Note : Hello strangers ! Chapitre 2 pour votre bon plaisir ! (si j'arrive à le publier, ce qui n'est pas gagner vu que mon navigateur s'amuse à se fermer spontanément). C'est terrible mais je suis tellement converti au slash que j'ai du mal à pas laisser mes pensées dévier quand j'écris des trucs pas slash...

Bonne lecture alors !


2.

Starfleet avait beau être une institution multi-planétaire de premier ordre, en un point elle était semblable à toutes les institutions, entreprises, firmes et établissements d'enseignement du monde : les nouvelles, rumeurs, ragots et potins y circulaient à peu près aussi vite qu'un vaisseau en hyper-espace.

Ainsi, entre le moment où l'U.S.S Enterprise se posa pour une permission de deux semaines au QG de Starfleet avec son équipage, et celui où James T. Kirk frappa à la porte du bureau de Christopher Pike, celui-ci avait déjà appris que le jeune capitaine s'était évanouit de fatigue trois fois dans la salle de contrôle de son vaisseau durant leur dernière mission – fait qui ne figurera étrangement dans le rapport de ladite mission que quand il sera corrigé traitreusement pas l'officier en second.

« Bonjour Amiral.

-Il parait que tu t'es épuisé jusqu'à atterrir à l'infirmerie pendant votre dernière sortie. »

Jim en oublia momentanément ce qu'il était venu demander.

« Euh… quoi ? Comment vous le savez ?

-Tu sous-estimes le réseau d'information et de communication des officiers dans l'enceinte du QG… » répondit l'Amiral, même s'il semblait tout aussi ébahit que Jim par le phénomène. « Tu vas bien ?

-Oui. Enfin… J'aurais besoin de vous parler, si vous avez le temps.

-Bien sûr. Installe-toi. »

Jim s'assit dans la chaise réservée aux visiteurs qui faisait face au vaste bureau de Pike. Le cuir grinça désagréablement dans le silence tendu qui était tombé sur la pièce : Jim évitait soigneusement le regard de l'autre homme, visiblement mal à l'aise, et pendant un moment très étrange ils restèrent tous les deux muets, l'air de se demander ce qu'il était censé se passer.

« Je suis désolé Jim mais j'ai tout de même certaines obligations à remplir, on peut reporter cela à plus tard si tu veux.

-Non non, je suis désolé, c'est juste que je ne suis pas sûr de comment vous allez réagir.

-Eh bien il n'y a qu'un seul moyen de le découvrir. »

Après un nouveau silence gênant, Jim sembla finalement prendre une décision puisqu'il prit une inspiration et se redressa dans son siège, essayant de se redonner une contenance sous le regard scrutateur de son supérieur hiérarchique.

« Vous savez qu'être capitaine n'est pas un travail facile… »

Ce qui gagnait clairement le titre d'euphémisme de l'année.

« Et il se peut que j'ai quelques… difficultés. Avec ça. Enfin… »

La vérité, c'est que Jim pataugeait complètement, et que le poids de sa charge et son ignorance à son sujet l'empêchaient tout simplement de trouver le sommeil. Quand il était devenu capitaine – plus par la force des choses qu'autre chose, il en avait douloureusement conscience à présent – il n'avait aucune idée de ce dans quoi il s'embarquait, et surtout du peu de préparation qu'il avait pour affronter la tâche.

« J'ai besoin d'aide » ajouta-t-il après réflexion, et sitôt les mots prononcés il ne put soudain plus s'arrêter.

« J'essaie vraiment de me mettre à jour avec tout ça, mais il y a juste… Il y a trop d'information. Trop de choses à faire, à savoir, et de responsabilités, et je suis désolé monsieur, je sais que vous pensiez que j'en étais capable mais… Mais maintenant je n'en suis plus si sûr. Comment peut-on compter sur moi pour diriger tout un équipage ? Comment peuvent-ils même me faire confiance tous autant qu'ils sont ? Je ne sais pas du tout ce que je fais la moitié du temps. Je passe mes nuits à lire le code de Starfleet et à rédiger des rapports de mission et à apprendre tout ce qu'il y a savoir sur la fédération, sur les vaisseaux, sur les membres de l'équipage, les endroits où nous nous rendons, la situation politique actuelle… Et je ne me rapproche jamais ne serait-ce qu'un peu d'en voir le bout. C'est juste trop pour moi. »

Il était rouge de honte mais il n'était plus vraiment temps de s'en préoccuper.

« Je suis désolé d'être aussi… d'être un boulet. Je ne voulais pas vous décevoir. »

Il s'était rarement senti aussi stupide et il avait la vague impression, au vu de l'expression qu'affichait Pike, que ce dernier pensait exactement la même chose.

« J'ai toujours su que tu étais un peu idiot mais là, je dois dire que tu m'impressionnes... »

L'amusement et une sorte d'affection exaspérée étaient immanquables dans le ton de sa voix

« Content de voir que je peux ne pas vous décevoir de temps en temps. »

Le visage de Pike se fit plus sérieux à ces mots mais il garda un air beaucoup trop amusé au gout de Jim.

« Comme je sais aussi que tu es incroyablement borné, je suppose que tu n'as parlé à personne et encore moins demander de l'aide autour de toi ? »

Jim secoua la tête.

« Je n'ai pas besoin de donner à Spock une raison supplémentaire de me mépriser… C'est valable pour les autres aussi. Ils pensent déjà tous que je suis un danger public et même s'ils ont raison, je ne veux pas leur donner d'autres preuves… »

Il réussirait à faire passer cela pour un commentaire léger et ironique s'il n'avait pas l'air d'être sur le point de pleurer. C'était tellement injuste.

