendre et c'est le cri d'Hermione qu'il identifia en premier. Le Gryffondor se réveilla de sa torpeur et en quelques pas, il atteignit le monticule de terre qui s'avéra en fait être un immense cratère.
- HERMIONE ! ! JE SUIS LA ! ! hurla l'Elu en se mettant à plat ventre au bord du cratère.
- Ron ne bouge plus ! sanglota-t-elle. Et le professeur Rogue est blessé à la jambe ! Il faut que tu nous sortes de là !
Harry tendit son bras mais il se rendit compte que cela ne servait à rien. Le trou faisait plus de deux mètres de profondeur et la terre était boueuse au fond. Dans la pénombre, le Gryffondor n'arrivait même pas à les voir. Il sortit sa baguette.
- Lumos ! fit-il en plissant les yeux.
Hermione tenait le corps de Ron dans ses bras. Son crâne était fendu au niveau de sa tempe droite et un filet de sang s'en écoulait même si la jeune femme avait posé sa main dessus. Hermione avait le visage couvert de boue, sauf à l'endroit où ses larmes avaient tracé des sillons. Rogue se tenait près d'elle, un garrot de tissus grossièrement attaché à la base de sa jambe droite. C'était étrange…
- Depuis combien de temps vous êtes là ? demanda Harry, les yeux écarquillés.
- Une demi-heure ! s'écria Hermione. Faut que tu ailles chercher de l'aide ! Je ne sens plus que son cœur et ses poumons bouger en moi ! Son esprit est inerte.
Harry ne comprit pas vraiment sa formulation mais ce qu'elle avait dit était suffisant pour qu'il se reprenne. Il regarda autour de lui, à la recherche d'une personne qui pourrait l'aider à les sortir de là. Vu à quel point il se sentait faible, il préférait ne pas léviter ses amis hors du trou, au risque de les laisser tomber si de nouveaux vertiges attaquaient son esprit.
Au loin, il repéra l'arbre de Neville occupé à repousser une vingtaine d'araignées géantes à grands coups de branches. Il se mit alors debout en vacillant légèrement à la recherche de Neville. Ce dernier se tenait à quelques mètres du gigantesque platane, passant des fioles de potion à Luna de temps à autre. La jeune femme les distribuait alors à Fol'Œil et à quelques Survivants qui passaient par là. Ces derniers se pressaient alors de les éclater sur d'autres arbres ou sur des Mangemorts pour les étrangler suivant la potion que Luna leur donnait.
Harry se dépêcha de rejoindre Luna. Il lui demanda la potion permettant de contrôler une plante puis il pénétra dans la forêt d'où sortaient les descendantes d'Aragog. Espérant ne pas tomber sur l'une d'elles, il se pressa de trouver une grosse plante dont les branches souples et longues ressemblaient à des lianes. Harry s'apprêtait à éclater la fiole au pied de la plante quand il eut un vertige terrible. Sa cicatrice en forme d'éclair se mit à chauffer et le Gryffondor se mit à voir double.
- Bon sang…
Du côté de Drago, la tension était également à son comble. Voldemort commençait à perdre patience. Manifestement, il attendait quelqu'un car cela faisait une demi-heure qu'ils étaient tous là, dans ce petit parc. Goyle sénior avait toujours ses ongles plantés dans la chair de son cou et Drago sentait ses jambes trembler d'épuisement. Il ne pouvait même pas faire un pas sans que le Mangemort ne lui assène un coup de poing dans le ventre pour le punir d'avoir bougé ou tenté de s'échapper.
- Je peux savoir pourquoi ils prennent autant de temps ? demanda Voldemort d'une voix qui laissait entrevoir sa colère.
- Je n'en sais rien, Maître, osa répondre l'un des Mangemorts encapuchonné.
Plusieurs personnes apparurent alors dans la pénombre. En reconnaissant sa mère dans les griffes de Greyback, Drago sentit ses entrailles se glacer d'horreur.
- Mère, je suis désolé, gémit le Serpentard en faisant un pas vers elle.
Un coup de poing s'écrasa dans son ventre et Drago tomba à genoux, le souffle coupé. Goyle sénior le retenait maintenant par une poignée de cheveux blonds tandis que le jeune homme dévisageait sa mère de son regard perçant. La femme autrefois si bien habillée et coiffée n'était plus qu'une de ces personnes sales, aux vêtements en lambeaux et au regard pétrifié de peur. Elle avait des marques de morsure et de griffure qui lui barraient le visage, le cou et les jambes.
- Cette chienne a tenté de fuir avec l'autre vieille, expliqua le loup-garou avec un plaisir malsain.
- Où sont les deux autres ? demanda Voldemort dans un sourire de satisfaction.
- Celle qui avait essayé de se barrer est morte en tombant de son balai, précisa Greyback en montrant le cadavre qui se trouvait dans les bras d'un des Mangemorts. (Ce dernier était caché derrière le groupe dont le loup-garou était à la tête.) Et Pansy Parkinson est juste là.
Les sorciers ricanèrent en regardant la jeune femme qui était à genoux derrière eux. Les Mangemorts s'écartèrent et Drago put enfin la regarder. Il eut envie de vomir en la voyant dans cet état. Un bâillon avait été enfoncé dans sa bouche alors qu'elle gémissait de douleur. Ses yeux noirs ne fixaient rien mais des larmes s'écoulaient continuellement sur ses joues. Elle portait une robe blanche vaporeuse et Drago regarda sa marque des ténèbres rougir comme des braises. C'est impuissant qu'il vit sa peau brûler lentement avant de se détacher de ses bras. Ses doigts étaient complètement noircis comme si de la cendre les recouvrait et ses brûlures commençaient à attaquer son cou. Pansy transpirait à grosses gouttes et son corps était parcourues de grands frissons. Elle paraissait presque en transe. Voldemort s'approcha d'elle.
- C'est ce qui arrive lorsqu'on est une traîtresse, ma chère. Tu vas brûler, lentement et tu ne seras plus qu'un tas de cendres dans quelques heures.
Pansy réussit à fixer son regard sur le Lord Noir mais ce dernier ne regardait plus son visage. Ses yeux rouges s'illuminèrent en découvrant ce que les mains de la jeune femme essayaient de cacher aux yeux de tous. Il l'attrapa violemment par les cheveux et Drago se débattit instantanément.
- LACHEZ-LA ! gronda Drago sans dissimuler la haine qu'il éprouvait pour le Mage Noir.
- Oh mais je vais la lâcher, ne t'inquiète pas, Drago, susurra Voldemort en soulevant Pansy juste assez pour que ses pieds ne touchent plus terre. (Pansy hurla de douleur en agrippant son ventre.) Je voulais juste que tu saches que ta femelle a perdu les eaux…
- Au secours les pompiers, la maison brûle ! chantonna Greyback de son horrible voix caverneuse.
Les yeux de Drago se remplirent de larmes, son regard ne pouvant se détacher de l'énorme flaque de liquide amniotique qui maculait le bas de sa robe blanche.
- Pansy…murmura-t-il et la jeune femme lui adressa un regard chargé de désespoir.
- Bon, il faut y aller, déclara Voldemort avant de transplaner.
A Poudlard, il devenait impossible de savoir qui menait la bataille. Un chaos total régnait dans le parc. La coupole magique avait néanmoins été replacée au-dessus du château. Harry avait finalement réussi à remonter Ron et Rogue à l'aide de la plante. Par la pensée, il fit glisser quatre longues branches jusqu'au fond du trou et celles-ci s'enroulèrent délicatement sous les bras d'Hermione avant de la remonter. Une fois posée sur le sol, la jeune femme se rua auprès de Ron.
- Où sont vos baguettes ? demanda Harry en posant une main sur le torse de Ron et l'autre sur l'épaule d'Hermione.
- On les a perdu dans l'explosion, se contenta de répondre la jeune femme comme si cela n'avait pas d'importance.
- Il faut qu'on soigne Ron, dit Harry en regardant tout autour de lui. On doit retrouver Pomfresh.
- Pas question que je m'éloigne de lui, répliqua Hermione avec détermination. Quelqu'un pourrait lui marcher dessus ou le tuer pour de bon. Vas-y toi.
- Potter, menaça Rogue. Je vous interdis de vous éloigner de moi. Vous n'êtes toujours pas convaincu que c'était une folie de sortir du château ?
