Bonsoir !

Merci à Manooon, Guest, July-bOnes, pucinette52, Low-BB et nath16.

Bonne lecture ! Je vous laisse avec Brennan, Booth, et Samuel bin évidemment...


Chapitre 27 : Plus d'espoir pour Booth

Aïe. Ma tête…

Brennan reprenait lentement conscience dans une salle où régnait une semi-obscurité qui ne laissait distinguer que certains contours. Elle n'ouvrit pas immédiatement les yeux, tentant tout d'abord de se débarrasser de l'atroce migraine qui s'était installée dans sa tête.

Allongée, elle voulut se relever, mais elle réalisa bien vite que quelque chose de froid et de dur retenait ses mains au-dessus de sa tête. Elle ouvrit alors les yeux pour tenter de discerner l'objet qui l'entravait. Malgré la pénombre, elle put entrevoir le contour de menottes.

La jeune femme réalisa soudain qu'elle était allongée sur une sorte de matelas dur placé sur une structure métallique. Elle tira alors de toutes ses forces sur les bracelets en métal, espérant vainement et inconsciemment pouvoir s'en libérer.

Mais c'était sans espoir la chaîne et les barreaux du lit étaient bien trop solides. Ses poignets lui faisaient mal. Elle avait envie de hurler. Elle avait échoué. Elle avait échoué à retrouver Booth, elle avait échoué à le sauver, et maintenant elle était prisonnière, comme lui. Elle s'était fait avoir. Elle ne pouvait rien faire du tout. Et cela la rendait folle de rage.

Brennan s'acharnait sur les menottes avec hargne, motivée par sa colère. Elle frappa la chaîne des bracelets sur les barreaux jusqu'à ce que ses bras perdent toute énergie là, elle reposa ses bras et souffla.

Elle ne devait pas craquer face à ses émotions, pas maintenant. Elle avait été beaucoup trop vulnérable ces derniers temps, elle avait beaucoup trop pleuré. Elle ne devait pas laisser les émotions prendre le contrôle de son corps. Elle devait reprendre le contrôle. Réfléchir. Rationaliser. Comme toujours.

Tout d'abord, les faits : elle était prisonnière, attachée à un lit sans possibilité de s'en libérer seule. Seule ? Mais elle n'était pas seule, il y avait le F.B.I. avec elle ! Leur micro, et leur GPS ! Ils avaient dû enregistrer la bagarre, tout entendre, la localiser, et ils devaient être en route ! Elle serait bientôt libre, assurément.

La jeune femme ferma les yeux, s'autorisant une pause. Elle devrait trouver un moyen de sortir de là, mais avant, il faudrait qu'elle se débarrasse de ce fichu mal de tête.

Brennan sentit une vague de chaleur réchauffer son cœur. Ils seraient bientôt libres. Tous les deux. Et il serait là. Près d'elle. Enfin.


Booth somnolait lorsqu'il entendit un bruit qui le tira de sa torpeur. Un bruit métallique. Comme deux objets qui s'entrechoquent. Ce devait être Samuel.

L'agent se surprit alors à imaginer ce que faisait le tueur. Un mot lui vint à l'esprit : Bones. Ce malade était sûrement en train de préparer son enlèvement ! Depuis combien de temps était-il là lui-même ? Un jour, deux jours, trois, quatre ? Là où il était, il ne voyait pas la lumière du jour. Jamais. Il n'y avait aucune pendule, et Sam lui avait pris sa montre. Au début, il avait tenté de garder le compte du temps. Mais il partait déjà avec un handicap : il ne savait pas combien de temps il était resté inconscient dans la pièce avant de se réveiller. Alors il avait fait une estimation, d'après les visites de son geôlier. Il avait une fois demandé quelle heure il était, et il lui avait répondu par un rire. Il ne pouvait se référer aux repas : à chaque fois il ne s'agissait que de pain, d'eau et d'un peu de jambon de temps en temps. Alors il avait fini par perdre la notion du temps.

Il savait qu'il devrait en quelque sorte s'estimer heureux. En effet, hormis les entailles au bras et l'eau salée, Samuel ne lui avait fait aucun mal physique. Aucune brûlure, pas de coups, aucune entaille profonde. Excepté son dos et ses bras, tout allait bien. Ses visites étaient peu nombreuses, et à chaque fois qu'il venait, il parlait de Brennan. À chaque fois. Il posait des questions à Booth, et ce dernier refusait d'y répondre. Il savait que cela ne lui ferait que trop plaisir, et il ne voulait pas laisser échapper la moindre petite information qui aurait pu lui échapper. Son silence semblait cependant parler à Samuel, et ce dernier sortait toujours avec un sourire, ce qui était pour le moins déstabilisant.

