La jeune femme se redressa du mieux qu'elle put et retint un hoquet de stupeur en voyant qu'Harry avait les yeux ouverts...
Au même moment,
Tribunal Extraordinaire de Londres, Cellule N°7
Drago croyait devenir fou. C'était sa quatrième tentative de suicide et chaque essai le ramenait au point de départ, comme si le temps avait été remonté de quelques secondes sans qu'on ne lui demande son avis, comme si Dieu s'amusait à jouer avec ses nerfs, à l'image d'un marionnettiste tirant sur les fils de sa création. A chaque fois, Drago finissait par se retrouver sur ses jambes, nu, ses vêtements froissés sur le sol, son reflet consterné renvoyé à lui-même par l'intermédiaire du miroir moqueur.
La porte de sa cellule s'ouvrit alors brusquement et plusieurs ombres pénétrèrent dans la pièce avec précipitation. Scrutant le miroir, Drago devina la silhouette féline de l'Auror Seal et la démarche nerveuse de l'Auror Fletcher qui se trouvait quelques pas devant lui. Une femme se trouvait derrière eux, une seringue à la main. Le jeune homme devina qu'il avait affaire à une Médicomage.
Drago leur fit face, le regard flamboyant d'une haine qu'il ne contenait plus. Tout ce qu'il voulait, c'était mourir en paix. Protéger Jade et rejoindre ceux qui étaient déjà partis. Lâcher prise ne suffisait même pas. La tristesse se déversa une énième fois dans son sang et se mélangea à sa haine. Les larmes glissèrent à nouveau sur son visage en suivant l'ondulation torturée de ses cicatrices.
- Tu croyais vraiment qu'on n'avait pas sécurisé les cellules ? ! Tu nous prends vraiment pour des amateurs, pourri de Mangemort ! cracha Fletcher en brandissant sa baguette magique. Sale lâche !
- Cela suffit, ordonna Seal avec fermeté. Malefoy, je t'avais dit de réfléchir, pas d'agir stupidement. Autant que tu le saches, toutes les salles de ce tribunal sont sécurisées. Personne ne peut attenter à ses jours. Alors tu vas te tenir tranquille maintenant.
Laissant la folie l'emporter, Drago se précipita vers Seal en hurlant à pleins poumons. Plus rien ne le retenait. Le Mangemort avait simplement l'intention de les étrangler tous.
- IMMOBILIS ! s'écria Fletcher en brandissant sa baguette en direction du Mangemort.
Trop faible pour esquiver, Drago reçut le sortilège peu avant d'atteindre l'Auror Seal. Ce dernier n'avait même pas bougé, nullement impressionné par la réaction du jeune Malefoy. Drago s'écroula sur le sol, face contre terre.
- Par Merlin, il finit toujours à poils, se plaignit Fletcher en le retournant sans ménagement sur le dos.
- Doucement ! Vous allez lui disloquer l'épaule si vous continuez comme ça ! râla la Médicomage en s'approchant.
La quinquagénaire s'agenouilla près du corps de Drago et planta la seringue dans son bras. Le liquide translucide disparut dans son organisme.
- Voila, vous pouvez annuler le sortilège, précisa la Médicomage en se relevant. Il devrait dormir d'un sommeil de plomb pendant neuf heures. Ce sera suffisant pour qu'il puisse supporter l'interrogatoire de demain au sérum de vérité... Bonne nuit messieurs.
L'Auror Seal dégaina sa baguette d'un geste fluide et annula le sortilège. Drago ouvrit grands les yeux et tenta de reprendre le contrôle de ses muscles, en vain. Une chape de béton s'écrasa sur sa conscience. Le jeune homme vacilla avant de s'écrouler lourdement sur le sol.
- Demain sera le jour de vérité..., murmura Seal pour lui-même avant de rebrousser chemin.