- Je reviens aussi vite que possible…
- POTTER ! !
Harry courut droit devant lui pendant une trentaine de mètres puis il s'arrêta, le souffle court. La vérité, c'est qu'il ne savait même pas où la chercher. Avait-elle pris part à la guerre ? Ça ne lui ressemblait pas mais si c'était bien le cas, il savait qu'il allait avoir un mal fou à la retrouver. Au final, Harry prit la décision d'aller voir si elle se terrait dans l'infirmerie en attendant que la bataille ne s'arrête pour soigner les blessés. Il ouvrit un passage dans la coupole et disparut derrière l'immense battant de bois.
Pendant ce temps, le professeur de potion se mit également en action. Il rampa à quatre pattes vers l'énorme cratère et commença à fouiller tout autour dans le monticule de terre qui formait le contour du cratère. Ses doigts s'enfoncèrent dans la terre meuble, en quête d'un objet rigide qui aurait pu être une baguette. Au bout de dix minutes, ses doigts crasseux ressortirent triomphalement de la terre avec l'objet tant espéré, sauf que ce n'était pas la sienne…
- Par Merlin, qu'est-ce que j'ai fait pour mériter ça, grommela-t-il à bout de patience.
- Professeur, je crois que c'est la mienne ! s'exclama Hermione. Elle est torsadée, n'est-ce pas ?
Rogue l'inspecta et hocha la tête avant de lancer le bout de bois magique dans sa direction. La jeune femme récupéra sa baguette qui était tombé dans l'herbe, à côté du corps de Ron.
- Allez, Hermione, murmura-t-elle pour se donner du courage. Tu peux le faire. Ce sera toujours mieux que rien.
Pendant que la jeune femme chuchotait quelques formules pour ressouder les os du crâne de Ron et ainsi arrêter l'écoulement du sang hors de sa tête, le Mangemort avait replongé ses mains dans la terre humide avec dégoût.
- C'est bien toi, Severus Rogue ? demanda une voix fluette d'enfant.
Le Mangemort se retourna lentement, se doutant déjà qu'un affrontement allait bientôt avoir lieu.
- Non, ce n'est pas moi. Et toi, petit minable, qui es-tu ? provoqua le professeur de potion, un sourcil haut perché.
- Le garçon qui va t'attraper et te livrer à Bellatrix Lestrange, répondit-il d'une voix glaciale.
L'enfant devait avoir une douzaine d'année. Son visage faisait penser à un petit chérubin, mais son regard n'avait rien d'innocent.
- C'est elle qui t'envoie ? demanda-t-il pour gagner du temps. (Derrière son dos, Rogue continuait de fouiller la terre aussi discrètement que possible.)
- Oui. Elle me récompensera pour ça et Voldemort la récompensera d'avoir réussi. Tout le monde est gagnant.
Hermione, qui s'occupait toujours de Ron, ne remarqua pas l'enfant. Pas même lorsqu'il jeta un sort sur le professeur de potion. Une corde s'enroula autour de sa taille et l'immobilisa comme un rôti. Néanmoins, Rogue connaissait bien le sortilège. Si on ne paniquait pas, la corde se détendait d'elle-même. C'était le premier sortilège qu'il avait jeté sur Harry au tout début de leur entraînement. Pour faire croire à l'enfant que la corde était bien serrée, Rogue maintenait les deux extrémités d'une main tandis qu'il continuait de chercher sa baguette de l'autre. La tâche s'avérait très compliquée mais le professeur de potion garda son calme, même lorsque l'enfant pointa sa baguette vers le ciel et que des étincelles vertes en sortir en crépitant à plusieurs reprises. Il savait que c'était un moyen d'appeler Bellatrix Lestrange.
Hermione avait terminé de ressouder les os de son crâne mais l'état de Ron était en train d'empirer depuis. La jeune femme sentait son cœur battre de plus en plus faiblement et sa poitrine se soulevait irrégulièrement.
- RON ! ! hurla-t-elle en pleurant. JE T'EN SUPPLIE, RESTE AVEC MOI ! !
Quelque part de l'autre côté du château, Bellatrix Lestrange perçut enfin les étincelles vertes tant désirées. Un sourire sadique déforma son visage, comme le sourire d'un clown aux lèvres non barbouillées de rouge à qui on aurait tranché les commissures jusqu'aux oreilles…
- Allez, les marmots, on va pouvoir faire joujou avec Servilus, dit-elle à voix basse en regardant sa petite troupe d'enfants meurtriers derrière elle.
Le groupe se faufila en silence entre les cadavres encore chauds qui s'entassaient continuellement sur le sol de Poudlard. A mi-chemin, Bellatrix sortit un couteau bien tranchant hors de son fourreau et le planta sans la moindre hésitation dans la poitrine de Jack Sloper qui agonisait depuis plusieurs minutes par terre et qui n'avait pas arrêté de gémir plaintivement.
- Fais dodo mon petit, murmura-t-elle comme une berceuse pendant que le jeune homme rendait son dernier soupir.
Toute joyeuse, Bellatrix se remit en route en sautillant. Les enfants qui l'accompagnaient avaient aussi pour mission d'achever les blessés au sol puis de la rejoindre et c'est ce qu'ils firent. Après quelques pas, la Mangemort s'immobilisa soudain.
- Mais regardez qui voilà, ricana-t-elle en se délectant de la vue d'un Severus Rogue à sa merci.
La femme n'était plus qu'à dix mètres du sorcier qui avait osé trahir son Maître quand des cris d'enfants se firent entendre derrière elle avant d'être remplacés par un bruit sourd. Bellatrix se retourna, passablement agacée qu'on s'en prenne à « ses » enfants, mais bien vite, son attention fut détournée des petites torches humaines qui gesticulaient encore dans l'espoir de fuir les flammes qui dévoraient leur chair. Neville se trouvait là, juste en face d'elle, ses yeux sombres la défiant silencieusement.
- Laisse-moi deviner, un admirateur ? lança-t-elle en avançant le menton sur le côté, dans une posture provocatrice.
- Je suis le dernier des Londubat, et tu vas crever de mes mains, salope, expliqua Neville sans l'ombre d'un doute.
- Vas-y, Neville, encouragea Luna, toujours aussi calme.
- Ton fan club est là à ce que je vois ! ricana Bellatrix de sa voix de crécelle, clairement amusée par la situation.
- Jette ta baguette et je ferai pareil. Je veux un duel sans magie. Tes mains contre les miennes.
- Hum, d'accord ! J'adore relever les défis ! Mais presse-toi, tu veux ? J'ai quelque chose d'important à faire après.
- T'inquiète pas, tu seras morte après. T'as juste à réfléchir à ce que tu vas foutre en enfer quand je t'y aurai expédiée…
Tout en ricanant, Bellatrix jeta son couteau ainsi que sa baguette dans l'herbe et Neville fit de même avec la sienne. Chacun avança d'un pas tout en se penchant en avant comme des fauves prêts à bondir. N'arrivant plus à se contenir, Neville attaqua en premier. Dans un hurlement de rage, il se jeta à son cou tout en assénant un violent coup de genou dans le ventre de la sorcière. Celle-ci lui planta ses longs ongles acérés dans la chair de ses joues et lui cracha au visage. Le sang s'écoulait abondamment des plaies béantes que ses ongles laissaient au passage et Neville continuait d'hurler comme un être possédé mais il ne libéra pas le cou de la sorcière.
Ses pouces comprimèrent sa trachée et Bellatrix s'étouffa un bref instant avant de percuter sa tête contre celle du Gryffondor. Neville s'écoula par terre et la sorcière en profita pour ramasser le couteau qu'elle avait laissé sur le sol.
- Neville ! s'écria Luna en pointant sa baguette vers Bellatrix.
Toujours allongé sur le dos, le Gryffondor se pressa de sortir une fiole de sa poche tandis que la Mangemort était en train de charger dans sa direction, le couteau bien en main.
- Je savais que tu ne respecterais pas les règles, cracha Neville en aspergeant le visage de la sorcière d'une potion qui devint corrosive au contact de l'air.
