Bonjour vous :J

So, comme promis, le premier chapitre !

Comme je vous l'avais dit, les chapitres sont plus longs et travaillés et je vous serai très reconnaissante de me laisser ne serait-ce que le plus petit avis si vous avez le temps ! Merci BEAUCOUP d'ailleurs à toutes les personnes qui ont déjà follow, fav ou laissé une review (j'ai normalement répondu à tout le monde) ! Ravie que Newt vous ait divertis !

Ce premier chapitre est une sorte de mise en place et, évidemment l'occasion d'une certaine rencontre ;) Bref, c'est là que vous me direz si les personnages vous plaisent ou non (et oui, on restera sur du POV Newt même si je n'exclue pas de courts OS du POV de Thomas à côté, pour les scènes importantes, par la suite)

Bonne lecture !

x

« Il n'y a pas de gravier, » souffla du bout des lèvres un Minho au bord de la crise de nerf.

« Quoi ? » Fit Newt, à moitié perdu dans ses rêveries (un endroit charmant où son meilleur ami n'avait passé chaque heure de la nuit à l'appeler en essayant de calmer ses angoisses pré-maritales).

« Le parking de l'église, du con. C'est du goudron ! Sonya peut courir si… »

Minho se tut à l'instant où Newt darda son regard meurtrier sur lui. Il n'était quand même pas sérieux là…

« Je vais prétendre que tu n'existes plus jusqu'à la fin de la cérémonie et attendre sagement que mon meilleur ami, celui qui n'est pas COMPLETEMENT névrosé, revienne, ok ? » Chuchota Newt en forçant un sourire mièvre à l'adresse d'invités qui entraient dans le monument en passant non loin d'eux.

« Ne me laisse pas ! » Geint Minho, accentuant volontairement le désespoir au fond de sa voix.

« Je songe sérieusement à écraser ma cigarette entre tes deux yeux, » lâcha simplement le blondinet, d'un ton neutre menaçant.

Minho eut un sourire en coin coupable. Arg, Newt détestait quand il faisait ça ! Enfin, il était content de retrouver son meilleur ami aka la onzième plaie d'Egypte, fourbe et taquin à souhait… mais là, avec son manque dépravé de sommeil (une nuit blanche entre autre), ses cernes qui faisaient ressortir ses yeux ambrés, et son paquet de clopes qui se finissait… c'était pas le moment de jouer avec ses nerfs.

Bon sang, Newt était aussi un badineur de première, jamais le dernier à chambrer, plaisanter… et en plus, contrairement à Minho qui pouvait être très arrogant quand il le voulait, sa bouille candide naturelle rendait souvent ses piques adorables. Mais ces jours-ci… Newt n'avait rien d'adorable ou d'attendrissant. Il n'était pas l'habituel garçon rieur et vif. Il était d'une humeur massacrante aussi dangereuse qu'un bulldozer en roue libre.

Son taff le rendait cinglé, son meilleur ami aussi, et il endurait parce qu'il n'allait pas penser à lui dans un moment pareil, certes, mais il s'en trouvait nerveux, irritable, beaucoup plus qu'à l'ordinaire. Jeudi, alors que Newt errait dans les couloirs de Wicked record, la boite de prod' pour laquelle il travaillait, complètement déphasé à cause de l'enterrement de vie de garçon qui s'était achevé une heure avant celle de son arrivée sur son lieu de travail, il avait été convoqué dans le bureau du grand patron.

Le grand blondinet était stagiaire là-bas depuis Septembre, soit deux mois. Aspirant à devenir agent, il était actuellement… torréfacteur de café, serveur de café, faiseur de photocopies (par blocs de 150 sinon c'était pas drôle), technicien son, bonne à tout faire des starlettes de la maison, agenda sur pattes de ses supérieurs (tout le monde dans la boite), écouteur de dizaines de bouses musicales qui débarquaient chaque jour ET apprenti agent. Des fois. Quand il avait le temps. Autant dire que son mémoire n'avançait pas et qu'il ne savait pas quand est-ce qu'il allait parvenir à pondre son compte-rendu de stage.