Quelques secondes plus tôt,
Sainte Mangouste, Chambre d'Harry Potter
Les jambes en coton, Hermione tituba vers le lit de l'Elu, les yeux écarquillés, la bouche entrouverte. L'Elu semblait figé d'incompréhension, choqué. Seuls les mouvements erratiques de sa respiration prouvaient qu'il était bien vivant. Lorsqu'elle se plaça à côté du lit, son visage au-dessus du sien, le Gryffondor cligna rapidement des yeux.
- Harry, c'est moi. Hermione. Tu es à l'hôpital. Harry ? Tu m'entends ?
L'Elu avait beau être désorienté, cela ne l'empêchait pas de reconnaître Hermione. Jamais il n'aurait pu oublier le visage de sa meilleure amie. En la voyant si triste et terrifiée, Harry ne put empêcher la peine et la culpabilité de se dessiner sur son visage.
- Pardonne-moi..., murmura-t-il d'une voix éteinte avant que ses paupières ne se ferment.
- Il replonge, souffla l'un des Médicomages au reste du groupe de soignants.
- Harry ? ! Non ! Tu dois garder les yeux ouverts ! Reste avec moi ! J'ai besoin de toi ! paniqua Hermione en secouant son épaule.
- Laissez-le, Miss Granger. Qu'il s'endorme n'est pas surprenant, expliqua un autre Médicomage. Son réveil va se faire progressivement. En tout cas, il vous a répondu, ce qui est très bon signe pour la suite. Gardez espoir...
J – 2 :
Retour dans le parc de Poudlard
Hermione inspira profondément, comme si l'air était chargé d'espoir et qu'elle voulait se redonner de la force. Des bruits de pas lui rappelèrent qu'elle n'était pas seule.
- Eh, la méditation c'est pour les gens qui n'ont rien à faire de leur journée, grommela Fol'Oeil qui s'impatientait en arrière-plan. Je croyais que vous étiez pressée d'aider la future Madame Rogue.
Hermione fit face à l'Auror, pour une fois plus intriguée qu'agacée. Sa tête bascula légèrement sur le côté. L'homme, quant à lui, souleva un sourcil de défi, bomba le torse et croisa ses bras sur sa poitrine.
- Je peux vous poser une question personnelle ?
- Enfin quelqu'un qui s'intéresse à moi. Merlin, merci !
- Comment faites-vous pour paraître aussi désinvolte ? C'est comme si rien ne vous affectait. Non, c'est même pire. On dirait que tout vous amuse. Est-ce réellement le cas ?
- Je vais essayer de faire simple : si vous perdez Potter et votre petit-ami, vous vous rapprocherez de ma réalité. Et s'il vous vient l'idée de passer le reste de votre vie à pourchasser des êtres dangereux et intelligents, vous finirez par penser comme eux et à devenir aussi cinglée qu'eux. C'est l'ironie de ma vie et l'ironie a quelque chose d'hilarant. Je m'éclate, Miss-je-m'occupe-de-ce-qui-ne-me-regarde-pas. Quand on perd l'essentiel, vous avez le choix entre pleurer de tout ou rire de tout. Il n'y a pas de demi-mesure quel que soit votre choix. Mais peut-être que je me plante complètement. Vous me le direz sans doute... Bref, fin de la parenthèse. Je retourne au château. On vous attend à l'intérieur.
Hermione regarda le sorcier faire demi-tour et dandiner grossièrement en direction de l'école. Pour la première fois, la jeune femme ressentait de la compassion pour l'Auror grincheux et provocateur. Elle avait compris qu'il n'avait plus de famille. Hermione ressentit même de l'admiration en le voyant boiter avec autant d'énergie. L'homme tenait encore à la vie. Il l'avait assumée pour ce qu'elle était. Il s'était contenté de ces lambeaux de vie.
Un battement d'ailes familier lui fit lever la tête. La chouette blanche de l'Elu était en train de décrire un cercle au-dessus d'elle. L'estomac de la jeune femme se crispa de surprise.
- Hedwige ! s'exclama-t-elle avec enthousiasme.
Une idée venait de germer dans son esprit. Elle tendit son bras droit vers l'animal. Aussitôt, Hedwige plongea vers le sol et se posa sur l'avant-bras de la Gryffondor. La jeune femme prit le temps de lui caresser le bec, sincèrement émue d'avoir retrouvé la chouette de son meilleur ami.