Bellatrix recula en beuglant, sa main laissant tomber son couteau. Le visage fumant littéralement, la sorcière se jeta sur lui et frotta sa peau contre celle du visage de Neville qui se mit aussitôt à vociférer des insultes. Le Gryffondor lui attrapa à nouveau le cou pour la repousser. Neville avait l'impression que son visage était en train de bouillir mais il ne se laissa pas déconcentrer par la douleur.
Prenant tout son temps, il enfonça son pouce dans l'une des orbites oculaires de la sorcière jusqu'à ce que son œil éclate sous la tension. Bellatrix tenta de fuir mais Neville la tenait d'une poigne de fer et c'est en souriant sadiquement qu'il la rendit complètement aveugle en lui crevant son deuxième œil.
- ESPECE DE DINGUE ! cria-t-elle en se libérant enfin.
Neville la regarda ramper sur le sol, à la recherche de son couteau.
- Même là, tu ne penses qu'à tuer ? ricana le Gryffondor, même si la moitié de son visage avait l'aspect de cire fondue.
- Ça s'appelle l'instinct de conservation, pauvre crétin de psychopathe !
- Tu aurais dû y penser avant de t'en prendre à mes parents. (Neville s'accroupit et ramassa le couteau qui luisait dans l'herbe.) C'est ça que tu cherches ? demanda-t-il à la sorcière juste avant de lui planter l'arme blanche dans le cœur. La Mangemort rugit de douleur et Neville remua le couteau dans la blessure pour s'assurer qu'elle souffre assez pour deux avant de mourir. De longues minutes passèrent sans que ni l'un ni l'autre ne bouge. Luna resta également sur place, une expression indéchiffrable sur le visage.
Bellatrix Lestrange expira son dernier souffle dans les bras de Neville. A cet instant précis, un phénomène étrange se produisit. Le Gryffondor cligna des paupières à plusieurs reprises, comme s'il venait de se réveiller d'un cauchemar. Quelque chose au fond de lui venait de se transformer. La colère avait disparu. Neville était à genoux, le dos de la sorcière posée sur son torse tandis que ses deux mains maintenaient toujours le couteau dans la plaie. Ses doigts se mirent à trembler.
- Qu'est-ce que j'ai fait ?
- Ne t'inquiète pas, ça va aller maintenant, rassura Luna en lui prenant ses mains délicatement.
Elle l'aida à se relever et l'entraîna quelques mètres plus loin. Les yeux de Neville brillaient de mille questions. Luna lui caressa les cheveux avec tendresse.
- C'est fini, tu n'as plus de raison d'être en colère. Tu as vengé tes parents et c'est tout ce qui importait pour que tu puisses aller de l'avant, le cœur en paix.
- Je ne comprends pas…
- J'ai jeté un enchantement sur toi lorsqu'on a commencé à sortir ensemble, expliqua Luna avec douceur. J'ai toujours su que tu étais fou de chagrin et que cela avait un rapport avec ce que Bellatrix Lestrange avait fait subir à tes parents. Je n'avais pas besoin d'être forte en divination pour le deviner et je voyais bien à quel point ça te détruisait. Alors j'ai cherché dans les livres d'enchantement de ma mère et j'ai trouvé une formule qui permettait de délivrer les cœurs de la folie lorsque leur désir le plus profond serait exaucé. Ton cœur est bon, Neville et je sais que tu ne tueras plus personne à partir d'aujourd'hui. Cette formule ne délivre que les sorciers qui ont un bon fond.
- Je ne sais pas quoi dire, avoua le Gryffondor en reniflant.
Luna le prit dans ses bras et Neville sentit avec surprise que ses yeux étaient mouillés. Cela faisait si longtemps qu'il n'y arrivait plus. Le Gryffondor soupira de soulagement.
- Merci, murmura-t-il dans le creux de son oreille comme s'il n'existait plus qu'eux deux.
Quelques mètres plus loin, le professeur de potion avait assisté à la scène sans broncher pendant que le jeune garçon continuait de le surveiller. Malgré le vacarme, l'enfant ne s'était pas retourné et Rogue aurait trouvé la situation plutôt amusante s'il n'avait pas à retrouver sa baguette en même temps.
Ses doigts touchèrent enfin une surface dure et lisse. Le Mangemort sut immédiatement que c'était sa baguette, à l'énergie magique qui crépita familièrement sur le bois. Au même moment, une auréole de lumière apparut dans la coupole magique et Harry, suivi d'une Pomfresh terrorisée, passa au travers. Le jeune garçon tourna la tête dans la direction du Gryffondor et Rogue profita de cette occasion pour le neutraliser.
Pendant que Rogue se défaisait de ses liens, madame Pomfresh s'installa auprès de Ron. Elle avait apporté un sac de cuir qui débordait de bandages et de fioles de différentes tailles. Hermione expliqua rapidement la situation en agitant ses mains dans tous les sens, pendant que l'infirmière faisait glisser sa baguette le long du corps de Ron.
- Miss Granger ! Vous avez soudé les os de son crâne ? ! s'exclama Pomfresh, horrifiée.
Instinctivement, Harry vint auprès de son amie et glissa une main dans la sienne. Hermione semblait sur le point d'éclater en sanglots.
- Je n'aurais pas dû ? demanda-t-elle d'une voix tremblante.
- Il fait une hémorragie cérébrale ! cria-t-elle avant de créer un orifice dans la tempe droite du rouquin par lequel sortit immédiatement un liquide rouge pâteux. En empêchant le sang de s'écouler du crâne, son cerveau a été comprimé et il y aura sans doute de graves séquelles !
Harry serra la main d'Hermione encore plus fort et la jeune femme courba l'échine, terrassée par le désespoir.
- Oh mon dieu, je suis désolée ! sanglota-t-elle incontrôlablement.
- Je vous en prie, madame Pomfresh, supplia Harry les larmes aux yeux, sauvez-le.
Les doigts tremblants, l'infirmière ouvrit son sac et retira une fiole au contenu marron. Elle versa trois gouttes de la potion sous la paupière droite du Gryffondor et massa frénétiquement la fine peau au-dessus de l'œil.
- Voilà, cette potion va accélérer la cicatrisation des plaies. Le sang devrait s'arrêter de couler dans quelques minutes.
Elle sortit une autre fiole et versa un liquide transparent sous la même paupière.
- Cette potion va permettre de supprimer le sang qui aura coagulé à l'intérieur de son crâne. Et je vais mettre deux autres potions pour finir le travail, expliqua-t-elle comme pour se rassurer. L'une devrait aider à la régénérescence des zones lésées et l'autre permettra d'éviter les infections.
Une fois la tâche accomplie, l'infirmière ressouda le crâne de Ron mais sans explication, l'état du Gryffondor s'aggrava encore. Hermione lâcha la main d'Harry et agrippa son pendentif.
- Non…NON ! ! RON ! ! Pitié, ne me fait pas ça ! Je ne sens plus son cœur !
Madame Pomfresh pointa sa baguette sur le cœur de Ron et une décharge électrique vint choquer le muscle. A plusieurs reprises. Harry tourna la tête vers Rogue qui les observait de loin, la mine sombre. Harry pleurait et son regard semblait lui demander de l'aide. Le professeur de potion le regarda un long moment avant de détourner les yeux.
- Il…il ne respire plus ! Ron ! Je suis là ! Tu peux me sentir en toi ! Il faut que tu te battes ! Je t'aime ! Pitié Ron, ne me fais pas ça !
- Son cœur bat de nouveau ! s'exclama Pomfresh.
Harry expira de soulagement. Il ne s'était même pas rendu compte que son corps entier était crispé et qu'il n'avait même plus de place pour remplir ses poumons d'air. Malheureusement, Ron ne respirait plus et très vite, l'infirmière dut se résoudre à énoncer une formule magique qui permettait à ses poumons de se remplir d'air sans la commande de son cerveau.
- Et maintenant ? demanda Harry à l'infirmière de Poudlard.
- Potter !
C'était la voix de Rogue et elle n'augurait rien de bon. Harry se mit debout et son visage se décomposa en voyant le Seigneur des Ténèbres apparaître à la lisière de la forêt. Sa simple présence eut pour effet de stopper tous les combats. Un silence oppressant s'installa tandis que d'autres Mangemorts apparurent à côté du Mage Noir. Tous avancèrent lentement de quelques pas avant de s'immobiliser. Harry sentit un froid intérieur lui glacer le sang.