Il avait donc mis les pieds dans le grand bureau qui puait le luxe à des kilomètres et on lui avait dit : « bon, j'ai bien réfléchi Newt, tu as ton samedi de libre. » Là, autant dire que le garçon avait senti son sang se glacer dans ses veines. Il avait failli laisser échapper un « parce que c'était pas acquis ? » mais avait préféré se taire. Manquer le mariage de son meilleur ami ! POURQUOI PAS ! C'eut été cocasse.

« Tu fais vraiment du bon boulot ! » Avait enchainé le manager en sirotant le café que Newt venait de lui apporter.

Newt s'était retenu de grincer des dents.

« Donc à partir de lundi, on te confie un groupe. Quatre jeunes. C'est de la pop rock, un peu folk, un groupe à minettes. Le dossier est là, tu peux regarder. »

Le blondinet n'avait pas bougé d'un millimètre, le cerveau ralenti par la nuit sans sommeil et la nouvelle choquante. S'il imprimait bien, on était en train de lui coller la responsabilité d'un groupe dans les mains. Comme ça, là. De la cafetière au management d'un groupe.

« Vous voulez dire sous ma responsabilité ? » Avait-il articulé, leeeentement.

« Oui Newt ! Janson, ton maître de stage, il te filera un coup de main mais c'est toi qui gère. Ces quatre bons p'tits gars, très charmants… »

Et là, la deuxième nouvelle l'avait frappé de plein fouet. Un boys band. On lui collait, à lui, l'antithèse du mièvre, des inepties de l'amour et des jeunes filles en fleur, un putain de boys band.

« Bon, tiens, prend le dossier et sort d'ici ! T'as rendez-vous dans dix minutes en studio pour une prise de son. On se voit lundi soir pour faire le point, » avait brusquement lancé le manager.

Il lui avait poussé le dossier dans les mains et Newt était sorti sans même s'en rendre compte, trop hébété. Et en retard. A tel point qu'il avait rangé aussitôt la chemise pleine de papiers dans sa besace en cuir et qu'il avait filé au studio sans même regarder le nom du groupe.

-x-

Revenons donc au parvis de l'église, où Newt finissait sa dernière cigarette, passant une main nerveuse dans ses cheveux blond couleur de blé. Minho semblait au bord de la syncope, littéralement. Cette fois, pourtant, la vision attendrit Newt qui ne put s'empêcher de rajuster la cravate (bordeaux) son meilleur ami, avant de lui tapoter le torse. Ce dernier ne souriait plus, il n'avait plus l'air du tout confiant et il le remercia d'un geste bref de la tête. Newt le poussa vers les marches de l'église et lui indiqua qu'il le suivait avec un signe encourageant.

Soupirant, il regarda son meilleur ami battre en retraite courageusement. Il ne savait pas pourquoi Minho s'était lancé là-dedans. Aussi longtemps qu'il se souvienne, son pote avait été un coureur de jupon invétéré qui collectionnait les filles pendant que lui, le nerd, préférait passer des heures sur sa guitare ou son synthé, plutôt qu'avec un autre être humain. Evidemment, il avait eu des relations mais il était tellement peu versé dans le romantisme et dans les activités de couple (à savoir se faire chier la vie à attendre l'être aimé pour regarder le dernier épisode de sa série préférée quand on peut la regarder tranquille et spoiler à foison quiconque nous insupporte au taff…) qu'elles n'avaient jamais duré longtemps. Il aurait pu être du genre à coucher sans lendemain, alors, comme Minho, vu qu'il ne refusait pas la chair, mais… c'était pas non plus son style de faire ça sans arrêt et sans raisons. Alors ça restait plutôt rare.

De toute façon, ce qui était sûr, pour l'instant, c'était qu'avec sa vie professionnelle et sa vie sociale, il avait déjà du mal à toucher ses instruments plus de dix minutes, alors une relation ! Et pire, un mariage…

Newt se souvenait, un an, dix mois en arrière, quand Minho lui avait présenté Sonya. Cette fille, qui avait été dans la même fac de sport que Teresa et Minho, était ravissante, intelligente et elle pouvait faire taire Minho d'un claquement de doigts, certes. Une fille géniale. Mais de là, à vingt-trois ans, dire d'un coup : Newt, au fait, je vais me marier avec cette fille que je connais depuis un an seulement… Le garçon n'en était juste pas revenu. Il avait conseillé à son ami de bien réfléchir (voire d'annuler), parce qu'ils se connaissaient depuis trop peu de temps, qu'ils étaient trop jeunes, mais non. En examinant bien la situation il avait compris que Minho était raide dingue de cette fille.