Mais il ne parvenait pas à se satisfaire du peu qu'il avait. Il avait constamment peur. Peur de voir la porte s'ouvrir et de voir sa partenaire la passer, peur d'entendre Samuel, ce fou, parler de ce qu'il lui ferait une nouvelle fois, peur que ces images de sa meilleure amie blessée, mourante, passent encore devant ses yeux horrifiés, peur qu'elle le rejoigne là…il savait que ce serait bien plus dur physiquement pour elle, et qu'il recevrait les coups et les blessures comme si c'était lui qu'on frappait. Il priait souvent pour une chose : qu'elle lui échappe. Que le F.B.I. la protège, la fasse changer d'identité, l'emmène à l'autre bout du pays ou même du monde, et que ce cinglé ne la retrouve jamais. Pour lui, c'était déjà trop tard. Mais pas pour elle. Du moins, c'était ce qu'il croyait.

Jusqu'à ce que la porte s'ouvre.

Samuel entra, un sourire satisfait sur les lèvres.

«Bonjour Seeley, comment allez-vous ?»

L'agent lui lança un regard noir, mais l'homme ne s'en formalisa pas.

«Vous savez, vous devriez être content : vous aurez bientôt de la compagnie. Je sais, je vous l'ai déjà annoncé, mais ce sera vraiment très bientôt. En réalité, votre compagne vient de se réveiller dans la pièce d'à côté.»

En entendant Samuel, les yeux de Booth s'écarquillèrent. Se pouvait-il qu'il dît vrai ? Les quatre jours s'étaient-ils déjà écoulés ?

«Vous voulez la voir ?»

Booth garda le silence, mais Samuel sourit. Il sortit une télécommande de sa poche et appuya sur un bouton, ce qui eut pour effet d'allumer un écran que Booth n'avait pas remarqué jusque là. Il n'était pas grand, mais l'agent pouvait tout de même voir ce qui s'y passait.

Et là, son souffle se coupa. Brennan, sa Bones, était allongée sur un matelas, attachée et blessée ! Elle avait une ligne sombre sur le front et les mains menottées. C'était ça, les bruits métalliques d'avant. C'était elle qui essayait de se libérer !

Mais que s'était-il passé depuis les bruits ? Ils avaient cessé, et il y avait eu un silence. Elle avait les yeux fermés. Booth ne parvenait pas à savoir si c'était parce qu'elle était inconsciente ou…autre chose. Et il préférerait presque qu'elle fût inconsciente. Elle ne bougeait pas, mais la caméra infrarouge ne permettait pas de voir s'il y avait du sang sur ses vêtements sombres.

Booth se demanda depuis combien de temps elle était là. Elle ne s'était manifestement réveillée que quelques minutes avant, mais…depuis combien de temps se trouvait-elle entre les mains de Samuel ? Avait-il eu le temps de lui faire du mal ? Cette ligne sur son front n'était certainement pas le fait de la jeune femme…

Pendant que Booth s'interrogeait, le tueur le regardait, un mélange de fascination, d'excitation et de joie dans les yeux. Il adorait voir ses victimes découvrir que leur tendre moitié était à côté d'eux, et qu'ils n'en étaient séparés que par un mur. Mieux encore, il adorait voir tous leurs espoirs les concernant détruits en un instant. La peur envahissait leur esprit, et ils devenaient soudain plus loquaces, plus dociles, prêts à tout pour sauver l'amour de leur vie.

Il avait été comme eux, avant. Du temps où sa moitié à lui était encore de ce monde. Il aurait tout donné pour elle, pour avoir été à sa place ce soir-là. Mais il n'avait pas pu. Et ce n'était pas juste. Pourquoi tant de gens gâchaient leur temps en sottises au lieu de profiter de l'amour auquel lui n'avait pas droit ? Pourquoi d'autres auraient ce que lui méritait davantage qu'eux ? Pourquoi tous ces hommes auraient le droit de vivre avec une femme qu'ils aimaient et lui non ? Pourquoi auraient-ils ce qu'on lui avait retiré ?

Ces hommes ne méritaient rien d'autre que la douleur et le malheur. Samuel les tuait d'abord mentalement, puis il se débarrassait de leur enveloppe corporelle devenue vide et inutile. Mais le plus excitant dans tout cela était définitivement tuer leur moitié. Voir la dernière petite lueur d'espoir s'éteindre dans le regard de ces hommes en même temps que s'éteignait la vie dans le corps de leurs aimées…ça, c'était le top.