- Ta vas pouvoir tenir compagnie à ton maître, lui expliqua-t-elle avec douceur.
L'animal hulula joyeusement et pinça légèrement le doigt de la Gryffondor afin de lui témoigner son excitation. Hermione scruta le parc une dernière fois avant de se diriger vers le château, la chouette blanche agrippée à son avant-bras.
- Bonjour ! J'espère que la nuit n'a pas été trop difficile, dit Hermione en entrant dans la salle de classe, le sourire aux lèvres.
Isabel était debout devant la marmite et faisait tournoyer une spatule en bois dans le liquide. La jeune infirmière était d'une telle grâce naturelle qu'il était impossible de ne pas tomber sous son charme. Le professeur Rogue eut un mal fou à détourner son regard de la belle rousse. Fol'Oeil ricana dans son verre d'alcool.
- J'ai une grande nouvelle à vous annoncer, poursuivit Hermione lorsque Rogue daigna la regarder. Harry s'est réveillé cette nuit.
- Mais c'est fantastique ! glapit l'infirmière en détachant son regard de la mixture, le temps de partager un sourire complice avec Hermione puis avec Rogue.
- Je vais aller le voir, décida le Mangemort en se mettant debout. Il faut s'assurer que le vieillissement cellulaire ne s'accélère pas du fait de son réveil.
- En fait, il n'a été conscient que quelques secondes, précisa Hermione, se sentant légèrement coupable de leur avoir donné trop d'espoir. Les Médicomages ont dit que c'était courant, que les personnes qui ont été dans le coma se réveillent progressivement.
- Entendu. Fol'Oeil, vous venez avec moi. Il faudra se relayer pour surveiller Harry et la potion. Isabel, vous pouvez vous reposer dans mon bureau. Vous connaissez le mot de passe. Nous reviendrons pour le déjeuner.
- C'est ça, avec de la bonne bouffe d'hosto, compléta Fol'Oeil en se plantant l'index au fond de la gorge comme s'il tentait de se faire vomir.
- Vous exagérez, Fol'Oeil, ce n'est pas si mauvais que cela, objecta Isabel, de la même façon que pourrait le faire une mère dans l'espoir que son enfant ne raconte pas de bêtises.
- Venant d'une infirmière qui a mangé pendant plusieurs années à la cantine de l'hôpital, je dirais que ce n'est pas très objectif. Vous ne savez probablement même plus ce qu'est un repas digne de ce nom, raisonna l'Auror en souriant victorieusement lorsque l'infirmière ne trouva rien à redire.
Les deux sorciers s'éloignèrent d'un pas volontaire.
- Attendez ! s'écria Hermione en s'approchant de Rogue à grandes enjambées. C'est la chouette d'Harry, expliqua la Gryffondor. Elle s'appelle Hedwige. Je pense que vous devriez l'emmener avec vous. Harry sera tellement content de la voir lorsqu'il se réveillera.
Rogue ne répondit rien. Il se contenta de faire la moue, clairement ennuyé par ce petit contretemps. Malgré tout, il tendit le bras pour que l'animal comprenne leur intention. Hedwige changea de « perchoir » d'un bond énergique. Rogue s'éloigna, plaçant son avant-bras bien à distance de son visage comme si l'animal avait l'intention de le balafrer.
- Attention qu'elle ne chie pas sur votre magnifique robe noire, pouffa Fol'Oeil sans retenu, appréciant pleinement l'aspect comique de la situation...
J – 2 :
Le matin,
Tribunal Extraordinaire de Londres, Cellule N°7
- Réveille-toi, pauvre débris...
Drago émergea dans un sursaut. Sa vue brouillée par le sommeil lui permit cependant de deviner la silhouette menaçante de l'Auror Fletcher qui vacillait au-dessus de lui. L'homme l'attrapa sans ménagement par le bras et le força à se mettre debout. Drago étouffa un cri de douleur.