Le garçon d'honneur tapota sa poche intérieure, dans laquelle se trouvaient les alliances et secoua la tête pour sortir de ses pensées. A cet instant très exact, une voix féminine, amusée, retentit dans son dos :

« Ouais, tu fais bien de vérifier ! »

« Teresa, » grinça Newt en se retournant.

Son amie, - parce que malgré qu'elle soit complètement givrée, ennuyante, folle et maniaque, elle était son amie -, lui souriait d'un air ravi (et narquois), dans une magnifique petite robe crème, cintrée par un nœud de velours bleu qui mettait ses jolis yeux en valeur. Il finit par lui sourire. Avec un vrai sourire, sincère bien que léger, les lèvres adorablement relevées en coin. Un sourire de Newt.

« Très classe comme ça, Nerdy, » fit-elle remarquer.

Le sourire devint une grimace. Newt roula des yeux à l'évocation de ce surnom vieux de leur époque collège. Il jeta ensuite un coup d'œil à son costume noir et son nœud papillon assorti et haussa les épaules. C'était vrai que la tenue mettait son corps fin et long en valeur et le vieillissait juste ce qu'il fallait. Mais Newt se sentait mal à l'aise, loin de ses jeans, ses bottines et ses pulls fins.

« Ouais, si tu le dis ! Bon, on y va ? Qu'on en finisse et que je puisse dormir. Quinze longues heures, au moins, » dit-il en lui indiquant l'escalier.

« Tu rigoles ? Je vais te traquer toute la journée et te faire danser touuuute la nuit, » se moqua-t-elle en l'accompagnant le long des marches.

Le temps qu'il ait fumé ses nombreuses cigarettes et divagué dans ses pensées, tout le monde était arrivé. Ne manquait que Sonya, qui entrerait dans l'église à onze précise. Il était moins dix, le garçon et la demoiselle d'honneur avaient intérêt à se dépêcher. Minho devait mourir d'angoisse à les attendre.

« Qui aurait cru qu'on marierait notre Min' le premier ? » souffla Teresa en jetant un regard pétillant de malice à l'intérieur.

Newt acquiesça.

« T'es la prochaine, » fit-il remarquer.

« Tu me supportes pas alors qu'on est amis depuis plus de dix ans. Je crois que je peux bosser un moment avant d'en trouver un qui me supportera assez pour m'épouser. »

En disant ça, elle avait l'air ravie d'elle-même et Newt se contenta de lui répondre par un rictus. Ensuite, il rajusta son nœud, offrit son bras comme un gentleman, avant de se moquer doucement :

« Ferme-là, sourit et fait semblant d'être intelligente pour une fois, c'est à nous. »

« Tu vas te retrouver avec un de mes escarpins coincés là où tu ne voudrais surtout pas l'y voir, » répliqua la jeune femme assez bas pour que seul lui l'entende.

Et alors qu'ils remontaient l'allée sous le regard des invités, Newt dû faire tous les efforts du monde pour ne pas se laisser déconcentrer par la main qui pinçait répétitivement son avant-bras. L'amour vache, c'était ça.

-x-

« Alors, j'étais comment ? » Demanda Teresa en se rasseyant, fébrile, à côté de Newt.

« Moins bien que moi, mais c'était touchant, promis, » souffla le blondinet en lui resservant du champagne.

Elle avait vidé sa coupe tout en portant son toast. Newt aussi. Faire son speech à l'attention de son meilleur ami, devant tout le monde, avait été plus éprouvant qu'il ne s'y était attendu. Bien sûr, il lui avait infligé l'incontournable honte cuisante, des moments d'émotions, soulignés par des blagues acides, et un gros câlin à la fin et il avait gardé son petit sourire en coin tranquille tout le long. Mais quand il avait vu la joie réelle sur le visage de son meilleur ami, la même que lorsqu'il avait dit « oui », il avait été légèrement bouleversé. Pas beaucoup, mais rien que l'idée que son estomac tressaute à cause d'une émotion ou d'un sentiment n'était pas familière au garçon.