- Harry, chuchota Hermione d'une voix terrifiée. Il y a des Détraqueurs de l'autre côté du château. Regarde, ils sont des milliers au moins…
Le Gryffondor n'avait pas besoin de tourner la tête pour savoir qu'ils étaient là. Il ferma les yeux, se concentra sur ce que Rogue lui avait dit, puis il se leva.
- Harry…non…, supplia Hermione mais le Gryffondor continua d'avancer sans un mot.
C'était maintenant. Il n'y avait plus de marche arrière possible. Voldemort se détacha du groupe de Mangemorts pour aller à la rencontre de l'Elu. Tous les yeux étaient sur eux, Harry pouvait le sentir, comme une pression sur ses épaules. Voldemort sourirait triomphalement en regardant le champ de bataille. Harry serra les dents. Il ne fallait pas qu'il se mette en colère. Il ne fallait pas se défendre. Les deux sorciers s'arrêtèrent à deux mètres l'un de l'autre. La cicatrice du Gryffondor en forme d'éclair était en feu.
- Nerveux, Harry ? demanda le Lord Noir, tout sourire.
- Non, mentit l'Elu en redressant la tête.
- Alors, je vais devoir corser le jeu. Tu vois, j'aime quand tu te sens impliqué, dit-il en serrant le poing, quand tu prends les choses à cœur. Tu apprécieras mon jeu de mots, j'en suis sûr…
Prendre les choses à cœur…un mauvais jeu de mots qu'il avait lui-même fait au professeur de potion en parlant de Drago. Harry pria pour qu'il ait tort. Des ombres sortirent de la forêt. Le cœur battant la chamade, le Gryffondor plissa les yeux pour voir de qui il s'agissait. Et soudain, la pleine lune braqua sa pâle lueur sur eux. Harry voulut arrêter le temps à ce moment précis pour empêcher son pire cauchemar de se matérialiser.
Les cheveux blonds de Drago n'avaient jamais été aussi blancs qu'en cette nuit. Le Serpentard braqua son regard perçant sur Harry tandis que Goyle sénior le forçait à avancer en le tenant par le cou. Goyle le poussa violemment pour qu'il tombe à genoux entre Voldemort et Harry. Ses mains n'étaient pas liées mais cela ne faisait aucune différence. Il n'y avait aucune échappatoire.
Le Gryffondor déglutit douloureusement lorsque Pansy fut jetée à côté de Drago comme un vulgaire déchet. La jeune femme avait la tête baissée et les mains sur son ventre. Le menton du Gryffondor se mit à trembler en voyant Drago lier sa main avec celle de Pansy, aussi discrètement que possible. Les larmes coulaient à présent sur leurs joues. Incapable de détourner son regard du couple, Harry resta pétrifié sur place.
- Je vois que ma petite surprise te plaît, susurra Voldemort, les yeux brillants de satisfaction. (Harry l'entendit à peine, son attention toujours focalisée sur Drago et Pansy.) Malheureusement, toute bonne chose a une fin. Il va falloir que tu fasses un choix, expliqua-t-il tandis que Greyback approchait avec Narcissa Malefoy. L'une de ces trois personnes va devoir mourir dans l'instant (Harry sentit ses jambes se ramollir et la bile remonter de son estomac.) et je me suis dit que tu aurais voulu choisir.
- Vous êtes…, commença Harry la rage au cœur. Vous savez bien que je ne peux pas faire cela.
- Oh ? fit le Mage Noir en feintant la surprise. Je ne vois pas en quoi c'est difficile pour toi. Je pensais que tu aurais voulu sauver Drago. Voyons les choses en face : Pansy a toujours été un frein à votre relation et qu'est-ce que tu en as à faire de sa mère ? ! ricana Voldemort.
Harry serra la mâchoire pour s'empêcher de dire quelque chose qui ne ferait qu'envenimer la situation. Au loin, Hermione s'était approchée du professeur de potion dans l'espoir d'entendre des bribes de la conversation entre Voldemort et Harry, mais personne n'arrivait à les entendre. Ils parlaient bien trop bas pour cela.
- Est-ce qu'on ne devrait tenter quelque chose, professeur ? demanda Hermione à voix basse.
- Harry sait ce qu'il a à faire, se contenta de répondre Rogue, le visage crispé.
Et soudain, alors que l'Elu portait les mains à son visage, Voldemort pointa sa baguette sur Narcissa Malefoy et un éclair vert la percuta de plein fouet. Drago lâcha un cri déchirant qui fit frissonner Hermione d'horreur. La jeune femme se précipita mais le professeur de potion la retint vite et ils chutèrent ensemble sur le sol.
- Laissez-moi y aller ! sanglota-t-elle. Il va tuer, Harry !
- C'est à Potter de résoudre la situation, expliqua-t-il en la maintenant allongée. Vous ne devez pas intervenir.
Harry tremblait de tous ses membres. Il était toujours figé sur place, se disant qu'au moindre mouvement, c'étaient Drago et Pansy qui allaient y passer. Le Seigneur des Ténèbres lui avait donné sa parole qu'il ne les tuerait pas si Harry se laissait faire et le Gryffondor sentait que ce n'était pas un mensonge. Tout le monde voulait qu'il ne se défende pas. Apparemment, Voldemort tenait juste à le faire souffrir et à punir Drago et Pansy pour leur trahison avant de le tuer. C'était chose faite.
Derrière ses mains, Harry attendait que Voldemort prenne sa vie. Mais étrangement, au lieu d'entendre « Avada Kedavra », il entendit le Seigneur des Ténèbres murmurer des paroles en latin qu'il n'avait jamais entendues. Un mauvais pressentiment lui comprima les poumons et Harry retira ses mains. Quelle ne fut pas sa surprise en voyant Voldemort retourner sa propre baguette contre lui. Une brume lumineuse apparut soudain entre le corps du Mage Noir et sa propre baguette. Harry eut alors l'impression que cette lumière l'attirait et il sentit la larve bouger au fond de ses entrailles.
Lorsqu'il comprit ce que Voldemort était en train de faire, il était déjà trop tard. Le Seigneur des Ténèbres avait déjà dirigé sa baguette sur Drago et le nuage lumineux plongea dans son corps en l'espace d'une seconde.
- Drago, hoqueta Pansy, le visage déformé par la douleur et la terreur.
Le Serpentard fit de grands yeux en sentant comme un corps étranger se mouvoir en lui. Ses yeux inquiets se posèrent sur le Gryffondor. Harry avait le souffle coupé. Il ne savait plus quoi faire maintenant que Drago était comme lui…un Horcruxe.
- Et voilà, Harry. Tu pensais pouvoir me vaincre en détruisant ce qui me rendait invincible, mais la partie est terminée. Avec Drago comme Horcruxe, je suis à nouveau hors d'atteinte. Tu serais incapable de tuer ceux que tu aimes. Comme je l'ai toujours dit, l'amour est une faiblesse et tu en as la preuve une fois de plus. La guerre est finie. Tu as perdu, affirma Voldemort d'une voix trahissant son euphorie.
Un gémissement de douleur attira l'attention du Gryffondor vers le sol. Pansy, qui était à genoux, s'écroula dans l'herbe face contre terre.
- Pansy, reste avec moi, murmura Drago en l'aidant à rouler sur le côté.
- J'ai tellement mal, gémit-t-elle. Et les contractions n'arrêtent pas.
- Les…les contractions ? bégaya Harry sans comprendre.
- Miss Parkinson a choisi son moment pour mettre cet enfant au monde, ricana Voldemort en la regardant se tordre de douleur.
Drago reprit la main de Pansy qui avait fini par s'allonger sur le dos. Le Serpentard serra les dents en sentant ses doigts chauffer au contact de la peau brûlante de sa femme. Pansy plongea ses yeux noyés de larmes dans ceux de Drago avant de crier d'agonie.
- Si je vous laisse me tuer, commença Harry, j'ai votre parole qu'ils auront tous la vie sauve et que vous les laisserez partir ? Y compris Severus Rogue ?
- Je te le promets, Harry. En revanche, si tu essayes de me faire une entourloupe, je te jure que je lâche les Détraqueurs sur Poudlard et vu leur nombre, autant dire qu'ils ne feront qu'une bouchée des résistants.
