Note : Vous savez quoi ? Je suis une grosse branleuse. Je n'ai strictement aucune excuse pour avoir fait traîné ce chapitre. J'ai l'idée depuis le début, je l'ai commencé en même temps que les autres, et j'ai juste... zappé. Complètement. Donc voilà, chui désolé !

Troisième chapitre bien débile, profitez en parce que le prochain sera pas jouasse. Et tardera pas trop, avec un peu de chance. Merci à ceux qui suivent et qui ont commenté, j'vous love. Et merci à AliceEtMoi pour la correction :)

Bonne lecture !


3.

McCoy était sorti. Il sortait beaucoup ces derniers temps, et il pouvait être de plus en plus souvent surpris sans froncement de sourcil menaçant sur son visage : Jim était convaincu qu'il voyait quelqu'un. McCoy était parti voir sa liaison secrète, donc, quand on frappa à la porte de leur appartement. Jim, affalé sur le canapé devant une rediffusion d'un vieux film de guerre, considéra brièvement de faire comme s'il n'y avait personne mais, trouvant cela fort peu mature à la réflexion, se leva et traîna des pieds jusqu'à l'entrée. Il ouvrit la porte en s'affalant à moitié dessus mais se redressa brusquement en reconnaissant l'amiral Pike en uniforme sur le palier.

« Monsieur, ah, amiral. Bonjour. Oui ? »

Il n'osa pas baisser les yeux mais il était convaincu d'être toujours en pantalon de survêtement et t-shirt imprimé à l'effigie de Mickey Mouse. Il tenta malgré tout de garder contenance.

Pile se retenait de sourire.

« Bonjour Jim. Je peux entrer ? »

Jim pensa aux cadavres de bouteilles de bières disséminés dans le salon, au plat qu'il avait mangé à même la casserole à midi et qui était toujours sur la table basse, aux vêtements éparpillés dans le couloir devant la salle de bain, et aux raisons valables qu'il pourrait présenter à son supérieur pour l'empêcher d'entrer.

« Bien sûr, je vous en prie. »

La cuisine lui sembla être une meilleure idée que le salon pendant quelques secondes, avant qu'il n'y aperçoive une montagne de vaisselle salle surmontée d'un post-it où était griffonné rageusement « TON TOUR, LIMACE » d'une écriture de médecin rendu illisible par la colère et que Jim ne comprenait que pour avoir reçu semblable message à de nombreuses reprises.

Le salon alors.

« Je vous sers quelque chose à boire ? Un café ou un verre d'eau…

-Je vais prendre une bière Jim, si ça ne te dérange pas. »

Jim essaya de ne pas avoir l'air surpris. Echoua lamentablement. Pike ricana.

« Allons, Jim, nous ne sommes pas en service et je suis un homme comme les autres tu sais. En plus, je pense que nous allons en avoir besoin pour la conversation à venir. »

Cela ne rassura pas Jim le moins du monde mais il s'exécuta. Quand il revint de la cuisine, une bière dans chaque main, il trouva son supérieur assis confortablement dans le canapé et absorbé par le déluge de violence et de débris d'immeuble qui tourbillonnait à l'écran.

« Tenez. »

Ils ne dirent rien pendant un moment, se contentant de siroter leur bouteille à petite gorgée. Finalement, quand Pike se redressa et la posa sur la table, Jim prit sur lui d'éteindre la télé et de faire face à l'homme.

« Donc… vous vouliez me parler de quelque chose ? »

Pour une fois Pike semblait au moins aussi mal à l'aise que lui.

« Oui. C'est un peu délicat et je ne suis pas sûr que je ne dépasse pas certaines limites en faisant cela, mais je pense que c'est important que nous ayons cette conversation.

-D'accord… »

Le silence suivant était plus tendu et bizarre encore que le précédent, si cela était possible. Pike se racla la gorge.

« Voilà. Je tiens cela de plusieurs sources, et notamment du formidable et très efficace réseau d'information des piliers de la salle de repos du service comptabilité. La rumeur veut que tu sois très… actif. »

Pause dramatique. Pike espérait sans doute ne pas avoir à préciser sa pensée, en vain.

« …Sexuellement. »

Jim réagit violemment : il bondit du canapé avec une expression horrifiée et trébucha en essayant de s'éloigner le plus possible – trois pas en tout.

« Oh non, ooooh non non non, il est hors de question que nous ayons cette conversation, ni aujourd'hui ni aucun autre jour.

-Je veux juste m'assurer que tu sais ce que tu fais. Si tu es… prudent.

-Oh bordel. Oh bordel. »

Sa réaction pouvait paraître risible mais de un Jim n'avait pas volé sa réputation de drama queen, et de deux, il était en droit de paniquer, voilà.

