Hello there!

Comment vous dire merci?

Il n'y a pas de mots pour décrire mon émerveillement devant l'accueil que vous avez réservé au prologue et au chapitre 1 de cette fiction... Vous êtes déjà plusieurs à la suivre et vos reviews étaient adorables, encourageantes et juste tellement jolies que même Newt aurait craqué !

En effet, j'avoue que c'est une entrée en matière un peu originale et non, les deux garçons ne partent pas en excellents termes mais que voulez-vous... je me suis dit que les faire conclure dans un bosquet le soir même du mariage allait rendre cette fiction tellement plus courte et moins intéressante ! Ici, vous allez voir pas mal de houle avant que Thomas et Newt se rapprochent dans le sens que vous attendez probablement! J'espère que je saurai vous tenir en haleine !

En tout cas, vous l'attendiez, Thomas est là !

J'espère que ce chapitre vous surprendra à nouveau ! *-*

Bonne lecture !!

x

Newt était dans un état lamentable. Debout devant le miroir mural de sa salle de bain, sa brosse à dent suspendue dans le vide, il observait d'un œil morne ses hanches. Son boxer noir dépassait de son treillis beige parce que ce dernier pendait carrément sur ses hanches, laissant deviner ses os. Le garçon n'était peut-être pas maigre, mais tout de même trop mince et le stress occasionné par son taff n'arrangeait rien. Son regard remonta le long de son ventre plat puis de son torse imberbe, jusqu'à son menton pointu que ses cheveux blonds dorés commençaient à taquiner. Depuis quand n'était-il pas allé chez le coiffeur ? Bon sang…

Le blondinet recracha son dentifrice dans le lavabo et frotta ses yeux ambrés avant d'enfiler un tee-shirt à col en v blanc. Les os de ses clavicules ressortaient terriblement. Sa mère allait le tuer la prochaine fois qu'elle le verrait, c'était sûr. Raison de plus pour ne surtout pas booker un vol pour Londres dans son agenda.

Tel un zombie, il s'échappa de la minuscule mais propre salle de bain dont le seul avantage résidait dans la douche italienne en mosaïque ocrée, et attrapa une veste en tissu grise et un foulard bleuté qu'il enroula rapidement autour de son cou fin. Il avait encore trop peu dormi.

Sa journée du dimanche avait été bousillée littéralement par les litres de café qu'il avait dû boire pour rester éveillé et étudier son dossier. Ben, Chuck, Winston et Thomas. Les Maze Runner… Il avait toutes leurs chansons coincées dans la tête, les quatre morceaux de leur EP, imprimées dans son cortex à vie. Et heureusement qu'Alby était passé le distraire en fin de journée avec des plats chinois et le DVD des Avengers, sinon il aurait explosé.

Alby avait suivi la même école artistique que lui et prit la même option management. En quatre ans, c'était vite devenu le second Minho de la vie de Newt sauf qu'il avait eu plus de chance que lui. Il avait débarqué chez Wicked Record parce qu'il connaissait du monde et il était déjà embauché comme régisseur, sûr de grimper rapidement les échelons. Tout ce qu'il avait pu faire pour Newt avait été de laisser trainer son CV sur le bureau de Janson pour tenter de le faire embaucher et le blondinet lui en était déjà très reconnaissant.

Il lui avait raconté l'épisode du désastre et sa découverte et le garçon avait passé une heure à le rassurer, après avoir promis qu'il n'en dirait pas un mot à qui que ce soit.

Le week-end ne s'était donc pas fini dans les larmes de sang et, après un nombre incalculable de nuits blanches ou avortées, Newt avait réussi à dormir huit heures d'un coup. Son corps en avait été tellement surpris qu'il avait manifesté sa joie en protestant à coup de courbatures douloureuses. Le petit batard.

Mais voilà, maintenant, lundi matin, huit heures, Newt allait devoir rejoindre son taff et assumer ses premières lourdes responsabilités. Et ça promettait de commencer divinement bien puisqu'il s'était introduit au leader du groupe en lui disant combien ses chansons étaient insipides et nulles à ch… bref. Les mains crispées sur la sangle de sa besace, le jeune homme déguindé comptait les arrêts de métro qui le séparaient de WR avec appréhension.