L'après-midi avait défilé entre photos et félicitations, puis, après le vin d'honneur, tout le monde s'était retranché dans la salle magnifique louée pour la soirée plus privée. Il s'agissait d'une bâtisse dix-huitième, dans la banlieue proche de New-York, majestueuse, qui se dressait au milieu d'un parc. Le diner avait été somptueux, à l'image de cette journée parfaite aux yeux des mariés. Newt était secrètement soulagé et très heureux pour son ami. A présent, la soirée était bien avancée, les discours étaient finis et il était l'heure de la première danse.

« Je vais avoir besoin de finir cette bouteille, et de danser ! »

Newt ricana doucement alors que le couple se levait de leur table. Il les suivit du regard, tandis que Teresa persiflait de frustration, la bouteille déjà à la main :

« Je rêve, y'a pas un seul mec potable ! »

« Minho a deux cent cinquante cousins, Teresa, tu vas trouver quelque chose à te mettre sous la dent, » se moqua le blondinet.

« Beurk, t'es tellement immonde… »

Mais elle se tut et se tendit brusquement vers la piste, attrapant le garçon par la manche pour le secouer. Newt se dégagea aussitôt. Bon sang, il détestait qu'on s'accroche à ses vêtements ! Encore plus qu'on tire dessus !

« C'est qui ? » Demanda la jeune femme.

Newt fronça les sourcils et chercha ce qu'elle lui montrait des yeux. Trop occupé par les discours, il n'avait pas fait attention aux musiciens qui s'installaient. Ils étaient en train d'ajuster leurs instruments pour lancer la première chanson, choisie par les mariés et Newt ne pouvait voir que le bassiste de là. Un garçon un peu grassouillet, qu'il avait déjà rencontré, au sourire jovial.

« Bah… le groupe que j'ai engagé, » répondit-il comme si Teresa était trop stupide pour comprendre.

« Comment ils s'appellent ? Tu les as trouvé où ? » Poursuivit-elle, les yeux ronds couvant la scène.

Newt trouva sa réaction des plus étranges et marmonna :

« The Maze Runner, ils ont répondu à une annonce que j'ai posté via le blog de mon taff. Pas mauvais, mais tellement dégoulinants, si tu veux mon avis. Toutes les chansons parlent du destin tragique d'un garçon paumé qui court après j'sais pas quoi dans le labyrinthe de son cœur ou j'sais pas quelle putain d'idiotie et… »

Teresa ne l'écoutait plus. Elle le coupa même tout net alors que la voix du chanteur s'élevait pour accueillir les mariés et annoncer le titre de leur chanson :

« Faut que j'me fasse le chanteur, regarde-moi ça, il est trop… »

« Teresa, t'es sérieuse ? » Grogna Newt. « C'est moi qui suit immonde ? »

Mais elle dévorait littéralement des yeux le garçon en question et le blondinet se retint d'éclater de rire devant l'air carnassier de son amie. La musique commença à envahir la salle et Newt retourna au couple qui se mettait à danser lentement et amoureusement. Il essayait d'ignorer la brunette qui se tortillait à côté de lui pour mieux voir le chanteur dont la voix grave et suave emplissait l'air. Et Teresa ne s'en lassait visiblement pas puisqu'elle se comporta comme un groupie en chaleur jusqu'à la fin du morceau qu'elle ponctua d'un :

« Il est tellement sexy, faut que j'aille le… »

« Tu baves sur mon costard là, » finit par lâcher Newt, ennuyé à présent, plus qu'amusé. « C'est chiant. »

Mais elle ne l'écoutait pas, une fois de plus. Alors que la salle éclatait en applaudissements, elle le prit par le poignet et le tira avec une force si soudaine qu'il fut obligé de se lever. Bordel mais depuis quand il était trop frêle pour résister à Teresa ?

Depuis qu'elle a fait cinq ans en staps avec Minho pendant que tu écoutais de la musique, répondit une petite voix dans sa tête qu'il fit taire, agacé. De toute façon, c'était trop tard. La seconde danse commençait et Teresa venait de le mettre sur la piste. Elle répondit à son regard assassin par une moue supérieure et plaça une main dans la sienne, l'autre sur son épaule.