Le fait que cela amuse autant l'Amiral Pike était assez vexant, tout de même.

« Ce n'est pas drôle vous savez… » grommela Jim avec mauvaise humeur en voyant que l'aîné retenait avec peine son rire. « Ravi de vous avoir diverti avec mon incompétence » ajouta-t-il amèrement en faisant mine de se lever. Cela eut le mérite de rendre un peu de sérieux à l'amiral mais il ne perdit pas son sourire quand il retint Jim par le bras.

« Excuse-moi, je ne voulais pas te vexer mais… Vraiment, tu es ridicule parfois, Jim. »

Le Capitaine de l'Entreprise se rassit en prenant soin de montrer qu'il n'était pas amusé, du tout. Il croisa les bras sur sa poitrine et pris une mine contrariée, ce qui eut pour seul effet d'amusé plus encore son supérieur.

« Tu boudes maintenant ? Non, non, excuse-moi, je n'ai rien dit » ajouta-t-il précipitamment, ne souhaitant pas provoquer véritablement la colère du plus jeune. Il n'aurait pas dû prendre autant de plaisir à l'embêter mais… Ah, Jim rendait vraiment cela trop facile.

« Jim… Qu'est-ce qui a bien pu te donner l'impression que tu étais censé te débrouiller seul une fois promu ? Ce n'est pas inné, tu sais. Aussi talentueux que tu puisses être. Je ne te l'ai pas proposé parce que je pensais que tu aurais le bon sens de venir à moi de toi-même mais apparemment j'avais sous-estimé ton désir obsessionnel de toujours vouloir faire tes preuves… »

Jim ne dit rien et l'amiral se radoucit. Il comprenait un peu le raisonnement du garçon, les doutes et le manque de confiance qui se cachaient derrière son attitude provocante.

« Tu as été nommé à ce poste… Je t'ai choisi, pour ce poste, parce que tu le méritais, que tu en étais capable. C'est toujours mon opinion, que tu sois trop fier pour demander conseil ou non. Et si tu avais discuté un peu avec tes collègues, comme le font les gens, en général, tu aurais sans doute découvert que peu importe leur âge et leur ancienneté, chacun d'eux a passé les premiers mois, voir les premières années de sa fonction à n'avoir absolument aucun idée de ce qu'il faisait.

« Même vous, monsieur ? »

Christopher Pike savait parfaitement qu'il avait beaucoup plus d'affection pour Jim Kirk que pour n'importe lequel de ses subordonnées. Les élèves les plus turbulents sont les plus attachants, parait-il. Ce n'était sans doute pas très professionnel de sa part d'être aussi enchanté par le fait que son avis, son cas et ses mots comptaient autant aux yeux du jeune homme, que sa propre expérience suffirait à le rassurer plus que des dizaines d'autres réunies.

« Oui, Jim, même moi. »

Jim était bien jeune, songea soudainement l'amiral en voyant ce dernier cacher tant bien que mal un sourire émerveillé en entendant que oui, même Christopher Pike avait été jeune et inexpérimenté, un jour. C'était typique des jeunes gens de considérer leurs aînés comme ayant toujours été… eh bien, des aînés. Ces idiots.

« Vous le pensez vraiment ? Que je peux y arriver ? Je veux dire, vous me connaissez bien, vous savez que je ne suis pas… enfin, vous savez comment je suis.

-Oui, je le pense. Jim.

-Mais… »

Pike le fit taire d'un sourcil levé et d'un regard blasé, et Jim rentra la tête dans les épaules, embarrassé.

« Merci Monsieur. »

L'Amiral échappa un énième soupir mi-exaspéré mi-amusé. Ce garçon était vraiment ridicule.

« Tu as du temps libre dans les jours qui viennent ? Je ne te promets rien mais je peux surement trouver quelques heures pour t'aider avec… quoique ce soit qui t'empêche de dormir.

-Vous êtes sur monsieur ? Je veux dire… Vous devez avoir… de vraies choses à faire non ? Du travail d'Amiral ou je-ne-sais-quoi…

-Je ne comptais pas te donner des cours sur mes heures de travail Jim.

-Alors…

-Les amiraux aussi ont du temps libre tu sais. »

Pendant un moment, ils se regardèrent. Jim avait les yeux vaguement écarquillés en une expression assez comique de timide incrédulité, Pike souriait doucement, toujours indulgent.

« Très bien. C'est… très bien. D'accord alors, je… vous me dites ? Quand vous avez… du temps libre. Pour moi. Si vous êtes surs. Je veux dire, je comprendrais si vous changez d'avis, vous n'êtes pas obligé de m'aider, enfin… »

Tout en s'emmêlant dans ses mots Jim se leva rapidement et se précipita à la manière d'un homme qui a très envie de s'enfuir mais qui ne veut pas que ça se voit. La main sur la porte, il se retourna une dernière fois vers son supérieur.

« Est-ce que vous avez déjà fait ça, monsieur ? » demanda-t-il. Il avait un peu honte de son avidité d'enfant réclamant de l'attention mais de toute façon Pike le perçait si facilement à jour que ce n'était pas la peine de faire semblant.

Bien sûr l'amiral avait vu passer de nombreux jeunes capitaines, officiers et navigateurs perdus et à la recherche de conseil, et il en avait aidé plus d'un. Il avait cette réputation de grand-père plein de sagesse et de patience pour leurs errances chez les jeunes recrues, il le savait. Mais prendre volontairement sur son propre temps libre pour s'occuper d'une tête brûlée ?

« Non, Jim. Je te contacterai. A plus tard.

-Merci, Monsieur. Merci. Vraiment… Merci beaucoup. Au revoir. »