Le Gryffondor tourna la tête un bref instant, son regard allant dans la direction de Rogue et d'Hermione avant de faire face à Voldemort.
- Très bien, j'accepte, soupira l'Elu. (Drago secoua la tête en regardant Harry avec désespoir. Le Lord Noir arborait désormais le sourire le plus effrayant que le Gryffondor n'ait jamais vu. Sa baguette se dressa droit sur lui.) Mais avant, s'empressa de continuer Harry, je veux pouvoir dire adieu à Drago et Pansy. S'il vous plaît, cela fait des mois que je rêve de pouvoir les serrer contre moi. Une dernière fois, supplia le Gryffondor.
Voldemort le dévisagea avec méfiance. Harry serra les dents et garda une expression innocente et implorante. Au bout d'un silence chargé de tensions, le Mage Noir grogna légèrement et fit quelques pas en arrière.
- Fais vite. Mais, attention à ce que tu fais. Au moindre doute, je tue Pansy, menaça le Mage Noir en pointant sa baguette vers la jeune femme.
Comme libéré de chaînes invisibles, Harry tomba à genoux et enlaça Drago avec toute l'affection qu'il éprouvait encore pour lui. Le Gryffondor embrassa le Serpentard avec passion tandis que des murmures surpris s'élevaient dans l'assemblée de Mangemorts. De son côté, Hermione comprit enfin, la réalisation lui rajoutant un poids douloureux dans son cœur.
- Oh mon dieu, Harry…gémit-elle avec tristesse, son regard ne les quittant jamais.
Les deux hommes sanglotèrent sans bruit dans les bras réconfortants de l'autre. Pendant un moment, Pansy les observa puis elle trouva la force de se redresser et vint lover son visage bouillant entre eux. Leurs visages se touchaient. Leurs souffles chauds se mélangeaient. Et Harry avait envie de crier de rage contre le destin qui s'acharnait contre lui. Lui, qui était prêt à mourir. Apparemment, cela ne suffisait toujours pas. Voilà que le destin lui demandait le sang de Drago. Et c'était lui qui devait s'en charger. C'était leur seule chance de détruire Voldemort pour de bon. Il fallait agir vite, garder l'effet de surprise pour que le Seigneur des Ténèbres n'ait pas le temps de créer un nouvel Horcruxe.
Tuer Drago.
Provoquer la colère de Voldemort.
Se laisser tuer par Voldemort.
Et enfin, accéder à la victoire grâce à Rogue qui se débarrasserait de ce monstre.
Mais voilà, Harry savait que l'amour qu'il portait pour Drago était si fort qu'il ne pourrait jamais le tuer d'un sortilège de mort. Par ailleurs, la part de Voldemort qui vivait à présent en lui comme un parasite devait être détruite et pour cela, Harry n'avait qu'une option.
- Drago, écoute-moi bien. Mes sentiments pour toi sont restés intacts. Et c'est pourquoi, ce que je m'apprête à faire détruira la dernière parcelle de bonté qu'il existe en moi. A défaut de pouvoir changer mon propre destin, j'ai cru pouvoir changer celui des autres mais je me suis trompé. La prophétie avait raison. Tu es la clé et pour vaincre, je vais devoir t'entraîner dans la mort avec moi, murmura Harry en sortant discrètement le crochet de basilique de sa poche. Je suis désolé mais il n'y a pas d'autre solution. Je dois tuer la part de Voldemort en toi, après quoi, je le laisserai me tuer pour qu'il détruise le morceau de son âme qui vit en moi depuis que cette cicatrice en forme d'éclair existe sur mon front. Je suis désolé, je ne pouvais pas te le dire avant. Je ne l'ai jamais dit à personne.
Sous le choc, le Serpentard ne put rien dire. Il dévisagea longuement le Gryffondor, à la recherche du moindre mensonge ou du moindre doute, mais il ne vit que des regrets et de la tristesse. Drago jeta un œil à Pansy qui paraissait totalement sidérée par les révélations du Gryffondor, puis ses yeux fixèrent le crochet de basilique qui était caché dans la main d'Harry. Finalement, Drago soupira longuement et posa son front sur l'épaule du jeune homme.
- Vas-y, chuchota Drago en attrapant la main de Pansy. De toute façon, nous sommes fichus.
Un long silence s'étira, entrecoupé du souffle erratique du Gryffondor. Sa main se resserra sur le crochet et lorsqu'il se sentit prêt, il recula son bras pour prendre de l'élan. La main brûlante de Pansy l'arrêta soudain. Surpris, le Gryffondor tourna la tête vers elle.
- Ne fais pas ça, supplia-t-elle. Si tu veux vraiment changer le destin, j'ai peut-être la solution. Et aucun d'entre vous n'aurez à mourir.
- De quoi parles-tu ? demanda Harry qui était à bout de nerfs.
- Le collier de Granger, dit-elle avant de grogner de douleur. (Sa marque des ténèbres devint aussi rouge que les braises et ses brûlures s'attaquaient maintenant à son visage.) Celui avec une pierre magique. On peut s'en servir pour piéger Voldemort dedans…
Pansy s'écroula sur le sol, secouée de spasmes violents.
- Pansy ! ! s'écria Drago en quittant l'étreinte du Gryffondor.
- Maintenant, ça suffit, décida Voldemort en avançant vers eux. Tu as eu bien assez de temps pour leur dire au revoir. (Le Lord Noir pointa sa baguette sur Harry.) Mets-toi debout, que je te tue de manière convenable. Je ne voudrais pas qu'on me prenne pour un sorcier qui élimine ses ennemis quand ils sont à terre…
Il ne fallut que quelques secondes à Harry pour prendre une décision qui allait tout changer. Un acte fou pour reprendre le contrôle de sa vie. Secrètement, le Gryffondor avait toujours espéré qu'une personne assez folle oserait un jour lui indiquer une autre voie. Et cette personne, c'était Pansy.
Le Gryffondor se mit debout, lâcha le crochet de basilique, et dégaina sa baguette aussi vite qu'il put. Le bois crépitait sous ses doigts. Harry sentait à nouveau la vie circuler dans tout son corps. Ses émotions étaient enfin maîtresses et Harry se sentit sourire diaboliquement. Le Seigneur des Ténèbres se crispa sous la surprise.
- Que fais-tu, Harry ? !
- Ce que j'ai toujours eu envie de faire…EXPELLIARMUS ! !
- AVADA KEDAVRA ! !
Les deux sorts se percutèrent dans une lumière aveuglante et Voldemort laissa échapper un hurlement de fureur. Drago aida Pansy à s'éloigner tandis que Rogue et Hermione se précipitaient vers eux pour leur porter secours.
- Lâchez les Détraqueurs ! Tuez tout le monde ! vociféra Voldemort aux Mangemorts qui se trouvaient toujours derrière lui, à la lisière de la forêt.
- Oh mon dieu, dépêchons-nous ! paniqua Hermione en jetant un œil aux Détraqueurs qui se propageaient dans le ciel.
Pansy n'avait plus de spasme mais elle agonisait toujours dans les bras de Drago qui la portait. Ses yeux terrifiés ne quittaient pas le visage du Serpentard et même lorsque le professeur de potion la prit à son tour dans ses bras, ses prunelles noires continuaient de fixer Drago.
- Qu'est-ce qui se passe ? ! s'énerva Rogue. Que lui avez-vous dit pour qu'il décide de tout ficher en l'air ? !
Le groupe fit marche arrière en direction du château, laissant Harry se battre seul contre Voldemort. Dans la pénombre, Hermione entrevit madame Pomfresh qui faisait de grands gestes avec ses bras dans leur direction. L'infirmière avait manifestement bougé le corps de Ron vers la coupole magique mais elle ignorait la façon d'y créer un passage pour pouvoir se mettre à l'abri. Drago agrippa soudain le poignet d'Hermione pour voir le pendentif qu'elle tenait dans sa main.
- Granger, est-il vrai que ton collier peut emprisonner une personne toute entière ?
- Quoi ? Mais comment tu sais…
- Pas le temps de t'expliquer, coupa le Serpentard. Est-ce que c'est vrai ?
- Oui…mais cela implique au porteur du pendentif de le sentir vivre en lui à chaque instant. Cette décision ne doit pas être prise à la légère.