-x-

« Woua, Newt, qu'est-ce qu'il t'est arrivé ? » Laissa échapper Brenda, l'assistante de Janson, en le voyant franchir les portes de verre du batiment.

Une bombe qui avait de quoi rendre Teresa jalouse avec ses cheveux sombres relevés en queue haute et soyeuse. Un tailleur dont elle faisait volontairement déborder le décolleté dès qu'elle rejoignait Janson. Et des escarpins. Chers. Hauts. Qui claquaient sur le granit du hall. Avec lesquels elle n'avait pas peur de courir dans la boue ou le gravier. Elle était gentille mais trop maternelle envers Newt, et, paradoxalement, carrément vulgaire. Newt préférait les filles comme Teresa ou Sonya, sportives, qui aimaient s'habiller comme des princesses une fois par an et qui trainaient en vêtements loose tout le reste de l'année.

« Comment ça ? » Répondit le blondinet d'un ton flegmatique en la suivant vers les ascenseurs.

« On dirait que t'as pas dormi depuis des semaines, » fit la jeune femme, concernée.

« C'est marrant que tu dises ça, je viens de passer ma plus longue nuit de sommeil de ces deux dernières semaines, » grogna-t-il.

Cool, la journée démarrait vraiment bien. L'appareil de métal les avala et Newt appuya machinalement sur le bouton du septième étage avant de se tourner vers Brenda pour l'interroger du regard.

« Mais non, Newt, on va directement au huitième en salle de réu', et je viens avec toi. Je suis un peu ton assistante tant que tu es sur la mission, » lui expliqua-t-elle.

Elle eut alors le fameux tic consistant à rajuster son chemisier blanc pour laisser apparaître la dentelle de son soutien-gorge noir. Newt eut envie de l'étrangler. Il prit tout de même sur lui parce qu'il n'était pas correct, ni légal, d'assassiner un collègue à huit heures et quart du matin. Ni à vingt heures, cela dit, quand la journée avait été longue, harassante, pénible et…

« J'ai hâte de découvrir ce nouveau groupe ! Il parait qu'on tient la nouvelle mine d'or des boys bands ! » Gloussa la jeune femme.

Newt reconsidéra l'idée de passer quelques années en taule, avant de s'astreindre au calme une fois de plus et répondre :

« C'est ça ! Toutes les filles vont en être folles, » dit-il en appuyant sur le dernier mot.

« A condition que tu fasses bien ton travail mais… je ne doute pas une seconde de toi (clin d'œil), ils savent que tu sauras traiter ce dossier avec beaucoup de professionnalisme! »

Ce fut plus fort que lui, Newt ne put retenir un éclat de rire nerveux à l'évocation du terme professionalisme, que Brenda prit surement pour de l'enthousiasme puisqu'elle lui ébouriffa les cheveux avant de lancer avec fierté :

« Je suis l'assistante du jeune agent le plus craquant et le plus prometteur de touuuute la boite ! »

Bordel… Mais quelle idée terrifiante, songea Newt alors les portes de l'ascenseur s'ouvraient.

« Est-ce que je vous apporte un café, monsieur l'agent ? » Interrogea la brunette avec un clin d'œil appuyé.

Bordel… mais quelle idée génialissime.

-x-

Newt savourait son café avec un plaisir intense. Un café qu'il n'avait pas préparé pour quelqu'un d'autre. Assis sur une table, ses longues jambes se balançant dans le vide, il relisait les derniers détails du contrat qu'il allait faire signer au nouveau groupe. Il était indéniablement nerveux, se demandant notamment si Thomas avait raconté leur entrevue de l'avant veille aux autres membres du groupe. Pire, s'ils allaient accepter de travailler avec lui en découvrant que c'était lui qui allait leur servir d'agent. Sa carrière serait tuée dans l'œuf si un groupe réclamait de changer d'agent alors qu'il n'était encore qu'un simple stagiaire. Il avait soudain peur. Tout aurait été plus simple s'il savait jouer les gros hypocrites comme Teresa. Mais non, quand quelque chose l'emmerdait, ou ne lui plaisait pas, il fallait qu'il le dise.