« Jim, il n'y a aucune raison de perdre son calme. Je sais que c'est un peu gênant mais je ne porte aucun jugement de valeur, je t'assure. Je connais le fonctionnement de… ce genre de chose à l'Académie, et que les jeunes sont parfois un peu trop insouciant de leur santé et de la conséquence de leurs actes. »

Le jeune capitaine était toujours debout et le dévisageait avec un mélange d'horreur et de gêne cuisante.

« Je sais que vous vous laissez parfois… emporter, mais les risques d'infection et de maladie ne sont pas à prendre à la légère, surtout avec… d'autres espèces. »

Jim émit un gémissement plaintif, priant toutes les divinités de l'univers de le faire disparaître. Pike n'avait pas l'air beaucoup plus à l'aise mais il continuait pourtant, déterminé à aller jusqu'au bout de la démarche.

« Les chances de grossesse sont également beaucoup plus fréquentes qu'on ne le croit, on découvre sans cesse des exemples de reproduction inter-espèce possibles, il ne faut pas se croire à l'abri de ce genre de chose simplement parce que tes partenaires ne sont pas humains ou pas… de sexe féminin. »

Il lui fallut plusieurs tentatives à Jim avant de pouvoir lui opposer une réponse cohérente.

« Par pitié, dites-moi que vous ne m'avez pas amené de contraceptif » fut la première chose qu'il crut utile de demander. Il le regretta aussitôt, quand Pike soutint son regard, le dos droit et le visage résolu, partagé entre le besoin de se montrer mature, responsable et à l'aise avec leur discussion, et celui, humain, de changer brutalement de sujet.

La gêne atteignit son paroxysme avant de retomber soudainement. Jim éclata d'un rire embarrassé et se détendit un peu.

« C'était sans l'ombre d'un doute l'un des moments les plus embarrassant de toute ma vie mais… je vous remercie. Euh, d'avoir pris le temps et la peine – immense, j'en suis sûr – de venir jusqu'ici pour me dire ça. » dit-il, une main sur la nuque et le regard en l'air. « Je sais ce que je fais, ne vous inquiétez pas, je suis, hem, loin d'être un… novice, et j'ai toujours fais attention. Enfin, bref, c'est… gentil. De votre part. Pas d'inquiétude à avoir, hein. »

Pike se détendit à son tour et sourit joyeusement, amusé.

« Je te fais confiance Jim. Sache juste que je… m'en préoccupe, d'accord ? Et que je suis là. Si tu veux parler de quoi que ce soit…

-Honnêtement monsieur, avec tout le respect que je vous dois, j'espère sincèrement ne plus jamais avoir à parler de sexe avec vous. »

L'amiral eut la décence de paraître compréhensif.

« Très bien, très bien. L'offre tient toujours, cependant. Il n'y a pas que le sexe tu sais, les relations sentimentales ne se limitent pas à l'aspect physique, elles sont infiniment plus complexes. »

Jim le regarda avec suspicion, pris d'un horrible doute.

« Est-ce que vous pensez… à une relation en particulier, monsieur ?

-Et toi ? »

Jim tenta de rire avec désinvolture mais ne parvint qu'à paraître aussi serein qu'un adolescent dont la mère était en train de fouiller la chambre.

« Non, je ne vois pas. Ha ha. »

Il espérait que Pike aurait pitié de lui et laisserait le sujet de côté.

« Eh bien l'autre rumeur de mes très fiables sources de machine à café te voudrait particulièrement proche du commandant Spock, ces derniers temps. »

Jim rougit jusqu'à la racine de ses cheveux.

.

Quand McCoy revint, une paire d'heures plus tard, il trouva Jim roulé en boule sur le canapé, le visage rouge de honte. Etant d'excellente humeur, il décida exceptionnellement de ne pas l'enfoncer et de vaquer à ses occupations.

« Je viens d'avoir une conversation sur ma vie sexuelle et sentimentale avec l'amiral Pike » annonça Jim quelques minutes plus tard. Bones dut faire un effort conscient pour ne pas rire et ne pas se moquer.

« Ah, l'inévitable confrontation parentale sur le miel, les abeilles et les préservatifs. Il t'a demandé d'inviter Spock à diner ? »

Jim le regarda d'un air outré.

« Comment tu sais… et ce n'est pas… quoi ?

-Tout le monde est au courant, Jim. » répondit Bones en levant les yeux au ciel devant la naïveté de son ami.

« Tout le monde sait que Pike est une mère poule et que Spock est en passe de faire de toi un homme respectable, Jim, fait toi une raison. »

Il laissa l'homme méditer cela en se retirant pour la nuit.

Il ne manqua pas pour autant la vison de Jim Kirk, roulé entre les coussins du salon, avec au visage le sourire le plus stupide qui soit.


A suivre ! Et oui McCoy est casé dans ma tête, un ship fort peu répandu hélas. Tchuss !