- Mais la personne piégée ne peut pas contrôler le porteur, si ?
- A priori non, mais rien n'a jamais été écrit à ce sujet. D'un point de vue personnel, je parlerais plutôt d'une influence émotionnelle. Dans ce pendentif, je n'ai qu'une petite parcelle de Ron alors j'ignore le pouvoir que peut avoir une personne entière enfermée dedans. Juste une chose, dans le livre que j'ai lu au sujet de ce pendentif, je me souviens qu'une telle pratique est vivement déconseillée.
- Cela m'est égal, répondit Drago pendant que Rogue récitait les formules pour ouvrir un passage dans la coupole magique. Dis-moi comment faire pour y arriver. Dis-moi tout ce que je dois savoir.
- Pourquoi ? !
- Parce que si tu veux que Harry reste parmi nous, il va falloir utiliser ce pendentif.
- Attends, tu ne vas tout de même pas l'emprisonner dans la pierre pour que Voldemort ne puisse plus l'atteindre ? !
- Non, nous allons faire l'inverse. Mais pour ça, j'ai besoin que tu me dises comment y arriver.
- Si j'enlève mon collier, je perdrai le lien qui me relie à Ron pour toujours. Plus grave encore, il est probable que supprimer cette partie de lui ne fera que l'affaiblir davantage et il est déjà très gravement blessé. Je risque de le perdre…
- Et si tu ne l'enlèves pas, Harry devra mourir et moi aussi…
Hermione se retourna un bref instant pour voir le Gryffondor en train de se battre, puis elle passa à travers l'auréole magique avant que Rogue ne la referme devant quelques Détraqueurs. Malgré la coupole, le professeur de potion pouvait sentir le froid envahir son corps. Il s'éloigna bien vite et suivit les autres à l'intérieur du château. Dans le hall, Ron était allongé sur un drap blanc d'infirmerie, son visage dénué de la moindre émotion. Le rouquin étant stable, madame Pomfresh s'occupa de Pansy. Elle l'installa sur un autre drap blanc et d'un coup de baguette, l'infirmière fit apparaître un énorme oreiller à plumes d'oie qu'elle glissa sous les épaules de la jeune femme. Celle-ci haletait, à bout de force, ses yeux se révulsant lorsque la douleur se faisait trop forte.
Drago s'agenouilla près d'elle lorsque sa conversation avec Hermione fut terminée. Il l'embrassa brièvement et lui caressa la joue avec tendresse.
- Tu es un géni, ma belle. Tiens bon, je vais revenir.
- Je t'aime, réussit-elle à articuler avant de grogner de douleur.
- Je t'aime aussi. Madame Pomfresh, dit-il en se relevant, veillez sur elle s'il vous plaît et surtout, n'utilisez rien de magique pour atténuer la douleur ou la chaleur. Cela ne ferait qu'empirer son état. Si vous avez de la biafine, utilisez-là.
L'infirmière s'assit à côté de Pansy et ses doigts agiles fouillèrent dans son sac de cuir en quête d'un tube de biafine. Par chance, elle avait magiquement agrandi son sac pour pouvoir ranger toutes les affaires que contenait la pharmacie.
De son côté, Hermione s'agenouilla tout près de Ron. Après un long soupir, elle retira la chaîne qui maintenait le pendentif autour de son cou et un filet de lumière glissa hors de la pierre avant de s'évaporer dans l'air. Sans quitter Ron du regard, elle déposa la chaîne dans la main de Drago qui se précipita aussitôt vers la porte. Le professeur de potion suivit le Serpentard sans un mot.
Une fois de l'autre côté de la coupole magique, les deux sorciers se figèrent, estomaqués par le nombre de morts qui jonchaient à présent le sol. Les Survivants ne formaient plus qu'un petit groupe de trois cents personnes, blottis les uns contre les autres, la baguette pointée vers le ciel pour repousser les Détraqueurs grâce au sortilège du Patronus. Il restait toujours quelques centaines d'élèves éparpillés dans tous les coins du parc mais il était clair qu'ils n'allaient pas faire long feu en restant séparés des autres.
- Rentrez vous mettre à l'abri ! s'époumona Rogue tandis que Drago s'éloignait en direction des deux derniers sorciers qui étaient encore en duel. Fol'Œil, veillez à ce qu'ils rentrent tous !
L'Auror qui n'était pas bien loin hocha la tête avant de disparaître derrière le château. Le regard du professeur de potion se braqua à nouveau sur Drago qui courait toujours. Sortis de la pénombre, cinq Détraqueurs plongèrent soudain sur lui et le Serpentard ne les vit que trop tard. Rogue s'élança alors, baguette au poing tandis qu'un atroce bruit de succion s'élevait au-dessus de Drago.
- Expecto Patronum…
Une biche se matérialisa devant sa baguette avant de bondir en direction des Détraqueurs. Ces derniers reculèrent de quelques mètres mais ils ne fuirent pas. Drago se retourna pour remercier Rogue, puis les deux hommes firent les derniers mètres ensemble.
Harry et Voldemort n'avaient pas vraiment bougé. Seul l'écart entre eux s'était légèrement agrandi. Le Seigneur des Ténèbres eut un rictus de dégoût en voyant Drago et Rogue apparaître de chaque côté de l'Elu.
- Mes deux traîtres préférés, articula Voldemort avec difficulté.
Le Mage Noir faisait semblant de ne pas se sentir menacé mais tous savaient bien qu'à trois contre un, il ne faisait pas le poids.
- Tu es sûr qu'on ne ferait pas mieux de détruire son corps ? demanda Drago à Harry en chuchotant.
- Dumbledore m'a dit qu'il était essentiel que je meure de sa main. Il ne m'a pas dit pourquoi mais je lui fais confiance. Peut-être qu'il faudrait aussi que Voldemort te tue pour qu'on réussisse à le détruire une fois pour toute.
Voyant Harry murmurer quelque chose à Drago, Voldemort profita de ce moment pour chercher Dolohov et Greyback du regard. Ils se trouvaient devant la coupole magique, en train d'essayer différentes formules pour affaiblir les protections de la barrière.
- DOLOHOV, GREYBACK ! hurla Voldemort lorsque Harry eut terminé de chuchoter.
Le Mangemort ainsi que le loup-garou tournèrent la tête en direction de leur maître. Sans plus perdre de temps, Rogue neutralisa Voldemort d'un « Somno Alta ». Le sort du Gryffondor percuta le Lord Noir qui perdit sa baguette et Harry s'empressa de la ramasser. Drago sortit alors sa cape d'invisibilité et enveloppa le corps du sorcier avant qu'il ne touche le sol. De son côté, Rogue jeta un œil vers la coupole et constata ce qu'il redoutait. Les deux Mangemorts avaient déjà transplané.
- Faut se tirer de là maintenant ! prévint Rogue aux deux jeunes sorciers.
Harry fit léviter le corps du Seigneur des Ténèbres tandis que Drago maintenait les deux côtés de la cape dans une main pour s'assurer que personne ne puisse voir Voldemort.
- Allons-y ! s'écria le Gryffondor.
Ils firent quelques pas vers le château lorsque Greyback et Dolohov apparurent juste derrière eux. Rogue fit immédiatement volte-face et les sorts se mirent à fuser comme une pluie d'étoiles filantes. Drago et Harry se précipitèrent à grandes enjambés pour s'éloigner au plus vite mais en levant leur tête, ils découvrirent une trentaine de Détraqueurs qui fonçaient droit sur eux.
- Mon patronus n'est assez puissant pour les retenir tous ! cria Drago.
- Je m'en occupe, répondit le Gryffondor les sourcils froncés. Amène Voldemort à l'intérieur ! Je te rejoins dès que je peux.
Drago se dépêcha de faire léviter le Mage Noir lui-même tandis que le Gryffondor faisait déjà apparaître son magnifique Patronus en forme de cerf. Harry était épuisé mais sa force était encore assez vigoureuse pour les repousser tous.
Rogue, de son côté, mettait la pression sur les deux Mangemorts pour qu'ils n'aient pas la possibilité de pourchasser Harry et Drago. Le Serpentard réussit à atteindre la coupole et Harry choisit ce moment pour le rejoindre aussi vite que ses jambes le lui permettaient. Les deux hommes jetèrent un œil à Rogue avant refermer l'auréole et d'entrer dans le château. La priorité était d'emprisonner Voldemort et le professeur de potion avait retenu les deux Mangemorts pour cela.