Il était neuf heures à présent et Brenda était revenue apporter les derniers éléments nécessaires pour cette première prise de contact en faisant tomber trois fois par hasard, des stylos, feuilles, puis serviette en papier, aux pieds de Newt en se baissant à CHAQUE FOIS subjectivement pour les ramasser. Newt avait envie de lui dire qu'elle n'avait pas besoin de se comporter en secrétaire vulgaire comme elle le faisait avec Janson et qu'il était juste content qu'elle lui apporte un café sans avoir à lui mettre la main aux fesses pour la remercier. Mais il partait déjà de travers avec le groupe, il n'allait pas AUSSI partir de travers avec sa nouvelle assistante.

« Ils sont arrivés, je descends les chercher. Tu as tout ce que tu veux, boss ? » minauda la brune.

Newt contint un soupir et acquiesça. Il lui avait interdit de le vouvoyer subitement, il avait deux ans de moins qu'elle, mais elle prenait un plaisir étrange à le surnommer boss. Soit. De toute façon, il n'avait plus le temps d'être agité à cause de Brenda. D'un instant, the Maze Runner allait sortir de l'ascenseur de l'autre côté de la porte et Newt allait être viré.

Histoire de faire un peu plus pro, le garçon descendit de la table et regretta soudain de s'être habillé comme un ado en fac et pas comme un business man. Dans son pantalon un peu trop large et son tee-shirt, il avait vraiment l'air de l'adolescent qui a grandi trop vite. Il remit donc sa veste et son foulard, plus pour calmer ses nerfs qu'autre chose et attendit en promenant son regard sur la rue. Le mur du fond n'était qu'une immense baie vitrée.

Deux coups secs retentirent dans son dos, la porte s'ouvrit et Brenda, guillerette laissa entendre un « Boss ? Ils sont là. » alors que Newt se retournait. Il aurait voulu que son cœur batte moins vite et que l'appréhension ne lui ravage pas l'estomac mais c'était sans doute trop demander.

Quand le jeune bassiste apparut derrière Brenda, Newt était certain qu'il n'avait jamais eu un sourire aussi forcé de toute sa vie.

-x-

Chuck avait dix-huit ans, c'était le petit frère de Thomas et le plus jeune du groupe, et il représentait le côté cool de la bande avec ses quelques kilos en trop, son sourire éclatant enfantin et ses boucles châtain. Ben, qui entra ensuite, le guitariste, allait parfaitement avec le rôle du don juan. Grand, blond, à l'allure athlétique et au sourire Colgate, c'était lui qui allait faire hurler le plus de filles. Winston, le batteur qui venait ensuite, était un autre stéréotype. Il n'avait pas forcément un physique gracieux, et cachait sa timidité derrière ses baguettes. Il allait être l'élément attendrissant.

Newt savait qui allait entrer dans la pièce, à présent et il ne put s'empêcher de retenir sa respiration. L'élément mystérieux allait entrer. Le brun, ténébreux, à la voix suave et à la poésie torturée, qui allait toutes les faire fondre dans des soupirs d'extase.

Thomas, qui se glissa finalement dans la pièce et qui trouva sa place entre son frère et Brenda. Et qui se figea si brutalement à la vue de Newt que le blondinet en aurait presque eu mal pour lui. On y était, le moment où tout s'arrêtait pour Newt. Newt, incapable du moindre mouvement, qui attendait que le glas sonne, complètement crispé devant les yeux de Thomas qui, après s'être grand ouverts, venaient de se plisser.

« Les garçons, je vous présente monsieur… »

« Newt, appelez-moi Newt, » coupa le blondinet avant que Brenda ne prenne une initiative malencontreuse.

Il détestait qu'on l'appelle par son prénom complet. Tout le monde l'appelait Newt depuis qu'il avait cinq ans, et même ses propres parents s'étaient faits au surnom.

Décidant qu'il était temps de faire quelque chose, et comme Thomas ne lui fonçait pas dessus pour lui mettre un coup de poing, le blondinet finit par bouger pour aller serrer les mains des garçons. D'abord Ben, puis Winston, puis Chuck, et leurs sourires semblaient indiquer qu'ils ne le détestaient pas mortellement. Chuck lui démontra même avec un enthousiasme jubilatoire qu'il le reconnaissait, avant de se tourner vers Ben et Winston, surement pour parler du mec qui les avait engagés pour le mariage. Peut-être que Thomas n'avait pas eu le temps de raconter quoi que ce soit.