- Tu t'habilles. Tu manges ton petit-déjeuner. Tu bois ton verre d'eau. Et tu mets tes mains dans le dos, que je t'attache les poignets. C'est clair ?
Quelque peu étourdi, le Mangemort se contenta d'acquiescer en silence. En quelques minutes, ses tâches furent accomplies. Drago constata étrangement qu'il se sentait plutôt en forme, du moins, autant qu'on pouvait l'être après avoir vécu tout qu'il avait vécu. Il finit par en conclure que son sommeil avait été magiquement réparateur.
- On y va, dit sèchement l'Auror en ouvrant la porte de sa cellule.
Menotté, Drago fut traîné dans la salle d'interrogatoire N°4. Les Aurors Seal et Richardson étaient déjà assis. Le Mangemort repéra les deux plumes à papote qui tremblaient légèrement d'excitation dans les airs, prêtes à noter la moindre parole sur les parchemins qui flottaient juste en-dessous d'elles. Le jeune sorcier faillit rendre son repas lorsqu'il comprit ce qui allait se passer.
- Assieds-toi, ordonna Seal d'une voix glaciale.
Drago ne lutta même pas. Il n'avait aucune chance de leur résister. Courbant l'échine pour fuir leurs regards, il se cala au fond de sa chaise et ne bougea plus.
La Médicomage entra dans la salle, à nouveau munie d'une seringue. Drago déglutit lorsqu'elle s'approcha lentement mais sûrement. Il ferma les yeux un bref instant, refusant de la voir injecter le sérum de vérité dans son bras. Drago se concentra plutôt sur l'odeur sucrée et plaisante de son parfum de fleurs. Une fraction de seconde, le Mangemort s'imagina dehors, dans son jardin, en compagnie de Jade et d'Harry. Une chaleur étrange s'insinua dans son corps et sembla se concentrer au niveau de son visage.
- Comment t'appelles-tu ? demanda Seal d'une voix lointaine.
- Drago Malefoy, répondit aussitôt le jeune sorcier, les yeux écarquillés de surprise.
- Le prénom de tes parents ?
- Lucius et Narcissa, poursuivit Drago sans pouvoir s'en empêcher.
- Que leur est-il arrivé ?
- Ils sont morts tous les deux.
Les Aurors échangèrent un regard énigmatique avant de reporter leur attention sur le Mangemort qui ruisselait déjà de transpiration. Le jeune Malefoy essayait manifestement de reprendre le contrôle.
- Comment ?
- J'ai étranglé mon père et le Seigneur des Ténèbres a tué ma mère en lui lançant un sortilège de mort, expliqua Drago d'une voix de plus en plus aigue.
- Tu regrettes d'avoir tué ton père ?
- Non. C'était un sorcier dangereux et cruel.
- Ce n'est pas ton cas ?
- Je ne suis pas cruel. Je suis dangereux si on veut me faire du mal ou si on s'attaque à ceux que j'aime.
- As-tu voulu devenir Mangemort ?
- Non. Je n'avais pas le choix. Je voulais vivre. Je voulais protéger ma mère.
- En quoi cela concernait ta mère ?
- Voldemort nous a toujours fait comprendre que prendre la fuite aurait des graves conséquences pour nos mères. Tortures, meurtre. On le savait tous.
- Nous savons que tu as tué beaucoup de sorciers. Plusieurs témoins te désignent comme l'un des bourreaux de Voldemort. Qu'as-tu à en dire ?
- C'est la vérité. Je devais exécuter tous ceux qui ne voulaient pas faire partie de l'armée de Voldemort, tous ceux qui s'élevaient contre lui, tous ceux qui faisaient partie de familles de résistants. Adultes comme enfants.
- De combien de morts es-tu responsable ?
- 227...
Drago se mit à suffoquer. L'interrogatoire prenait des allures de torture. Il n'y avait aucune pause entre les questions. Les Aurors couraient après le temps, avides de réponses. Et Drago n'avait d'autre choix que de répondre. Les plumes à papote grattaient rageusement sur les parchemins, accentuant cette impression d'urgence et de frénésie.