«Laissez-la… grogna Booth. Fichez-lui la paix…

-Seeley…vous savez très bien que je ne ferais jamais une chose pareille. Elle n'échappera pas à son destin, c'est trop tard maintenant…et vous ne pouvez rien faire…rien du tout…sinon la voir souffrir…mourir…

-Arrêtez. Vous allez vous faire prendre, vous le savez. Laissez-la partir. Avec moi, le F.B.I. ne vous arrêtera pas. Mais elle ne vous sert à rien, elle…

-Alors vous croyez encore que votre petite équipe de «fouines» va réussir à vous retrouver ? À votre place, j'abandonnerais cette idée. C'est peut-être la meilleure équipe des États-Unis, mais sans son pilier, elle n'est pas grand-chose. Autrement dit, sans Temperance et vous, cette équipe ne vaut rien. Il n'y a plus que vous, elle et moi.»

Booth ne perdait pas espoir, mais il savait que Samuel avait raison. Les fouines étaient brillantes, mais ce n'était plus la même chose lorsqu'il manquait quelqu'un. Alors deux personnes…c'était leur cohésion et leur complémentarité qui faisait leur force. Sans eux deux, ils étaient affaiblis. Mais il ne fallait pas perdre espoir ils étaient quand même les meilleurs. Cela s'était même vérifié lors de l'affaire du Fossoyeur, où Brennan et Hodgins s'étaient retrouvés enfermés sous terre. Même si deux de ses membres étaient loin, l'équipe avait quand même réussi : les deux membres avaient apporté la clef, et le reste de l'équipe avait déverrouillé la porte.

«Elle va souffrir par votre faute…»

Sur ce, Samuel quitta la pièce, réapparaissant quelques secondes plus tard, sur l'écran cette fois. Il entra dans la pièce après avoir allumé la lumière Brennan releva soudain la tête, surprise. Elle lui lança un regard noir, mais l'anthropologue fut bientôt contrainte de refermer les yeux : la puissante lumière irradiait ses pupilles encore dilatées et faisait jaillir des larmes.

«Bonjour, Temperance. Tu as bien dormi ? Tu as vu, j'ai été galant : tu as eu droit à un lit pour te remettre.»

La jeune femme ne répondit pas elle reposa sa tête sur le matelas.

«Je voulais te donner un oreiller aussi, mais je n'en avais plus. La lumière te fait mal petit oiseau ?» fit-il sur un ton faussement compatissant.

Ne recevant aucune réponse, il sourit et renchérit.

«Tu sais, ce n'est pas très poli de ne pas répondre aux gens quand ils te posent une question. Et ça l'est encore moins de ne pas les regarder…»

Il la prit par le menton, l'obligeant à le regarder. La lumière qui se faisait voir malgré le faible écran que constituaient ses paupières fit couler de nouvelles larmes sur les joues de la jeune femme, qui contractait ses paupières autant que possible.

«Alors Temperance, tu pleures ? Je suis déçu, je m'attendais à plus de résistance venant d'une femme comme toi. Je pensais que tu étais forte…au moins autant que Seeley…»

Le prénom de son partenaire réveilla quelque chose en Brennan. Malgré son mal aux yeux, elle donna un coup de poing dans la direction de son ennemi, mais son poignet fut retenu par les menottes, et elle ressentit une vive douleur, qui la fit grimacer.

«Voilà qui te ressemble davantage, je préfère. Quel dommage, tu étais attachée… fit-il avec un sourire. Tu ne dis rien ? Ce n'est pas ton genre pourtant. Tu as toujours une remarque rationnelle à faire, en toute circonstance. Alors ?»

Brennan restait silencieuse. Ses yeux s'habituaient progressivement à la lumière, et bientôt elle put ouvrir les yeux à moitié et entrevoir le visage de Samuel. Elle ne parlerait pas. Elle ne lui ferait pas ce plaisir-là.

Sa haine pour cet homme augmentait avec son sentiment d'impuissance et de culpabilité. Elle se sentait coupable, mal, désespérée…mais surtout en colère. Elle était en colère contre lui. Plus en colère qu'elle ne l'avait jamais été.

«Tu sais, cela ne sert à rien de te taire…tu vas mourir, de toute façon.»

Il semblait si sûr de lui que Brennan en frissonna. C'était…déstabilisant d'entendre quelqu'un se prononcer sur son avenir. Personne ne pouvait savoir. Elle releva la tête, prête à affronter la lumière. Elle le regarda dans les yeux en signe de défi.

«Temperance…Temperance, Temperance, Temperance… soupira-t-il. Tu n'as donc pas encore compris ? Rien ne peut te sauver, rien…tu vas mourir…»

Il posa sa main sur la joue de Brennan, et le regard de la jeune femme se fit plus noir encore. Soudain elle lui mordit le doigt, envoyant son pied autant qu'elle pouvait dans l'estomac de Sam, ce qui ne l'emmena pas loin.