Le hall était bondé de monde mais de l'espace avait été laissé autour de Ron et Pansy. La jeune femme était en train de pousser, les jambes pliées et écartées, un drap blanc la recouvrant du ventre aux pieds. Madame Pomfresh lui tenait la main tandis qu'elle l'encourageait à pousser plus fort. Le visage de la jeune femme était dégoulinant de sueur et aussi rouge qu'une peau pouvait le devenir. Les yeux de Pansy se fixèrent sur Drago avec difficulté.
- Drago, gémit-elle à bout de souffle.
- Ça va aller, ne t'inquiète pas. Tout est sous contrôle. Je reviens dès que possible.
- Dépêche-toi, supplia-t-elle.
- Et vous tous, dégagez dans la Grande Salle ! s'écria le Serpentard en voyant tous ces visages curieux tournés dans la direction de Pansy.
Harry trouva une salle de classe vide et Drago se pressa de léviter le corps du Mage Noir à l'intérieur avant de fermer la porte derrière lui. Pendant que le Serpentard protégeait magiquement la salle de toute intrusion, Harry retira la cape d'invisibilité qui était enroulée autour de Voldemort. Ce dernier dormait toujours.
- Voilà, nous serons tranquilles, assura Drago en s'approchant du Gryffondor.
- Tu as le collier ? demanda Harry en tendant son bras vers le Serpentard.
- Tiens.
Drago déposa la chaîne munie de son pendentif dans la main du Gryffondor. Le Serpentard lui expliqua la manière de procéder pendant que ses yeux verts détaillaient la pierre noire aux traces blanches.
- Très bien, c'est moi qui porterai la pierre, décida Harry en attachant la chaîne autour de son cou. Tu es sûr que tu veux rester dans la pièce ?
- Certain.
- Alors je commence.
Harry s'approcha du corps de Voldemort et s'agenouilla. Drago s'assit près du Mage Noir, puis il agrippa l'un de ses poignets pour présenter la paume de sa main au pendentif.
- Aperit, prononça distinctement l'Elu.
Aussitôt, un sifflement étrange s'éleva dans les airs et les filaments blancs de la pierre se mirent à onduler lentement vers la main de Voldemort. Les yeux des deux sorciers s'agrandirent en voyant les filaments creuser de petits trous dans la peau du Lord Noir. Des gouttes de sang s'écoulèrent des plaies et vinrent tâcher le sol en pierre.
Les filaments se dédoublèrent soudain et s'attaquèrent au bras du Mage Noir avec de plus en plus de vigueur. C'était un bruit de succion qui arrivait à présent à leurs oreilles. Le sang s'égouttait de plus en plus et de nouveaux filaments apparurent. Le pendentif décolla du torse de l'Elu, le corps du Mage Noir l'attirant comme un aimant.
- Eloigne-toi, Drago !
Le Serpentard recula brusquement lorsqu'un filament s'approcha de sa main. Toujours de plus en plus nombreux, les filaments s'étalaient sur le corps du Lord Noir comme les tentacules d'une pieuvre sur sa proie. Une lumière vive se dégageait à présent des filaments. En réalité, elle provenait de Voldemort et était aspirée par la pierre.
De nouveaux filaments blancs apparurent de la pierre noire et ondulèrent rapidement vers le visage du Gryffondor. Les extrémités pointues plongèrent aussitôt dans la chair de ses joues.
- Harry ! s'écria le Serpentard en se précipitant vers lui.
Le Gryffondor plissa les yeux de douleur mais ne broncha pas. Ce qui lui arrivait faisait malheureusement partie du processus. Drago s'agenouilla derrière lui et plaça ses mains sur le visage du Gryffondor pour que les filaments s'attaquent d'abord à lui. Le bruit de succion ressemblait maintenant à un grondement de tremblent de terre. D'ailleurs, le sol commençait à vibrer devant eux et des rafales de vent s'élevaient par intermittence, comme pour les pousser vers la pierre.
- Cette saloperie va nous aspirer complètement si ça continue ! hurla le Gryffondor à travers le vacarme.
Au bout d'une minute, les mains et la moitié inférieure du visage des deux sorciers étaient totalement maculées de sang. Les filaments continuaient d'aspirer leurs chairs et leurs âmes, comme des sangsues voraces. Voldemort n'était plus qu'une robe noire dont des filaments lumineux sortaient de tous les orifices.
Terrifiés, les deux sorciers se cramponnèrent l'un à l'autre, sentant les filaments forcer des passages dans leur bouche et leurs yeux. Des larmes coulèrent sur leurs joues et d'autres filaments les aspirèrent avec avidité. Harry se mit à crier lorsqu'il sentit ses genoux glisser sur le sol. Drago le serra davantage à la taille et tenta de freiner avec le talon de ses chaussures.
- Bordel, on ne va pas tenir longtemps comme ça ! hurla Drago dans l'oreille du Gryffondor.
- Regarde Voldemort ! Les filaments l'attirent vers la pierre !
En effet, le corps du Mage Noir, où plutôt ce qu'il en restait, flottait à présent à quelques centimètres du sol. Il avança lentement vers le pendentif quand soudain, tout devint noir.
- Vas-y ! Stoppe le processus ! cria Drago. Il est dans la pierre !
- Claudere !
Le vacarme s'arrêta brusquement, laissant l'écho secouer leurs tympans une dernière fois. Harry enleva la robe du Mage Noir qui couvrait entièrement leur tête. En aspirant le corps entier de Voldemort, la pierre avait rejeté la robe du sorcier dans leur direction, les privant alors de leur vue.
- On a réussi, murmura Drago.
- On a réussi, répéta lentement le Gryffondor qui avait dû mal à réaliser.
Harry se retourna et fit face à Drago, le souffle erratique. Sa main se posa délicatement sur son visage pour inspecter les dégâts. Drago fit de même, le regard inquiet.
- Mon dieu, ton visage…, chuchota le Serpentard horrifié.
Sous ses doigts, le Serpentard pouvait sentir de nombreux sillons qui ondulaient le long de sa peau. Son cou et ses mains étaient dans le même état. Avec la manche de sa robe, Drago essuya le sang du visage de l'Elu et Harry fit de même. Les sillons étaient en fait des cicatrices blanches.
- Ce n'est qu'un détail, considéra le Gryffondor.
Drago sortit sa baguette, pointa la robe noire de Voldemort, et murmura une formule magique. Un nuage de cendres fut alors projeté sur le tissu. Le Serpentard se mit debout et tendit la robe au Gryffondor.
- Tiens, prends la robe de Voldemort. Ce sera notre preuve que tu l'as réduit en cendres.
Les deux sorciers quittèrent la salle de classe et revinrent sur leurs pas, en direction du hall. Harry, qui se trouvait devant le Serpentard, s'arrêta subitement de marcher. En approchant, Drago fronça les sourcils. Quelque chose n'allait pas, il pouvait le sentir au silence qui régnait dans le hall, aux visages émus tournés vers lui, à l'atmosphère pesante qui s'écrasait sur ses épaules.
A quelques mètres de là, madame Pomfresh se trouvait assise par terre, au niveau de la tête de Pansy. L'infirmière était dans le champ de vision du Serpentard, ce qui l'empêchait de voir la jeune femme. Hermione se mit débout en voyant Drago avancer. Elle pleurait mais le Serpentard l'ignora.
C'est en contournant l'infirmière de Poudlard qu'un frisson glacé le submergea. Madame Pomfresh se trouvait assise devant un corps qu'elle venait de recouvrir d'un drap blanc. Ses mains ridées tremblaient encore sous le choc.
- Qu'est-ce que vous croyez faire ? ! lâcha soudain Drago d'une voix effrayante qui ne lui ressemblait pas. Dégagez !
- J'ai fait tout ce que j'ai pu, tenta d'expliquer l'infirmière d'une voix chevrotante. Elle morte d'hyperthermie, je suis tellement désolée !
- LA FERME ! ! ! LA FERME, VOUS ENTENDEZ ? !