De toute façon, vu la tête du chanteur, c'était une surprise pour lui aussi. Et peu agréable puisqu'il offrit à Newt la poignée de main la plus courte et la moins chaleureuse de l'univers. Mérité.

« C'est moi qui sera votre agent, si vous signez, bien sûr, » expliqua Newt en tentant une plaisanterie.

Du coin de l'œil, il vit clairement l'air de Thomas se décomposer. Ce dernier devait encore croire à la possibilité d'une coïncidence. Que Newt n'était pas le jeune agent qui les signait et qui allait donc s'occuper de leurs enregistrements, dates de concert, interviews, apparitions publiques, dîners, passages aux chiottes. De leur vie entière quoi.

Si, mec ! Et crois-moi, je n'en suis pas plus ravi que toi, aurait voulu lui dire Newt lorsqu'il recroisa le regard chocolat. Il se souvint aussitôt de l'air profondément offensé du garçon sur la pelouse, l'autre nuit.

Heureusement, Chuck (qui visiblement ne pouvait s'arrêter de parler d'excitation) l'arracha de là en remettant sur le tapis cette « coïncidence dingue » ! (Newt avait déjà entendu le garçon prononcer ces deux mots plus de cinq fois en deux minutes). Il lui décocha un sourire le plus sincère possible et chercha la Teresa mal honnête qui était en lui pour prononcer ces quelques mots :

« Ouais, c'est fou le hasard ! Vous avez vraiment mis le feu à cette soirée en tout cas ! Mes amis étaient comblés… »

Le bruit étrange qui s'échappa soudain des lèvres de Thomas l'arrêta net, alors que tout le monde se tournait vers lui. Le brun haussait déjà les épaules avec un air d'excuse pour ses trois potes. Mais Newt n'était pas dupe. C'était une exclamation de dédain étranglée qui avait échappée au chanteur. Il le savait. Il était même parfaitement placé pour le savoir parce qu'il était le pro pour ce genre de réactions.

« Nous sommes ravis d'avoir apporté un peu de bonheur aux heureux élus, » répondit finalement Thomas avec un sourire poli.

Trop poli. En fait, Newt avait l'impression de s'être pris un petit vent glacial dans la gueule. Personne d'autre ne l'avait ressenti cela-dit, mais vu le regard appuyé du brun, Newt ne se trompait pas. Et ça allait vite le gonfler. Ok, il avait vraiment été le mec le plus maladroit de la terre mais monsieur la diva-même-pas-encore-diva n'avait pas intérêt à le chercher trop longtemps. Newt se connaissait trop bien pour savoir qu'il ne pourrait pas faire sa Teresa trop longtemps.

« Oui et bien… de toute façon, si vous signez chez Wicked Record, c'est fini pour vous les petits mariages de deux cent invités, » plaisanta à nouveau Newt en invitant les garçons à s'installer autour de la table ovale. « Brenda, est-ce qu'on pourrait… »

« Cafés, j'y cours boss ! » S'exclama aussitôt l'assistante qui, visiblement, n'attendait QUE ça.

Newt se rendit compte alors que si son faux sourire continuait à lui crisper les lèvres de la sorte, il allait souffrir d'une courbature supplémentaire. Et une qu'il ne connaissait pas.

-x-

Les premières minutes n'avaient pas vraiment eu l'occasion d'être étranges. Newt avait été trop occupé à distribuer les exemplaires du contrat aux garçons et leur expliquer les clauses (au moins trois albums sur une période de cinq ans), les tournées prévues, son propre rôle vis-à-vis d'eux. Ce qui les attendait et, très vite, les premières questions enjouées et angoissées avaient fusé. Ben, le plus vieux d'entre eux, n'avait que vingt-trois ans après tout et aucun ne connaissait l'industrie musicale, ni n'était célèbre. Alors ils avaient peut-être une petite fanbase sur YouTube de trois ou quatre mille abonnés mais c'était le bout du monde.

Chuck finissait même le lycée, il avait redoublé son année après avoir échoué en économie. Winston était technicien informatique dans une minuscule boite. Ben était étudiant en musicologie à la fac et Thomas s'occupait d'élever Chuck pour aider leur mère, tout en conciliant ses études de littérature et son job de plongeur dans un restaurant. Newt trouvait la vie des deux frères carrément injuste. Enfin, jusqu'à cette signature de contrat.