«J'apprécie la rébellion de mes victimes, tu sais ? J'aime quand elles ont de l'espoir, ça rend tout cela beaucoup plus…intéressant…»

En disant cela, il avait un sourire, un sourire éclatant, un sourire révoltant, un sourire énervant, un sourire dégoûtant, un sourire sadique, un sourire cruel. Le sourire d'un tueur face à sa victime impuissante.

Samuel posa la main sur la joue de Brennan, les yeux plongés dans ceux de la jeune femme.

«Tu es fascinante, Temperance… murmura-t-il sans rompre le contact visuel.

-Laissez-moi !» cria-t-elle en tentant de frapper Samuel pour retirer sa main.

Brennan n'en pouvait plus. Qu'il lui parle, passe encore, mais qu'il la touche…c'était dégoûtant. Écœurant. Révoltant. Cela lui donnait envie de vomir. Comme quand Epps lui avait touché la main. Et elle aurait voulu pouvoir lui casser le poignet…mais dans ce cas-là, ce n'était pas possible.

Mais Sam ne retira pas sa main. Il rapprocha même davantage sa bouche du visage de la jeune femme.

«Tu veux que je te laisse petit oiseau ? Que je te laisse comme j'ai laissé ton chéri ? murmura-t-il avec un sourire diabolique.

-Où est Booth ? Qu'est-ce que vous lui avez fait ?!» hurla-t-elle agressivement.

La jeune femme reçut pour toute réponse un sourire, ce qui l'énerva davantage encore. Elle tenta de se lever, mais c'était impossible. Samuel, avec un regard faussement désolé, se pencha au-dessus d'elle. Brennan pouvait sentir son odeur, le nez effleuré par le pull de l'homme. Il ouvrit les menottes, la laissant libre de ses mouvements. Le tueur recula de deux pas, laissant un peu d'air entre eux.

«Vas-y, Temperance si tu veux me frapper, frappe-moi.»

La jeune femme se redressa sur le lit avec une grimace. Elle se leva et ne bougea pas quelques secondes, tentant de trouver une façon de l'attaquer. Elle sembla enfin se décider et se précipita sur lui. Mais il la saisit par l'épaule et la balança au sol. Elle se releva avec difficulté, la main portée à ses côtes.

«Temperance… soupira-t-il. Pourquoi as-tu besoin de toujours tout gâcher comme cela ? Tu pourrais être heureuse, mais au lieu de ça tu gâches tes relations avec les gens qui t'aiment…tu détruis toujours tout…pourquoi ce besoin irrépressible ? C'est vraiment dommage, tu sais…tu aurais pu éviter de perdre toutes ces années avec ton frère…si tu ne l'avais pas rejeté…

-Je ne l'ai pas rejeté !

-Oh si petit oiseau, tu l'as fait tomber du nid et tu lui as interdit de revenir.

-C'est lui qui est parti ! Il m'a abandonnée ! ABANDONNÉE !» hurla Brennan, les larmes coulant sur ses joues.

Elle soutint le regard de Samuel, déterminée à lui montrer qu'elle ne craquerait pas. Le tueur esquissa un sourire. Il déposa un baiser sur le front de Brennan avant de s'en aller, refermant la porte derrière lui en laissant allumé.

Booth serra les poings. Il s'était approché de sa Bones, il l'avait touchée, il l'avait fait pleurer, il l'avait embrassée sur le front comme lui seul le faisait ! C'en était trop. Il était allé trop loin, et il allait payer. À ce moment-là, l'agent spécial Seeley Booth n'avait qu'un souhait : que Samuel revienne pour pouvoir lui casser la figure.

Mais il ne revint pas. Booth ne lâcha pas l'écran des yeux. Brennan s'était rassise sur le lit, et elle avait la tête baissée, dos à la caméra. Quoi qu'il lui ait dit, ça lui avait vraiment fait mal. Et Booth savait que ce ne serait pas la dernière fois.


Quelques heures plus tard, Booth entendit la porte s'ouvrir. Il porta immédiatement ses yeux sur l'écran. Samuel tenait Brennan par le bras, et il l'entraînait vers la porte malgré sa résistance. Où l'emmenait-il ? Qu'allait-il encore lui faire ? L'agent voulut se lever, mais il ne put pas. Il dut laisser faire.

Cependant, à sa grande surprise, quelques secondes plus tard, la porte de la salle dans laquelle il se trouvait s'ouvrit.


Alors alors ? Une review ?

La suite le 1er, ça vous dit ?