Harry se précipita pour enlacer Drago mais ce dernier le repoussa violemment. L'infirmière se pressa de quitter le hall tandis que le Serpentard tombait à genoux, près de Pansy. Son esprit s'y refusait. Elle ne pouvait pas l'avoir quitté maintenant que tout s'arrangeait, et certainement pas dans ces conditions, alors qu'il n'avait pas été pas auprès d'elle. Drago secoua la tête pour chasser ces pensées insoutenables et d'une main prudente, il retira le drap jusqu'à la poitrine de sa femme.
Sa respiration se bloqua dans sa gorge et Drago eut la sensation de chuter dans le vide. Son dos s'affaissa sous le poids de la douleur et la seule chose qu'il put faire pour se libérer de cette sensation d'étouffement fut de lâcher un râle d'agonie. Sa vue se brouilla tandis que de grosses larmes venaient noyer ses yeux. Un corps familier vint se fondre dans son dos et deux bras puissants s'enroulèrent autour de son torse pour l'aider à redresser son buste.
- Je suis là, murmura Harry, le visage maculé de larmes.
Drago ouvrit la bouche et c'est un cri de rage qui en sortit. Harry sanglota contre la nuque du Serpentard qui ne s'arrêtait plus de crier. Drago allongea le bras et sa main agrippa frénétiquement l'épaule de Pansy. Il la secoua alors, lui hurlant de se réveiller mais les yeux de Pansy s'obstinaient à fixer un point au plafond.
- Drago, elle est morte, sanglota l'Elu.
Le Serpentard pleurait à présent, ce qui ne l'empêchait pas de la secouer plus vivement. Et soudain, alors que tout paraissait perdu, un miracle se produisit sous leurs yeux. Le drap se mit à onduler légèrement et un petit cri s'éleva dans le hall. Les deux sorciers s'immobilisèrent une fraction de seconde, le temps de réaliser que ce n'était pas une hallucination, puis Drago retira le drap d'un coup sec.
- Oh mon dieu, Drago, regarde ça…
Le Serpentard resta figé sur place pendant que l'Elu glissait ses mains entre les cuisses de la jeune femme. Un cri de nouveau-né accueillit les mains tremblantes du Gryffondor.
- Oh Drago, elle est si petite…
Harry souleva le bébé avec prudence et délicatesse, un sourire d'émerveillement fleurissant sur son visage, malgré les larmes qui continuaient de perler sur ses joues. Le Gryffondor reposa le nouveau-né et sectionna le cordon ombilical d'un coup de baguette avant de faire un nœud avec le bout qui restait. Il reprit ensuite la petite fille et l'enveloppa dans une serviette propre qu'il trouva dans le sac de cuir de l'infirmière.
Pendant tout ce temps, Drago resta impassible, ses yeux allant de sa fille à Pansy, et parfois son regard se posait sur Harry. Le Gryffondor lui tendit le bébé mais Drago refusa de la prendre dans ses bras. Sous le regard sidéré de l'Elu, Drago souleva Pansy avant de se mettre debout.
- Qu'est-ce que tu fais ? demanda Harry, très inquiet face à son comportement.
- On n'a plus rien à faire ici, expliqua Drago d'une voix terne. Viens avec moi…
- Attends, juste une chose, dit Harry en le retenant par le bras. (L'Elu fit quelques pas et se mit face à la porte d'entrée de la Grande Salle qui était ouverte. Tous les regards se fixèrent sur lui.) Je viens de vaincre Voldemort par le sortilège de mort. (Harry jeta la robe du sorcier sur le sol et de la cendre se souleva en volutes dans les airs. Personne ne sauta de joie. Néanmoins, le soulagement pouvait se lire sur les visages.) J'ai réduit son corps en cendres pour que sa dépouille n'attise ni haine ni convoitise. La guerre est finie. Il n'y a plus qu'à annoncer la mort du Seigneur des Ténèbres dans les médias et demander du renfort pour arrêter les derniers Mangemorts. Voilà, nous avons réussi, termina le Gryffondor en baissant la voix.
Harry échangea un regard désolé avec Hermione avant de rejoindre Drago qui l'attendait près de la grande porte en bois. Les deux sorciers sortirent du château et s'immobilisèrent un moment. L'aube était en train d'apparaître derrière les montagnes. Harry et Drago regardèrent les premières lueurs du jour colorer le paysage, comme si leurs yeux n'en avaient jamais vues auparavant. Quelque chose en eux avait changé. Quelque chose en eux s'était brisé. Drago baissa la tête et son regard se posa sur le visage brûlé de Pansy. Sans qu'il ne s'en aperçoive, ses lèvres s'approchèrent des siennes et le Serpentard déposa un doux baiser sur sa bouche encore chaude.
- Rentrons à la maison, lui murmura-t-il.
Harry créa une auréole lumineuse dans la coupole magique et Drago s'y engouffra sans crainte. Il n'y avait plus aucun Détraqueur dans le ciel et le parc n'était plus qu'une vaste étendue parsemée de cadavres et de Mangemorts endormis. Sans leur maître, les autres Mangemorts avaient fui, comprenant que cette fois-ci, le sorcier ne reviendrait pas.
Harry entendit un battement d'ailes derrière lui. Il se retourna et leva la tête en direction d'un gigantesque dragon norvégien. Sur son dos, le Gryffondor reconnut deux personnes. Bill Weasley et Severus Rogue qui paraissait dans un sale état, même de loin. Cependant, le professeur de potion semblait conscient.
Harry reporta son attention sur Drago. Le Serpentard avait déposé le corps de Pansy sur le sol et il était en train d'agrandir un balai qu'il avait sorti de sa poche. Harry se dépêcha de faire de même après avoir délicatement posé le nouveau-né au sol. La petite fille, toujours enveloppée dans la serviette, remua des bras et des jambes tout en émettant un son plaintif. Harry se pressa alors de la reprendre dans ses bras avant d'enfourcher son balai. Le Gryffondor regarda Drago s'élever dans les airs, la tête de Pansy posée sur son épaule, comme si la jeune femme était en train de dormir.
Ses yeux verts se posèrent alors sur le nouveau-né dont les paupières s'ouvraient de temps en temps. Harry avait peur pour Drago. Le Serpentard lui laissait-il sa fille parce qu'il avait confiance en lui ou parce qu'il la rejetait, comme si elle avait pu être responsable de la mort de Pansy ?
Oui, Harry était très inquiet, mais il était surtout triste et fatigué par ce monde en ruines. Il n'avait plus la force d'en faire partie. C'est pourquoi, il savait qu'il devait fuir aux côtés de Drago, quitte à tout laisser derrière lui.
Quitte à oublier le passé.
Quitte à oublier ses amis pour toujours.
Quitte à devenir un nouvel homme…
Eh voilà !
C'est avec une grande satisfaction que je vous poste ce long chapitre ! Le dernier de l'année, snif... J'avoue que le passage avec Neville me frustre un peu parce que j'aurais voulu arriver à cette conclusion de manière plus fluide et convaincante. Tant pis, je pense avoir déjà travaillé assez d'heures dessus pour vous le poster maintenant.
J'espère de tout coeur que vous aimerez ce chapitre ! J'ai hâte de voir vos critiques et de savoir ce qui vous a plu même si ce n'est pas la joie dans ce chapitre.
Les musiques qui m'ont inspirée et que je vous invite à écouter en lisant les passages concernés :
- "The Grey Lady" de la B.O du dernier HP (du début jusqu'au moment où Drago entre dans le bureau de Voldemort)
- "Broomsticks and fire" toujours de la même B.O (quand Drago affronte Nagini jusqu'à ce qu'il se fasse attraper par Voldemort dans le parc)
- "Exogenesis part I" de Muse et "Lux Aeterna" (pour les scènes suivantes, avec les combats à Poudlard)
- "The Show must go on" la version de Moulin Rouge (pour la confrontation Voldemort/Harry)
- "Internal Movement", musique de la bande d'annonce d'Inception (pour l'emprisonnement de Voldemort dans le pendentif)
- "I know you can heay me" de la B.O de Remember me (quand Drago et Harry retournent dans le hall jusqu'à la fin) ou le thème principal de la même B.O
Bon voilà bien assez de bla bla.
Je vous dis donc rendez-vous en juin pour la suite !
Je vous embrasse tous du fond du coeur !
DarkPotter