Newt détestait, détestait, danser comme un idiot. Devant tout le monde en plus. La valse. Bordel. Il allait tellement tuer Teresa pour ça. Tellement la découper en petits morceaux et la faire frire dans une poêle. Tellement la noyer dans un bain d'acide avec du…

« … aller l'attendre sans culotte dans leur loge. »

QUOI ? Newt se reconnecta avec le monde réel quand il entendit ce bout de phrase sortir de la bouche obscène de Teresa. Il oublia d'être énervé pour la regarder avec de grands yeux écarquillés. Elle lui offrit un sourire satisfait.

« Je suis sûre qu'il est très doué de ses mains, » ajouta-t-elle en approchant son visage de l'oreille de Newt.

« Est-ce que tu peux garder ton imagination débordante pour toi ? » Fit le blondinet avec une grimace.

Il n'en revenait pas. Cela dit, il avait enfin l'occasion de voir les membres du groupe qu'il avait engagé. Etant donné qu'il n'était plus occupé à dépecer mentalement sa partenaire. Lorsqu'ils tournèrent encore, son regard tomba finalement sur le chanteur. Newt fut presque choqué de découvrir un garçon qui devait avoir son âge, tout au plus. Surement de la même taille que lui, bien que, indéniablement, il soit plus musclé. Il avait des cheveux bruns plutôt courts, ébouriffés et un visage aux traits étonnamment doux. En revanche, il était incapable de savoir de quelle couleur étaient ses yeux puisqu'il les gardait fermés, visiblement concentré par la…

« Tu baves sur mon costard, là, » imita soudainement la voix nasillarde de Teresa, quelque part dans son espace vital.

« Oh la ferme, » asséna Newt en la faisant pivoter brusquement.

Teresa se mit à glousser et lui planta ses ongles dans l'épaule avec un clin d'œil. Ce qu'elle pouvait être infernale.

-x-

Il était peut-être une heure du matin lorsque Newt sortit fumer une cigarette gracieusement offerte par Teresa. Tu parles, avec ce qu'elle avait été chiante toute la soirée, elle lui devait bien ça.

Le blondinet, les joues rouges à cause de la chaleur ambiante et de l'alcool, frissonna en descendant le perron de la grande bâtisse. Il traversa la petite allée de graviers et rejoint la pente herbeuse douce qui débutait le grand jardin. Là, il s'arrêta et s'étira un moment. Newt était éreinté. Il rêvait tellement d'un bon lit et de quelques heures de sommeil…

Il s'était débarrassé de sa veste de costume et avait remonté les manches de sa chemise au-dessus de ses coudes. Il avait été tenté de se débarrasser de son nœud aussi mais Sonya n'arrêtait pas de tirer dessus en lui disant que ça lui donnait un air sérieux trop craquant (elle était passablement bourrée depuis deux heures) et le blondinet n'avait pas eu le cœur de lui enlever son jouet. C'était censé être le plus beau jour de sa vie, comme le lui avait fait remarquer Minho avec de gros yeux quand Newt avait voulu l'enlever.

A ce souvenir, les épaules du garçon se secouèrent en un petit rire. Qu'est-ce qu'il ne ferait pas pour son meilleur ami…

Soupirant d'aise, il porta finalement la cigarette à sa bouche et tira machinalement la poche de sa…

« Merde, ma veste, » marmonna-t-il tout seul en se rendant compte qu'il avait forcément laissé son briquet à l'intérieur.

Résigné à l'avance, il fouilla les poches de son pantalon plusieurs fois (sans doute aidé par l'alcool) mais il ne trouva jamais le précieux objet et finit par jurer entre ses dents. Il était mort de fatigue, tout ce qu'il voulait s'était se détendre en fumant une clope et il allait falloir qu'il retourne traverser le chaos qui régnait dans la salle de fête.

« Briquet ? » Fit alors une voix dans son dos.

Toujours probablement aidé par les nombreuses flutes de champagne qu'il avait bu, le garçon fit un bond phénoménal. Qui était l'enfoiré qui osait le faire flipper de la sorte ?