« Mais alors on va enregistrer nos huit derniers morceaux ce mois-ci ? » S'enquit Chuck, visiblement époustouflé. « On a mis deux ans à pouvoir faire notre EP ! »

Newt ne put s'empêcher de trouver le gamin sympathique. Il avait beau avoir dix-huit ans, il avait l'air d'en avoir douze. Un matin de Noël.

« Disons que vous allez avoir d'autres moyens, désormais. Et oui, c'est ce qui est prévu pour novembre. L'idéal serait que l'album sorte en février après une petite tournée promotionnelle en décembre et… »

« DEJA ? » S'exclamèrent comme un seul homme Chuck, Winston et Ben.

Newt acquiesça, tout en notant le silence de Thomas et le sentiment de malaise revint lui taquiner la nuque. Ils n'avaient pas encore signé. A tout moment, le garçon pouvait se lever et s'en aller. Et crasher la vie professionnelle de Newt.

Brenda réapparut à cet instant avec un plateau et cinq cafés brûlants. Newt fut content d'avoir un peu de distraction. Jusqu'au moment où l'assistante mit son décolleté sous le nez du chanteur, en posant délibérément le plateau à bout de bras, dévoilant plus que juste un petit bout de dentelle. Oh mon… non, c'était pas sérieusement en train d'arriver ?

« Est-ce que vous voulez du sucre ? » Interrogea Brenda en couvant des yeux le brun, de sa petite voix de…

Garce… non, Newt ne pouvait pas insulter mentalement tous ses collègues. Mais là, il revoyait soudain Teresa baver sur son costume en planifiant d'attendre le chanteur dans un coin sombre et sans ses sous-vêtements. Et ça le faisait fulminer.

« Merci Brenda, ça va aller comme ça, » fit le blondinet d'un ton un peu brusque.

« Pas de problème, boss. Appelez-moi s'il faut quoi que ce soit, » répondit-elle en se relevant.

C'était pas humainement possible de se cambrer comme ça, remarqua aussitôt Newt en écarquillant les yeux. Puis Brenda fit un clin d'œil obscène à Thomas et Newt dû se concentrer pour ne pas laisser sa mâchoire tomber dans sa putain de tasse de café. Thomas n'avait pas bougé, ni rougit. Il n'avait juste pas l'air extrêmement enjoué. Il répondit par un sourire poli et bref et retourna aussitôt à la lecture du contrat. Chuck, lui, fixait la porte par laquelle Brenda venait de disparaitre avec des étoiles dans les yeux. Parfait.

Newt finit par s'éclaircir la gorge et se retourner vers le groupe avec un air affligé mal dissimulé.

« C'est votre assistante ? » Ne put finalement pas s'empêcher de demander Ben, légèrement rêveur.

« Si on doit bosser ensemble, je préfère que vous me tutoyiez. Je crois même que tu es un peu plus vieux que moi, Ben, » énonça Newt qui refusait catégoriquement de parler de ce qui venait de se passer.

« C'est vrai ça. T'as quel âge, Newt ? »

La voix de Thomas avait percé l'air et le blondinet ne pouvait s'empêcher d'imaginer que la question se voulait légèrement provocante. (Complètement ouais ! Pour qui il se prenait ce petit…) mais le visage de Thomas n'exprimait aucune animosité. Newt voulait même bien aller jusqu'à se dire qu'il avait simplement l'air amusé. Pourtant, le haussement de sourcil de Winston pour son chanteur prouva au jeune agent qu'il n'avait pas fabulé sur l'accent froid que Thomas avait mis sur son prénom.

Rester calme, ne pas tout foutre en l'air.

« Je fête mes vingt-trois ans le cinq décembre, c'est dans un mois pile, si ça vous intéresse de me faire un cadeau, » répliqua Newt en essayant de transformer son rictus en un sourire simplement taquin. « Je déteste le chocolat, » ajouta-t-il un peu plus chaleureusement.

Heureusement, les trois musiciens ne semblaient pas avoir noté la pointe désagréable au fond de sa voix. Thomas, lui, se contentait de le fixer sans le lâcher des yeux un seul instant. Indéchiffrable.