Le Mangemort était horrifié de répondre avec autant de facilité. Le nombre était à présent gravé dans sa conscience, avec l'emphase d'un feu d'artifice. Son inconscient l'avait toujours su et avait attendu le bon moment pour exploser dans son esprit avec grandiloquence et excès. Avec cette révélation, c'était une nouvelle part de son humanité qui mourrait en lui et commençait à pourrir.
- Vous devriez lui laisser le temps de récupérer..., chuchota la Médicomage, mais Seal balaya son conseil d'un revers énergique de la main.
- Qu'en penses-tu ? continua l'Auror, imperturbable.
- Que je mérite de mourir 227 fois.
- Ce n'est pas à toi de le décider, mais à la justice. Pourquoi Voldemort t'a-t-il attribué ce rôle-là ? Vous étiez tellement nombreux. Pourquoi toi plutôt qu'un autre ?
- Mon père voulait m'endurcir de cette façon-là. J'ai appris récemment que c'est lui qui avait demandé à Voldemort de me donner ce rôle de bourreau, expliqua Drago en fermant les yeux, le souffle court.
- Comment as-tu fait pour tuer toutes ces personnes si tu n'en avais pas envie ? Comment as-tu fait pour supporter tout ça ?
- A chaque fois que je tuais quelqu'un, je pensais à Voldemort. Je m'imaginais qu'il était en face de moi.
- Et c'est tout ? ?
- C'était insupportable. J'ai essayé de me suicider assez rapidement. Mais Pansy m'en a empêché et m'a apporté deux solutions : la drogue et un plan de génie pour arrêter de tuer et se retourner contre Voldemort. La drogue m'a permis de me sentir mieux, d'oublier parfois ce que j'avais fait et elle permettait de tromper la marque des Ténèbres.
- Ola, pas si vite. Explique-moi tout ça.
- Pansy avait découvert que Voldemort ne s'était pas protégé contre les méthodes moldues. Nous avons utilisé des drogues moldues pour nous sentir mieux. La marque des Ténèbres a cru que nous étions heureux d'être Mangemorts. Elle n'a pas perçu nos plans de rébellion puisqu'elle se base sur ce qu'on ressent. A chaque fois que je ressentais de la haine pour Voldemort, ma marque des Ténèbres me punissait en me brûlant l'avant-bras. Et quand je me sentais mieux, tout rentrait dans l'ordre. Ma peau retrouvait son aspect d'origine.
- Parle-moi de ce plan.
La vision de Drago se brouillait lentement.
- Pansy devait me présenter les personnes à tuer. Elle les tenait face à moi. Nous avons élaboré un plan dans cette configuration avec l'aide du professeur Dumbledore.
- Quoi ? ! s'écria Fletcher et Seal d'une même voix.
Les deux Aurors partagèrent un regard décontenancé.
- Dumbledore était au courant de tout ? ! De votre plan ? Des meurtres que vous aviez commis ? !
- Oui, de tout. C'est grâce à son aide que nous avons pu créer une armée au sein de Poudlard.
- Par Merlin, c'est embarrassant, grommela Fletcher.
- Je comprends mieux son message de clémence à votre encontre, enchaîna Seal plus calmement. Cela sera un atout pour toi. Continue. Parle-moi de ce plan.
- Dumbledore nous a fourni des portoloins pour que nous puissions déplacer un grand nombre de sorciers du lieu d'exécution à la Salle sur Demande de Poudlard. Pour que notre machination passe inaperçue aux yeux des autres Mangemorts, nous avons activé le Portoloin au moment de jeter de la poussière sur la personne. Cela donnait l'illusion qu'elle s'était désintégrée sur place. De cette façon, nous avons constitué une armée. Pansy, moi, Harry et le professeur Rogue, nous les avons entraînés au combat au cas où l'école serait attaquée.
- Cela concorde avec les témoignages des Survivants, constata Richardson, le nez dans les parchemins.
- Tu as donc sauvé beaucoup de sorciers et tu as activement contribué à la Victoire, au péril de ta vie. Comment vous êtes-vous trahis ?