« Non, Newt, » répondit-il d'un ton sarcastique en se retournant pour faire face à son agresseur.

Agresseur qui se mit à rire, la main tendue. Newt allait le fusiller du regard lorsqu'il reconnut le chanteur du groupe. Chanteur qui lui tendait un briquet. Newt constata qu'il était un peu plus petit que lui, mais plus étoffé. Encore un peu vexé d'avoir sursauté de la sorte, il récupéra le briquet avec un regard courroucé et alluma sa cigarette sans un mot. Quand il le lui rendit, le garçon sourit et le rangea tranquillement. Comme Newt boudait toujours, il finit par lui lancer nonchalamment un :

« De rien. »

Toujours rien. Newt tira une nouvelle fois sur la cigarette.

« Je m'appelle Thomas, » ajouta le garçon. « Je suis le chanteur des Maze… »

« Runner. Je sais, » coupa hâtivement le blondinet. « C'est moi qui vous ai engagé. »

Il avait dit ça d'un ton tranquille, légèrement orgueilleux, comme s'il venait de révéler le plus grand secret de l'univers.

« Oh, » fit le garçon en ouvrant de grands yeux.

De grands yeux bruns. Avec de longs cils noirs et courbés.

« C'est à toi que Chuck a eu affaire ? J'avais peur qu'il foute tout en l'air mais j'avais un rendez-vous, je ne pouvais pas venir moi-même pour… »

Un bâillement déchirant échappa brusquement à Newt, bien malgré lui et crevant l'atmosphère. Le brun se tût aussitôt et haussa un sourcil dubitatif. Le blondinet aurait franchement pu s'excuser mais il était tellement épuisé, éméché et désireux de fumer sa cigarette en paix qu'il n'eut même pas la décence de se composer un sourire désolé. De toute façon, il n'écoutait pas ce que disait ce Thomas parce qu'il scrutait ses yeux avec intérêt. Mais comme son regard était rendu vitreux par l'alcool, on aurait simplement dit qu'il posait sur le garçon un regard flegmatique, voire totalement ennuyé.

Sociabilité, zéro. Crédibilité, moins douze.

Thomas parut légèrement offensé. Newt repensa à la démo du groupe qu'il avait entendue. Comme il avait trouvé la voix du garçon belle et la mélodie jolie, mais comme il avait trouvé les paroles creuses et sans intérêt.

« Je vais retourner à l'intérieur, » déclara finalement le brun.

« La démo que j'ai écouté, ce sont des compositions originales ? » Interrogea brusquement Newt.

« Euh… ouais, » répondit Thomas.

Visiblement il était partagé entre la satisfaction qu'on s'intéresse à son travail et la perplexité devant l'étrange comportement du blondinet. Newt continua de l'observer un moment et Thomas passa une main dans ses cheveux bruns. La voix de Teresa résonna aux oreilles de Newt, subitement. Le blondinet secoua la tête, agacé.

« C'était pas trop mal. Mais sérieux, tu devrais oublier toute cette histoire d'histoire d'amour torturée. Y'en a déjà trop sur le marché, c'est pas vraiment original et certainement pas attractif. »

Newt ne savait pas pourquoi il avait sorti ça comme ça. Il n'était jamais méchant, d'habitude. Il n'était même pas sûr d'avoir voulu l'être, là, avec ce type qui avait juste voulu être sympas avec lui… mais il voulait tellement être seul. Il voulait dormir, oublier le stress de son travail et ce garçon lui rappelait sa tâche du lundi, les nerfs craqués pendant la préparation du mariage. Et surtout, il voulait fumer sa putain de cigarette, se détendre et décuver…

Devant-lui, le garçon s'était décomposé, pour finalement lui jeter un regard franchement énervé cette fois. Newt n'avait même pas la force de rattraper le coup. De toute façon, il était naze en relations humaines, et ce soir, en ce moment, c'était pire que tout.

« Merci du conseil, trop aimable, » répondit froidement le brun, finalement en fourrant ses mains dans ses poches. « Je saurai m'en souvenir si je me retrouve sur le marché, » ajouta-t-il.

Là-dessus, il tourna les talons et s'enfuit d'un pas raide vers la fête.