Au bout de quelques secondes, Newt faillit se lever pour récupérer son sac et aller poser sa lettre de démission. Au point où il en était... Puis le visage du brun se fendit du premier sourire éclatant et sincère depuis qu'il avait franchi les portes de la pièce et Newt sentit son corps tout entier se relaxer de soulagement.

« Parfait ! Est-ce qu'on pourrait avoir des stylos pour signer ces contrats ? » S'exclama le chanteur, approuvé par les autres. « Quelqu'un pourrait peut-être appeler l'assistante. »

Et Newt se raidit à nouveau, ses dents grinçant dangereusement.

-x-

Le blondinet n'en revenait pas. Il était en train de longer le couloir, le contrat signé par les quatre garçons en main, un air ahuri sur le visage. Il s'était débrouillé pour trouver des stylos sans Brenda et, après une dernière formalité, il avait dû de toute façon laisser le groupe aux mains de l'assistante, le temps qu'il aille rapporter sa victoire personnelle à Janson. Thomas n'avait plus fait le moindre commentaire et semblait considérer que le grief allait rester entre eux, et Newt ne savait pas si c'était tant mieux mais c'était déjà un soulagement. Il n'allait pas perdre son job et son investissement dans son stage.

Quand il frappa à la porte de Janson, il ne pouvait empêcher son petit sourire en coin victorieux et quand on l'invita à entrer, il eut du mal à ne pas entamer une danse du feu. Le manager haussa un sourcil et quand il l'aperçut, il s'enfonça dans son siège, croisant les bras sur son costume blanc impeccable.

« Que me vaut la visite matinale Newt ? »

En réponse, le jeune homme claqua la feuille sur la surface lisse du bureau et montra les dents dans son plus beau sourire. Janson l'observa avec amusement pendant une seconde avant d'attraper le contrat et de se mettre à le parcourir en produisant quelques bruits pensifs. Newt resta planté devant le bureau, attendant difficilement une réaction qui ne venait pas.

Jusqu'à ce que, enfin, le manager repose le contrat et se penche pour attraper quelque chose derrière son bureau que le blondinet ne pouvait voir.

« Tu as quelque chose contre le champagne à dix heures du matin ? » Interrogea sérieusement Janson.

Et Newt faillit lui répondre qu'il n'y avait jamais de problèmes quand il s'agissait de champagne. Au lieu de ça, il attrapa la bouteille que lui tendait son supérieur et le suivit jusqu'à la salle de réunion où il avait abandonné les Maze Runner. Il se sentait tellement heureux et soulagé… Enfin, ses efforts acharnés payaient. Janson fut le premier à entrer dans la pièce, en félicitant automatiquement les quatre musiciens et brandissant sa bouteille.

Newt nota la claque qu'il mit sur les fesses de Brenda en lui demandant d'aller chercher des verres et se retint de tout commentaire. La jeune femme disparut en gloussant et le blondinet se joignit aux festivités. Janson était déjà en train de leur en mettre plein la vue avec des promesses de gloire, de musique, de voyage et d'argent. Il ne put s'empêcher de noter que les garçons avaient trouvé plus d'intérêt à l'idée de faire leur propre musique qu'à gagner de l'argent et en fut plutôt content.

Brenda revint rapidement avec des flutes sur un plateau. Janson lui indiqua un rendez-vous dans son bureau pour plus tard, elle gloussa –encore- et disparut pour de bon. Ensuite, les deux bouchons sautèrent et tout le monde fut pourvu en champagne. Excellent d'ailleurs. Chuck fondit presque aussitôt sur Newt pour parler d'un ton surexcité et Newt tenta de concentrer toute sa patience sur le gamin. Ce qui requérait un effort monumental, certes, mais qu'il l'empêchait de s'occuper de Thomas et de son patron.

Au bout d'un petit moment, la nouvelle se répandit et d'autres membres de la boite se joignirent à la petite fête improvisée. D'autres bouteilles jaillirent de sous les bureaux et Newt dû laisser Chuck pour recevoir de nombreuses félicitations. En plus, presque chaque personne qui venait le complimenter était capable de se souvenir de son prénom et, ça, c'était vraiment gratifiant après deux mois de « hé le nouveau, j'ai toujours pas vu mon café » ou bien « tu me fais des photocopies, le bleu ? ».