- Voldemort a tout découvert en entrant dans mon esprit... le soir de la Bataille Finale, Harry, Rogue et moi nous étions mis d'accord pour le combattre et le détruire... Harry était persuadé qu'il allait mourir et moi je pensais m'en sortir aux côtés de Pansy... rien ne s'est passé comme prévu... Voldemort s'est vengé en tuant ma mère... Pansy est morte d'hyperthermie à cause de la Marque des Ténèbres... après avoir neutralisé Voldemort, Harry et moi avions décidé de laisser le passé derrière nous... Jade est ma fille... c'est la plus belle chose que j'ai accomplie dans ma vie... je voulais quelle soit heureuse... aujourd'hui, tout ce qui compte pour moi, c'est de la protéger, termina Drago en s'écroulant de sa chaise, fiévreux et nauséeux.
- Cela suffit ! éructa la Médicomage en bondissant sur ses pieds. Vous voyez bien qu'il ne peut plus continuer ! Vous avez vos réponses. Fichez-lui la paix alors !
- Nous avons presque fini, précisa Seal dans une moue mi-ennuyée, mi-satisfaite. Pour faire court, nous avons besoin de savoir si tu regrettes tes actes et notamment les meurtres que tu as commis.
- Oui, bien sûr que je les regrette, gémit Drago dans les bras de la Médicomage qui l'aidait à se remettre sur sa chaise. Je voulais juste vivre ma vie et être heureux. Je le jure. Je n'ai jamais voulu tuer tous ces pauvres gens. Ils ne m'avaient rien fait, sanglota misérablement le Mangemort. Tous ces enfants, ces bébés, c'était tellement horrible... horrible... horrible... J'ai été égoïste. J'aurais dû me suicider depuis si longtemps. C'était la voie de la dignité. Vous auriez dû me laisser faire...
Drago n'arrivait pas à se taire. Les mots coulaient librement de sa bouche, l'obligeant à se dévoiler sans retenu. Chaque révélation était un pas de plus qui l'éloignait de la mort.
- Des rumeurs disent que tu as manipulé Harry Potter en lui administrant un filtre d'amour et que tu l'as ensuite empoisonné. Est-ce vraiment ce qui s'est passé ?
- Non, Harry et moi étions amoureux. Il est mort d'une overdose par accident. Je voulais seulement le calmer en lui injectant une faible dose de drogues moldues, mais c'est toute la seringue qui s'est vidée dans son organisme. C'était un accident. J'aimais Harry, comme j'aimais Pansy.
Seal marqua enfin un temps de pause. L'Auror se plongea dans ses réflexions, se demandant s'il était judicieux de révéler au Mangemort que l'Elu était toujours vivant. Un souffle d'espoir ? Une bouffée de rage ? Quelle réaction pouvait entraîner cet aveu ?
- Harry n'est pas mort, révéla finalement l'Auror, d'une voix calme et contrôlée.
Drago redressa brusquement la tête et planta un regard féroce sur Seal.
- Arrêtez de jouer avec mes nerfs, prononça le Mangemort entre ses dents.
- Qu'est-ce que tu fais ? ! murmura Fletcher dans un sifflement contrarié.
- C'est la vérité, poursuivit l'Auror Seal en regardant le jeune Malefoy droit dans les yeux. Je regrette de t'avoir laissé croire à sa mort. Il est en fait dans le coma. Tu ne dois pas abandonner. Je suis certain que les juges accepteront de te laisser la vie sauve. Tu as encore un avenir. Derrière les barreaux, certes, mais tu pourras voir ta fille grandir. Quant à Harry, les Médicomages font tout pour qu'il se réveille. Alors accepte la proposition que je t'ai faite et arrête tes bêtises. Tu n'en serais jamais arrivé là si tes parents ne s'étaient pas appelés Malefoy et s'ils t'avaient protégé de toute cette folie.