Newt le regarda faire avant de laisser échapper un marmonnement sourd. Puis il porta la cigarette à sa bouche et constata qu'elle était éteinte.

« Putain ! » Souffla-t-il misérablement.

Il était temps qu'il se pose dans un coin.

-x-

Il ne se posa pas immédiatement, en tout cas. Après cet incident désastreux, il avait bien dû se résigner à regagner le mariage. Minho, Sonya, Teresa et d'autres amis lui avaient sauté dessus pour l'entrainer dans des danses stupides et des jeux alcoolisés pendant des heures.

Newt avait tenté de protester, de se poser sur une chaise pour y mourir tranquille mais évidemment, c'était peine perdue et il avait passé des heures à leur dire qu'il avait tellement de travail le lendemain qu'il allait mourir et se faire tuer par son patron le lundi. A la fin de la nuit, il ne sentait plus son corps. Sa jambe lui faisait un mal de chien. Il était complètement ivre et bêtement euphorique. Il avait même étreint Minho pendant de longues minutes en le félicitant, et il avait oublié ses soucis. Teresa l'avait mis dans un taxi alors que le soleil s'était déjà levé depuis un moment (ils avaient regardé le soleil se lever en petit comité depuis le fond du parc au milieu de bouteilles de champagne et de vodka parce qu'après tout, c'était ce qu'on faisait à vingt-trois ans en fin de soirée). Il avait vaguement conscience qu'elle l'avait embrassé sur le front avant de donner son adresse à New-York au chauffeur.

Ensuite, il avait probablement dormi toute l'heure de trajet et s'était réveillé complètement vaseux lorsque le taxi s'était arrêté devant son immeuble de Little Italy, au cœur de Manhattan. Newt s'était trainé jusqu'à son petit appartement sous les toits et c'était comme ça qu'il avait finalement pu se poser.

Epuisé, après avoir largué ses affaires dans l'entrée, Newt se dirigea vers le salon/chambre et se laissa tomber sur son lit défait. Il n'avait qu'une idée en tête. Dormir. Peu importe l'heure qu'il était, et ce, jusqu'au lundi matin. Malheureusement pour lui, il s'affala sur un objet dur. Le blondinet poussa un grognement en sortant l'objet de son infortune de sous sa couette et identifia sa besace. Nouveau grognement. Elle lui rappelait le travail, soudainement. Et, plus encore, le fait que lundi était un jour particulier !

Parfaitement réveillé, brutalement, le garçon se redressa dans son lit et ouvrit le sac. Il avait oublié cette histoire de nouveau groupe et son patron n'allait surement pas apprécier qu'il se pointe lundi matin en accueillant leurs nouveaux clients par un « bonjour, je suis votre nouvel agent, enchanté, vous pouvez m'appeler Newt et moi je vais vous appeler Boys band numéro 6512, parce que je n'ai toujours pas la moindre idée de qui vous êtes et ce que vous faites ! » Pour une première, ça n'allait pas le faire. C'était le genre de conneries qu'il pourrait se permettre après trente ans de carrière et trop de cocaïne dans le nez, songea-t-il avec un rictus narquois.

Tendu, le garçon mit enfin les mains sur le dossier et le sortit tout en défaisant les boutons de sa chemise. Il l'ouvrit à la va-vite, fit passer le vêtement par-dessus sa tête, agacé par le temps que cela prenait et… se figea net.

Ses yeux mordorés s'écarquillèrent de stupeur alors qu'il se demandait si la vodka qu'il avait bue avec Teresa n'était pas périmée (si c'était probable). Ahuri, le jeune homme retourna le dossier dans ses mains plusieurs fois puis se rendit à l'évidence. Alcool ou pas, sous ses yeux s'étalait le dossier d'un groupe et d'un seul. « The Maze Runner ».

x

Je suis troooop excitée de savoir ce que vous en pensez!

Promis, dès le prochain chapitre (que j'ai peut être déjà écrit *siffle*) vous verrez beaucoup de Thomas et oui, vous saurez comment ça va se passer entre les deux garçons après ce fâcheux incident.

Ne détestez pas Newt, il était juste exténué haha

A très très vite (comptez environ une semaine?), j'espère vous voir bientôt ! :)

Robin, no hood.