Vint seulement un moment où Newt dû s'éclipser parce qu'après deux cafés et trois coupes de champagne, c'était mathématique, il fallait qu'il se rende aux toilettes. Il s'excusa donc pour un moment et ne fut pas mécontent d'échapper à la chaleur étouffante de la pièce qui se transformait en vraie salle des fêtes. Le champagne lui montait agréablement à la tête (ses malheureux kilos en manque le rendaient peu résistant à l'alcool) et son euphorie avait atteint son maximum quand Janson avait sous-entendu qu'il était dommage que son stage s'arrête en janvier.

Il se débrouilla donc pour rejoindre les toilettes et s'approcha des vasques pour se rafraîchir le visage mais à peine ouvrit-il le robinet que c'est la porte qui se rouvrit derrière lui. Newt observa directement qui était le nouvel arrivant dans le miroir et se figea quand il aperçut Brenda. Quand il fut capable de réfléchir, il fit volteface, prêt à lui demander ce qu'elle faisait dans les toilettes des garçons mais la jeune femme posa un doigt sur ses lèvres et prit un air coquin qui fit déglutir bruyamment le garçon. Pas par excitation. Plutôt par appréhension. Cette fille était trop effrayante. Elle franchit le mètre qui les séparait et l'attrapa par un bout de son foulard puis, plus fermement par le devant de son tee-shirt pour le pousser dans la cabine la plus proche.

Foudroyé sur place, Newt se laissa faire, incapable de réfléchir tant la situation était ahurissante et inconcevable puis elle ferma la porte derrière eux en le faisant basculer. Le garçon tomba lourdement sur les toilettes et fit les gros yeux quand elle entreprenait d'ouvrir son chemisier. La vision de la dentelle noire eut au moins le mérite de reconnecter ses deux neurones et le blondinet se releva d'un bond.

« Non mais Brenda, ça va p… » Commença-t-il en essayant de se pas s'exclamer trop fort, sidéré.

« Chut, c'est bon Newt. C'est toi le boss et tu mérites bien une petite récompense pour le contrat que tu viens de signer, » minauda Brenda d'un air confiant.

Elle avait fini de déboutonner son chemisier à présent et Newt se félicitait d'être suffisamment grand pour ne pas avoir ça sous le nez ! Il respira un grand coup, essayant de chasser la vague de colère qui menaçait de le submerger, puis la repoussa fermement, avec un regard dur.

« J'ai pas besoin de ce genre de récompense Brenda ! »

« Allez Newt ! » S'exclama Brenda en se collant à lui, boudeuse.

Non mais qu'est-ce que…

« DEHORS ! » Siffla Newt d'un ton glacial.

Cette fois, la jeune femme sembla comprendre le message puisqu'elle fronça les sourcils et referma les pans de sa chemise avant de sortir de la cabine. Pas sans lui jeter un dernier regard courroucé.

Et Newt resta comme un idiot, debout, sans trop comprendre ce qui venait de se passer, pendant de longues secondes. Même après que l'assistante ait quitté les toilettes.

Puis, enfin, il poussa un long grognement, enfouit sa tête dans ses mains et se laissa aller dos contre la paroi de la cabine. Son gémissement solitaire eut néanmoins une réponse.

« Elle est bouillante, la petite assistante. »

Le blondinet fit un bond infernal alors qu'un ricanement s'échappait de la cabine à côté et qu'une porte s'ouvrait. Et il savait à qui appartenait cette voix. Il l'avait reconnue même s'il l'avait encore peu entendue. Mais le temps que le blond sorte la tête de sa cabine, Thomas avait quitté les lieux, surement très fier de lui. L'enfoiré.

x

Please, meet Brenda !

*rire machiavélique*

Voilà pour ce nouveau chapitre! J'espère que vous n'êtes pas trop déçus/choqués par ce début de relation entre Thomas et Newt, mais je vous avais promis de la houle (en fait, préparez vous au raz de marée) hihi. Et, évidemment, j'ai hâte de savoir ce que vous avez pensé de Brenda. Je suis navrée d'avoir fait d'elle cette... charmante assistante *tousse*

A nouveau, trop excitée d'avoir vos retours !

Je vous dit à très vite en tout cas!

Robin, no hood !