- Putain mais qu'est-ce que tu racontes ? ! s'insurgea Fletcher en tapant la table de son poing. Et la liberté de chaque individu de décider ? ! Tu en fais quoi ? ! Ce lâche savait ce qu'il faisait. Moi aussi je pense que tu aurais dû te suicider, Mangemort ! Ta vie ne vaut certainement pas celle de 227 sorciers ! C'est à cause de suiveurs comme toi que les fous auront toujours une chance d'accéder au pouvoir !
- C'est un adolescent et non un adulte, objecta Seal avec contenance. Pourquoi y aurait-il une mesure d'exception pour Malefoy ? Il mérite la prison à vie, ni plus ni moins. C'est ce que je vais demander aux juges cet après-midi, que cela te plaise ou non, Fletcher. Malefoy, je sais que je te prends de court. Dis-toi bien que je ferais tout pour que les juges aillent dans mon sens. Avec ce que tu viens de nous dire, tu as toutes tes chances. Je n'ai même pas besoin que tu signes ces aveux sans l'influence du sérum de vérité, même si c'est vrai que ce serait un élément de plus en ta faveur. Ils te croiront. Tu pourras toujours demander des temps de visites plus tard. L'interrogatoire est donc fini. Je repasserai en fin de journée ou demain matin pour te prévenir de la décision des juges. Il se peut qu'ils refusent cette proposition et qu'ils préfèrent attendre ton procès pour annoncer leur verdict. Nous verrons bien. Sur ce, je vous laisse. Fletcher, peux-tu le ramener dans sa cellule ? Merci.
- Ouais, c'est ça, grommela Fletcher qui avait un mal fou à se reprendre.
Drago était épuisé et désorienté. Il ne savait plus quoi penser. Harry était vivant ? Seal lui avait réellement dit que la faute était avant tout imputable à ses parents ? Drago ne savait plus ce qu'il ressentait. Il avait l'impression que son cerveau était devenu de la bouillie et qu'un troupeau de Centaures venaient de le piétiner joyeusement.
Le retour en cellule se fit dans un étrange silence. Fletcher l'obligea à s'asseoir sur son matelas et retira les menottes de ses poignets l'instant d'après. Les deux hommes se dévisagèrent longuement. Le regard de Fletcher était orageux et tourmenté. Ses lèvres se mirent alors à bouger.
- Où as-tu caché ta fille ? murmura Fletcher, les yeux brillants d'une lueur malsaine.
- Chez ma voisine, Miss Bellamy, glapit Drago en portant les mains à sa bouche, les yeux exorbités.
Trop tard. Le mal était fait pensa Drago avec horreur. Le visage de l'Auror s'illumina victorieusement d'un sourire en coin.
- Seal peut bien se bercer d'illusions. Tu es quelqu'un de profondément mauvais. Tu as tué des enfants. Mon enfant. Si tu survis, je tuerai ta fille. Mon offre est simple : ta vie contre celle de mon fils et j'épargnerai ton enfant. Je te donne la chance de protéger ta fille et de payer tes erreurs de la seule façon qui soit juste.
- Tuez-moi maintenant alors, proposa Drago en se mettant debout, face à L'Auror. Je suis prêt. Je suis d'accord avec vous ! Faite-le ! Je le mérite !
- Pas comme ça, Mangemort. Tu devras trouver un moyen de convaincre les juges qu'il est trop dangereux de te laisser en vie... Je ne suis pas le seul à vouloir que tu payes. Eux aussi ont droit à leur revanche...
Sur ces paroles, Fletcher quitta la cellule, la mine sombre, le souvenir de la dépouille de son fils envahissant son esprit...
Bonsoir la compagnie !
Je profite de cette vague d'inspiration pour vous poster la suite. Je suis de plus en plus impatiente d'arriver au procès, oh my f****** god !
C'est le CD « Born to die » de Lana Del Rey qui m'a portée tout au long de l'écriture de ce chapitre. Je trouve ses mélodies fascinantes et intéressantes. Bref, pourquoi je vous raconte ça ?
J'espère que vous aurez aimé ce chapitre. J'en suis satisfaite de mon côté.
A bientôt...
DarkPotter
